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Pédiatrie

Fiche de révision

Examen du nouveau-né à terme

S'entraîner sur cette situation
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Cette fiche vous apprend à conduire l'examen de sortie d'un nouveau-né à terme dans un ordre qui ne saute rien, et à reconstituer avec les parents ce que l'examen ne montre pas. Elle suit le déroulé d'une visite : ce qu'on demande avant de toucher l'enfant, comment on l'installe, la séquence de l'examen, puis ce qu'on en conclut, ce qu'on prescrit et ce qu'on transmet.

SommaireEnviron 15 min
  1. Reconstituer la grossesse et la naissance avec les parents
  2. Installer l'enfant avant de l'examiner
  3. Suivre la séquence sans en sauter un temps
  4. Séparer le banal du sérieux
  5. Reconnaître un nouveau-né qui va mal
  6. Lire les dépistages, et demander la seule imagerie utile
  7. Prescrire le peu qui se prescrit, et soutenir l'alimentation
  8. Dire ce qui est banal, ce qui fait revenir, et l'écrire
  9. À retenir pour la station

Reconstituer la grossesse et la naissance avec les parents

L'examen d'un nouveau-né commence par l'interrogatoire de ses parents, et c'est là que se trouve la moitié de ce qui décidera de la conduite à tenir. Reprenez la grossesse : suivi, sérologies, échographies, diabète, hypertension, consommations, traitements, et le portage connu du streptocoque du groupe B.

Les facteurs de risque d'infection se demandent un par un, et ne se devinent pas. Une fièvre maternelle pendant le travail, une rupture prolongée des membranes et un portage connu du streptocoque du groupe B sont ceux qui comptent ; demandez aussi le terme exact, la présentation, le mode d'accouchement, l'aspect du liquide amniotique et l'adaptation à la naissance.

Les facteurs de risque d'infection néonatale, demandés nommément :

  • Une fièvre maternelle pendant le travail.
  • Une rupture prolongée des membranes.
  • Un portage connu du streptocoque du groupe B.

Le risque de hanche se cherche dans la famille, et il ne vient pas de lui-même : un antécédent de luxation congénitale au premier degré se demande en clair, avec une surdité et une cardiopathie congénitale. La présentation par le siège et le sexe féminin complètent ce que l'accouchement vient de vous apprendre.

Les premières heures se chiffrent. Demandez l'émission du méconium, la première miction, la mise au sein, le rythme des tétées et le nombre de couches mouillées, puis comparez le poids du jour au poids de naissance : ces repères disent l'efficacité de l'alimentation mieux que l'impression de la mère.

Terminez par ce que les parents ont remarqué. Ils voient ce que l'examen ne montrera pas, et une question ouverte sur ce qui les inquiète rapporte davantage qu'une revue de systèmes. Un examen normal ne conclut pas quand les facteurs de risque n'ont pas été cherchés.

« Avez-vous eu de la fièvre pendant le travail, et combien de temps avant l'accouchement la poche des eaux s'est-elle rompue ? »

« Quelqu'un dans votre famille a-t-il eu une luxation de la hanche, dépistée bébé ? »

Installer l'enfant avant de l'examiner

Un enfant emmailloté n'a pas été examiné, et un enfant laissé nu se refroidit. L'examen se fait sur un enfant déshabillé, dans un endroit chaud et calme, à distance d'une tétée, et l'enfant se rhabille dès qu'il est fini. Annoncez ce que vous faites à la mère avant de déshabiller son enfant.

L'observation est le premier temps de l'examen, et elle se fait sans les mains : couleur, respiration, posture spontanée, symétrie des mouvements, cri. Ce qu'elle rapporte oriente tout le reste, et se perd si l'on commence par palper.

« Je vais la déshabiller entièrement, puis je la rhabille dès que j'ai fini. »

Suivre la séquence sans en sauter un temps

La tête d'abord : périmètre crânien, fontanelles, sutures, déformations. Le palais se regarde et se palpe, parce qu'une fente palatine postérieure isolée n'est pas visible de face.

La lueur pupillaire se cherche des 2 côtés, et c'est le temps le plus souvent sauté. Elle est le moyen de repérer à cet âge une cataracte congénitale ou une leucocorie, et rien d'autre dans l'examen ne les montre.

Le cœur ne s'ausculte pas seul : les pouls fémoraux se palpent dans le même temps. Une coarctation de l'aorte peut donner une auscultation cardiaque normale, et ce sont ces pouls qui la font suspecter.

Puis la séquence se poursuit sans interruption : les clavicules, à la recherche d'une fracture obstétricale ; l'abdomen, foie, rate, masses, cordon ; les organes génitaux externes et la perméabilité anale ; le rachis et la région sacrée, fossette, touffe de poils, déviation ; le tonus axial et périphérique, les réflexes archaïques et leur symétrie. L'ordre importe moins que la constance : c'est de le suivre à l'identique chaque fois qu'on cesse d'en sauter un temps.

Les hanches se cherchent en dernier, sur un enfant détendu. Les manœuvres se font des 2 côtés ; un examen conduit sur un enfant qui pleure et se raidit est ininterprétable et se refait. Rhabillez l'enfant, puis écrivez ce que vous avez trouvé : un examen qui n'est pas écrit ne se compare pas à celui de la semaine suivante.

« Je regarde le reflet de la lumière dans ses yeux : c'est ce qui me dit que le cristallin est clair. »

« Je palpe les pouls de l'aine : un souffle peut manquer ce que ces pouls montrent. »

Séparer le banal du sérieux

La compétence centrale de cet examen est de distinguer le banal du sérieux, parce qu'un nouveau-né normal produit une quantité remarquable de trouvailles inquiétantes. Sur le crâne, une bosse sérosanguine est présente dès la naissance, franchit les sutures et se résorbe en quelques jours ; un céphalhématome apparaît secondairement, s'arrête aux sutures, se résorbe plus lentement et majore l'ictère.

Sur la peau, l'essentiel est banal et pris pour autre chose : taches pigmentaires congénitales, grains de milium, érythème du nouveau-né, angiomes plans médians. Les nommer vaut mieux que les écarter, et c'est ce que le dernier chapitre reprend.

L'ictère se date avant d'être qualifié. Apparu après 24 heures de vie, modéré, chez un enfant qui tète et prend du poids, il est physiologique ; précoce, intense, prolongé, ou accompagné de selles décolorées, il ne l'est pas.

Le poids et le souffle obéissent à la même logique. Une perte des premiers jours est attendue et se rattrape, et c'est l'absence de reprise qui fait réévaluer l'alimentation. Un souffle isolé chez un enfant rose, avec des pouls fémoraux perçus et une saturation normale, se recontrôle ; un souffle accompagné d'un autre signe s'explore.

La règle qui vaut pour tout tient en une phrase. Un signe isolé chez un enfant qui va bien se surveille ; plusieurs signes associés, ou un enfant qui ne va pas bien, changent de catégorie.

« Cette bosse était là dès la naissance et elle traverse les sutures : elle va se résorber. »

« Ce souffle est isolé, ses pouls sont bien perçus et sa saturation est normale : je le recontrôle. »

Reconnaître un nouveau-né qui va mal

Un nouveau-né qui va mal va mal sans signe spécifique, et c'est ce qui rend ce champ dangereux. Il ne localise rien, sa température peut être normale, et la seule chose que les parents disent est qu'il n'est pas comme avant : cette phrase est un signe clinique.

Les signes qui alertent, quelle que soit la cause :

  • Un trouble du tonus.
  • Un teint gris ou marbré.
  • Un refus alimentaire.
  • Un geignement.
  • Un temps de recoloration allongé.
  • Une instabilité thermique, dans les 2 sens.
  • Des apnées ou une détresse respiratoire.

L'infection néonatale bactérienne est la première à éliminer, et elle se traite sur la clinique et non sur un résultat : un nouveau-né symptomatique reçoit sa prise en charge sans attendre le bilan. Devant des facteurs de risque isolés chez un enfant qui va bien, c'est la surveillance clinique rapprochée qui décide.

La cardiopathie dépendante du canal artériel est la seconde, et sa particularité est redoutable : elle décompense à la fermeture du canal, souvent après la sortie de maternité. Détresse, teint gris, pouls fémoraux abolis ; la mesure de la saturation au membre supérieur et au membre inférieur est ce qui la dépiste.

L'ictère grave menace le cerveau et se reconnaît à son intensité, à sa précocité, à une mauvaise prise alimentaire et à des troubles du tonus. L'hypoglycémie, elle, donne des signes neurologiques peu parlants et se cherche chez les enfants à risque. Ce qui se fait : constantes complètes, saturation aux 2 niveaux, glycémie, et l'appel du pédiatre avant de savoir.

« Je mesure la saturation à la main puis au pied : une différence me dirait beaucoup. »

« J'appelle le pédiatre maintenant : je n'attends pas les résultats pour cela. »

Lire les dépistages, et demander la seule imagerie utile

Chez un nouveau-né bien portant, les examens sont des dépistages et non un bilan. Le dépistage sur buvard se prélève au talon après un délai minimal de vie et recherche un petit nombre de maladies graves, curables ou contrôlables si elles sont prises tôt ; son intérêt tient entièrement à sa précocité, et un prélèvement fait trop tôt se refait.

Un dépistage auditif non concluant n'affirme pas une surdité, il impose un contrôle, et le rendre ainsi aux parents leur évite des semaines d'angoisse. La bilirubine, elle, s'interprète avec l'âge en heures de vie et les facteurs de risque, et non sur la valeur seule.

La glycémie ne se mesure pas chez tous : elle se surveille chez les nouveau-nés à risque, petit poids, gros poids, mère diabétique, hypothermie, difficultés alimentaires. Chez un nouveau-né normal, aucun bilan de routine n'a d'intérêt.

Aucune imagerie n'appartient à l'examen d'un nouveau-né bien portant : elle répond à un facteur de risque ou à une trouvaille. L'échographie de hanche se demande devant une présentation par le siège, un antécédent familial au premier degré, le sexe féminin, ou devant un examen clinique anormal ou douteux.

Elle ne remplace pas l'examen clinique, qui se refait à chaque consultation de la première année : une hanche normale à la naissance peut se luxer secondairement. Restent 2 indications : l'échographie médullaire devant une anomalie de la région sacrée, et l'échographie abdominale devant une masse palpée.

« Ce test d'audition n'est pas concluant, ce qui ne veut pas dire qu'elle est sourde : il se refait. »

« Son ictère a commencé à quelle heure exactement ? C'est cela qui décide de ce que je fais. »

Prescrire le peu qui se prescrit, et soutenir l'alimentation

Les soins d'un nouveau-né à terme tiennent en peu de lignes, et elles se prescrivent toutes. La vitamine K se donne à la naissance et se poursuit selon un schéma qui dépend du mode d'alimentation : elle prévient une maladie hémorragique rare et grave, et son oubli ne se rattrape pas après coup.

La vitamine D se prescrit et s'explique, parce que ce sont les parents qui la donneront chaque jour pendant des mois. Montrez comment, plutôt que de l'écrire seulement sur l'ordonnance.

L'alimentation se soutient plus qu'elle ne se prescrit : mise au sein précoce, rythme à la demande, surveillance du poids, et une aide concrète plutôt qu'un encouragement. Une mère qui doute d'avoir assez de lait a besoin de repères objectifs, nombre de couches mouillées et courbe de poids, et non d'une réassurance.

Les critères de sortie ne sont pas administratifs : examen complet réalisé, alimentation établie, poids et ictère situés, dépistages faits, et un rendez-vous de suivi fixé. Une sortie sans rendez-vous fixé n'est pas une sortie organisée.

Le suivi de la première semaine est le moment le plus fragile, et il se programme avant que la famille quitte le service. C'est dans ces jours-là que surviennent l'ictère grave et la décompensation cardiaque, chez un enfant qui allait bien à la sortie.

« Vous lui donnerez ces gouttes tous les jours pendant des mois : je vous montre comment. »

« Vos couches mouillées et sa courbe de poids me disent qu'elle prend assez : voilà pourquoi. »

Dire ce qui est banal, ce qui fait revenir, et l'écrire

Des parents qui rentrent chez eux ont besoin de savoir 2 choses : ce qui est normal, et ce qui doit les faire revenir. La première liste évite des consultations inutiles, la seconde évite les retards.

Nommer une trouvaille banale la désamorce ; dire qu'elle est normale sans la nommer laisse l'inquiétude intacte. Reprenez donc ce que les parents ont vu, tache, déformation, grain de peau, et donnez-lui son nom.

Ce qui se prévient se dit en détail : le couchage sur le dos, dans une gigoteuse, sans objet dans le lit, dans la chambre des parents mais pas dans leur lit, une chambre non surchauffée, et aucun tabac dans l'environnement. Énoncer la liste entière vaut mieux que résumer par « couchage sur le dos », que chacun interprète.

Ce qui doit faire consulter sans attendre, remis par écrit :

  • Un enfant qui ne se réveille plus pour téter, ou qui refuse des tétées.
  • Un teint gris ou marbré.
  • Un geignement.
  • Une respiration rapide.
  • Un ictère qui s'intensifie, ou des selles décolorées.
  • Une température anormale, dans un sens comme dans l'autre.

Ce qui se transmet à l'équipe est un seuil, pas une intention. Une surveillance d'ictère sans seuil écrit n'est pas une surveillance : l'équipe ne sait pas à partir de quand rappeler. À la sage-femme et à la puéricultrice vont la courbe de poids, le déroulement des tétées et ce qui a été dit aux parents, pour que le même message leur revienne.

Ce qui n'est pas écrit dans le courrier de sortie ne sera pas fait. Les facteurs de risque retenus, les examens en attente, échographie de hanche ou contrôle auditif, et les rendez-vous programmés y figurent, avec la date et l'heure du prélèvement de dépistage, qui conditionnent son interprétation. Vérifiez enfin que les coordonnées de la famille permettent de la joindre : un résultat non concluant revient au service, et doit trouver quelqu'un.

« Couchée sur le dos, dans sa gigoteuse, dans votre chambre mais pas dans votre lit, et sans rien d'autre dans le lit. »

« Je vous écris le seuil : au-dessus de cette valeur de bilirubine transcutanée, vous m'appelez. »

À retenir pour la station

La moitié de ce qui décide n'est pas dans le berceau. Les facteurs de risque d'infection, l'antécédent familial de hanche et les repères de l'alimentation se demandent aux parents, un par un, et un examen normal ne conclut pas quand ils n'ont pas été cherchés.

Déshabillez l'enfant, et ne sautez ni la lueur pupillaire ni les pouls fémoraux : ce sont les 2 temps qu'on oublie, et ceux qui dépistent une cataracte et une coarctation. Datez l'ictère en heures avant de le dire physiologique.

Un nouveau-né qui va mal n'a pas de signe spécifique : le tonus, le teint, le refus de téter et le geignement décident plus que la température. Et ce qui reste à faire après la sortie s'écrit dans le courrier, sans quoi cela ne se fera pas.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1
    Pédiatrie (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège national des pédiatres universitaires (CNPU) ; Collège national hospitalier et universitaire de chirurgie pédiatrique (CNHUCP). 9e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 32 ; Item 47 ; Item 33 ; Item 345

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie diagnostique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2

    Médecine cardiovasculaire

    Collège national des enseignants de cardiologie (CNEC) ; Société française de cardiologie (SFC). 3e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 238

    Appuie : Examen clinique, Stratégie diagnostique, Urgence vitale

  3. 3

    Orthopédie Traumatologie

    Collège français des chirurgiens orthopédistes et traumatologues (CFCOT). 4e édition (Ellipses, collection Les référentiels EDN).

    Passages utilisés : Item 47

    Appuie : Examen clinique, Iconographie

  4. 4

    Imagerie médicale. Radiologie et médecine nucléaire

    Collège des enseignants de radiologie de France (CERF) ; Collège national des enseignants de biophysique et de médecine nucléaire (CNEBMN). 3e édition, Réussir son DFASM, Connaissances clés (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 47

    Appuie : Iconographie