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Fiche de révision

Ictère chez le nouveau-né

Libre ou conjuguée : la question se pose avant toutes les autres, parce que les deux formes n'ont ni les mêmes causes, ni les mêmes urgences, ni les mêmes délais.

Situation de départ 48Catégorie IItem R2C 32Item R2C 278

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question n'est pas « depuis quand » mais « à quelle heure de vie ». Un ictère se date en heures, pas en jours, parce que tous les seuils de décision sont construits ainsi.

Ce que cette date apporte : ⚠️ un ictère apparu avant vingt-quatre heures de vie n'est jamais physiologique et impose de chercher une hémolyse ou une infection. Un ictère apparu au deuxième ou troisième jour, chez un enfant qui va bien, est le plus souvent banal. Un ictère qui dure au-delà de deux semaines change encore de sens.

Sur la naissance : terme exact, poids, déroulement, ecchymoses ou bosse, fièvre maternelle, rupture des membranes.

⚠️ Sur les groupes sanguins : celui de la mère et celui de l'enfant. Une mère de groupe O ou de rhésus négatif est l'information qui change la colonne des seuils.

Sur l'alimentation : mode, nombre et durée des tétées, nombre de couches mouillées, et le poids du jour comparé au poids de naissance. Un enfant qui ne boit pas assez élimine moins bien sa bilirubine.

⚠️ Sur les selles et les urines : la couleur, demandée en clair. Des selles décolorées et des urines foncées orientent vers une cholestase, et les parents ne le signalent jamais spontanément.

Sur la famille : origine géographique, anémie ou ictère chez un aîné, splénectomie, calculs biliaires jeunes.

Le piège

Dater l'ictère en jours. Toutes les courbes de décision sont construites en heures de vie, et une erreur de douze heures change de colonne.

À retenir

  • Un ictère du nouveau-né se date en heures de vie, pas en jours.
  • Un ictère avant vingt-quatre heures de vie n'est jamais physiologique.
  • Le groupe de la mère et celui de l'enfant changent le seuil applicable.
  • Un enfant qui ne boit pas assez élimine moins bien sa bilirubine.
  • La couleur des selles et des urines se demande en clair, elle n'est jamais spontanée.

En pratique

  • Heure de vie d'apparition
  • Terme exact et poids de naissance
  • Groupes sanguins de la mère et de l'enfant
  • Fièvre maternelle et rupture des membranes
  • Tétées, couches, poids du jour
  • Couleur des selles et des urines
  • Antécédents familiaux et origine géographique

Examen clinique

L'examen d'un nouveau-né ictérique répond à deux questions : quelle est l'intensité, et l'enfant va-t-il bien.

L'intensité s'apprécie à la lumière du jour, sur un enfant déshabillé, par la progression de la coloration, qui descend du visage vers les pieds. ⚠️ Cette appréciation visuelle est grossière et sous-estime les peaux pigmentées. Elle sert à déclencher une mesure, jamais à décider.

⚠️ L'examen neurologique est celui qui compte : tonus axial, cri, succion, éveil, posture. Une somnolence anormale, un enfant difficile à réveiller pour téter, un cri aigu ou une nuque en extension sont les signes d'une atteinte par la bilirubine, et ils sont tardifs.

L'hydratation : fontanelle, muqueuses, pli cutané, temps de recoloration, et le poids, qui est la meilleure mesure.

L'abdomen : foie, rate, aspect du cordon. Une hépatomégalie ou une splénomégalie n'appartient pas à l'ictère banal.

La peau : ecchymoses, bosse ou céphalhématome, qui apportent une charge supplémentaire de bilirubine en se résorbant.

⚠️ Les selles, regardées et non racontées. Une couche se demande et se regarde, au besoin avec une échelle colorimétrique.

Les constantes, température comprise, dans les deux sens.

Urgence

Somnolence, cri aigu, hypotonie puis raideur, nuque en extension chez un nouveau-né ictérique : atteinte neurologique par la bilirubine, prise en charge immédiate.

Le piège

Trouver un enfant « très calme et qui dort bien » chez un ictérique. C'est parfois la première description de la léthargie.

À retenir

  • L'appréciation visuelle sert à déclencher une mesure, jamais à décider.
  • L'intensité visuelle sous-estime l'ictère sur les peaux pigmentées.
  • Un enfant difficile à réveiller pour téter est un signe neurologique, pas un enfant sage.
  • Une hépatomégalie ou une splénomégalie n'appartient pas à l'ictère banal.
  • Les selles se regardent, elles ne se racontent pas.

En pratique

  • Enfant déshabillé, lumière du jour
  • Extension de la coloration
  • Tonus, cri, succion, éveil, posture
  • Signes de déshydratation et poids
  • Foie et rate
  • Ecchymoses et céphalhématome
  • Couche regardée
  • Température

Synthèse paraclinique

⚠️ Un dosage de bilirubine totale seul ne répond à aucune question. Il faut la fraction conjuguée, et il faut l'âge en heures.

La mesure transcutanée est un outil de dépistage. Elle sous-estime les valeurs élevées et n'est plus interprétable après une photothérapie : au-delà d'un certain niveau, ou dès qu'une décision se prend, on dose au sang.

⚠️ La lecture d'une bilirubine totale se fait sur une courbe, en trois temps : l'âge en heures de vie, puis la colonne, qui dépend du terme et des facteurs de risque, puis seulement la valeur. Choisir la mauvaise colonne produit une lecture cohérente et fausse, et c'est l'erreur la plus fréquente.

⚠️ La fraction conjuguée se lit toujours, et elle a son propre seuil. Au-dessus, elle n'est jamais physiologique, quelle que soit l'explication qu'on lui trouve, et elle impose une démarche distincte de celle de la bilirubine libre.

Devant un ictère précoce ou intense : groupes sanguins de la mère et de l'enfant, test direct à l'antiglobuline, hémogramme, réticulocytes, et selon le contexte le dosage de l'enzyme érythrocytaire.

Devant un ictère prolongé : fraction conjuguée, thyréostimuline, examen des urines.

L'hémogramme se répète après une hémolyse immunologique : l'anémie continue après la sortie, et elle se voit des semaines plus tard.

À retenir

Deux chiffres sont indispensables et l'un est souvent absent de la demande : la bilirubine totale et sa fraction conjuguée.

À retenir

  • Une bilirubine totale seule ne répond à aucune question.
  • La mesure transcutanée dépiste, elle ne décide pas.
  • Une courbe se lit en trois temps : l'heure, la colonne, puis la valeur.
  • Choisir la mauvaise colonne produit une lecture cohérente et fausse.
  • Après une hémolyse immunologique, l'anémie se voit des semaines plus tard.

En pratique

  • Âge en heures établi avant toute lecture
  • Colonne de la courbe choisie sur les facteurs de risque
  • Fraction conjuguée demandée et lue
  • Groupes et test à l'antiglobuline si précoce
  • Hémogramme et réticulocytes
  • Thyréostimuline si prolongé
  • Hémogramme reprogrammé après la sortie

Iconographie

L'imagerie n'a aucune place dans un ictère à bilirubine libre, quelle que soit son intensité. Elle n'apporte rien et elle fait perdre du temps.

⚠️ Elle devient indispensable dès que la fraction conjuguée est élevée. L'échographie abdominale, réalisée après un jeûne adapté à l'âge, cherche la vésicule biliaire, sa taille et sa variation, les voies biliaires, un kyste du cholédoque, une anomalie du foie et de la rate.

⚠️ Une échographie normale n'écarte pas une atrésie des voies biliaires. C'est le point qui compte : la normalité de l'examen ne doit jamais faire renoncer à la suite de la démarche, qui se poursuit en milieu spécialisé et comporte d'autres explorations.

Ce qui se transmet avec la demande : l'âge en heures ou en jours, la valeur de la fraction conjuguée, la couleur des selles, et le fait que la question posée est celle d'une cholestase. Une échographie demandée pour « ictère » ne répond pas à cette question.

Le délai fait partie de la prescription. Une cholestase du nouveau-né s'explore sans attendre, parce que le geste qui peut la corriger a une fenêtre courte et qu'elle se referme en semaines.

Les autres imageries relèvent du centre spécialisé et ne se prescrivent pas en première ligne.

Le piège

Se rassurer sur une échographie normale devant un ictère à bilirubine conjuguée. Elle n'écarte rien et la démarche se poursuit.

À retenir

  • L'imagerie n'a aucune place dans un ictère à bilirubine libre.
  • Une fraction conjuguée élevée fait faire une échographie abdominale.
  • Une échographie normale n'écarte pas une atrésie des voies biliaires.
  • Une demande qui dit seulement « ictère » ne répond pas à la question posée.
  • La fenêtre du geste correcteur se compte en semaines, pas en mois.

En pratique

  • Aucune imagerie si bilirubine libre isolée
  • Échographie abdominale si fraction conjuguée élevée
  • Jeûne adapté avant l'examen
  • Motif et valeurs écrits sur la demande
  • Délai précisé
  • Démarche poursuivie malgré une échographie normale

Stratégie diagnostique

⚠️ Une seule question ouvre la démarche : la bilirubine est-elle libre ou conjuguée. Tout le reste en découle, et poser cette question tard fait perdre ce qui compte.

Branche de la bilirubine libre. Trois questions la subdivisent. Est-ce précoce ? Avant vingt-quatre heures de vie, il faut une hémolyse ou une infection. Est-ce intense ? Au-delà des seuils, on traite. Est-ce prolongé ? Au-delà de deux semaines, on redose la fraction conjuguée et la thyréostimuline.

Les causes de cette branche : ictère physiologique, ictère lié à une alimentation insuffisante, ictère au lait de mère, hémolyses par incompatibilité entre les groupes ou par anomalie du globule rouge, résorption d'un hématome, hypothyroïdie, anomalies constitutionnelles de la conjugaison.

⚠️ Branche de la bilirubine conjuguée. Elle n'est jamais physiologique. La cause qui commande la démarche est l'atrésie des voies biliaires, parce que son traitement dépend du délai. Les autres sont un kyste du cholédoque, une infection, une maladie métabolique, une nutrition parentérale, une bile épaissie après hémolyse.

Ce qui se fait dans les deux branches en même temps : chercher une infection devant tout ictère mal expliqué, et vérifier que l'enfant boit.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : un ictère qui progresse malgré un traitement bien conduit, ou un enfant dont le comportement change.

À retenir

Deux branches, deux horloges : la bilirubine libre menace le cerveau en jours, la cholestase menace le foie en semaines.

À retenir

  • Libre ou conjuguée : la question ouvre la démarche et rien ne la remplace.
  • Précoce, intense ou prolongé : trois questions qui subdivisent la bilirubine libre.
  • Une bilirubine conjuguée élevée n'est jamais physiologique.
  • L'atrésie des voies biliaires commande la démarche parce que son traitement dépend du délai.
  • Un ictère mal expliqué fait chercher une infection.

En pratique

  • Fraction conjuguée obtenue avant de raisonner
  • Précocité située en heures
  • Intensité située sur la courbe
  • Durée située par rapport à deux semaines
  • Infection envisagée
  • Apport alimentaire vérifié

Urgence vitale

⚠️ L'urgence de ce champ n'est pas vitale au sens habituel : elle est neurologique, et elle est définitive. La bilirubine libre franchit la barrière et se fixe sur des noyaux gris. Les lésions constituées ne régressent pas.

La phase aiguë se reconnaît sur des signes peu spécifiques et qui inquiètent peu : somnolence, difficulté à réveiller l'enfant pour téter, succion faible, hypotonie. Puis viennent l'hypertonie, la nuque en extension et le cri aigu, qui sont déjà tardifs.

Ce qui aggrave le risque à bilirubine égale : la prématurité même modérée, l'hémolyse, l'infection, l'acidose, l'hypoalbuminémie, la déshydratation. C'est la raison pour laquelle les seuils ont deux colonnes.

Ce qui se fait sans attendre devant une valeur au-dessus du seuil : photothérapie intensive immédiate, hydratation et alimentation soutenues, contrôle rapproché du dosage. Aucun résultat en cours ne justifie d'attendre.

L'exsanguino-transfusion se discute au-dessus de seuils plus élevés, et immédiatement devant des signes neurologiques, quel que soit le chiffre. Elle se prépare pendant que la photothérapie tourne.

L'infection néonatale partage ce champ : un ictère peut en être le seul signe visible, et un nouveau-né qui va mal se traite sur la clinique.

Urgence

Signes neurologiques chez un nouveau-né ictérique : photothérapie intensive immédiate et préparation d'un échange, sans attendre un nouveau dosage.

Le piège

Attendre le résultat d'un examen en cours pour commencer la photothérapie. Le temps perdu ne se rattrape pas.

À retenir

  • L'atteinte neurologique par la bilirubine est définitive une fois constituée.
  • Les premiers signes sont une somnolence et une succion faible, pas une raideur.
  • À bilirubine égale, la prématurité, l'hémolyse et l'infection aggravent le risque.
  • Aucun résultat en cours ne justifie de retarder la photothérapie.
  • Des signes neurologiques imposent l'échange quel que soit le chiffre.

En pratique

  • Valeur confrontée à la bonne colonne
  • Photothérapie intensive sans délai
  • Hydratation et alimentation soutenues
  • Signes neurologiques recherchés et notés
  • Échange préparé si seuil ou signes
  • Infection envisagée et traitée si doute

Stratégie de prise en charge

La photothérapie est le traitement de la bilirubine libre, et son efficacité dépend de trois paramètres techniques : la surface de peau exposée, la distance de la source, et la durée réelle d'exposition. Un enfant sorti de l'appareil pour chaque soin reçoit beaucoup moins que ce qui est prescrit. Les yeux sont protégés, la température et l'hydratation surveillées.

⚠️ Nourrir fait partie du traitement. La bilirubine s'élimine par les selles, et un enfant qui tète plus élimine plus. Les compléments d'eau ou d'eau sucrée n'accélèrent rien et peuvent aggraver la situation en remplaçant des tétées.

L'allaitement ne s'interrompt pas pour un ictère, sauf indication spécialisée : on l'aide, on augmente le nombre de tétées, on vérifie la prise du sein, et on complète au lait si le poids l'impose.

L'exposition au soleil n'est pas un traitement et expose à la brûlure et à l'hypothermie.

L'échange transfusionnel relève d'un service spécialisé et se prépare pendant que la photothérapie tourne.

La cause se traite en parallèle : infection, hypothyroïdie, déficit d'apport.

⚠️ Ce qui se prescrit à la sortie : un contrôle de la bilirubine, un contrôle de l'hémoglobine à distance en cas d'hémolyse, et un contrôle de la fraction conjuguée si elle était élevée. Cette dernière ligne est celle qui se perd le plus souvent.

Le piège

Sortir l'enfant de la photothérapie à chaque soin et pour chaque visite. La dose reçue n'est plus celle qui a été prescrite.

À retenir

Trois contrôles se prescrivent à la sortie : la bilirubine, l'hémoglobine si hémolyse, la fraction conjuguée si elle était élevée.

À retenir

  • L'efficacité de la photothérapie dépend de la surface, de la distance et de la durée réelle.
  • Nourrir est un traitement : la bilirubine s'élimine par les selles.
  • L'eau et l'eau sucrée n'accélèrent rien et remplacent des tétées.
  • L'allaitement ne s'interrompt pas pour un ictère.
  • Le contrôle de la fraction conjuguée après la sortie est la ligne qui se perd.

En pratique

  • Surface, distance et durée d'exposition vérifiées
  • Yeux protégés, température surveillée
  • Tétées augmentées et prise du sein vérifiée
  • Aucun apport d'eau ou d'eau sucrée
  • Cause traitée en parallèle
  • Contrôles de sortie prescrits et datés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. La photothérapie et l'échange transfusionnel relèvent d'équipes formées et de protocoles de service.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'information donnée aux parents pendant la prise en charge relève de la section consacrée à l'éducation. Ce qui se dit une fois un pronostic neurologique constitué dépasse le périmètre du deuxième cycle tel que le définit le cadrage de l'épreuve (D44).

Éducation et prévention

⚠️ Un ictère se surveille surtout après la sortie, et ce sont les parents qui surveillent. Ce qu'on leur dit vaut donc autant que ce qu'on prescrit.

Ce qui se dit sur l'ictère lui-même : qu'il est fréquent, qu'il augmente les premiers jours puis diminue, et qu'il n'est pas dangereux tant qu'il reste sous des seuils qu'on contrôle. Cette nuance est nécessaire, faute de quoi les parents entendent soit « ce n'est rien », soit « c'est grave ».

⚠️ Ce qui doit faire reconsulter sans attendre : un enfant plus jaune, un enfant qu'il faut réveiller pour téter, un enfant qui tète mal ou qui devient mou, un cri inhabituel, et des selles qui deviennent claires. Ces consignes se donnent par écrit, parce qu'un parent fatigué ne retient pas une liste orale.

Ce qui se montre plutôt que se dit : la couleur des selles, avec une échelle colorimétrique, qui vaut mieux que n'importe quelle description.

Ce qui se corrige : l'idée que l'exposition au soleil soigne l'ictère, et celle qu'il faut donner de l'eau. Les deux circulent, les deux sont fausses, et la seconde fait manquer des tétées.

Ce qui se soutient : l'allaitement, en donnant des repères objectifs, couches et poids, plutôt qu'une réassurance.

Ce qui se programme : la pesée et le contrôle, avec une date, avant la sortie.

À retenir

Montrer une échelle colorimétrique des selles vaut mieux que toute description : les parents reconnaissent une couleur, ils ne jugent pas une nuance.

À retenir

  • L'ictère se surveille surtout après la sortie, et ce sont les parents qui surveillent.
  • Un enfant qu'il faut réveiller pour téter est un motif de reconsulter.
  • Des selles qui deviennent claires se signalent sans attendre.
  • L'exposition au soleil ne soigne pas un ictère.
  • Donner de l'eau ne fait pas baisser la bilirubine et remplace des tétées.

En pratique

  • Explication de l'évolution attendue
  • Signes d'alerte remis par écrit
  • Couleur des selles montrée et non décrite
  • Fausses croyances corrigées
  • Allaitement soutenu avec des repères objectifs
  • Date de pesée et de contrôle fixée

Communication interprofessionnelle

⚠️ C'est un champ où l'information se perd exactement au moment où elle compte : à la sortie de maternité.

Ce qui se transmet au médecin qui suivra l'enfant : l'heure de vie d'apparition, les valeurs et leur date, la colonne de seuils retenue et pourquoi, les traitements reçus, et surtout les contrôles à faire avec leur échéance. ⚠️ Un contrôle de fraction conjuguée qui n'est pas écrit dans le courrier ne sera pas fait, et c'est celui dont dépend le pronostic à long terme.

Ce qui se transmet à la sage-femme ou à la puéricultrice qui verra l'enfant à domicile : le poids de référence, l'objectif de prise, la conduite à tenir en cas d'aggravation, et le seuil qui doit faire rappeler. Une surveillance sans seuil n'est pas une surveillance.

Ce qui se transmet au laboratoire : l'âge exact de l'enfant, parce que les valeurs de référence en dépendent, et la demande explicite de la fraction conjuguée.

Ce qui se transmet au centre spécialisé devant une cholestase : la valeur, la couleur des selles, l'échographie, et le degré d'urgence, qui se dit au téléphone.

Aux parents revient un message unique. S'ils entendent « c'est physiologique » d'un côté et « il faut surveiller de près » de l'autre, ils retiendront le premier.

Le piège

Dire aux parents qu'un contrôle sera nécessaire sans l'écrire ni le dater. La consigne orale ne survit pas à la première nuit blanche.

À retenir

  • L'information se perd au moment où elle compte : à la sortie de maternité.
  • Un contrôle de fraction conjuguée non écrit dans le courrier ne sera pas fait.
  • Une surveillance transmise sans seuil n'est pas une surveillance.
  • L'âge exact de l'enfant se transmet au laboratoire, les références en dépendent.
  • Devant deux messages, les parents retiennent le rassurant.

En pratique

  • Heure d'apparition et valeurs datées transmises
  • Colonne retenue et sa justification
  • Contrôles écrits avec leur échéance
  • Seuil de rappel donné aux intervenants à domicile
  • Âge exact transmis au laboratoire
  • Degré d'urgence dit au téléphone si cholestase
  • Message unique vis-à-vis des parents

Sources

  • R2C, item 32 : Évaluation et soins du nouveau-né à terme
  • R2C, item 278 : Ictère
  • Collège national des pédiatres universitaires, chapitres « Ictère du nouveau-né » et « Cholestase du nourrisson »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de l'ictère du nouveau-né, sur les seuils de photothérapie selon l'âge en heures et les facteurs de risque, et sur le dépistage de la cholestase néonatale par la couleur des selles. La date de la version consultée fait partie de la source