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Fiche de révision

Malaise / perte de connaissance

Ce qui décide de la gravité s'est produit juste avant la chute, et non pendant : l'effort, l'absence de prodrome et une mort subite familiale changent tout.

Situation de départ 50Catégorie IItem R2C 342Item R2C 331

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire se conduit en trois temps, et le premier est celui qu'on bâcle : avant, pendant, après.

Avant : que faisait le patient exactement ? ⚠️ Une perte de connaissance survenue à l'effort est cardiaque jusqu'à preuve du contraire. Une survenue en position couchée l'est aussi. Après un lever, après un repas, après une station debout prolongée, à la vue du sang, oriente autrement. Les prodromes se détaillent : chaleur, sueurs, nausée, vue qui se voile, bourdonnement, ou rien du tout, ce qui est un argument et non une absence d'information. Des palpitations juste avant se demandent explicitement.

Pendant : la durée, les mouvements, une morsure de la langue, une perte d'urines, la couleur. Le patient ne sait rien de ce temps : ces réponses appartiennent au témoin.

Après : reprise immédiate ou confusion prolongée, courbatures, déficit.

⚠️ Puis ce qui change le degré d'urgence, et qui ne vient jamais seul : les épisodes antérieurs, les antécédents cardiaques, les traitements, et une mort subite avant 50 ans dans la famille.

Le contexte : alcool, produits, jeûne, chaleur, effort inhabituel.

⚠️ Deux questions terminent l'entretien : ce que le patient craint, et s'il conduit.

Le piège

Se laisser emmener par le mot « secousses » rapporté par un témoin. Des myoclonies brèves après la chute sont banales dans une syncope.

À retenir

  • Une perte de connaissance survenue à l'effort est cardiaque jusqu'à preuve du contraire.
  • L'absence totale de prodrome est un argument, pas une absence d'information.
  • Le patient ne sait rien du temps pendant lequel il était inconscient.
  • Une mort subite avant 50 ans dans la famille se demande à chaque fois.
  • La question de la conduite se pose avant la fin de l'entretien.

En pratique

  • Activité exacte au moment de l'épisode
  • Prodromes détaillés, ou leur absence
  • Palpitations avant l'épisode
  • Durée et récupération
  • Morsure de langue et perte d'urines
  • Épisodes antérieurs
  • Mort subite familiale avant 50 ans
  • Traitements, alcool, produits, conduite

Examen clinique

L'examen après une perte de connaissance est souvent normal, et il se fait quand même en entier.

Les constantes, aux deux bras au moindre doute, avec la fréquence cardiaque et sa régularité, la fréquence respiratoire, la saturation, la température et la glycémie capillaire.

⚠️ La mesure de la pression artérielle couché puis debout est le seul examen qui fasse un diagnostic au lit du patient. Elle se prend après quelques minutes de décubitus, puis à une, trois et cinq minutes de station debout, et elle se note avec les symptômes ressentis, pas seulement avec les chiffres.

L'examen cardiaque : auscultation à la recherche d'un souffle, en particulier d'un souffle qui augmente à l'effort, palpation des pouls, recherche de signes d'insuffisance cardiaque.

L'examen neurologique complet, à la recherche d'un déficit qui n'appartient pas à une syncope.

La recherche d'un traumatisme : crâne, face, rachis, membres. ⚠️ Une plaie du visage signe une chute sans réflexe de parade, donc une perte de connaissance brutale et complète, et c'est un argument de gravité en lui-même.

Chez la femme en âge de procréer, l'examen de l'abdomen et la question des dernières règles.

Le toucher rectal se discute devant une pâleur ou une anémie.

À retenir

Trois mesures se font toujours et se notent : la pression artérielle couché puis debout, la fréquence et la régularité du pouls, la glycémie capillaire.

À retenir

  • La pression artérielle couché puis debout est le seul diagnostic possible au lit du patient.
  • Elle se note avec les symptômes, pas seulement avec les chiffres.
  • Une plaie du visage signe une chute sans réflexe de parade.
  • Un déficit neurologique n'appartient pas à une syncope.
  • Chez une femme en âge de procréer, la date des dernières règles fait partie de l'examen.

En pratique

  • Constantes complètes et glycémie capillaire
  • Pression artérielle couché puis debout
  • Auscultation cardiaque et pouls
  • Signes d'insuffisance cardiaque
  • Examen neurologique complet
  • Recherche de traumatisme, visage compris
  • Dernières règles chez la femme jeune

Synthèse paraclinique

⚠️ Un électrocardiogramme se fait après toute perte de connaissance, sans exception. C'est le seul examen systématique de cette situation, il coûte trois minutes, et il est le seul à pouvoir désigner une cause qui tue.

Ce qui s'y cherche, dans l'ordre : une bradycardie ou un bloc de conduction, un bloc de branche ou un bloc bifasciculaire, une pré-excitation avec un espace court et une onde initiale empâtée, un intervalle de repolarisation allongé ou raccourci, un aspect évocateur d'une anomalie des canaux ioniques dans les dérivations droites, des signes d'hypertrophie, des ondes de nécrose.

⚠️ Un électrocardiogramme normal ne clôt pas le dossier quand les circonstances sont inquiétantes : un trouble du rythme intermittent ne se voit pas sur douze secondes d'enregistrement.

Le reste de la biologie a peu de rendement. Une glycémie et un hémogramme se justifient ; un bilan large prescrit sans hypothèse ne trouve rien et retarde la sortie. Un dosage de la troponine, des marqueurs de l'embolie ou un test de grossesse se prescrivent sur une hypothèse, pas par habitude.

Le monitorage prolongé du rythme se discute quand les épisodes sont récidivants et inexpliqués, sous des formes de durée croissante selon leur fréquence.

Le massage du sinus carotidien relève d'un cadre précis, chez un patient de plus de 40 ans avec une syncope inexpliquée, et il est contre-indiqué en cas de souffle carotidien.

À retenir

Cinq anomalies à savoir chercher : bloc de conduction, pré-excitation, repolarisation anormale, hypertrophie, ondes de nécrose.

À retenir

  • Un électrocardiogramme se fait après toute perte de connaissance, sans exception.
  • C'est le seul examen systématique, et le seul qui puisse désigner une cause qui tue.
  • Un électrocardiogramme normal ne clôt pas un dossier aux circonstances inquiétantes.
  • Un bilan biologique large sans hypothèse ne trouve rien et retarde la sortie.
  • Un trouble du rythme intermittent ne se voit pas sur douze secondes d'enregistrement.

En pratique

  • Électrocardiogramme réalisé et lu
  • Conduction, pré-excitation, repolarisation
  • Hypertrophie et ondes de nécrose
  • Glycémie et hémogramme
  • Examens ciblés sur une hypothèse seulement
  • Monitorage discuté si récidive inexpliquée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans l'évaluation initiale d'une perte de connaissance brève. Une imagerie cérébrale ne se justifie que devant un traumatisme crânien ou un déficit, et l'échographie cardiaque relève de la suite spécialisée quand une cardiopathie est suspectée.

Stratégie diagnostique

Trois questions se posent dans cet ordre, et la troisième est celle qui décide de la nuit du patient.

Première question : était-ce une perte de connaissance ? Une chute sans perte de connaissance, un vertige, une crise d'angoisse, une chute mécanique n'entrent pas ici.

Deuxième question : syncope ou crise convulsive ? ⚠️ Une syncope est brève et sa récupération est immédiate ; une crise laisse une confusion prolongée. La morsure latérale de la langue est l'argument le plus spécifique d'une crise. Des secousses brèves qui commencent après la chute sont banales dans une syncope et n'en font pas une crise. Une perte d'urines n'a aucune valeur discriminante.

Trois mécanismes de syncope : réflexe, la plus fréquente et la plus bénigne ; par hypotension en position debout ; cardiaque, la seule qui tue.

⚠️ Troisième question : y a-t-il un critère de gravité ? Une survenue à l'effort ou en position couchée, l'absence de prodrome, des palpitations préalables, une cardiopathie connue, un électrocardiogramme anormal, une mort subite familiale avant 50 ans, un traumatisme grave, une douleur thoracique ou un essoufflement associés.

Ce qui se présente comme une syncope et n'en est pas : embolie pulmonaire, dissection, hémorragie digestive, grossesse extra-utérine, hémorragie méningée. Elles se cherchent devant un patient qui ne va pas bien après.

À retenir

Sept critères de gravité : effort, position couchée, absence de prodrome, palpitations, cardiopathie connue, électrocardiogramme anormal, mort subite familiale.

Le piège

Conclure à une crise convulsive sur une perte d'urines. Elle n'a aucune valeur discriminante entre syncope et crise.

À retenir

  • Une syncope récupère immédiatement, une crise laisse une confusion prolongée.
  • La morsure latérale de la langue est l'argument le plus spécifique d'une crise.
  • Des secousses qui commencent après la chute sont banales dans une syncope.
  • Parmi les trois mécanismes de syncope, seul le mécanisme cardiaque tue.
  • Un patient qui ne va pas bien après n'a pas fait une syncope banale.

En pratique

  • Perte de connaissance confirmée
  • Syncope ou crise tranchée sur la récupération
  • Mécanisme de la syncope envisagé
  • Critères de gravité passés en revue
  • Causes non syncopales envisagées
  • Décision d'orientation explicite

Urgence vitale

⚠️ La question qui prime devant une personne au sol est simple : respire-t-elle normalement. Tout le reste vient après.

⚠️ La réponse la plus dangereuse est « un peu ». Des mouvements respiratoires lents, bruyants, espacés, qui ressemblent à des soupirs, sont une respiration agonique. Ce n'est pas une respiration, c'est un signe d'arrêt cardiaque, présente chez une part importante des victimes dans les premières minutes, et c'est la première cause de retard aux compressions.

La séquence : sécurité des lieux, conscience vérifiée en parlant et en stimulant, libération des voies aériennes, appréciation de la respiration en dix secondes au plus. La recherche d'un pouls ne doit pas retarder les compressions.

⚠️ L'alerte se donne en nommant quelqu'un. « Que quelqu'un appelle » ne fait appeler personne : on désigne, on ordonne, on fait répéter. Une seconde personne va chercher le défibrillateur.

Puis les compressions, immédiatement, et le temps sans compression est ce qui tue. Les électrodes se posent sans les interrompre, l'analyse impose que personne ne touche la victime, et après le choc les compressions reprennent sans rien vérifier.

Le relais se prévoit avant l'épuisement, la qualité chutant vite.

Après la reprise d'une circulation, la prise en charge continue et le transport est médicalisé.

Urgence

Inconscient avec des soupirs espacés : arrêt cardiaque. Compressions immédiates, alerte nominative, défibrillateur apporté par une seconde personne.

Le piège

Conclure que la victime respire parce qu'elle a des mouvements respiratoires. C'est le retard le plus fréquent et le plus coûteux.

À retenir

  • Devant une personne au sol, la question est de savoir si elle respire normalement.
  • Une respiration agonique n'est pas une respiration, c'est un signe d'arrêt.
  • La recherche d'un pouls ne doit pas retarder les compressions.
  • « Que quelqu'un appelle » ne fait appeler personne.
  • Le temps sans compression est ce qui tue.

En pratique

  • Sécurité des lieux
  • Conscience et respiration en dix secondes
  • Respiration agonique reconnue comme telle
  • Alerte donnée à une personne nommée
  • Défibrillateur demandé au même moment
  • Compressions commencées sans délai
  • Reprise immédiate après le choc

Stratégie de prise en charge

⚠️ La décision qui compte n'est pas le diagnostic, c'est l'orientation : ce patient rentre-t-il chez lui ce soir.

Il ne rentre pas devant un critère de gravité : survenue à l'effort ou couché, absence de prodrome, palpitations préalables, cardiopathie connue, électrocardiogramme anormal, mort subite familiale, traumatisme sérieux, ou tout signe associé. Il est surveillé sous scope, et le bilan se poursuit.

Il rentre devant une syncope réflexe typique, avec un électrocardiogramme normal, un examen normal et aucun critère de gravité, avec une explication et une consigne écrite.

Le traitement d'une syncope réflexe est d'abord non médicamenteux : reconnaissance des prodromes, manœuvres de contre-pression, position allongée immédiate, hydratation et apport de sel adaptés, révision des traitements qui abaissent la pression.

Le traitement d'une hypotension à la station debout commence par la révision de l'ordonnance, qui est le geste le plus rentable.

Le traitement d'une syncope cardiaque appartient au cardiologue et peut comporter un dispositif implanté.

⚠️ La conduite automobile se pose systématiquement, elle relève d'une réglementation, elle est plus stricte pour les conducteurs professionnels, et le médecin informe pendant que le patient déclare. Ne pas aborder le sujet n'est pas neutre.

Le suivi se programme, avec le témoignage recueilli au dossier.

À retenir

Manœuvres de contre-pression et position allongée dès les prodromes : ce sont les deux mesures qui évitent la récidive et la chute.

À retenir

  • La décision qui compte est l'orientation, pas le diagnostic.
  • Un seul critère de gravité suffit à ne pas laisser sortir le patient.
  • Une syncope réflexe se traite d'abord sans médicament.
  • Devant une hypotension au lever, la révision de l'ordonnance est le geste le plus rentable.
  • La conduite se pose systématiquement, et ne pas en parler n'est pas neutre.

En pratique

  • Critères de gravité passés en revue avant la sortie
  • Surveillance sous scope si un seul est présent
  • Explication et consigne écrite si retour
  • Manœuvres de contre-pression enseignées
  • Ordonnance révisée
  • Question de la conduite abordée et tracée
  • Suivi programmé

Procédure et geste technique

Le geste de cette situation est la réanimation cardio-pulmonaire de base, et sa valeur tient entièrement à sa qualité d'exécution.

La position : victime sur le dos, sur un plan dur, thorax dégagé. Le sauveteur est à genoux à côté d'elle, les épaules à l'aplomb de ses mains, les bras tendus.

Les mains : le talon d'une main au centre du thorax, sur la moitié inférieure du sternum, la seconde main par-dessus, les doigts relevés pour n'appuyer que sur le talon.

⚠️ Trois paramètres font l'efficacité : une profondeur de 5 à 6 cm chez l'adulte, un rythme de 100 à 120 compressions par minute, et une remontée complète du thorax entre deux compressions. La remontée incomplète est l'erreur la plus fréquente et elle annule le remplissage.

Les insufflations : 30 compressions pour 2 insufflations pour un sauveteur formé disposant d'un moyen de protection, chaque insufflation durant environ une seconde et soulevant visiblement le thorax. Une réanimation par compressions seules vaut mieux qu'une réanimation retardée.

Le défibrillateur : mis en marche d'abord, électrodes posées sur une peau sèche selon les schémas, sans interrompre les compressions pendant la pose. Personne ne touche la victime pendant l'analyse et le choc, ce qui s'annonce et se vérifie du regard.

Les complications attendues, fractures de côtes et régurgitation, ne font pas interrompre les compressions.

Le piège

S'appuyer sur le thorax entre deux compressions. Le cœur ne se remplit plus, et le massage devient inefficace sans que rien ne le signale.

À retenir

  • Profondeur, rythme et remontée complète : les trois paramètres de l'efficacité.
  • La remontée incomplète du thorax est l'erreur la plus fréquente.
  • Le défibrillateur se met en marche avant de poser les électrodes.
  • Les compressions ne s'interrompent pas pendant la pose des électrodes.
  • Des côtes fracturées ne font pas interrompre les compressions.

En pratique

  • Plan dur et thorax dégagé
  • Talon de main au centre du thorax
  • Bras tendus, épaules à l'aplomb
  • Profondeur et rythme respectés
  • Remontée complète entre deux compressions
  • Alternance annoncée et tenue
  • Défibrillateur allumé puis électrodes posées
  • Relais organisé avant l'épuisement

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'information donnée au patient sur la conduite à tenir et sur la conduite automobile est traitée dans les sections consacrées à la prise en charge et à l'éducation.

Éducation et prévention

Un patient qui a perdu connaissance repart avec deux besoins : savoir quoi faire la prochaine fois, et savoir quand s'inquiéter.

⚠️ Ce qui s'enseigne à un patient qui fait des syncopes réflexes : reconnaître ses prodromes, chaleur, sueurs, nausée, vue qui se voile, et s'allonger immédiatement, jambes surélevées, sans chercher à sortir de la pièce. Les manœuvres de contre-pression, croiser les jambes en contractant les cuisses, serrer les poings, tirer sur ses mains croisées, interrompent une bonne partie des épisodes si elles sont faites tôt.

Ce qui se corrige : la station debout prolongée, la chaleur, le jeûne, l'insuffisance d'apports en eau.

⚠️ Ce qui se dit sur la conduite : les règles existent, elles s'appliquent, elles sont plus strictes pour les conducteurs professionnels, et la déclaration appartient au patient. Le médecin informe, explique pourquoi, et le note.

Ce qui doit faire consulter sans attendre : une récidive, un épisode à l'effort, des palpitations, une douleur thoracique, un essoufflement.

⚠️ Ce qui se propose à la famille après une mort subite avant 50 ans : un dépistage des apparentés au premier degré. C'est une information qui se donne, même si elle dépasse le motif du jour.

Ce qui s'apprend à tout le monde : les gestes de premiers secours, qui triplent les chances de survie quand ils sont commencés par un témoin.

À retenir

La consigne la plus utile tient en trois mots : au moindre prodrome, on s'allonge. Sortir de la pièce est ce qui fait tomber dans l'escalier.

À retenir

  • S'allonger dès les prodromes, sans chercher à sortir de la pièce.
  • Les manœuvres de contre-pression interrompent une bonne partie des épisodes.
  • Les règles de conduite sont plus strictes pour les conducteurs professionnels.
  • Après une mort subite avant 50 ans, le dépistage des apparentés se propose.
  • Une réanimation commencée par un témoin change le pronostic.

En pratique

  • Prodromes reconnus et nommés par le patient
  • Manœuvres de contre-pression montrées
  • Consigne de s'allonger sur place
  • Facteurs déclenchants revus
  • Conduite expliquée et tracée
  • Dépistage familial proposé si mort subite
  • Formation aux premiers secours évoquée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Dans cette situation, l'information la plus précieuse appartient à quelqu'un qui n'est pas le patient, et elle se perd si personne ne la recueille.

Le témoin se joint et son récit se note au dossier, en ses termes. Le patient ne sait rien de ce qui s'est passé pendant qu'il était inconscient, et une description de seconde main perd exactement ce qui compte : la durée, l'ordre des événements, l'existence d'un prodrome.

À l'équipe mobile ou au service d'accueil se transmettent les circonstances exactes, les prodromes, la durée, la récupération, les constantes, et le tracé électrocardiographique lui-même, qui voyage avec le patient. Un tracé décrit ne vaut pas un tracé transmis.

Au cardiologue se transmettent les critères de gravité retenus et pourquoi, ce qui a déjà été fait, et les épisodes antérieurs avec leurs circonstances.

Au médecin traitant se transmettent la décision d'orientation, ce qui reste en attente, et ce qui a été dit au patient sur la conduite, pour que le message ne varie pas.

Au médecin du travail, avec l'accord du patient, se transmettent les capacités et les limites, jamais un diagnostic.

⚠️ Devant un arrêt cardiaque, ce qui se transmet à l'arrivée de l'équipe tient en quatre points : l'heure de l'effondrement, l'heure du début des compressions, le nombre de chocs délivrés, et ce qui est connu du patient.

Le piège

Laisser partir le témoin sans son numéro. Il est la seule source de ce qui s'est passé pendant la perte de connaissance.

À retenir

  • L'information la plus précieuse appartient au témoin, et elle se perd si personne ne la recueille.
  • Le récit du témoin se note au dossier en ses termes.
  • Un tracé décrit ne vaut pas un tracé transmis.
  • Le médecin du travail reçoit des capacités et des limites, jamais un diagnostic.
  • Après un arrêt : heure de l'effondrement, heure des compressions, nombre de chocs, antécédents.

En pratique

  • Témoin identifié et joint
  • Récit noté en ses termes
  • Tracé transmis avec le patient
  • Critères de gravité écrits pour le cardiologue
  • Message unique sur la conduite
  • Quatre points transmis après un arrêt

Sources

  • R2C, item 342 : Malaise, perte de connaissance, crise convulsive chez l'adulte
  • R2C, item 331 : Arrêt cardiorespiratoire (ACR)
  • Collège national des enseignants de cardiologie, chapitre « Syncopes », et collège des enseignants de médecine intensive et réanimation, chapitre « Arrêt cardio-circulatoire »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge des syncopes, sur la réanimation cardio-pulmonaire de base de l'adulte et sur l'aptitude à la conduite après une perte de connaissance. La date de la version consultée fait partie de la source