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Fiche de révision

Pâleur de l'enfant

La carence en fer explique presque tous les cas, et c'est pour cette raison qu'elle fait manquer les autres : chaque signe d'alerte arrive avec son explication ordinaire.

Situation de départ 55Catégorie IItem R2C 213Item R2C 315

Entretien et interrogatoire

L'interrogatoire se mène en deux temps qu'il ne faut pas confondre : celui qui explique, et celui qui inquiète.

Celui qui explique : l'alimentation. Quantité de lait bue chaque jour, biberon nocturne compris, âge et qualité de la diversification, consommation de viande, de poisson et de légumes secs, refus alimentaires. Un apport lacté excessif est la cause la plus fréquente de carence martiale du jeune enfant et il se chiffre, il ne s'estime pas.

Le terrain : terme, poids de naissance, allaitement et supplémentation, prématurité.

⚠️ Celui qui inquiète, et qui ne vient jamais seul. Des douleurs des membres qui réveillent la nuit ne sont pas des douleurs de croissance à cet âge. Un refus de marcher récent n'est pas un caprice. Des ecchymoses en dehors des zones de choc ne viennent pas de chutes. S'y ajoutent la fièvre répétée sans point d'appel, les saignements de nez, les adénopathies palpées par les parents, et l'arrêt de la croissance.

Le comportement : un enfant qui ne joue plus, qui réclame les bras, qui fait des siestes en plus.

Le milieu : ancienneté du logement, peinture écaillée, travaux, pica, qui exposent au plomb.

L'origine familiale et un ictère néonatal orientent vers une anomalie du globule rouge.

Le piège

S'arrêter quand l'alimentation explique tout. Elle explique presque toujours quelque chose, et c'est ce qui la rend dangereuse comme point d'arrêt.

À retenir

  • Un apport lacté excessif se chiffre, biberon nocturne compris, il ne s'estime pas.
  • Des douleurs des membres qui réveillent la nuit ne sont pas des douleurs de croissance.
  • Un refus de marcher récent chez un petit enfant n'est pas un caprice.
  • Des ecchymoses en dehors des zones de choc ne viennent pas de chutes.
  • Pica et logement ancien exposent au plomb, et se demandent ensemble.

En pratique

  • Quantité de lait chiffrée, nuit comprise
  • Diversification et consommation de viande
  • Douleurs des membres, en particulier nocturnes
  • Marche et refus de marcher
  • Ecchymoses et saignements
  • Fièvre récente et adénopathies
  • Croissance et comportement
  • Pica, logement, origine familiale, ictère néonatal

Examen clinique

L'examen d'un enfant pâle est un examen complet, sur un enfant déshabillé, et il répond à deux questions : quelle est la tolérance, et y a-t-il autre chose que du fer manquant.

La pâleur se cherche là où elle se voit : conjonctives, paumes, plis palmaires, muqueuse buccale. La coloration du visage ne suffit pas et dépend de la carnation.

La tolérance : fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, souffle systolique fonctionnel, temps de recoloration, comportement, capacité à jouer pendant la consultation.

⚠️ Ce qui fait sortir de la carence : une splénomégalie, une hépatomégalie, des adénopathies de plusieurs aires, des ecchymoses ou un purpura pétéchial, une douleur provoquée à la palpation des os longs, une boiterie.

La croissance : poids et taille reportés sur les courbes du carnet de santé, et comparés aux points précédents, ce qui vaut mieux que n'importe quelle impression.

L'examen de la bouche : chéilite, glossite, mais aussi hypertrophie gingivale et saignement.

La peau et les phanères : ongles cassants, cheveux fins.

L'examen neurologique et la recherche d'un déficit complètent, en particulier devant une exposition au plomb.

Urgence

Pâleur avec purpura, adénopathies, organomégalie ou douleurs osseuses : avis pédiatrique le jour même, hémogramme sans délai.

À retenir

  • La pâleur se cherche aux conjonctives et aux paumes, pas sur le visage.
  • Un souffle systolique fonctionnel accompagne les anémies profondes et disparaît avec elles.
  • Rate, foie, ganglions et purpura : quatre choses qui font sortir de la carence.
  • Une douleur provoquée des os longs chez un enfant pâle est un signe d'appel majeur.
  • Les courbes se comparent aux points précédents, une impression ne les remplace pas.

En pratique

  • Conjonctives, paumes, muqueuses
  • Fréquence cardiaque et souffle
  • Tolérance à l'effort observée
  • Rate, foie, aires ganglionnaires
  • Purpura et ecchymoses
  • Palpation des os longs
  • Poids et taille sur les courbes

Synthèse paraclinique

⚠️ Un seul examen ouvre la démarche, et ce n'est pas la ferritine : c'est l'hémogramme, avec les réticulocytes.

Trois lectures s'y font. ⚠️ La première est le nombre de lignées touchées : une anémie isolée n'a pas le même sens qu'une anémie accompagnée d'une baisse des plaquettes ou des polynucléaires. Deux lignées atteintes font quitter la carence. Le nombre de leucocytes, très élevé ou très bas, et la présence de cellules anormales sur le frottis commandent un avis immédiat.

La deuxième est le volume globulaire moyen : microcytaire oriente vers la carence martiale, l'inflammation, une anomalie constitutionnelle de l'hémoglobine ou le plomb ; normocytaire et macrocytaire orientent ailleurs.

La troisième est le compte des réticulocytes, qui dit si la moelle répond. Une anémie régénérative fait chercher une hémolyse ou un saignement ; une anémie non régénérative fait regarder la moelle et les carences.

Ensuite seulement : ferritine, toujours avec un marqueur d'inflammation, la ferritine s'élevant avec elle et pouvant masquer une carence.

Selon l'orientation : électrophorèse de l'hémoglobine, plombémie devant un pica en logement ancien, sérologie de la maladie cœliaque, recherche de sang dans les selles.

⚠️ Un frottis se demande explicitement quand quelque chose n'est pas clair : un automate compte, il ne regarde pas.

À retenir

Trois lectures dans l'ordre : combien de lignées, quel volume globulaire, quels réticulocytes. Le reste vient après.

À retenir

  • L'hémogramme avec réticulocytes ouvre la démarche, pas la ferritine.
  • Deux lignées atteintes font quitter l'hypothèse d'une carence.
  • Les réticulocytes disent si la moelle répond, et séparent les deux grandes branches.
  • La ferritine se lit toujours avec un marqueur d'inflammation.
  • Un automate compte, il ne regarde pas : le frottis se demande.

En pratique

  • Hémogramme avec réticulocytes
  • Nombre de lignées atteintes
  • Volume globulaire moyen
  • Leucocytes et frottis si doute
  • Ferritine avec marqueur d'inflammation
  • Plombémie si pica et logement ancien
  • Électrophorèse selon l'origine

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans l'exploration initiale d'une pâleur de l'enfant. Une échographie abdominale ou une radiographie ne se demandent que sur une hypothèse précise, organomégalie ou douleur osseuse localisée, et relèvent alors du service qui prend le relais.

Stratégie diagnostique

La démarche tient en trois questions posées dans cet ordre, et la première n'est pas diagnostique.

⚠️ Première question : cet enfant peut-il rentrer chez lui ? Elle se pose sur la tolérance et sur les signes d'accompagnement, avant tout résultat.

Deuxième question : une ou plusieurs lignées ? Une anémie isolée, microcytaire, non régénérative, chez un enfant de un à trois ans qui boit beaucoup de lait, est une carence martiale et se traite comme telle sans autre exploration. Toute autre combinaison sort de ce cadre.

Troisième question : la moelle répond-elle ? Une anémie régénérative fait chercher une hémolyse, constitutionnelle ou acquise, et un saignement. Une anémie non régénérative fait chercher une carence, une inflammation, une insuffisance rénale, une atteinte de la moelle.

⚠️ Les signes qui font sortir de la carence, quel que soit le reste : douleurs osseuses, refus de marcher, purpura, adénopathies, organomégalie, fièvre inexpliquée, altération de l'état général, arrêt de la croissance. Un seul suffit.

⚠️ Le test de la démarche est thérapeutique : une carence martiale traitée correctement remonte. Une anémie qui ne remonte pas sous fer n'était pas ce qu'on croyait, ou le traitement n'est pas pris, ou une perte continue. Dans les trois cas, on reprend tout.

À retenir

Le contrôle après traitement fait partie du diagnostic : c'est la réponse au fer qui confirme la carence, pas la ferritine seule.

À retenir

  • La première question n'est pas diagnostique : cet enfant peut-il rentrer chez lui.
  • Une anémie isolée microcytaire non régénérative chez un petit enfant se traite sans autre exploration.
  • Toute autre combinaison sort du cadre de la carence.
  • Un seul signe d'appel suffit à changer la démarche.
  • Une anémie qui ne remonte pas sous fer n'était pas ce qu'on croyait.

En pratique

  • Tolérance évaluée avant tout
  • Nombre de lignées établi
  • Caractère régénératif ou non
  • Signes d'appel passés en revue
  • Traitement d'épreuve encadré par un contrôle
  • Reprise complète si absence de réponse

Urgence vitale

⚠️ Chez l'enfant, la gravité d'une anémie ne se lit pas sur le chiffre mais sur la tolérance, parce qu'une anémie installée lentement se supporte à des niveaux qui paraissent impossibles.

Ce qui signe la mauvaise tolérance : tachycardie au repos, polypnée, souffle, sueurs, difficulté à téter ou à manger, somnolence, refus de jouer, temps de recoloration allongé. Un enfant qui ne joue pas pendant la consultation est un enfant qui ne va pas bien.

La transfusion se décide sur la tolérance et sur la cause, jamais sur un seuil isolé, et elle se fait en milieu hospitalier avec les contrôles réglementaires.

⚠️ Devant une leucémie aiguë, l'urgence n'est pas l'anémie : ce sont les complications initiales. Un nombre de leucocytes très élevé, un syndrome de lyse, une infection chez un enfant neutropénique, un saignement en cas de thrombopénie profonde. L'enfant part le jour même, sans transfusion faite en ville.

Une hémolyse aiguë se reconnaît sur la pâleur brutale, l'ictère, les urines foncées et la splénomégalie, et peut suivre une infection ou une prise médicamenteuse chez un enfant déficitaire.

Un saignement digestif se cherche devant une pâleur brutale sans ictère.

Ce qui se fait dans tous les cas : constantes complètes, hémogramme sans délai, et appel du pédiatre avant le résultat si l'enfant tolère mal.

Urgence

Pâleur mal tolérée, purpura, fièvre chez un enfant pâle : hémogramme immédiat et transfert le jour même, sans transfusion en ville.

Le piège

Se rassurer parce que l'enfant est calme. Une anémie profonde d'installation lente donne un enfant tranquille, pas un enfant qui va bien.

À retenir

  • La gravité se lit sur la tolérance, pas sur le chiffre.
  • Un enfant qui ne joue pas pendant la consultation est un enfant qui ne va pas bien.
  • La transfusion se décide sur la tolérance et la cause, jamais sur un seuil isolé.
  • Devant une leucémie, l'urgence n'est pas l'anémie mais les complications initiales.
  • Une pâleur brutale avec ictère et urines foncées est une hémolyse jusqu'à preuve du contraire.

En pratique

  • Constantes complètes et comportement observé
  • Hémogramme sans délai
  • Signes de mauvaise tolérance recherchés
  • Purpura, fièvre, organomégalie
  • Pédiatre appelé avant le résultat si besoin
  • Aucune transfusion hors milieu hospitalier

Stratégie de prise en charge

Le traitement d'une carence martiale comporte trois volets, et le premier est celui qu'on oublie.

⚠️ Le premier est alimentaire : plafonner les apports de lait, supprimer le biberon nocturne, avancer la diversification, introduire viande, poisson, œufs et légumes secs. Sans ce volet, le fer prescrit corrige et la carence revient.

Le deuxième est le fer par voie orale, prescrit pour une durée qui dépasse largement la normalisation de l'hémoglobine, le but étant de reconstituer les réserves. Il se prend à distance du lait et du thé, qui gênent son absorption, et sa tolérance digestive conditionne l'observance. Les selles deviennent noires, et le dire évite un appel inquiet.

Le troisième est le contrôle : les réticulocytes remontent en quelques jours, l'hémoglobine en quelques semaines. ⚠️ Un contrôle non programmé est un traitement non évalué, et c'est là que se perdent les enfants dont le diagnostic était faux.

Devant une exposition au plomb : éviction de la source, prise en charge spécifique, et déclaration obligatoire chez le mineur, qui déclenche une enquête sur le logement et le dépistage de la fratrie.

Devant un signe d'appel : l'enfant est adressé, sans traitement d'épreuve, et sans attendre un rendez-vous.

Devant une anomalie constitutionnelle : le relais est spécialisé, et la famille est concernée.

À retenir

Le traitement se prolonge bien au-delà de la normalisation de l'hémoglobine : ce sont les réserves qu'il faut reconstituer, pas seulement le chiffre.

Le piège

Prescrire du fer devant un signe d'appel « en attendant ». Le traitement d'épreuve retarde le diagnostic qu'il ne fallait pas manquer.

À retenir

  • Sans le volet alimentaire, le fer corrige et la carence revient.
  • Le fer se prend à distance du lait et du thé.
  • Les selles deviennent noires, et le dire évite un appel inquiet.
  • Un contrôle non programmé est un traitement non évalué.
  • Le saturnisme du mineur fait l'objet d'une déclaration obligatoire.

En pratique

  • Apports lactés plafonnés et biberon nocturne supprimé
  • Aliments riches en fer introduits
  • Fer prescrit avec ses modalités de prise
  • Effets attendus expliqués, selles noires comprises
  • Contrôle programmé et daté
  • Éviction et déclaration si plomb
  • Adressage sans traitement d'épreuve si signe d'appel

Procédure et geste technique

La mesure de l'hémoglobine capillaire donne un chiffre en une minute, et c'est ce qui la rend utile et dangereuse.

Avant : vérifier l'identité et l'indication, contrôler la date de péremption des consommables et la correspondance entre le code de l'appareil et le lot, faire l'hygiène des mains, mettre des gants.

Le site : face latérale de la pulpe du majeur ou de l'annulaire au-delà de six mois, face latérale du talon avant. Ni la face palmaire, ni le pouce, ni l'auriculaire. Réchauffer améliore le débit et évite d'avoir à insister.

L'antiseptique doit sécher complètement : l'alcool résiduel dilue et hémolyse.

⚠️ Deux gestes faussent le résultat, et ils sont fréquents. La première goutte s'essuie, parce qu'elle contient du liquide interstitiel qui dilue l'échantillon. Le doigt ne se presse pas pour faire venir le sang, pour la même raison. Les deux rendent une hémoglobine plus basse qu'elle n'est.

Le remplissage se fait en une seule fois, sans bulle et sans reprise : un remplissage en deux temps rend la mesure ininterprétable, et la refaire coûte moins qu'un chiffre douteux.

Après : compression, pansement, lancette immédiatement dans le collecteur.

⚠️ Ce que vaut le chiffre : une valeur capillaire sert à décider vite, elle ne remplace pas un hémogramme, qui apporte les autres lignées et les réticulocytes.

Le piège

Promettre à l'enfant que cela ne fera rien. La promesse non tenue coûte tous les gestes des années suivantes.

À retenir

  • La première goutte contient du liquide interstitiel et fait rendre un chiffre trop bas.
  • Presser le doigt dilue l'échantillon : on réchauffe, et on laisse venir.
  • L'antiseptique doit sécher complètement avant de piquer.
  • Un remplissage en deux fois rend la mesure ininterprétable.
  • Une valeur capillaire fait décider vite, elle ne remplace pas un hémogramme.

En pratique

  • Identité, indication, péremption, lot
  • Hygiène des mains et gants
  • Site adapté à l'âge, réchauffé
  • Antiseptique séché
  • Première goutte essuyée
  • Aucune pression sur le doigt
  • Remplissage en une seule fois
  • Compression, pansement, collecteur

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Ce qui se dit aux parents pendant la démarche relève de la section consacrée à l'éducation. Ce qui se dit une fois un diagnostic hématologique lourd établi dépasse le périmètre du deuxième cycle tel que le définit le cadrage de l'épreuve (D44).

Éducation et prévention

⚠️ Les parents d'un enfant pâle arrivent souvent avec une culpabilité déjà installée, et la façon dont on parle de l'alimentation décide de ce qu'ils diront ensuite. Un parent qui se sent jugé cesse de rapporter ce qu'il a vu.

Ce qui se dit sur le lait : il est nécessaire et il ne suffit pas, il prend la place d'autres aliments et il gêne l'absorption du fer. Une quantité maximale se donne en volume, pas en conseil vague, et le biberon nocturne se supprime en premier.

Ce qui se dit sur le fer alimentaire : viande rouge, poisson, œufs, légumes secs, céréales enrichies. Un aliment riche en vitamine C au même repas améliore l'absorption ; le thé et le lait la diminuent.

Ce qui se dit sur le traitement : la durée, les selles noires, la prise à distance du lait, et le fait que l'arrêt précoce fait recommencer.

⚠️ Ce qui se prévient et qu'on oublie : le plomb. Dans un logement ancien à peinture écaillée, un enfant qui porte tout à la bouche est exposé, la fratrie aussi, et le dépistage est simple.

Ce qui doit faire reconsulter sans attendre : un enfant plus pâle, plus fatigué, qui refuse de marcher, qui a des bleus, de la fièvre ou des saignements.

Ce qui se programme : le contrôle, avec une date.

À retenir

Une quantité de lait se donne en volume par jour. « Un peu moins de lait » ne change rien à la ration réelle.

À retenir

  • Un parent qui se sent jugé cesse de rapporter ce qu'il a vu.
  • Le lait est nécessaire, il ne suffit pas, et il gêne l'absorption du fer.
  • La vitamine C au même repas améliore l'absorption, le thé et le lait la diminuent.
  • L'arrêt précoce du traitement fait recommencer la carence.
  • Dans un logement ancien à peinture écaillée, la fratrie se dépiste aussi.

En pratique

  • Culpabilité désamorcée avant les conseils
  • Volume de lait maximal donné en chiffres
  • Biberon nocturne supprimé
  • Aliments riches en fer et vitamine C
  • Durée du traitement et selles noires
  • Exposition au plomb évaluée, fratrie comprise
  • Signes devant faire reconsulter
  • Date du contrôle fixée

Communication interprofessionnelle

Ce qui circule mal dans cette situation, c'est le degré d'urgence, parce qu'une pâleur ne fait pas peur au téléphone.

⚠️ Au pédiatre ou au service se transmettent la tolérance, les signes d'appel retenus, l'hémogramme s'il est disponible, et le motif exact de l'urgence. « Enfant pâle à explorer » ne fait pas ouvrir de place ; « enfant pâle avec douleurs osseuses nocturnes et purpura » en fait ouvrir une le jour même. Un appel double le courrier, sans exception, dès qu'un signe d'appel est présent.

Au laboratoire se transmettent l'âge de l'enfant, parce que les valeurs de référence en dépendent, et la demande explicite des réticulocytes et d'un frottis si le contexte le justifie.

Au médecin traitant et au carnet de santé : le résultat, le traitement, et la date du contrôle, faute de quoi il n'aura pas lieu.

Aux structures qui accueillent l'enfant, avec l'accord des parents : ce qui est nécessaire pour l'accueil, jamais un diagnostic.

Aux autorités sanitaires : la déclaration obligatoire en cas de saturnisme chez un mineur, qui n'est pas une formalité mais le moyen de faire traiter le logement et de dépister la fratrie.

⚠️ Aux parents revient un message unique. Deux versions différentes entre le médecin traitant et l'hôpital, et c'est la rassurante qui reste.

Le piège

Adresser par courrier seul un enfant qui a des signes d'appel. Le courrier arrive après le rendez-vous qu'on attendait.

À retenir

  • « Enfant pâle à explorer » ne fait pas ouvrir de place, un motif précis en fait ouvrir une.
  • Un appel double le courrier dès qu'un signe d'appel est présent.
  • L'âge se transmet au laboratoire : les valeurs de référence en dépendent.
  • Une date de contrôle non transmise est un contrôle qui n'aura pas lieu.
  • La déclaration du saturnisme fait traiter le logement et dépister la fratrie.

En pratique

  • Motif exact et signes d'appel écrits
  • Appel téléphonique doublant le courrier
  • Âge et demandes précises au laboratoire
  • Résultat et date de contrôle au médecin traitant
  • Carnet de santé renseigné
  • Déclaration si saturnisme
  • Message unique aux parents

Sources

  • R2C, item 213 : Anémie chez l'adulte et l'enfant
  • R2C, item 315 : Leucémies aiguës
  • Collège national des pédiatres universitaires, chapitres « Anémie de l'enfant » et « Hémopathies malignes de l'enfant »
  • Recommandations en vigueur sur la carence martiale du jeune enfant, sur le dépistage et la déclaration du saturnisme infantile et sur les signes d'appel des hémopathies de l'enfant. La date de la version consultée fait partie de la source