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Fiche de révision

Troubles de déglutition et fausse-route

Adapter les textures est un tiers du travail : le reste tient dans la bouche, la posture, l'environnement du repas et l'ordonnance.

Situation de départ 62Catégorie IItem R2C 273Item R2C 250

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une question sépare deux maladies différentes : à quel moment cela bloque.

Si la gêne survient au moment même d'avaler, avec une toux, un étouffement, un retour par le nez, une voix qui change, c'est un trouble du temps pharyngé. Si l'aliment part et bloque quelques secondes plus tard derrière le sternum, c'est un trouble du transport œsophagien, et la démarche est entièrement différente.

Pour le premier : depuis quand, avec quoi, les liquides ou les solides, la durée des repas, la fatigue en fin de repas, les résidus dans la bouche, une toux nocturne, des épisodes de fièvre.

⚠️ Il faut demander explicitement ce qui a changé et quand, parce que la réponse désigne souvent un événement daté, un accident neurologique, une hospitalisation, ou une ordonnance modifiée.

Pour le second : solides seuls puis liquides, ce qui oriente vers un obstacle ; solides et liquides d'emblée, ce qui oriente vers un trouble moteur. Un amaigrissement, un âge avancé, un tabagisme et une consommation d'alcool imposent une exploration.

Dans les deux cas : le poids, ce qui est réellement mangé, les boissons, et ce que fait l'entourage aux repas.

L'ordonnance se déroule : sédatifs, neuroleptiques, anticholinergiques, et la forme sous laquelle les médicaments sont pris.

À retenir

Une seule question ouvre le dossier : est-ce que cela bloque au moment d'avaler, ou quelques secondes après.

À retenir

  • Le moment du blocage sépare deux maladies différentes.
  • Au moment d'avaler : temps pharyngé. Quelques secondes après : transport œsophagien.
  • Solides puis liquides oriente vers un obstacle ; les deux d'emblée vers un trouble moteur.
  • Ce qui a changé et quand désigne souvent un événement daté ou une ordonnance modifiée.
  • La forme sous laquelle les médicaments sont pris fait partie de l'interrogatoire.

En pratique

  • Moment du blocage
  • Liquides, solides, ou les deux
  • Durée des repas et fatigue
  • Toux nocturne et épisodes fébriles
  • Événement déclenchant daté
  • Poids et prises alimentaires réelles
  • Ordonnance et formes galéniques
  • Rôle de l'entourage aux repas

Examen clinique

⚠️ Le meilleur examen de la déglutition consiste à regarder quelqu'un manger, et c'est celui qu'on ne fait presque jamais.

Ce qui s'observe pendant un repas : la posture, le temps mis, le nombre de déglutitions par bouchée, la toux et son délai par rapport à la bouchée, la voix après avoir bu, les résidus dans les joues, la fatigue en fin de repas, la vigilance.

⚠️ Une voix mouillée après avoir bu est un signe de stase, et elle vaut ce que vaudrait un examen instrumental de dépistage.

⚠️ L'absence de toux n'écarte rien. Une part importante des inhalations est silencieuse, en particulier après un accident vasculaire cérébral, parce que le réflexe protecteur est lui-même altéré. Le patient qui ne tousse pas est parfois celui qui inhale le plus.

L'examen de la bouche est un temps à part entière : dents, prothèses et leur tenue, sécheresse, mycose, hygiène. Il conditionne le risque infectieux davantage que la quantité inhalée.

L'examen neurologique : paires crâniennes, voile, réflexe nauséeux, force de la toux, motricité linguale, dysarthrie.

L'examen général : poids, indice de masse corporelle, masse musculaire, état d'hydratation, auscultation pulmonaire.

Ce qui se documente : ce qui a été observé pendant le repas, et non ce qui a été rapporté.

Le piège

Conclure qu'il n'y a pas de fausse route parce que le patient ne tousse pas. C'est parfois l'inverse qui est vrai.

À retenir

  • Le meilleur examen consiste à regarder quelqu'un manger.
  • Une voix mouillée après avoir bu est un signe de stase.
  • Une part importante des inhalations est silencieuse : l'absence de toux n'écarte rien.
  • L'état de la bouche conditionne le risque infectieux plus que la quantité inhalée.
  • Ce qui se documente est ce qui a été observé, pas ce qui a été rapporté.

En pratique

  • Observation d'un repas réel
  • Toux et son délai après la bouchée
  • Voix après déglutition
  • Résidus buccaux et fatigue
  • État dentaire, prothèses, sécheresse
  • Paires crâniennes et force de la toux
  • Poids, masse musculaire, hydratation

Synthèse paraclinique

⚠️ Aucun examen biologique ne diagnostique un trouble de la déglutition. Les examens servent à mesurer ses conséquences et à chercher une cause générale.

La dénutrition se diagnostique d'abord sur des chiffres simples : le poids actuel, le pourcentage perdu par rapport au poids antérieur, l'indice de masse corporelle, et l'état de la masse musculaire. ⚠️ L'albumine ne fait pas le diagnostic de dénutrition, elle en précise la sévérité, et elle s'abaisse aussi avec l'inflammation, qu'il faut donc mesurer en même temps.

Ce qui se dose utilement : marqueur d'inflammation, fonction rénale et ionogramme, qui disent l'hydratation, hémogramme, et selon le contexte les vitamines et la thyroïde.

Devant une suspicion d'inhalation : les examens du foyer infectieux, sans qu'aucun résultat ne fasse le diagnostic à lui seul.

Devant une dysphagie de transport chez un adulte, les examens biologiques ne servent à rien : c'est l'endoscopie qui décide, et elle ne se remplace par aucun dosage.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un bilan large pour « explorer une dysphagie ». La dysphagie s'explore par l'observation, l'endoscopie et l'imagerie dynamique, pas par le laboratoire.

Le suivi repose sur une donnée simple et souvent absente du dossier : une courbe de poids datée.

À retenir

Le diagnostic de dénutrition se fait avec une balance, une toise et un poids antérieur. Le laboratoire ne fait que le graduer.

À retenir

  • Aucun examen biologique ne diagnostique un trouble de la déglutition.
  • L'albumine ne fait pas le diagnostic de dénutrition, elle en précise la sévérité.
  • L'albumine baisse aussi avec l'inflammation, qu'il faut mesurer en même temps.
  • Devant une dysphagie de transport, c'est l'endoscopie qui décide.
  • Le suivi repose sur une courbe de poids datée, souvent absente du dossier.

En pratique

  • Poids, taille, pourcentage perdu
  • Masse musculaire appréciée
  • Albumine avec marqueur d'inflammation
  • Fonction rénale et ionogramme
  • Examens du foyer si suspicion d'inhalation
  • Aucun bilan large sans hypothèse
  • Courbe de poids datée mise en place

Iconographie

Deux examens explorent la déglutition elle-même, et ils ne se remplacent pas l'un l'autre.

L'examen endoscopique de la déglutition se fait au lit du patient avec un fibroscope souple : il regarde le pharynx et le larynx pendant que le patient avale des textures colorées. Il montre les stases, les pénétrations et les inhalations, et il permet de tester une posture ou une texture dans le même temps.

L'examen radiologique dynamique de la déglutition filme le passage d'un produit de contraste : il voit ce que l'endoscopie ne voit pas, c'est-à-dire le temps où le pharynx se ferme sur lui-même, et il analyse l'ensemble du trajet.

⚠️ Aucun des deux ne se demande en première intention devant une situation évidente et stable : l'observation d'un repas et l'avis de l'orthophoniste précèdent. Ils se demandent quand la décision dépend du résultat.

La radiographie du thorax ne sert pas à dépister l'inhalation mais à documenter une pneumopathie, et elle peut être normale au début.

Devant une dysphagie de transport, l'imagerie ne remplace pas l'endoscopie digestive haute, qui voit et qui prélève.

Ce qui figure sur la demande : le moment du blocage, les textures concernées, l'état neurologique, et la question posée. Une demande qui dit « dysphagie » ne fait pas choisir l'examen.

À retenir

L'observation d'un repas et l'avis de l'orthophoniste précèdent l'instrumentation. Les examens répondent à une question, ils ne la posent pas.

À retenir

  • L'examen endoscopique montre les stases et permet de tester une posture dans le même temps.
  • L'examen radiologique dynamique voit ce que l'endoscopie ne voit pas.
  • Ni l'un ni l'autre ne se demandent quand la conduite ne dépend pas du résultat.
  • Une radiographie du thorax peut être normale au début d'une pneumopathie d'inhalation.
  • Une demande qui dit seulement « dysphagie » ne fait pas choisir l'examen.

En pratique

  • Question posée avant de choisir l'examen
  • Observation clinique faite d'abord
  • Examen endoscopique ou radiologique selon la question
  • Radiographie du thorax si suspicion d'inhalation
  • Endoscopie digestive si dysphagie de transport
  • Renseignements cliniques complets sur la demande

Stratégie diagnostique

La démarche se sépare en deux dès la première question, et les deux branches n'ont ni les mêmes causes ni les mêmes urgences.

Branche pharyngée. Les causes sont d'abord neurologiques, accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson, maladies dégénératives, troubles cognitifs avancés ; puis musculaires ; puis locales, tumeur, séquelle de radiothérapie, mauvais état dentaire, sécheresse ; ⚠️ puis iatrogènes, et cette cause est sous-estimée : sédatifs, neuroleptiques, anticholinergiques, tout ce qui endort, ralentit ou assèche.

Branche œsophagienne. ⚠️ Une dysphagie aux solides qui progresse, chez un adulte, avec un amaigrissement, impose une endoscopie sans délai, et le délai fait ici le pronostic. Une dysphagie aux solides et aux liquides d'emblée, capricieuse, oriente vers un trouble moteur.

Ce qui doit faire chercher une cause précise : une installation brutale, une atteinte des paires crâniennes, une voix qui change durablement, une douleur, une adénopathie, un tabagisme.

⚠️ Ce que la démarche doit produire, et qui n'est pas un diagnostic : le niveau de risque. Un patient qui inhale sans tousser, qui perd du poids et qui a une bouche en mauvais état est à risque élevé, et ce niveau se décide même quand la cause est connue depuis longtemps.

Ce qui se documente : la branche, la cause retenue, le niveau de risque, et la date.

Urgence

Dysphagie aux solides d'aggravation progressive chez un adulte, avec amaigrissement : endoscopie digestive haute sans délai.

À retenir

  • Les deux branches n'ont ni les mêmes causes ni les mêmes urgences.
  • La cause iatrogène est la plus sous-estimée des causes pharyngées.
  • Une dysphagie aux solides qui progresse avec amaigrissement impose une endoscopie sans délai.
  • La démarche doit produire un niveau de risque, pas seulement un diagnostic.
  • Le niveau de risque se décide même quand la cause est connue depuis longtemps.

En pratique

  • Branche identifiée sur le moment du blocage
  • Causes neurologiques envisagées
  • Ordonnance passée en revue
  • Causes locales cherchées
  • Endoscopie si branche œsophagienne
  • Niveau de risque énoncé et daté

Urgence vitale

Trois urgences naissent d'un trouble de la déglutition, et elles n'arrivent pas au même rythme.

⚠️ L'obstruction des voies aériennes par un corps étranger alimentaire est immédiate. Un patient qui ne peut plus parler, qui ne tousse plus efficacement et qui porte les mains à sa gorge doit être secouru sur place, par les manœuvres de désobstruction, et l'appel se fait en même temps, pas avant. Tant que la toux est efficace, on l'encourage et on ne fait rien d'autre.

⚠️ La pneumopathie d'inhalation se constitue en heures ou en jours. Elle se manifeste souvent sans les signes classiques chez le sujet âgé : une confusion, une chute, un refus alimentaire ou une simple asthénie peuvent en être la seule expression. Fièvre, encombrement, polypnée et désaturation la confirment.

La déshydratation est la troisième et la plus silencieuse. ⚠️ Elle est un effet indésirable direct des mesures de sécurité : un patient à qui l'on donne exclusivement des boissons épaissies qu'il n'aime pas boit moins, et parfois beaucoup moins. Le risque d'inhalation et le risque de déshydratation se combattent l'un l'autre, et le plan doit tenir les deux.

Ce qui se surveille au domicile : le poids, les quantités bues, la température, l'encombrement, l'état de conscience.

Ce qui se transmet à l'entourage : ce qu'il faut faire en cas d'étouffement, et qui appeler.

Urgence

Patient qui ne parle plus, ne tousse plus efficacement et porte les mains à sa gorge : manœuvres de désobstruction immédiates, appel simultané.

Le piège

Chercher les signes classiques d'une pneumopathie chez un sujet âgé. Ils manquent souvent, et le seul signe est un changement de comportement.

À retenir

  • Tant que la toux est efficace, on l'encourage et on ne fait rien d'autre.
  • Chez le sujet âgé, une pneumopathie d'inhalation peut se réduire à une confusion ou une chute.
  • La déshydratation est un effet indésirable direct des mesures de sécurité.
  • Le risque d'inhalation et le risque de déshydratation se combattent l'un l'autre.
  • L'entourage doit savoir quoi faire en cas d'étouffement avant que cela arrive.

En pratique

  • Efficacité de la toux évaluée avant tout geste
  • Manœuvres de désobstruction connues de l'entourage
  • Signes atypiques de pneumopathie recherchés
  • Quantités bues surveillées
  • Poids et température suivis
  • Numéro d'appel donné à l'entourage

Stratégie de prise en charge

⚠️ Adapter les textures est un tiers du travail. C'est nécessaire, insuffisant, et c'est là que s'arrêtent presque tous les plans.

⚠️ Le premier volet est la bouche. Brossage quotidien, prothèses nettoyées et adaptées, sécheresse traitée, avis dentaire. L'hygiène buccale est la mesure dont l'effet sur les pneumopathies d'inhalation est le mieux établi : ce qui est inhalé n'est pas seulement de l'aliment, c'est aussi la flore de la bouche.

Le deuxième est la posture et l'environnement : assis redressé, tête légèrement fléchie, redressé encore après le repas, sans télévision, sans conversation pendant la déglutition, avec du temps, à un moment où le patient est éveillé. Rien de tout cela ne coûte quoi que ce soit et rien de tout cela n'est prescrit.

⚠️ Le troisième est l'ordonnance. Sédatifs, neuroleptiques et anticholinergiques aggravent la déglutition, et leur réévaluation est prioritaire, avec leur prescripteur. La forme galénique se vérifie avec le pharmacien : certaines formes ne se broient pas.

Le quatrième est la nutrition : enrichissement des repas avant les compléments, fractionnement, surveillance du poids, avis diététique.

Le cinquième est la rééducation : l'orthophoniste évalue, propose des manœuvres et adapte les consistances.

⚠️ Sur l'alimentation artificielle : une sonde ne supprime pas le risque d'inhalation, la salive et le reflux continuant d'exister. Son indication se discute de façon collégiale, avec le patient et ses proches.

À retenir

Cinq volets, et un seul concerne les textures : la bouche, la posture, l'ordonnance, la nutrition, la rééducation.

Le piège

Prescrire de l'eau épaissie et s'arrêter là. Si le patient la refuse, on a réduit ses apports sans réduire son risque.

À retenir

  • L'hygiène buccale est la mesure préventive la mieux établie.
  • Ce qui est inhalé n'est pas que de l'aliment, c'est aussi la flore de la bouche.
  • Posture, temps et silence ne coûtent rien et ne sont jamais prescrits.
  • Certaines formes galéniques ne se broient pas : cela se vérifie avec le pharmacien.
  • Une sonde ne supprime pas le risque d'inhalation.

En pratique

  • Hygiène buccale prescrite et organisée
  • Avis dentaire demandé
  • Posture et environnement du repas écrits
  • Ordonnance réévaluée avec le prescripteur
  • Formes galéniques vérifiées
  • Enrichissement et avis diététique
  • Orthophoniste sollicité
  • Réévaluation datée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Les manœuvres de désobstruction des voies aériennes sont rattachées à la situation consacrée à la détresse respiratoire aiguë, qui porte le geste correspondant.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'information donnée au patient et à son entourage relève de la section consacrée à l'éducation. Les discussions sur le niveau de soin et sur l'alimentation artificielle dépassent le périmètre du deuxième cycle tel que le définit le cadrage de l'épreuve (D44).

Éducation et prévention

⚠️ Ce plan est exécuté par des gens qui ne sont pas soignants, trois fois par jour, tous les jours. Ce qui n'est pas compris ou pas acceptable ne sera pas appliqué, et un plan non appliqué ne protège personne.

Ce qui s'explique à l'entourage : pourquoi la posture compte, pourquoi le silence pendant le repas compte, pourquoi la bouche compte, et pourquoi il ne faut pas faire manger un patient somnolent.

⚠️ Ce qui s'entend et qui se traite comme une information, pas comme une désobéissance : un patient refuse l'eau épaissie. Il a une raison, et elle est bonne : c'est désagréable, et il a soif. Répéter l'interdiction ne change rien ; chercher une texture acceptable, proposer d'autres formes de boisson, fractionner, expliquer, peut changer beaucoup.

Ce qui se montre plutôt que se dire : la manœuvre de désobstruction, la position, la façon de donner une cuillère.

Ce qui doit faire appeler : une fièvre, un encombrement, une toux qui change, un essoufflement, un refus alimentaire nouveau, une somnolence inhabituelle.

⚠️ Ce qui se prévient : la vaccination contre la grippe et le pneumocoque chez ces patients, l'hygiène buccale quotidienne, et l'épuisement de l'aidant, qui se demande, s'évalue et se soutient. Un plan qui repose sur une personne épuisée ne tient pas.

Ce qui se réévalue : tout, à une date fixée.

À retenir

Ce qui n'est pas acceptable ne sera pas appliqué. Chercher une solution acceptable fait partie de la prescription.

À retenir

  • Le plan est exécuté par des non-soignants, trois fois par jour.
  • On ne fait pas manger un patient somnolent.
  • Un refus d'eau épaissie est une information, pas une désobéissance.
  • La manœuvre de désobstruction se montre, elle ne se décrit pas.
  • Un plan qui repose sur un aidant épuisé ne tient pas.

En pratique

  • Raisons des consignes expliquées
  • Consigne de ne pas faire manger un patient somnolent
  • Refus discutés et solutions cherchées
  • Manœuvres de désobstruction montrées
  • Signes d'alerte remis par écrit
  • Vaccinations à jour
  • Épuisement de l'aidant évalué
  • Date de réévaluation fixée

Communication interprofessionnelle

Personne ne prend seul en charge un trouble de la déglutition, et c'est la coordination qui échoue le plus souvent, pas la connaissance.

À l'orthophoniste se transmettent le moment du blocage, les textures qui posent problème, l'état neurologique, l'état de la bouche, et l'objectif poursuivi. Une prescription de rééducation sans objectif produit un bilan sans suite.

À l'infirmière et aux aides à domicile : les consignes de posture, d'environnement et de surveillance, écrites et affichées près de la table, parce que ce ne sont pas toujours les mêmes personnes qui viennent.

⚠️ Au pharmacien : la question des formes galéniques, molécule par molécule. C'est lui qui sait ce qui se broie et ce qui ne se broie pas, et cette question se pose explicitement.

Au prescripteur des traitements en cause, souvent le psychiatre ou le neurologue : la chronologie précise entre l'introduction et l'aggravation. La décision de modifier lui appartient, et un courrier qui la lui dicte se solde par un refus.

Au dentiste : l'état de la bouche et l'objectif, qui est la prévention des pneumopathies autant que le confort.

Au médecin traitant : le plan complet, et la date de réévaluation, dont l'absence est ce qui a permis à la situation de dériver.

À la famille : un message unique, écrit, et le même que celui donné aux professionnels.

Le piège

Donner les consignes oralement à la personne présente ce jour-là. Ce ne sera pas elle qui fera dîner le patient.

À retenir

  • C'est la coordination qui échoue, pas la connaissance.
  • Une prescription de rééducation sans objectif produit un bilan sans suite.
  • Les consignes s'écrivent et s'affichent, parce que les intervenants changent.
  • Le pharmacien sait ce qui se broie et ce qui ne se broie pas : la question se pose.
  • L'absence de date de réévaluation est ce qui laisse une situation dériver.

En pratique

  • Objectif transmis à l'orthophoniste
  • Consignes écrites et affichées
  • Formes galéniques revues avec le pharmacien
  • Chronologie transmise au prescripteur
  • Objectif transmis au dentiste
  • Plan complet et date au médecin traitant
  • Message unique à la famille

Sources

  • R2C, item 273 : Dysphagie
  • R2C, item 250 : Dénutrition chez l'adulte et l'enfant
  • Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale, chapitre « Troubles de la déglutition », et collège national des enseignants de gériatrie, chapitres « Dénutrition du sujet âgé » et « Pneumopathies d'inhalation »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge des troubles de la déglutition, sur le diagnostic de la dénutrition et sur la prévention des pneumopathies d'inhalation. La date de la version consultée fait partie de la source