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Fiche de révision

Douleur d'un membre

La première question n'est pas d'où vient la douleur mais si le membre est en danger : cinq situations coûtent un membre en quelques heures.

Situation de départ 71Catégorie IItem R2C 226Item R2C 225

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question est celle du mode d'installation, parce qu'elle sépare les urgences du reste. Une douleur apparue en quelques minutes est vasculaire ou traumatique jusqu'à preuve du contraire ; une douleur installée en heures ou en jours évoque l'infection ou la thrombose ; une douleur qui dure depuis des semaines relève d'une autre démarche.

La deuxième porte sur ce que la douleur fait au membre : peut-il encore l'utiliser, y prend-il appui, la douleur cède-t-elle au repos ou persiste-t-elle immobile. ⚠️ Une douleur qui persiste au repos complet et qui réveille la nuit n'est pas une douleur mécanique.

La troisième porte sur l'intensité rapportée à la cause visible. ⚠️ Une douleur disproportionnée par rapport à ce qu'on voit est un signe, et elle oriente vers une loge musculaire, une artère ou une infection profonde des tissus mous.

Le contexte : traumatisme même ancien ou minime, immobilisation, plâtre, chirurgie, voyage prolongé, cancer, grossesse ou post-partum, traitement hormonal, injection, plaie même minime, morsure.

Les antécédents vasculaires : claudication, thrombose antérieure, arythmie, facteurs de risque.

Le retentissement : distance de marche, sommeil, travail.

⚠️ Une question à poser telle quelle : la douleur a-t-elle changé de nature ou d'intensité dans les dernières heures ? Une aggravation rapide change la catégorie.

À retenir

Trois questions dans l'ordre : en combien de temps, que fait-elle au membre, et est-elle proportionnée à ce qu'on voit.

À retenir

  • Une douleur installée en minutes est vasculaire ou traumatique jusqu'à preuve du contraire.
  • Une douleur qui persiste au repos complet n'est pas une douleur mécanique.
  • Une douleur disproportionnée par rapport à la lésion visible est un signe.
  • Immobilisation, voyage, cancer, grossesse : le contexte oriente autant que la douleur.
  • Une aggravation dans les dernières heures change la catégorie du problème.

En pratique

  • Mode et durée d'installation
  • Douleur au repos et la nuit
  • Proportion entre douleur et lésion visible
  • Traumatisme, immobilisation, chirurgie
  • Voyage, cancer, grossesse, hormones
  • Plaie, injection, morsure
  • Antécédents vasculaires
  • Aggravation récente

Examen clinique

⚠️ L'examen se fait sur un membre entièrement découvert, comparé à l'autre, et il commence par la circulation.

La circulation : couleur, chaleur, pouls aux différents étages, temps de recoloration, œdème et son caractère, circulation veineuse superficielle. Un membre froid, pâle, sans pouls, est une urgence dont l'heure de début conditionne tout.

La peau : plaie, porte d'entrée, rougeur, limites de la rougeur, bulles, taches livides, crépitation, et une zone d'insensibilité au sein d'une zone rouge, qui est un signe de gravité majeur.

Les loges musculaires : tension, dureté, ⚠️ et la douleur à l'étirement passif des muscles, qui est le signe le plus précoce d'un syndrome des loges. Le pouls conservé ne rassure pas : sa disparition est tardive.

Le neurologique : sensibilité, motricité, réflexes, comparés au côté opposé, et le territoire de l'atteinte, qui dit s'il s'agit d'un nerf, d'une racine ou d'autre chose.

L'ostéo-articulaire : articulations sus et sous-jacentes, points osseux exquis, mobilité.

Le général : température, fréquence cardiaque, pression artérielle, parce qu'une douleur de membre peut être le premier signe d'un état grave.

Ce qui se mesure : le périmètre du membre aux deux côtés, la température locale, et l'heure des constatations.

Urgence

Membre froid, pâle, douloureux, sans pouls : ischémie aiguë, heure de début à noter, avis vasculaire immédiat.

Le piège

Examiner un membre à travers un pansement ou un vêtement. Les signes qui comptent sont ceux qu'on ne voit pas de loin.

À retenir

  • L'examen commence par la circulation et se fait toujours comparé à l'autre côté.
  • Une zone insensible au sein d'une zone rouge est un signe de gravité majeur.
  • La douleur à l'étirement passif est le signe le plus précoce d'un syndrome des loges.
  • Un pouls conservé ne rassure pas : sa disparition est tardive.
  • Une douleur de membre peut être le premier signe d'un état grave.

En pratique

  • Membre entièrement découvert et comparé
  • Couleur, chaleur, pouls, recoloration
  • Peau, porte d'entrée, limites, bulles
  • Zone insensible dans une zone rouge
  • Tension des loges et étirement passif
  • Sensibilité, motricité, territoire
  • Articulations sus et sous-jacentes
  • Constantes générales et heure notée

Synthèse paraclinique

⚠️ Aucun examen ne doit retarder une décision qui se prend cliniquement. Devant une ischémie aiguë, une infection nécrosante ou un syndrome des loges, le bilan se prélève pendant qu'on appelle, il ne précède pas l'appel.

Devant une suspicion de thrombose veineuse : la démarche repose d'abord sur une estimation clinique de probabilité. ⚠️ Le dosage des produits de dégradation de la fibrine n'a d'intérêt que dans les probabilités faibles ou intermédiaires, où sa négativité écarte ; en probabilité forte, il ne sert à rien et l'imagerie s'impose d'emblée. Sa positivité ne prouve jamais rien.

Devant une suspicion d'infection : marqueurs de l'inflammation, hémogramme, hémocultures, et le dosage des enzymes musculaires devant une atteinte des tissus profonds.

Devant une atteinte musculaire ou une rhabdomyolyse suspectée : enzymes musculaires, fonction rénale, ionogramme, et la recherche d'une atteinte rénale, qui est la complication qui tue.

Devant une douleur chronique de membre : le bilan suit l'hypothèse, articulaire, inflammatoire ou métabolique.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un dosage biologique pour se rassurer avant d'examiner. Un chiffre normal chez un patient qui va mal ne veut rien dire, et il fait perdre le temps qui comptait.

Le piège

Doser les produits de dégradation de la fibrine devant une probabilité clinique forte. Le résultat ne changera rien et le délai coûtera.

À retenir

  • Le bilan se prélève pendant qu'on appelle, il ne précède pas l'appel.
  • Les produits de dégradation de la fibrine ne servent qu'en probabilité faible ou intermédiaire.
  • Leur positivité ne prouve jamais rien.
  • Dans une rhabdomyolyse, c'est l'atteinte rénale qui tue.
  • Un chiffre normal chez un patient qui va mal ne veut rien dire.

En pratique

  • Probabilité clinique estimée avant tout dosage
  • Dosage réservé aux probabilités faible et intermédiaire
  • Marqueurs et hémocultures si suspicion infectieuse
  • Enzymes musculaires et fonction rénale si atteinte musculaire
  • Prélèvements faits sans retarder l'appel

Iconographie

Trois imageries répondent à trois questions différentes, et le choix se fait sur l'hypothèse, jamais sur le symptôme.

L'échographie avec étude Doppler veineuse est l'examen de la thrombose veineuse profonde. Elle est disponible, non irradiante, et son délai fait partie de la prescription : une suspicion forte n'attend pas.

L'exploration artérielle répond à une autre question. ⚠️ Devant une ischémie aiguë, le diagnostic est clinique et l'imagerie ne doit pas retarder l'avis : elle se fait dans la filière qui va traiter.

La radiographie cherche une fracture, une lésion osseuse, un corps étranger, et elle peut être normale au début d'une fracture de fatigue ou d'une infection osseuse.

L'imagerie par résonance magnétique est l'examen des parties molles et de l'os quand la radiographie ne suffit pas, et elle ne se demande jamais en urgence devant un tableau qui impose un geste.

⚠️ Ce que l'imagerie ne fait pas : elle ne diagnostique pas un syndrome des loges, dont le diagnostic est clinique, et attendre une imagerie devant une loge tendue est une perte de chance.

Ce qui figure sur la demande : l'hypothèse, le côté, le délai souhaité, et le degré d'urgence, qui se dit au téléphone.

À retenir

Deux diagnostics de ce champ sont purement cliniques : le syndrome des loges et l'ischémie aiguë. Les imager d'abord, c'est les traiter trop tard.

À retenir

  • Le choix de l'imagerie se fait sur l'hypothèse, jamais sur le symptôme.
  • Devant une ischémie aiguë, l'imagerie ne doit pas retarder l'avis.
  • Une radiographie peut être normale au début d'une fracture de fatigue.
  • Un syndrome des loges ne se diagnostique pas par l'imagerie.
  • Attendre une imagerie devant une loge tendue est une perte de chance.

En pratique

  • Hypothèse formulée avant la demande
  • Échographie veineuse si suspicion de thrombose
  • Avis vasculaire avant imagerie si ischémie
  • Radiographie si suspicion osseuse
  • Imagerie en coupes en second temps
  • Urgence dite au téléphone

Stratégie diagnostique

⚠️ La démarche commence par une question qui n'est pas diagnostique : ce membre est-il en danger ?

Cinq situations peuvent coûter un membre ou une vie en quelques heures : l'ischémie aiguë, le syndrome des loges, l'infection nécrosante des tissus mous, l'arthrite septique, et la thrombose veineuse profonde par son risque embolique. Elles se reconnaissent cliniquement, avant tout examen.

Ensuite seulement vient la question de l'origine, et elle se pose par systèmes.

Vasculaire : artériel, avec une douleur d'effort à distance fixe ou une douleur de repos ; veineux, avec un œdème unilatéral et une douleur du mollet.

Neurologique : radiculaire, avec un trajet systématisé ; tronculaire, dans le territoire d'un nerf ; ou périphérique diffus.

Ostéo-articulaire : articulation, tendon, muscle, os, et les douleurs projetées, qui font examiner l'articulation sus-jacente.

Cutané et sous-cutané : infection dermo-hypodermique, dont il faut savoir qu'elle peut se compliquer.

⚠️ Une entité à connaître parce qu'elle est prise pour autre chose : le syndrome douloureux régional complexe, qui suit un traumatisme ou une immobilisation, associe douleur, œdème, troubles vasomoteurs et allodynie, et dont le traitement est le mouvement, l'immobilisation l'aggravant.

Ce qui se documente : les cinq urgences écartées, avec leur argument.

À retenir

Cinq urgences à écarter par écrit : ischémie, loge, infection nécrosante, arthrite septique, thrombose veineuse.

À retenir

  • La première question n'est pas diagnostique : ce membre est-il en danger.
  • Cinq situations coûtent un membre ou une vie en quelques heures.
  • Elles se reconnaissent cliniquement, avant tout examen.
  • Les douleurs projetées font examiner l'articulation sus-jacente.
  • Dans le syndrome douloureux régional complexe, l'immobilisation aggrave.

En pratique

  • Cinq urgences passées en revue
  • Origine vasculaire envisagée
  • Origine neurologique et territoire
  • Origine ostéo-articulaire et projetée
  • Origine cutanée et porte d'entrée
  • Syndrome douloureux régional envisagé
  • Arguments d'exclusion écrits

Urgence vitale

⚠️ Toutes les urgences de ce champ ont un point commun : leur pronostic se compte en heures et se décide sur la clinique.

L'ischémie aiguë associe douleur brutale, pâleur, froideur, abolition des pouls, puis paresthésies et paralysie. ⚠️ Les deux derniers signes sont tardifs et signent une souffrance nerveuse. L'heure de début se note, le membre est laissé en position déclive et protégé du froid comme de la chaleur, et l'avis vasculaire est immédiat.

Le syndrome des loges associe une douleur croissante et disproportionnée, une loge tendue, et une douleur exquise à l'étirement passif. Le diagnostic est clinique, tout dispositif circulaire se desserre immédiatement, le membre est maintenu au niveau du cœur et non surélevé, et l'avis chirurgical ne se diffère pas.

⚠️ L'infection nécrosante des tissus mous est la plus trompeuse. Elle se reconnaît sur une douleur disproportionnée, une extension rapide, des signes généraux, des taches livides ou bulleuses, une crépitation, et une zone d'insensibilité au sein de la zone rouge. C'est une urgence chirurgicale et non une urgence antibiotique, même si l'antibiothérapie se donne en même temps.

L'arthrite septique impose la ponction avant tout traitement.

La thrombose veineuse profonde menace par l'embolie : une dyspnée ou une douleur thoracique associée change entièrement la conduite.

Ce qui se fait dans tous les cas : constantes, examen comparatif, et un appel qui précède les examens.

Urgence

Douleur disproportionnée, extension rapide, zone insensible dans la rougeur : infection nécrosante jusqu'à preuve du contraire, appel chirurgical immédiat.

Le piège

Traiter une rougeur qui s'étend par un antibiotique et revoir le patient le lendemain. Ce délai est celui qui coûte le membre.

À retenir

  • Le pronostic de toutes ces urgences se compte en heures et se décide sur la clinique.
  • Paresthésies et paralysie sont des signes tardifs d'ischémie.
  • Un syndrome des loges se diagnostique cliniquement et se traite sans imagerie.
  • Une infection nécrosante est une urgence chirurgicale, pas seulement antibiotique.
  • Devant une thrombose veineuse, une dyspnée change entièrement la conduite.

En pratique

  • Heure de début notée
  • Pouls et température du membre
  • Étirement passif testé
  • Dispositifs circulaires desserrés
  • Extension de la rougeur tracée au stylo
  • Recherche de signes respiratoires
  • Appel avant les examens

Stratégie de prise en charge

Le plan se construit à partir de la cause, et deux principes le traversent.

⚠️ Le premier est que l'antalgie n'attend pas le diagnostic. Une douleur de membre se traite pendant qu'on cherche, et une antalgie correcte ne masque pas un syndrome des loges, dont le signe est la douleur à l'étirement passif et non l'intensité absolue.

⚠️ Le second est que l'immobilisation n'est pas neutre. Elle soulage, et elle produit raideur, fonte musculaire, thrombose et parfois syndrome douloureux régional. Elle se prescrit avec une durée et un objectif, jamais « en attendant ».

Devant une thrombose veineuse : anticoagulation selon le protocole en vigueur, lever précoce, compression, et la recherche d'une cause qui ne se remet pas à plus tard.

Devant une infection dermo-hypodermique : antibiothérapie, repos, et un tracé au stylo des limites de la rougeur avec une réévaluation à un délai court, qui est le moyen le plus simple de dépister une extension.

Devant une cause mécanique : antalgie, adaptation de l'activité, rééducation avec un objectif fonctionnel.

Devant un syndrome douloureux régional complexe : antalgie, et mobilisation active précoce, l'immobilisation aggravant durablement.

Ce qui se prescrit toujours : les signes qui doivent faire revenir avant la date prévue, et le délai de réévaluation, qui est court quand un doute persiste.

À retenir

Quand un doute persiste, le délai de réévaluation se compte en heures et non en jours, et il s'écrit.

À retenir

  • L'antalgie n'attend pas le diagnostic.
  • Une antalgie correcte ne masque pas un syndrome des loges.
  • L'immobilisation soulage et abîme : elle se prescrit avec une durée et un objectif.
  • Tracer les limites d'une rougeur au stylo est le dépistage d'extension le plus simple.
  • Dans le syndrome douloureux régional complexe, la mobilisation précoce est le traitement.

En pratique

  • Antalgie prescrite sans attendre
  • Immobilisation datée et justifiée
  • Anticoagulation et compression si thrombose
  • Limites de rougeur tracées
  • Rééducation avec objectif fonctionnel
  • Mobilisation précoce si syndrome régional
  • Signes de retour et délai écrits

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Les gestes de revascularisation, d'aponévrotomie et de parage chirurgical relèvent de praticiens formés.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'information donnée au patient sur la conduite à tenir et sur les signes d'alerte relève des sections consacrées à l'urgence et à l'éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Beaucoup des urgences de ce champ s'aggravent entre la consultation et le lendemain, chez un patient rentré chez lui avec une ordonnance et sans consigne. Ce qui est dit à ce moment-là compte autant que le traitement.

Ce qui se donne par écrit : les signes qui doivent faire revenir sans attendre, une douleur qui augmente, un membre qui devient froid ou insensible, une rougeur qui dépasse le trait, une fièvre, un essoufflement.

Ce qui se montre : le trait au stylo autour d'une rougeur, et la façon de vérifier soi-même qu'elle ne le dépasse pas.

⚠️ Ce qui se corrige : l'idée qu'il faut immobiliser un membre douloureux jusqu'à ce que la douleur cesse. L'immobilisation prolongée produit une raideur et une fonte musculaire qui coûtent plus que la douleur qu'elles soulagent.

Ce qui se prévient : la thrombose, par le lever précoce après une immobilisation ou une chirurgie et par l'hydratation lors des voyages prolongés ; les récidives d'infection, par le soin des portes d'entrée, en particulier des espaces entre les orteils, qui est la mesure la plus rentable et la moins prescrite.

Ce qui se prépare : chez un patient sous anticoagulant, la conduite en cas de saignement et le rappel de son traitement à tout soignant.

Ce qui se réévalue : à une date fixée, avec une mesure comparable.

À retenir

Une consigne écrite et un trait au stylo valent mieux qu'une longue explication orale à un patient qui a mal.

À retenir

  • Beaucoup de ces urgences s'aggravent entre la consultation et le lendemain.
  • Le trait au stylo autour d'une rougeur se montre au patient.
  • L'immobilisation prolongée coûte plus que la douleur qu'elle soulage.
  • Le soin des espaces entre les orteils est la prévention la plus rentable et la moins prescrite.
  • Un patient sous anticoagulant doit savoir dire son traitement à tout soignant.

En pratique

  • Signes de retour remis par écrit
  • Trait au stylo montré et expliqué
  • Croyance sur l'immobilisation corrigée
  • Lever précoce expliqué
  • Soin des portes d'entrée enseigné
  • Conduite sous anticoagulant expliquée
  • Date et mesure de réévaluation

Communication interprofessionnelle

⚠️ Dans ce champ, l'information la plus précieuse est une heure, et c'est celle qui se perd le plus souvent.

À l'équipe qui reçoit : l'heure de début de la douleur, l'heure des constatations, l'état des pouls, la température du membre, ce qui a été donné. Une ischémie aiguë se juge en heures, et un dossier sans horaire fait recommencer l'estimation à zéro.

Au chirurgien : le motif exact et le degré d'urgence. ⚠️ Devant une suspicion d'infection nécrosante ou de syndrome des loges, l'appel précède le courrier et précède les examens. « Suspicion de dermo-hypodermite » ne fait pas ouvrir un bloc ; « douleur disproportionnée, extension rapide, zone insensible » en fait ouvrir un.

Au radiologue : l'hypothèse, le côté, et le délai souhaité, la probabilité clinique étant l'information qui manque le plus sur les demandes d'échographie veineuse.

Au médecin traitant : ce qui a été écarté et sur quel argument, le traitement, et la date de réévaluation.

Au pharmacien et au patient, en cas d'anticoagulation : les modalités, les interactions, et la conduite en cas de saignement.

Entre soignants et patient : ⚠️ une consigne de retour qui n'a pas été comprise n'a pas été donnée, et la faire reformuler prend dix secondes.

Le piège

Adresser une suspicion d'infection nécrosante par courrier. Le patient attendra dans une file où rien ne le distingue.

À retenir

  • L'information la plus précieuse est une heure, et c'est celle qui se perd.
  • Un dossier sans horaire fait recommencer l'estimation à zéro.
  • Devant une infection nécrosante, l'appel précède le courrier et les examens.
  • La probabilité clinique est ce qui manque le plus sur les demandes d'échographie veineuse.
  • Une consigne de retour qui n'a pas été comprise n'a pas été donnée.

En pratique

  • Heure de début et heure des constatations transmises
  • État des pouls et du membre décrit
  • Appel téléphonique si suspicion chirurgicale
  • Probabilité clinique sur la demande d'imagerie
  • Arguments d'exclusion au médecin traitant
  • Modalités d'anticoagulation expliquées
  • Consignes reformulées par le patient

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 226 : Thrombose veineuse profonde (TVP) et embolie pulmonaire (EP)
  • R2C, item 225 : Artériopathie oblitérante de l'aorte (AOMI), des artères viscérales et des membres inférieurs ; anévrysmes
  • R2C, item 155 : Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et mycosiques de l'adulte et de l'enfant
  • Collège des enseignants de médecine vasculaire, chapitres « Ischémie aiguë des membres » et « Maladie veineuse thromboembolique », et collège français des chirurgiens orthopédistes, chapitre « Syndrome des loges »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la maladie veineuse thromboembolique, sur l'ischémie aiguë de membre et sur les infections nécrosantes des tissus mous. La date de la version consultée fait partie de la source