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Fiche de révision

Alopécie et chute des cheveux

La première question n'est pas pourquoi les cheveux tombent mais s'ils pourront repousser, et la réponse se lit à l'œil nu sur le cuir chevelu.

Situation de départ 80Catégorie IItem R2C 155Item R2C 194

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question sépare deux plaintes que les patients confondent : les cheveux tombent en quantité, ou ils manquent à un endroit. Une chute et une zone dégarnie ne racontent pas la même histoire.

Devant une chute : depuis quand, à quel moment, en quelle quantité, et de façon diffuse ou localisée. Le patient décrit souvent des poignées à la douche ou sur l'oreiller.

⚠️ Puis la question qui fait le diagnostic dans la majorité des chutes diffuses récentes : que s'est-il passé il y a deux à quatre mois ? Une fièvre, une intervention, un accouchement, un régime, une perte de poids rapide, un deuil, un nouveau médicament, une infection. Le patient ne fait jamais le rapprochement lui-même, parce que l'événement lui paraît trop ancien pour compter.

Devant une zone dégarnie : depuis quand, si elle s'étend, si elle démange, si elle est apparue après un traumatisme ou une coiffure serrée.

Le terrain : antécédents familiaux et leur âge de début, maladies de la thyroïde, maladies auto-immunes, carences, régimes restrictifs, et l'ordonnance ligne par ligne.

Chez la femme : cycles, contraception, grossesse récente, signes d'excès d'androgènes.

⚠️ Le retentissement se demande : il est presque toujours plus important que ce que le motif laisse paraître.

À retenir

La question la plus rentable de cette consultation tient en une phrase : que s'est-il passé il y a trois mois.

À retenir

  • Les cheveux tombent ou ils manquent à un endroit : ce n'est pas la même plainte.
  • Devant une chute diffuse récente, la cause s'est produite deux à quatre mois plus tôt.
  • Le patient ne fait jamais ce rapprochement lui-même.
  • Une coiffure serrée et un traumatisme se demandent devant une zone dégarnie.
  • Le retentissement est presque toujours plus important que le motif ne le laisse paraître.

En pratique

  • Chute diffuse ou zone dégarnie
  • Ancienneté et abondance
  • Événement survenu deux à quatre mois plus tôt
  • Extension et prurit d'une plaque
  • Coiffures et tractions
  • Antécédents familiaux et leur âge de début
  • Thyroïde, carences, régimes, ordonnance
  • Retentissement vécu

Examen clinique

⚠️ Un seul geste sépare le réversible de l'irréversible : regarder le cuir chevelu de près, à la recherche des orifices des follicules.

S'ils sont visibles, la perte est non cicatricielle et les cheveux peuvent repousser. S'ils ont disparu et que la peau est lisse, brillante, parfois blanche, la perte est cicatricielle et définitive sur cette zone. ⚠️ Cette observation prend trente secondes, ne demande aucun matériel, et elle décide de l'urgence de l'avis.

La topographie ensuite : diffuse, en plaques bien limitées, à prédominance frontale et sur le sommet, en couronne, ou aux zones de traction.

Le test de traction : une mèche saisie et tirée doucement, en plusieurs zones. Plus de quelques cheveux qui viennent signe une chute active, et sa positivité en périphérie d'une plaque a une valeur particulière.

L'aspect des cheveux qui restent : fins et courts, cassés à ras, ou normaux.

L'état de la peau : squames, rougeur, croûtes, pustules, cicatrices.

Les autres phanères : ⚠️ les ongles s'examinent systématiquement, leurs anomalies accompagnant certaines causes et orientant à elles seules.

L'examen général : thyroïde, signes de carence, signes d'excès d'androgènes chez la femme, et chez l'enfant, l'examen de la fratrie et des animaux du foyer se demande.

Urgence

Disparition des orifices folliculaires : alopécie cicatricielle, avis dermatologique rapide, car ce qui est perdu ne repousse pas.

À retenir

  • Regarder si les orifices des follicules sont encore visibles sépare le réversible de l'irréversible.
  • Un cuir chevelu lisse et brillant ne repoussera pas.
  • Cette observation prend trente secondes et décide de l'urgence.
  • Un test de traction positif en périphérie d'une plaque a une valeur particulière.
  • Les ongles s'examinent systématiquement et orientent parfois à eux seuls.

En pratique

  • Orifices folliculaires cherchés en premier
  • Topographie de la perte
  • Test de traction en plusieurs zones
  • Aspect des cheveux restants
  • Squames, rougeur, pustules, cicatrices
  • Examen des ongles
  • Thyroïde et signes de carence
  • Fratrie et animaux si enfant

Synthèse paraclinique

Le bilan est court et il dépend entièrement de ce que l'examen a montré.

⚠️ Devant une plaque squameuse chez un enfant, un prélèvement mycologique s'impose, et il se fait avant tout traitement. Un traitement commencé avant le prélèvement rend le résultat ininterprétable pendant des semaines, alors que la durée du traitement, l'éviction et le dépistage de l'entourage en dépendent.

Devant une chute diffuse : un hémogramme, la ferritine, la thyréostimuline, et selon le contexte la vitamine D et une sérologie. ⚠️ Ces dosages ne se prescrivent pas pour rassurer : ils se prescrivent parce qu'une carence ou une atteinte thyroïdienne se corrige, et un résultat normal doit avoir été annoncé comme une possibilité utile.

Devant une alopécie en plaques sans squames : le bilan est celui des maladies auto-immunes associées, et il reste limité.

Devant une suspicion d'alopécie cicatricielle : ⚠️ la biopsie du cuir chevelu est l'examen qui tranche, elle se fait en zone active et elle relève du dermatologue, sans attendre que la zone s'étende.

Chez la femme avec des signes d'excès d'androgènes : le bilan correspondant, dans ses conditions de prélèvement.

Ce qui ne se prescrit pas : un panel de dosages vitaminiques et de minéraux devant une chute banale. Il trouve toujours quelque chose, et ce quelque chose n'explique rien.

Le piège

Traiter une plaque du cuir chevelu d'un enfant avant de prélever. On perd le germe, la durée du traitement et le dépistage de la fratrie.

À retenir

  • Un prélèvement mycologique se fait avant tout traitement.
  • Un traitement commencé avant rend le résultat ininterprétable pendant des semaines.
  • Les dosages se prescrivent parce qu'une carence se corrige, pas pour rassurer.
  • La biopsie du cuir chevelu tranche devant une suspicion d'alopécie cicatricielle.
  • Un panel vitaminique trouve toujours quelque chose, et ce quelque chose n'explique rien.

En pratique

  • Prélèvement mycologique avant traitement si plaque squameuse
  • Hémogramme, ferritine, thyréostimuline si chute diffuse
  • Objectif du bilan annoncé avant de le prescrire
  • Biopsie envisagée si suspicion cicatricielle
  • Bilan androgénique si signes associés
  • Aucun panel vitaminique large

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans l'exploration d'une chute de cheveux. L'examen du cuir chevelu à la loupe grossissante est un prolongement de l'examen clinique et relève de la consultation dermatologique.

Stratégie diagnostique

⚠️ La démarche commence par une question de pronostic et non de cause : cette perte est-elle réversible ?

Si les orifices folliculaires sont conservés, cinq situations couvrent la quasi-totalité des cas.

La chute diffuse retardée : abondante, brutale, survenant deux à quatre mois après un événement, avec un test de traction positif partout. Elle est spectaculaire, elle inquiète beaucoup, et elle guérit seule.

La perte progressive de type androgénétique : lente, avec un dessin caractéristique différent chez l'homme et chez la femme, sur un terrain familial. Elle n'est pas une maladie mais elle se traite quand elle gêne.

La perte en plaques bien limitées, sans squames, avec parfois des anomalies des ongles : elle est d'origine auto-immune et son évolution est imprévisible.

La plaque squameuse de l'enfant, avec des cheveux cassés à ras : c'est une infection, elle est contagieuse, et elle impose un prélèvement, un traitement général et le dépistage de l'entourage.

Les pertes mécaniques : traction par les coiffures, arrachage répété.

⚠️ Si les orifices ont disparu, la démarche change entièrement : c'est une alopécie cicatricielle, elle est définitive sur la zone atteinte, et le seul enjeu est d'arrêter l'extension. Elle s'adresse sans attendre.

Les causes générales se cherchent en parallèle : thyroïde, carence martiale, médicament, maladie systémique.

À retenir

Orifices visibles : on a le temps. Orifices disparus : on n'en a pas, et ce qui est perdu l'est définitivement.

À retenir

  • La première question est celle du pronostic, pas de la cause.
  • Une chute diffuse retardée est spectaculaire, inquiète beaucoup, et guérit seule.
  • Une plaque squameuse chez un enfant est contagieuse et impose un prélèvement.
  • Dans une alopécie cicatricielle, le seul enjeu est d'arrêter l'extension.
  • Ce qui est perdu sur une zone cicatricielle ne repousse pas.

En pratique

  • Caractère cicatriciel ou non tranché
  • Chronologie sur deux à quatre mois recherchée
  • Dessin de la perte analysé
  • Squames et cheveux cassés chez l'enfant
  • Tractions et arrachage envisagés
  • Causes générales cherchées en parallèle
  • Adressage immédiat si cicatriciel

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une chute de cheveux ne constitue jamais une urgence vitale. La seule urgence de ce champ est celle d'un avis rapide devant une alopécie cicatricielle, dont la perte est définitive, et elle est traitée dans la section consacrée à la stratégie diagnostique.

Stratégie de prise en charge

Le traitement dépend de la situation, et deux règles le traversent.

⚠️ La première est celle du délai. Le cheveu pousse lentement, et aucun traitement ne fait de différence visible avant plusieurs mois. Cette phrase se dit avant la première prescription, sinon le traitement est arrêté avant d'avoir agi.

Devant une chute diffuse retardée : il n'y a rien à traiter, sinon la cause quand elle persiste. Le traitement est une explication, et elle est efficace : la repousse est la règle. Corriger une carence martiale ou une atteinte thyroïdienne lorsqu'elle existe.

Devant une perte de type androgénétique : les traitements locaux et généraux existent, ils ralentissent et améliorent partiellement, ils doivent être poursuivis pour que l'effet se maintienne, et leurs limites s'annoncent avant de commencer. ⚠️ Certains sont contre-indiqués en cas de grossesse ou de désir de grossesse, et cette vérification est un préalable.

Devant une atteinte en plaques : les traitements relèvent du dermatologue, et l'évolution est imprévisible dans les deux sens.

Devant une infection du cuir chevelu de l'enfant : traitement général, traitement local associé, éviction et dépistage de la fratrie et des animaux, et information de la collectivité selon les règles en vigueur.

Ce qui s'organise dans tous les cas : les solutions capillaires, dont la prise en charge existe et se propose sans attendre que le patient la demande.

À retenir

Annoncer le délai avant de prescrire est, ici comme ailleurs, la mesure qui augmente le plus l'observance.

À retenir

  • Aucun traitement ne fait de différence visible avant plusieurs mois.
  • Devant une chute diffuse retardée, le traitement est une explication.
  • Les traitements de la perte androgénétique doivent être poursuivis pour agir.
  • Certains sont contre-indiqués en cas de grossesse ou de désir de grossesse.
  • Les solutions capillaires se proposent sans attendre que le patient les demande.

En pratique

  • Délai d'action annoncé avant la prescription
  • Cause corrigée si elle persiste
  • Carence martiale et thyroïde traitées
  • Contre-indications de grossesse vérifiées
  • Traitement de l'infection et éviction si enfant
  • Fratrie et animaux dépistés
  • Solutions capillaires proposées

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Le prélèvement mycologique et la biopsie du cuir chevelu relèvent de praticiens formés et d'un matériel spécifique.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. La façon d'annoncer un caractère définitif et d'expliquer les délais relève de la section consacrée à l'éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Le motif est banal pour le médecin et grave pour le patient, et cet écart fait échouer la consultation avant qu'elle commence. Demander ce que cela change dans sa vie ouvre tout le reste.

Ce qui rassure vraiment devant une chute diffuse : dire que la repousse est la règle, expliquer le décalage de deux à quatre mois qui rend la cause invisible, et prévenir que la chute continuera quelques semaines avant de s'arrêter. Sans cette dernière phrase, le patient revient inquiet, persuadé que rien ne marche.

Ce qui s'annonce quand la perte est définitive : elle l'est, et le dire clairement vaut mieux qu'un espoir entretenu. Ce qui reste à faire est d'arrêter l'extension et d'organiser les solutions.

⚠️ Ce qui se corrige : les traitements achetés sans avis, les compléments à répétition, et l'idée que se laver les cheveux moins souvent limite la chute. Ce qui tombe au lavage serait tombé de toute façon.

Ce qui se transmet aux parents d'un enfant traité pour une infection du cuir chevelu : la contagiosité, la durée du traitement, l'éviction, le dépistage de la fratrie, et le fait que les cheveux repousseront.

Ce qui doit faire reconsulter : une extension rapide, des zones qui deviennent lisses, une rougeur, des croûtes, des signes généraux.

Ce qui se propose : un accompagnement quand le retentissement est important.

Le piège

Annoncer que tout va repousser sans dire que la chute va durer encore quelques semaines. Le patient conclura que le diagnostic était faux.

À retenir

  • Le motif est banal pour le médecin et grave pour le patient.
  • Prévenir que la chute continuera quelques semaines avant de s'arrêter.
  • Sans cette phrase, le patient revient persuadé que rien ne marche.
  • Ce qui tombe au lavage serait tombé de toute façon.
  • Quand la perte est définitive, le dire vaut mieux qu'un espoir entretenu.

En pratique

  • Retentissement demandé
  • Mécanisme du décalage expliqué
  • Poursuite de la chute annoncée
  • Caractère définitif dit clairement s'il l'est
  • Croyances sur le lavage corrigées
  • Contagiosité et éviction expliquées si enfant
  • Signes devant reconsulter
  • Accompagnement proposé si besoin

Communication interprofessionnelle

Ce champ circule peu, et c'est justement ce qui le rend fragile : une seule transmission manquée coûte une zone définitivement perdue.

⚠️ Au dermatologue se transmet en priorité la présence ou l'absence des orifices folliculaires, parce que c'est cette donnée qui trie les urgences dans son planning. « Chute de cheveux » ne permet pas de trier ; « plaque avec disparition des orifices, en extension depuis deux mois » fait passer devant. Le degré d'urgence se dit au téléphone devant une suspicion d'alopécie cicatricielle.

Au laboratoire de mycologie : la localisation, l'âge de l'enfant, et le fait qu'aucun traitement n'a été commencé, qui conditionne la valeur du prélèvement. Cette mention se dit explicitement, sinon elle est supposée fausse.

À la médecine scolaire et à la collectivité, pour une infection contagieuse du cuir chevelu : les règles d'éviction en vigueur et l'information des familles.

Au médecin traitant : la cause retenue, le délai annoncé au patient, et le fait qu'une chute qui dure au-delà de six mois change de catégorie.

Au pharmacien : le traitement prescrit et sa durée, et les contre-indications de grossesse, qu'il verra passer avant tout le monde.

⚠️ Au patient : un message unique sur le délai et sur le pronostic. Si l'un annonce une repousse et l'autre une perte définitive, il ira chercher un troisième avis, souvent hors du soin.

Le piège

Adresser sans préciser l'état des orifices folliculaires. Le rendez-vous sera donné dans six mois, et la zone se sera étendue.

À retenir

  • La présence ou l'absence des orifices folliculaires est ce qui trie les urgences.
  • « Chute de cheveux » comme motif d'adressage ne permet pas de trier.
  • L'absence de traitement préalable se dit explicitement au laboratoire.
  • Une chute qui dure au-delà de six mois change de catégorie.
  • Deux pronostics différents envoient le patient chercher un avis hors du soin.

En pratique

  • État des orifices folliculaires écrit sur le courrier
  • Urgence dite au téléphone si suspicion cicatricielle
  • Absence de traitement signalée au laboratoire
  • Éviction et information de la collectivité si contagieux
  • Délai annoncé transmis au médecin traitant
  • Contre-indications signalées au pharmacien
  • Message unique sur le pronostic

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 155 : Infections cutanéo-muqueuses et des phanères, bactériennes et mycosiques de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 194 : Lupus systémique. Syndrome des anti-phospholipides (SAPL)
  • R2C, item 213 : Anémie chez l'adulte et l'enfant
  • Collège des enseignants de dermatologie de France, chapitres « Alopécies » et « Infections fongiques cutanéo-muqueuses »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge des teignes du cuir chevelu, sur les alopécies cicatricielles et sur les traitements de l'alopécie androgénétique. La date de la version consultée fait partie de la source