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Fiche de révision

Cicatrice anormale

Une cicatrice met un an à devenir ce qu'elle sera, et celle qui déborde de la plaie initiale n'est pas la même maladie que celle qui reste dedans.

Situation de départ 83Catégorie IItem R2C 302Item R2C 334

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question est la date de la plaie initiale, et elle décide de tout ce qui suit. Une cicatrice met douze à dix-huit mois à devenir ce qu'elle sera : rouge, épaisse, ferme et démangeante à trois mois, elle est en train de faire ce qu'elle doit faire, et la juger à ce moment-là conduit à traiter ce qui allait s'arranger.

La deuxième porte sur la plaie elle-même : accident, chirurgie, brûlure, infection, acné, piercing. Comment elle a cicatrisé : en combien de temps, avec ou sans infection, avec ou sans réouverture, sous tension ou non.

La troisième porte sur l'évolution de la cicatrice : s'est-elle épaissie, étendue, a-t-elle dépassé les limites de la plaie d'origine, s'améliore-t-elle ou s'aggrave-t-elle depuis quelques mois.

Les symptômes : démangeaisons, douleur, brûlure, tiraillement, gêne à un mouvement.

Les antécédents : autres cicatrices et leur devenir, cicatrices semblables dans la famille, terrain.

Le retentissement : visibilité, vêtements, regard des autres, sommeil si cela démange, et limitation fonctionnelle si la cicatrice traverse une articulation.

⚠️ Ce qui a déjà été fait et qui compte : une cicatrice déjà opérée et qui est revenue plus grosse est une information majeure, parce qu'elle interdit de refaire la même chose.

À retenir

Trois questions : quand la plaie a-t-elle eu lieu, la cicatrice déborde-t-elle, et s'améliore-t-elle ou s'aggrave-t-elle.

À retenir

  • Une cicatrice met douze à dix-huit mois à devenir ce qu'elle sera.
  • Rouge, épaisse et démangeante à trois mois, elle est normale.
  • La question qui trie est de savoir si elle a dépassé les limites de la plaie d'origine.
  • Une cicatrice qui traverse une articulation pose un problème fonctionnel.
  • Une cicatrice déjà opérée et revenue plus grosse interdit de refaire la même chose.

En pratique

  • Date de la plaie initiale
  • Nature de la plaie et conditions de cicatrisation
  • Infection, réouverture, tension
  • Débordement des limites d'origine
  • Sens de l'évolution récente
  • Démangeaisons, douleur, gêne au mouvement
  • Antécédents personnels et familiaux
  • Traitements et chirurgies déjà faits

Examen clinique

⚠️ Un seul geste sépare les deux grandes formes : comparer la cicatrice au tracé de la plaie initiale.

Si le relief reste à l'intérieur du tracé, il s'agit d'une cicatrice épaisse qui a de bonnes chances de s'améliorer avec le temps. ⚠️ S'il déborde sur la peau saine, en s'étendant en doigts ou en pinces au-delà de la plaie, il s'agit d'une autre entité, qui ne régresse pas seule et qui récidive après une exérèse isolée.

Ce qui se décrit ensuite : couleur, relief mesuré, souplesse, adhérence aux plans profonds, sensibilité à la pression, et l'existence d'une bride qui limite un mouvement.

La mobilité s'évalue quand la cicatrice traverse une articulation ou une zone mobile : amplitudes comparées au côté opposé, et ce que le patient ne peut plus faire.

⚠️ Ce qui fait sortir du cadre esthétique et impose un prélèvement : une cicatrice ancienne qui s'ulcère, qui bourgeonne, qui saigne, ou qui ne se referme pas. Une plaie chronique qui change d'aspect n'est pas une plaie qui traîne.

Les zones à risque se notent : sternum, épaules, lobes d'oreille, mâchoire, zones de tension.

Le reste du tégument : autres cicatrices et leur aspect, qui renseignent sur la façon dont ce patient cicatrise.

Ce qui se documente : les dimensions mesurées, et une photographie datée avec une règle, qui seule permettra de dire si cela s'améliore.

Urgence

Cicatrice ou plaie chronique qui bourgeonne, s'ulcère ou saigne depuis des semaines : prélèvement, sans se contenter de soins locaux.

À retenir

  • Comparer la cicatrice au tracé de la plaie initiale sépare les deux formes.
  • Ce qui déborde sur la peau saine ne régresse pas seul.
  • Une bride qui limite un mouvement change la catégorie du problème.
  • Une cicatrice ancienne qui s'ulcère ou bourgeonne se biopsie.
  • Une photographie datée avec une règle est le seul juge de l'amélioration.

En pratique

  • Comparaison au tracé de la plaie initiale
  • Couleur, relief mesuré, souplesse, adhérence
  • Bride et limitation de mouvement
  • Amplitudes comparées au côté opposé
  • Ulcération, bourgeonnement, saignement
  • Zones à risque notées
  • Autres cicatrices du patient
  • Photographie datée avec règle

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'intervient dans l'évaluation d'une cicatrice, dont le diagnostic est purement clinique. Le seul prélèvement utile est histologique, devant une cicatrice qui s'ulcère ou bourgeonne, et il est traité dans les sections consacrées à l'examen et à la stratégie diagnostique.

Iconographie

⚠️ Dans ce champ, la photographie n'est pas un complément : c'est l'instrument de mesure principal, parce que l'évolution est lente et que la mémoire est mauvaise juge.

Ce qui fait une photographie utile : une règle graduée dans le champ, une date, un éclairage constant, et le même cadrage à chaque fois. Sans ces quatre conditions, deux clichés ne se comparent pas.

Ce qui se relève sur le cliché : les dimensions, le relief, la couleur, et surtout le rapport entre la cicatrice et le tracé de la plaie initiale, qui se voit mieux sur une image que dans un souvenir.

⚠️ La série compte plus que le cliché isolé : un cliché à la cicatrisation, un à trois mois, un à six mois, un à un an. C'est la seule façon de dire à un patient que cela s'améliore quand il ne le voit pas, et de reconnaître honnêtement que cela s'aggrave quand c'est le cas.

Ce qui se photographie aussi : la mobilité, en position de fonction et en position extrême, quand une bride limite un mouvement.

Ce qui ne se demande pas : une imagerie radiologique, sauf pour évaluer une atteinte des plans profonds ou une adhérence dans un contexte précis.

Ce qui se conserve : les clichés dans le dossier, parce qu'ils seront la référence du chirurgien s'il en faut un.

À retenir

Un cliché à la cicatrisation, à trois mois, à six mois, à un an. Quatre images, et la discussion change de nature.

À retenir

  • La photographie est ici l'instrument de mesure, pas un complément.
  • Règle, date, éclairage constant et même cadrage : sans quoi deux clichés ne se comparent pas.
  • Une série vaut mieux qu'un cliché isolé.
  • C'est la seule façon de montrer une amélioration que le patient ne voit pas.
  • Les clichés seront la référence du chirurgien s'il en faut un.

En pratique

  • Règle graduée dans le champ
  • Date sur chaque cliché
  • Éclairage et cadrage reproductibles
  • Rapport au tracé initial visible
  • Série constituée dans le temps
  • Mobilité photographiée si bride
  • Clichés conservés au dossier

Stratégie diagnostique

Quatre questions, dans cet ordre, et la première évite la moitié des traitements inutiles.

⚠️ Première question : quel âge a cette cicatrice ? Avant un an, elle n'a pas fini d'évoluer. Une cicatrice rouge et épaisse à quatre mois relève d'une prévention et d'une explication, pas d'une chirurgie.

Deuxième question : déborde-t-elle ? ⚠️ La cicatrice épaisse reste dans les limites de la plaie et tend à s'améliorer ; celle qui s'étend au-delà ne régresse pas et récidive après une exérèse isolée. Cette distinction se fait à l'œil et elle commande le traitement.

Troisième question : gêne-t-elle une fonction ? Une bride qui traverse une articulation, une rétraction d'une paupière, d'une commissure ou d'un doigt relèvent d'une prise en charge chirurgicale et rééducative, indépendamment de leur aspect.

⚠️ Quatrième question : est-ce encore une cicatrice ? Une cicatrice ancienne, ou une plaie chronique, qui bourgeonne, s'ulcère, saigne ou ne se referme pas malgré des soins bien conduits, doit être prélevée. Une tumeur peut se développer sur une cicatrice ancienne, et le retard vient toujours du fait qu'on la traite comme une plaie qui traîne.

Les autres situations : cicatrice douloureuse avec une zone déclenchante précise, cicatrice adhérente aux plans profonds, cicatrice pigmentée après exposition solaire, cicatrice atrophique et déprimée.

Ce qui se documente : la date, le débordement, la gêne fonctionnelle, et les mesures.

Le piège

Opérer une cicatrice de quatre mois parce qu'elle est rouge et épaisse. Elle l'était normalement, et la nouvelle repartira du même point.

À retenir

  • Avant un an, une cicatrice n'a pas fini d'évoluer.
  • Ce qui reste dans les limites s'améliore ; ce qui déborde ne régresse pas.
  • Une bride qui gêne une fonction relève de la chirurgie quel que soit son aspect.
  • Une cicatrice ancienne qui bourgeonne ou s'ulcère se prélève.
  • Le retard vient toujours du fait qu'on la traite comme une plaie qui traîne.

En pratique

  • Âge de la cicatrice établi
  • Débordement des limites vérifié
  • Retentissement fonctionnel évalué
  • Ulcération ou bourgeonnement recherché
  • Douleur et zone déclenchante
  • Adhérence aux plans profonds
  • Mesures et photographie datées

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une cicatrice anormale ne constitue jamais une urgence vitale. La seule situation qui presse est la suspicion de tumeur développée sur une cicatrice ancienne, dont la conduite est traitée dans la section consacrée à la stratégie diagnostique.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le traitement le plus efficace de ce champ est préventif, et il se joue dans les semaines qui suivent la cicatrisation, c'est-à-dire au moment où personne n'en parle.

Ce qui se fait dès que la plaie est fermée : massage régulier de la cicatrice, protection solaire stricte pendant au moins un an, et application de dispositifs à base de silicone, en plaque ou en gel, portés longtemps et régulièrement. ⚠️ Ce sont les mesures les mieux établies, elles ne coûtent presque rien, et leur efficacité tient entièrement à la régularité.

Ce qui se traite ensuite, si la cicatrice reste épaisse : compression adaptée sur certaines localisations, injections locales répétées, et un suivi photographique qui juge à la place des impressions.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : retirer chirurgicalement une cicatrice qui déborde, sans rien y associer. Elle récidive, et souvent plus large que la précédente. La chirurgie de ces formes se discute en milieu spécialisé et s'accompagne toujours d'un traitement complémentaire.

Devant une bride fonctionnelle : chirurgie et rééducation, et la rééducation commence avant et se poursuit après.

Devant une cicatrice douloureuse : traitement de la douleur adapté au mécanisme, souvent neuropathique, et prise en charge locale.

Devant une suspicion de tumeur : prélèvement et relais spécialisé.

⚠️ Dans tous les cas : annoncer le délai avant de commencer. Un an d'attente accepté vaut mieux qu'une chirurgie faite à quatre mois.

À retenir

Trois mesures simples dès la cicatrisation : masser, protéger du soleil, appliquer du silicone. Régulièrement, et longtemps.

À retenir

  • Le traitement le plus efficace est préventif et se joue quand personne n'en parle.
  • Massage, protection solaire et silicone : peu coûteux, et efficaces par la régularité seule.
  • Retirer une cicatrice qui déborde sans rien y associer la fait revenir plus large.
  • La rééducation d'une bride commence avant la chirurgie et se poursuit après.
  • Un an d'attente accepté vaut mieux qu'une chirurgie faite à quatre mois.

En pratique

  • Mesures préventives expliquées dès la fermeture
  • Protection solaire pendant au moins un an
  • Silicone et massage réguliers
  • Compression ou injections si persistance
  • Aucune exérèse isolée d'une forme qui déborde
  • Rééducation encadrant la chirurgie d'une bride
  • Prélèvement si suspicion tumorale
  • Délai annoncé avant de commencer

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Les injections intralésionnelles et la chirurgie de reprise relèvent de praticiens formés.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'information sur les délais, sur les limites des traitements et sur le retentissement relève de la section consacrée à l'éducation.

Éducation et prévention

⚠️ La phrase la plus utile de ce champ se dit au moment où la plaie se referme, et elle se dit presque jamais : voilà ce qu'il faut faire pendant un an pour que cette cicatrice soit la meilleure possible.

Ce qui s'explique : la cicatrice va être rouge, épaisse et démangeante pendant des mois, et c'est normal ; elle va pâlir et s'assouplir lentement ; le résultat se juge à un an.

⚠️ Ce qui se montre : le massage, sa fréquence, sa durée. Une consigne de massage donnée oralement et sans démonstration n'est pas appliquée.

⚠️ Ce qui se répète : la protection solaire. Une cicatrice récente exposée au soleil se pigmente durablement, et cette pigmentation-là ne se traite pas. La consigne vaut au moins un an, y compris sous un vêtement fin.

Ce qui se corrige : l'idée qu'il faut attendre sans rien faire, et celle qu'une crème achetée en pharmacie remplacera la régularité.

Ce qui se dit honnêtement sur les limites : on améliore une cicatrice, on ne l'efface pas. Promettre l'inverse produit une déception qui n'est plus rattrapable.

Ce qui se reconnaît : le retentissement, en particulier sur les zones visibles et chez les patients jeunes, et il ne se mesure pas à la taille de la cicatrice.

Ce qui doit faire consulter : une cicatrice qui s'étend, qui s'ulcère, qui saigne, ou qui limite un mouvement.

Le piège

Promettre un résultat invisible. La déception qui suit est définitive, et elle vaut plus cher que la cicatrice.

À retenir

  • La phrase la plus utile se dit quand la plaie se referme, et elle ne se dit presque jamais.
  • Rouge, épaisse et démangeante pendant des mois : c'est normal, et le dire évite les demandes prématurées.
  • Une consigne de massage sans démonstration n'est pas appliquée.
  • Une cicatrice récente exposée au soleil se pigmente durablement.
  • On améliore une cicatrice, on ne l'efface pas.

En pratique

  • Évolution normale expliquée
  • Résultat jugé à un an annoncé
  • Massage montré et non seulement prescrit
  • Protection solaire d'un an expliquée
  • Croyances sur les crèmes corrigées
  • Limites des traitements dites honnêtement
  • Retentissement reconnu
  • Signes devant faire consulter

Communication interprofessionnelle

Ce champ souffre d'un défaut simple : personne ne se considère comme responsable de la cicatrice une fois la plaie fermée.

⚠️ Au patient et à celui qui refermera la plaie : les consignes de la première année. Elles se donnent au moment de la fermeture ou du retrait des fils, par celui qui le fait, et elles s'écrivent. C'est le moment où elles sont utiles et où personne ne les donne.

Au chirurgien, en cas de demande de reprise : la date de la plaie initiale, la série photographique, le débordement ou non des limites, les traitements déjà appliqués et leur durée, et les reprises antérieures avec leur résultat. ⚠️ Une cicatrice déjà reprise et revenue plus large est l'information qui change la décision.

Au dermatologue : l'aspect, l'évolutivité, et la question posée.

Au kinésithérapeute, devant une bride : l'objectif fonctionnel, les amplitudes de départ, et le calendrier par rapport à une éventuelle chirurgie.

À l'anatomopathologiste, devant une cicatrice qui bourgeonne : l'ancienneté de la cicatrice et la durée d'évolution de la modification.

Au médecin traitant : les consignes en cours et leur durée, pour qu'il les soutienne plutôt qu'il ne les rediscute.

⚠️ Entre tous : un message unique sur le délai. Si l'un propose d'opérer et l'autre d'attendre un an, le patient ira voir un troisième.

Le piège

Retirer des fils sans dire un mot de la suite. C'est le seul moment où les consignes de la première année seront entendues.

À retenir

  • Personne ne se considère comme responsable de la cicatrice une fois la plaie fermée.
  • Les consignes de la première année se donnent au retrait des fils, et s'écrivent.
  • Une cicatrice déjà reprise et revenue plus large change la décision chirurgicale.
  • La série photographique est ce que le chirurgien regardera.
  • Si l'un propose d'opérer et l'autre d'attendre, le patient ira voir un troisième.

En pratique

  • Consignes données à la fermeture ou au retrait des fils
  • Consignes écrites et datées
  • Série photographique transmise au chirurgien
  • Reprises antérieures et leur résultat signalés
  • Objectif et calendrier au kinésithérapeute
  • Ancienneté transmise à l'anatomopathologiste
  • Message unique sur le délai

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 302 : Tumeurs cutanées, épithéliales et mélaniques
  • R2C, item 334 : Prise en charge pré-hospitalière et à l'hôpital : brûlé, traumatisé sévère, traumatisé thoracique, traumatisé abdominal
  • Collège des enseignants de dermatologie de France, chapitre « Cicatrisation », et collège français de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, chapitre « Cicatrices pathologiques »
  • Recommandations en vigueur sur la prévention et le traitement des cicatrices hypertrophiques et chéloïdes, et sur la surveillance des plaies chroniques. La date de la version consultée fait partie de la source