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Fiche de révision

Incontinence urinaire

Des fuites peuvent signifier qu'une vessie se vide trop tôt ou qu'elle ne se vide pas du tout, et la seconde abîme les reins pendant qu'on traite la première.

Situation de départ 103Catégorie IItem R2C 125Item R2C 127

Entretien et interrogatoire

Faire raconter une fuite plutôt que demander s'il y en a, parce que le mot est chargé de honte et que beaucoup n'en parlent qu'à la troisième consultation, ou jamais.

Distinguer les deux mécanismes par une seule question chacun. Perdez-vous les urines en toussant, en riant, en portant quelque chose : c'est l'effort. Avez-vous parfois une envie si pressante que vous n'avez pas le temps d'arriver : c'est l'urgenturie. Les deux coexistent souvent, et l'incontinence mixte est la plus fréquente après un certain âge.

Chercher le troisième mécanisme, celui qui ne se plaint pas : des fuites permanentes ou nocturnes, un jet faible, une poussée pour uriner, une sensation de ne jamais vider. Ces signes décrivent une vessie pleine qui déborde, non une vessie irritable.

Quantifier plutôt que qualifier : nombre de protections par jour, mictions diurnes et nocturnes, épisodes de fuite. Le catalogue mictionnel sur trois jours vaut mieux que tous les adjectifs, et il se remplit à la maison.

Chercher ce qui aggrave et qui se corrige : boissons, café, thé, alcool, horaire des diurétiques, constipation, toux chronique, obésité, tabac.

Reprendre l'ordonnance ligne par ligne : diurétiques, alpha-bloquants, anticholinergiques, morphiniques, psychotropes. Plusieurs de ces classes créent ou aggravent le trouble.

Demander le retentissement, et le demander explicitement : sorties, activités abandonnées, sommeil, vie intime. C'est ce retentissement qui décide du traitement, pas le nombre de fuites.

Retenir que la question qui change tout est celle des fuites permanentes, parce qu'elle sépare la gêne du danger.

Le piège

Beaucoup réduisent leurs boissons pour moins fuir. Les urines concentrées irritent la vessie et aggravent l'urgenturie : la mesure qu'elles ont prise entretient le symptôme qu'elles veulent réduire.

À retenir

  • Faire raconter une fuite plutôt que demander s'il y en a.
  • Une question pour l'effort, une pour l'urgenturie, et les deux coexistent souvent.
  • Des fuites permanentes avec jet faible décrivent une vessie pleine qui déborde.
  • Le catalogue mictionnel sur trois jours vaut mieux que tous les adjectifs.
  • C'est le retentissement, non le nombre de fuites, qui décide du traitement.

En pratique

  • Fuite racontée et située dans la journée
  • Question sur les fuites à l'effort
  • Question sur l'envie impérieuse
  • Recherche de fuites permanentes et nocturnes
  • Jet, poussée, sensation de vidange incomplète
  • Protections, mictions, épisodes chiffrés
  • Ordonnance reprise ligne par ligne
  • Retentissement sur les sorties, le sommeil, la vie intime

Examen clinique

L'examen commence par la palpation de l'hypogastre, à la recherche d'un globe vésical. Il est mat, il est parfois indolore chez la personne âgée ou diabétique, et sa découverte retourne complètement le diagnostic.

Chez la femme, l'examen périnéal se propose et s'explique. Il cherche un prolapsus, une atrophie vulvo-vaginale, une cicatrice, et il apprécie la contraction volontaire du plancher pelvien, qui conditionne la rééducation.

La manœuvre de toux, vessie pleine, objective la fuite à l'effort et permet d'en apprécier l'importance. Elle se fait avec l'accord de la personne et en expliquant ce qu'on regarde.

Chez l'homme, le toucher rectal apprécie le volume prostatique, la régularité, et cherche un nodule.

L'examen neurologique périnéal n'est pas facultatif : sensibilité de la région, réflexes, tonus du sphincter anal. Une anesthésie en selle, un déficit des membres inférieurs ou une rétention d'installation brutale évoquent une compression médullaire, qui est une urgence d'un autre ordre.

Évaluer la mobilité et l'autonomie : une personne qui met trois minutes à atteindre les toilettes est incontinente par obstacle matériel, et ce diagnostic se traite avec un urinal, une lumière et un déambulateur.

Regarder la peau : une macération, une mycose, une escarre débutante changent la conduite du jour.

Retenir que le globe vésical se cherche systématiquement, et qu'un examen d'incontinence qui n'a pas palpé le ventre n'a pas eu lieu.

Urgence

Rétention d'installation brutale, anesthésie en selle, déficit des membres inférieurs : compression de la queue de cheval, imagerie médullaire en urgence et appel du neurochirurgien. Le délai se compte en heures.

À retenir

  • Un globe vésical peut être indolore chez la personne âgée ou diabétique.
  • La manœuvre de toux objective la fuite à l'effort, avec accord et explication.
  • L'examen neurologique périnéal cherche ce qui relève d'une urgence médullaire.
  • Une incontinence peut n'être qu'un problème de distance jusqu'aux toilettes.

En pratique

  • Palpation hypogastrique et recherche d'un globe
  • Examen périnéal proposé et expliqué
  • Recherche d'un prolapsus et d'une atrophie
  • Contraction volontaire du plancher pelvien évaluée
  • Manœuvre de toux vessie pleine
  • Toucher rectal chez l'homme
  • Sensibilité périnéale, réflexes, tonus sphinctérien
  • Mobilité, autonomie et état cutané

Synthèse paraclinique

Trois examens suffisent en première intention, et ils sont simples : la bandelette urinaire, la mesure du résidu post-mictionnel, et le catalogue mictionnel.

La bandelette cherche une infection et une hématurie. Une infection urinaire aggrave transitoirement une incontinence et se traite avant d'explorer ; une hématurie sans infection impose un bilan à part entière, parce qu'une tumeur de vessie peut se révéler par des mictions impérieuses.

La mesure du résidu se fait à l'échographe portatif, juste après une miction spontanée. C'est l'examen qui sépare les deux mécanismes : un résidu important oriente vers une rétention chronique et interdit certains traitements.

Le catalogue mictionnel sur trois jours note l'heure et le volume de chaque miction, les fuites, les boissons. Il objective une polyurie, une pollakiurie, une nycturie, et il révèle des apports que l'interrogatoire n'obtient pas.

La créatinine se dose devant tout résidu important : la rétention chronique retentit sur le haut appareil et sur le rein, silencieusement, et une insuffisance rénale obstructive peut être découverte à cette occasion.

Le bilan urodynamique n'est pas un examen de première intention. Il se demande avant une chirurgie, devant un échec du traitement, ou dans les tableaux neurologiques.

Retenir que le résidu post-mictionnel est l'examen qui empêche l'erreur la plus coûteuse, et qu'il prend trente secondes.

À retenir

Trente secondes d'échographe évitent de prescrire un anticholinergique à quelqu'un dont la vessie ne se vide déjà pas. C'est le meilleur rapport entre le temps passé et le risque évité de cette situation.

À retenir

  • Bandelette, résidu post-mictionnel, catalogue mictionnel : les trois examens de première intention.
  • Le résidu sépare la vessie qui se vide trop tôt de celle qui ne se vide pas.
  • Une hématurie sans infection impose un bilan à part entière.
  • La créatinine se dose devant tout résidu important.
  • Le bilan urodynamique n'est pas un examen de première intention.

En pratique

  • Bandelette urinaire lue ligne par ligne
  • Résidu mesuré après une miction spontanée
  • Catalogue mictionnel remis et expliqué
  • Créatinine dosée si résidu important
  • Hématurie sans infection explorée
  • Bilan urodynamique réservé aux bonnes indications

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie de cette situation se réduit à une mesure de volume au lit du patient, traitée dans la section synthèse paraclinique, et à l'imagerie médullaire des formes neurologiques, qui appartient à une autre situation. Aucune image ne s'interprète ici au sens du domaine.

Stratégie diagnostique

La première question n'est pas quel type d'incontinence, c'est : la vessie se vide-t-elle. Le résidu post-mictionnel y répond, et il ouvre deux mondes.

Vessie qui se vide. Trois tableaux se partagent la situation. L'incontinence d'effort, à la toux, au rire, au port de charge, sans envie préalable, par insuffisance du soutien de l'urètre. L'incontinence par urgenturie, précédée d'une envie impérieuse irrépressible, par hyperactivité vésicale. L'incontinence mixte, la plus fréquente après un certain âge, qui associe les deux et dont il faut chercher la composante la plus gênante.

Vessie qui ne se vide pas. Les fuites sont alors un débordement, et le tableau s'appelle incontinence par regorgement. Elle se reconnaît sur des fuites permanentes ou nocturnes, un jet faible, une poussée abdominale, un globe, et elle relève d'un obstacle, d'une vessie qui ne se contracte plus, ou des deux.

Chercher systématiquement les causes réversibles, qui expliquent une grande part des incontinences apparues récemment chez la personne âgée : infection, constipation, confusion, médicaments, mobilité réduite, environnement inadapté, polyurie de cause métabolique.

Ce qui fait sortir du cadre : une hématurie, une douleur, une fièvre, un déficit neurologique, une installation brutale, une incontinence chez un sujet jeune, une fuite permanente après chirurgie pelvienne.

Retenir que le mécanisme se détermine avant le type, et que se tromper de monde fait prescrire un traitement qui aggrave.

Moyen mnémotechnique

La vessie se vide-t-elle, y a-t-il une envie avant la fuite, qu'est-ce qui a changé récemment. Trois questions, et la situation est classée.

À retenir

  • La première question est de savoir si la vessie se vide.
  • Effort, urgenturie, mixte : trois tableaux d'une vessie qui se vide.
  • Fuites permanentes, jet faible et globe décrivent un regorgement.
  • Les causes réversibles expliquent une grande part des incontinences récentes du sujet âgé.
  • Se tromper de mécanisme fait prescrire un traitement qui aggrave.

En pratique

  • Résidu post-mictionnel obtenu avant de conclure
  • Fuite à l'effort recherchée
  • Envie impérieuse recherchée
  • Composante la plus gênante identifiée si mixte
  • Fuites permanentes et dysurie recherchées
  • Causes réversibles passées en revue
  • Signes d'alerte cherchés explicitement

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne se présente pas comme une détresse vitale immédiate. Ses deux urgences, la compression de la queue de cheval et le retentissement rénal d'une rétention chronique, sont traitées là où elles se reconnaissent, en examen clinique et en procédure, parce que c'est un examen et un geste qui les révèlent.

Stratégie de prise en charge

Le traitement commence toujours par ce qui ne coûte rien : corriger les causes réversibles, répartir les boissons sans les réduire, déplacer le diurétique dans la matinée, traiter la constipation, rapprocher les toilettes, adapter les vêtements.

La rééducation périnéale est le traitement de première intention de l'incontinence d'effort chez la femme, et elle est efficace. Elle demande une prescription précise, un praticien formé, et des exercices poursuivis à la maison, faute de quoi le bénéfice s'efface.

La rééducation comportementale traite l'urgenturie : mictions programmées à intervalles progressivement allongés, techniques d'inhibition de l'envie, catalogue mictionnel comme outil de suivi.

Les traitements médicamenteux de l'hyperactivité vésicale viennent après, et ils se prescrivent en connaissant leurs limites : les anticholinergiques sont contre-indiqués en cas de rétention et à manier avec prudence chez la personne âgée, chez qui ils altèrent la cognition.

⚠️ Un anticholinergique donné à quelqu'un dont la vessie ne se vide pas provoque une rétention aiguë. C'est la conséquence directe d'un résidu non mesuré.

Le regorgement se traite par le drainage puis par la cause : levée de l'obstacle, arrêt des médicaments en cause, autosondages si la vessie ne se contracte plus.

La chirurgie et les dispositifs relèvent d'un avis spécialisé, après échec du traitement conservateur et après bilan urodynamique.

La protection absorbante n'est pas un traitement, elle accompagne : la proposer seule revient à renoncer sans le dire.

Retenir que le premier traitement est de retirer ce qui aggrave, et que la moitié des situations s'améliore sans ordonnance nouvelle.

Le piège

Réduire les boissons est la première mesure que les patients prennent et la dernière à conseiller : elle concentre les urines, irrite la vessie et augmente le risque d'infection et de constipation.

À retenir

  • Corriger les causes réversibles avant toute prescription.
  • La rééducation périnéale est le premier traitement de l'incontinence d'effort.
  • Un anticholinergique donné sur une vessie qui ne se vide pas provoque une rétention.
  • Le regorgement se traite par le drainage, puis par sa cause.
  • La protection absorbante accompagne, elle ne traite pas.

En pratique

  • Causes réversibles corrigées en premier
  • Boissons réparties, non réduites
  • Horaire du diurétique revu
  • Rééducation périnéale prescrite avec précision
  • Rééducation comportementale expliquée
  • Résidu vérifié avant tout anticholinergique
  • Drainage envisagé devant un regorgement
  • Protection proposée en accompagnement, jamais seule

Procédure et geste technique

Le sondage vésical se pose sur une indication écrite, jamais pour le confort du service. Une incontinence n'est pas une indication de sonde : la sonde ne traite pas la fuite, elle la remplace par une infection.

Les indications réelles sont la rétention aiguë ou chronique symptomatique, la surveillance horaire de la diurèse chez un patient instable, certaines situations périopératoires, et le soin de plaies sacrées où l'humidité empêche la cicatrisation.

Avant le geste, deux vérifications : l'absence de traumatisme urétral, et l'existence de matériel adapté à la personne, allergie au latex comprise.

Chez la femme, la difficulté n'est pas la longueur de l'urètre, c'est le repérage du méat, en particulier chez la femme âgée dont l'atrophie efface les repères. L'installation, l'éclairage et l'écartement des lèvres décident du succès. Une sonde introduite dans le vagin ne se rince pas et ne se réutilise pas : elle se jette, et l'on recommence avec un matériel neuf.

L'asepsie est un barème opposable : friction hydroalcoolique de trente secondes avant et après, gants stériles, champ, antisepsie du méat après toilette.

Le ballonnet se gonfle à l'eau stérile après le retour des urines, jamais avant, et le système reste clos, la poche déclive et jamais posée au sol.

⚠️ Après le drainage d'une rétention chronique, la surveillance ne s'arrête pas : la levée d'obstacle peut faire uriner plusieurs litres en quelques heures et déshydrater, et l'hématurie a vacuo est possible.

Retenir que la sonde s'enlève aussi vite qu'elle se pose, la durée du sondage étant le premier facteur de risque d'infection.

À retenir

Trente secondes de friction avant et après, séchage à l'air libre, aucun rinçage. Ce point est coté tel quel à l'épreuve, indépendamment de la réussite technique du geste.

Le piège

Poser une sonde parce que les changes sont fréquents transforme une gêne en risque infectieux, et prive la personne d'un diagnostic qui n'a pas été fait.

À retenir

  • Une incontinence n'est pas une indication de sonde urinaire.
  • Chez la femme, la difficulté du geste est le repérage du méat, pas la longueur de l'urètre.
  • Une sonde passée dans le vagin se jette, elle ne se réutilise jamais.
  • Le ballonnet se gonfle à l'eau stérile après le retour des urines.
  • Une levée d'obstacle se surveille pendant des heures.

En pratique

  • Indication vérifiée et écrite
  • Contre-indications urétrales recherchées
  • Allergie au latex vérifiée
  • Friction hydroalcoolique 30 secondes avant et après
  • Installation, éclairage et repérage du méat
  • Sonde passée dans le vagin jetée et remplacée
  • Ballonnet gonflé après retour des urines
  • Diurèse surveillée après levée d'obstacle

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Aucune annonce de maladie grave n'appartient en propre à cette situation. L'information sur le pronostic fonctionnel et sur ce que la rééducation peut apporter figure dans les sections prise en charge et éducation.

Éducation et prévention

Le premier message est qu'il ne s'agit pas d'une fatalité de l'âge. C'est la croyance qui empêche de consulter, et elle coûte des années de sorties abandonnées. Une incontinence se traite, souvent bien, et rarement par une ordonnance seule.

Le deuxième est de ne pas réduire les boissons. Il se donne en expliquant pourquoi : des urines concentrées irritent la vessie, favorisent l'infection et la constipation, et aggravent le symptôme. Répartir plutôt que réduire, et arrêter deux heures avant le coucher.

Le troisième est de traiter la constipation, dont l'effet sur les fuites est constant et sous-estimé.

Ce qui se prévient : la rééducation périnéale après un accouchement, l'arrêt du tabac, la réduction du poids en cas d'obésité, la prise en charge d'une toux chronique. Chacune agit sur le même mécanisme.

Ce qui s'aménage : un chemin dégagé jusqu'aux toilettes, une veilleuse, des vêtements faciles à ouvrir, un urinal la nuit. Ces mesures traitent une part réelle de l'incontinence de la personne âgée, et elles ne figurent sur aucune ordonnance.

Le soin de la peau se dit : rinçage à l'eau, séchage sans frotter, protection cutanée, changes adaptés et non superposés.

Nommer le retentissement social sans attendre qu'il soit avoué, et redire que le but n'est pas seulement de réduire les fuites mais de reprendre ce qui a été abandonné.

Retenir que répartir les boissons plutôt que les réduire est le conseil le plus contre-intuitif et le plus utile de cette fiche.

À retenir

Répartir les boissons sur la journée, arrêter deux heures avant le coucher, traiter la constipation, dégager le chemin des toilettes. Quatre mesures sans ordonnance, et elles suffisent parfois.

À retenir

  • Une incontinence n'est pas une fatalité de l'âge, et le dire fait consulter.
  • Répartir les boissons plutôt que les réduire.
  • Traiter la constipation agit sur les fuites de façon constante.
  • Un chemin dégagé et une veilleuse traitent une part réelle de l'incontinence du sujet âgé.
  • Le but est de reprendre ce qui a été abandonné, pas seulement de réduire les fuites.

En pratique

  • Fatalité de l'âge explicitement démentie
  • Boissons réparties et non réduites
  • Arrêt des boissons deux heures avant le coucher
  • Constipation traitée
  • Rééducation périnéale du post-partum rappelée
  • Tabac, poids et toux chronique abordés
  • Environnement et vêtements adaptés
  • Soin de la peau expliqué

Communication interprofessionnelle

La prescription de rééducation périnéale se rédige, elle ne s'énonce pas : nombre de séances, objectif poursuivi, mécanisme en cause, et la mention de ce qui a déjà été essayé. Une prescription qui dit seulement « rééducation périnéale » laisse le praticien reconstruire ce qui a été compris.

Ce qui se transmet à l'infirmière, en particulier au domicile et en institution : le mécanisme retenu, le rythme de mictions programmées, le protocole d'autosondages s'il existe, la conduite devant une absence de retour, et le nom de qui appeler.

Ce qui se transmet à l'urologue ou au gynécologue : le catalogue mictionnel, le résidu mesuré avec la date, les traitements essayés et leur durée, le retentissement rapporté par la personne, et la question posée.

Ce qui se transmet à l'équipe d'un service est aussi une interdiction : écrire pourquoi il n'y a pas de sonde évite qu'elle soit posée la nuit suivante par quelqu'un qui ne connaît pas le dossier. Une consigne négative non écrite ne survit pas à un changement d'équipe.

Le kinésithérapeute et l'ergothérapeute reçoivent l'objectif fonctionnel, non le diagnostic seul : reprendre des sorties, dormir une nuit entière, se passer d'une protection.

La personne elle-même reçoit un compte rendu compréhensible, y compris le nom du mécanisme et ce qui a été écarté.

Retenir qu'une consigne négative doit être écrite pour exister, et que c'est vrai de toutes les décisions de ne pas faire.

Moyen mnémotechnique

Mécanisme, résidu daté, traitements essayés, retentissement, question posée. Cinq lignes, et le spécialiste n'a rien à redemander.

À retenir

  • Une prescription de rééducation dit le mécanisme et l'objectif, pas seulement le mot.
  • Écrire pourquoi il n'y a pas de sonde évite qu'elle soit posée la nuit suivante.
  • Une consigne négative non écrite ne survit pas à un changement d'équipe.
  • Les rééducateurs reçoivent un objectif fonctionnel, non un diagnostic seul.

En pratique

  • Prescription de rééducation détaillée
  • Mécanisme retenu transmis
  • Résidu et sa date transmis
  • Traitements essayés et leur durée
  • Absence d'indication de sonde écrite
  • Protocole d'autosondages transmis si besoin
  • Objectif fonctionnel donné aux rééducateurs
  • Compte rendu compréhensible remis à la personne

Sources

  • R2C, item 125 : Troubles de la miction et incontinence urinaire de l'adulte et du sujet âgé
  • R2C, item 127 : Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)
  • R2C, item 133 : Autonomie et dépendance chez le sujet âgé
  • Collège français des urologues, chapitre « Incontinence urinaire »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de l'incontinence urinaire de la femme et sur le bon usage du sondage vésical. La date de la version consultée fait partie de la source