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Fiche de révision

Prolapsus

Ce n'est pas le degré du prolapsus qui décide du traitement mais la gêne qu'il provoque, et une fuite masquée peut n'apparaître qu'après l'opération.

Situation de départ 107Catégorie IItem R2C 125Item R2C 124

Entretien et interrogatoire

⚠️ La question qui commande le traitement n'est pas « depuis quand » mais « qu'est-ce que cela vous empêche de faire ». Le degré anatomique et la gêne ne vont pas ensemble, et c'est la gêne qui décide.

Le symptôme propre du prolapsus est mécanique : une boule que la femme sent ou voit, une pesanteur qui augmente au fil de la journée et disparaît en position allongée, une gêne à la marche ou en position debout prolongée.

⚠️ Ce qui ne se dit pas spontanément et se demande : la nécessité de repousser la boule avec les doigts pour uriner ou pour aller à la selle. C'est un signe fort, et personne ne le raconte de lui-même.

Les fonctions voisines se passent en revue une par une : fuites d'urine à l'effort, urgences, difficulté à vider la vessie, infections urinaires répétées ; constipation, difficulté d'exonération ; douleurs pendant les rapports et retentissement sur la vie intime, qui se demandent, avec tact et sans les éviter.

Les facteurs qui poussent : accouchements par voie basse et leur nombre, poids des enfants, âge, ménopause, surpoids, constipation chronique, toux chronique, port de charges au travail ou en sport, chirurgie pelvienne antérieure.

⚠️ Et une question de fin d'entretien : qu'attend-elle exactement d'une prise en charge. Une attente non dite est une déception programmée.

À retenir

Une seule question sépare ce qui se traite de ce qui se surveille : qu'est-ce que cela vous empêche de faire.

À retenir

  • La question qui commande le traitement est ce que cela empêche de faire.
  • Le degré anatomique et la gêne ne vont pas ensemble.
  • Repousser la boule avec les doigts pour uriner est un signe fort que personne ne raconte.
  • La constipation et la toux chronique poussent tous les jours.
  • Une attente non dite est une déception programmée.

En pratique

  • Gêne fonctionnelle décrite par la patiente
  • Boule vue ou sentie, pesanteur en fin de journée
  • Nécessité de repousser pour uriner ou aller à la selle
  • Fuites, urgences, vidange de la vessie
  • Constipation et difficulté d'exonération
  • Retentissement sur la vie intime
  • Accouchements, ménopause, poids, toux, charges
  • Attentes de la patiente formulées

Examen clinique

⚠️ Un prolapsus examiné seulement allongée est un prolapsus sous-estimé. L'examen se fait au repos puis en poussée, et il se complète debout quand ce qui est vu ne correspond pas à ce que la patiente décrit. C'est la position debout qui reproduit ce dont elle se plaint.

Les trois étages s'examinent séparément, en refoulant successivement chacun d'eux avec une valve : l'étage antérieur, où descend la vessie ; l'étage moyen, où descend l'utérus ou le fond du vagin chez une femme opérée ; l'étage postérieur, où fait saillie le rectum. ⚠️ Sans ce temps de refoulement, l'étage le plus descendu masque les deux autres, et l'on opère une partie du problème.

La descente se quantifie par rapport à un repère fixe, et se note.

⚠️ Le temps qui change la suite : refouler le prolapsus et demander de tousser. Une fuite qui apparaît alors est une fuite masquée, et elle se serait révélée après une chirurgie.

Le reste de l'examen : trophicité de la muqueuse, ulcération sur une partie extériorisée, tonus du périnée à la contraction volontaire, et la qualité de cette contraction, qui conditionne la rééducation.

L'examen général : abdomen, recherche d'une cause qui pousse, et bandelette urinaire.

À retenir

Refouler le prolapsus et demander de tousser : trente secondes qui évitent une déception postopératoire.

À retenir

  • Un prolapsus examiné seulement allongée est un prolapsus sous-estimé.
  • C'est la position debout qui reproduit ce dont la patiente se plaint.
  • Sans refoulement de chaque étage, le plus descendu masque les deux autres.
  • Refouler et faire tousser révèle une fuite qui serait apparue après la chirurgie.
  • La qualité de la contraction volontaire conditionne la rééducation.

En pratique

  • Examen au repos et en poussée
  • Examen debout si discordance
  • Étage antérieur refoulé et examiné
  • Étage moyen refoulé et examiné
  • Étage postérieur refoulé et examiné
  • Descente quantifiée et notée
  • Recherche d'une fuite masquée
  • Trophicité, ulcération, contraction volontaire

Synthèse paraclinique

⚠️ Le diagnostic de prolapsus est clinique et ne demande aucun examen. Ce qui suit ne sert qu'à préciser une conséquence ou à préparer une décision.

La bandelette urinaire cherche une infection, fréquente quand la vessie se vide mal.

La mesure du résidu après miction se fait par échographie et renseigne sur la vidange. ⚠️ Un résidu important change la conduite, parce qu'il expose aux infections et à la dilatation des cavités rénales.

Le bilan urodynamique ne se prescrit pas devant tout prolapsus : il se discute avant une chirurgie, quand les symptômes urinaires sont au premier plan ou discordants.

La créatinine se contrôle devant un prolapsus complètement extériorisé et ancien, parce qu'une gêne à l'écoulement des urines peut retentir sur les reins sans faire de bruit.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : une imagerie pour faire le diagnostic. Une imagerie dynamique du pelvis se réserve aux situations où la clinique et la plainte ne concordent pas, et elle relève du spécialiste.

Avant une chirurgie : le bilan est celui de l'intervention et du terrain, et il est protocolisé.

Le piège

Prescrire une imagerie pour diagnostiquer un prolapsus. Le diagnostic était fait avant que l'ordonnance ne soit écrite.

À retenir

  • Le diagnostic est clinique et ne demande aucun examen.
  • Un résidu important expose aux infections et à la dilatation des cavités.
  • Le bilan urodynamique se discute avant une chirurgie, pas devant tout prolapsus.
  • Une gêne à l'écoulement des urines peut retentir sur les reins sans faire de bruit.
  • Une imagerie dynamique se réserve aux discordances entre la plainte et l'examen.

En pratique

  • Bandelette urinaire
  • Mesure du résidu après miction
  • Créatinine si prolapsus extériorisé ancien
  • Bilan urodynamique réservé au projet chirurgical
  • Aucune imagerie à visée diagnostique
  • Bilan préopératoire protocolisé le cas échéant

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans le diagnostic d'un prolapsus, qui se fait à l'examen. L'échographie de mesure du résidu et l'imagerie dynamique du pelvis sont traitées dans la section consacrée aux examens complémentaires, où figurent leurs indications restreintes.

Stratégie diagnostique

Trois questions ordonnent la démarche, et une seule d'entre elles conduit à un traitement.

Quel étage descend, et de combien ? L'examen répond, à condition d'avoir refoulé les étages un par un. ⚠️ Plusieurs étages sont concernés dans la majorité des cas, et n'en traiter qu'un expose à voir apparaître le suivant.

Quelle est la gêne ? ⚠️ C'est la seule question qui décide. Un prolapsus qui descend jusqu'à la vulve et que la patiente ne remarque pas ne se traite pas ; un prolapsus modeste qui l'empêche de marcher se traite.

Qu'est-ce qui pousse ? Constipation chronique, toux chronique, surpoids, port de charges. ⚠️ Ces causes se traitent avant, pendant et après, faute de quoi tout ce qui sera fait sera défait.

Ce qui se distingue et qu'on confond : ⚠️ le prolapsus n'est pas l'incontinence. Les deux coexistent souvent, ils ne relèvent pas du même traitement, et une fuite peut être masquée par le prolapsus lui-même.

Ce qui doit faire chercher autre chose : une masse qui ne se réduit pas, un saignement, une douleur permanente, ⚠️ et une extériorisation par l'anus, qui est un prolapsus du rectum et non un prolapsus génital.

Ce qui fait reconsidérer : une plainte qui ne correspond pas à ce que l'examen montre.

À retenir

Quel étage, quelle gêne, qu'est-ce qui pousse. Seule la deuxième réponse conduit à traiter.

À retenir

  • Plusieurs étages sont concernés dans la majorité des cas.
  • La gêne est la seule question qui décide d'un traitement.
  • Ce qui pousse se traite avant, pendant et après.
  • Le prolapsus n'est pas l'incontinence, et une fuite peut être masquée par lui.
  • Une extériorisation par l'anus est un prolapsus du rectum, pas un prolapsus génital.

En pratique

  • Étages atteints identifiés séparément
  • Degré de descente quantifié
  • Gêne fonctionnelle évaluée et écrite
  • Facteurs qui poussent identifiés
  • Incontinence distinguée du prolapsus
  • Fuite masquée recherchée
  • Origine anale envisagée si extériorisation par l'anus

Urgence vitale

Un prolapsus n'est presque jamais une urgence, et les rares situations qui le sont ne se manifestent pas par le prolapsus.

La rétention d'urine. Un prolapsus important peut couder l'urètre et empêcher la vidange. Une envie permanente sans miction, une masse hypogastrique et une douleur imposent un sondage sans attendre.

⚠️ Le retentissement silencieux sur les reins. Un prolapsus complètement extériorisé et ancien peut gêner l'écoulement des urines des deux côtés, dilater les cavités rénales et dégrader la fonction rénale sans aucune douleur. C'est la complication grave de ce champ, et elle se dépiste par une créatinine et une échographie, non par une plainte.

L'ulcération de la muqueuse extériorisée, qui saigne et s'infecte, relève d'un traitement local et d'un avis rapide.

L'étranglement d'un prolapsus qui ne se réduit plus, avec douleur et œdème, est une urgence chirurgicale, et il est rare.

Ce qui se fait devant tout signe de gravité : évaluer la vidange de la vessie, examiner ce qui est extériorisé, et demander un avis sans attendre.

Urgence

Prolapsus ancien complètement extériorisé : contrôler la créatinine et les cavités rénales même en l'absence de toute plainte.

À retenir

  • Un prolapsus peut couder l'urètre et empêcher la vidange.
  • Le retentissement sur les reins est silencieux et sans douleur.
  • Il se dépiste par une créatinine et une échographie, non par une plainte.
  • Une muqueuse extériorisée s'ulcère, saigne et s'infecte.
  • Un prolapsus qui ne se réduit plus avec douleur et œdème est chirurgical.

En pratique

  • Recherche d'un globe et évaluation de la vidange
  • Créatinine devant un prolapsus extériorisé ancien
  • Échographie des cavités rénales
  • Inspection de la muqueuse extériorisée
  • Réductibilité du prolapsus
  • Douleur et œdème
  • Avis demandé sans attendre

Stratégie de prise en charge

⚠️ La première option est l'abstention, et c'est une décision. Un prolapsus qui ne gêne pas ne se traite pas, et le dire clairement évite une chirurgie faite pour une image.

Ce qui se traite dans tous les cas et avant tout le reste : ⚠️ la constipation, la toux chronique et le surpoids. Ils poussent tous les jours sur ce qu'on répare, et les négliger explique une part des récidives.

La rééducation du périnée a sa place, en particulier sur les symptômes urinaires associés, et son effet dépend de la qualité de la contraction volontaire évaluée à l'examen.

⚠️ Le pessaire est l'option la plus sous-employée du champ. Il se pose en consultation, il est réversible, il agit tout de suite, et il convient particulièrement quand la chirurgie est risquée ou non souhaitée. Il demande un suivi régulier et un apprentissage.

La chirurgie s'adresse aux prolapsus gênants après échec ou refus des autres options. La voie et la technique relèvent d'une décision spécialisée, et elles se discutent avec la patiente.

⚠️ Ce qui se dit avant toute chirurgie et qui manque souvent : une fuite d'urine peut apparaître après l'intervention parce qu'elle était masquée. Annoncée avant, c'est une information ; découverte après, c'est une complication.

Ce qui se programme : le suivi, avec une date, et le contrôle des facteurs qui poussent.

Le piège

Opérer un prolapsus pour son degré et non pour sa gêne. La patiente sera opérée d'un problème qu'elle n'avait pas.

À retenir

  • L'abstention est la première option, et c'est une décision.
  • Ce qui pousse se traite avant tout le reste.
  • Le pessaire est l'option la plus sous-employée du champ.
  • Il se pose en consultation, il est réversible et il agit tout de suite.
  • Annoncée avant, une fuite est une information ; découverte après, une complication.

En pratique

  • Abstention envisagée et tracée si la gêne est nulle
  • Constipation, toux et surpoids traités
  • Rééducation proposée selon la contraction volontaire
  • Pessaire proposé et expliqué
  • Chirurgie réservée aux prolapsus gênants
  • Risque de fuite masquée annoncé avant l'intervention
  • Suivi daté et facteurs de poussée contrôlés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. La pose d'un pessaire et les interventions chirurgicales relèvent de professionnels formés, et l'examen avec valves est un temps de l'examen clinique.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. Ce qui se dit à la patiente sur les options, sur le risque de fuite après une chirurgie et sur ce qui pousse relève des sections consacrées à la prise en charge et à l'éducation.

Éducation et prévention

⚠️ La première chose à défaire est une inquiétude : beaucoup de femmes croient que ce qui descend finira par tomber, et que l'opération est inévitable. Dire qu'un prolapsus n'évolue pas forcément et qu'il peut être surveillé sans rien faire soulage plus que n'importe quel traitement.

Ce qui se travaille au quotidien et qui compte autant que le reste : ⚠️ ne pas pousser à la selle. Un transit régulier, une hydratation, des fibres et une position adaptée retirent une contrainte quotidienne, et l'effet est cumulatif.

Ce qui se corrige : la toux chronique et le tabac qui l'entretient, le surpoids, et la façon de porter les charges, au travail comme dans le sport.

Ce qui s'apprend : la contraction du périnée avant l'effort, geste simple qui s'acquiert en rééducation et se garde.

⚠️ Ce qui se dit sur la vie intime : la question se pose, parce que les patientes ne l'abordent presque jamais, et parce que la crainte de la douleur ou du regard fait renoncer sans que personne ne le sache.

Ce qui doit faire consulter : une boule qui ne rentre plus, un saignement, une difficulté à uriner, une douleur nouvelle.

Et ce qui se dit sur le pessaire : qu'il existe, qu'il se retire, et qu'il n'engage rien.

À retenir

Trois choses agissent tous les jours : ne pas pousser, ne pas tousser, ne pas porter n'importe comment.

À retenir

  • Beaucoup de femmes croient que ce qui descend finira par tomber.
  • Dire qu'un prolapsus peut être surveillé soulage plus qu'un traitement.
  • Ne pas pousser à la selle retire une contrainte quotidienne.
  • La question de la vie intime se pose : les patientes ne l'abordent presque jamais.
  • Dire que le pessaire existe et qu'il n'engage rien est une information à part entière.

En pratique

  • Évolution non fatale expliquée
  • Transit et position à la selle travaillés
  • Toux, tabac et surpoids abordés
  • Port de charges revu
  • Contraction avant l'effort enseignée
  • Vie intime abordée explicitement
  • Existence et réversibilité du pessaire dites
  • Signes devant faire consulter

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce qui se transmet ici n'est pas un diagnostic mais une gêne, et une gêne se transmet mal. Écrire « prolapsus » ne dit rien à celui qui reçoit : ce qui compte est ce que la patiente ne peut plus faire, avec ses mots, et ce qu'elle attend.

Ce qui s'écrit en plus : les étages atteints un par un, le degré de descente, le résultat de la recherche d'une fuite masquée, et l'état de la contraction volontaire.

Au kinésithérapeute ou à la sage-femme : l'objectif de la rééducation, et le fait que la contraction est bonne ou non, ce qui change entièrement le contenu des séances.

Au chirurgien : les options déjà proposées et refusées, et surtout ce qui a été dit à la patiente sur le risque de fuite après l'intervention. ⚠️ Deux professionnels qui annoncent des choses différentes sur ce point créent une plainte légitime.

Au médecin traitant : les facteurs qui poussent et qui doivent être suivis entre les consultations spécialisées, parce que c'est lui qui verra la patiente pour sa constipation et pour sa toux.

Et une ligne au dossier : ⚠️ la décision de ne pas traiter, quand c'est la décision, avec sa raison. Une abstention non écrite se lit comme un oubli, et un autre soignant proposera une chirurgie.

À retenir

Transmettre la gêne avec les mots de la patiente, et non le degré avec ceux de l'examinateur.

À retenir

  • Écrire prolapsus ne dit rien à celui qui reçoit.
  • Ce qui compte est ce que la patiente ne peut plus faire, avec ses mots.
  • Savoir si la contraction est bonne change entièrement le contenu des séances.
  • Deux professionnels qui annoncent des choses différentes créent une plainte légitime.
  • Une abstention non écrite se lit comme un oubli.

En pratique

  • Gêne décrite avec les mots de la patiente
  • Attentes formulées et transmises
  • Étages atteints détaillés un par un
  • Résultat de la recherche de fuite masquée
  • Qualité de la contraction transmise au rééducateur
  • Information donnée sur le risque postopératoire transmise au chirurgien
  • Facteurs de poussée confiés au médecin traitant
  • Abstention et sa raison écrites

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 125 : Troubles de la miction et incontinence urinaire de l'adulte et du sujet âgé
  • R2C, item 124 : Ménopause, insuffisance ovarienne prématurée, andropause, déficit androgénique lié à l’âge
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français, chapitre « Prolapsus génital », et collège français des urologues, chapitre « Troubles de la statique pelvienne »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge du prolapsus génital de la femme, sur la place du pessaire et sur la recherche d'une incontinence masquée avant chirurgie. La date de la version consultée fait partie de la source