Fiche de révision
Baisse de l'audition / surdité
Deux diapasons séparent une gêne à la transmission d'une atteinte de la perception, et une baisse brutale d'un seul côté est une urgence.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Deux questions ouvrent le champ, et la seconde est celle qu'on oublie : depuis quand, et d'un seul côté ou des deux. ⚠️ Une baisse brutale d'un seul côté est une urgence, une baisse progressive des deux côtés ne l'est pas, et les deux se disent avec la même phrase.
Ce qui se fait préciser : ⚠️ un sifflement ou un bourdonnement, un vertige, un écoulement de l'oreille, une douleur, une sensation d'oreille pleine.
Ce qui se cherche systématiquement et se néglige : ⚠️ l'exposition au bruit, professionnelle et de loisir, avec le port effectif des protections ; ⚠️ les traitements pouvant abîmer l'oreille interne, y compris reçus il y a longtemps ; un traumatisme du crâne, une variation de pression récente.
Les antécédents : otites de l'enfance, chirurgie de l'oreille, ⚠️ et une surdité familiale d'apparition chez l'adulte jeune, qui oriente.
⚠️ Ce qui mesure le retentissement mieux qu'un chiffre : le téléphone, la télévision, les repas de famille, les réunions. Une personne qui a cessé d'aller au restaurant a une gêne majeure, quel que soit son audiogramme.
Chez l'enfant : ⚠️ les acquisitions du langage, l'inquiétude des parents et ce que dit l'école. L'inquiétude d'un parent sur l'audition de son enfant a une valeur diagnostique.
À retenir
- Depuis quand, et d'un seul côté ou des deux : les deux questions décident.
- Une baisse brutale d'un seul côté est une urgence.
- Les traitements abîmant l'oreille interne se cherchent même anciens.
- Une personne qui a cessé d'aller au restaurant a une gêne majeure.
- L'inquiétude d'un parent sur l'audition de son enfant a une valeur diagnostique.
En pratique
- Délai d'installation
- Caractère uni ou bilatéral
- Acouphène, vertige, écoulement, douleur
- Exposition au bruit et port des protections
- Traitements abîmant l'oreille interne
- Traumatisme et variations de pression
- Antécédents otologiques et familiaux
- Retentissement sur les situations sociales
Examen clinique
⚠️ Deux diapasons donnent en une minute ce qu'un appareil confirmera le lendemain, et ils ne sont presque jamais employés.
L'épreuve qui compare les deux oreilles : le diapason posé sur le front. ⚠️ Le son perçu du côté sourd oriente vers une gêne à la transmission ; perçu du côté sain, vers une atteinte de la perception.
L'épreuve qui compare l'air et l'os d'un même côté : le diapason devant l'oreille puis sur l'os derrière. ⚠️ Normalement, l'air fait mieux que l'os. L'inverse signe une gêne à la transmission.
L'otoscopie des deux oreilles : ⚠️ le conduit avant le tympan, cérumen, corps étranger, inflammation ; puis le tympan, sa couleur, sa position, sa mobilité, une perforation, une poche de rétraction, un épanchement.
⚠️ Le piège de l'otoscopie : retirer un cérumen ne prouve pas qu'il était la cause. On réexamine après.
Le reste : ⚠️ l'examen des nerfs crâniens, en particulier le nerf du visage, la palpation du cou, l'examen du nez et de l'arrière-nez chez l'adulte devant un épanchement d'un seul côté, qui n'est jamais banal.
Chez l'enfant : l'otoscopie, ⚠️ l'observation de la réaction à la voix, et le développement du langage.
À retenir
- Deux diapasons donnent en une minute ce qu'un appareil confirme le lendemain.
- Retirer un cérumen ne prouve pas qu'il était la cause.
- On réexamine après le retrait.
- Un épanchement d'un seul côté chez l'adulte n'est jamais banal.
- L'examen du nerf du visage fait partie de l'examen d'une oreille.
En pratique
- Diapason sur le front
- Comparaison air et os de chaque côté
- Otoscopie du conduit puis du tympan
- Mobilité du tympan appréciée
- Réexamen après retrait d'un cérumen
- Nerfs crâniens dont le nerf du visage
- Examen du nez et de l'arrière-nez si épanchement unilatéral
- Réaction à la voix chez l'enfant
Synthèse paraclinique
⚠️ Un audiogramme se lit à deux courbes, et c'est la seconde qui donne la cause. La conduction aérienne dit qu'on entend mal, la conduction osseuse dit pourquoi. ⚠️ Un écart entre les deux signe une gêne à la transmission ; deux courbes superposées et abaissées signent une atteinte de la perception. Lire la seule courbe aérienne, c'est ne rien conclure.
Ce qui se lit en plus : ⚠️ la forme de la courbe, une encoche sur les fréquences aiguës évoquant l'exposition au bruit, une atteinte des graves orientant autrement ; la symétrie ; et le test vocal, dont la discordance avec le tonal a une valeur.
Le tympanogramme : ⚠️ il explore l'oreille moyenne et non l'audition. Une courbe plate évoque un épanchement, un sommet déplacé une mauvaise ventilation, et une courbe normale écarte l'essentiel de ce qui se passe derrière le tympan.
Chez le jeune enfant : ⚠️ des tests objectifs existent et ne demandent aucune coopération. Un doute sur l'audition d'un enfant ne se surveille pas, il s'explore.
Ce qui se demande selon le contexte : une exploration biologique devant une atteinte évolutive ou associée, ⚠️ et un audiogramme répété dans les mêmes conditions, seule façon de juger d'une évolution.
À retenir
- La conduction aérienne dit qu'on entend mal, l'osseuse dit pourquoi.
- Deux courbes superposées et abaissées signent une atteinte de la perception.
- Le tympanogramme explore l'oreille moyenne et non l'audition.
- Un doute sur l'audition d'un enfant ne se surveille pas, il s'explore.
- Un tracé de suivi ne vaut que fait dans les mêmes conditions.
En pratique
- Deux courbes lues séparément
- Écart entre air et os cherché
- Forme et symétrie de la courbe
- Test vocal confronté au tonal
- Tympanogramme interprété pour l'oreille moyenne
- Tests objectifs chez le jeune enfant
- Audiogramme répété dans les mêmes conditions
Iconographie
⚠️ L'imagerie n'est jamais le premier examen d'une baisse d'audition, et elle a trois indications précises.
⚠️ Une atteinte asymétrique de la perception, ou un acouphène d'un seul côté : une imagerie du conduit auditif interne s'impose, à la recherche d'une lésion du nerf de l'audition. Elle n'est pas urgente le jour même, et elle ne s'oublie pas. Une asymétrie qu'on n'explore pas reste une asymétrie inexpliquée pendant des années.
⚠️ Une gêne à la transmission avec un tympan anormal, une otite qui traîne, une poche de rétraction ou un écoulement chronique : l'imagerie de l'os explore l'oreille moyenne et l'os qui la contient, et elle prépare un geste.
Un traumatisme du crâne avec baisse d'audition : l'imagerie de l'os cherche un trait de fracture, ⚠️ et l'urgence est ailleurs, dans l'évaluation neurologique.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : une imagerie devant une baisse progressive, symétrique, du sujet âgé, qui est le tableau le plus fréquent du champ, ni devant un épanchement de l'enfant.
⚠️ Ce qui se demande et n'est pas une imagerie : l'examen de l'arrière-nez chez un adulte présentant un épanchement d'un seul côté. La cause s'y trouve parfois, et aucune image ne remplace ce regard direct.
À retenir
- L'imagerie n'est jamais le premier examen d'une baisse d'audition.
- Une atteinte asymétrique impose une imagerie du conduit auditif interne.
- Une asymétrie non explorée reste inexpliquée pendant des années.
- Une baisse progressive et symétrique du sujet âgé ne s'image pas.
- Aucune image ne remplace le regard direct sur l'arrière-nez.
En pratique
- Symétrie du tracé vérifiée avant toute demande
- Imagerie du conduit auditif interne si asymétrie
- Imagerie de l'os si tympan anormal ou otite chronique
- Imagerie après traumatisme du crâne
- Aucune imagerie devant une presbyacousie typique
- Examen de l'arrière-nez si épanchement unilatéral de l'adulte
Stratégie diagnostique
⚠️ Tout commence par la bifurcation transmission ou perception, faite au diapason et confirmée à l'audiogramme.
Une gêne à la transmission : ⚠️ le conduit, cérumen, corps étranger, inflammation ; le tympan, perforation, rétraction ; l'oreille moyenne, épanchement, otite chronique, ⚠️ et une atteinte de la chaîne des osselets, dont une forme familiale de l'adulte jeune, plus fréquente chez la femme et aggravée par la grossesse.
Une atteinte de la perception : ⚠️ brutale et unilatérale, c'est une urgence ; progressive, bilatérale et symétrique chez le sujet âgé, c'est le vieillissement de l'oreille ; avec des crises de vertige et une sensation d'oreille pleine, c'est une maladie de l'oreille interne ; ⚠️ asymétrique, c'est une lésion du nerf jusqu'à preuve du contraire ; avec une exposition au bruit, l'atteinte prédomine sur les aiguës et reste bilatérale.
⚠️ Chez l'enfant, l'ordre s'inverse : la cause la plus fréquente est un épanchement, banal et réversible, ⚠️ mais la question qui commande est une autre : est-ce que le langage se construit normalement. Une baisse bilatérale non repérée coûte des acquisitions qui ne se rattrapent pas.
⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une atteinte unilatérale, une atteinte évolutive rapide, un acouphène d'un seul côté, une atteinte du nerf du visage.
À retenir
- Tout commence par la bifurcation transmission ou perception.
- Une atteinte asymétrique de la perception est une lésion du nerf jusqu'à preuve du contraire.
- Une atteinte par le bruit prédomine sur les aiguës et reste bilatérale.
- Chez l'enfant, la question qui commande est la construction du langage.
- Une baisse bilatérale non repérée coûte des acquisitions qui ne se rattrapent pas.
En pratique
- Transmission ou perception tranchée
- Caractère uni ou bilatéral établi
- Symétrie du tracé évaluée
- Vertiges et acouphènes situés
- Exposition au bruit confrontée au profil de la courbe
- Langage évalué chez l'enfant
- Signes imposant de reconsidérer recherchés
Urgence vitale
Ce champ est lent, et il contient quatre situations qui ne le sont pas.
⚠️ Une baisse brutale de la perception d'un seul côté est une urgence. Elle se traite sans attendre, ⚠️ et les chances de récupération diminuent avec chaque jour écoulé. Elle est régulièrement prise pour un bouchon, et le retard est la règle plutôt que l'exception.
⚠️ Une baisse d'audition avec une paralysie du visage, un vertige et des vésicules dans l'oreille relève d'une infection virale du nerf, dont le pronostic dépend du délai de traitement.
⚠️ Une otite avec une douleur rétro-auriculaire, un décollement de l'oreille et de la fièvre est une extension à l'os, et c'est une urgence chirurgicale. ⚠️ Une otite chronique avec un écoulement fétide et une baisse d'audition peut cacher une lésion destructrice, dont les complications sont graves.
Une baisse d'audition après une méningite est fréquente, ⚠️ et son dépistage rapide conditionne la prise en charge, en particulier chez l'enfant.
Ce qui n'est pas une urgence et qui inquiète : une baisse progressive bilatérale ancienne.
Ce qui se fait devant tout tableau aigu : ⚠️ otoscopie des deux côtés, examen du nerf du visage, recherche d'un vertige, température, et évaluation de l'équilibre.
À retenir
- Une baisse brutale d'un seul côté est une urgence régulièrement prise pour un bouchon.
- Les chances de récupération diminuent avec chaque jour écoulé.
- Baisse d'audition avec paralysie du visage et vésicules : le délai décide.
- Douleur derrière l'oreille avec décollement et fièvre : urgence chirurgicale.
- Une baisse d'audition après méningite se dépiste rapidement chez l'enfant.
En pratique
- Caractère brutal et unilatéral identifié
- Délai depuis le début calculé
- Otoscopie des deux côtés
- Nerf du visage examiné
- Vésicules recherchées dans l'oreille
- Douleur rétro-auriculaire et fièvre
- Dépistage auditif après méningite
Stratégie de prise en charge
⚠️ Ce qui se traite d'abord est ce qui se corrige : un cérumen, un épanchement, une otite, ⚠️ et une atteinte de la chaîne des osselets, qui relève d'un geste chirurgical dont le résultat est souvent excellent.
⚠️ Sur une atteinte brutale de la perception : le traitement se met en route sans attendre les résultats de l'imagerie, selon les recommandations en vigueur, et le délai est le premier facteur de pronostic.
⚠️ Sur l'appareillage, et c'est le point le plus mal traité du champ : le délai entre la gêne ressentie et l'appareillage se compte en années. Ce retard n'est pas neutre : la perte auditive non corrigée est associée à l'isolement social, à la dépression et au déclin cognitif. ⚠️ Proposer tôt, et proposer de nouveau quand on a essuyé un refus, fait partie du soin.
Ce qui se dit sur les appareils : ⚠️ l'adaptation prend des semaines, le cerveau réapprend, et un appareil abandonné dans un tiroir vient presque toujours d'un accompagnement insuffisant.
Ce qui existe et se propose trop tard : ⚠️ les implants, quand l'appareillage ne suffit plus.
⚠️ Sur l'acouphène : il ne se traite pas par un médicament, et il diminue souvent avec l'appareillage lui-même.
Ce qui se programme : un audiogramme de contrôle daté, et une protection renforcée de l'oreille qui entend.
À retenir
- Une atteinte des osselets relève d'un geste dont le résultat est souvent excellent.
- Devant une atteinte brutale, le délai est le premier facteur de pronostic.
- Le délai entre la gêne et l'appareillage se compte en années.
- Un appareil abandonné vient presque toujours d'un accompagnement insuffisant.
- L'acouphène diminue souvent avec l'appareillage lui-même.
En pratique
- Causes corrigibles traitées
- Traitement immédiat si atteinte brutale
- Appareillage proposé tôt
- Proposition renouvelée après refus
- Durée d'adaptation expliquée
- Implant évoqué si appareillage insuffisant
- Acouphène abordé sans prescription inutile
- Protection renforcée de l'oreille saine
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Une règle simple remplace tous les chiffres : si vous devez élever la voix pour être entendu à un mètre, le niveau sonore est dangereux. Cette phrase se retient et s'applique partout, au travail comme au concert.
Ce qui s'explique sur les protections : ⚠️ elles ne servent que portées, et une protection mal supportée n'est pas portée. Le confort et le modèle se discutent, ce qui change davantage la pratique qu'un rappel réglementaire.
Ce qui s'explique sur les écouteurs : ⚠️ la durée compte autant que le volume, et le réflexe de monter le son dans un environnement bruyant est le mécanisme principal. Un casque isolant permet de baisser le volume.
⚠️ Ce qui n'est presque jamais dit et qui change les décisions : une perte auditive non corrigée fatigue. Comprendre demande un effort permanent, et cet effort explique l'épuisement, le retrait des conversations et l'isolement, bien avant la surdité elle-même.
Ce qui s'apprend à l'entourage : ⚠️ parler en face, sans crier, une personne à la fois, en réduisant le bruit de fond. Crier déforme les mots et n'aide pas.
⚠️ Ce qui doit faire consulter sans attendre : une baisse brutale, une baisse d'un seul côté, un acouphène d'un seul côté, un écoulement, une paralysie du visage.
À retenir
- Élever la voix pour être entendu à un mètre signale un niveau dangereux.
- Une protection mal supportée n'est pas portée.
- Le réflexe de monter le son dans le bruit est le mécanisme principal.
- Comprendre avec une perte auditive demande un effort permanent et épuise.
- Crier déforme les mots et n'aide pas.
En pratique
- Règle du niveau sonore expliquée
- Protections adaptées et confortables discutées
- Durée et volume des écouteurs abordés
- Fatigue liée à l'effort de compréhension nommée
- Consignes de communication données à l'entourage
- Appareillage présenté sans stigmatisation
- Signes devant faire consulter sans attendre
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une transmission qui écrit « surdité » ne dit rien. Ce qui se transmet est le type, transmission ou perception, le côté, le caractère brutal ou progressif, et la date exacte du début.
⚠️ Ce qui se joint et qui n'est jamais joint : le tracé lui-même, et non sa conclusion. Un audiogramme se relit, une phrase de compte rendu ne se relit pas, et deux tracés comparés valent tous les courriers.
Ce qui se transmet dans l'urgence : ⚠️ l'heure ou le jour exact du début, les traitements déjà donnés, les signes associés, et l'état du nerf du visage.
À l'audioprothésiste : ⚠️ le tracé, les conditions de vie et les situations qui gênent, et non le seul diagnostic. Un appareil se règle sur une vie, pas sur une courbe.
Au médecin du travail : l'exposition, le port effectif des protections, et le tracé, avec l'accord de la personne.
À l'école et aux services de l'enfance : les aménagements nécessaires, et le résultat des explorations.
⚠️ Et une ligne qui évite un retard : la date à laquelle un contrôle doit être fait, et par qui. Un contrôle qui n'appartient à personne n'est pas fait, et c'est ainsi qu'une asymétrie reste inexplorée pendant des années.
À retenir
- Écrire surdité ne dit rien, le type et le côté font tout.
- On joint le tracé, pas sa conclusion.
- Deux tracés comparés valent tous les courriers.
- Un appareil se règle sur une vie, pas sur une courbe.
- Un contrôle qui n'appartient à personne n'est pas fait.
En pratique
- Type et côté précisés
- Caractère brutal ou progressif
- Date exacte du début
- Tracé joint et non sa conclusion
- Traitements déjà donnés
- État du nerf du visage
- Situations de vie transmises à l'audioprothésiste
- Date et responsable du contrôle nommés