Fiche de révision
Tuméfaction cervico-faciale
La région où siège la tuméfaction dit ce qu'elle peut être, et l'âge dit ce qu'il faut craindre.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Trois questions ouvrent le champ : depuis quand, est-ce que cela a grossi, est-ce que cela fait mal. ⚠️ Une masse douloureuse et récente est le plus souvent infectieuse ; une masse indolore qui grossit lentement l'est rarement.
Ce qui se fait préciser : ⚠️ le siège exact, montré au doigt, le caractère unique ou multiple, ⚠️ la variation avec les repas, qui oriente vers une glande salivaire, et la variation avec les épisodes infectieux.
⚠️ Ce qui se demande à l'adulte et qui décide : le tabac et l'alcool, quantifiés ; une gêne à avaler ; une modification de la voix ; une douleur d'oreille d'un seul côté ; une perte de poids ; ⚠️ et une lésion de la bouche que la personne n'a pas remarquée.
⚠️ Ce qui se cherche systématiquement, et qui manque toujours : des sueurs nocturnes, une fièvre prolongée, une fatigue, des masses ailleurs, et un prurit.
Le contexte infectieux : ⚠️ une angine récente, un foyer dentaire, une plaie du cuir chevelu ou du visage, ⚠️ un contact avec un chat, un voyage, un contage tuberculeux.
⚠️ Chez l'enfant : l'ancienneté, le caractère fluctuant, ⚠️ une masse présente depuis la naissance ou apparue lors d'un rhume, et les vaccinations.
À retenir
- Une masse douloureuse et récente est le plus souvent infectieuse.
- Une masse indolore qui grossit lentement l'est rarement.
- La variation avec les repas oriente vers une glande salivaire.
- Une lésion de la bouche que la personne n'a pas remarquée se cherche.
- Un contact avec un chat et un contage tuberculeux se demandent.
En pratique
- Ancienneté et évolution
- Caractère douloureux
- Siège exact montré au doigt
- Unique ou multiple
- Variation avec les repas
- Tabac, alcool, signes des voies aérodigestives
- Sueurs, fièvre, amaigrissement, masses ailleurs
- Contexte infectieux et contages
Examen clinique
⚠️ La topographie est le premier temps de l'examen, et elle se décrit précisément : devant l'oreille, sous le lobule, sous la mâchoire, sur la ligne médiane, le long du muscle du cou, sus-claviculaire. ⚠️ Chaque région a sa liste, et une description vague la rend inutilisable.
Ce qui se palpe et se note : ⚠️ la taille mesurée, la consistance, la mobilité par rapport à la peau et au plan profond, la sensibilité, la chaleur, le caractère unique ou multiple, ⚠️ et l'existence d'un caractère fluctuant.
⚠️ Trois manœuvres qui orientent en quelques secondes : faire déglutir, ⚠️ une masse médiane qui monte à la déglutition venant de la thyroïde ou d'un reste embryonnaire ; faire tirer la langue ; et presser la glande en regardant l'orifice de son canal dans la bouche.
⚠️ Ce qui s'examine obligatoirement chez l'adulte devant une masse latérale : toute la bouche, la gorge et la base de la langue, ⚠️ et l'examen du larynx par le spécialiste. Une masse du cou est un ganglion qui vient de quelque part, et ce quelque part est presque toujours au-dessus.
Ce qui s'examine en plus : ⚠️ toutes les autres aires ganglionnaires, les aisselles et les aines, la rate, la peau du cuir chevelu, et l'état dentaire.
⚠️ Ce qui se note et sert de référence : un schéma daté ou une photographie avec une mesure.
À retenir
- Chaque région du cou a sa liste, et une description vague la rend inutilisable.
- Une masse médiane qui monte à la déglutition vient de la thyroïde ou d'un reste embryonnaire.
- Une masse du cou est un ganglion qui vient de quelque part.
- Ce quelque part est presque toujours au-dessus.
- Un schéma daté avec une mesure sert de référence.
En pratique
- Topographie précise décrite
- Taille mesurée et consistance
- Mobilité et sensibilité
- Caractère fluctuant recherché
- Manœuvre de déglutition
- Pression de la glande et orifice du canal
- Bouche, gorge et base de langue examinées
- Toutes les aires ganglionnaires et la rate
Synthèse paraclinique
⚠️ Devant une tuméfaction inflammatoire récente chez un enfant qui va bien, aucun examen n'est nécessaire. On traite et on réévalue à une date fixée.
Ce qui se demande devant une masse persistante : ⚠️ une numération, des marqueurs de l'inflammation, ⚠️ des sérologies orientées par le contexte, et une exploration de la thyroïde devant une masse médiane.
⚠️ Ce qui se demande devant un contexte évocateur : une recherche de tuberculose, une sérologie du virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ et une recherche d'infection transmise par un chat.
⚠️ Ce qui décide dans les formes suspectes, et qui n'est pas un examen de laboratoire : le prélèvement. ⚠️ Chez l'adulte avec une masse latérale suspecte, il se fait après l'examen des voies aérodigestives et selon une technique choisie par le spécialiste, et il ne se fait jamais par une incision de première intention.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : un bilan large devant une adénopathie de quelques jours accompagnant une angine, et un dosage de marqueurs tumoraux, qui n'a pas sa place ici.
⚠️ Ce qui n'est pas un examen et vaut mieux qu'eux tous : une mesure datée. Une masse qui a grossi entre deux consultations est une information que rien ne remplace, et elle suppose qu'on ait écrit un chiffre la première fois.
À retenir
- Une tuméfaction inflammatoire récente chez un enfant qui va bien ne demande aucun examen.
- Ce qui décide dans les formes suspectes n'est pas un examen de laboratoire.
- Le prélèvement se fait après l'examen des voies aérodigestives.
- Les marqueurs tumoraux n'ont pas leur place ici.
- Une masse qui a grossi entre deux consultations suppose un chiffre écrit la première fois.
En pratique
- Aucun bilan devant une forme inflammatoire simple
- Numération et marqueurs si persistance
- Sérologies orientées par le contexte
- Thyroïde si masse médiane
- Recherche de tuberculose selon contexte
- Prélèvement après examen des voies aérodigestives
- Aucune incision de première intention
- Mesure datée écrite
Iconographie
⚠️ L'examen d'imagerie de première intention de ce champ est simple, disponible et sous-utilisé : l'échographie. ⚠️ Elle dit si la masse est liquide ou solide, sa taille, son siège exact, son rapport aux vaisseaux, et l'aspect des ganglions, et elle guide un prélèvement.
Ce qu'elle apporte selon la région : ⚠️ devant une masse médiane, elle situe la thyroïde ; devant une masse devant l'oreille ou sous la mâchoire, elle explore la glande ; devant une masse latérale, elle décrit les ganglions.
⚠️ L'imagerie en coupes avec injection : elle intervient devant une masse suspecte de l'adulte, une infection profonde, ou avant un geste chirurgical, ⚠️ et son champ doit couvrir tout le cou et le thorax quand une extension est possible.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : une imagerie devant une adénopathie inflammatoire de quelques jours chez un enfant, et une imagerie qui retarde l'examen des voies aérodigestives chez l'adulte à risque. L'examen direct passe avant.
⚠️ Et une règle déjà posée ailleurs dans le corpus et qui vaut ici : une masse ne se biopsie pas avant d'avoir été imagée quand elle peut être vasculaire, le risque hémorragique étant majeur.
⚠️ Un document simple et négligé : une photographie datée avec un repère de taille, qui documente l'évolution mieux qu'un compte rendu.
À retenir
- L'échographie est simple, disponible et sous-utilisée dans ce champ.
- Elle dit si la masse est liquide ou solide et elle guide un prélèvement.
- L'examen direct des voies aérodigestives passe avant l'imagerie chez l'adulte à risque.
- Le champ doit couvrir le cou et le thorax quand une extension est possible.
- Une masse potentiellement vasculaire ne se biopsie pas avant d'avoir été imagée.
En pratique
- Échographie demandée en première intention
- Caractère liquide ou solide établi
- Imagerie en coupes si masse suspecte ou infection profonde
- Champ couvrant le cou et le thorax si extension possible
- Examen direct des voies aérodigestives avant l'imagerie
- Aucune biopsie avant imagerie si masse vasculaire possible
- Photographie datée avec repère de taille
Stratégie diagnostique
⚠️ Cinq régions, cinq listes.
Devant l'oreille et sous le lobule : ⚠️ la glande parotide. Une masse indolore qui grossit lentement est une tumeur de la glande ; ⚠️ une paralysie du visage associée change entièrement le pronostic ; une masse douloureuse aux repas évoque un obstacle sur le canal.
Sous la mâchoire : ⚠️ une glande salivaire, un obstacle sur son canal, une infection ; ou des ganglions, drainant les dents et la bouche.
Sur la ligne médiane : ⚠️ un reste embryonnaire chez l'enfant et l'adulte jeune, qui monte à la déglutition et quand on tire la langue ; la thyroïde.
Le long du muscle du cou : ⚠️ des ganglions. ⚠️ Chez l'enfant, infection banale, tuberculose, infection transmise par un chat, plus rarement maladie du sang ; ⚠️ chez l'adulte de plus de quarante ans qui fume, un ganglion dur, fixé, indolore, est métastatique jusqu'à preuve du contraire, et le primitif est dans la bouche, la gorge ou le larynx.
Dans la peau : ⚠️ un kyste, un lipome, une infection de la peau et du tissu sous-cutané, ⚠️ dont la porte d'entrée se cherche toujours.
⚠️ Ce qui doit alarmer dans tous les cas : une masse dure, fixée, indolore, une masse sus-claviculaire à tout âge, une croissance rapide, des signes généraux, une paralysie du visage, une masse qui persiste après un traitement bien conduit.
À retenir
- Cinq régions, cinq listes de causes.
- Une paralysie du visage avec une masse de la parotide change le pronostic.
- Un reste embryonnaire médian monte à la déglutition et quand on tire la langue.
- Chez l'adulte fumeur, un ganglion dur et fixé est métastatique jusqu'à preuve du contraire.
- Une masse sus-claviculaire alarme à tout âge.
En pratique
- Région précisée
- Mobilité et consistance
- Manœuvre de déglutition
- Douleur liée aux repas
- Nerf du visage examiné
- Bouche et gorge examinées chez l'adulte
- Signes généraux recherchés
- Siège sus-claviculaire recherché
Urgence vitale
Trois situations imposent d'agir le jour même.
⚠️ Une infection profonde du cou : fièvre, douleur, ⚠️ limitation d'ouverture de bouche, gêne à avaler, salivation, empâtement, voix modifiée. ⚠️ Elle expose à l'obstruction des voies aériennes et à une extension vers le thorax, et son évolution est rapide. Hospitalisation immédiate.
⚠️ Une infection de la peau du visage étendue ou sur terrain fragile : ⚠️ une extension rapide, une douleur disproportionnée, une zone noirâtre ou insensible, des signes généraux qui s'aggravent font craindre une forme grave, et le diabète abaisse le seuil d'hospitalisation.
⚠️ Une masse compressive : gêne respiratoire, gêne à avaler, ⚠️ veines dilatées du cou et du thorax, aggravation en position allongée. Une compression du retour veineux ou des voies aériennes impose une prise en charge sans délai.
Ce qui n'est pas une urgence et qui est prioritaire : ⚠️ une masse latérale dure et indolore chez un adulte à risque. Le délai avant l'examen des voies aérodigestives décide du pronostic.
⚠️ Et un interdit qui protège : une masse latérale du cou de l'adulte ne s'incise pas en première intention. ⚠️ Une incision faite pour drainer ce qu'on croyait être un abcès complique une prise en charge ultérieure.
Ce qui se fait dans tous les cas : ⚠️ regarder respirer, avaler, parler, prendre la température, et tracer les limites d'un placard inflammatoire.
À retenir
- Une infection profonde du cou expose aux voies aériennes et au thorax.
- Une zone noirâtre ou insensible fait craindre une forme grave.
- Une aggravation en position allongée oriente vers une compression.
- Une masse latérale du cou de l'adulte ne s'incise pas en première intention.
- Une incision faite à tort complique la prise en charge ultérieure.
En pratique
- Respiration, déglutition et voix évaluées
- Ouverture de bouche mesurée
- Température et état général
- Extension et douleur disproportionnée
- Zone noirâtre ou insensible
- Veines dilatées et effet de la position
- Aucune incision de première intention
- Limites du placard tracées et datées
Stratégie de prise en charge
⚠️ La première décision n'est pas un traitement, c'est un délai. Une masse inflammatoire se traite et se revoit à une date fixée ; ⚠️ une masse suspecte s'adresse, et le délai se fixe en jours.
Devant une infection de la peau : ⚠️ un traitement adapté, ⚠️ la recherche et le traitement de la porte d'entrée, sans lequel les récidives sont la règle ; et le tracé des limites avec l'heure, ⚠️ qui est la seule façon de juger l'efficacité à vingt-quatre heures.
Devant une adénopathie inflammatoire : ⚠️ un traitement adapté à la cause supposée, et une réévaluation datée, ⚠️ avec une règle simple : une masse qui n'a pas régressé après un traitement bien conduit change de statut.
⚠️ Devant une masse suspecte de l'adulte : on n'attend pas, on n'incise pas, on n'essaie pas un traitement d'épreuve. L'examen des voies aérodigestives et le prélèvement se programment, ⚠️ et le traitement d'épreuve par antibiotique est ce qui fait perdre le plus de temps dans ce champ.
Devant un obstacle sur un canal salivaire : ⚠️ hydratation, massage de la glande, stimulation de la salive, et avis spécialisé si récidive.
⚠️ Ce qui se programme dans tous les cas : une date, une mesure de référence, et le nom de qui vérifie que le rendez-vous a eu lieu.
À retenir
- La première décision n'est pas un traitement, c'est un délai.
- Sans traiter la porte d'entrée, les récidives sont la règle.
- Le tracé des limites avec l'heure juge l'efficacité à vingt-quatre heures.
- Une masse qui n'a pas régressé après un traitement bien conduit change de statut.
- Le traitement d'épreuve par antibiotique fait perdre le plus de temps dans ce champ.
En pratique
- Délai fixé selon la suspicion
- Traitement adapté à la cause
- Porte d'entrée cherchée et traitée
- Limites tracées avec l'heure
- Réévaluation datée
- Aucune incision ni traitement d'épreuve si suspicion
- Examen des voies aérodigestives programmé
- Mesure de référence et responsable du suivi nommés
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Le conseil le plus utile de ce champ tient en une interdiction : on ne presse pas, on ne perce pas et on n'arrache pas une lésion du centre du visage. ⚠️ Le sang de la zone qui va du nez à la lèvre supérieure part vers l'intérieur du crâne, et un geste banal peut y provoquer une complication grave.
⚠️ Ce qui se dit sur les portes d'entrée qu'on fabrique : couper ou épiler les poils de narine, percer un bouton, gratter une croûte, ⚠️ et se raser sur une peau infectée, qui étend l'infection.
Ce qui se dit aux personnes qui ont fait une infection de la peau : ⚠️ la récidive est fréquente et elle se prévient, en traitant ce qui a servi de porte d'entrée : une plaie, une mycose, une peau sèche et fissurée.
⚠️ Ce qui se dit sur les délais et qui évite l'attente : une masse du cou qui persiste au-delà de quelques semaines se fait examiner, même si elle ne fait pas mal. ⚠️ L'absence de douleur est ce qui fait attendre, et c'est justement ce qui doit inquiéter.
Ce qui se dit sur le tabac et l'alcool : ⚠️ au moment d'une masse du cou, l'information est entendue autrement, et l'occasion se saisit sans reproche.
⚠️ Ce qui doit faire consulter sans attendre : une masse qui grossit vite, une gêne à respirer ou à avaler, une fièvre avec un cou empâté, une limitation d'ouverture de bouche, une paralysie du visage.
À retenir
- On ne presse pas une lésion du centre du visage.
- Le sang de cette zone part vers l'intérieur du crâne.
- Se raser sur une peau infectée étend l'infection.
- Sans traiter la porte d'entrée, la récidive est fréquente.
- L'absence de douleur fait attendre, et c'est justement ce qui doit inquiéter.
En pratique
- Interdiction de presser expliquée avec sa raison
- Portes d'entrée fabriquées nommées
- Rasage sur peau infectée déconseillé
- Prévention des récidives expliquée
- Seuil de durée d'une masse du cou donné
- Signification de l'absence de douleur expliquée
- Tabac et alcool abordés sans reproche
- Signes devant faire consulter sans attendre
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une transmission qui écrit « masse du cou » ne dit rien. Ce qui décide est la topographie précise, la taille mesurée, la consistance, la mobilité, et le caractère douloureux ou non. Cinq données, et le destinataire hiérarchise.
Ce qui se transmet ensuite : ⚠️ l'ancienneté et l'évolution, le tabac et l'alcool quantifiés, les signes associés des voies aérodigestives, les signes généraux, ⚠️ et ce qui a été examiné dans la bouche et la gorge, y compris quand c'était normal.
⚠️ Ce qui manque toujours et qui coûte une consultation : une mesure chiffrée à la première consultation. Sans elle, « ça a grossi » reste une impression, et personne ne peut trancher.
⚠️ Ce qui doit être écrit quand c'est le cas : aucun geste n'a été réalisé sur la masse. Une incision antérieure change la stratégie, et son absence comme sa présence se transmettent.
Au spécialiste : ⚠️ la question posée en une phrase, et le délai souhaité avec sa raison.
Au médecin traitant : ce qui a été écarté, la date du contrôle, et les signes qui doivent faire revenir avant.
⚠️ Et une ligne qui protège : la date limite avant l'examen des voies aérodigestives chez un adulte à risque, avec le nom de qui s'assure qu'il a eu lieu.
À retenir
- Écrire masse du cou ne dit rien, cinq données font le tri.
- Ce qui a été examiné dans la bouche se transmet, y compris quand c'est normal.
- Sans mesure chiffrée initiale, ça a grossi reste une impression.
- Une incision antérieure change la stratégie et se transmet.
- Une date limite sans responsable nommé n'est pas tenue.
En pratique
- Topographie précise
- Taille mesurée
- Consistance et mobilité
- Caractère douloureux
- Ancienneté et évolution
- Examen de la bouche et de la gorge transmis
- Absence ou présence de geste antérieur
- Date limite et responsable nommés