Fiche de révision
Expectoration
La couleur des crachats ne décide de rien, et cracher tous les jours depuis des années est une maladie qui a un nom.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ La première chose à établir est de savoir de quoi on parle : cracher, c'est ramener quelque chose des bronches, ⚠️ et beaucoup de personnes décrivent comme des crachats ce qui vient du nez ou de la gorge. Faire préciser d'où cela vient et à quel moment change souvent le diagnostic.
Ce qui se fait préciser : ⚠️ l'ancienneté, la quantité rapportée en volume et non en adjectif, ⚠️ le moment de la journée, l'aspect, l'odeur, et la présence de sang.
⚠️ Deux questions séparent l'aigu du chronique, et la seconde n'est presque jamais posée : est-ce nouveau, et si ce n'est pas nouveau, est-ce que cela a changé. ⚠️ Chez quelqu'un qui crache depuis dix ans, la question utile porte sur la modification, pas sur le crachat.
Ce qui se cherche autour : ⚠️ la fièvre, l'essoufflement et son évolution, une douleur thoracique, un amaigrissement, des sueurs nocturnes, une fatigue.
Ce qui se quantifie : ⚠️ le tabac en cumul, ⚠️ l'exposition professionnelle, poussières, amiante, farine, ⚠️ et les traitements inhalés avec leur technique de prise.
⚠️ Chez l'enfant : une toux grasse quotidienne depuis des semaines n'est pas banale, ⚠️ et une infection répétée dans le même territoire fait chercher un obstacle.
À retenir
- Beaucoup décrivent comme des crachats ce qui vient du nez ou de la gorge.
- La quantité se rapporte en volume et non en adjectif.
- Chez quelqu'un qui crache depuis dix ans, la question utile porte sur la modification.
- Une toux grasse quotidienne de l'enfant depuis des semaines n'est pas banale.
- Une infection répétée dans le même territoire fait chercher un obstacle.
En pratique
- Origine réelle des crachats précisée
- Ancienneté et quantité en volume
- Moment de la journée
- Aspect, odeur et présence de sang
- Modification récente chez un chronique
- Fièvre, essoufflement, amaigrissement, sueurs
- Tabac cumulé et expositions professionnelles
- Territoire des infections répétées chez l'enfant
Examen clinique
⚠️ L'examen commence par ce que l'on voit avant d'ausculter : la fréquence respiratoire comptée sur une minute, le tirage, la position, la coloration, la capacité à finir une phrase. ⚠️ La fréquence respiratoire est la constante la plus prédictive et la moins souvent mesurée.
Ce qui s'ausculte : ⚠️ la comparaison des deux champs, des crépitants, des sibilants, ⚠️ une diminution du murmure dans un territoire, et un souffle. ⚠️ Une anomalie toujours au même endroit est une information forte.
Ce qui se percute : ⚠️ une matité localisée, utile et négligée.
Ce qui se cherche en plus : ⚠️ des ongles bombés et des doigts déformés, ⚠️ signe d'une maladie chronique des bronches ou des poumons, et régulièrement présent sans que personne ne regarde les mains ; des ganglions ; un amaigrissement ; des œdèmes ; et l'état de la bouche et des dents.
⚠️ Ce qui se fait et qui vaut un examen : faire cracher devant soi, dans un récipient. ⚠️ Voir le crachat vaut mieux que se le faire décrire, et l'aspect, la quantité et la présence de sang deviennent des données.
⚠️ Ce qui se note : la fréquence respiratoire, la saturation, et le territoire des anomalies.
À retenir
- La fréquence respiratoire est la constante la plus prédictive et la moins mesurée.
- Une anomalie toujours au même endroit est une information forte.
- Des ongles bombés signent une maladie chronique et personne ne regarde les mains.
- Faire cracher devant soi vaut mieux que se faire décrire un crachat.
- La percussion est utile et négligée.
En pratique
- Fréquence respiratoire comptée sur une minute
- Tirage, position, capacité à parler
- Auscultation comparative des deux champs
- Territoire des anomalies noté
- Percussion
- Mains et ongles examinés
- Ganglions, poids, œdèmes
- Crachat observé directement
Synthèse paraclinique
⚠️ L'analyse bactériologique des crachats est un examen difficile, souvent inutile et régulièrement mal interprété. ⚠️ Un crachat traverse la bouche, il ramène ce qui s'y trouve, et un résultat positif ne prouve pas que ce germe est responsable.
Ce qui rend l'examen exploitable : ⚠️ un prélèvement de qualité, obtenu après rinçage de la bouche et effort de toux, ⚠️ acheminé rapidement, ⚠️ et fait avant tout traitement. Un examen dont la qualité n'est pas vérifiée par le laboratoire ne s'interprète pas.
⚠️ Ce qui se demande sans hésiter dans un contexte évocateur : une recherche de tuberculose sur plusieurs prélèvements, ⚠️ devant une toux et des crachats depuis plus de quelques semaines, avec amaigrissement, sueurs nocturnes ou contage. Cette recherche se fait avant tout traitement et elle est souvent tardive.
Ce qui se demande selon le contexte : ⚠️ une numération et des marqueurs de l'inflammation, une exploration du souffle chez un chronique, ⚠️ et une recherche de cause chez un adulte jeune avec des crachats abondants et quotidiens.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : une analyse des crachats devant une bronchite aiguë chez un adulte sans maladie chronique, ⚠️ et un antibiogramme dont on suivra le résultat sans regarder le patient.
⚠️ Ce qui n'est pas un examen et vaut mieux que plusieurs : une mesure du volume quotidien, notée par le patient pendant quelques jours.
À retenir
- Un crachat traverse la bouche et ramène ce qui s'y trouve.
- Un résultat positif ne prouve pas que le germe est responsable.
- Un examen dont la qualité n'est pas vérifiée ne s'interprète pas.
- La recherche de tuberculose se fait avant tout traitement et elle est souvent tardive.
- Une mesure du volume quotidien vaut mieux que plusieurs examens.
En pratique
- Indication de l'analyse posée
- Prélèvement de qualité et acheminé vite
- Prélèvement avant traitement
- Qualité vérifiée par le laboratoire
- Recherche de tuberculose selon le contexte
- Numération et marqueurs si besoin
- Exploration du souffle chez le chronique
- Volume quotidien noté par le patient
Iconographie
⚠️ Aucune imagerie devant une bronchite aiguë de l'adulte sans maladie chronique, et une imagerie indispensable dans quatre situations.
⚠️ La première : une modification durable chez un fumeur. ⚠️ Un crachat qui change d'aspect, une toux qui change de caractère, une infection qui traîne au même endroit, imposent une radiographie, ⚠️ et une image normale n'écarte pas une lésion des bronches, ce qui impose de poursuivre si le doute persiste.
La deuxième : ⚠️ une infection qui ne guérit pas malgré un traitement bien conduit, ou qui récidive dans le même territoire. ⚠️ La répétition au même endroit est le signe le plus utile du champ, et elle fait chercher un obstacle ou des bronches abîmées.
La troisième : ⚠️ des crachats abondants et quotidiens depuis des années. Une imagerie en coupes explore les bronches, ⚠️ et elle fait le diagnostic d'une dilatation des bronches qu'aucune radiographie simple ne montre de façon fiable.
La quatrième : ⚠️ une suspicion de tuberculose, où la radiographie oriente et ne conclut pas.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : une radiographie de contrôle systématique à l'issue de toute bronchite, ⚠️ et une imagerie qui remplace une exploration du souffle chez un chronique.
Ce qui vaut comme document de suivi : ⚠️ les images antérieures. Une comparaison tranche là où une description hésite.
À retenir
- Une image normale n'écarte pas une lésion des bronches.
- La répétition d'une infection au même endroit est le signe le plus utile du champ.
- Une dilatation des bronches ne se voit pas de façon fiable sur une radiographie simple.
- Une imagerie ne remplace pas une exploration du souffle.
- Une comparaison avec les images antérieures tranche là où une description hésite.
En pratique
- Aucune imagerie devant une bronchite aiguë simple
- Radiographie si modification chez un fumeur
- Poursuite si doute malgré une image normale
- Territoire des récidives vérifié
- Imagerie en coupes si crachats abondants chroniques
- Radiographie si suspicion de tuberculose
- Exploration du souffle non remplacée par l'imagerie
- Images antérieures récupérées
Stratégie diagnostique
⚠️ Deux questions ordonnent le champ : depuis quand, et est-ce que cela a changé.
Aigu, chez quelqu'un sans maladie chronique : ⚠️ une infection des bronches, le plus souvent virale, dont les crachats deviennent colorés au fil des jours sans que cela signifie une bactérie ; une pneumonie, à évoquer devant une fièvre, une douleur, une accélération de la respiration, une anomalie localisée à l'auscultation.
Chronique, quotidien, chez un fumeur : ⚠️ une bronchite chronique, ⚠️ qui est un diagnostic de définition et d'élimination, et qui ne dispense pas de chercher autre chose.
⚠️ Chronique, abondant, quotidien, matinal, avec des infections répétées : une dilatation des bronches, ⚠️ maladie sous-diagnostiquée, souvent étiquetée bronchite chronique pendant des années, et dont le traitement est différent.
Ce qui doit faire chercher un cancer : ⚠️ une modification chez un fumeur, du sang, une infection qui traîne au même endroit, un amaigrissement, une voix modifiée.
Ce qui doit faire chercher une tuberculose : ⚠️ une toux de plus de quelques semaines, des sueurs nocturnes, un amaigrissement, un contage, une précarité.
⚠️ Ce qui n'appartient pas à ce champ et s'y présente : un crachat rose et mousseux, ⚠️ qui est un œdème du poumon, et un écoulement venu du nez pris pour un crachat.
À retenir
- Deux questions ordonnent le champ : depuis quand et est-ce que cela a changé.
- La bronchite chronique est un diagnostic de définition et d'élimination.
- Une dilatation des bronches est étiquetée bronchite chronique pendant des années.
- Une infection qui traîne au même endroit fait chercher un cancer.
- Un crachat rose et mousseux est un œdème du poumon.
En pratique
- Ancienneté et modification établies
- Quantité quotidienne évaluée
- Territoire des anomalies noté
- Tabac cumulé
- Signes généraux recherchés
- Contage et précarité
- Origine nasale envisagée
- Aspect rose et mousseux recherché
Urgence vitale
Ce champ est banal, et quatre situations en sortent.
⚠️ Un crachat rose et mousseux, avec un essoufflement brutal et des crépitants aux deux bases : c'est un œdème du poumon, et la conduite est celle de l'insuffisance cardiaque aiguë, ⚠️ avec une position assise et une prise en charge immédiate.
⚠️ Du sang dans les crachats : la quantité oriente, ⚠️ mais même une petite quantité chez un fumeur impose une exploration, et une quantité importante est une urgence en soi, avec le risque d'obstruction des voies aériennes plutôt que de perte de sang.
⚠️ Des signes de détresse respiratoire : une fréquence respiratoire élevée, un tirage, une impossibilité de finir une phrase, une somnolence, une saturation basse, des marbrures. ⚠️ La somnolence chez quelqu'un qui lutte pour respirer est un signe d'épuisement et non d'amélioration.
⚠️ Une suspicion de tuberculose : elle est une urgence de santé publique et non de réanimation. ⚠️ Les mesures de protection se prennent avant la confirmation, et l'entourage se recense.
Ce qui se fait devant tout tableau aigu : ⚠️ compter la fréquence respiratoire, mesurer la saturation, prendre la température, et regarder la personne parler.
À retenir
- Un crachat rose et mousseux avec essoufflement brutal est un œdème du poumon.
- Une petite quantité de sang chez un fumeur impose une exploration.
- Le risque d'une hémoptysie abondante est l'obstruction, pas la perte de sang.
- La somnolence chez quelqu'un qui lutte pour respirer est un signe d'épuisement.
- Les mesures de protection contre la tuberculose se prennent avant la confirmation.
En pratique
- Fréquence respiratoire comptée
- Saturation et température
- Capacité à finir une phrase
- Aspect rose et mousseux recherché
- Sang quantifié
- Signes d'épuisement recherchés
- Mesures de protection si suspicion de tuberculose
- Entourage recensé
Stratégie de prise en charge
⚠️ La décision la plus fréquente de ce champ est une abstention, et elle demande d'être expliquée : une bronchite aiguë de l'adulte sans maladie chronique ne relève pas d'un antibiotique, ⚠️ quelle que soit la couleur des crachats. Expliquer prend plus de temps que prescrire, et c'est le temps le mieux employé de la consultation.
Ce qui se prescrit dans ce cas : ⚠️ rien contre l'infection, un traitement du confort, ⚠️ et une date de réévaluation, qui est ce qui rend l'abstention acceptable pour le patient.
⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un traitement qui bloque la toux chez quelqu'un qui crache, ⚠️ la toux étant ce qui évacue ; et l'association d'un traitement qui fluidifie et d'un traitement qui bloque la toux.
Devant une maladie chronique des bronches : ⚠️ l'arrêt du tabac, qui est le seul traitement qui change l'évolution ; la vaccination ; ⚠️ le drainage des bronches et la kinésithérapie respiratoire, qui sont sous-prescrits ; l'activité physique ; et le traitement inhalé avec vérification de la technique.
⚠️ Devant des crachats abondants et quotidiens : un avis spécialisé, le traitement d'une dilatation des bronches étant différent de celui d'une bronchite chronique.
Ce qui se programme : ⚠️ une date, et un critère écrit qui doit faire revenir plus tôt.
À retenir
- Une bronchite aiguë de l'adulte sans maladie chronique ne relève pas d'un antibiotique.
- Expliquer prend plus de temps que prescrire, et c'est le temps le mieux employé.
- La date de réévaluation rend l'abstention acceptable pour le patient.
- On ne bloque pas la toux de quelqu'un qui crache.
- Le drainage des bronches et la kinésithérapie sont sous-prescrits.
En pratique
- Indication antibiotique évaluée et expliquée
- Date de réévaluation donnée
- Aucun blocage de la toux chez qui crache
- Arrêt du tabac proposé et accompagné
- Vaccinations vérifiées
- Kinésithérapie respiratoire envisagée
- Technique des traitements inhalés vérifiée
- Avis spécialisé si crachats abondants chroniques
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Une phrase à démonter, et elle est répétée dans les deux sens : « c'est vert, donc il faut un antibiotique ». ⚠️ La couleur vient des cellules de l'inflammation et non d'une bactérie, et l'expliquer une fois évite plusieurs consultations.
⚠️ Ce qui s'explique sur l'évolution normale : une bronchite fait tousser deux à trois semaines, ⚠️ et la toux qui persiste après la fièvre n'est pas un échec du traitement. Le dire à l'avance évite la deuxième consultation et la prescription qui va avec.
⚠️ Ce qui se dit sur les sirops : un traitement qui bloque la toux chez quelqu'un qui crache empêche d'évacuer, ⚠️ et l'association avec un fluidifiant n'a pas de sens.
Ce qui se dit et se montre à qui crache tous les jours : ⚠️ le drainage des bronches, appris avec un kinésithérapeute, ⚠️ l'hydratation, et l'activité physique, qui améliore le drainage mieux qu'un médicament.
⚠️ Ce qui se dit sur le tabac au moment où quelqu'un crache : c'est le seul moment où cette information est reliée à une expérience concrète, ⚠️ et l'arrêt améliore les crachats en quelques semaines, ce qui est un argument plus efficace que le risque à vingt ans.
⚠️ Ce qui doit faire consulter sans attendre : du sang, un essoufflement nouveau, une fièvre qui dure, un amaigrissement, une modification des crachats chez un fumeur.
À retenir
- La couleur vient des cellules de l'inflammation et non d'une bactérie.
- Une toux qui persiste après la fièvre n'est pas un échec du traitement.
- Bloquer la toux de quelqu'un qui crache empêche d'évacuer.
- L'activité physique améliore le drainage mieux qu'un médicament.
- L'arrêt du tabac améliore les crachats en quelques semaines.
En pratique
- Signification de la couleur expliquée
- Durée normale de la toux annoncée
- Sirops antitussifs déconseillés si expectoration
- Drainage bronchique enseigné
- Hydratation et activité physique
- Argument à court terme employé pour le tabac
- Vaccinations proposées
- Signes devant faire consulter sans attendre
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une transmission utile porte trois données que personne n'écrit : depuis quand, combien par jour, et ce qui a changé. La couleur, qui est ce qu'on écrit toujours, est la moins informative des trois.
Ce qui se transmet ensuite : ⚠️ le territoire des anomalies à l'auscultation, ⚠️ le territoire des infections antérieures, le tabac cumulé, les expositions professionnelles, les traitements reçus avec leurs durées, et la fréquence respiratoire.
⚠️ Ce qui manque toujours et qui vaut une exploration : le fait que les infections reviennent au même endroit. ⚠️ Cette information n'existe que si quelqu'un a comparé les épisodes, et elle change la démarche entière.
Au laboratoire : ⚠️ les conditions de recueil et l'existence d'un traitement en cours, sans lesquelles le résultat ne s'interprète pas.
Au kinésithérapeute : ⚠️ l'objectif et la technique attendue, et non une simple demande de séances.
Au médecin du travail : l'exposition, avec l'accord de la personne.
⚠️ Et une ligne qui protège : chez un fumeur dont les crachats ont changé, écrire la date avant laquelle l'imagerie doit avoir été faite, avec le nom de qui le vérifie.
À retenir
- Trois données que personne n'écrit : depuis quand, combien par jour, ce qui a changé.
- La couleur, toujours écrite, est la moins informative des trois.
- Le retour des infections au même endroit n'existe que si quelqu'un a comparé.
- Sans conditions de recueil, un résultat de laboratoire ne s'interprète pas.
- Une date d'imagerie sans responsable nommé n'est pas tenue.
En pratique
- Ancienneté, volume quotidien, modification
- Territoire auscultatoire
- Territoire des infections antérieures
- Tabac et expositions
- Traitements et durées
- Fréquence respiratoire
- Conditions de recueil transmises au laboratoire
- Date d'imagerie et responsable nommés
S'entraîner sur cette situation
Aucune station ne couvre encore cette situation.