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Oncologie

Fiche de révision

Réaction inflammatoire sur pièce opératoire / biopsie

Situation de départ 179Catégorie IIItem R2C 185Item R2C 159Item R2C 211

Cette fiche vous apprend ce qui, dans le résultat d'un prélèvement, dépend de celui qui prélève et de celui qui demande, puis à lire un compte rendu qui décrit une réaction inflammatoire sans en faire un diagnostic. Elle suit le trajet du prélèvement : le geste et sa répartition, ce qui l'accompagne, la lecture du compte rendu, la démarche devant un granulome, les 2 urgences, la conduite à tenir, et ce qui se dit au patient.

SommaireEnviron 11 min
  1. Le résultat se joue au bloc : répartir le prélèvement avant de le fixer
  2. Le contexte et l'hypothèse accompagnent le prélèvement
  3. Lire la description avant la conclusion
  4. Devant un granulome, chercher d'abord une infection
  5. Les 2 urgences de ce champ, et ce qui n'attend pas le compte rendu
  6. Le compte rendu répond-il à la question, et qui lira les compléments ?
  7. Annoncer le délai avant le geste, et expliquer pourquoi on attend
  8. À retenir pour la station

Le résultat se joue au bloc : répartir le prélèvement avant de le fixer

La qualité d'un compte rendu se joue avant le laboratoire, et les décisions qui la déterminent appartiennent à ceux qui prélèvent. La plus importante est aussi la plus souvent oubliée : répartir le prélèvement.

Quand une infection est possible, un fragment part non fixé, immédiatement, en bactériologie et en mycobactériologie ; le reste part dans le fixateur. Un prélèvement entièrement fixé est définitivement perdu pour la culture. Cette décision se prend au bloc, et non au moment de lire le compte rendu.

Plusieurs conditions font que le fragment pourra être analysé. Elles tiennent à la taille du fragment, au fait qu'il soit prélevé en zone active et non en zone nécrosée ou cicatricielle, à son orientation quand elle compte, à l'absence d'écrasement par la pince, et à la mise en fixateur sans délai. Un fragment prélevé en zone nécrosée ne montre que de la nécrose.

Avant de quitter la salle, chaque pot est étiqueté, et un pot correspond à un site identifié. 2 fragments dans un même pot font perdre l'information de siège, et elle ne se reconstitue pas.

Après le geste, le dossier garde la trace de ce qui a été fait. Y sont notés ce qui a été prélevé, en combien de fragments, et où chacun est parti.

Le contexte et l'hypothèse accompagnent le prélèvement

Le compte rendu d'un prélèvement se lit avec le dossier à côté, et une description microscopique sans contexte clinique conclut rarement. C'est le clinicien qui donne son sens au texte, et ce contexte se recueille avant le geste.

Se recueillent la question posée, le siège exact et le côté, l'ancienneté de la lésion, son évolution, et les traitements déjà reçus. Un traitement anti-infectieux ou anti-inflammatoire compte en particulier, parce qu'il modifie l'aspect microscopique et le rendement des cultures.

Certaines données orientent l'analyse et se cherchent : une exposition professionnelle, un contage tuberculeux, un voyage, un contact avec des animaux, une immunodépression, un corps étranger ou un matériel implanté, une maladie inflammatoire connue. Les symptômes généraux se demandent aussi, fièvre, sueurs nocturnes, amaigrissement et fatigue, avec leur ancienneté.

Le bon de demande est un acte médical et non un formulaire. Un pathologiste qui reçoit un fragment sans contexte fait une description ; un pathologiste qui reçoit une question fait un diagnostic. Celui qui sait ce qu'on cherche ne fait pas les mêmes colorations ni les mêmes recherches complémentaires, et il le dit dans son compte rendu.

Ce qui doit accompagner chaque prélèvement, sur le bon de demande :

  • L'identité complète et vérifiée.
  • Le siège exact et le côté.
  • La date et l'heure du prélèvement.
  • La question posée et l'hypothèse.
  • Les traitements en cours.
  • La mention explicite qu'un fragment est parti en bactériologie.

Ce qui manque le plus souvent au bon de demande est l'hypothèse du clinicien, avec le traitement anti-infectieux ou anti-inflammatoire déjà reçu. L'omission de ce traitement fait interpréter à contresens. Écrire son hypothèse change les colorations qui seront faites.

Lire la description avant la conclusion

Un compte rendu d'anatomie pathologique décrit ce qui est vu, et sa conclusion n'est pas forcément un diagnostic. La description se lit avant la conclusion, parce qu'elle contient ce que la conclusion résume.

Le compte rendu décrit de grands types de réaction. Une inflammation aiguë, riche en polynucléaires, est souvent infectieuse ou récente. Une inflammation chronique, riche en cellules mononucléées, signifie une durée et non une cause, et une fibrose signe une réparation ancienne.

Un mot appelle une démarche entière : granulome. Ce n'est pas un diagnostic mais une figure microscopique, et ses causes sont nombreuses : une infection, dont la tuberculose, une maladie inflammatoire, une réaction à un corps étranger, une réaction à un médicament, une réaction au voisinage d'une tumeur.

Quand un granulome est décrit, plusieurs informations se demandent. Ce sont la présence ou l'absence de nécrose, les colorations spéciales à la recherche de micro-organismes, et surtout ce qui n'est pas dans le compte rendu : le résultat des cultures, si un fragment a été envoyé.

Un examen ne peut pas conclure sur un fragment trop petit, mal orienté ou écrasé, et il le signale. Cette phrase est une information, pas une précaution de style, et elle se confronte au contexte clinique comme le reste du texte.

Devant un granulome, chercher d'abord une infection

Devant une réaction inflammatoire décrite sur un prélèvement, la démarche consiste à confronter 3 éléments : le texte, le contexte clinique, et ce qui a été fait du prélèvement. Le devenir du prélèvement se vérifie au même titre que le texte.

Devant une inflammation aiguë, on cherche une infection, et la question première est de savoir si un fragment est parti en culture. Devant une inflammation chronique sans granulome, la liste est large, et c'est le contexte qui oriente : une infection prolongée, une maladie inflammatoire, une réaction à un matériel, un voisinage tumoral.

Devant un granulome, la démarche est codifiée. On cherche d'abord une infection, en particulier une tuberculose, et l'existence d'une nécrose au centre du granulome oriente fortement. On cherche ensuite une cause non infectieuse : maladie inflammatoire, réaction à un corps étranger, réaction médicamenteuse, réaction au voisinage d'une tumeur, en revoyant le matériel implanté et les médicaments.

La règle qui protège : on n'entreprend pas un traitement qui abaisse les défenses immunitaires avant d'avoir écarté une infection, et notamment une tuberculose. Cette erreur est classique, et elle a des conséquences graves.

Certaines situations font reprendre le prélèvement. Ce sont une discordance entre le texte et le tableau clinique, un fragment jugé insuffisant, et une évolution qui ne correspond pas.

Les 2 urgences de ce champ, et ce qui n'attend pas le compte rendu

Ce champ est celui des délais de laboratoire, et il contient 2 urgences. La première est une urgence de conduite : entreprendre un traitement qui abaisse les défenses immunitaires devant un granulome sans avoir écarté une tuberculose. La conséquence est une dissémination, et elle survient chez des patients qu'on croyait traiter d'une maladie inflammatoire.

La seconde est une urgence de prélèvement, et elle est irréversible : un fragment entièrement fixé est perdu pour la bactériologie, et la décision se prend au bloc. Si personne n'y a pensé, il faudra recommencer le geste, avec son risque, son délai et son coût.

Certains tableaux imposent de ne pas attendre le compte rendu. Un tableau septique, une infection de matériel implanté avec signes généraux et une suspicion d'infection nécrosante en font partie : le traitement précède l'analyse, et le traitement anti-infectieux n'est pas retardé.

D'autres imposent un avis rapide : une inflammation évolutive sur un matériel implanté, et une lésion qui grossit malgré un traitement. Le matériel implanté, quand il existe, s'évalue.

Un compte rendu qui ne conclut pas n'est pas une urgence, et il angoisse. Le dire au patient, avec la date de la réunion où le dossier sera discuté, vaut mieux que de laisser un texte incompréhensible entre ses mains.

Le compte rendu répond-il à la question, et qui lira les compléments ?

La première décision après un compte rendu n'est pas un traitement, c'est de savoir s'il répond à la question. S'il n'y répond pas, on ne traite pas au hasard : on redemande, on complète, ou on reprend le prélèvement. Quand le texte ne suffit pas, un appel au pathologiste vaut mieux qu'un courrier, avec une question précise, qui permet souvent de reprendre les lames sans nouveau geste.

Quand une infection est possible, on attend les cultures si l'état le permet, et on ne donne pas d'anti-infectieux avant les prélèvements, sauf urgence. Au laboratoire de microbiologie se transmettent l'hypothèse et les micro-organismes suspectés, certaines recherches ne se faisant que si elles sont demandées.

Quand une cause non infectieuse est retenue, la maladie se traite après discussion en réunion. Le traitement est documenté par le compte rendu, qui devient une pièce du dossier pour des années. Quand la cause est un matériel ou un corps étranger, le retrait est souvent la seule solution durable, et un traitement seul échoue.

La lecture du compte rendu se programme quand des examens complémentaires étaient annoncés, et elle n'a lieu que si quelqu'un est nommé pour la faire. Un compte rendu complémentaire qui arrive après la consultation n'est lu par personne. Le nom de la personne qui recevra le compte rendu et les compléments, et la date de la réunion où le dossier sera discuté, s'écrivent donc dès la demande.

Ce qui se documente est la conclusion retenue, et sur quels arguments. Le fait qu'une hypothèse a été écartée s'écrit aussi.

Annoncer le délai avant le geste, et expliquer pourquoi on attend

Ce qui se dit avant le prélèvement évite des semaines d'angoisse : combien de temps prendra le résultat, et le fait qu'un premier compte rendu peut ne pas conclure, des analyses complémentaires étant parfois nécessaires. L'attente non annoncée est ce qui angoisse le plus.

Un délai long ne signifie pas une mauvaise nouvelle, et personne ne l'explique. Les patients interprètent l'attente, et l'absence d'information la rend insupportable.

Les modalités du résultat se conviennent à l'avance : qui le donnera, par quel moyen, et à quelle date. Un résultat important ne se donne pas par téléphone.

Le prélèvement lui-même s'explique : ce qui sera prélevé, pourquoi plusieurs fragments, et le fait qu'un fragment part parfois en culture, ce qui explique une partie du délai. Les signes qui doivent faire consulter après le geste se disent aussi : saignement, fièvre, douleur qui augmente, rougeur.

Quand un traitement doit attendre, le patient sait pourquoi. Commencer trop tôt rendrait le diagnostic impossible. Un patient qui comprend cela attend ; un patient à qui l'on dit seulement d'attendre change de médecin.

À retenir pour la station

Le résultat se décide au bloc : quand une infection est possible, un fragment part non fixé en bactériologie, car un prélèvement tout entier fixé ne se cultive plus. Un pot par site, et sur le bon de demande l'hypothèse et les traitements déjà reçus. Lisez la description avant la conclusion. Un granulome est une figure, pas un diagnostic : cherchez d'abord une infection, notamment une tuberculose, avant tout traitement qui abaisse les défenses immunitaires. Nommez qui lira les compléments, et annoncez au patient le délai et la possibilité d'un premier compte rendu qui ne conclut pas.

Sources

  1. 1

    Anatomie et cytologie pathologiques. Rôle clé dans le diagnostic, l'évaluation pronostique et le traitement

    Collège français des pathologistes (CoPath). 4e édition (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Chapitre « Réaction inflammatoire et granulomes »

    Appuie : Procédure et geste technique, Entretien et interrogatoire, Communication interprofessionnelle, Synthèse paraclinique, Stratégie diagnostique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 185 ; Item 159 ; Item 211

    Appuie : Synthèse paraclinique, Stratégie diagnostique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge