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Biologie médicale

Fiche de révision

Interprétation d'un compte-rendu d'anatomopathologie

Situation de départ 180Catégorie IIItem R2C 293Item R2C 292Item R2C 294

Cette fiche vous apprend à lire un compte rendu d'anatomie pathologique dans l'ordre, la conclusion en dernier, et à savoir ce qu'il dit du fragment analysé plutôt que de la lésion. Elle suit le trajet du document : la question qui l'a fait naître, sa lecture, sa confrontation à l'image, les 4 situations qui en sortent, la décision, puis ce qui se dit au patient et ce qui se transmet.

SommaireEnviron 10 min
  1. Reprendre la question avant de lire le compte rendu
  2. Lire dans l'ordre, et la conclusion en dernier
  3. Le prélèvement a-t-il atteint la cible ? Confronter le texte et l'image
  4. 4 situations possibles, et la plus dangereuse ressemble à une réponse
  5. La décision se prend à plusieurs, et l'attente se prépare
  6. Expliquer un document que le patient lira
  7. Une chaîne qui s'arrête à la première main sans nom
  8. À retenir pour la station

Reprendre la question avant de lire le compte rendu

Un compte rendu ne se lit pas seul : il se lit avec la question qui l'a fait naître. Si le clinicien ne se souvient plus de ce qu'il cherchait, aucun texte ne le lui dira. Avant de lire, reprenez l'hypothèse initiale, le siège exact du prélèvement et la façon dont il a été fait, car une ponction, une biopsie et une pièce entière n'ont pas la même valeur.

Vérifiez ensuite le compte rendu lui-même : l'identité correspond, le siège décrit est celui qu'on a prélevé, et la date correspond au geste dont on parle. Une inversion existe, et c'est à ce moment-là qu'elle se détecte, ou elle ne se détectera plus.

Rassemblez les comptes rendus antérieurs du même patient et les images du même site. C'est sur eux que porte la confrontation, et la confrontation est le vrai travail de cette lecture.

Ce qui se demande au patient s'oublie : ce qu'il a compris de ce qui a été fait, et ce qu'il attend comme réponse. Beaucoup de patients ignorent qu'un prélèvement a été envoyé, et découvrent le mot du diagnostic dans un courrier.

Lire dans l'ordre, et la conclusion en dernier

Un compte rendu a une structure constante, et la lire dans l'ordre change tout. Il commence par les renseignements cliniques transmis, c'est-à-dire ce que le pathologiste savait, et cette première ligne explique parfois toute la conclusion. Viennent ensuite la description à l'œil nu, la description au microscope, les examens complémentaires réalisés, puis la conclusion.

La règle de lecture : la description se lit avant la conclusion. La conclusion résume, elle ne remplace pas, et une description peut contenir un élément que la conclusion ne reprend pas.

Ce qui se cherche dans le texte, à chaque lecture :

  • La taille et le nombre des fragments.
  • La qualité des fragments.
  • La mention d'un matériel insuffisant, écrasé ou mal orienté.
  • La mention d'examens complémentaires en cours.

Certains examens prennent du temps, et ce délai s'annonce. Les colorations complémentaires, les recherches de marqueurs sur les cellules et les analyses moléculaires ont chacune leur délai, et ces délais s'additionnent.

Le prélèvement a-t-il atteint la cible ? Confronter le texte et l'image

La phrase la plus mal comprise du champ est « pas de signe de malignité sur ce prélèvement ». Elle porte sur le fragment analysé et non sur la lésion, et elle est compatible avec une lésion maligne à côté du point de ponction. La lire comme « pas de cancer » est le piège : la question à se poser est de savoir si le prélèvement a atteint la cible.

La confrontation entre l'image et le texte est le geste intellectuel central de ce champ, et c'est elle qui rattrape les erreurs de prélèvement. Comparez le siège décrit par le radiologue et le siège prélevé, la taille de la lésion et la taille des fragments, et l'aspect attendu au vu de l'image.

La situation qui doit alerter a un nom : la discordance. Une image très évocatrice et un prélèvement rassurant ne se concilient pas, et la conclusion ne peut pas être « tout va bien ». Soit le prélèvement a manqué la cible, soit l'image est mal interprétée, et la réponse ne se trouve que par une confrontation explicite.

Cette confrontation permet 3 décisions : reprendre les lames, reprendre les images, ou refaire un prélèvement guidé. Une seule de ces décisions est confortable, et ce n'est pas de ne rien faire.

Le compte rendu du geste guidé se vérifie aussi. Il mentionne que le prélèvement a été fait dans la lésion, et qu'un repère a été posé quand la lésion risquait de ne plus être visible ensuite. On ne conclut pas sur un prélèvement dont on ne sait pas où il a été pris.

4 situations possibles, et la plus dangereuse ressemble à une réponse

Un compte rendu conduit à l'une de 4 situations, et savoir dans laquelle on se trouve est tout le raisonnement. Dans la première, le diagnostic est posé et concordant : la démarche passe au traitement, après discussion pluridisciplinaire quand elle est requise.

Dans la deuxième, le compte rendu ne conclut pas, et il le dit : matériel insuffisant, non contributif, examens en cours. On ne traite pas, on complète, et on annonce le délai au patient.

La troisième est la plus dangereuse : le compte rendu conclut, mais ne concorde pas avec la clinique ou l'image. Elle est dangereuse parce qu'elle a l'apparence d'une réponse. On confronte, on relit, on reprend.

Dans la quatrième, le compte rendu décrit une anomalie qui n'était pas la question : c'est une découverte. Elle se traite selon ses propres règles, et non selon l'inquiétude qu'elle provoque.

Une règle traverse les 4 : le diagnostic appartient à la confrontation, pas au texte. Un pathologiste décrit ce qu'il voit sur ce qu'il a reçu, et il ne sait ni où le fragment a été pris, ni ce que le patient a. Avant d'agir, vérifiez encore que le compte rendu concerne bien ce patient, ce site et ce geste.

La décision se prend à plusieurs, et l'attente se prépare

La décision qui suit un compte rendu est très rarement individuelle : elle se prend en réunion de concertation pluridisciplinaire quand la maladie l'exige, et le compte rendu y est présenté avec les images et le dossier. Pour cette réunion, préparez le compte rendu complet et non sa conclusion, les images, l'état général et les traitements du patient, et ce qu'il a exprimé comme préférence.

Ce qui se dit au patient en attendant se décide avant la réunion. Le silence entre le geste et la décision est vécu comme un abandon, et une consultation intermédiaire, même sans réponse, change ce vécu. Documentez ensuite la décision prise, ses arguments, les alternatives discutées, et le fait que le patient en a été informé.

La réception des compléments s'organise, et elle échoue faute de nom. Les analyses complémentaires arrivent après la consultation, et sans destinataire désigné elles restent dans un dossier. C'est la principale cause de perte d'information de ce champ.

La conservation d'un matériel pour d'éventuelles analyses ultérieures se prévoit dès maintenant. Ce matériel ne pourra plus être obtenu si tout a été consommé.

Expliquer un document que le patient lira

Un compte rendu d'anatomie pathologique est un document que le patient peut lire, et qu'il lira. Il est écrit pour un médecin, il contient des mots qui font peur et des nuances qui ne se comprennent pas seules, et le remettre sans l'expliquer est une décision par défaut. Avant le geste, dites le délai, la possibilité d'un résultat non concluant, et le fait qu'un premier compte rendu peut appeler des analyses complémentaires.

Un compte rendu qui ne conclut pas n'est ni une mauvaise nouvelle ni une bonne : c'est une information incomplète. Dites ce qui va être fait, et quand. Un patient à qui l'on dit « on ne sait pas encore » sans plan entend « on ne sait pas ».

Quand le compte rendu est rassurant mais que la question reste ouverte, dites la vérité : ce prélèvement-là ne montre rien, et la démarche continue. Laisser croire à une conclusion définitive rend la reprise incompréhensible.

L'annonce d'un cancer relève des règles de l'annonce d'une maladie grave, et elle obéit à un dispositif propre, hors du périmètre du deuxième cycle. À chaque annonce, convenez de qui annonce, de quand, et en présence de qui, si la personne le souhaite.

Une chaîne qui s'arrête à la première main sans nom

Entre le geste et la décision, un compte rendu passe par plusieurs mains, et il s'arrête à la première qui n'a pas de nom. La chaîne se conçoit donc avant le prélèvement, pas après. Au moment du geste, décidez qui recevra le compte rendu, qui recevra les compléments, qui l'annoncera, et à quelle date le dossier sera discuté.

Quand le texte ne suffit pas, appelez le pathologiste. Une question précise permet souvent de reprendre les lames sans nouveau geste, et un pathologiste qui reçoit un contexte clinique peut modifier sa conclusion.

Transmettez en retour au pathologiste l'évolution du patient et la décision prise. Cette information remonte très rarement, et c'est pourtant la seule façon pour lui de savoir si sa lecture était juste.

Au médecin traitant, transmettez le compte rendu complet, et non sa seule conclusion. Ajoutez-y la décision, et ce dont le patient a été informé.

Quand un compte rendu est non concluant ou discordant, écrivez-le en clair dans le dossier, avec la conduite décidée et sa date. Un doute non écrit disparaît avec la personne qui l'avait.

À retenir pour la station

Reprenez la question, le siège et le type de prélèvement avant de lire, et vérifiez l'identité sur le compte rendu lui-même. Lisez la description avant la conclusion. « Pas de signe de malignité » parle du fragment, pas de la lésion : demandez-vous si le prélèvement a atteint la cible, et confrontez-le à l'image. Situez-vous parmi les 4 situations, concordante, non concluante, discordante ou découverte : la discordante est la plus dangereuse. Expliquez le compte rendu au lieu de le remettre, sans laisser croire à une conclusion définitive. Et nommez, au moment du geste, qui recevra le compte rendu et les compléments.

Sources

  1. 1

    Anatomie et cytologie pathologiques. Rôle clé dans le diagnostic, l'évaluation pronostique et le traitement

    Collège français des pathologistes (CoPath). 4e édition (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 293 ; Chapitre « Le compte rendu anatomopathologique »

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Synthèse paraclinique, Iconographie, Stratégie diagnostique, Stratégie de prise en charge, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 293 ; Item 292 ; Item 294

    Appuie : Synthèse paraclinique, Iconographie, Stratégie diagnostique, Stratégie de prise en charge, Annonce et information, Communication interprofessionnelle

  3. 3
    Évolution du dispositif d'annonce d'un cancer (Ouvre un nouvel onglet)

    Institut national du cancer (INCa). Référentiel organisationnel, septembre 2019, qui fait évoluer les recommandations nationales de 2005.

    Passages utilisés : Préambule : les spécificités du dispositif d'annonce

    Appuie : Annonce et information