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Biologie médicale

Fiche de révision

Dysnatrémie

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 202Catégorie IIItem R2C 267

Cette fiche vous apprend à lire une hyponatrémie avec le volume extracellulaire et l'ordonnance, et non avec la seule biologie urinaire, puis à la corriger sans dépasser la vitesse que son ancienneté impose. Elle suit l'ordre de la lecture : confirmer et dater le trouble, juger le volume au lit du patient, interpréter la réponse du rein, coter la gravité, puis choisir le traitement et sa vitesse.

SommaireEnviron 10 min
  1. Confirmer une hyponatrémie vraie, puis la dater
  2. Juger le volume extracellulaire au lit du patient
  3. La biologie urinaire ne se lit pas seule
  4. La gravité se juge sur les symptômes, plus que sur le chiffre
  5. Traiter la cause, puis choisir le traitement selon le volume
  6. La vitesse se fixe avant de perfuser, et le potassium compte
  7. À retenir pour la station

Confirmer une hyponatrémie vraie, puis la dater

Une hyponatrémie est un excès relatif d'eau, et la première lecture vérifie qu'elle est vraie. Elle se définit par une natrémie inférieure à 135 mmol/L, et elle se dit sévère sous 120 mmol/L. Une osmolalité plasmatique inférieure à 280 mOsm/kg confirme qu'il s'agit d'une hyponatrémie vraie.

Une osmolalité plasmatique normale ou élevée fait retenir une fausse hyponatrémie, comme au cours d'une hyperglycémie majeure. La glycémie et les protides se lisent donc d'abord : normaux, ils écartent la fausse hyponatrémie, et l'interprétation peut commencer.

La date compte autant que la valeur. Une natrémie normale quelques semaines plus tôt fait d'une hyponatrémie un trouble chronique, et c'est ce caractère qui décide de la vitesse de correction. L'hyponatrémie se date donc sur une natrémie antérieure, et la date d'introduction d'un diurétique thiazidique se relève à côté du dernier ionogramme normal.

Le dossier dit aussi ce que la personne boit et mange. Les apports en eau et l'alimentation se demandent ou se lisent, et chez la personne âgée on cherche une alimentation pauvre en sel et en protéines. Ces 2 données pèseront dans la lecture de la biologie urinaire.

« La natrémie est basse et l'osmolalité plasmatique aussi : c'est une hyponatrémie vraie, et la glycémie et les protides normaux écartent une fausse hyponatrémie. »

Juger le volume extracellulaire au lit du patient

Le volume extracellulaire change tout le traitement, et il se juge au lit du patient. Le pli cutané, les muqueuses sèches, une pression artérielle qui chute entre la position couchée et la position debout, et une perte de poids signent une déshydratation extracellulaire. Des œdèmes signent au contraire une hyperhydratation.

Le poids antérieur est au dossier, et c'est souvent le signe le plus objectif. Quelques kilogrammes perdus en quelques semaines, mesurés contre ce poids antérieur, disent le volume mieux que l'impression. Le volume se juge ainsi sur plusieurs signes, dont le poids comparé, et non sur un seul.

L'appréciation clinique du volume, par une pression artérielle basse ou une hypotension orthostatique, se complète par la mesure de la natriurèse. Une euvolémie estimée à tort est fréquente : elle se remet en cause selon l'évolution, si celle-ci ne la confirme pas.

« Pli cutané, muqueuses sèches, pression qui chute au lever et poids en baisse : le secteur extracellulaire est déshydraté. »

La biologie urinaire ne se lit pas seule

La réponse du rein se lit sur l'osmolalité et le sodium urinaires, et elle ne se lit qu'avec le volume extracellulaire et le traitement. Une osmolalité urinaire élevée et une natriurèse supérieure à 30 mmol/L décrivent aussi bien une sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique qu'une hyponatrémie sous thiazidique.

Une sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique ne se retient que si tous ses critères sont réunis. Ce qui la sépare d'une hyponatrémie sous thiazidique est le volume extracellulaire et le traitement : elle exige une euvolémie, une fonction rénale normale et l'absence de diurétique récent, que la biologie urinaire ne dit pas.

Les critères de la sécrétion inappropriée, à réunir tous :

  • Une osmolalité plasmatique inférieure à 275 mOsm/kg.
  • Une osmolalité urinaire supérieure à 100 mOsm/kg.
  • Une euvolémie clinique.
  • Un sodium urinaire supérieur à 30 mmol/L.
  • L'absence d'hypothyroïdie et d'insuffisance surrénale.
  • Une fonction rénale normale.
  • L'absence de diurétique récent.

Un thiazidique cumule 2 mécanismes. Il crée une hypovolémie qui stimule l'hormone antidiurétique, et il altère la dilution des urines. Une déshydratation extracellulaire stimule de même l'hormone antidiurétique et altère la dilution des urines, et l'hyponatrémie qui en résulte est une hyponatrémie par hypovolémie, dont la biologie imite celle d'une sécrétion inappropriée.

Des apports pauvres en osmoles ajoutent leur part. Une alimentation pauvre en protéines animales et en sel fait apparaître une hyponatrémie pour des apports en eau modérés, supérieurs à 2 litres par jour pour 120 mOsm apportés. Chez une personne âgée qui boit beaucoup en mangeant peu de sel et de protéines, l'eau s'accumule plus vite encore.

Conclure sur la seule biologie urinaire fait poser le mauvais diagnostic et prescrire le mauvais traitement. La lecture rapporte donc chaque ligne urinaire au volume extracellulaire et au diurétique, avant toute conclusion.

« L'osmolalité urinaire élevée et la natriurèse imitent une sécrétion inappropriée, mais la patiente est déshydratée et sous thiazidique : ce diagnostic ne se retient pas. »

La gravité se juge sur les symptômes, plus que sur le chiffre

Le symptôme fait la gravité. Une natrémie basse chez une personne sans symptôme se corrige lentement ; la même avec une confusion, des vomissements ou une somnolence est une urgence.

Les symptômes se classent en 2 niveaux. Les nausées sans vomissement, la confusion et les céphalées sont des symptômes modérément sévères. Les vomissements, la détresse cardiorespiratoire, la somnolence profonde, les convulsions et le coma sont des symptômes sévères.

Le bolus de sérum salé hypertonique vise une petite remontée. Une natrémie inférieure à 120 mmol/L avec des symptômes modérés à sévères fait perfuser 150 mL de sérum salé à 3 % en 20 min, renouvelable 2 fois, pour une remontée initiale de 5 mmol/L. Cette remontée suffit à réduire l'œdème cérébral.

La surveillance se fait en soins intensifs, et la suite rejoint le traitement d'une hyponatrémie chronique, avec ses limites de vitesse. La gravité se cote sur les symptômes, et une confusion se nomme comme telle.

« Natrémie inférieure à 120 avec une confusion : c'est une hyponatrémie sévère avec des symptômes modérément sévères. »

Traiter la cause, puis choisir le traitement selon le volume

Le traitement d'une hyponatrémie chronique associe le traitement de la cause et un traitement adapté au volume. Traiter la cause, c'est par exemple arrêter le médicament responsable. Le diurétique thiazidique s'arrête, et il se note au dossier comme responsable.

Dans une hyponatrémie chronique, la restriction hydrique, de 500 à 750 mL par jour, corrige la natrémie progressivement, sur plusieurs jours. En sécrétion inappropriée, elle peut suffire seule à la corriger.

En déshydratation extracellulaire, le sérum salé isotonique restaure le volume, et la restriction hydrique est moins exigeante, de 750 mL à 1 L par jour. Restaurer le volume freine la sécrétion d'hormone antidiurétique et permet au rein d'éliminer l'eau en excès : la natrémie peut alors remonter vite, et c'est pourquoi la restriction s'assouplit.

Se tromper de mécanisme, c'est appliquer la restriction stricte d'une sécrétion inappropriée à une personne déshydratée, sans lui rendre de volume. Chez elle, le sel corrige d'abord, et la restriction se fait moins exigeante.

« J'arrête le thiazidique, je perfuse du sérum salé isotonique, et la natrémie ne doit pas monter de plus de 10 mmol/L dans les 24 premières heures. »

La vitesse se fixe avant de perfuser, et le potassium compte

Une hyponatrémie chronique se corrige lentement, et la vitesse maximale se fixe avant de perfuser. La natrémie ne monte pas de plus de 10 mmol/L les 24 premières heures, puis de 8 mmol/L les 24 heures suivantes, soit 18 mmol/L en 48 heures.

Au-delà, la myélinolyse centropontine peut apparaître quelques jours plus tard, quand la personne semble aller mieux. La malnutrition, l'hypoxie et l'alcoolisme en augmentent le risque.

Certains apports élèvent la natrémie sans qu'on les compte. La correction d'une hypokaliémie associée est nécessaire, et elle augmente le risque de correction trop rapide de la natrémie, surtout après un thiazidique. Le potassium apporté se compte donc dans le total, et l'oublier est une façon de corriger trop vite.

La surveillance porte sur la natrémie répétée, la diurèse et la conscience. La natrémie se dose à intervalles rapprochés, et la reprise de la diurèse après l'arrêt d'un thiazidique peut la faire monter vite : c'est alors que les contrôles se rapprochent.

Une correction trop rapide se rattrape. La natrémie se ramène à une valeur plus basse par du soluté glucosé à 5 %, voire par la desmopressine.

« Le potassium que j'apporte fera aussi monter la natrémie : je le compte dans le total. »

À retenir pour la station

Vérifiez d'abord que l'hyponatrémie est vraie, sur une osmolalité plasmatique basse, une glycémie et des protides normaux, puis datez-la sur une natrémie antérieure. Jugez le volume extracellulaire au lit du patient, poids antérieur compris, avant de lire la biologie urinaire : un thiazidique et une déshydratation imitent une sécrétion inappropriée, qui exige une euvolémie, une fonction rénale normale et l'absence de diurétique récent. Cotez la gravité sur les symptômes. Arrêtez le thiazidique ; en déshydratation, apportez du sérum salé isotonique avec une restriction hydrique moins exigeante, et gardez la restriction stricte pour la sécrétion inappropriée. Fixez la vitesse avant de perfuser, 10 mmol/L au plus les 24 premières heures, comptez le potassium dans le total, et rapprochez les contrôles quand la diurèse reprend.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1
    Manuel de néphrologie (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège universitaire des enseignants de néphrologie (CUEN). 11e édition, 2025 à 2026 (Ellipses, collection Les référentiels EDN).

    Passages utilisés : Item 267 ; Chapitre 2, Hyponatrémie et hypernatrémie : définition, physiopathologie, symptômes selon l'ERBP 2014, tableau 2 des critères du SIADH, traitement et risque de la correction rapide

    Appuie : Synthèse paraclinique, Examen clinique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge