Fiche de révision
Ferritine : baisse ou augmentation
Une protéine que tout perturbe, dont la baisse pose une question et dont la hausse n'est presque jamais un excès de fer.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Les deux anomalies conduisent à deux interrogatoires différents, et aucun des deux ne porte d'abord sur le fer.
⚠️ Devant une ferritine basse, la question est celle d'un saignement. ⚠️ Chez la femme réglée : l'abondance des règles, leur durée, ⚠️ le nombre de protections par jour, la présence de caillots, ⚠️ une contraception ou un dispositif intra utérin, une grossesse récente. ⚠️ Chez l'homme et chez la femme après la ménopause : le saignement est digestif jusqu'à preuve du contraire, ⚠️ et l'on cherche du sang dans les selles, des selles noires, une douleur, un amaigrissement, un antécédent familial de cancer du côlon.
Ce qui se cherche aussi comme cause de carence : ⚠️ un régime sans viande, ⚠️ une maladie digestive avec malabsorption, une chirurgie de l'estomac, et un traitement au long cours qui diminue l'acidité.
⚠️ Devant une ferritine élevée, la question est celle des causes banales : la consommation d'alcool, quantifiée et reprise à distance, ⚠️ le poids et le tour de taille, un diabète, ⚠️ une inflammation ou une infection récente, et une maladie du foie.
⚠️ Ce qui se demande dans les deux cas : les traitements, les compléments et les transfusions.
À retenir
- Une ferritine basse pose la question d'un saignement, pas celle du fer.
- Chez l'homme et après la ménopause, le saignement est digestif jusqu'à preuve du contraire.
- Chez la femme réglée, l'abondance des règles se quantifie en protections.
- Une ferritine élevée fait d'abord chercher l'alcool, le poids et l'inflammation.
- Les compléments et les transfusions se demandent dans les deux cas.
En pratique
- Abondance des règles quantifiée
- Saignement digestif recherché
- Amaigrissement et antécédents familiaux recherchés
- Régime alimentaire précisé
- Malabsorption recherchée
- Alcool quantifié
- Poids et tour de taille relevés
- Traitements, compléments et transfusions listés
Examen clinique
⚠️ L'examen cherche la conséquence d'un côté, la cause de l'autre.
Devant une carence : ⚠️ la pâleur des conjonctives et des paumes, une tachycardie, ⚠️ un souffle cardiaque fonctionnel, des ongles cassants ou déformés, ⚠️ une langue lisse, et des fissures aux coins des lèvres.
⚠️ Ce qui se fait devant une carence chez un homme ou une femme après la ménopause, et qui s'oublie : le toucher rectal, ⚠️ et l'examen de l'abdomen à la recherche d'une masse.
Devant une ferritine élevée : ⚠️ le tour de taille et le poids, ⚠️ la pression artérielle, le foie et sa consistance, ⚠️ la rate, des signes de maladie ancienne du foie, ⚠️ une coloration grise ou bronzée de la peau, des articulations douloureuses, notamment aux mains.
⚠️ Ce qui se cherche en faveur d'une atteinte des organes par le fer, et qui est rare : une insuffisance cardiaque, ⚠️ un diabète d'apparition récente, et une baisse de la libido.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien. La plupart des anomalies de la ferritine ne se voient pas.
À retenir
- L'examen cherche la conséquence d'un côté, la cause de l'autre.
- Le toucher rectal fait partie de l'examen d'une carence chez l'homme.
- Le tour de taille est le premier geste devant une ferritine élevée.
- Coloration bronzée, douleurs des mains et diabète récent orientent vers le fer.
- La plupart des anomalies de la ferritine ne se voient pas.
En pratique
- Pâleur recherchée
- Retentissement cardiaque évalué
- Ongles, langue et lèvres examinés
- Toucher rectal si carence chez l'homme
- Abdomen palpé
- Tour de taille et poids mesurés
- Foie et rate palpés
- Peau et articulations examinées
Synthèse paraclinique
⚠️ La ferritine ne se lit jamais seule, ⚠️ et le paramètre qui l'accompagne n'est pas le même selon le sens de l'anomalie.
⚠️ Vers le bas : une ferritine abaissée affirme une carence en fer, ⚠️ c'est le seul cas où le dosage conclut à lui seul. ⚠️ Le piège est ailleurs : une ferritine normale n'exclut pas une carence en présence d'une inflammation, ⚠️ puisque l'inflammation l'élève. Dans ce cas, le coefficient de saturation, abaissé, et l'aspect des globules rouges aident.
⚠️ Vers le haut : une ferritine élevée n'est presque jamais une surcharge en fer. ⚠️ Le paramètre qui décide est le coefficient de saturation de la transferrine : ⚠️ élevé et confirmé, il fait évoquer une surcharge et conduit au test génétique ; normal, il l'écarte, ⚠️ et l'on cherche alors les causes banales, syndrome métabolique, alcool, inflammation, destruction de cellules du foie, et plus rarement d'autres maladies.
⚠️ Ce qui accompagne toujours le dosage : la numération avec le volume des globules rouges, ⚠️ la protéine C réactive, les enzymes du foie, ⚠️ et la glycémie.
⚠️ Ce qui fausse la mesure de la saturation : un prélèvement fait dans la journée ou après un repas, ⚠️ d'où la règle de la refaire à jeun le matin et à deux reprises avant de conclure.
À retenir
- Une ferritine abaissée affirme une carence, c'est le seul cas où elle conclut seule.
- Une ferritine normale n'exclut pas une carence en présence d'inflammation.
- Une ferritine élevée n'est presque jamais une surcharge en fer.
- C'est le coefficient de saturation qui décide, et il se confirme.
- La saturation se dose à jeun le matin et à deux reprises.
En pratique
- Sens de l'anomalie identifié
- Coefficient de saturation demandé
- Inflammation recherchée
- Numération et volume globulaire lus
- Enzymes du foie lues
- Glycémie lue
- Conditions de prélèvement vérifiées
- Saturation confirmée avant conclusion
Iconographie
⚠️ L'imagerie n'explore pas la ferritine, ⚠️ elle explore la cause que la ferritine a fait chercher, et ce sont deux directions opposées.
⚠️ Devant une carence chez un homme ou une femme après la ménopause : l'exploration des voies digestives par endoscopie, ⚠️ haute et basse, est la démarche de référence. ⚠️ Elle ne se remet pas au motif que le patient va bien, et une carence expliquée par un régime chez ces patients reste une hypothèse fragile.
⚠️ Ce qui se discute quand les deux endoscopies sont normales et que la carence persiste : une exploration de l'intestin grêle, selon l'orientation.
⚠️ Devant une ferritine élevée avec une saturation normale : une échographie du foie, ⚠️ qui cherche une surcharge en graisse et des signes de maladie ancienne, et qui ne dit rien du fer.
⚠️ Devant une surcharge en fer confirmée : une mesure du fer dans le foie par imagerie, ⚠️ qui a remplacé le prélèvement du foie dans la plupart des situations, et une évaluation du retentissement sur le cœur.
⚠️ Ce qui s'écrit sur la demande : le sens de l'anomalie, les valeurs, et la question posée.
À retenir
- L'imagerie explore la cause, pas le dosage.
- Devant une carence chez l'homme, l'exploration digestive est la référence.
- Une carence attribuée au régime chez un homme est une hypothèse fragile.
- Une échographie du foie ne dit rien du fer.
- L'imagerie mesure aujourd'hui le fer du foie sans prélèvement.
En pratique
- Direction de l'exploration choisie
- Endoscopies programmées si carence
- Report injustifié évité
- Exploration de l'intestin grêle envisagée
- Échographie du foie si ferritine élevée
- Mesure du fer hépatique si surcharge confirmée
- Retentissement cardiaque évalué si surcharge
- Question écrite sur la demande
Stratégie diagnostique
⚠️ Deux démarches distinctes, et il faut choisir la bonne dès la première ligne.
⚠️ Ferritine basse : la carence est acquise, et la question est d'où part le fer. ⚠️ Chez la femme réglée, les règles expliquent la plupart des cas, sans dispenser d'y penser autrement si l'histoire ne colle pas. ⚠️ Chez l'homme et chez la femme après la ménopause, la cause est digestive jusqu'à preuve du contraire, ⚠️ et l'exploration ne se discute pas. ⚠️ Traiter par du fer sans avoir cherché la cause revient à masquer une hémorragie.
⚠️ Ferritine élevée : la question est de savoir s'il y a trop de fer. ⚠️ Le coefficient de saturation répond, et il doit être confirmé sur un second prélèvement fait à jeun. ⚠️ S'il est normal, la démarche devient celle d'une hyperferritinémie sans surcharge, et l'on traite les causes. ⚠️ S'il est élevé de façon répétée, le test génétique se discute, avec une information et un consentement écrit.
⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un dosage unique, ⚠️ l'absence de saturation, une inflammation en cours, ⚠️ et un prélèvement fait dans de mauvaises conditions.
⚠️ Et une erreur qui coûte cher : prescrire un test génétique sur la seule ferritine. ⚠️ Il engage la famille, il inquiète, et il ne répond pas à la question posée.
À retenir
- Traiter par du fer sans chercher la cause revient à masquer une hémorragie.
- Chez l'homme, l'exploration digestive ne se discute pas.
- Le coefficient de saturation doit être confirmé sur un second prélèvement.
- Une saturation normale fait traiter les causes, pas le fer.
- Prescrire un test génétique sur la seule ferritine ne répond pas à la question posée.
En pratique
- Sens de l'anomalie établi
- Cause du saignement recherchée
- Exploration digestive engagée si indiquée
- Saturation demandée et confirmée
- Causes banales explorées si saturation normale
- Test génétique réservé aux saturations élevées répétées
- Inflammation prise en compte
- Conditions de prélèvement vérifiées
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ On traite la cause, et le fer ne se donne que quand il manque vraiment.
⚠️ Devant une carence : traiter la cause du saignement, ⚠️ et apporter du fer, par la bouche en première intention, ⚠️ en expliquant les effets sur le transit et la coloration des selles, qui font arrêter le traitement quand ils ne sont pas annoncés. ⚠️ La durée dépasse la normalisation de l'hémoglobine, puisqu'il faut reconstituer les réserves, ⚠️ et un contrôle de la ferritine à distance vérifie que c'est fait.
⚠️ Ce qui fait discuter la voie veineuse : une intolérance, une malabsorption, une perte continue, ⚠️ ou une situation où le délai compte, et cette décision relève d'une indication précise.
⚠️ Devant une ferritine élevée sans surcharge : il n'y a rien à retirer. ⚠️ Les saignées ne sont pas justifiées, et elles exposent sans bénéfice. ⚠️ Le traitement est celui des causes : réduction de l'alcool, perte de poids avec un objectif chiffré, activité physique, contrôle du diabète, ⚠️ et un contrôle de la ferritine à plusieurs mois, pas à quinze jours.
⚠️ Devant une surcharge confirmée : une prise en charge spécialisée, ⚠️ et une information de la famille organisée avec le patient.
⚠️ Ce qui se documente : la cause retenue, ce qui a été fait, et la date du contrôle.
À retenir
- Le fer ne se donne que quand il manque vraiment.
- Les effets digestifs se disent avant, sinon le traitement s'arrête seul.
- La durée dépasse la normalisation de l'hémoglobine, il faut refaire les réserves.
- Devant une ferritine élevée sans surcharge, il n'y a rien à retirer.
- Le contrôle se fait à plusieurs mois, pas à quinze jours.
En pratique
- Cause traitée
- Fer prescrit seulement si carence
- Effets digestifs expliqués
- Durée suffisante pour reconstituer les réserves
- Contrôle de la ferritine programmé
- Saignées écartées si pas de surcharge
- Objectifs chiffrés donnés
- Cause et échéance documentées
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Le mot « génétique » change la nature de la consultation, ⚠️ et il ne se prononce pas comme un nom d'examen.
⚠️ Ce qui se dit avant de prescrire un test génétique : ce qu'il cherche, ⚠️ ce qu'un résultat positif impliquerait pour le patient, ⚠️ et ce qu'il impliquerait pour ses frères, ses sœurs et ses enfants, à qui un dépistage serait proposé. ⚠️ Le consentement est écrit, et il suppose que la personne a eu le temps de réfléchir.
⚠️ Ce qui se dit quand un test a été demandé à tort et que le résultat va revenir : la vérité, ⚠️ c'est-à-dire que l'examen n'était pas indiqué et que son résultat ne changera pas la conduite. Le dissimuler est pire que l'expliquer.
Ce qui se dit devant une carence : ⚠️ pourquoi on explore avant de traiter, ⚠️ et que le fer seul masquerait la cause.
Ce qui se dit devant une ferritine élevée sans surcharge : ⚠️ que le chiffre est impressionnant et qu'il ne traduit pas un excès de fer, ⚠️ et que ce sont l'alcool, le poids et le foie qui l'expliquent, abordés sans reproche.
Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec les valeurs, la conclusion, et la date du contrôle.
À retenir
- Le mot génétique change la nature de la consultation.
- Un test génétique implique la fratrie et les enfants, et cela se dit avant.
- Le consentement est écrit et suppose un temps de réflexion.
- Un examen demandé à tort s'explique, il ne se dissimule pas.
- Un chiffre impressionnant qui ne traduit pas un excès de fer se dit tel quel.
En pratique
- Objet du test expliqué
- Conséquences familiales expliquées
- Temps de réflexion laissé
- Consentement écrit recueilli
- Examen non indiqué expliqué honnêtement
- Motif d'explorer avant de traiter expliqué
- Causes abordées sans reproche
- Écrit remis avec la date du contrôle
Éducation et prévention
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une ferritine transmise seule déclenche presque toujours un examen inutile, ⚠️ parce que le destinataire ne peut rien en faire d'autre.
Ce qui se transmet avec elle : ⚠️ le coefficient de saturation et ses conditions de prélèvement, ⚠️ la numération, la protéine C réactive, ⚠️ les enzymes du foie, la glycémie, ⚠️ la consommation d'alcool déclarée, et le poids avec le tour de taille.
Ce qui se transmet au gastro entérologue devant une carence : ⚠️ le sexe et l'âge, l'hémoglobine et le volume des globules rouges, ⚠️ les traitements qui augmentent le risque de saignement, et la question posée.
⚠️ Ce qui se demande au biologiste : si la saturation peut être faite sur un tube déjà prélevé, ⚠️ et à quelles conditions le prélèvement a été réalisé, information qui ne figure pas toujours sur le compte rendu.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la conclusion, le fait qu'un examen n'était pas indiqué le cas échéant, ⚠️ et ce qui remplace ce qui avait été prévu.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la saturation à côté de la ferritine. ⚠️ Une ferritine seule au dossier fera reprendre la même démarche dans deux ans, par un autre médecin, avec le même test génétique au bout.
À retenir
- Une ferritine transmise seule déclenche un examen inutile.
- Les conditions de prélèvement de la saturation ne figurent pas toujours sur le compte rendu.
- Une saturation faite sur un tube déjà prélevé évite une ponction.
- Dire qu'un examen n'était pas indiqué fait partie de la transmission.
- Une ferritine seule au dossier fera reprendre la même démarche dans deux ans.
En pratique
- Saturation transmise avec la ferritine
- Conditions de prélèvement précisées
- Numération et inflammation jointes
- Enzymes du foie et glycémie jointes
- Consommation déclarée transmise
- Question posée au spécialiste
- Examen non indiqué signalé au médecin traitant
- Saturation écrite au dossier