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Fiche de révision

Ferritine : baisse ou augmentation

Une protéine que tout perturbe, dont la baisse pose une question et dont la hausse n'est presque jamais un excès de fer.

Situation de départ 207Catégorie IIItem R2C 219Item R2C 213Item R2C 45

Entretien et interrogatoire

⚠️ Les deux anomalies conduisent à deux interrogatoires différents, et aucun des deux ne porte d'abord sur le fer.

⚠️ Devant une ferritine basse, la question est celle d'un saignement. ⚠️ Chez la femme réglée : l'abondance des règles, leur durée, ⚠️ le nombre de protections par jour, la présence de caillots, ⚠️ une contraception ou un dispositif intra utérin, une grossesse récente. ⚠️ Chez l'homme et chez la femme après la ménopause : le saignement est digestif jusqu'à preuve du contraire, ⚠️ et l'on cherche du sang dans les selles, des selles noires, une douleur, un amaigrissement, un antécédent familial de cancer du côlon.

Ce qui se cherche aussi comme cause de carence : ⚠️ un régime sans viande, ⚠️ une maladie digestive avec malabsorption, une chirurgie de l'estomac, et un traitement au long cours qui diminue l'acidité.

⚠️ Devant une ferritine élevée, la question est celle des causes banales : la consommation d'alcool, quantifiée et reprise à distance, ⚠️ le poids et le tour de taille, un diabète, ⚠️ une inflammation ou une infection récente, et une maladie du foie.

⚠️ Ce qui se demande dans les deux cas : les traitements, les compléments et les transfusions.

Le piège

Traiter une carence en fer chez un homme sans avoir posé la question du saignement digestif.

À retenir

  • Une ferritine basse pose la question d'un saignement, pas celle du fer.
  • Chez l'homme et après la ménopause, le saignement est digestif jusqu'à preuve du contraire.
  • Chez la femme réglée, l'abondance des règles se quantifie en protections.
  • Une ferritine élevée fait d'abord chercher l'alcool, le poids et l'inflammation.
  • Les compléments et les transfusions se demandent dans les deux cas.

En pratique

  • Abondance des règles quantifiée
  • Saignement digestif recherché
  • Amaigrissement et antécédents familiaux recherchés
  • Régime alimentaire précisé
  • Malabsorption recherchée
  • Alcool quantifié
  • Poids et tour de taille relevés
  • Traitements, compléments et transfusions listés

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche la conséquence d'un côté, la cause de l'autre.

Devant une carence : ⚠️ la pâleur des conjonctives et des paumes, une tachycardie, ⚠️ un souffle cardiaque fonctionnel, des ongles cassants ou déformés, ⚠️ une langue lisse, et des fissures aux coins des lèvres.

⚠️ Ce qui se fait devant une carence chez un homme ou une femme après la ménopause, et qui s'oublie : le toucher rectal, ⚠️ et l'examen de l'abdomen à la recherche d'une masse.

Devant une ferritine élevée : ⚠️ le tour de taille et le poids, ⚠️ la pression artérielle, le foie et sa consistance, ⚠️ la rate, des signes de maladie ancienne du foie, ⚠️ une coloration grise ou bronzée de la peau, des articulations douloureuses, notamment aux mains.

⚠️ Ce qui se cherche en faveur d'une atteinte des organes par le fer, et qui est rare : une insuffisance cardiaque, ⚠️ un diabète d'apparition récente, et une baisse de la libido.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien. La plupart des anomalies de la ferritine ne se voient pas.

À retenir

Carence chez un homme : l'examen comporte un toucher rectal, pas seulement une prise de sang.

À retenir

  • L'examen cherche la conséquence d'un côté, la cause de l'autre.
  • Le toucher rectal fait partie de l'examen d'une carence chez l'homme.
  • Le tour de taille est le premier geste devant une ferritine élevée.
  • Coloration bronzée, douleurs des mains et diabète récent orientent vers le fer.
  • La plupart des anomalies de la ferritine ne se voient pas.

En pratique

  • Pâleur recherchée
  • Retentissement cardiaque évalué
  • Ongles, langue et lèvres examinés
  • Toucher rectal si carence chez l'homme
  • Abdomen palpé
  • Tour de taille et poids mesurés
  • Foie et rate palpés
  • Peau et articulations examinées

Synthèse paraclinique

⚠️ La ferritine ne se lit jamais seule, ⚠️ et le paramètre qui l'accompagne n'est pas le même selon le sens de l'anomalie.

⚠️ Vers le bas : une ferritine abaissée affirme une carence en fer, ⚠️ c'est le seul cas où le dosage conclut à lui seul. ⚠️ Le piège est ailleurs : une ferritine normale n'exclut pas une carence en présence d'une inflammation, ⚠️ puisque l'inflammation l'élève. Dans ce cas, le coefficient de saturation, abaissé, et l'aspect des globules rouges aident.

⚠️ Vers le haut : une ferritine élevée n'est presque jamais une surcharge en fer. ⚠️ Le paramètre qui décide est le coefficient de saturation de la transferrine : ⚠️ élevé et confirmé, il fait évoquer une surcharge et conduit au test génétique ; normal, il l'écarte, ⚠️ et l'on cherche alors les causes banales, syndrome métabolique, alcool, inflammation, destruction de cellules du foie, et plus rarement d'autres maladies.

⚠️ Ce qui accompagne toujours le dosage : la numération avec le volume des globules rouges, ⚠️ la protéine C réactive, les enzymes du foie, ⚠️ et la glycémie.

⚠️ Ce qui fausse la mesure de la saturation : un prélèvement fait dans la journée ou après un repas, ⚠️ d'où la règle de la refaire à jeun le matin et à deux reprises avant de conclure.

Le piège

Conclure à une surcharge sur une ferritine élevée. Sans le coefficient de saturation, le dosage ne conclut rien.

À retenir

  • Une ferritine abaissée affirme une carence, c'est le seul cas où elle conclut seule.
  • Une ferritine normale n'exclut pas une carence en présence d'inflammation.
  • Une ferritine élevée n'est presque jamais une surcharge en fer.
  • C'est le coefficient de saturation qui décide, et il se confirme.
  • La saturation se dose à jeun le matin et à deux reprises.

En pratique

  • Sens de l'anomalie identifié
  • Coefficient de saturation demandé
  • Inflammation recherchée
  • Numération et volume globulaire lus
  • Enzymes du foie lues
  • Glycémie lue
  • Conditions de prélèvement vérifiées
  • Saturation confirmée avant conclusion

Iconographie

⚠️ L'imagerie n'explore pas la ferritine, ⚠️ elle explore la cause que la ferritine a fait chercher, et ce sont deux directions opposées.

⚠️ Devant une carence chez un homme ou une femme après la ménopause : l'exploration des voies digestives par endoscopie, ⚠️ haute et basse, est la démarche de référence. ⚠️ Elle ne se remet pas au motif que le patient va bien, et une carence expliquée par un régime chez ces patients reste une hypothèse fragile.

⚠️ Ce qui se discute quand les deux endoscopies sont normales et que la carence persiste : une exploration de l'intestin grêle, selon l'orientation.

⚠️ Devant une ferritine élevée avec une saturation normale : une échographie du foie, ⚠️ qui cherche une surcharge en graisse et des signes de maladie ancienne, et qui ne dit rien du fer.

⚠️ Devant une surcharge en fer confirmée : une mesure du fer dans le foie par imagerie, ⚠️ qui a remplacé le prélèvement du foie dans la plupart des situations, et une évaluation du retentissement sur le cœur.

⚠️ Ce qui s'écrit sur la demande : le sens de l'anomalie, les valeurs, et la question posée.

Urgence

Carence en fer chez un homme ou après la ménopause : l'exploration digestive ne se reporte pas.

À retenir

  • L'imagerie explore la cause, pas le dosage.
  • Devant une carence chez l'homme, l'exploration digestive est la référence.
  • Une carence attribuée au régime chez un homme est une hypothèse fragile.
  • Une échographie du foie ne dit rien du fer.
  • L'imagerie mesure aujourd'hui le fer du foie sans prélèvement.

En pratique

  • Direction de l'exploration choisie
  • Endoscopies programmées si carence
  • Report injustifié évité
  • Exploration de l'intestin grêle envisagée
  • Échographie du foie si ferritine élevée
  • Mesure du fer hépatique si surcharge confirmée
  • Retentissement cardiaque évalué si surcharge
  • Question écrite sur la demande

Stratégie diagnostique

⚠️ Deux démarches distinctes, et il faut choisir la bonne dès la première ligne.

⚠️ Ferritine basse : la carence est acquise, et la question est d'où part le fer. ⚠️ Chez la femme réglée, les règles expliquent la plupart des cas, sans dispenser d'y penser autrement si l'histoire ne colle pas. ⚠️ Chez l'homme et chez la femme après la ménopause, la cause est digestive jusqu'à preuve du contraire, ⚠️ et l'exploration ne se discute pas. ⚠️ Traiter par du fer sans avoir cherché la cause revient à masquer une hémorragie.

⚠️ Ferritine élevée : la question est de savoir s'il y a trop de fer. ⚠️ Le coefficient de saturation répond, et il doit être confirmé sur un second prélèvement fait à jeun. ⚠️ S'il est normal, la démarche devient celle d'une hyperferritinémie sans surcharge, et l'on traite les causes. ⚠️ S'il est élevé de façon répétée, le test génétique se discute, avec une information et un consentement écrit.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un dosage unique, ⚠️ l'absence de saturation, une inflammation en cours, ⚠️ et un prélèvement fait dans de mauvaises conditions.

⚠️ Et une erreur qui coûte cher : prescrire un test génétique sur la seule ferritine. ⚠️ Il engage la famille, il inquiète, et il ne répond pas à la question posée.

À retenir

Ferritine basse : d'où part le fer. Ferritine haute : y a-t-il trop de fer. Deux questions, deux démarches.

À retenir

  • Traiter par du fer sans chercher la cause revient à masquer une hémorragie.
  • Chez l'homme, l'exploration digestive ne se discute pas.
  • Le coefficient de saturation doit être confirmé sur un second prélèvement.
  • Une saturation normale fait traiter les causes, pas le fer.
  • Prescrire un test génétique sur la seule ferritine ne répond pas à la question posée.

En pratique

  • Sens de l'anomalie établi
  • Cause du saignement recherchée
  • Exploration digestive engagée si indiquée
  • Saturation demandée et confirmée
  • Causes banales explorées si saturation normale
  • Test génétique réservé aux saturations élevées répétées
  • Inflammation prise en compte
  • Conditions de prélèvement vérifiées

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une anomalie de la ferritine ne constitue pas une urgence vitale. La gravité tient à l'anémie et à sa cause, traitées dans les situations de départ consacrées à l'anémie et aux hémorragies digestives.

Stratégie de prise en charge

⚠️ On traite la cause, et le fer ne se donne que quand il manque vraiment.

⚠️ Devant une carence : traiter la cause du saignement, ⚠️ et apporter du fer, par la bouche en première intention, ⚠️ en expliquant les effets sur le transit et la coloration des selles, qui font arrêter le traitement quand ils ne sont pas annoncés. ⚠️ La durée dépasse la normalisation de l'hémoglobine, puisqu'il faut reconstituer les réserves, ⚠️ et un contrôle de la ferritine à distance vérifie que c'est fait.

⚠️ Ce qui fait discuter la voie veineuse : une intolérance, une malabsorption, une perte continue, ⚠️ ou une situation où le délai compte, et cette décision relève d'une indication précise.

⚠️ Devant une ferritine élevée sans surcharge : il n'y a rien à retirer. ⚠️ Les saignées ne sont pas justifiées, et elles exposent sans bénéfice. ⚠️ Le traitement est celui des causes : réduction de l'alcool, perte de poids avec un objectif chiffré, activité physique, contrôle du diabète, ⚠️ et un contrôle de la ferritine à plusieurs mois, pas à quinze jours.

⚠️ Devant une surcharge confirmée : une prise en charge spécialisée, ⚠️ et une information de la famille organisée avec le patient.

⚠️ Ce qui se documente : la cause retenue, ce qui a été fait, et la date du contrôle.

Le piège

Programmer des saignées sur une ferritine élevée avec une saturation normale. Il n'y a pas de fer en excès.

À retenir

  • Le fer ne se donne que quand il manque vraiment.
  • Les effets digestifs se disent avant, sinon le traitement s'arrête seul.
  • La durée dépasse la normalisation de l'hémoglobine, il faut refaire les réserves.
  • Devant une ferritine élevée sans surcharge, il n'y a rien à retirer.
  • Le contrôle se fait à plusieurs mois, pas à quinze jours.

En pratique

  • Cause traitée
  • Fer prescrit seulement si carence
  • Effets digestifs expliqués
  • Durée suffisante pour reconstituer les réserves
  • Contrôle de la ferritine programmé
  • Saignées écartées si pas de surcharge
  • Objectifs chiffrés donnés
  • Cause et échéance documentées

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué qui lui soit propre. Les endoscopies digestives et les saignées sont des actes spécialisés, et le prélèvement sanguin relève de la situation de départ correspondante.

Annonce et information

⚠️ Le mot « génétique » change la nature de la consultation, ⚠️ et il ne se prononce pas comme un nom d'examen.

⚠️ Ce qui se dit avant de prescrire un test génétique : ce qu'il cherche, ⚠️ ce qu'un résultat positif impliquerait pour le patient, ⚠️ et ce qu'il impliquerait pour ses frères, ses sœurs et ses enfants, à qui un dépistage serait proposé. ⚠️ Le consentement est écrit, et il suppose que la personne a eu le temps de réfléchir.

⚠️ Ce qui se dit quand un test a été demandé à tort et que le résultat va revenir : la vérité, ⚠️ c'est-à-dire que l'examen n'était pas indiqué et que son résultat ne changera pas la conduite. Le dissimuler est pire que l'expliquer.

Ce qui se dit devant une carence : ⚠️ pourquoi on explore avant de traiter, ⚠️ et que le fer seul masquerait la cause.

Ce qui se dit devant une ferritine élevée sans surcharge : ⚠️ que le chiffre est impressionnant et qu'il ne traduit pas un excès de fer, ⚠️ et que ce sont l'alcool, le poids et le foie qui l'expliquent, abordés sans reproche.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec les valeurs, la conclusion, et la date du contrôle.

À retenir

Avant un test génétique : ce qu'il cherche, ce qu'il implique pour la famille, et un consentement écrit.

À retenir

  • Le mot génétique change la nature de la consultation.
  • Un test génétique implique la fratrie et les enfants, et cela se dit avant.
  • Le consentement est écrit et suppose un temps de réflexion.
  • Un examen demandé à tort s'explique, il ne se dissimule pas.
  • Un chiffre impressionnant qui ne traduit pas un excès de fer se dit tel quel.

En pratique

  • Objet du test expliqué
  • Conséquences familiales expliquées
  • Temps de réflexion laissé
  • Consentement écrit recueilli
  • Examen non indiqué expliqué honnêtement
  • Motif d'explorer avant de traiter expliqué
  • Causes abordées sans reproche
  • Écrit remis avec la date du contrôle

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur l'interprétation d'un dosage. Les conseils alimentaires, la réduction de l'alcool et la prise en charge du surpoids relèvent des situations de départ consacrées à ces sujets.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une ferritine transmise seule déclenche presque toujours un examen inutile, ⚠️ parce que le destinataire ne peut rien en faire d'autre.

Ce qui se transmet avec elle : ⚠️ le coefficient de saturation et ses conditions de prélèvement, ⚠️ la numération, la protéine C réactive, ⚠️ les enzymes du foie, la glycémie, ⚠️ la consommation d'alcool déclarée, et le poids avec le tour de taille.

Ce qui se transmet au gastro entérologue devant une carence : ⚠️ le sexe et l'âge, l'hémoglobine et le volume des globules rouges, ⚠️ les traitements qui augmentent le risque de saignement, et la question posée.

⚠️ Ce qui se demande au biologiste : si la saturation peut être faite sur un tube déjà prélevé, ⚠️ et à quelles conditions le prélèvement a été réalisé, information qui ne figure pas toujours sur le compte rendu.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la conclusion, le fait qu'un examen n'était pas indiqué le cas échéant, ⚠️ et ce qui remplace ce qui avait été prévu.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la saturation à côté de la ferritine. ⚠️ Une ferritine seule au dossier fera reprendre la même démarche dans deux ans, par un autre médecin, avec le même test génétique au bout.

À retenir

Écrire la saturation à côté de la ferritine. C'est ce qui empêche la démarche de recommencer.

À retenir

  • Une ferritine transmise seule déclenche un examen inutile.
  • Les conditions de prélèvement de la saturation ne figurent pas toujours sur le compte rendu.
  • Une saturation faite sur un tube déjà prélevé évite une ponction.
  • Dire qu'un examen n'était pas indiqué fait partie de la transmission.
  • Une ferritine seule au dossier fera reprendre la même démarche dans deux ans.

En pratique

  • Saturation transmise avec la ferritine
  • Conditions de prélèvement précisées
  • Numération et inflammation jointes
  • Enzymes du foie et glycémie jointes
  • Consommation déclarée transmise
  • Question posée au spécialiste
  • Examen non indiqué signalé au médecin traitant
  • Saturation écrite au dossier

Sources

  • R2C, item 219 : Pathologie du fer chez l'adulte et l'enfant
  • R2C, item 213 : Anémie chez l'adulte et l'enfant
  • R2C, item 45 : Spécificités des maladies génétiques
  • Collège des enseignants d'hématologie et Collège français d'hépato-gastro-entérologie, chapitres sur les carences et les surcharges en fer
  • Recommandations en vigueur sur l'exploration d'une carence martiale, sur la conduite à tenir devant une hyperferritinémie et sur les conditions de prescription d'un test génétique. La date de la version consultée fait partie de la source