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Fiche de révision

Hyperprotidémie

Un chiffre qui ne dit rien avant qu'on lui ait retiré l'albumine, et beaucoup après.

Situation de départ 210Catégorie IIItem R2C 320Item R2C 267Item R2C 185

Entretien et interrogatoire

⚠️ Deux directions opposées se cherchent au même entretien : un manque d'eau, banal, ⚠️ et une production anormale de protéines, rare et sérieuse.

Ce qui se cherche du côté du manque d'eau : ⚠️ des vomissements, une diarrhée, une forte chaleur, ⚠️ un traitement qui fait uriner, une fièvre, ⚠️ et une baisse des apports chez une personne âgée, qui ne ressent plus la soif.

⚠️ Ce qui se cherche du côté d'une production anormale, et qui se cherche parce qu'on y pense : des douleurs du squelette, ⚠️ notamment du rachis et des côtes, une fatigue, ⚠️ une perte de poids, des infections répétées, ⚠️ une soif inhabituelle avec des urines abondantes, et des fourmillements des extrémités.

Ce qui se cherche comme cause chronique : ⚠️ une maladie du foie, une maladie inflammatoire au long cours, ⚠️ et une infection chronique.

Ce qui se relit : ⚠️ l'ordonnance, et les bilans antérieurs avec leurs dates, ⚠️ une élévation qui existait déjà il y a deux ans n'ayant pas la même valeur qu'une élévation apparue depuis le dernier contrôle.

⚠️ Ce qui se demande enfin et qui décide de l'interprétation : le poids d'il y a quelques semaines, ⚠️ une variation rapide orientant vers l'eau plutôt que vers les protéines.

Le piège

Attribuer toute élévation à une déshydratation. C'est vrai souvent, et c'est faux au mauvais moment.

À retenir

  • Deux directions opposées se cherchent au même entretien.
  • Une personne âgée ne ressent plus la soif et se concentre sans le dire.
  • Les douleurs du rachis et des côtes se cherchent parce qu'on y pense.
  • Une soif avec des urines abondantes peut venir d'un excès de calcium.
  • Une variation rapide du poids oriente vers l'eau plutôt que vers les protéines.

En pratique

  • Pertes digestives recherchées
  • Traitement diurétique recherché
  • Apports en eau évalués
  • Douleurs osseuses recherchées
  • Perte de poids chiffrée
  • Infections répétées recherchées
  • Maladies chroniques recherchées
  • Poids antérieur comparé

Examen clinique

⚠️ L'examen tranche entre les deux hypothèses en quelques gestes.

Ce qui va vers le manque d'eau : ⚠️ un pli cutané persistant, ⚠️ une sécheresse des muqueuses, une baisse de la pression en se levant, ⚠️ une accélération du pouls, une diminution des urines, ⚠️ et une perte de poids récente et rapide.

Ce qui va vers une production anormale : ⚠️ une douleur provoquée à la pression du rachis ou des côtes, ⚠️ une pâleur, des ganglions, ⚠️ une grosse rate, et des lésions cutanées inhabituelles.

⚠️ Ce qui se cherche comme conséquence et qui est grave : une confusion, ⚠️ des signes d'une compression de la moelle épinière devant une douleur du dos avec un déficit, et des œdèmes.

Ce qui se mesure : ⚠️ le poids comparé au poids habituel, ⚠️ la pression couchée et debout, la diurèse, et la conscience.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : une production anormale de protéines s'accompagne souvent d'un examen strictement normal, ⚠️ et c'est la biologie qui la révèle.

⚠️ Ce qui se refait quelques jours plus tard quand une déshydratation est retenue : le même examen, ⚠️ après correction des apports, la disparition de l'anomalie valant démonstration.

Urgence

Douleur du dos avec un déficit neurologique : la compression de la moelle est une urgence, quel que soit le bilan.

À retenir

  • L'examen tranche entre les deux hypothèses en quelques gestes.
  • Une douleur provoquée du rachis ou des côtes change la direction.
  • Une douleur du dos avec un déficit fait chercher une compression.
  • La pression couchée et debout fait partie de l'examen.
  • Une production anormale de protéines s'accompagne souvent d'un examen normal.

En pratique

  • Pli cutané et muqueuses évalués
  • Pression couchée et debout mesurée
  • Diurèse quantifiée
  • Poids comparé
  • Rachis et côtes palpés
  • Ganglions et rate recherchés
  • Conscience évaluée
  • Déficit neurologique recherché

Synthèse paraclinique

⚠️ La lecture tient en une soustraction que presque personne ne fait : protéines totales moins albumine. ⚠️ Le résultat est la masse des autres protéines, et c'est lui qui porte l'information.

⚠️ Premier cas, l'albumine est élevée elle aussi : tout est concentré, ⚠️ et il s'agit d'un manque d'eau. L'hématocrite, le sodium, l'urée et la créatinine vont dans le même sens, ⚠️ et la correction de l'eau normalise tout.

⚠️ Deuxième cas, l'albumine est normale ou basse et les protéines totales sont élevées : ⚠️ l'écart est large, et il désigne un excès de globulines. ⚠️ C'est l'anomalie à ne pas manquer, et elle impose une électrophorèse des protéines du sang.

⚠️ Ce que l'électrophorèse sépare : une augmentation large de toutes les globulines, ⚠️ qui oriente vers une inflammation chronique, une infection au long cours ou une maladie du foie ; et un pic étroit, ⚠️ qui oriente vers la production d'une seule protéine par un seul clone de cellules, et qui demande une exploration spécialisée.

⚠️ Ce qui fausse la mesure elle-même : un garrot maintenu longtemps, ⚠️ qui concentre localement le sang du bras et élève les protéines mesurées, sans que le patient soit déshydraté.

⚠️ Ce qui accompagne toujours : le calcium, ⚠️ la créatinine, la numération, ⚠️ et la protéine C réactive. ⚠️ L'association d'une anémie, d'un calcium élevé et d'une créatinine élevée avec un écart protéique large est un ensemble qui se nomme.

À retenir

Faire la soustraction avant de conclure. Un écart large est la seule anomalie à ne pas manquer.

À retenir

  • Protéines totales moins albumine : la soustraction que presque personne ne fait.
  • Si tout est concentré, il s'agit d'un manque d'eau.
  • Un écart large désigne un excès de globulines et impose une électrophorèse.
  • Une augmentation large et un pic étroit n'ont pas la même signification.
  • Anémie, calcium élevé, créatinine élevée et écart large forment un ensemble.

En pratique

  • Albumine dosée
  • Écart calculé
  • Hématocrite et sodium confrontés
  • Urée et créatinine lues
  • Électrophorèse demandée si écart large
  • Calcium mesuré
  • Numération lue
  • Protéine C réactive lue

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'interprétation d'un chiffre de protéines ne repose sur aucune imagerie. Les explorations du squelette et la recherche de lésions relèvent des situations de départ consacrées aux douleurs osseuses et aux hémopathies.

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions, et la première coûte une ligne de calcul.

⚠️ Première question, est-ce une vraie élévation : la soustraction répond. ⚠️ Si l'albumine monte avec le reste, c'est une concentration, et l'anomalie disparaîtra avec l'eau.

⚠️ Deuxième question, si l'écart est large, quelle est sa forme : ⚠️ une augmentation large de toutes les globulines oriente vers une maladie chronique du foie, une infection prolongée ou une maladie inflammatoire ; un pic étroit change entièrement la démarche.

⚠️ Troisième question, quel est le retentissement : ⚠️ une anémie, un calcium élevé, une créatinine élevée, une douleur osseuse. ⚠️ Ces quatre éléments, réunis à un pic étroit, imposent un avis sans attendre, et non un contrôle à trois mois.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une élévation isolée sans albumine, ⚠️ un prélèvement fait avec un garrot prolongé, et une valeur unique sans antécédent de comparaison.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : traiter une déshydratation supposée sans vérifier que les autres paramètres vont dans le même sens.

⚠️ Et une règle qui protège : un écart protéique large chez une personne de plus de 60 ans se documente, ⚠️ il ne se surveille pas au long cours sans avoir été caractérisé une fois.

À retenir

Un pic étroit avec une anémie, un calcium élevé et une créatinine élevée n'attend pas trois mois.

À retenir

  • La première question coûte une ligne de calcul.
  • Une augmentation large et un pic étroit conduisent à deux démarches différentes.
  • Anémie, calcium, créatinine et douleur osseuse imposent un avis sans attendre.
  • Une valeur unique sans comparaison suspend la conclusion.
  • Un écart large après 60 ans se documente au moins une fois.

En pratique

  • Soustraction faite
  • Concentration écartée ou retenue
  • Électrophorèse interprétée
  • Forme de l'anomalie précisée
  • Retentissement recherché
  • Conditions de prélèvement vérifiées
  • Valeurs antérieures comparées
  • Avis demandé si pic étroit

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une élévation des protéines totales ne constitue pas une urgence en soi. Les urgences associées, hypercalcémie symptomatique, insuffisance rénale aiguë et compression de la moelle, relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ On ne traite pas un chiffre de protéines, ⚠️ on traite ce que la soustraction a révélé.

⚠️ Devant une concentration : corriger l'eau, ⚠️ par la bouche quand c'est possible, et surtout corriger ce qui l'a provoquée : ⚠️ arrêter ou réduire un traitement qui fait uriner, traiter des pertes digestives, ⚠️ organiser les apports chez une personne âgée, et vérifier que le contrôle revient à la normale.

⚠️ Devant une augmentation large des globulines : chercher et traiter la maladie chronique en cause, ⚠️ et non l'anomalie elle-même, qui n'a pas de traitement propre.

⚠️ Devant un pic étroit : adresser. ⚠️ La conduite dépend de la nature du pic, de sa quantité et du retentissement, ⚠️ et elle se décide en milieu spécialisé. ⚠️ Ce qui relève du médecin qui a découvert l'anomalie est de la caractériser, d'évaluer le retentissement et de ne pas la perdre de vue.

⚠️ Ce qui se programme dans tous les cas : un contrôle daté avec les mêmes paramètres, ⚠️ protéines totales et albumine ensemble, faute de quoi le calcul sera impossible.

⚠️ Ce qui se documente : le résultat de la soustraction, la cause retenue, et la date du contrôle.

⚠️ Et ce qui se décide sur la surveillance quand un pic étroit est confirmé sans retentissement : un rythme de contrôle défini par le spécialiste, ⚠️ et un patient qui sait pourquoi on le revoit, faute de quoi il ne revient pas.

Le piège

Demander un contrôle des protéines totales sans l'albumine. Le calcul sera impossible.

À retenir

  • On ne traite pas un chiffre de protéines, on traite ce que la soustraction a révélé.
  • Corriger l'eau ne suffit pas, il faut corriger ce qui l'a fait manquer.
  • Une augmentation large n'a pas de traitement propre.
  • Devant un pic étroit, caractériser, évaluer et ne pas perdre de vue.
  • Le contrôle redose les protéines totales et l'albumine ensemble.

En pratique

  • Cause de la concentration traitée
  • Traitement diurétique réévalué
  • Apports organisés si personne âgée
  • Maladie chronique recherchée
  • Avis spécialisé si pic étroit
  • Retentissement évalué
  • Contrôle daté programmé
  • Paramètres du contrôle listés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Les conditions de réalisation d'un prélèvement veineux relèvent de la situation de départ correspondante.

Annonce et information

⚠️ Une anomalie découverte sur un bilan de routine met le patient dans une position particulière : il ne se plaint de rien et on lui demande des examens. ⚠️ Sans explication, il conclut au pire.

Ce qui se dit devant une concentration : ⚠️ que le chiffre traduit un manque d'eau et non une maladie du sang, ⚠️ et que le contrôle après correction le confirmera.

Ce qui se dit devant un écart large : ⚠️ qu'un examen complémentaire est nécessaire pour préciser la nature des protéines en excès, ⚠️ que plusieurs causes bénignes existent, et que le résultat prendra quelques jours.

⚠️ Ce qui ne se dit pas : un nom de maladie du sang avant l'électrophorèse. ⚠️ Le mot restera même s'il est démenti, et il transforme l'attente en angoisse.

⚠️ Ce qui se dit quand un avis spécialisé est demandé : pourquoi, ⚠️ ce que le spécialiste va chercher, et le fait qu'un avis n'est pas un diagnostic.

⚠️ Ce qui se convient : qui rappelle avec le résultat, ⚠️ et sous quel délai. ⚠️ Une anomalie annoncée sans rendez-vous de retour est la principale source d'inquiétude évitable.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec les valeurs, la démarche et la date.

Le piège

Prononcer un nom de maladie avant l'électrophorèse. Il restera, même démenti.

À retenir

  • Le patient ne se plaint de rien et on lui demande des examens.
  • Sans explication, il conclut au pire.
  • Un nom de maladie du sang ne se prononce pas avant l'électrophorèse.
  • Un avis spécialisé n'est pas un diagnostic, et cela se dit.
  • Une anomalie annoncée sans rendez-vous de retour crée une inquiétude évitable.

En pratique

  • Signification du chiffre expliquée
  • Hypothèse bénigne mentionnée quand elle existe
  • Motif de l'examen complémentaire expliqué
  • Délai annoncé
  • Nom de maladie non prononcé prématurément
  • Rôle de l'avis spécialisé expliqué
  • Modalités de retour convenues
  • Écrit remis

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur l'interprétation d'un résultat. Les conseils d'hydratation chez la personne âgée relèvent de la situation de départ consacrée aux troubles nutritionnels du sujet âgé.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce chiffre voyage seul et il ne veut rien dire seul, ⚠️ puisque toute son information tient dans une différence.

Ce qui se transmet ensemble : ⚠️ les protéines totales et l'albumine, ⚠️ l'électrophorèse quand elle a été faite, le calcium, ⚠️ la créatinine, la numération, ⚠️ et l'état d'hydratation du patient au moment du prélèvement.

Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ si l'électrophorèse peut être faite sur le tube déjà prélevé, ⚠️ et si les conditions du prélèvement pourraient expliquer une valeur limite.

Ce qui se transmet à l'hématologue : ⚠️ le tracé complet et non la conclusion, ⚠️ les valeurs antérieures avec leurs dates, le retentissement recherché et son résultat, ⚠️ et l'âge et l'état général.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la conclusion, la conduite, et la date du prochain contrôle.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la différence calculée et son interprétation. ⚠️ Une ligne de protéines totales seule au dossier ne sera pas relue comme une anomalie, ⚠️ et un pic étroit découvert et non caractérisé se perd pendant des années.

À retenir

Écrire la différence, pas seulement les deux chiffres. C'est elle qui sera relue.

À retenir

  • Le chiffre ne veut rien dire seul, son information tient dans une différence.
  • L'électrophorèse peut souvent être faite sur le tube déjà prélevé.
  • À l'hématologue on transmet le tracé complet, pas la conclusion.
  • La différence calculée s'écrit au dossier avec son interprétation.
  • Un pic étroit découvert et non caractérisé se perd pendant des années.

En pratique

  • Protéines totales et albumine transmises ensemble
  • Électrophorèse jointe si faite
  • Calcium et créatinine joints
  • Numération jointe
  • État d'hydratation précisé
  • Redosage sur tube existant demandé
  • Tracé complet transmis au spécialiste
  • Différence et interprétation écrites au dossier

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 320 : Myélome multiple des os
  • R2C, item 267 : Troubles de l'équilibre acido-basique et désordres hydro-électrolytiques
  • R2C, item 185 : Réaction inflammatoire : aspects biologiques et cliniques. Conduite à tenir
  • Collège des enseignants d'hématologie, chapitre « Immunoglobuline monoclonale »
  • Recommandations en vigueur sur la conduite à tenir devant une immunoglobuline monoclonale et sur l'interprétation de l'électrophorèse des protéines sériques. La date de la version consultée fait partie de la source