Aller au contenu
Toutes les fiches

Fiche de révision

Anomalie des plaquettes

Un chiffre qui ne dit pas le risque, et une baisse sans aucun signe qui accuse d'abord le tube.

Situation de départ 215Catégorie IIItem R2C 214Item R2C 216Item R2C 317

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire répond à deux questions : y a-t-il un saignement, ⚠️ et depuis quand cette anomalie existe.

Ce qui se cherche comme saignement, et qui doit être demandé signe par signe : ⚠️ des taches pourpres sur la peau, ⚠️ un saignement du nez ou des gencives, des règles devenues plus abondantes ou plus longues, ⚠️ du sang dans les urines ou dans les selles, ⚠️ et des bulles dans la bouche, qui sont un signe de gravité.

⚠️ Ce qui se cherche comme cause d'une baisse : un médicament introduit dans les semaines précédentes, ⚠️ et la liste doit être complète, y compris ce qui se prend sans ordonnance ; une infection virale récente ; ⚠️ une consommation d'alcool ; une grossesse ; une vaccination récente ; ⚠️ une maladie du foie ; et une maladie auto immune.

⚠️ Ce qui se cherche comme cause d'une élévation : une carence en fer, ⚠️ une inflammation ou une infection, une chirurgie récente, ⚠️ l'ablation de la rate, et un cancer.

⚠️ Et une question qui décide de l'urgence de la démarche : existe-t-il un hémogramme antérieur. ⚠️ Une anomalie stable depuis des années et une anomalie apparue en un mois n'appellent pas la même conduite.

Le piège

Demander « saignez-vous ? ». La réponse est non, et les règles abondantes ne sont pas comptées comme un saignement.

À retenir

  • Les signes de saignement se demandent un par un, jamais en bloc.
  • Des bulles dans la bouche sont un signe de gravité.
  • La liste des médicaments doit inclure ce qui se prend sans ordonnance.
  • Une élévation modérée est le plus souvent une réaction.
  • Une anomalie stable depuis des années n'appelle pas la même conduite.

En pratique

  • Taches pourpres recherchées
  • Saignement des muqueuses recherché
  • Règles quantifiées
  • Saignement digestif ou urinaire recherché
  • Médicaments listés un par un
  • Infection virale récente recherchée
  • Alcool et grossesse recherchés
  • Hémogrammes antérieurs recherchés

Examen clinique

⚠️ L'examen ne mesure pas les plaquettes, il mesure le risque, ⚠️ et il le fait mieux que le chiffre.

Ce qui se cherche sur la peau : ⚠️ des taches pourpres qui ne s'effacent pas à la pression, ⚠️ leur étendue et leur caractère récent, des ecchymoses sans traumatisme, ⚠️ et un saignement au point de ponction.

⚠️ Ce qui se cherche dans la bouche et qui change tout : des bulles hémorragiques sur la muqueuse, ⚠️ qui témoignent d'un risque de saignement grave et imposent une prise en charge immédiate.

Ce qui se cherche au fond d'œil selon le contexte : ⚠️ un saignement de la rétine.

Ce qui se cherche comme orientation : ⚠️ une grosse rate, ⚠️ des ganglions, des signes de maladie du foie, ⚠️ une fièvre, et des signes de maladie auto immune.

⚠️ Ce qui se cherche devant une élévation : une carence en fer, ⚠️ des signes d'inflammation, une cicatrice de chirurgie de la rate, ⚠️ et des signes de thrombose, qui est le risque des élévations importantes et durables.

⚠️ Ce qui se conclut d'un examen strictement normal devant une baisse profonde : que la mesure doit être vérifiée.

Urgence

Bulles hémorragiques buccales ou saignement rétinien : le risque est immédiat, quel que soit le chiffre.

À retenir

  • L'examen mesure le risque mieux que le chiffre.
  • Des bulles hémorragiques dans la bouche imposent une prise en charge immédiate.
  • Une grosse rate change l'orientation.
  • Le risque d'une élévation durable est la thrombose.
  • Un examen normal devant une baisse profonde fait vérifier la mesure.

En pratique

  • Peau examinée en entier
  • Caractère non effaçable des taches vérifié
  • Bouche examinée
  • Fond d'œil discuté
  • Rate palpée
  • Ganglions recherchés
  • Signes de maladie du foie recherchés
  • Signes de thrombose recherchés si élévation

Synthèse paraclinique

⚠️ Le premier réflexe devant une baisse isolée et profonde sans aucun signe n'est pas de traiter, ⚠️ c'est de vérifier la mesure.

⚠️ Pourquoi : l'automate compte des cellules isolées. ⚠️ L'anticoagulant du tube habituel provoque chez certaines personnes une agglutination des plaquettes, ⚠️ et un amas est compté comme une seule cellule ou pas du tout. ⚠️ Le chiffre s'effondre sans qu'une plaquette ait disparu dans le corps du patient.

⚠️ Comment le vérifier : par la lecture du frottis, ⚠️ qui montre les amas, et par un contrôle sur un tube contenant un autre anticoagulant. ⚠️ Refaire le même prélèvement redonne le même chiffre.

⚠️ Ce que le frottis apporte en plus : la taille des plaquettes, ⚠️ la présence de cellules anormales, et la présence de globules rouges fragmentés, ⚠️ dont l'association à une baisse des plaquettes et à une anémie constitue une urgence à part.

⚠️ Ce qui accompagne le bilan : la coagulation, ⚠️ les enzymes du foie, la fonction rénale, ⚠️ la protéine C réactive, et selon le contexte des sérologies et une recherche de maladie auto immune.

⚠️ Devant une élévation : la protéine C réactive et le bilan du fer expliquent la plupart des cas, ⚠️ et une élévation qui persiste après correction de ces causes fait chercher une maladie de la moelle.

À retenir

Lire le frottis avant de traiter une baisse isolée. Il montre les amas et les cellules fragmentées.

À retenir

  • Devant une baisse isolée sans signe, on vérifie la mesure avant de traiter.
  • Un amas est compté comme une seule cellule ou pas du tout.
  • Refaire le même prélèvement redonne le même chiffre.
  • Des globules rouges fragmentés avec une baisse des plaquettes sont une urgence à part.
  • La plupart des élévations s'expliquent par l'inflammation ou une carence en fer.

En pratique

  • Frottis demandé
  • Amas recherchés
  • Contrôle sur un autre tube
  • Taille des plaquettes notée
  • Globules rouges fragmentés recherchés
  • Coagulation et foie évalués
  • Inflammation et fer évalués si élévation
  • Sérologies selon le contexte

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'exploration d'une anomalie des plaquettes repose sur la biologie et sur l'examen du frottis. L'échographie à la recherche d'une grosse rate ou d'une maladie du foie relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Quatre questions, et la première évite la moitié des explorations.

⚠️ La mesure est-elle vraie : frottis et contrôle sur un autre tube, ⚠️ devant toute baisse isolée sans signe clinique.

⚠️ Une ou plusieurs lignées sont-elles touchées : ⚠️ une baisse isolée oriente vers une destruction ou une consommation ; une atteinte de plusieurs lignées oriente vers la moelle, ⚠️ et impose un avis spécialisé.

⚠️ Depuis quand : une baisse apparue en quelques jours n'a pas la même signification qu'une baisse stable depuis des années, ⚠️ et les hémogrammes antérieurs répondent mieux que le patient.

⚠️ Qu'est-ce qui l'entoure : un médicament, ⚠️ une infection, une grossesse, ⚠️ une maladie du foie ou une grosse rate, une maladie auto immune. ⚠️ Le médicament est la cause la plus fréquente et la plus facile à corriger, et il se cherche dans la liste complète et non dans les traitements réputés en cause.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une mesure unique, ⚠️ l'absence de frottis, et un contexte non exploré.

⚠️ Et une association qui ne se discute pas : une baisse des plaquettes, une anémie avec des globules rouges fragmentés et une atteinte d'un organe ⚠️ constituent une urgence dont le traitement ne peut pas attendre le lendemain.

Urgence

Plaquettes basses, anémie avec cellules fragmentées et atteinte d'un organe : le traitement n'attend pas le lendemain.

À retenir

  • La première question évite la moitié des explorations.
  • Une atteinte de plusieurs lignées oriente vers la moelle.
  • Les hémogrammes antérieurs répondent mieux que le patient.
  • Le médicament est la cause la plus fréquente et la plus facile à corriger.
  • Baisse des plaquettes, globules rouges fragmentés et atteinte d'organe forment une urgence.

En pratique

  • Mesure vérifiée
  • Frottis lu
  • Nombre de lignées atteintes évalué
  • Ancienneté établie
  • Médicaments passés en revue
  • Infection et grossesse recherchées
  • Foie et rate évalués
  • Avis spécialisé si plusieurs lignées

Urgence vitale

⚠️ Ce qui fait l'urgence n'est pas le chiffre, ⚠️ c'est le saignement et la vitesse.

⚠️ Ce qui impose une prise en charge immédiate : des bulles hémorragiques dans la bouche, ⚠️ un saignement du fond d'œil, un saignement digestif ou urinaire abondant, ⚠️ des signes neurologiques, et une baisse survenue en quelques jours.

⚠️ Ce qui s'arrête sans délai : tout médicament qui augmente le risque de saignement, ⚠️ et tout médicament suspecté d'être la cause.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : une injection dans un muscle, ⚠️ une ponction non indispensable, et un geste invasif avant d'avoir évalué le risque.

⚠️ Ce qui se fait : un avis spécialisé immédiat, ⚠️ et une hospitalisation quand le risque est élevé, la décision reposant sur les signes et non sur le seul chiffre.

⚠️ Ce qui constitue une urgence d'un autre type : l'association d'une baisse des plaquettes avec des globules rouges fragmentés, ⚠️ où le traitement est spécifique et où toute transfusion de plaquettes se discute au préalable avec le spécialiste.

Ce qui se surveille : ⚠️ les signes de saignement, la conscience, l'hémoglobine, et l'heure de chaque évaluation.

Urgence

Bulles buccales ou saignement rétinien : avis spécialisé immédiat, sans attendre un contrôle.

À retenir

  • Ce qui fait l'urgence est le saignement et la vitesse, pas le chiffre.
  • Tout médicament augmentant le risque de saignement s'arrête sans délai.
  • Aucune injection intramusculaire ni geste invasif non indispensable.
  • La décision d'hospitaliser repose sur les signes, pas sur le seul chiffre.
  • Devant des cellules fragmentées, la transfusion de plaquettes se discute au préalable.

En pratique

  • Signes de saignement grave recherchés
  • Vitesse d'installation établie
  • Médicaments à risque arrêtés
  • Gestes invasifs évités
  • Avis spécialisé demandé
  • Hospitalisation discutée sur les signes
  • Cellules fragmentées recherchées
  • Surveillance et horaires notés

Stratégie de prise en charge

⚠️ La première décision est presque toujours un arrêt, ⚠️ et la seconde une abstention.

⚠️ L'arrêt : le médicament suspect, ⚠️ noté au dossier et sur l'ordonnance avec la raison, et l'effet indésirable déclaré. ⚠️ Un médicament arrêté sans être noté sera repris.

⚠️ L'abstention : aucune transfusion de plaquettes chez un patient qui ne saigne pas et dont le chiffre n'est pas critique. ⚠️ Une transfusion n'est pas un traitement de confort, elle expose et elle peut être délétère dans certaines causes.

⚠️ Ce qui se traite : la cause. ⚠️ Une carence en fer devant une élévation, une infection, ⚠️ une maladie auto immune, dont le traitement relève du spécialiste.

⚠️ Ce qui se prépare avant tout geste : une évaluation du risque, ⚠️ et une discussion avec l'opérateur sur le seuil nécessaire pour ce geste précis, qui n'est pas le même pour tous.

⚠️ Ce qui se programme : un contrôle daté, ⚠️ et le rythme de la surveillance selon la profondeur et la cause.

⚠️ Ce qui se documente : la cause retenue, l'arrêt et sa raison, ⚠️ et la conduite à tenir en cas de saignement, écrite pour le patient.

Le piège

Transfuser sur un chiffre chez un patient qui ne saigne pas. Cela expose sans bénéfice.

À retenir

  • La première décision est presque toujours un arrêt.
  • Un médicament arrêté sans être noté sera repris.
  • Une transfusion n'est pas un traitement de confort.
  • Le seuil nécessaire n'est pas le même pour tous les gestes.
  • La conduite en cas de saignement s'écrit pour le patient.

En pratique

  • Médicament suspect arrêté
  • Arrêt et raison notés
  • Effet indésirable déclaré
  • Transfusion évitée si non indiquée
  • Cause traitée
  • Seuil discuté avant un geste
  • Contrôle daté programmé
  • Conduite en cas de saignement écrite

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Le prélèvement sanguin relève de la situation de départ correspondante, et le prélèvement de moelle est un acte spécialisé.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce de maladie grave au sens du dispositif d'annonce. Ce qui se dit au patient avant un contrôle et sur les précautions à prendre est traité dans la section consacrée à l'éducation et à la prévention.

Éducation et prévention

⚠️ Un patient qui apprend que ses plaquettes sont basses cherche sur internet avant de sortir du cabinet, ⚠️ et ce qu'il y trouve est toujours plus grave que ce qu'il a. Ce qui se dit avant le contrôle compte donc autant que le contrôle.

⚠️ Ce qui se dit quand une erreur de mesure est suspectée : qu'il existe une cause technique fréquente, ⚠️ qu'un contrôle sur un autre tube va le vérifier, et qu'il n'y a rien à faire d'ici là. ⚠️ Ne rien dire est le pire choix.

⚠️ Ce qui se dit quand la baisse est réelle : les signes qui imposent de consulter, ⚠️ taches pourpres qui s'étendent, saignement de nez qui ne s'arrête pas, sang dans les urines ou les selles, bulles dans la bouche, maux de tête inhabituels.

⚠️ Ce qui se dit sur les précautions : éviter les médicaments contre la douleur qui augmentent le saignement, ⚠️ la liste étant écrite ; prévenir le dentiste et tout médecin avant un geste ; ⚠️ et prudence sur les sports de contact selon le niveau de risque.

⚠️ Ce qui se dit sur ce qui n'est pas nécessaire : aucun régime, ⚠️ aucun complément, et aucune restriction d'activité qui ne serait pas justifiée par le risque réel.

À retenir

Prévenir le dentiste et tout médecin avant un geste. C'est la précaution la plus utile au quotidien.

À retenir

  • Le patient cherche sur internet avant de sortir du cabinet.
  • Devant une erreur de mesure suspectée, ne rien dire est le pire choix.
  • Les signes qui imposent de consulter se donnent par écrit.
  • Les médicaments contre la douleur augmentant le saignement figurent sur une liste.
  • Aucun régime ni complément n'est nécessaire.

En pratique

  • Explication donnée avant le contrôle
  • Hypothèse technique expliquée si suspectée
  • Signes de consultation écrits
  • Liste des médicaments à éviter remise
  • Consigne pour le dentiste donnée
  • Sports de contact discutés
  • Restrictions inutiles évitées
  • Rendez-vous de contrôle fixé

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le laboratoire est ici un partenaire de raisonnement, ⚠️ et pas seulement un fournisseur de chiffres.

Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ si le frottis a été lu et ce qu'il montre, ⚠️ si des amas ont été vus, s'il existe des globules rouges fragmentés, ⚠️ et sur quel tube le contrôle doit être fait. ⚠️ Un appel de deux minutes remplace souvent une consultation spécialisée.

Ce qui se transmet à l'hématologue : ⚠️ les hémogrammes successifs avec leurs dates, ⚠️ la description du frottis, la liste complète des traitements avec leurs dates d'introduction, ⚠️ les signes cliniques, et ce qui a déjà été écarté.

Ce qui se transmet avant un geste, quel qu'il soit : ⚠️ le chiffre, sa date et sa fiabilité, ⚠️ et la question du seuil nécessaire pour ce geste précis.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la cause retenue, le médicament arrêté et sa raison, ⚠️ et le rythme de surveillance.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : quand une cause technique a été démontrée, l'écrire en clair. ⚠️ Sans cette ligne, le même chiffre déclenchera la même alerte au prochain bilan, et le patient repassera par la même inquiétude.

À retenir

Écrire au dossier qu'une cause technique a été démontrée. C'est ce qui évite la prochaine alerte.

À retenir

  • Le laboratoire est un partenaire de raisonnement, pas un fournisseur de chiffres.
  • Un appel de deux minutes remplace souvent une consultation spécialisée.
  • Avant un geste, on transmet le chiffre, sa date et sa fiabilité.
  • Le médicament arrêté et sa raison vont au médecin traitant.
  • Une cause technique démontrée s'écrit en clair, sinon l'alerte se répète.

En pratique

  • Frottis demandé au biologiste
  • Amas et cellules fragmentées demandés
  • Tube de contrôle convenu
  • Hémogrammes successifs transmis
  • Traitements datés transmis
  • Seuil discuté avant un geste
  • Médecin traitant informé
  • Cause technique écrite au dossier

Sources

  • R2C, item 214 : Thrombopénie chez l'adulte et l'enfant
  • R2C, item 216 : Syndrome hémorragique d'origine hématologique
  • R2C, item 317 : Syndromes myéloprolifératifs
  • Collège des enseignants d'hématologie, chapitres « Thrombopénies » et « Thrombocytoses »
  • Recommandations en vigueur sur la conduite à tenir devant une thrombopénie et sur les indications de la transfusion de plaquettes. La date de la version consultée fait partie de la source