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Fiche de révision

Anomalie des leucocytes

Une anomalie qui se lit sur la population qui bouge, et dont une seule forme se compte en heures.

Situation de départ 216Catégorie IIItem R2C 296Item R2C 157Item R2C 317

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une seule question précède toutes les autres : y a-t-il de la fièvre. ⚠️ Devant des polynucléaires neutrophiles effondrés, la réponse décide du tempo de tout le reste.

⚠️ Ce qui se cherche ensuite en cas de baisse : les médicaments, ⚠️ avec leur date d'introduction, et la liste doit être exhaustive, ⚠️ certains traitements de la thyroïde, des rhumatismes, du système nerveux et certains antibiotiques étant en cause ; une infection virale récente ; ⚠️ une consommation d'alcool ; une maladie auto immune ; une carence en vitamines.

⚠️ Ce qui se cherche et qui évite une exploration inutile : des hémogrammes antérieurs, ⚠️ une baisse ancienne et stable n'ayant pas la même signification qu'une baisse récente ; et une origine géographique associée à des valeurs habituellement plus basses, ⚠️ question qui se pose avec tact et qui évite des mois d'examens.

⚠️ Ce qui se cherche en cas d'élévation : une infection, ⚠️ une inflammation, une corticothérapie, ⚠️ un tabagisme, un stress physique récent, et une ablation de la rate.

⚠️ Et une question systématique : des infections répétées, sévères ou inhabituelles, ⚠️ qui font suspecter un déficit ancien et changent la démarche.

Urgence

Fièvre avec des polynucléaires neutrophiles effondrés : l'interrogatoire ne retarde pas le traitement.

À retenir

  • Une seule question précède toutes les autres : y a-t-il de la fièvre.
  • La liste des médicaments doit être exhaustive et datée.
  • Une baisse ancienne et stable n'a pas la même signification qu'une baisse récente.
  • Certaines populations ont des valeurs habituellement plus basses.
  • Des infections répétées font suspecter un déficit ancien.

En pratique

  • Fièvre recherchée en premier
  • Médicaments listés avec leurs dates
  • Infection virale récente recherchée
  • Alcool et carences recherchés
  • Hémogrammes antérieurs recherchés
  • Origine géographique abordée avec tact
  • Causes d'élévation recherchées
  • Infections répétées recherchées

Examen clinique

⚠️ L'examen d'un patient sans polynucléaires est un examen où l'on cherche ce qui ne se voit pas.

⚠️ Ce qui manque et qui trompe : le pus est fait de polynucléaires. ⚠️ Un patient qui n'en a plus ne fabrique ni collection, ni dépôt, ni rougeur franche, ⚠️ et une gorge très douloureuse peut être à peine inflammatoire. L'absence de foyer visible n'écarte rien.

Ce qui se regarde malgré tout, et systématiquement : ⚠️ la bouche et la gorge, ⚠️ la peau et tous les plis, la région périnéale, ⚠️ les points de ponction et tout matériel, et les poumons.

Ce qui se mesure et décide : ⚠️ la température, la pression artérielle, ⚠️ le pouls, la fréquence respiratoire, la conscience, la diurèse.

Ce qui se cherche comme orientation : ⚠️ des ganglions, ⚠️ une grosse rate, des signes de maladie auto immune, et des signes de carence.

⚠️ Ce qui se cherche devant une élévation importante avec des cellules immatures : des signes de mauvaise circulation dans les petits vaisseaux, ⚠️ essoufflement, confusion, troubles visuels, qui constituent une urgence spécifique.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien du tout.

Le piège

Se rassurer parce qu'aucun foyer n'est visible. C'est exactement ce qui est attendu.

À retenir

  • On cherche ce qui ne se voit pas, parce que le pus est fait de polynucléaires.
  • Une gorge très douloureuse peut être à peine inflammatoire.
  • La région périnéale et les plis se regardent systématiquement.
  • Essoufflement et confusion avec une élévation importante sont une urgence spécifique.
  • Un examen normal ne conclut rien du tout.

En pratique

  • Température et constantes complètes
  • Bouche et gorge examinées
  • Peau et plis examinés
  • Région périnéale examinée
  • Points de ponction vérifiés
  • Auscultation pulmonaire
  • Ganglions et rate recherchés
  • Signes de mauvaise circulation recherchés si élévation

Synthèse paraclinique

⚠️ Trois règles de lecture, et la première rend les deux autres possibles.

⚠️ Première règle, la valeur absolue. ⚠️ Un pourcentage se déplace dès qu'une autre population bouge, sans qu'aucune cellule ait changé de nombre. ⚠️ On lit donc le chiffre de chaque population, et jamais sa proportion.

⚠️ Deuxième règle, quelle population bouge. ⚠️ Une baisse des polynucléaires neutrophiles expose aux infections bactériennes et fongiques, et c'est la seule qui crée une urgence ; une baisse des lymphocytes expose autrement et relève d'une autre démarche ; ⚠️ une élévation des polynucléaires accompagne les infections et l'inflammation, et une élévation majeure avec des cellules immatures évoque une maladie de la moelle.

⚠️ Troisième règle, combien de lignées. ⚠️ Une anomalie isolée et une atteinte de plusieurs lignées n'ouvrent pas la même porte, la seconde imposant un avis spécialisé.

⚠️ Ce que le frottis apporte : la présence de cellules immatures ou de blastes, ⚠️ l'aspect des polynucléaires, et la confirmation du chiffre.

⚠️ Ce qui ne doit jamais retarder le traitement d'une fièvre avec des polynucléaires effondrés : la protéine C réactive, ⚠️ la relecture du frottis, et l'avis du spécialiste.

À retenir

Valeur absolue, quelle population, combien de lignées. Trois questions, et la première d'abord.

À retenir

  • On lit le chiffre de chaque population, jamais sa proportion.
  • Seule la baisse des polynucléaires neutrophiles crée cette urgence.
  • Une élévation majeure avec des cellules immatures évoque la moelle.
  • Une atteinte de plusieurs lignées impose un avis spécialisé.
  • Aucun résultat complémentaire ne retarde le traitement d'une fièvre avec neutrophiles effondrés.

En pratique

  • Valeurs absolues lues
  • Population concernée identifiée
  • Nombre de lignées atteintes évalué
  • Frottis demandé
  • Cellules immatures recherchées
  • Hémogrammes antérieurs comparés
  • Bilan d'orientation adapté au sens de l'anomalie
  • Traitement non retardé par un examen

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'interprétation d'une anomalie des leucocytes repose sur la biologie et sur le frottis. La recherche d'un foyer infectieux par imagerie relève des situations de départ consacrées aux infections et à la fièvre.

Stratégie diagnostique

⚠️ La démarche se sépare en deux dès la première ligne : y a-t-il de la fièvre.

⚠️ Avec de la fièvre et des polynucléaires effondrés : il n'y a pas de démarche diagnostique préalable. ⚠️ On prélève, on traite, et on cherche ensuite. La cause se trouvera plus tard.

⚠️ Sans fièvre, la démarche est celle d'une anomalie de laboratoire. ⚠️ Devant une baisse : rechercher un médicament introduit récemment, ⚠️ cause la plus fréquente et la plus réversible ; une infection virale ; ⚠️ une maladie auto immune ; une carence ; et une atteinte de la moelle si plusieurs lignées sont touchées.

⚠️ Ce qui fait arrêter la démarche plutôt que la poursuivre : une baisse modérée, stable depuis des années, sans infection récurrente, ⚠️ chez une personne dont les valeurs habituelles sont plus basses. Elle se surveille et ne s'explore pas.

⚠️ Devant une élévation : l'infection et l'inflammation expliquent la grande majorité des cas, ⚠️ et une élévation qui persiste sans cause, ou qui s'accompagne de cellules immatures ou d'une grosse rate, fait adresser.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une mesure unique, ⚠️ l'absence de frottis, et une ordonnance incomplète.

⚠️ Et une règle qui protège le patient : chercher le médicament avant la maladie.

À retenir

Fièvre ou pas fièvre : la question qui sépare une urgence d'une anomalie de laboratoire.

À retenir

  • Avec de la fièvre, il n'y a pas de démarche diagnostique préalable.
  • On prélève, on traite, et on cherche ensuite.
  • Le médicament est la cause la plus fréquente et la plus réversible.
  • Une baisse modérée et ancienne se surveille et ne s'explore pas.
  • Chercher le médicament avant la maladie.

En pratique

  • Fièvre recherchée d'emblée
  • Traitement immédiat si fièvre et neutrophiles effondrés
  • Médicaments passés en revue
  • Infection virale envisagée
  • Maladie auto immune envisagée
  • Ancienneté de l'anomalie établie
  • Exploration inutile évitée
  • Avis spécialisé si plusieurs lignées ou cellules immatures

Urgence vitale

⚠️ Une fièvre avec des polynucléaires neutrophiles effondrés est une urgence qui se compte en heures, ⚠️ et le pronostic dépend du délai entre l'arrivée et la première dose.

⚠️ Ce qui se fait, dans cet ordre et en quelques minutes : des hémocultures, ⚠️ puis un antibiotique à large spectre par voie veineuse, sans attendre aucun autre résultat. ⚠️ La protéine C réactive, le frottis et l'avis du spécialiste viennent après.

⚠️ Ce qui s'arrête au même moment : le médicament suspect.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : une injection dans un muscle, ⚠️ un geste par voie rectale, un sondage ou un cathéter non indispensables, et une prise de température par voie rectale.

⚠️ Ce qui s'organise : une hospitalisation, ⚠️ une chambre individuelle, une hygiène des mains renforcée, ⚠️ le patient étant à protéger et non à isoler des autres, et l'information de l'équipe.

⚠️ L'autre urgence, moins fréquente : une élévation majeure avec des cellules immatures et des signes de mauvaise circulation, ⚠️ essoufflement, confusion, troubles visuels, qui impose un avis spécialisé immédiat.

Ce qui se note : ⚠️ l'heure d'arrivée, l'heure des hémocultures, l'heure de la première dose.

Urgence

Fièvre et neutrophiles effondrés : hémocultures puis antibiotique dans l'heure, quoi qu'il manque au dossier.

À retenir

  • Le pronostic dépend du délai entre l'arrivée et la première dose.
  • Hémocultures puis antibiotique, sans attendre aucun autre résultat.
  • Le médicament suspect s'arrête au même moment.
  • Aucune injection intramusculaire ni geste rectal.
  • Le patient est à protéger, pas à isoler des autres.

En pratique

  • Hémocultures prélevées
  • Antibiotique administré sans délai
  • Médicament suspect arrêté
  • Gestes à risque évités
  • Chambre individuelle organisée
  • Hygiène des mains renforcée
  • Équipe informée
  • Horaires notés

Stratégie de prise en charge

⚠️ Après l'urgence, deux décisions structurent la suite : le sort du médicament, ⚠️ et celui de la maladie qu'il traitait.

⚠️ Le médicament : arrêté, noté au dossier et sur l'ordonnance, ⚠️ déclaré comme effet indésirable, et inscrit comme contre indication définitive sur un document remis au patient. ⚠️ Une contre indication non écrite ne survivra pas à la sortie.

⚠️ La maladie qu'il traitait : elle existe toujours, ⚠️ et la question de son traitement se pose dès le lendemain, avec le prescripteur initial. ⚠️ Sortir un patient sans avoir traité ce point l'expose à rester sans traitement.

⚠️ Ce qui se surveille : la remontée des polynucléaires, ⚠️ par des hémogrammes rapprochés, et l'apyrexie.

⚠️ Ce qui se réévalue à 48 et 72 heures : l'antibiotique, ⚠️ selon les résultats et l'évolution, et non par habitude.

⚠️ Ce qui s'anticipe pour la suite : la conduite à tenir en cas de fièvre chez ce patient, ⚠️ écrite et remise, et le fait qu'une fièvre chez lui n'est pas une fièvre ordinaire.

⚠️ Ce qui se documente : le médicament en cause, la date, la conduite tenue, ⚠️ et le nom du confrère prévenu.

À retenir

Écrire la contre indication sur un document remis au patient. C'est la seule qui le suivra.

À retenir

  • Deux décisions structurent la suite : le médicament et la maladie qu'il traitait.
  • Une contre indication non écrite ne survivra pas à la sortie.
  • La maladie traitée existe toujours et se repose dès le lendemain.
  • L'antibiotique se réévalue à 48 et 72 heures, pas par habitude.
  • Une fièvre chez ce patient n'est pas une fièvre ordinaire.

En pratique

  • Médicament arrêté et noté
  • Effet indésirable déclaré
  • Contre indication écrite et remise
  • Prescripteur initial joint
  • Alternative thérapeutique organisée
  • Hémogrammes rapprochés programmés
  • Antibiotique réévalué
  • Conduite en cas de fièvre remise

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Les hémocultures et le prélèvement sanguin relèvent des situations de départ correspondantes, et le prélèvement de moelle est un acte spécialisé.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce de maladie chronique ou grave au sens du dispositif d'annonce. Ce qui se dit au patient sur sa contre indication et sur la conduite en cas de fièvre est traité dans la section consacrée à l'éducation et à la prévention.

Éducation et prévention

⚠️ La prévention de cet accident tient dans une phrase dite à l'introduction du traitement, ⚠️ et elle n'est presque jamais dite en entier.

⚠️ Ce qui se dit à l'introduction d'un médicament à risque : qu'il faut consulter en urgence en cas de fièvre, de mal de gorge ou d'aphtes, ⚠️ et faire un hémogramme le jour même, sans attendre le rendez-vous. ⚠️ La phrase se remet par écrit, et l'on vérifie qu'elle a été comprise.

⚠️ Ce qui se vérifie et qui manque ici : que la surveillance biologique prescrite est réellement faite, ⚠️ ce qui suppose une ordonnance, un lieu, et un rappel. ⚠️ Une surveillance prescrite sans organisation n'a pas lieu.

⚠️ Ce qui se dit après l'accident : le nom du médicament et le fait qu'il ne doit plus jamais être repris, ⚠️ y compris sous un autre nom commercial, et que cette information doit être donnée à tout soignant.

⚠️ Ce qui se dit sur la vie courante pendant la période à risque : l'hygiène des mains, ⚠️ éviter les contacts avec des personnes contagieuses, et la conduite immédiate en cas de fièvre.

⚠️ Ce qui ne se dit pas : une consigne qui culpabilise, le défaut d'organisation n'appartenant pas au patient.

À retenir

Remettre par écrit : fièvre, mal de gorge ou aphtes égalent hémogramme le jour même.

À retenir

  • La prévention tient dans une phrase dite à l'introduction du traitement.
  • Fièvre, mal de gorge ou aphtes imposent un hémogramme le jour même.
  • Une surveillance prescrite sans organisation n'a pas lieu.
  • Le médicament ne doit plus jamais être repris, y compris sous un autre nom.
  • Le défaut d'organisation n'appartient pas au patient.

En pratique

  • Consigne d'alerte donnée à l'introduction
  • Consigne remise par écrit
  • Compréhension vérifiée
  • Ordonnance de surveillance remise
  • Organisation de la surveillance vérifiée
  • Nom du médicament donné après l'accident
  • Information de tout soignant demandée
  • Conseils d'hygiène donnés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Cet accident met en jeu au moins quatre professionnels, ⚠️ et il révèle presque toujours un défaut de circulation de l'information.

Ce qui se transmet au laboratoire : ⚠️ le contexte et l'urgence, ⚠️ et la demande de vérification du chiffre sur le frottis, sans que cette vérification retarde le traitement.

Ce qui se transmet au prescripteur initial, et qui ne se remet pas à plus tard : ⚠️ l'accident, sa date, le médicament en cause, ⚠️ et la nécessité de trouver une alternative pour la maladie traitée.

Ce qui se transmet au pharmacien : ⚠️ la contre indication, quand le traitement est délivré régulièrement.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ les gestes à éviter, ⚠️ les mesures de protection, et le fait qu'une fièvre chez ce patient impose un appel immédiat.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le médicament en cause, la conduite tenue, le suivi de l'hémogramme, ⚠️ et le document remis au patient.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier, en toutes lettres : le nom du médicament comme contre indication. ⚠️ Une allergie s'écrit toujours, une agranulocytose s'oublie souvent, et c'est ainsi que le médicament est réintroduit des années plus tard.

À retenir

Écrire le nom du médicament en toutes lettres comme contre indication. Sinon il reviendra.

À retenir

  • L'accident révèle presque toujours un défaut de circulation de l'information.
  • La vérification au laboratoire ne retarde pas le traitement.
  • Le prescripteur initial doit trouver une alternative, et cela ne se remet pas.
  • Une fièvre chez ce patient impose un appel immédiat, et l'équipe doit le savoir.
  • Une allergie s'écrit toujours, une agranulocytose s'oublie souvent.

En pratique

  • Laboratoire informé du contexte
  • Vérification demandée sans retarder
  • Prescripteur initial joint
  • Alternative discutée
  • Pharmacien informé
  • Équipe informée des gestes à éviter
  • Médecin traitant informé
  • Contre indication écrite en toutes lettres

Sources

  • R2C, item 296 : Agranulocytose médicamenteuse : conduite à tenir
  • R2C, item 157 : Septicémie / Bactériémie / Fongémie de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 317 : Syndromes myéloprolifératifs
  • Collège des enseignants d'hématologie, chapitres « Neutropénies » et « Hyperleucocytoses »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la neutropénie fébrile et sur la surveillance des médicaments exposant à une agranulocytose. La date de la version consultée fait partie de la source