Fiche de révision
Hyperéosinophilie
Trois causes couvrent presque tout, et la question qui les départage est celle des voyages.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ L'interrogatoire fait le diagnostic dans la majorité des cas, ⚠️ et il tient en trois blocs de questions.
⚠️ Les médicaments : tous, ⚠️ avec leur date d'introduction, y compris ceux pris sans ordonnance, ⚠️ les compléments, les plantes et les produits appliqués sur la peau. ⚠️ Un médicament est la cause la plus fréquente et la plus réversible, et il se cherche même quand il est pris depuis plusieurs semaines sans problème.
⚠️ Le terrain allergique : une rhinite, un asthme, un eczéma, ⚠️ leur ancienneté et leur saisonnalité, et une exposition professionnelle.
⚠️ Les voyages, et c'est le bloc qui manque : toutes les destinations depuis plusieurs années, ⚠️ et non le seul dernier séjour, la durée, ⚠️ les baignades en eau douce, la marche pieds nus, ⚠️ les aliments consommés crus, et les conditions d'hébergement.
Ce qui se cherche comme retentissement : ⚠️ des démangeaisons, une éruption, ⚠️ une toux ou un essoufflement, des troubles digestifs, ⚠️ des douleurs musculaires, et des signes neurologiques.
⚠️ Et une question qui date : un hémogramme antérieur, ⚠️ une élévation ancienne et stable orientant différemment.
À retenir
- L'interrogatoire fait le diagnostic dans la majorité des cas.
- Un médicament se cherche même quand il est pris depuis plusieurs semaines.
- Les destinations se demandent sur plusieurs années, pas seulement le dernier séjour.
- Baignades en eau douce et marche pieds nus sont des questions à poser.
- Une élévation ancienne et stable oriente différemment.
En pratique
- Médicaments listés avec leurs dates
- Produits sans ordonnance recherchés
- Terrain allergique précisé
- Exposition professionnelle recherchée
- Toutes les destinations recensées
- Baignades en eau douce recherchées
- Signes d'organe recherchés
- Hémogrammes antérieurs recherchés
Examen clinique
⚠️ L'examen cherche la cause sur la peau, ⚠️ et la gravité dans les organes.
Ce qui se cherche sur la peau : ⚠️ une éruption, ⚠️ des traces de grattage, un cordon serpigineux migrateur, ⚠️ un œdème localisé et fugace, et une atteinte des muqueuses, ⚠️ qui devant une cause médicamenteuse est un signe de gravité.
Ce qui se cherche comme retentissement d'organe : ⚠️ une auscultation pulmonaire, ⚠️ des signes d'insuffisance cardiaque, des signes neurologiques périphériques, ⚠️ et une atteinte des articulations.
Ce qui se cherche comme orientation : ⚠️ des ganglions, une grosse rate, ⚠️ un gros foie, et une masse abdominale.
⚠️ Ce qui doit alerter devant une cause médicamenteuse : une fièvre, ⚠️ une éruption étendue, des ganglions, ⚠️ et une atteinte du foie ou du rein, association qui constitue un tableau grave et impose l'arrêt immédiat.
Ce qui se mesure : ⚠️ la température, le poids, la pression artérielle, ⚠️ et la saturation.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien, la plupart de ces élévations étant asymptomatiques au début.
À retenir
- L'examen cherche la cause sur la peau et la gravité dans les organes.
- Un cordon migrateur et un œdème fugace sont des signes à connaître.
- Une atteinte des muqueuses sous médicament est un signe de gravité.
- Fièvre, éruption étendue, ganglions et atteinte d'organe imposent l'arrêt immédiat.
- La plupart de ces élévations sont asymptomatiques au début.
En pratique
- Peau examinée en entier
- Traces de grattage recherchées
- Œdème fugace recherché
- Muqueuses examinées
- Auscultation pulmonaire
- Signes cardiaques et neurologiques recherchés
- Ganglions, foie et rate palpés
- Constantes complètes relevées
Synthèse paraclinique
⚠️ La première règle est de lire la valeur absolue, ⚠️ un pourcentage se déplaçant dès qu'une autre population bouge.
⚠️ La deuxième est de situer le niveau : une élévation modérée oriente vers les causes banales, ⚠️ une élévation importante et durable devient une maladie en soi, capable d'abîmer des organes. ⚠️ Le seuil qui fait changer de conduite figure dans les recommandations en vigueur.
⚠️ La troisième est de dater : un hémogramme antérieur transforme une valeur en évolution, ⚠️ et une élévation ancienne et stable ne se traite pas comme une élévation apparue en quelques mois.
⚠️ Les examens de première intention, quand une parasitose est possible : un examen parasitologique des selles, ⚠️ répété à plusieurs jours d'intervalle, l'élimination des parasites étant irrégulière ; ⚠️ et des sérologies choisies selon les destinations, et non toutes en même temps.
⚠️ Ce qui se demande en cas de suspicion médicamenteuse : les enzymes du foie, ⚠️ la créatinine, et un examen des urines, ⚠️ une atteinte d'organe changeant la conduite.
⚠️ Ce qui se demande devant une élévation importante et persistante sans cause : une évaluation du retentissement, ⚠️ tracé du cœur, marqueur cardiaque, imagerie du thorax, et un avis spécialisé.
À retenir
- La valeur absolue se lit avant toute chose.
- Une élévation importante et durable devient une maladie en soi.
- Un hémogramme antérieur transforme une valeur en évolution.
- L'examen des selles se répète, l'élimination des parasites est irrégulière.
- Les sérologies se choisissent selon les destinations, pas toutes en même temps.
En pratique
- Valeur absolue lue
- Niveau situé
- Valeurs antérieures comparées
- Examen des selles répété
- Sérologies choisies selon les destinations
- Bilan du foie et du rein si médicament suspecté
- Examen des urines demandé si besoin
- Retentissement d'organe évalué si élévation importante
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ Trois causes, dans cet ordre, et une quatrième qui vient après.
⚠️ Un médicament : le plus fréquent, le plus réversible, ⚠️ et celui qu'on cherche le moins parce qu'on croit connaître l'ordonnance. La liste se relit produit par produit.
⚠️ Une cause allergique : fréquente, souvent connue du patient, ⚠️ et rarement responsable à elle seule d'une élévation importante.
⚠️ Une parasitose : qui dépend entièrement d'une question de voyage, ⚠️ et qui peut se révéler des années après le séjour.
⚠️ Et ensuite seulement : les maladies inflammatoires, les maladies du sang, et certaines tumeurs, ⚠️ explorées quand les trois premières ont été écartées et que l'anomalie persiste.
⚠️ Ce qui fait sortir de la démarche : une élévation modérée chez une personne allergique connue, sans signe, stable, ⚠️ qui se surveille et ne s'explore pas indéfiniment.
⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une ordonnance incomplète, ⚠️ une question de voyage non posée, un examen des selles fait une seule fois, ⚠️ et une valeur unique.
⚠️ Et une règle de sécurité : devant une élévation importante avec des signes d'organe, la démarche change de nature, ⚠️ et l'avis spécialisé ne se remet pas à plus tard.
À retenir
- Le médicament est celui qu'on cherche le moins parce qu'on croit connaître l'ordonnance.
- Une cause allergique explique rarement à elle seule une élévation importante.
- Une parasitose peut se révéler des années après le séjour.
- Les autres causes ne s'explorent qu'après les trois premières.
- Une élévation modérée stable chez un allergique connu ne s'explore pas indéfiniment.
En pratique
- Ordonnance relue produit par produit
- Terrain allergique évalué
- Voyages recensés
- Examen des selles répété
- Sérologies ciblées
- Autres causes différées
- Surveillance choisie si forme modérée stable
- Avis spécialisé si signes d'organe
Urgence vitale
⚠️ Deux situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire, ⚠️ et elles se reconnaissent en quelques questions.
⚠️ La première est une réaction médicamenteuse grave : une fièvre, ⚠️ une éruption étendue, un œdème du visage, ⚠️ des ganglions, une atteinte du foie ou du rein. ⚠️ Le médicament s'arrête immédiatement, l'avis spécialisé est demandé le jour même, ⚠️ et la réintroduction est définitivement contre indiquée.
⚠️ La seconde est une atteinte d'organe liée à une élévation importante et prolongée : un essoufflement, ⚠️ une douleur du thorax, des signes d'insuffisance cardiaque, ⚠️ des troubles neurologiques, et des signes de thrombose. ⚠️ Elle impose un avis spécialisé sans délai, la prise en charge relevant de l'hématologue.
⚠️ Ce qui constitue une urgence particulière avant certains traitements : une parasitose latente pouvant se disséminer sous immunosuppression, ⚠️ et qui se dépiste avant d'introduire ces traitements chez une personne ayant séjourné en zone d'endémie.
Ce qui se fait dans tous les cas : ⚠️ arrêter ce qui peut l'être, documenter, ⚠️ et joindre le spécialiste avec les chiffres et les dates.
À retenir
- Deux situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire.
- Fièvre, éruption étendue, ganglions et atteinte d'organe imposent un arrêt immédiat.
- Une élévation importante et prolongée peut abîmer le cœur et le système nerveux.
- Une parasitose latente peut se disséminer sous immunosuppression.
- Le dépistage se fait avant d'introduire ces traitements, pas après.
En pratique
- Réaction médicamenteuse grave recherchée
- Médicament arrêté immédiatement si suspicion
- Atteinte du foie et du rein évaluée
- Signes cardiaques et neurologiques recherchés
- Avis spécialisé demandé si atteinte d'organe
- Antécédent de séjour recherché avant immunosuppression
- Contre indication écrite
- Documentation et transmission faites
Stratégie de prise en charge
⚠️ On traite la cause, ⚠️ et le premier traitement est souvent un arrêt.
⚠️ Devant une cause médicamenteuse : arrêter, ⚠️ noter au dossier et sur l'ordonnance, déclarer l'effet indésirable, ⚠️ et contrôler l'hémogramme à distance, la normalisation confirmant l'hypothèse.
⚠️ Devant une parasitose documentée : le traitement spécifique, ⚠️ et le contrôle de son efficacité, la baisse du chiffre étant un des critères.
⚠️ Devant une cause allergique : le traitement de la maladie allergique, ⚠️ sans attendre de correction complète du chiffre.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : traiter à l'aveugle par un antiparasitaire sans documentation, ⚠️ sauf situation particulière et argumentée, et donner un traitement qui diminue les défenses avant d'avoir dépisté une parasitose latente chez une personne exposée.
⚠️ Ce qui se programme : un contrôle daté, ⚠️ et un calendrier tenant compte des contraintes du patient, un départ imminent obligeant à décider ce qui se fait avant et ce qui se fait après.
⚠️ Ce qui se documente : la cause retenue, ce qui a été arrêté, et la date du contrôle.
À retenir
- Le premier traitement est souvent un arrêt.
- La normalisation après arrêt confirme l'hypothèse.
- La baisse du chiffre fait partie du contrôle d'efficacité d'un traitement antiparasitaire.
- On ne traite pas à l'aveugle sans documentation.
- Un départ imminent oblige à décider ce qui se fait avant et ce qui se fait après.
En pratique
- Médicament suspect arrêté
- Arrêt noté et déclaré
- Traitement spécifique si parasitose documentée
- Contrôle d'efficacité programmé
- Maladie allergique traitée
- Traitement à l'aveugle évité
- Dépistage avant immunosuppression
- Calendrier adapté aux contraintes du patient
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Cette situation survient souvent chez quelqu'un qui va repartir, ⚠️ et c'est l'occasion la plus utile de donner des conseils de prévention.
Ce qui se dit avant un séjour en zone tropicale : ⚠️ ne pas se baigner en eau douce, ⚠️ ne pas marcher pieds nus sur un sol humide, ne pas s'allonger à même le sable, ⚠️ laver et cuire les aliments, et boire de l'eau contrôlée.
⚠️ Ce qui se dit sur le retour : qu'une fièvre, des démangeaisons, une diarrhée ou une éruption au retour se signalent, ⚠️ et que le voyage doit être mentionné spontanément à tout médecin, même des mois plus tard.
⚠️ Ce qui se dit sur le médicament en cause quand il l'est : son nom, ⚠️ le fait qu'il ne doit plus être repris, et l'information à donner à tout soignant.
Ce qui se dit sur l'examen des selles : ⚠️ qu'il doit être répété, comment le recueillir, ⚠️ et qu'un résultat négatif unique ne conclut pas.
⚠️ Ce qui se dit sur le suivi : le rythme du contrôle, et le fait qu'une normalisation peut prendre plusieurs semaines.
À retenir
- La situation survient souvent chez quelqu'un qui va repartir.
- Baignades en eau douce et marche pieds nus se déconseillent explicitement.
- Le voyage se mentionne spontanément à tout médecin, même des mois plus tard.
- Un examen des selles négatif une seule fois ne conclut pas.
- Une normalisation peut prendre plusieurs semaines.
En pratique
- Conseils de baignade donnés
- Conseil sur la marche pieds nus donné
- Conseils alimentaires et sur l'eau donnés
- Signes de retour expliqués
- Consigne de mentionner le voyage donnée
- Médicament en cause nommé si applicable
- Modalités du recueil des selles expliquées
- Rythme du suivi expliqué
Communication interprofessionnelle
⚠️ Le laboratoire ne cherche que ce qu'on lui nomme, ⚠️ et c'est particulièrement vrai ici.
Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la valeur des polynucléaires éosinophiles, ⚠️ les destinations et leurs dates, les expositions, ⚠️ les traitements en cours, et les sérologies souhaitées, nommées une par une. ⚠️ Une demande de « sérologies parasitaires » sans précision donne un résultat partiel.
Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ quelles recherches il pratique en routine, ⚠️ lesquelles il envoie ailleurs et sous quel délai, et ses conditions de recueil.
Ce qui se transmet au spécialiste : ⚠️ les hémogrammes successifs avec leurs dates, ⚠️ la liste complète des traitements avec leurs dates d'introduction, le calendrier des voyages, ⚠️ et ce qui a déjà été cherché et écarté.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la cause retenue, ce qui a été arrêté, ⚠️ et la date du contrôle.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : le calendrier des voyages. ⚠️ C'est l'information qui manque le plus souvent des années plus tard, et celle qui aurait permis de conclure.
À retenir
- Le laboratoire ne cherche que ce qu'on lui nomme.
- Une demande de sérologies parasitaires sans précision donne un résultat partiel.
- Les délais et les envois vers d'autres laboratoires se demandent à l'avance.
- Le calendrier des voyages se transmet au spécialiste.
- C'est l'information qui manque le plus souvent des années plus tard.
En pratique
- Valeur et contexte sur la demande
- Destinations et dates transmises
- Expositions précisées
- Sérologies nommées une par une
- Délais vérifiés auprès du laboratoire
- Hémogrammes successifs transmis
- Traitements datés transmis
- Calendrier des voyages écrit au dossier