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Fiche de révision

Hyperéosinophilie

Trois causes couvrent presque tout, et la question qui les départage est celle des voyages.

Situation de départ 219Catégorie IIItem R2C 218Item R2C 175Item R2C 172

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire fait le diagnostic dans la majorité des cas, ⚠️ et il tient en trois blocs de questions.

⚠️ Les médicaments : tous, ⚠️ avec leur date d'introduction, y compris ceux pris sans ordonnance, ⚠️ les compléments, les plantes et les produits appliqués sur la peau. ⚠️ Un médicament est la cause la plus fréquente et la plus réversible, et il se cherche même quand il est pris depuis plusieurs semaines sans problème.

⚠️ Le terrain allergique : une rhinite, un asthme, un eczéma, ⚠️ leur ancienneté et leur saisonnalité, et une exposition professionnelle.

⚠️ Les voyages, et c'est le bloc qui manque : toutes les destinations depuis plusieurs années, ⚠️ et non le seul dernier séjour, la durée, ⚠️ les baignades en eau douce, la marche pieds nus, ⚠️ les aliments consommés crus, et les conditions d'hébergement.

Ce qui se cherche comme retentissement : ⚠️ des démangeaisons, une éruption, ⚠️ une toux ou un essoufflement, des troubles digestifs, ⚠️ des douleurs musculaires, et des signes neurologiques.

⚠️ Et une question qui date : un hémogramme antérieur, ⚠️ une élévation ancienne et stable orientant différemment.

Le piège

Ne demander que le dernier voyage. Certaines parasitoses se révèlent des années après.

À retenir

  • L'interrogatoire fait le diagnostic dans la majorité des cas.
  • Un médicament se cherche même quand il est pris depuis plusieurs semaines.
  • Les destinations se demandent sur plusieurs années, pas seulement le dernier séjour.
  • Baignades en eau douce et marche pieds nus sont des questions à poser.
  • Une élévation ancienne et stable oriente différemment.

En pratique

  • Médicaments listés avec leurs dates
  • Produits sans ordonnance recherchés
  • Terrain allergique précisé
  • Exposition professionnelle recherchée
  • Toutes les destinations recensées
  • Baignades en eau douce recherchées
  • Signes d'organe recherchés
  • Hémogrammes antérieurs recherchés

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche la cause sur la peau, ⚠️ et la gravité dans les organes.

Ce qui se cherche sur la peau : ⚠️ une éruption, ⚠️ des traces de grattage, un cordon serpigineux migrateur, ⚠️ un œdème localisé et fugace, et une atteinte des muqueuses, ⚠️ qui devant une cause médicamenteuse est un signe de gravité.

Ce qui se cherche comme retentissement d'organe : ⚠️ une auscultation pulmonaire, ⚠️ des signes d'insuffisance cardiaque, des signes neurologiques périphériques, ⚠️ et une atteinte des articulations.

Ce qui se cherche comme orientation : ⚠️ des ganglions, une grosse rate, ⚠️ un gros foie, et une masse abdominale.

⚠️ Ce qui doit alerter devant une cause médicamenteuse : une fièvre, ⚠️ une éruption étendue, des ganglions, ⚠️ et une atteinte du foie ou du rein, association qui constitue un tableau grave et impose l'arrêt immédiat.

Ce qui se mesure : ⚠️ la température, le poids, la pression artérielle, ⚠️ et la saturation.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien, la plupart de ces élévations étant asymptomatiques au début.

Urgence

Sous médicament : fièvre, éruption étendue, ganglions et atteinte du foie ou du rein imposent l'arrêt immédiat.

À retenir

  • L'examen cherche la cause sur la peau et la gravité dans les organes.
  • Un cordon migrateur et un œdème fugace sont des signes à connaître.
  • Une atteinte des muqueuses sous médicament est un signe de gravité.
  • Fièvre, éruption étendue, ganglions et atteinte d'organe imposent l'arrêt immédiat.
  • La plupart de ces élévations sont asymptomatiques au début.

En pratique

  • Peau examinée en entier
  • Traces de grattage recherchées
  • Œdème fugace recherché
  • Muqueuses examinées
  • Auscultation pulmonaire
  • Signes cardiaques et neurologiques recherchés
  • Ganglions, foie et rate palpés
  • Constantes complètes relevées

Synthèse paraclinique

⚠️ La première règle est de lire la valeur absolue, ⚠️ un pourcentage se déplaçant dès qu'une autre population bouge.

⚠️ La deuxième est de situer le niveau : une élévation modérée oriente vers les causes banales, ⚠️ une élévation importante et durable devient une maladie en soi, capable d'abîmer des organes. ⚠️ Le seuil qui fait changer de conduite figure dans les recommandations en vigueur.

⚠️ La troisième est de dater : un hémogramme antérieur transforme une valeur en évolution, ⚠️ et une élévation ancienne et stable ne se traite pas comme une élévation apparue en quelques mois.

⚠️ Les examens de première intention, quand une parasitose est possible : un examen parasitologique des selles, ⚠️ répété à plusieurs jours d'intervalle, l'élimination des parasites étant irrégulière ; ⚠️ et des sérologies choisies selon les destinations, et non toutes en même temps.

⚠️ Ce qui se demande en cas de suspicion médicamenteuse : les enzymes du foie, ⚠️ la créatinine, et un examen des urines, ⚠️ une atteinte d'organe changeant la conduite.

⚠️ Ce qui se demande devant une élévation importante et persistante sans cause : une évaluation du retentissement, ⚠️ tracé du cœur, marqueur cardiaque, imagerie du thorax, et un avis spécialisé.

À retenir

Répéter l'examen des selles avant de le croire négatif. Une seule fois ne suffit pas.

À retenir

  • La valeur absolue se lit avant toute chose.
  • Une élévation importante et durable devient une maladie en soi.
  • Un hémogramme antérieur transforme une valeur en évolution.
  • L'examen des selles se répète, l'élimination des parasites est irrégulière.
  • Les sérologies se choisissent selon les destinations, pas toutes en même temps.

En pratique

  • Valeur absolue lue
  • Niveau situé
  • Valeurs antérieures comparées
  • Examen des selles répété
  • Sérologies choisies selon les destinations
  • Bilan du foie et du rein si médicament suspecté
  • Examen des urines demandé si besoin
  • Retentissement d'organe évalué si élévation importante

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'exploration de première intention repose sur l'interrogatoire et sur la biologie. L'imagerie ne devient utile que devant une atteinte d'organe suspectée, et relève alors des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois causes, dans cet ordre, et une quatrième qui vient après.

⚠️ Un médicament : le plus fréquent, le plus réversible, ⚠️ et celui qu'on cherche le moins parce qu'on croit connaître l'ordonnance. La liste se relit produit par produit.

⚠️ Une cause allergique : fréquente, souvent connue du patient, ⚠️ et rarement responsable à elle seule d'une élévation importante.

⚠️ Une parasitose : qui dépend entièrement d'une question de voyage, ⚠️ et qui peut se révéler des années après le séjour.

⚠️ Et ensuite seulement : les maladies inflammatoires, les maladies du sang, et certaines tumeurs, ⚠️ explorées quand les trois premières ont été écartées et que l'anomalie persiste.

⚠️ Ce qui fait sortir de la démarche : une élévation modérée chez une personne allergique connue, sans signe, stable, ⚠️ qui se surveille et ne s'explore pas indéfiniment.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une ordonnance incomplète, ⚠️ une question de voyage non posée, un examen des selles fait une seule fois, ⚠️ et une valeur unique.

⚠️ Et une règle de sécurité : devant une élévation importante avec des signes d'organe, la démarche change de nature, ⚠️ et l'avis spécialisé ne se remet pas à plus tard.

À retenir

Médicament, allergie, parasitose. Dans cet ordre, et l'ordonnance se relit produit par produit.

À retenir

  • Le médicament est celui qu'on cherche le moins parce qu'on croit connaître l'ordonnance.
  • Une cause allergique explique rarement à elle seule une élévation importante.
  • Une parasitose peut se révéler des années après le séjour.
  • Les autres causes ne s'explorent qu'après les trois premières.
  • Une élévation modérée stable chez un allergique connu ne s'explore pas indéfiniment.

En pratique

  • Ordonnance relue produit par produit
  • Terrain allergique évalué
  • Voyages recensés
  • Examen des selles répété
  • Sérologies ciblées
  • Autres causes différées
  • Surveillance choisie si forme modérée stable
  • Avis spécialisé si signes d'organe

Urgence vitale

⚠️ Deux situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire, ⚠️ et elles se reconnaissent en quelques questions.

⚠️ La première est une réaction médicamenteuse grave : une fièvre, ⚠️ une éruption étendue, un œdème du visage, ⚠️ des ganglions, une atteinte du foie ou du rein. ⚠️ Le médicament s'arrête immédiatement, l'avis spécialisé est demandé le jour même, ⚠️ et la réintroduction est définitivement contre indiquée.

⚠️ La seconde est une atteinte d'organe liée à une élévation importante et prolongée : un essoufflement, ⚠️ une douleur du thorax, des signes d'insuffisance cardiaque, ⚠️ des troubles neurologiques, et des signes de thrombose. ⚠️ Elle impose un avis spécialisé sans délai, la prise en charge relevant de l'hématologue.

⚠️ Ce qui constitue une urgence particulière avant certains traitements : une parasitose latente pouvant se disséminer sous immunosuppression, ⚠️ et qui se dépiste avant d'introduire ces traitements chez une personne ayant séjourné en zone d'endémie.

Ce qui se fait dans tous les cas : ⚠️ arrêter ce qui peut l'être, documenter, ⚠️ et joindre le spécialiste avec les chiffres et les dates.

Urgence

Avant un traitement qui diminue les défenses chez une personne ayant séjourné en zone d'endémie : dépister d'abord.

À retenir

  • Deux situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire.
  • Fièvre, éruption étendue, ganglions et atteinte d'organe imposent un arrêt immédiat.
  • Une élévation importante et prolongée peut abîmer le cœur et le système nerveux.
  • Une parasitose latente peut se disséminer sous immunosuppression.
  • Le dépistage se fait avant d'introduire ces traitements, pas après.

En pratique

  • Réaction médicamenteuse grave recherchée
  • Médicament arrêté immédiatement si suspicion
  • Atteinte du foie et du rein évaluée
  • Signes cardiaques et neurologiques recherchés
  • Avis spécialisé demandé si atteinte d'organe
  • Antécédent de séjour recherché avant immunosuppression
  • Contre indication écrite
  • Documentation et transmission faites

Stratégie de prise en charge

⚠️ On traite la cause, ⚠️ et le premier traitement est souvent un arrêt.

⚠️ Devant une cause médicamenteuse : arrêter, ⚠️ noter au dossier et sur l'ordonnance, déclarer l'effet indésirable, ⚠️ et contrôler l'hémogramme à distance, la normalisation confirmant l'hypothèse.

⚠️ Devant une parasitose documentée : le traitement spécifique, ⚠️ et le contrôle de son efficacité, la baisse du chiffre étant un des critères.

⚠️ Devant une cause allergique : le traitement de la maladie allergique, ⚠️ sans attendre de correction complète du chiffre.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : traiter à l'aveugle par un antiparasitaire sans documentation, ⚠️ sauf situation particulière et argumentée, et donner un traitement qui diminue les défenses avant d'avoir dépisté une parasitose latente chez une personne exposée.

⚠️ Ce qui se programme : un contrôle daté, ⚠️ et un calendrier tenant compte des contraintes du patient, un départ imminent obligeant à décider ce qui se fait avant et ce qui se fait après.

⚠️ Ce qui se documente : la cause retenue, ce qui a été arrêté, et la date du contrôle.

Le piège

Prescrire un antiparasitaire sans documentation. Le diagnostic devient impossible à faire ensuite.

À retenir

  • Le premier traitement est souvent un arrêt.
  • La normalisation après arrêt confirme l'hypothèse.
  • La baisse du chiffre fait partie du contrôle d'efficacité d'un traitement antiparasitaire.
  • On ne traite pas à l'aveugle sans documentation.
  • Un départ imminent oblige à décider ce qui se fait avant et ce qui se fait après.

En pratique

  • Médicament suspect arrêté
  • Arrêt noté et déclaré
  • Traitement spécifique si parasitose documentée
  • Contrôle d'efficacité programmé
  • Maladie allergique traitée
  • Traitement à l'aveugle évité
  • Dépistage avant immunosuppression
  • Calendrier adapté aux contraintes du patient

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Le prélèvement sanguin et le recueil des selles relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce de maladie grave. L'information donnée au patient avant un voyage et sur ses traitements est traitée dans la section consacrée à l'éducation et à la prévention.

Éducation et prévention

⚠️ Cette situation survient souvent chez quelqu'un qui va repartir, ⚠️ et c'est l'occasion la plus utile de donner des conseils de prévention.

Ce qui se dit avant un séjour en zone tropicale : ⚠️ ne pas se baigner en eau douce, ⚠️ ne pas marcher pieds nus sur un sol humide, ne pas s'allonger à même le sable, ⚠️ laver et cuire les aliments, et boire de l'eau contrôlée.

⚠️ Ce qui se dit sur le retour : qu'une fièvre, des démangeaisons, une diarrhée ou une éruption au retour se signalent, ⚠️ et que le voyage doit être mentionné spontanément à tout médecin, même des mois plus tard.

⚠️ Ce qui se dit sur le médicament en cause quand il l'est : son nom, ⚠️ le fait qu'il ne doit plus être repris, et l'information à donner à tout soignant.

Ce qui se dit sur l'examen des selles : ⚠️ qu'il doit être répété, comment le recueillir, ⚠️ et qu'un résultat négatif unique ne conclut pas.

⚠️ Ce qui se dit sur le suivi : le rythme du contrôle, et le fait qu'une normalisation peut prendre plusieurs semaines.

À retenir

Dire au patient de mentionner ses voyages spontanément. Personne ne les lui demandera dans deux ans.

À retenir

  • La situation survient souvent chez quelqu'un qui va repartir.
  • Baignades en eau douce et marche pieds nus se déconseillent explicitement.
  • Le voyage se mentionne spontanément à tout médecin, même des mois plus tard.
  • Un examen des selles négatif une seule fois ne conclut pas.
  • Une normalisation peut prendre plusieurs semaines.

En pratique

  • Conseils de baignade donnés
  • Conseil sur la marche pieds nus donné
  • Conseils alimentaires et sur l'eau donnés
  • Signes de retour expliqués
  • Consigne de mentionner le voyage donnée
  • Médicament en cause nommé si applicable
  • Modalités du recueil des selles expliquées
  • Rythme du suivi expliqué

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le laboratoire ne cherche que ce qu'on lui nomme, ⚠️ et c'est particulièrement vrai ici.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la valeur des polynucléaires éosinophiles, ⚠️ les destinations et leurs dates, les expositions, ⚠️ les traitements en cours, et les sérologies souhaitées, nommées une par une. ⚠️ Une demande de « sérologies parasitaires » sans précision donne un résultat partiel.

Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ quelles recherches il pratique en routine, ⚠️ lesquelles il envoie ailleurs et sous quel délai, et ses conditions de recueil.

Ce qui se transmet au spécialiste : ⚠️ les hémogrammes successifs avec leurs dates, ⚠️ la liste complète des traitements avec leurs dates d'introduction, le calendrier des voyages, ⚠️ et ce qui a déjà été cherché et écarté.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la cause retenue, ce qui a été arrêté, ⚠️ et la date du contrôle.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : le calendrier des voyages. ⚠️ C'est l'information qui manque le plus souvent des années plus tard, et celle qui aurait permis de conclure.

À retenir

Écrire le calendrier des voyages au dossier. Personne ne le reconstituera plus tard.

À retenir

  • Le laboratoire ne cherche que ce qu'on lui nomme.
  • Une demande de sérologies parasitaires sans précision donne un résultat partiel.
  • Les délais et les envois vers d'autres laboratoires se demandent à l'avance.
  • Le calendrier des voyages se transmet au spécialiste.
  • C'est l'information qui manque le plus souvent des années plus tard.

En pratique

  • Valeur et contexte sur la demande
  • Destinations et dates transmises
  • Expositions précisées
  • Sérologies nommées une par une
  • Délais vérifiés auprès du laboratoire
  • Hémogrammes successifs transmis
  • Traitements datés transmis
  • Calendrier des voyages écrit au dossier

Sources

  • R2C, item 218 : Éosinophilie
  • R2C, item 175 : Voyage en pays tropical de l'adulte et de l'enfant : conseils avant le départ, pathologies du retour : fièvre, diarrhée, manifestations cutanées
  • R2C, item 172 : Parasitoses digestives : giardiose, amoebose, téniasis, ascaridiose, oxyurose, anguillulose, cryptosporidiose
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, chapitre « Éosinophilie »
  • Recommandations en vigueur sur la conduite à tenir devant une hyperéosinophilie et sur le dépistage avant traitement immunosuppresseur. La date de la version consultée fait partie de la source