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Hématologie

Fiche de révision

Hyperéosinophilie

S'entraîner sur cette situation
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Cette fiche vous apprend à explorer une hyperéosinophilie par une liste courte et un ordre : un médicament, une cause allergique, une parasitose. Elle insiste sur la question des voyages, très rarement posée, sur le niveau qui fait d'une élévation une maladie capable d'abîmer des organes, et sur l'abstention devant une élévation modérée et stable. Elle suit l'ordre de la démarche : les causes et leur ordre, l'interrogatoire, l'examen, la biologie, les urgences, le traitement, puis ce qui se dit au patient et ce qui se transmet.

SommaireEnviron 11 min
  1. 3 causes, dans cet ordre, et une quatrième qui vient après
  2. 3 blocs de questions, et celui qui manque est le voyage
  3. La cause se cherche sur la peau, la gravité dans les organes
  4. Lire la valeur absolue, situer le niveau, dater
  5. Les examens que chaque hypothèse fait demander
  6. 2 situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire
  7. On traite la cause, et le premier traitement est souvent un arrêt
  8. Un patient qui va repartir, un laboratoire qui ne cherche que ce qu'on lui nomme
  9. À retenir pour la station

3 causes, dans cet ordre, et une quatrième qui vient après

3 causes couvrent la quasi-totalité des cas : un médicament, une cause allergique, une parasitose. Les chercher dans cet ordre évite la plupart des explorations inutiles, et une quatrième famille ne vient qu'après elles.

Les causes, dans l'ordre où elles se cherchent :

  1. Un médicament : le plus fréquent, le plus réversible, et celui qu'on cherche le moins parce qu'on croit connaître l'ordonnance ; la liste se reprend produit par produit.
  2. Une cause allergique : fréquente, souvent connue du patient, et rarement responsable à elle seule d'une élévation importante.
  3. Une parasitose, qui dépend entièrement d'une question de voyage, et qui peut se révéler des années après le séjour.
  4. Ensuite seulement, les maladies inflammatoires, les maladies du sang et certaines tumeurs, explorées quand les 3 premières causes ont été écartées et que l'anomalie persiste.

Une situation fait sortir de la démarche : une élévation modérée chez une personne allergique connue, sans signe et stable. Elle se surveille, et ne s'explore pas indéfiniment.

Certaines situations suspendent la conclusion. Une ordonnance incomplète, une question de voyage non posée, un examen des selles fait une seule fois et une valeur unique en font partie.

Une règle de sécurité s'ajoute : devant une élévation importante avec des signes d'organe, la démarche change de nature. L'avis spécialisé ne se remet alors pas à plus tard.

3 blocs de questions, et celui qui manque est le voyage

L'interrogatoire fait le diagnostic dans la majorité des cas, et il tient en 3 blocs de questions. Le premier porte sur les médicaments, tous, avec leur date d'introduction, y compris ceux pris sans ordonnance, les compléments, les plantes et les produits appliqués sur la peau. Un médicament se cherche même quand il est pris depuis plusieurs semaines sans problème.

Le deuxième bloc est le terrain allergique. Se demandent une rhinite, un asthme, un eczéma, leur ancienneté et leur saisonnalité, et une exposition professionnelle.

Le troisième bloc, les voyages, est celui qui manque. Toutes les destinations se demandent depuis plusieurs années, et non le seul dernier séjour, avec la durée, les baignades en eau douce, la marche pieds nus, les aliments consommés crus et les conditions d'hébergement. Cette question est très rarement posée, et son absence fait manquer toute une famille de causes, parfois des années après le séjour.

Le retentissement se recherche : des démangeaisons, une éruption, une toux ou un essoufflement, des troubles digestifs, des douleurs musculaires et des signes neurologiques. Une dernière question date l'anomalie, celle d'un hémogramme antérieur, une élévation ancienne et stable orientant différemment.

La cause se cherche sur la peau, la gravité dans les organes

L'examen cherche la cause sur la peau, et la gravité dans les organes. La peau s'examine en entier, à la recherche d'une éruption, de traces de grattage, d'un cordon serpigineux migrateur, d'un œdème localisé et fugace, et d'une atteinte des muqueuses, qui, devant une cause médicamenteuse, est un signe de gravité.

Le retentissement d'organe se cherche par l'auscultation pulmonaire, des signes d'insuffisance cardiaque, des signes neurologiques périphériques et une atteinte des articulations. L'orientation se cherche par des ganglions, une grosse rate, un gros foie et une masse abdominale.

Devant une cause médicamenteuse, une association doit alerter : une fièvre, une éruption étendue, des ganglions, et une atteinte du foie ou du rein. Elle constitue un tableau grave, et impose l'arrêt immédiat du médicament.

Se mesurent la température, le poids, la pression artérielle et la saturation. D'un examen normal, rien ne se conclut, la plupart de ces élévations étant asymptomatiques au début.

Lire la valeur absolue, situer le niveau, dater

La première règle est de lire la valeur absolue, un pourcentage se déplaçant dès qu'une autre population bouge. La deuxième est de situer le niveau : une élévation modérée oriente vers les causes banales, une élévation importante et durable devient une maladie en soi, capable d'abîmer le cœur, le poumon et le système nerveux. Le seuil qui fait changer de conduite figure dans les recommandations en vigueur.

La troisième est de dater. Un hémogramme antérieur transforme une valeur en évolution, et une élévation ancienne et stable ne se traite pas comme une élévation apparue en quelques mois.

Les examens que chaque hypothèse fait demander

Quand une parasitose est possible, l'examen de première intention est un examen parasitologique des selles, répété à plusieurs jours d'intervalle, l'élimination des parasites étant irrégulière. Les sérologies se choisissent selon les destinations, et non toutes en même temps.

En cas de suspicion médicamenteuse, se demandent les enzymes du foie, la créatinine et un examen des urines, une atteinte d'organe changeant la conduite. Devant une élévation importante et persistante sans cause, se demandent une évaluation du retentissement, tracé du cœur, marqueur cardiaque, imagerie du thorax, et un avis spécialisé.

2 situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire

2 situations sortent du cadre d'une anomalie de laboratoire, et elles se reconnaissent en quelques questions. La première est une réaction médicamenteuse grave : une fièvre, une éruption étendue, un œdème du visage, des ganglions, une atteinte du foie ou du rein. Le médicament s'arrête immédiatement, l'avis spécialisé est demandé le jour même, et la réintroduction est définitivement contre-indiquée, ce qui s'écrit.

La seconde est une atteinte d'organe liée à une élévation importante et prolongée : un essoufflement, une douleur du thorax, des signes d'insuffisance cardiaque, des troubles neurologiques et des signes de thrombose. Elle impose un avis spécialisé sans délai, la prise en charge relevant de l'hématologue. Dans chacune de ces situations, ce qui peut être arrêté s'arrête, la situation se documente, et le spécialiste se joint avec les chiffres et les dates.

Une urgence particulière se joue avant certains traitements : une parasitose latente peut se disséminer sous immunosuppression. Elle se dépiste avant d'introduire ces traitements chez une personne ayant séjourné en zone d'endémie, et non après.

On traite la cause, et le premier traitement est souvent un arrêt

On traite la cause, et le premier traitement est souvent un arrêt. Devant une cause médicamenteuse, le médicament s'arrête, l'arrêt se note au dossier et sur l'ordonnance, l'effet indésirable se déclare, et l'hémogramme se contrôle à distance, la normalisation confirmant l'hypothèse.

Devant une parasitose documentée, le traitement spécifique se donne et son efficacité se contrôle, la baisse du chiffre étant un des critères. Devant une cause allergique, la maladie allergique se traite, sans attendre de correction complète du chiffre.

2 choses ne se font pas. Traiter à l'aveugle par un antiparasitaire sans documentation, sauf situation particulière et argumentée, en est une. Donner un traitement qui diminue les défenses avant d'avoir dépisté une parasitose latente chez une personne exposée en est une autre.

Un contrôle daté se programme, avec un calendrier qui tient compte des contraintes du patient. Un départ imminent oblige à décider ce qui se fait avant et ce qui se fait après. La cause retenue, ce qui a été arrêté et la date du contrôle se documentent.

Un patient qui va repartir, un laboratoire qui ne cherche que ce qu'on lui nomme

Cette situation survient souvent chez quelqu'un qui va repartir, et c'est l'occasion la plus utile de donner des conseils de prévention. Ils se donnent explicitement, avant le séjour en zone tropicale.

Ce qui se dit avant un séjour en zone tropicale :

  • Ne pas se baigner en eau douce.
  • Ne pas marcher pieds nus sur un sol humide.
  • Ne pas s'allonger à même le sable.
  • Laver et cuire les aliments.
  • Boire de l'eau contrôlée.

Sur le retour se dit qu'une fièvre, des démangeaisons, une diarrhée ou une éruption se signalent. Le voyage se mentionne spontanément à tout médecin, même des mois plus tard, parce que personne ne le demandera des années après.

Quand un médicament est en cause, se disent son nom, le fait qu'il ne doit plus être repris, et l'information à donner à tout soignant. L'examen des selles s'explique aussi : il doit être répété, son recueil se montre, et un résultat négatif unique ne conclut pas. Le rythme du contrôle se donne enfin, avec le fait qu'une normalisation peut prendre plusieurs semaines.

Le laboratoire ne cherche que ce qu'on lui nomme, et c'est particulièrement vrai ici. La demande porte la valeur des polynucléaires éosinophiles, les destinations et leurs dates, les expositions, les traitements en cours, et les sérologies souhaitées, nommées une par une. Une demande de « sérologies parasitaires » sans précision donne un résultat partiel.

Au biologiste se demandent à l'avance les recherches qu'il pratique en routine, celles qu'il envoie ailleurs et sous quel délai, et ses conditions de recueil. Au spécialiste se transmettent les hémogrammes successifs avec leurs dates, la liste complète des traitements avec leurs dates d'introduction, le calendrier des voyages, et ce qui a déjà été cherché et écarté. Au médecin traitant se transmettent la cause retenue, ce qui a été arrêté et la date du contrôle.

Dans le dossier s'écrit le calendrier des voyages. C'est l'information qui manque le plus souvent des années plus tard, et celle qui aurait permis de conclure : personne ne le reconstituera plus tard.

À retenir pour la station

Cherchez 3 causes, dans cet ordre : un médicament, en reprenant l'ordonnance produit par produit, une cause allergique, une parasitose. Demandez toutes les destinations depuis plusieurs années, les baignades en eau douce et la marche pieds nus. Lisez la valeur absolue, situez le niveau et datez l'anomalie : une élévation importante et durable peut abîmer le cœur, le poumon et le système nerveux. Répétez l'examen des selles avant de le croire négatif, et choisissez les sérologies selon les destinations. Devant une réaction médicamenteuse grave, arrêtez le médicament. Avant un traitement qui diminue les défenses, dépistez une parasitose latente chez une personne exposée. Une élévation modérée et stable chez un allergique connu se surveille.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1
    PILLY Étudiant 2023 (Ouvre un nouvel onglet)

    Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (CMIT). 2e édition, réforme R2C (Alinéa Plus).

    Passages utilisés : Item 218

    Appuie : Stratégie diagnostique, Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 218 ; Item 175 ; Item 172

    Appuie : Stratégie diagnostique, Entretien et interrogatoire, Synthèse paraclinique, Urgence vitale, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention