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Biologie médicale

Fiche de révision

Hyperlymphocytose

Situation de départ 220Catégorie IIItem R2C 318Item R2C 220Item R2C 319

Cette fiche vous apprend à conduire la démarche devant une élévation des lymphocytes, une anomalie dont l'âge du patient et la durée décident bien plus que le niveau. Elle suit le chemin du résultat : les questions de l'entretien, l'examen de tous les territoires, la lecture de la valeur et du frottis, l'examen qui caractérise sur une simple prise de sang, puis la décision, souvent de ne pas traiter, ce qui se dit au patient et ce qui se transmet.

SommaireEnviron 11 min
  1. Quel âge, et depuis quand : les questions qui orientent
  2. Un examen de tous les territoires, mesuré pour la fois suivante
  3. La valeur absolue, le frottis, puis l'examen qui caractérise
  4. L'âge, la persistance et le retentissement décident
  5. L'imagerie évalue l'étendue, elle ne fait pas le diagnostic
  6. Ne pas traiter est une décision, et elle s'organise
  7. Annoncer une maladie qu'on ne traite pas sans faire croire à un abandon
  8. Transmettre des valeurs absolues datées et la carte des ganglions
  9. À retenir pour la station

Quel âge, et depuis quand : les questions qui orientent

2 questions orientent avant toutes les autres : quel âge, et depuis quand. La même anomalie n'appelle pas la même conduite chez un enfant et chez un adulte âgé. Et c'est la persistance de l'élévation, et non son niveau, qui fait explorer.

Chez l'enfant et l'adulte jeune, on cherche une infection. Les questions portent sur une fièvre, un mal de gorge, une fatigue prolongée, des ganglions, une toux quinteuse chez le nourrisson et un contage récent.

Chez l'adulte âgé, on cherche ce qui accompagne une maladie du sang. Une fatigue inhabituelle, une perte de poids chiffrée, une fièvre sans infection, des ganglions perçus par le patient et des infections répétées se recherchent. Des sueurs nocturnes qui obligent à changer de vêtements ne sont pas des sueurs banales.

D'autres éléments se cherchent à tout âge : les médicaments récemment introduits, une ablation de la rate, un tabagisme, une maladie auto-immune et une exposition professionnelle. S'y ajoute une question de contexte, ce que le patient a compris du résultat, le mot lu sur son compte rendu ayant souvent déjà été cherché sur internet.

Les hémogrammes antérieurs se demandent, et ils évitent bien des explorations. Une élévation qui existait déjà sur un hémogramme ancien et qui n'a pas bougé n'appelle pas la même conduite qu'une élévation nouvelle.

Un examen de tous les territoires, mesuré pour la fois suivante

L'examen porte sur tous les territoires, et il est souvent bâclé faute de méthode. Toutes les aires ganglionnaires se palpent dans un ordre fixe, sinon des territoires sont oubliés : cervicales, sus-claviculaires, axillaires, épitrochléennes et inguinales.

Chaque ganglion trouvé se mesure, se date et se décrit. Se notent sa taille, son caractère mobile ou fixé, douloureux ou non, isolé ou en paquet, et sa date d'apparition.

La rate se mesure plutôt qu'elle ne se qualifie, car son augmentation change l'orientation. L'examen regarde aussi le foie, les amygdales et la peau. Il recherche des signes hémorragiques ou une pâleur, qui traduisent une atteinte des autres lignées.

Les signes qui doivent alerter diffèrent selon l'âge. Chez l'adulte, ce sont un ganglion sus-claviculaire, un ganglion de plus de 2 cm, un ganglion fixé ou en paquet, et une grosse rate. Chez l'enfant, une altération de l'état général, des douleurs osseuses, une pâleur et des signes hémorragiques changent la nature du problème.

Ce qui se note sert la fois suivante. Une carte des ganglions avec leurs tailles est la seule façon de dire, quelques mois plus tard, s'ils ont grossi.

La valeur absolue, le frottis, puis l'examen qui caractérise

La valeur absolue se lit d'abord. Un pourcentage élevé peut traduire une baisse des autres populations plutôt qu'une élévation réelle des lymphocytes.

Le frottis vient ensuite, et il oriente à lui seul entre virus et maladie du sang. Des lymphocytes de grande taille et d'aspect varié orientent vers une infection virale ; des lymphocytes de petite taille, monotones et fragiles orientent vers une maladie du sang. Des cellules immatures imposent un avis immédiat.

La durée décide de la démarche. Une élévation constatée une fois n'est pas une élévation persistante : elle se recontrôle à distance avant toute exploration. C'est sa persistance, et non son niveau, qui la fait caractériser.

L'examen qui tranche se fait sur une simple prise de sang : l'étude des marqueurs de surface des cellules. Demandée devant une élévation persistante, elle caractérise la population. Elle évite dans la plupart des cas un prélèvement de moelle, qui n'est pas nécessaire au diagnostic de la maladie la plus fréquente de ce champ.

D'autres résultats accompagnent la lecture. Les autres lignées comptent, une anémie ou une baisse des plaquettes associées changeant le pronostic ; s'y ajoutent les enzymes du foie, les sérologies virales chez le sujet jeune et le dosage des immunoglobulines. Ne sont pas nécessaires d'emblée un prélèvement de moelle et une imagerie de principe.

L'âge, la persistance et le retentissement décident

La démarche tient en 3 questions, et la première est l'âge. Chez l'enfant et l'adulte jeune, la cause est infectieuse dans l'immense majorité des cas, et un contrôle à distance suffit à le vérifier. Une altération de l'état général, des douleurs osseuses, une atteinte des autres lignées ou des cellules immatures sur le frottis font sortir de ce cadre, et imposent un avis immédiat.

Chez l'adulte âgé, une élévation persistante se caractérise par l'étude des marqueurs de surface, et non par une surveillance indéfinie. L'avis spécialisé se demande ensuite selon le résultat.

La troisième question est celle du retentissement : une anémie ou une baisse des plaquettes associées, des ganglions volumineux, une grosse rate, des signes généraux et des infections répétées. Ce sont ces éléments, et non le chiffre, qui décident d'un traitement.

Plusieurs circonstances suspendent la conclusion : une valeur unique, l'absence de frottis, et l'absence de comparaison avec un bilan antérieur. Le frottis se lit et les bilans antérieurs se comparent avant de conclure.

L'erreur fréquente existe dans les 2 sens. La première est d'explorer lourdement une élévation transitoire du sujet jeune. La seconde est de surveiller indéfiniment une élévation persistante de l'adulte sans la caractériser à aucun moment.

L'imagerie évalue l'étendue, elle ne fait pas le diagnostic

L'imagerie ne fait pas le diagnostic : elle sert à évaluer l'étendue quand une maladie est retenue. Devant des ganglions profonds suspectés ou une maladie confirmée, une imagerie du thorax, de l'abdomen et du bassin cherche des ganglions profonds, une grosse rate et une atteinte d'organe.

Certaines imageries ne se demandent pas. C'est le cas d'une imagerie de principe devant une élévation isolée chez un sujet jeune dont l'examen est normal. C'est aussi le cas d'une imagerie demandée avant d'avoir caractérisé la population de cellules, puisque cette caractérisation décide de son utilité.

Devant un ganglion superficiel suspect, une échographie se demande. Elle décrit sa forme et sa structure, et elle aide à choisir le ganglion à prélever. La référence reste le prélèvement chirurgical du ganglion entier, et non une ponction à l'aiguille, qui ne montre pas l'architecture.

Les imageries successives se comparent avec des mesures, et non avec des adjectifs, car la comparaison décide du traitement. La demande d'imagerie porte la valeur, la description du frottis et la question posée.

Ne pas traiter est une décision, et elle s'organise

La décision la plus fréquente est de ne pas traiter, et elle surprend les patients plus que n'importe quelle prescription. Devant une cause infectieuse, rien d'autre ne se fait que le traitement de l'infection et un contrôle de l'hémogramme à distance, qui montre la normalisation.

Devant une maladie du sang indolente découverte sans signe, la surveillance s'organise. Elle a un rythme écrit, des critères de traitement définis à l'avance et un interlocuteur identifié, et le retentissement se réévalue à chaque visite. Une surveillance sans rythme ni critère n'est pas une surveillance.

Ce qui déclenche un traitement se dit au patient dès le début : une atteinte des autres lignées, des ganglions gênants ou évolutifs, des signes généraux et des infections répétées. Le chiffre seul n'en fait pas partie. Annoncer une surveillance sans dire ce qui déclenchera un traitement laisse le patient attendre sans savoir quoi.

La prévention des infections s'organise en parallèle, et elle s'oublie. Elle passe par les vaccinations recommandées, faites au bon moment, et elle s'explique au patient.

La conduite se documente. Le dossier porte le diagnostic, le stade, le rythme de surveillance et les critères qui feront traiter, de sorte qu'un autre médecin puisse reprendre le suivi.

Annoncer une maladie qu'on ne traite pas sans faire croire à un abandon

Le mot qui figure sur le compte rendu a souvent été cherché sur internet avant la consultation, et ce que le patient y a lu est plus grave que ce qu'il a. L'échange commence donc par ce qu'il a compris et ce qu'il a lu, et par ce qui l'inquiète précisément.

Quand il s'agit d'une maladie indolente, plusieurs choses se disent : son nom, le fait qu'elle évolue lentement, qu'elle ne se traite pas tant qu'elle ne gêne pas, et que ne pas traiter n'est pas renoncer. Cette dernière phrase se prépare.

La surveillance s'explique dès la première annonce : son rythme, ce qu'on y regarde, et ce qui déclencherait un traitement. Se disent aussi les signes qui doivent faire consulter avant l'échéance : une fièvre, des ganglions qui grossissent vite, une fatigue nouvelle et des infections répétées.

Certaines choses ne se disent pas : un pronostic chiffré que le patient n'a pas demandé, et une comparaison avec un autre patient. Un écrit se remet, avec le diagnostic, le rythme de surveillance et les signes d'alerte.

Transmettre des valeurs absolues datées et la carte des ganglions

Une demande d'avis mal préparée fait perdre une consultation entière, et ce champ en produit beaucoup. L'hématologue reçoit les hémogrammes successifs avec leurs dates, la valeur absolue et non le pourcentage, et la description du frottis. Il reçoit aussi la carte des ganglions avec leurs tailles, la taille de la rate, les autres lignées et les signes généraux.

Le biologiste se sollicite avant d'adresser le patient. La question est de savoir si l'étude des marqueurs de surface peut être faite sur un prélèvement sanguin, et sous quel délai. La réponse évite souvent un rendez-vous, et parfois un geste.

Le médecin traitant reçoit le diagnostic, le rythme de surveillance, les critères qui feront traiter et ce que le patient a compris. Le patient lui-même reçoit une copie de ses résultats et le nom de son interlocuteur.

Le dossier porte la valeur absolue, sa date et la description du frottis. Un pourcentage seul, lu de nouveau plus tard, ne permet aucune comparaison, et il fait recommencer la démarche.

À retenir pour la station

Demandez d'abord l'âge et l'ancienneté, et récupérez les hémogrammes antérieurs : c'est la persistance, et non le niveau, qui fait explorer. Lisez la valeur absolue plutôt que le pourcentage, puis le frottis, qui oriente entre virus et maladie du sang ; des cellules immatures imposent un avis immédiat. Chez le sujet jeune, recontrôlez ; chez l'adulte âgé dont l'élévation persiste, caractérisez par l'étude des marqueurs de surface sur une prise de sang, qui évite le plus souvent un prélèvement de moelle. Le retentissement, et non le chiffre, décide d'un traitement. Expliquez qu'une maladie indolente surveillée n'est pas un abandon, donnez dès le début ce qui ferait traiter, et transmettez des valeurs absolues datées avec la carte des ganglions.

Sources

  1. 1

    Hématologie

    Société française d'hématologie (SFH). 5e édition, Réussir ses EDN (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Item 318 ; Item 220 ; Item 319

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie diagnostique, Iconographie, Stratégie de prise en charge, Annonce et information, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 318 ; Item 220 ; Item 319

    Appuie : Synthèse paraclinique, Stratégie diagnostique, Iconographie, Stratégie de prise en charge