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Fiche de révision

Hyperlymphocytose

Une anomalie dont l'âge et la durée décident, et qu'un examen sur prise de sang caractérise.

Situation de départ 220Catégorie IIItem R2C 318Item R2C 220Item R2C 319

Entretien et interrogatoire

⚠️ Deux questions orientent avant toutes les autres : quel âge, ⚠️ et depuis quand.

⚠️ Chez l'enfant et l'adulte jeune : on cherche une infection. ⚠️ Une fièvre, un mal de gorge, ⚠️ une fatigue prolongée, des ganglions, ⚠️ une toux quinteuse chez le nourrisson, et un contage récent.

⚠️ Chez l'adulte de plus de 60 ans : on cherche ce qui accompagne une maladie du sang. ⚠️ Une fatigue inhabituelle, une perte de poids chiffrée, ⚠️ des sueurs nocturnes qui obligent à changer de vêtements, une fièvre sans infection, ⚠️ des ganglions perçus par le patient, et des infections répétées.

Ce qui se cherche dans tous les cas : ⚠️ les médicaments récemment introduits, ⚠️ une ablation de la rate, un tabagisme, ⚠️ une maladie auto immune, et une exposition professionnelle.

⚠️ Ce qui se demande et qui évite la moitié des explorations : les hémogrammes antérieurs. ⚠️ Une élévation qui existait déjà il y a deux ans et qui n'a pas bougé n'appelle pas la même conduite qu'une élévation nouvelle.

⚠️ Et une question de contexte : ce que le patient a compris du résultat, ⚠️ le mot qu'il a lu sur son compte rendu ayant souvent déjà été cherché sur internet.

Le piège

Explorer une élévation qui figurait déjà, identique, sur un hémogramme d'il y a deux ans.

À retenir

  • Deux questions orientent avant les autres : quel âge et depuis quand.
  • Chez l'enfant, on cherche une infection.
  • Après 60 ans, on cherche ce qui accompagne une maladie du sang.
  • Des sueurs qui obligent à changer de vêtements ne sont pas des sueurs banales.
  • Les hémogrammes antérieurs évitent la moitié des explorations.

En pratique

  • Âge pris en compte
  • Ancienneté établie
  • Signes infectieux recherchés chez le sujet jeune
  • Signes généraux recherchés chez l'adulte
  • Ganglions perçus par le patient recherchés
  • Infections répétées recherchées
  • Médicaments et antécédents précisés
  • Hémogrammes antérieurs récupérés

Examen clinique

⚠️ L'examen est un examen de tous les territoires, ⚠️ et il est souvent bâclé faute de méthode.

⚠️ Toutes les aires ganglionnaires, dans un ordre fixe : ⚠️ cervicales, sus claviculaires, axillaires, épitrochléennes, inguinales. ⚠️ Pour chaque ganglion trouvé : sa taille mesurée, son caractère mobile ou fixé, ⚠️ douloureux ou non, isolé ou en paquet, et sa date d'apparition.

⚠️ La rate, ⚠️ dont l'augmentation change l'orientation et se mesure plutôt qu'elle ne se qualifie.

Le foie, ⚠️ les amygdales, la peau, ⚠️ et la recherche de signes hémorragiques ou de pâleur, qui traduisent une atteinte des autres lignées.

⚠️ Ce qui doit alerter chez l'adulte : un ganglion sus claviculaire, ⚠️ un ganglion de plus de deux centimètres, un ganglion fixé ou en paquet, ⚠️ et une grosse rate.

⚠️ Ce qui doit alerter chez l'enfant : une altération de l'état général, ⚠️ des douleurs osseuses, une pâleur, et des signes hémorragiques.

⚠️ Ce qui se note pour la fois suivante : une carte des ganglions avec leurs tailles, ⚠️ seule façon de dire dans trois mois s'ils ont grossi.

Urgence

Chez l'enfant, altération de l'état général, douleurs osseuses ou signes hémorragiques : avis immédiat.

À retenir

  • L'examen se fait dans un ordre fixe, sinon des territoires sont oubliés.
  • Chaque ganglion se mesure, se date et se décrit.
  • La rate se mesure plutôt qu'elle ne se qualifie.
  • Chez l'enfant, douleurs osseuses et pâleur changent la nature du problème.
  • Une carte des ganglions permet de dire dans trois mois s'ils ont grossi.

En pratique

  • Toutes les aires ganglionnaires palpées
  • Ganglions mesurés et datés
  • Caractère mobile ou fixé noté
  • Rate palpée et mesurée
  • Foie et amygdales examinés
  • Peau examinée
  • Signes hémorragiques et pâleur recherchés
  • Carte des ganglions notée

Synthèse paraclinique

⚠️ La valeur absolue d'abord, ⚠️ un pourcentage élevé pouvant traduire une baisse des autres populations plutôt qu'une élévation réelle.

⚠️ Le frottis ensuite, et il oriente à lui seul : ⚠️ des lymphocytes de grande taille et d'aspect varié orientent vers une infection virale ; ⚠️ des lymphocytes de petite taille, monotones et fragiles orientent vers une maladie du sang ; des cellules immatures imposent un avis immédiat.

⚠️ L'examen qui tranche, et qui se fait sur une simple prise de sang : l'étude des marqueurs de surface des cellules. ⚠️ Elle caractérise la population et évite dans la plupart des cas un prélèvement de moelle, ⚠️ qui n'est pas nécessaire au diagnostic de la maladie la plus fréquente de ce champ.

⚠️ Ce qui accompagne : les autres lignées, ⚠️ une anémie ou une baisse des plaquettes associées changeant le pronostic ; les enzymes du foie ; ⚠️ les sérologies virales chez le sujet jeune ; et le dosage des immunoglobulines.

⚠️ Ce qui décide de la démarche : la durée. ⚠️ Une élévation constatée une fois se recontrôle avant toute exploration, et c'est sa persistance qui la fait caractériser.

⚠️ Ce qui n'est pas nécessaire d'emblée : un prélèvement de moelle, ⚠️ et une imagerie systématique.

À retenir

Recontrôler avant d'explorer. Une élévation constatée une fois n'est pas une élévation persistante.

À retenir

  • Un pourcentage élevé peut traduire une baisse des autres populations.
  • Le frottis oriente à lui seul entre virus et maladie du sang.
  • L'étude des marqueurs de surface se fait sur une prise de sang.
  • Elle évite dans la plupart des cas un prélèvement de moelle.
  • C'est la persistance, et non le niveau, qui fait caractériser.

En pratique

  • Valeur absolue lue
  • Frottis demandé et décrit
  • Cellules immatures recherchées
  • Contrôle à distance programmé
  • Marqueurs de surface demandés si persistance
  • Autres lignées évaluées
  • Sérologies virales chez le sujet jeune
  • Prélèvement de moelle évité si non nécessaire

Iconographie

⚠️ L'imagerie ne fait pas le diagnostic, ⚠️ et elle sert à évaluer l'étendue quand une maladie est retenue.

⚠️ Ce qui se demande devant des ganglions profonds suspectés ou une maladie confirmée : une imagerie du thorax, de l'abdomen et du bassin, ⚠️ qui cherche des ganglions profonds, une grosse rate et une atteinte d'organe.

⚠️ Ce qui ne se demande pas : une imagerie systématique devant une élévation isolée chez un sujet jeune avec un examen normal, ⚠️ et une imagerie avant d'avoir caractérisé la population de cellules, qui décide de son utilité.

⚠️ Ce qui se demande devant un ganglion superficiel suspect : une échographie, ⚠️ qui décrit sa forme et sa structure, et qui aide à choisir le ganglion à prélever.

⚠️ Ce qui reste la référence devant un ganglion suspect : son prélèvement chirurgical entier, ⚠️ et non une ponction à l'aiguille, qui ne montre pas l'architecture.

⚠️ Ce qui se compare : les imageries successives, ⚠️ avec des mesures et non des adjectifs, la comparaison décidant du traitement.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la valeur, la description du frottis, et la question posée.

À retenir

Devant un ganglion suspect, le prélèvement entier montre l'architecture, la ponction non.

À retenir

  • L'imagerie évalue l'étendue, elle ne fait pas le diagnostic.
  • Elle ne se demande pas avant d'avoir caractérisé les cellules.
  • L'échographie aide à choisir le ganglion à prélever.
  • La référence est le prélèvement entier, pas la ponction à l'aiguille.
  • Les comparaisons se font sur des mesures, pas sur des adjectifs.

En pratique

  • Indication d'imagerie posée après caractérisation
  • Ganglions profonds recherchés si maladie retenue
  • Rate et organes évalués
  • Échographie d'un ganglion superficiel si utile
  • Choix du ganglion à prélever discuté
  • Prélèvement entier privilégié
  • Mesures reportées pour comparaison
  • Question écrite sur la demande

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions, et la première est l'âge.

⚠️ Chez l'enfant et l'adulte jeune : la cause est infectieuse dans l'immense majorité des cas, ⚠️ et un contrôle à distance suffit à le vérifier. ⚠️ Ce qui fait sortir de ce cadre : une altération de l'état général, des douleurs osseuses, une atteinte des autres lignées, ou des cellules immatures sur le frottis, qui imposent un avis immédiat.

⚠️ Chez l'adulte de plus de 60 ans : une élévation persistante se caractérise, ⚠️ par l'étude des marqueurs de surface, et non par une surveillance indéfinie.

⚠️ La troisième question est celle du retentissement : ⚠️ une anémie ou une baisse des plaquettes associées, des ganglions volumineux, ⚠️ une grosse rate, des signes généraux, et des infections répétées. ⚠️ Ce sont ces éléments, et non le chiffre, qui décident d'un traitement.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : une valeur unique, ⚠️ l'absence de frottis, et l'absence de comparaison avec un bilan antérieur.

⚠️ Et une erreur fréquente dans les deux sens : explorer lourdement une élévation transitoire du sujet jeune, ⚠️ et surveiller indéfiniment une élévation persistante de l'adulte sans jamais la caractériser.

À retenir

Sujet jeune : recontrôler. Adulte avec persistance : caractériser. La surveillance indéfinie n'est ni l'un ni l'autre.

À retenir

  • La première question est l'âge.
  • Chez le sujet jeune, un contrôle à distance suffit à vérifier.
  • Chez l'adulte, une élévation persistante se caractérise plutôt que se surveiller.
  • Le retentissement, et non le chiffre, décide d'un traitement.
  • L'erreur existe dans les deux sens : trop explorer et jamais caractériser.

En pratique

  • Âge et contexte pris en compte
  • Contrôle à distance chez le sujet jeune
  • Signes d'alerte recherchés
  • Frottis lu
  • Marqueurs de surface demandés si persistance
  • Retentissement évalué
  • Bilans antérieurs comparés
  • Avis spécialisé selon le résultat

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une élévation des lymphocytes ne constitue pas une urgence vitale. Les situations urgentes associées, atteinte des autres lignées et cellules immatures, relèvent des situations de départ consacrées aux anomalies des leucocytes et aux leucémies aiguës.

Stratégie de prise en charge

⚠️ La décision la plus fréquente est de ne pas traiter, ⚠️ et elle surprend les patients plus que n'importe quelle prescription.

⚠️ Devant une cause infectieuse : rien d'autre que le traitement de l'infection, ⚠️ et un contrôle de l'hémogramme à distance, qui montre la normalisation.

⚠️ Devant une maladie du sang indolente découverte sans signe : une surveillance organisée, ⚠️ avec un rythme écrit, des critères de traitement définis à l'avance, ⚠️ et un interlocuteur identifié. ⚠️ Une surveillance sans rythme ni critère n'est pas une surveillance.

⚠️ Ce qui déclenche un traitement, et qui se dit au patient dès le début : une atteinte des autres lignées, ⚠️ des ganglions gênants ou évolutifs, des signes généraux, ⚠️ et des infections répétées. Le chiffre seul n'en fait pas partie.

⚠️ Ce qui s'organise en parallèle et qui s'oublie : la prévention des infections, ⚠️ par les vaccinations recommandées, faites au bon moment.

⚠️ Ce qui se documente : le diagnostic, le stade, le rythme de surveillance, ⚠️ et les critères qui feront traiter, de sorte qu'un autre médecin puisse reprendre le suivi.

Le piège

Annoncer une surveillance sans dire ce qui déclenchera un traitement. Le patient attend alors sans savoir quoi.

À retenir

  • La décision la plus fréquente est de ne pas traiter.
  • Une surveillance sans rythme ni critère n'est pas une surveillance.
  • Les critères de traitement se disent au patient dès le début.
  • Le chiffre seul ne fait pas partie de ces critères.
  • Les vaccinations recommandées se font au bon moment.

En pratique

  • Cause infectieuse traitée et contrôlée
  • Surveillance organisée avec un rythme écrit
  • Critères de traitement définis
  • Interlocuteur identifié
  • Retentissement réévalué à chaque visite
  • Vaccinations recommandées organisées
  • Prévention des infections expliquée
  • Diagnostic et stade documentés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Le prélèvement sanguin relève de la situation de départ correspondante, et le prélèvement d'un ganglion ou de moelle est un acte spécialisé.

Annonce et information

⚠️ Le mot qui figure sur le compte rendu a souvent été cherché sur internet avant la consultation, ⚠️ et ce que le patient y a lu est plus grave que ce qu'il a.

Ce qui se demande d'abord : ⚠️ ce qu'il a compris et ce qu'il a lu, ⚠️ et ce qui l'inquiète précisément.

⚠️ Ce qui se dit quand il s'agit d'une maladie indolente : le nom, ⚠️ le fait qu'elle évolue lentement, qu'elle ne se traite pas tant qu'elle ne gêne pas, ⚠️ et que ne pas traiter n'est pas renoncer. ⚠️ Cette phrase se prépare, parce qu'un patient à qui l'on dit qu'il a une maladie du sang et qu'on ne fera rien comprend qu'on l'abandonne.

Ce qui se dit sur la surveillance : ⚠️ son rythme, ce qu'on y regarde, ⚠️ et ce qui déclencherait un traitement, donné dès le début.

⚠️ Ce qui se dit sur ce qui doit faire consulter avant : une fièvre, ⚠️ des ganglions qui grossissent vite, une fatigue nouvelle, et des infections répétées.

⚠️ Ce qui ne se dit pas : un pronostic chiffré non demandé, ⚠️ et une comparaison avec un autre patient.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec le diagnostic, le rythme, et les signes d'alerte.

Le piège

Annoncer une maladie du sang et dire qu'on ne fait rien. Le patient comprend qu'on l'abandonne.

À retenir

  • Le mot du compte rendu a souvent été cherché sur internet avant la consultation.
  • Ne pas traiter n'est pas renoncer, et cette phrase se prépare.
  • Les critères de traitement se donnent dès la première annonce.
  • Les signes qui font consulter avant se donnent par écrit.
  • Un pronostic chiffré ne se devance pas.

En pratique

  • Compréhension du patient explorée
  • Lectures et craintes abordées
  • Nom de la maladie dit
  • Évolution lente expliquée
  • Abstention expliquée comme une décision
  • Rythme de surveillance donné
  • Critères de traitement annoncés
  • Écrit remis avec signes d'alerte

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur l'interprétation d'une anomalie. La prévention des infections chez un patient immunodéprimé et l'éducation au suivi relèvent des situations de départ consacrées à ces sujets.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une demande d'avis mal préparée fait perdre une consultation entière, ⚠️ et ce champ en produit beaucoup.

Ce qui se transmet à l'hématologue : ⚠️ les hémogrammes successifs avec leurs dates, ⚠️ la valeur absolue et non le pourcentage, la description du frottis, ⚠️ la carte des ganglions avec leurs tailles, la taille de la rate, ⚠️ les autres lignées, et les signes généraux.

⚠️ Ce qui se demande au biologiste avant d'adresser : si l'étude des marqueurs de surface peut être faite sur un prélèvement sanguin, ⚠️ et sous quel délai, question qui évite souvent un rendez-vous et parfois un geste.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le diagnostic, le rythme de surveillance, ⚠️ les critères qui feront traiter, et ce que le patient a compris.

Ce qui se transmet au patient lui-même : ⚠️ une copie de ses résultats, et le nom de son interlocuteur.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la valeur absolue, sa date, et la description du frottis. ⚠️ Un pourcentage seul relu plus tard ne permet aucune comparaison, et fait recommencer la démarche.

À retenir

Demander au biologiste si les marqueurs de surface se font sur le sang. La réponse évite souvent un geste.

À retenir

  • Une demande d'avis mal préparée fait perdre une consultation entière.
  • On transmet la valeur absolue, pas le pourcentage.
  • La carte des ganglions et la taille de la rate font partie du courrier.
  • Les marqueurs de surface peuvent souvent être faits sur une prise de sang.
  • Un pourcentage seul relu plus tard ne permet aucune comparaison.

En pratique

  • Hémogrammes successifs datés
  • Valeur absolue transmise
  • Frottis décrit
  • Carte des ganglions jointe
  • Taille de la rate transmise
  • Faisabilité des marqueurs vérifiée
  • Médecin traitant informé des critères
  • Valeur absolue écrite au dossier

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 318 : Leucémies lymphoïdes chroniques (LLC)
  • R2C, item 220 : Adénopathie superficielle de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 319 : Lymphomes malins
  • Collège des enseignants d'hématologie, chapitres « Hyperlymphocytose » et « Leucémie lymphoïde chronique »
  • Recommandations en vigueur sur la conduite à tenir devant une hyperlymphocytose et sur le suivi des leucémies lymphoïdes chroniques. La date de la version consultée fait partie de la source