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Fiche de révision

Interprétation d'un myélogramme

Un examen qui répond à une question écrite, qui ne voit pas l'architecture, et dont le moment ne se rattrape pas.

Situation de départ 221Catégorie IIItem R2C 315Item R2C 316Item R2C 320

Entretien et interrogatoire

⚠️ Avant de demander cet examen, deux choses se recueillent : ce qui justifie l'indication, ⚠️ et ce qui conditionne la sécurité du geste.

Ce qui justifie : ⚠️ l'anomalie de l'hémogramme et son ancienneté, ⚠️ les valeurs successives, les signes généraux, ⚠️ les infections répétées, les saignements, et les douleurs osseuses.

⚠️ Ce qui conditionne la sécurité : un traitement anticoagulant ou antiagrégant, ⚠️ avec sa dernière prise, une maladie de la coagulation connue, ⚠️ une allergie aux anesthésiques locaux ou aux antiseptiques, et une infection cutanée au site prévu.

⚠️ Ce qui conditionne le vécu et qui se demande rarement : une expérience antérieure du geste, ⚠️ et ce qu'elle a laissé, beaucoup de patients gardant un souvenir précis d'un prélèvement mal accompagné.

Ce qui se cherche comme contexte : ⚠️ une exposition professionnelle, ⚠️ une chimiothérapie ou une radiothérapie antérieure, une maladie auto immune, et les traitements en cours.

⚠️ Et une question de fond posée au prescripteur lui-même : que fera-t-on du résultat. ⚠️ Un examen dont aucune décision ne dépend ne se demande pas, et celui-ci fait mal.

Le piège

Demander l'examen sans avoir formulé la question à laquelle il doit répondre.

À retenir

  • Deux choses se recueillent : ce qui justifie et ce qui sécurise.
  • La dernière prise d'un antiagrégant ou d'un anticoagulant se demande.
  • Beaucoup de patients gardent un souvenir précis d'un prélèvement mal accompagné.
  • Une chimiothérapie ou une radiothérapie antérieure fait partie du contexte.
  • Un examen dont aucune décision ne dépend ne se demande pas, et celui-ci fait mal.

En pratique

  • Anomalie et son ancienneté précisées
  • Valeurs successives réunies
  • Signes généraux recherchés
  • Traitements anticoagulants précisés
  • Trouble de la coagulation recherché
  • Allergies recherchées
  • Expérience antérieure du geste explorée
  • Utilité du résultat interrogée

Examen clinique

⚠️ L'examen prépare le geste et documente ce que le résultat devra expliquer.

Ce qui se cherche et qui oriente la lecture : ⚠️ une pâleur, ⚠️ des signes hémorragiques cutanés et muqueux, des ganglions, ⚠️ une grosse rate, un gros foie, ⚠️ des douleurs provoquées du squelette, et une atteinte des gencives.

⚠️ Ce qui se vérifie au site prévu : l'état de la peau, ⚠️ l'absence d'infection locale, et les repères anatomiques, ⚠️ le sternum et les crêtes du bassin n'ayant ni les mêmes contre indications ni le même vécu.

⚠️ Ce qui se vérifie chez la personne âgée ou fragile : la capacité à tenir la position pendant le geste, ⚠️ et la douleur au dos ou aux hanches, qui peut faire préférer un autre site.

Ce qui se note avant : ⚠️ la pression artérielle, le pouls, et l'état d'anxiété, ⚠️ qui conditionne la prémédication éventuelle.

⚠️ Ce qui se note après : l'aspect du point de ponction, ⚠️ et la douleur résiduelle, une surveillance courte étant nécessaire chez un patient à risque de saignement.

À retenir

Vérifier l'état de la peau au site prévu. Une infection locale contre indique la ponction à cet endroit.

À retenir

  • L'examen documente ce que le résultat devra expliquer.
  • L'état de la peau au site prévu se vérifie avant le geste.
  • Les sites n'ont ni les mêmes contre indications ni le même vécu.
  • La capacité à tenir la position se vérifie chez la personne fragile.
  • Le point de ponction et la douleur résiduelle se notent après.

En pratique

  • Pâleur et signes hémorragiques recherchés
  • Ganglions, foie et rate examinés
  • Douleurs osseuses recherchées
  • État cutané du site vérifié
  • Repères anatomiques identifiés
  • Capacité à tenir la position évaluée
  • Constantes et anxiété notées
  • Surveillance après le geste organisée

Synthèse paraclinique

⚠️ Un compte rendu se lit en quatre temps, ⚠️ et le premier porte sur la qualité du prélèvement.

⚠️ La richesse : une moelle décrite comme pauvre pose une question avant d'en résoudre une. ⚠️ Il peut s'agir d'une vraie pauvreté, ou d'un prélèvement dilué par le sang, ⚠️ ou d'un échec technique. ⚠️ Cette distinction ne se tranche pas sur le seul étalement, et elle conduit souvent à une biopsie.

⚠️ La proportion des différentes lignées et leur maturation : c'est ce que l'examen fait le mieux. ⚠️ Il compte les cellules et décrit leur aspect, ⚠️ et il peut affirmer un excès de cellules jeunes.

⚠️ Les anomalies de forme : elles orientent vers un défaut de fabrication, ⚠️ et se lisent avec le sang du même jour.

⚠️ Ce que cet examen ne voit pas : l'architecture de la moelle, ⚠️ la fibrose, et l'infiltration organisée, ⚠️ qui relèvent d'un prélèvement de tissu et non d'un étalement de cellules. ⚠️ Un examen normal n'écarte donc pas certaines maladies.

⚠️ Ce qui doit être demandé au moment du prélèvement et ne se rattrape pas : les analyses complémentaires sur les cellules prélevées, ⚠️ marqueurs de surface, étude des chromosomes, analyses moléculaires, et la mise en réserve d'un échantillon.

À retenir

Écrire sur la demande les analyses complémentaires souhaitées. Elles ne se rattrapent pas après.

À retenir

  • Le premier temps de la lecture porte sur la qualité du prélèvement.
  • Une moelle pauvre pose une question avant d'en résoudre une.
  • L'examen compte les cellules et décrit leur aspect, et il le fait bien.
  • Il ne voit ni l'architecture ni la fibrose.
  • Les analyses complémentaires se demandent au moment du prélèvement.

En pratique

  • Richesse du prélèvement évaluée
  • Dilution ou échec technique envisagés
  • Proportions des lignées lues
  • Excès de cellules jeunes recherché
  • Anomalies de forme relevées
  • Confrontation au sang du même jour
  • Limites de la méthode énoncées
  • Analyses complémentaires demandées d'emblée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'interprétation d'un prélèvement de moelle ne repose sur aucune imagerie. Le bilan d'extension des maladies concernées relève des situations de départ consacrées aux hémopathies.

Stratégie diagnostique

⚠️ La question n'est pas « faut-il faire un prélèvement de moelle » mais « à quoi doit-il répondre ».

⚠️ Ce qui le justifie : une atteinte de plusieurs lignées inexpliquée, ⚠️ des cellules anormales sur le frottis sanguin, une suspicion de maladie de la moelle, ⚠️ un bilan d'une maladie déjà connue, et certaines situations où seul cet examen répond.

⚠️ Ce qui ne le justifie pas : une anomalie isolée qu'un examen du sang peut caractériser, ⚠️ et notamment une élévation persistante des lymphocytes, que l'étude des marqueurs de surface sur le sang suffit à préciser.

⚠️ Ce qui décide entre ponction et prélèvement de tissu : la question posée. ⚠️ Compter des cellules et décrire leur aspect relève de la ponction ; ⚠️ évaluer l'architecture, la fibrose ou une infiltration relève de la biopsie, et les deux se demandent parfois dans le même temps.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un prélèvement dilué, ⚠️ une richesse insuffisante, et l'absence des analyses complémentaires nécessaires.

⚠️ Et une règle qui protège le patient : un résultat non concordant avec la clinique et l'hémogramme se rediscute avec le biologiste, ⚠️ avant de refaire le geste, une relecture répondant souvent à la question.

Le piège

Demander un prélèvement de moelle pour caractériser une lymphocytose. Le sang suffit dans la plupart des cas.

À retenir

  • La question n'est pas s'il faut le faire mais à quoi il doit répondre.
  • Une anomalie que le sang peut caractériser ne justifie pas ce geste.
  • Compter des cellules relève de la ponction, évaluer l'architecture de la biopsie.
  • Un prélèvement dilué suspend la conclusion.
  • Une relecture répond souvent à la question sans refaire le geste.

En pratique

  • Question posée par écrit
  • Indication vérifiée
  • Alternative sur le sang envisagée
  • Choix entre ponction et biopsie fait
  • Analyses complémentaires listées
  • Qualité du prélèvement évaluée
  • Concordance avec la clinique vérifiée
  • Relecture discutée avant de refaire

Urgence vitale

⚠️ Certaines situations font de cet examen une urgence, ⚠️ et le délai d'obtention devient alors le sujet.

⚠️ Ce qui impose un examen sans délai : la présence de cellules immatures sur le frottis sanguin, ⚠️ une atteinte profonde de plusieurs lignées, ⚠️ une fièvre avec des polynucléaires effondrés, et des signes de mauvaise circulation liés à une élévation majeure des leucocytes.

⚠️ Ce qui se fait en même temps que la demande : l'appel du spécialiste, ⚠️ et non l'envoi d'un courrier, le délai se comptant en heures.

⚠️ Ce qui se met en place avant le résultat : la protection du patient, ⚠️ hydratation, surveillance, éviction des gestes à risque, et traitement d'une infection s'il en existe une.

⚠️ Ce qui ne doit pas retarder la prise en charge : l'attente du compte rendu définitif, ⚠️ une orientation immédiate étant souvent donnée par le biologiste au téléphone.

⚠️ Ce qui se vérifie avant le geste en urgence : la coagulation et les plaquettes, ⚠️ sans que cette vérification serve de prétexte à retarder, le geste étant réalisable même à plaquettes basses avec une compression adaptée.

Ce qui se note : ⚠️ l'heure de l'appel, l'heure du geste, et l'heure du premier résultat.

Urgence

Cellules immatures sur le frottis sanguin : appel du spécialiste le jour même, pas un courrier.

À retenir

  • Des cellules immatures sur le frottis font de cet examen une urgence.
  • On appelle le spécialiste, on n'envoie pas un courrier.
  • La protection du patient se met en place avant le résultat.
  • Une orientation immédiate est souvent donnée au téléphone.
  • Le geste reste réalisable à plaquettes basses avec une compression adaptée.

En pratique

  • Cellules immatures recherchées
  • Atteinte de plusieurs lignées évaluée
  • Spécialiste appelé sans délai
  • Protection du patient organisée
  • Infection traitée si présente
  • Coagulation et plaquettes vérifiées
  • Geste non retardé sans raison
  • Horaires notés

Stratégie de prise en charge

Sans objet pour cette situation : Le traitement dépend entièrement de la maladie identifiée, et relève des situations de départ consacrées aux leucémies aiguës, aux syndromes myélodysplasiques et aux autres hémopathies. Cette situation porte sur la prescription et la lecture de l'examen.

Procédure et geste technique

⚠️ C'est un geste spécialisé, et le rôle du médecin qui le demande n'est pas de le faire mais de le préparer.

Ce qui se vérifie avant : ⚠️ l'identité et l'indication, ⚠️ la coagulation et les plaquettes, les traitements antiagrégants et anticoagulants, ⚠️ les allergies, et l'état de la peau au site prévu.

⚠️ Ce qui se prépare et qui change tout pour le patient : l'antalgie. ⚠️ Une anesthésie locale correctement faite et un délai d'action respecté, ⚠️ une prémédication quand l'anxiété le justifie, et l'usage d'un gaz analgésique quand il est disponible. ⚠️ Un geste fait sans attendre l'effet de l'anesthésique reste dans la mémoire du patient pendant des années.

⚠️ Ce qui s'explique avant : le déroulement, ⚠️ le fait que l'aspiration provoque une douleur brève et intense, la durée, ⚠️ et le fait que le patient peut demander une pause.

Ce qui se fait pendant : ⚠️ une installation confortable, un accompagnement verbal, ⚠️ et le recueil des tubes prévus pour toutes les analyses demandées.

Ce qui se fait après : ⚠️ une compression, ⚠️ une surveillance du point de ponction, une évaluation de la douleur, ⚠️ et une consigne écrite en cas de saignement ou de fièvre.

À retenir

Respecter le délai d'action de l'anesthésie locale. C'est ce que le patient retiendra.

À retenir

  • Le rôle du prescripteur est de préparer le geste, pas de le faire.
  • Un geste fait sans attendre l'effet de l'anesthésique reste des années en mémoire.
  • Dire que l'aspiration provoque une douleur brève et intense évite le sentiment d'être trompé.
  • Le patient peut demander une pause, et il doit le savoir.
  • Tous les tubes prévus se recueillent au moment du geste.

En pratique

  • Identité et indication vérifiées
  • Coagulation et plaquettes vérifiées
  • Traitements antiagrégants précisés
  • État cutané du site vérifié
  • Antalgie préparée et délai respecté
  • Déroulement expliqué au patient
  • Tubes de toutes les analyses recueillis
  • Compression et consignes après le geste

Annonce et information

⚠️ Ce geste est demandé quand on craint une maladie grave, ⚠️ et le patient le sait avant qu'on le lui dise. Faire comme si de rien n'était n'apaise personne.

Ce qui se dit en le proposant : ⚠️ ce que l'on cherche, ⚠️ pourquoi le sang ne suffit pas, ce que le geste implique, ⚠️ et le délai du résultat.

⚠️ Ce qui se dit sur la douleur : la vérité. ⚠️ Annoncer une douleur brève et intense au moment de l'aspiration ne fait pas fuir les patients, ⚠️ et la minimiser produit un sentiment de trahison qui abîme la relation.

⚠️ Ce qui se dit sur l'attente : combien de temps, ⚠️ qui rappellera, et par quel moyen. ⚠️ Une attente sans échéance est plus difficile que la nouvelle elle-même.

⚠️ Ce qui se dit quand le résultat n'est pas concluant : que l'examen doit être refait ou complété, ⚠️ et pourquoi, le patient devant comprendre qu'il ne s'agit pas d'une négligence.

⚠️ Ce qui relève du dispositif d'annonce quand une maladie grave est retenue : un temps médical dédié, ⚠️ un accompagnement, et la possibilité d'être accompagné.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec la date du résultat et un numéro.

Le piège

Dire que ce n'est pas douloureux. Le patient le découvrira, et il ne croira plus rien ensuite.

À retenir

  • Le patient sait pourquoi on lui propose ce geste avant qu'on le lui dise.
  • Annoncer la douleur ne fait pas fuir, la minimiser produit un sentiment de trahison.
  • Une attente sans échéance est plus difficile que la nouvelle.
  • Un résultat non concluant s'explique, sinon il est vécu comme une négligence.
  • Le patient repart avec la date du résultat et un numéro.

En pratique

  • Objectif du geste expliqué
  • Raison de ne pas s'en tenir au sang expliquée
  • Douleur annoncée honnêtement
  • Déroulement décrit
  • Délai du résultat donné
  • Modalités de retour convenues
  • Résultat non concluant expliqué le cas échéant
  • Écrit remis avec date et numéro

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur un acte diagnostique spécialisé. L'éducation liée aux maladies identifiées relève des situations de départ correspondantes.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce que le biologiste peut faire dépend de ce qu'on lui a demandé et de ce qu'on lui a dit, ⚠️ et un prélèvement mal accompagné se perd.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la question posée en clair, ⚠️ l'hémogramme du jour et la description du frottis, les valeurs successives, ⚠️ les signes cliniques, les traitements, ⚠️ et la liste des analyses complémentaires souhaitées.

⚠️ Ce qui se convient avant le geste : le nombre de tubes, ⚠️ leur nature, et le circuit d'acheminement, ⚠️ certaines analyses exigeant un envoi rapide ou vers un autre laboratoire.

Ce qui se demande au biologiste quand le compte rendu ne suffit pas : ⚠️ un appel, et une question précise, ⚠️ qui permet souvent une relecture des lames sans nouveau geste.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ la surveillance après le geste, et ce qui doit faire appeler.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le résultat, la conduite, et ce que le patient a compris.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la question posée et la réponse obtenue. ⚠️ Un compte rendu classé sans conclusion écrite fera refaire le geste, et celui-ci n'est pas anodin.

À retenir

Convenir des tubes avant le geste. Un tube manquant oblige à recommencer.

À retenir

  • Ce que le biologiste peut faire dépend de ce qu'on lui a demandé.
  • Le nombre et la nature des tubes se conviennent avant le geste.
  • Certaines analyses exigent un envoi rapide ou vers un autre laboratoire.
  • Une question précise permet souvent une relecture sans nouveau geste.
  • Un compte rendu classé sans conclusion écrite fera refaire un geste douloureux.

En pratique

  • Question écrite sur la demande
  • Hémogramme et frottis joints
  • Valeurs successives transmises
  • Analyses complémentaires listées
  • Tubes et circuit convenus
  • Appel au biologiste si besoin
  • Surveillance transmise à l'équipe
  • Question et réponse écrites au dossier

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 315 : Leucémies aiguës
  • R2C, item 316 : Syndromes myélodysplasiques
  • R2C, item 320 : Myélome multiple des os
  • Collège des enseignants d'hématologie, chapitre « Exploration de la moelle osseuse »
  • Recommandations en vigueur sur les indications du myélogramme et de la biopsie ostéomédullaire, et sur la prise en charge de la douleur des gestes invasifs. La date de la version consultée fait partie de la source