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Fiche de révision

Découverte d'une anomalie abdominale à l'examen d'imagerie médicale

Un problème créé par un examen, dont le terrain décide et dont la cascade est le vrai danger.

Situation de départ 224Catégorie IIItem R2C 304Item R2C 311Item R2C 279

Entretien et interrogatoire

⚠️ Deux questions se posent avant de regarder l'image : pourquoi cet examen a été fait, ⚠️ et chez qui.

⚠️ Le motif initial : il ne disparaît pas derrière la découverte. ⚠️ Une douleur qui a fait demander l'examen et que la découverte n'explique pas reste une question ouverte, et elle s'oublie systématiquement.

⚠️ Le terrain, qui décide de tout : une consommation d'alcool quantifiée, ⚠️ une hépatite virale connue ou mentionnée dans un vieux courrier, ⚠️ un surpoids et un diabète, une prise de traitement hormonal, ⚠️ un cancer connu, même ancien, et des antécédents familiaux.

Ce qui se cherche comme signes : ⚠️ un amaigrissement chiffré, ⚠️ une douleur de l'abdomen, un ictère, une modification du transit, ⚠️ du sang dans les selles ou les urines, et une fièvre.

⚠️ Ce qui se cherche dans le dossier et qui vaut mieux qu'un examen : une imagerie antérieure. ⚠️ Une lésion présente et identique il y a cinq ans n'est pas une lésion nouvelle, et cette recherche prend dix minutes.

⚠️ Et une question posée au médecin : ce que l'on fera du résultat de l'examen suivant.

Le piège

Oublier la douleur qui a fait demander l'examen. Elle reste inexpliquée et personne n'y revient.

À retenir

  • Le motif initial ne disparaît pas derrière la découverte.
  • Le terrain décide de tout, et il se recueille avant de regarder l'image.
  • Une hépatite mentionnée dans un vieux courrier compte autant qu'un diagnostic établi.
  • Une imagerie antérieure vaut mieux qu'un examen de plus.
  • Une lésion identique il y a cinq ans n'est pas une lésion nouvelle.

En pratique

  • Motif initial de l'examen relevé
  • Alcool quantifié
  • Hépatite virale recherchée dans les anciens courriers
  • Facteurs métaboliques précisés
  • Cancer connu recherché
  • Signes généraux recherchés
  • Imageries antérieures recherchées
  • Utilité de l'examen suivant interrogée

Examen clinique

⚠️ L'examen apporte ce que l'image ne montre pas : l'état de l'organe autour de la lésion, ⚠️ et l'état du patient.

Ce qui se cherche en faveur d'une maladie chronique du foie : ⚠️ un foie ferme à bord tranchant, ⚠️ une grosse rate, des angiomes en étoile, ⚠️ une rougeur des paumes, une circulation veineuse visible, ⚠️ un épanchement du ventre, un ictère, et des ecchymoses.

Ce qui se cherche autour d'une masse : ⚠️ sa palpation quand elle est accessible, sa mobilité, ⚠️ une douleur provoquée, et des ganglions.

Ce qui se cherche à distance : ⚠️ des ganglions sus claviculaires, ⚠️ une masse mammaire, un toucher rectal, ⚠️ et un examen de la peau, une découverte abdominale pouvant être secondaire.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids comparé au poids habituel, ⚠️ et l'état général, qui pèse sur toutes les décisions à venir.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien, une découverte fortuite étant par définition asymptomatique.

À retenir

Chercher les signes de maladie chronique du foie. Ils changent la lecture de la même image.

À retenir

  • L'examen apporte l'état de l'organe autour de la lésion.
  • Les signes de maladie chronique du foie changent le sens de l'image.
  • Une découverte abdominale peut être secondaire, et l'examen le cherche.
  • Le poids comparé au poids habituel pèse sur toutes les décisions.
  • Une découverte fortuite est par définition asymptomatique.

En pratique

  • Foie palpé et décrit
  • Rate recherchée
  • Signes cutanés recherchés
  • Épanchement du ventre recherché
  • Masse palpée si accessible
  • Ganglions sus claviculaires recherchés
  • Examens complémentaires cliniques faits
  • Poids et état général évalués

Synthèse paraclinique

⚠️ La biologie sert à qualifier le terrain, ⚠️ et c'est le terrain qui qualifie l'image.

Devant une découverte du foie : ⚠️ les enzymes du foie, ⚠️ la bilirubine, le taux de prothrombine et l'albumine, ⚠️ les plaquettes, les sérologies virales, ⚠️ et une évaluation de la fibrose. ⚠️ Des plaquettes basses, un taux de prothrombine abaissé et une albumine basse chez un consommateur d'alcool décrivent une maladie chronique que personne n'avait nommée.

Devant une découverte du rein : ⚠️ la créatinine, ⚠️ un examen des urines, et la recherche de sang.

Devant une découverte du pancréas ou des surrénales : ⚠️ les explorations hormonales adaptées, certaines lésions étant sécrétantes.

⚠️ Ce qui se demande selon la situation : un marqueur tumoral, ⚠️ dont l'interprétation dépend entièrement du contexte, et qui ne se demande pas pour se rassurer.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : demander un bilan large parce qu'une image a été trouvée. ⚠️ Chaque examen supplémentaire produit une anomalie mineure de plus, et chacune ouvre une nouvelle branche.

Le piège

Demander un bilan large parce qu'une image a été trouvée. Chaque ligne ouvrira une branche.

À retenir

  • La biologie qualifie le terrain, et le terrain qualifie l'image.
  • Plaquettes basses, prothrombine abaissée et albumine basse décrivent une maladie chronique.
  • Certaines lésions des surrénales sont sécrétantes et se dosent.
  • Un marqueur tumoral ne se demande pas pour se rassurer.
  • Chaque examen supplémentaire produit une anomalie mineure de plus.

En pratique

  • Bilan du foie demandé si découverte hépatique
  • Coagulation et albumine lues
  • Plaquettes lues
  • Sérologies virales demandées
  • Fonction rénale et urines si découverte rénale
  • Explorations hormonales si lésion surrénalienne
  • Marqueur tumoral justifié
  • Bilan large évité

Iconographie

⚠️ Un compte rendu de découverte se lit en trois temps, ⚠️ et le premier porte sur l'organe et non sur la lésion.

⚠️ L'organe : sa taille, ses contours, son homogénéité, ⚠️ et les signes indirects d'une maladie chronique. ⚠️ Un foie bosselé, une rate augmentée et des voies de dérivation veineuses changent le sens de tout le reste.

⚠️ La lésion : sa taille, ⚠️ son siège, son nombre, ⚠️ son contenu, et surtout son comportement après injection aux différents temps, ⚠️ qui est le critère principal de caractérisation.

⚠️ L'environnement : les ganglions, ⚠️ les vaisseaux, et les autres organes.

⚠️ Ce qui se compare avant tout examen supplémentaire : les imageries antérieures, ⚠️ la stabilité sur plusieurs années valant caractérisation dans beaucoup de situations.

⚠️ Ce qui se demande ensuite, et seulement si cela change la conduite : un examen de caractérisation adapté à l'organe, ⚠️ échographie de contraste, imagerie par résonance magnétique, ou temps d'injection manquants, et non le même examen refait ailleurs.

⚠️ Ce que signifie une phrase fréquente et vide : « à corréler à la clinique ». ⚠️ Elle rend la décision au clinicien sans lui donner d'élément, et la répéter n'est pas conclure.

À retenir

Chercher une imagerie antérieure avant de demander un examen de plus. La stabilité conclut souvent.

À retenir

  • Le premier temps de la lecture porte sur l'organe, pas sur la lésion.
  • Le comportement après injection est le critère principal de caractérisation.
  • La stabilité sur plusieurs années vaut caractérisation dans beaucoup de situations.
  • Un examen de caractérisation n'est pas le même examen refait ailleurs.
  • À corréler à la clinique rend la décision sans donner d'élément.

En pratique

  • État de l'organe décrit
  • Signes indirects de maladie chronique relevés
  • Taille, siège et nombre relevés
  • Comportement après injection analysé
  • Ganglions et vaisseaux évalués
  • Imageries antérieures récupérées
  • Examen de caractérisation choisi si utile
  • Phrase de conclusion interprétée

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions, et la troisième est la plus difficile à poser honnêtement.

⚠️ Chez qui : le terrain décide. ⚠️ La même lésion dans un foie sain et dans un foie malade n'appelle pas la même conduite, ⚠️ et c'est vrai aussi du rein chez un patient à risque et des surrénales chez un patient porteur d'un cancer connu.

⚠️ Que montre l'image : la caractérisation par le comportement après injection, ⚠️ la comparaison aux examens antérieurs, et le nombre de lésions.

⚠️ Que change le résultat de l'examen suivant : ⚠️ et si la réponse est « rien », l'examen ne se demande pas. ⚠️ C'est la question qui arrête les cascades, et c'est celle qu'on évite de se poser.

⚠️ Ce qui classe la plupart des découvertes : des critères de bénignité formels, ⚠️ kyste simple, lésion graisseuse typique, stabilité prolongée, qui autorisent à ne rien faire et à l'écrire.

⚠️ Ce qui impose une caractérisation : une lésion aux critères non formels, ⚠️ une lésion nouvelle, une lésion chez un patient à risque, ⚠️ et une lésion qui a changé.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un examen incomplet, ⚠️ une absence de comparaison, et un terrain non évalué.

À retenir

Poser la question honnêtement : que ferai-je du résultat. Si la réponse est rien, l'examen ne se demande pas.

À retenir

  • Le terrain décide, la même lésion n'appelle pas la même conduite.
  • Si l'examen suivant ne change rien, il ne se demande pas.
  • C'est la question qui arrête les cascades, et celle qu'on évite de se poser.
  • Des critères de bénignité formels autorisent à ne rien faire et à l'écrire.
  • Une lésion nouvelle ou qui a changé impose une caractérisation.

En pratique

  • Terrain évalué
  • Caractérisation par l'injection analysée
  • Comparaison aux antérieurs faite
  • Utilité de l'examen suivant évaluée
  • Critères de bénignité recherchés
  • Abstention écrite si critères formels
  • Caractérisation demandée si critères non formels
  • Conclusion différée si examen incomplet

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une découverte fortuite n'est pas une urgence par définition. Les situations urgentes découvertes en imagerie, anévrysme fissuré, occlusion, hémorragie, relèvent des situations de départ consacrées à la douleur abdominale et aux traumatismes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Trois décisions possibles, et la première est de loin la plus fréquente.

⚠️ Ne rien faire : et l'écrire. ⚠️ Une découverte bénigne formelle se conclut par une phrase dans le dossier et dans le courrier, ⚠️ « lésion bénigne, aucune surveillance nécessaire », faute de quoi elle sera resurveillée par le médecin suivant, et de nouveau par le suivant.

⚠️ Surveiller : avec un examen précis, un délai précis et un responsable nommé. ⚠️ Une surveillance sans ces trois éléments n'a pas lieu, ou a lieu indéfiniment.

⚠️ Caractériser ou traiter : par l'examen adapté, ⚠️ et par une décision prise en réunion pluridisciplinaire quand la lésion est suspecte, où l'imagerie, la biologie et le terrain sont présentés ensemble.

⚠️ Ce qui ne se décide pas seul : une biopsie. ⚠️ Dans certaines situations l'imagerie suffit au diagnostic, et le geste devient inutile et non dénué de risque.

⚠️ Ce qui se traite en parallèle et qui est souvent le vrai sujet : la maladie de l'organe, ⚠️ une maladie chronique du foie découverte à cette occasion demandant une prise en charge propre.

⚠️ Ce qui se documente : la conclusion, la conduite, et son motif.

À retenir

Écrire « aucune surveillance nécessaire ». C'est la phrase qui arrête la cascade pour les années suivantes.

À retenir

  • Ne rien faire est la décision la plus fréquente, et elle s'écrit.
  • Sans phrase écrite, la lésion sera resurveillée par chaque médecin suivant.
  • Une surveillance sans examen, délai et responsable n'a pas lieu ou a lieu indéfiniment.
  • Une biopsie ne se décide pas seul.
  • La maladie de l'organe découverte à cette occasion est souvent le vrai sujet.

En pratique

  • Décision prise parmi les trois
  • Abstention écrite en clair
  • Examen, délai et responsable si surveillance
  • Examen de caractérisation choisi
  • Réunion pluridisciplinaire si lésion suspecte
  • Biopsie discutée collectivement
  • Maladie de l'organe prise en charge
  • Conclusion et motif documentés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Les biopsies guidées par l'imagerie sont des actes spécialisés.

Annonce et information

⚠️ Le patient est venu pour une douleur et on lui parle d'autre chose, ⚠️ et il entend d'abord qu'on lui a trouvé quelque chose.

Ce qui se dit dans l'ordre : ⚠️ ce que l'on a trouvé, ⚠️ le fait qu'on ne le cherchait pas, ce que cela veut dire aujourd'hui, ⚠️ et ce qui est prévu.

⚠️ Ce qui se dit quand la découverte est bénigne : clairement, et une seule fois, ⚠️ « ce n'est rien, il n'y a rien à faire, et il n'y aura rien à faire », une formulation prudente entretenant l'inquiétude.

⚠️ Ce qui se dit quand la lésion doit être caractérisée : ce qui est possible, ⚠️ sans prononcer un nom de maladie non confirmé, le délai, ⚠️ et qui rappellera. ⚠️ Une attente annoncée est vécue autrement qu'une attente subie.

⚠️ Ce qui se prépare avant l'entretien : qui annonce, ⚠️ quand, et avec quel plan. ⚠️ Une annonce faite dans un couloir, sans plan, par la personne disponible, laisse une trace durable.

Ce qui se propose : ⚠️ la présence d'un proche, et une consultation de reprise.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec ce qui a été trouvé, ce qui est prévu et la date.

Le piège

Dire « ce n'est probablement rien ». Le patient retient probablement, et il attend le pire.

À retenir

  • Le patient entend d'abord qu'on lui a trouvé quelque chose.
  • Une découverte bénigne se dit clairement, une formulation prudente entretient l'inquiétude.
  • Un nom de maladie non confirmé ne se prononce pas.
  • Une attente annoncée est vécue autrement qu'une attente subie.
  • Une annonce faite dans un couloir laisse une trace durable.

En pratique

  • Découverte expliquée dans l'ordre
  • Caractère fortuit expliqué
  • Bénignité dite clairement si elle est établie
  • Nom de maladie non confirmée évité
  • Étapes et délai annoncés
  • Annonceur et moment convenus
  • Présence d'un proche proposée
  • Écrit remis avec la date

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur la conduite à tenir devant une image. La prévention liée aux maladies découvertes à cette occasion relève des situations de départ correspondantes.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une découverte mal transmise se transforme en surveillance perpétuelle, ⚠️ et personne ne sait plus pourquoi elle a commencé.

Ce qui se demande au radiologue : ⚠️ une comparaison avec les examens antérieurs, ⚠️ et son avis sur le caractère formellement bénin ou non, question directe qui obtient souvent une réponse directe. ⚠️ Un appel évite fréquemment un examen supplémentaire.

Ce qui se transmet en réunion pluridisciplinaire : ⚠️ les images et non le compte rendu, ⚠️ le terrain, la biologie, ⚠️ et ce que le patient sait.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la conclusion en termes clairs, ⚠️ et surtout la phrase qui dit s'il faut ou non surveiller, avec le délai et l'examen quand il y en a un.

Ce qui se transmet au patient : ⚠️ une copie de son compte rendu, et l'écrit de la conduite retenue.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la décision, en une phrase, avec sa date. ⚠️ « Lésion bénigne, aucune surveillance nécessaire » vaut plus que trois pages de compte rendu, ⚠️ et c'est la seule ligne qui empêchera le prochain médecin de tout recommencer.

À retenir

Écrire la décision en une phrase datée. C'est ce qui empêche le prochain médecin de recommencer.

À retenir

  • Une découverte mal transmise devient une surveillance perpétuelle.
  • Demander directement au radiologue si la lésion est formellement bénigne.
  • Un appel évite fréquemment un examen supplémentaire.
  • En réunion, on transmet les images et non le compte rendu.
  • Une phrase de décision vaut plus que trois pages de compte rendu.

En pratique

  • Comparaison demandée au radiologue
  • Avis sur la bénignité formelle demandé
  • Appel privilégié à un examen de plus
  • Images présentées en réunion
  • Terrain et biologie joints
  • Conclusion claire au médecin traitant
  • Copie remise au patient
  • Décision écrite et datée au dossier

Sources

  • R2C, item 304 : Tumeurs du foie, primitives et secondaires
  • R2C, item 311 : Tumeurs du rein de l’adulte
  • R2C, item 279 : Cirrhose et complications
  • Collège français d'hépato-gastro-entérologie et Collège des enseignants de radiologie, chapitres sur les tumeurs du foie et les découvertes fortuites
  • Recommandations en vigueur sur la conduite à tenir devant un nodule hépatique et devant les découvertes fortuites en imagerie abdominale. La date de la version consultée fait partie de la source