Fiche de révision
Découverte d'une anomalie abdominale à l'examen d'imagerie médicale
Un problème créé par un examen, dont le terrain décide et dont la cascade est le vrai danger.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Deux questions se posent avant de regarder l'image : pourquoi cet examen a été fait, ⚠️ et chez qui.
⚠️ Le motif initial : il ne disparaît pas derrière la découverte. ⚠️ Une douleur qui a fait demander l'examen et que la découverte n'explique pas reste une question ouverte, et elle s'oublie systématiquement.
⚠️ Le terrain, qui décide de tout : une consommation d'alcool quantifiée, ⚠️ une hépatite virale connue ou mentionnée dans un vieux courrier, ⚠️ un surpoids et un diabète, une prise de traitement hormonal, ⚠️ un cancer connu, même ancien, et des antécédents familiaux.
Ce qui se cherche comme signes : ⚠️ un amaigrissement chiffré, ⚠️ une douleur de l'abdomen, un ictère, une modification du transit, ⚠️ du sang dans les selles ou les urines, et une fièvre.
⚠️ Ce qui se cherche dans le dossier et qui vaut mieux qu'un examen : une imagerie antérieure. ⚠️ Une lésion présente et identique il y a cinq ans n'est pas une lésion nouvelle, et cette recherche prend dix minutes.
⚠️ Et une question posée au médecin : ce que l'on fera du résultat de l'examen suivant.
À retenir
- Le motif initial ne disparaît pas derrière la découverte.
- Le terrain décide de tout, et il se recueille avant de regarder l'image.
- Une hépatite mentionnée dans un vieux courrier compte autant qu'un diagnostic établi.
- Une imagerie antérieure vaut mieux qu'un examen de plus.
- Une lésion identique il y a cinq ans n'est pas une lésion nouvelle.
En pratique
- Motif initial de l'examen relevé
- Alcool quantifié
- Hépatite virale recherchée dans les anciens courriers
- Facteurs métaboliques précisés
- Cancer connu recherché
- Signes généraux recherchés
- Imageries antérieures recherchées
- Utilité de l'examen suivant interrogée
Examen clinique
⚠️ L'examen apporte ce que l'image ne montre pas : l'état de l'organe autour de la lésion, ⚠️ et l'état du patient.
Ce qui se cherche en faveur d'une maladie chronique du foie : ⚠️ un foie ferme à bord tranchant, ⚠️ une grosse rate, des angiomes en étoile, ⚠️ une rougeur des paumes, une circulation veineuse visible, ⚠️ un épanchement du ventre, un ictère, et des ecchymoses.
Ce qui se cherche autour d'une masse : ⚠️ sa palpation quand elle est accessible, sa mobilité, ⚠️ une douleur provoquée, et des ganglions.
Ce qui se cherche à distance : ⚠️ des ganglions sus claviculaires, ⚠️ une masse mammaire, un toucher rectal, ⚠️ et un examen de la peau, une découverte abdominale pouvant être secondaire.
⚠️ Ce qui se mesure : le poids comparé au poids habituel, ⚠️ et l'état général, qui pèse sur toutes les décisions à venir.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen normal : rien, une découverte fortuite étant par définition asymptomatique.
À retenir
- L'examen apporte l'état de l'organe autour de la lésion.
- Les signes de maladie chronique du foie changent le sens de l'image.
- Une découverte abdominale peut être secondaire, et l'examen le cherche.
- Le poids comparé au poids habituel pèse sur toutes les décisions.
- Une découverte fortuite est par définition asymptomatique.
En pratique
- Foie palpé et décrit
- Rate recherchée
- Signes cutanés recherchés
- Épanchement du ventre recherché
- Masse palpée si accessible
- Ganglions sus claviculaires recherchés
- Examens complémentaires cliniques faits
- Poids et état général évalués
Synthèse paraclinique
⚠️ La biologie sert à qualifier le terrain, ⚠️ et c'est le terrain qui qualifie l'image.
Devant une découverte du foie : ⚠️ les enzymes du foie, ⚠️ la bilirubine, le taux de prothrombine et l'albumine, ⚠️ les plaquettes, les sérologies virales, ⚠️ et une évaluation de la fibrose. ⚠️ Des plaquettes basses, un taux de prothrombine abaissé et une albumine basse chez un consommateur d'alcool décrivent une maladie chronique que personne n'avait nommée.
Devant une découverte du rein : ⚠️ la créatinine, ⚠️ un examen des urines, et la recherche de sang.
Devant une découverte du pancréas ou des surrénales : ⚠️ les explorations hormonales adaptées, certaines lésions étant sécrétantes.
⚠️ Ce qui se demande selon la situation : un marqueur tumoral, ⚠️ dont l'interprétation dépend entièrement du contexte, et qui ne se demande pas pour se rassurer.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : demander un bilan large parce qu'une image a été trouvée. ⚠️ Chaque examen supplémentaire produit une anomalie mineure de plus, et chacune ouvre une nouvelle branche.
À retenir
- La biologie qualifie le terrain, et le terrain qualifie l'image.
- Plaquettes basses, prothrombine abaissée et albumine basse décrivent une maladie chronique.
- Certaines lésions des surrénales sont sécrétantes et se dosent.
- Un marqueur tumoral ne se demande pas pour se rassurer.
- Chaque examen supplémentaire produit une anomalie mineure de plus.
En pratique
- Bilan du foie demandé si découverte hépatique
- Coagulation et albumine lues
- Plaquettes lues
- Sérologies virales demandées
- Fonction rénale et urines si découverte rénale
- Explorations hormonales si lésion surrénalienne
- Marqueur tumoral justifié
- Bilan large évité
Iconographie
⚠️ Un compte rendu de découverte se lit en trois temps, ⚠️ et le premier porte sur l'organe et non sur la lésion.
⚠️ L'organe : sa taille, ses contours, son homogénéité, ⚠️ et les signes indirects d'une maladie chronique. ⚠️ Un foie bosselé, une rate augmentée et des voies de dérivation veineuses changent le sens de tout le reste.
⚠️ La lésion : sa taille, ⚠️ son siège, son nombre, ⚠️ son contenu, et surtout son comportement après injection aux différents temps, ⚠️ qui est le critère principal de caractérisation.
⚠️ L'environnement : les ganglions, ⚠️ les vaisseaux, et les autres organes.
⚠️ Ce qui se compare avant tout examen supplémentaire : les imageries antérieures, ⚠️ la stabilité sur plusieurs années valant caractérisation dans beaucoup de situations.
⚠️ Ce qui se demande ensuite, et seulement si cela change la conduite : un examen de caractérisation adapté à l'organe, ⚠️ échographie de contraste, imagerie par résonance magnétique, ou temps d'injection manquants, et non le même examen refait ailleurs.
⚠️ Ce que signifie une phrase fréquente et vide : « à corréler à la clinique ». ⚠️ Elle rend la décision au clinicien sans lui donner d'élément, et la répéter n'est pas conclure.
À retenir
- Le premier temps de la lecture porte sur l'organe, pas sur la lésion.
- Le comportement après injection est le critère principal de caractérisation.
- La stabilité sur plusieurs années vaut caractérisation dans beaucoup de situations.
- Un examen de caractérisation n'est pas le même examen refait ailleurs.
- À corréler à la clinique rend la décision sans donner d'élément.
En pratique
- État de l'organe décrit
- Signes indirects de maladie chronique relevés
- Taille, siège et nombre relevés
- Comportement après injection analysé
- Ganglions et vaisseaux évalués
- Imageries antérieures récupérées
- Examen de caractérisation choisi si utile
- Phrase de conclusion interprétée
Stratégie diagnostique
⚠️ Trois questions, et la troisième est la plus difficile à poser honnêtement.
⚠️ Chez qui : le terrain décide. ⚠️ La même lésion dans un foie sain et dans un foie malade n'appelle pas la même conduite, ⚠️ et c'est vrai aussi du rein chez un patient à risque et des surrénales chez un patient porteur d'un cancer connu.
⚠️ Que montre l'image : la caractérisation par le comportement après injection, ⚠️ la comparaison aux examens antérieurs, et le nombre de lésions.
⚠️ Que change le résultat de l'examen suivant : ⚠️ et si la réponse est « rien », l'examen ne se demande pas. ⚠️ C'est la question qui arrête les cascades, et c'est celle qu'on évite de se poser.
⚠️ Ce qui classe la plupart des découvertes : des critères de bénignité formels, ⚠️ kyste simple, lésion graisseuse typique, stabilité prolongée, qui autorisent à ne rien faire et à l'écrire.
⚠️ Ce qui impose une caractérisation : une lésion aux critères non formels, ⚠️ une lésion nouvelle, une lésion chez un patient à risque, ⚠️ et une lésion qui a changé.
⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un examen incomplet, ⚠️ une absence de comparaison, et un terrain non évalué.
À retenir
- Le terrain décide, la même lésion n'appelle pas la même conduite.
- Si l'examen suivant ne change rien, il ne se demande pas.
- C'est la question qui arrête les cascades, et celle qu'on évite de se poser.
- Des critères de bénignité formels autorisent à ne rien faire et à l'écrire.
- Une lésion nouvelle ou qui a changé impose une caractérisation.
En pratique
- Terrain évalué
- Caractérisation par l'injection analysée
- Comparaison aux antérieurs faite
- Utilité de l'examen suivant évaluée
- Critères de bénignité recherchés
- Abstention écrite si critères formels
- Caractérisation demandée si critères non formels
- Conclusion différée si examen incomplet
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Trois décisions possibles, et la première est de loin la plus fréquente.
⚠️ Ne rien faire : et l'écrire. ⚠️ Une découverte bénigne formelle se conclut par une phrase dans le dossier et dans le courrier, ⚠️ « lésion bénigne, aucune surveillance nécessaire », faute de quoi elle sera resurveillée par le médecin suivant, et de nouveau par le suivant.
⚠️ Surveiller : avec un examen précis, un délai précis et un responsable nommé. ⚠️ Une surveillance sans ces trois éléments n'a pas lieu, ou a lieu indéfiniment.
⚠️ Caractériser ou traiter : par l'examen adapté, ⚠️ et par une décision prise en réunion pluridisciplinaire quand la lésion est suspecte, où l'imagerie, la biologie et le terrain sont présentés ensemble.
⚠️ Ce qui ne se décide pas seul : une biopsie. ⚠️ Dans certaines situations l'imagerie suffit au diagnostic, et le geste devient inutile et non dénué de risque.
⚠️ Ce qui se traite en parallèle et qui est souvent le vrai sujet : la maladie de l'organe, ⚠️ une maladie chronique du foie découverte à cette occasion demandant une prise en charge propre.
⚠️ Ce qui se documente : la conclusion, la conduite, et son motif.
À retenir
- Ne rien faire est la décision la plus fréquente, et elle s'écrit.
- Sans phrase écrite, la lésion sera resurveillée par chaque médecin suivant.
- Une surveillance sans examen, délai et responsable n'a pas lieu ou a lieu indéfiniment.
- Une biopsie ne se décide pas seul.
- La maladie de l'organe découverte à cette occasion est souvent le vrai sujet.
En pratique
- Décision prise parmi les trois
- Abstention écrite en clair
- Examen, délai et responsable si surveillance
- Examen de caractérisation choisi
- Réunion pluridisciplinaire si lésion suspecte
- Biopsie discutée collectivement
- Maladie de l'organe prise en charge
- Conclusion et motif documentés
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Le patient est venu pour une douleur et on lui parle d'autre chose, ⚠️ et il entend d'abord qu'on lui a trouvé quelque chose.
Ce qui se dit dans l'ordre : ⚠️ ce que l'on a trouvé, ⚠️ le fait qu'on ne le cherchait pas, ce que cela veut dire aujourd'hui, ⚠️ et ce qui est prévu.
⚠️ Ce qui se dit quand la découverte est bénigne : clairement, et une seule fois, ⚠️ « ce n'est rien, il n'y a rien à faire, et il n'y aura rien à faire », une formulation prudente entretenant l'inquiétude.
⚠️ Ce qui se dit quand la lésion doit être caractérisée : ce qui est possible, ⚠️ sans prononcer un nom de maladie non confirmé, le délai, ⚠️ et qui rappellera. ⚠️ Une attente annoncée est vécue autrement qu'une attente subie.
⚠️ Ce qui se prépare avant l'entretien : qui annonce, ⚠️ quand, et avec quel plan. ⚠️ Une annonce faite dans un couloir, sans plan, par la personne disponible, laisse une trace durable.
Ce qui se propose : ⚠️ la présence d'un proche, et une consultation de reprise.
Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec ce qui a été trouvé, ce qui est prévu et la date.
À retenir
- Le patient entend d'abord qu'on lui a trouvé quelque chose.
- Une découverte bénigne se dit clairement, une formulation prudente entretient l'inquiétude.
- Un nom de maladie non confirmé ne se prononce pas.
- Une attente annoncée est vécue autrement qu'une attente subie.
- Une annonce faite dans un couloir laisse une trace durable.
En pratique
- Découverte expliquée dans l'ordre
- Caractère fortuit expliqué
- Bénignité dite clairement si elle est établie
- Nom de maladie non confirmée évité
- Étapes et délai annoncés
- Annonceur et moment convenus
- Présence d'un proche proposée
- Écrit remis avec la date
Éducation et prévention
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une découverte mal transmise se transforme en surveillance perpétuelle, ⚠️ et personne ne sait plus pourquoi elle a commencé.
Ce qui se demande au radiologue : ⚠️ une comparaison avec les examens antérieurs, ⚠️ et son avis sur le caractère formellement bénin ou non, question directe qui obtient souvent une réponse directe. ⚠️ Un appel évite fréquemment un examen supplémentaire.
Ce qui se transmet en réunion pluridisciplinaire : ⚠️ les images et non le compte rendu, ⚠️ le terrain, la biologie, ⚠️ et ce que le patient sait.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la conclusion en termes clairs, ⚠️ et surtout la phrase qui dit s'il faut ou non surveiller, avec le délai et l'examen quand il y en a un.
Ce qui se transmet au patient : ⚠️ une copie de son compte rendu, et l'écrit de la conduite retenue.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la décision, en une phrase, avec sa date. ⚠️ « Lésion bénigne, aucune surveillance nécessaire » vaut plus que trois pages de compte rendu, ⚠️ et c'est la seule ligne qui empêchera le prochain médecin de tout recommencer.
À retenir
- Une découverte mal transmise devient une surveillance perpétuelle.
- Demander directement au radiologue si la lésion est formellement bénigne.
- Un appel évite fréquemment un examen supplémentaire.
- En réunion, on transmet les images et non le compte rendu.
- Une phrase de décision vaut plus que trois pages de compte rendu.
En pratique
- Comparaison demandée au radiologue
- Avis sur la bénignité formelle demandé
- Appel privilégié à un examen de plus
- Images présentées en réunion
- Terrain et biologie joints
- Conclusion claire au médecin traitant
- Copie remise au patient
- Décision écrite et datée au dossier