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Fiche de révision

Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale

Le cou offre toujours une anomalie, et celle qui compte est rarement celle qu'on regarde.

Situation de départ 225Catégorie IIItem R2C 298Item R2C 241Item R2C 220

Entretien et interrogatoire

⚠️ Le terrain oriente plus que l'image, ⚠️ et deux consommations le résument.

⚠️ Le tabac et l'alcool : ⚠️ quantifiés tous les deux, et leur association multipliant le risque au lieu de l'additionner. ⚠️ Chez un adulte qui présente ces deux expositions, toute anomalie du cou change de statut.

⚠️ Les signes qui doivent être cherchés un par un : une voix modifiée et depuis quand, ⚠️ une gêne pour avaler, une douleur de l'oreille sans anomalie de l'oreille, ⚠️ un saignement de la bouche ou du nez, une obstruction d'un côté du nez, ⚠️ et une perte de poids chiffrée. ⚠️ Une douleur de l'oreille avec une oreille normale est un signe classique et méconnu.

Ce qui se cherche comme autre orientation : ⚠️ une infection récente, ⚠️ un contage tuberculeux, un contact avec un chat, ⚠️ un voyage, et une maladie du sang.

⚠️ Ce qui se cherche pour la thyroïde : une irradiation du cou dans l'enfance, ⚠️ des antécédents familiaux de cancer de la thyroïde, et une croissance rapide.

⚠️ Et une question de méthode : pourquoi l'examen a été fait, ⚠️ le motif initial restant à traiter.

Le piège

Se contenter d'une voix rauque attribuée à un reflux. Un traitement sans effet est une information.

À retenir

  • Le terrain oriente plus que l'image.
  • Tabac et alcool associés multiplient le risque au lieu de l'additionner.
  • Une douleur de l'oreille avec une oreille normale est un signe classique et méconnu.
  • Une irradiation du cou dans l'enfance change le sens d'un nodule thyroïdien.
  • Le motif initial de l'examen reste à traiter.

En pratique

  • Tabac quantifié
  • Alcool quantifié
  • Voix et sa durée précisées
  • Gêne à avaler recherchée
  • Douleur de l'oreille recherchée
  • Perte de poids chiffrée
  • Irradiation du cou dans l'enfance recherchée
  • Motif initial de l'examen relevé

Examen clinique

⚠️ L'examen du cou est un examen méthodique, ⚠️ et sa mention « cou souple » dans un dossier signifie presque toujours qu'il n'a pas été fait.

Ce qui se palpe, dans un ordre fixe : ⚠️ toutes les aires ganglionnaires du cou, ⚠️ la thyroïde en déglutition, les glandes salivaires, ⚠️ et les aires sus claviculaires, dont l'atteinte oriente vers un cancer profond.

Ce qui se décrit pour chaque ganglion : ⚠️ sa taille mesurée, son siège, ⚠️ sa consistance, sa mobilité par rapport aux plans profonds, ⚠️ et son caractère douloureux ou non. ⚠️ Un ganglion dur, fixé et indolore chez un adulte à risque est un signe suffisant pour engager la démarche.

⚠️ Ce qui doit être fait et qui manque presque toujours : l'examen complet de la bouche, ⚠️ avec un abaisse langue et une lumière, la palpation de la base de la langue et du plancher, ⚠️ et l'inspection des amygdales.

Ce qui se cherche à distance : ⚠️ une atteinte cutanée du visage et du cuir chevelu, ⚠️ et un examen général, une adénopathie pouvant venir de loin.

⚠️ Ce qui se note : une carte des ganglions avec leurs tailles et la date.

À retenir

Palper la base de la langue et le plancher de la bouche. C'est là que se cachent les lésions qu'on ne voit pas.

À retenir

  • Cou souple dans un dossier signifie presque toujours que l'examen n'a pas été fait.
  • Un ganglion dur, fixé et indolore chez un adulte à risque suffit à engager la démarche.
  • L'examen de la bouche demande un abaisse langue et une lumière.
  • La base de la langue et le plancher se palpent.
  • Une adénopathie peut venir du cuir chevelu ou de plus loin.

En pratique

  • Toutes les aires du cou palpées
  • Thyroïde palpée en déglutition
  • Aires sus claviculaires examinées
  • Ganglions mesurés et décrits
  • Bouche examinée avec une lumière
  • Base de la langue et plancher palpés
  • Peau du visage et du cuir chevelu examinée
  • Carte des ganglions notée avec la date

Synthèse paraclinique

⚠️ La biologie apporte peu dans ce champ, ⚠️ et c'est une information en soi : aucun dosage ne remplace l'examen des voies aériennes et digestives supérieures.

Ce qui se demande devant un nodule thyroïdien : ⚠️ le dosage de la thyréostimuline, ⚠️ qui oriente vers un nodule fonctionnel quand elle est abaissée, et une échographie de la thyroïde, ⚠️ qui classe le nodule selon des critères établis et décide de l'intérêt d'une ponction.

⚠️ Ce qui ne se demande pas devant un nodule thyroïdien : un dosage systématique de marqueurs, ⚠️ certains n'étant utiles que dans des situations précises, et leur demande large produisant des résultats ininterprétables.

Ce qui se demande devant une adénopathie : ⚠️ une numération, une protéine C réactive, ⚠️ et selon le contexte des sérologies, chez le sujet jeune et devant un tableau infectieux.

⚠️ Ce qui décide chez l'adulte à risque : rien de biologique. ⚠️ L'examen qui tranche est l'exploration des voies aériennes et digestives supérieures, ⚠️ et le diagnostic se fait sur un prélèvement de la lésion d'origine, pas du ganglion.

⚠️ Ce qui se demande quand aucune lésion n'est trouvée : une exploration sous anesthésie avec prélèvements orientés, ⚠️ et une imagerie fonctionnelle du corps entier, dont l'indication relève du spécialiste.

À retenir

Le diagnostic se fait sur la lésion d'origine. Le ganglion se prélève en dernier, et rarement.

À retenir

  • Aucun dosage ne remplace l'examen des voies aériennes et digestives supérieures.
  • L'échographie classe le nodule thyroïdien et décide de l'intérêt d'une ponction.
  • Les marqueurs ne se demandent pas largement, leurs résultats deviennent ininterprétables.
  • Chez l'adulte à risque, rien de biologique ne tranche.
  • Le diagnostic se fait sur la lésion d'origine, pas sur le ganglion.

En pratique

  • Thyréostimuline dosée si nodule
  • Échographie de la thyroïde demandée
  • Classement du nodule obtenu
  • Numération et inflammation si adénopathie
  • Sérologies selon l'âge et le contexte
  • Exploration des voies aériennes programmée
  • Prélèvement de la lésion d'origine privilégié
  • Examens inutiles évités

Iconographie

⚠️ Un compte rendu du cou se lit en entier, ⚠️ et l'essentiel se trouve souvent après la ligne qui a fait adresser le patient.

⚠️ Ce qui rend un ganglion suspect : une taille supérieure au seuil admis pour son groupe, ⚠️ un centre qui ne prend pas le produit de contraste, des contours irréguliers, ⚠️ une perte de la forme habituelle, et la présence de plusieurs ganglions du même groupe. ⚠️ Le centre non rehaussé est le signe le plus spécifique, et il figure en toutes lettres dans les comptes rendus.

⚠️ Ce qui rend un nodule thyroïdien suspect : des contours irréguliers, ⚠️ des microcalcifications, une forme plus haute que large, ⚠️ une extension au delà de la glande, et des ganglions associés. ⚠️ Un nodule sans aucun de ces signes est banal, et il est très fréquent.

⚠️ Ce qui se cherche systématiquement dans le reste du compte rendu : une asymétrie des parois du pharynx ou du larynx, ⚠️ un comblement d'un sinus, une lyse osseuse, ⚠️ et l'état des sommets pulmonaires, souvent explorés au passage.

⚠️ Ce qui se demande ensuite : l'examen adapté à la question, ⚠️ et non le même examen refait. L'imagerie par résonance magnétique explore mieux les parties molles, le scanner mieux l'os.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ le terrain, les signes, et la question.

Le piège

Lire seulement le paragraphe qui a motivé l'adressage. Le reste du compte rendu contient l'essentiel.

À retenir

  • L'essentiel se trouve souvent après la ligne qui a fait adresser le patient.
  • Le centre non rehaussé est le signe le plus spécifique d'un ganglion suspect.
  • Un nodule thyroïdien sans aucun signe de suspicion est banal et très fréquent.
  • Une asymétrie des parois du pharynx ou du larynx se cherche systématiquement.
  • L'imagerie par résonance explore mieux les parties molles, le scanner mieux l'os.

En pratique

  • Compte rendu lu en entier
  • Critères de suspicion du ganglion recherchés
  • Centre non rehaussé repéré
  • Critères de suspicion du nodule recherchés
  • Asymétrie des parois recherchée
  • Sinus et os évalués
  • Sommets pulmonaires lus
  • Examen suivant choisi selon la question

Stratégie diagnostique

⚠️ Deux démarches se séparent selon le terrain, ⚠️ et confondre les deux fait perdre des semaines.

⚠️ Chez un adulte fumeur et consommateur d'alcool, avec une adénopathie du cou : la démarche est celle d'une tumeur des voies aériennes et digestives supérieures jusqu'à preuve du contraire. ⚠️ L'examen spécialisé complet est la première étape, ⚠️ et il se fait sans délai, le délai étant un élément de pronostic.

⚠️ Chez un sujet jeune, sans exposition, avec des ganglions douloureux et un contexte infectieux : la démarche est infectieuse, ⚠️ et un contrôle à distance suffit souvent.

⚠️ Devant un nodule thyroïdien isolé : la démarche est standardisée, ⚠️ échographie, classement, et ponction seulement pour certaines catégories. ⚠️ La majorité des nodules ne demandent qu'une surveillance espacée, et beaucoup n'en demandent aucune.

⚠️ La règle qui domine tout le champ : on cherche la lésion d'origine avant de prélever le ganglion. ⚠️ Un ganglion retiré chirurgicalement avant l'exploration des voies aériennes complique durablement la suite.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un examen clinique incomplet, ⚠️ un compte rendu lu partiellement, et une exploration des voies aériennes non faite.

Urgence

Adénopathie cervicale chez un adulte fumeur : examen spécialisé sans délai, avant tout prélèvement.

À retenir

  • Deux démarches se séparent selon le terrain.
  • Chez l'adulte à risque, l'examen spécialisé est la première étape.
  • Le délai est un élément de pronostic.
  • La majorité des nodules thyroïdiens ne demandent qu'une surveillance espacée.
  • On cherche la lésion d'origine avant de prélever le ganglion.

En pratique

  • Terrain identifié
  • Démarche choisie selon le terrain
  • Examen spécialisé programmé sans délai si risque
  • Contrôle à distance si contexte infectieux
  • Échographie et classement si nodule
  • Ponction réservée aux catégories concernées
  • Prélèvement du ganglion différé
  • Compte rendu relu en entier

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une découverte d'imagerie du cou n'est pas une urgence vitale. Les urgences de ce territoire, dyspnée laryngée et saignement, relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ La prise en charge se joue sur l'ordre des étapes, ⚠️ et un mauvais ordre coûte plus qu'un retard.

⚠️ Devant une suspicion de tumeur des voies aériennes et digestives supérieures : examen spécialisé, ⚠️ exploration sous anesthésie avec prélèvements, bilan d'extension, ⚠️ et décision en réunion pluridisciplinaire. ⚠️ Aucun prélèvement du ganglion avant cette séquence.

⚠️ Ce qui s'organise en même temps et qui compte pour la suite : l'arrêt du tabac et l'accompagnement de la consommation d'alcool, ⚠️ proposés dès ce moment et non après le traitement, le sevrage améliorant la tolérance des traitements ; ⚠️ un bilan dentaire, nécessaire avant certains traitements ; et une évaluation nutritionnelle.

⚠️ Devant un nodule thyroïdien banal : écrire qu'aucune surveillance rapprochée n'est nécessaire, ⚠️ et fixer une échéance espacée quand une surveillance est retenue.

⚠️ Ce qui se décide collectivement : le traitement, ⚠️ et l'information du patient, avec un annonceur désigné.

⚠️ Ce qui se documente : la séquence prévue, les dates, ⚠️ et la personne responsable de chaque étape.

À retenir

Proposer le sevrage tabagique dès la suspicion. Il améliore la tolérance des traitements à venir.

À retenir

  • Un mauvais ordre coûte plus qu'un retard.
  • Aucun prélèvement du ganglion avant l'exploration des voies aériennes.
  • Le sevrage se propose dès ce moment, pas après le traitement.
  • Un bilan dentaire est nécessaire avant certains traitements.
  • Une surveillance retenue se fixe avec une échéance espacée.

En pratique

  • Examen spécialisé programmé
  • Exploration sous anesthésie prévue
  • Prélèvement du ganglion différé
  • Bilan d'extension organisé
  • Réunion pluridisciplinaire prévue
  • Sevrage proposé et accompagné
  • Bilan dentaire et nutritionnel demandés
  • Séquence et responsables documentés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué chez le candidat. Les explorations endoscopiques et les prélèvements sont des actes spécialisés.

Annonce et information

⚠️ Le patient a été adressé pour un nodule et il va entendre parler d'autre chose, ⚠️ et ce déplacement doit être expliqué avant tout le reste.

Ce qui se dit : ⚠️ que le nodule de la thyroïde est banal et n'explique rien, ⚠️ qu'une autre anomalie figure sur le même examen, qu'elle doit être explorée rapidement, ⚠️ et par quel examen.

⚠️ Ce qui se dit sur le délai : qu'il est court volontairement, ⚠️ et non parce que la situation est désespérée. La distinction se fait mal et elle se dit.

⚠️ Ce qui ne se dit pas : un nom de maladie non confirmé, ⚠️ et une réassurance qui empêchera le patient de venir au rendez-vous.

⚠️ Ce qui se dit sur le tabac et l'alcool : sans reproche, ⚠️ en présentant l'arrêt comme un élément du traitement et non comme une condition, et en proposant une aide concrète.

⚠️ Ce qui relève du dispositif d'annonce si un cancer est confirmé : un temps médical dédié, un accompagnement, ⚠️ et un annonceur désigné à l'avance.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec ce qui a été trouvé, ce qui est prévu, la date et un numéro.

Le piège

Dire seulement que ce n'est pas la thyroïde. Le patient repart sans savoir ce qui est cherché.

À retenir

  • Le patient a été adressé pour autre chose, et ce déplacement s'explique d'abord.
  • Un délai court volontairement se distingue mal d'une situation désespérée.
  • Un nom de maladie non confirmé ne se prononce pas.
  • L'arrêt du tabac se présente comme un élément du traitement, pas une condition.
  • Une réassurance mal placée empêche de venir au rendez-vous.

En pratique

  • Déplacement de la question expliqué
  • Caractère banal du nodule dit
  • Autre anomalie expliquée
  • Examen suivant nommé
  • Motif du délai court expliqué
  • Nom de maladie non confirmée évité
  • Sevrage abordé sans reproche
  • Écrit remis avec date et numéro

Éducation et prévention

Sans objet pour cette situation : Cette situation porte sur la conduite à tenir devant une image. La prévention des cancers des voies aérodigestives supérieures et le sevrage relèvent des situations de départ consacrées au tabac et à l'alcool.

Communication interprofessionnelle

⚠️ Dans ce champ, le délai est un élément de pronostic, ⚠️ et le délai se négocie au téléphone.

Ce qui se transmet au spécialiste : ⚠️ le terrain, tabac et alcool quantifiés, ⚠️ les signes et leur durée, la description des ganglions avec leurs tailles, ⚠️ le compte rendu d'imagerie complet et non sa conclusion, et la question posée.

⚠️ Ce qui se demande explicitement : un rendez-vous rapide, ⚠️ et l'on appelle plutôt que d'écrire, un courrier ordinaire donnant un délai ordinaire.

Ce qui se demande au radiologue : ⚠️ une relecture des images avec la question clinique, ⚠️ le compte rendu ayant été rédigé pour une autre indication, et un avis sur les structures qui n'étaient pas la cible de l'examen.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le déplacement de la question, ⚠️ le circuit engagé, et ce que le patient a compris.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : la ligne du compte rendu qui a fait changer de direction. ⚠️ Sans elle, le prochain lecteur reprendra le nodule thyroïdien, et la démarche recommencera par le mauvais bout.

À retenir

Appeler plutôt qu'écrire. Un courrier ordinaire donne un délai ordinaire.

À retenir

  • Le délai est un élément de pronostic, et il se négocie au téléphone.
  • Un courrier ordinaire donne un délai ordinaire.
  • Le compte rendu avait été rédigé pour une autre indication, une relecture s'impose.
  • On transmet le compte rendu complet, pas sa conclusion.
  • Sans la ligne qui a fait changer de direction, la démarche recommence par le mauvais bout.

En pratique

  • Terrain quantifié et transmis
  • Signes et durée transmis
  • Ganglions décrits avec leurs tailles
  • Compte rendu complet joint
  • Rendez-vous rapide demandé par téléphone
  • Relecture demandée au radiologue
  • Médecin traitant informé du déplacement
  • Ligne décisive écrite au dossier

Sources

  • R2C, item 298 : Tumeurs de la cavité buccale, naso-sinusiennes et du cavum, et des voies aérodigestives supérieures
  • R2C, item 241 : Goitre, nodules thyroïdiens et cancers thyroïdiens
  • R2C, item 220 : Adénopathie superficielle de l'adulte et de l'enfant
  • Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale, chapitres « Adénopathie cervicale » et « Nodule thyroïdien »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge des adénopathies cervicales de l'adulte et sur celle des nodules thyroïdiens. La date de la version consultée fait partie de la source