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Radiologie

Fiche de révision

Découverte d'une anomalie cervico-faciale à l'examen d'imagerie médicale

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 225Catégorie IIItem R2C 298Item R2C 241Item R2C 220

Cette fiche vous apprend à lire un compte rendu d'imagerie du cou en entier, à reconnaître parmi plusieurs anomalies celle qui compte, et à engager le bon circuit dans le bon ordre. Elle suit ce fil : la question de la bonne découverte, le terrain et l'examen qui y répondent, la lecture du compte rendu et ce qu'on demande ensuite, la règle de la lésion d'origine, l'ordre des étapes, puis l'annonce et la transmission.

SommaireEnviron 12 min
  1. Le cou montre presque à chaque fois une anomalie : laquelle compte
  2. Le terrain oriente plus que l'image, et 2 consommations le résument
  3. Un examen du cou méthodique, bouche comprise
  4. Lire le compte rendu en entier, jusqu'à la ligne qui compte
  5. L'examen suivant répond à une question, et la question s'écrit
  6. La biologie tranche peu : la lésion d'origine se cherche avant le ganglion
  7. Un mauvais ordre coûte plus qu'un retard
  8. Expliquer le déplacement de la question, puis négocier le délai au téléphone
  9. À retenir pour la station

Le cou montre presque à chaque fois une anomalie : laquelle compte

Le cou contient beaucoup de structures, et l'imagerie en trouve presque à chaque fois une anormale. La question est de savoir laquelle compte, et la réponse tient au terrain et à la clinique, pas à la taille.

Une inversion est fréquente : la découverte qui attire l'œil est souvent banale, et celle qui compte est écrite plus bas dans le même compte rendu. Le nodule thyroïdien en est l'exemple, découverte la plus fréquente et la plus surexplorée du champ.

2 démarches se séparent selon le terrain, et confondre les 2 fait perdre des semaines. Chez un adulte fumeur et consommateur d'alcool, avec une adénopathie du cou, la démarche est celle d'une tumeur des voies aériennes et digestives supérieures jusqu'à preuve du contraire. L'examen spécialisé complet est la première étape, et il se fait sans délai, le délai étant un élément de pronostic.

Chez un sujet jeune, sans exposition, avec des ganglions douloureux et un contexte infectieux, la démarche est infectieuse, et un contrôle à distance suffit souvent. Devant un nodule thyroïdien isolé, la démarche est standardisée : échographie, classement, et ponction seulement pour certaines catégories. La majorité des nodules ne demandent qu'une surveillance espacée, et beaucoup n'en demandent aucune.

Le terrain oriente plus que l'image, et 2 consommations le résument

Le terrain oriente plus que l'image, et 2 consommations le résument : le tabac et l'alcool. Ils se quantifient l'un et l'autre, et leur association multiplie le risque au lieu de l'additionner. Chez un adulte qui présente ces 2 expositions, toute anomalie du cou change de statut.

Les signes se cherchent un par un : une voix modifiée, et depuis quand ; une gêne pour avaler ; une douleur de l'oreille sans anomalie de l'oreille ; un saignement de la bouche ou du nez ; une obstruction d'un côté du nez ; une perte de poids chiffrée. Une douleur de l'oreille avec une oreille normale est un signe classique et méconnu.

D'autres orientations se cherchent aussi : une infection récente, un contage tuberculeux, un contact avec un chat, un voyage, et une maladie du sang. Pour la thyroïde, ce sont une irradiation du cou dans l'enfance, qui change le sens d'un nodule thyroïdien, des antécédents familiaux de cancer de la thyroïde et une croissance rapide.

Une question de méthode clôt l'entretien : pourquoi l'examen a été fait. Le motif initial reste à traiter, et il ne s'efface pas derrière la découverte.

Un examen du cou méthodique, bouche comprise

L'examen du cou est un examen méthodique, et la mention « cou souple » dans un dossier signifie le plus souvent qu'il n'a pas été fait. Se palpent, dans un ordre fixe, toutes les aires ganglionnaires du cou, la thyroïde en déglutition, les glandes salivaires et les aires sus-claviculaires, dont l'atteinte oriente vers un cancer profond.

Chaque ganglion se décrit : sa taille mesurée, son siège, sa consistance, sa mobilité par rapport aux plans profonds, et son caractère douloureux ou non. Un ganglion dur, fixé et indolore chez un adulte à risque est un signe suffisant pour engager la démarche.

L'examen complet de la bouche est ce qui manque le plus souvent. Il se fait avec un abaisse-langue et une lumière, et comprend la palpation de la base de la langue et du plancher, et l'inspection des amygdales.

À distance, l'examen cherche une atteinte cutanée du visage et du cuir chevelu, et comprend un examen général, une adénopathie pouvant venir de loin. Ce qui se note est une carte des ganglions, avec leurs tailles et la date.

Lire le compte rendu en entier, jusqu'à la ligne qui compte

Un compte rendu du cou se lit en entier, et l'essentiel se trouve souvent après la ligne qui a fait adresser le patient. Lire seulement le paragraphe qui a motivé l'adressage laisse de côté le reste du compte rendu, qui contient l'essentiel.

Un ganglion est suspect sur 5 critères : une taille supérieure au seuil admis pour son groupe, un centre qui ne prend pas le produit de contraste, des contours irréguliers, une perte de la forme habituelle, et la présence de plusieurs ganglions du même groupe. Le centre non rehaussé est le signe le plus spécifique, et il figure en toutes lettres dans les comptes rendus.

Un nodule thyroïdien est suspect sur des contours irréguliers, des microcalcifications, une forme plus haute que large, une extension au-delà de la glande et des ganglions associés. Un nodule sans aucun de ces signes est banal, et il est très fréquent.

Le reste du compte rendu se lit ligne par ligne : une asymétrie des parois du pharynx ou du larynx, un comblement d'un sinus, une lyse osseuse, et l'état des sommets pulmonaires, souvent explorés au passage. L'asymétrie des parois du pharynx ou du larynx se cherche à chaque lecture.

L'examen suivant répond à une question, et la question s'écrit

Ce qui se demande ensuite est l'examen adapté à la question, et non le même examen refait. L'imagerie par résonance magnétique explore mieux les parties molles, le scanner mieux l'os.

La demande d'imagerie porte le terrain, les signes et la question. Au radiologue se demandent aussi une nouvelle lecture des images avec la question clinique, le compte rendu ayant été rédigé pour une autre indication, et un avis sur les structures qui n'étaient pas la cible de l'examen.

La biologie tranche peu : la lésion d'origine se cherche avant le ganglion

La biologie apporte peu dans ce champ, et c'est une information en soi : aucun dosage ne remplace l'examen des voies aériennes et digestives supérieures. Devant un nodule thyroïdien se demandent le dosage de la thyréostimuline, qui oriente vers un nodule fonctionnel quand elle est abaissée, et une échographie de la thyroïde, qui classe le nodule selon des critères établis et décide de l'intérêt d'une ponction.

Un dosage de principe de marqueurs ne se demande pas devant un nodule thyroïdien : certains ne sont utiles que dans des situations précises, et leur demande large produit des résultats ininterprétables. Devant une adénopathie se demandent une numération, une protéine C réactive et, selon le contexte, des sérologies, chez le sujet jeune et devant un tableau infectieux.

Chez l'adulte à risque, rien de biologique ne décide. L'examen qui tranche est l'exploration des voies aériennes et digestives supérieures, et le diagnostic se fait sur un prélèvement de la lésion d'origine, pas du ganglion. Le ganglion se prélève en dernier, et rarement.

La règle qui domine tout le champ est de chercher la lésion d'origine avant de prélever le ganglion. Un ganglion retiré chirurgicalement avant l'exploration des voies aériennes complique durablement la suite.

Quand aucune lésion n'est trouvée, se demandent une exploration sous anesthésie avec prélèvements orientés, et une imagerie fonctionnelle du corps entier, dont l'indication relève du spécialiste. La conclusion se suspend devant un examen clinique incomplet, un compte rendu lu partiellement, ou une exploration des voies aériennes non faite.

Un mauvais ordre coûte plus qu'un retard

La prise en charge se joue sur l'ordre des étapes, et un mauvais ordre coûte plus qu'un retard. Devant une suspicion de tumeur des voies aériennes et digestives supérieures, la séquence est fixée, et aucun prélèvement du ganglion ne se fait avant elle.

La séquence, devant une suspicion de tumeur des voies aériennes et digestives supérieures :

  1. L'examen spécialisé des voies aériennes et digestives supérieures.
  2. L'exploration sous anesthésie, avec prélèvements.
  3. Le bilan d'extension.
  4. La décision en réunion pluridisciplinaire.

Ce qui s'organise en même temps compte pour la suite. L'arrêt du tabac et l'accompagnement de la consommation d'alcool se proposent dès la suspicion, et non après le traitement, le sevrage améliorant la tolérance des traitements à venir. Un bilan dentaire, nécessaire avant certains traitements, et une évaluation nutritionnelle s'y ajoutent.

Le traitement se décide collectivement, comme l'information du patient, avec un annonceur désigné. La séquence prévue, les dates et la personne responsable de chaque étape se documentent.

Devant un nodule thyroïdien banal, il s'écrit qu'aucune surveillance rapprochée n'est nécessaire. Une échéance espacée se fixe quand une surveillance est retenue.

Expliquer le déplacement de la question, puis négocier le délai au téléphone

Le patient a été adressé pour un nodule et il va entendre parler d'autre chose : ce déplacement s'explique avant tout le reste. Se disent que le nodule de la thyroïde est banal et n'explique rien, qu'une autre anomalie figure sur le même examen, qu'elle doit être explorée rapidement, et par quel examen. Dire seulement que ce n'est pas la thyroïde fait repartir le patient sans savoir ce qui est cherché.

Le délai est court volontairement, et non parce que la situation est désespérée : la distinction se fait mal, et elle se dit. Ne se disent pas un nom de maladie non confirmé, ni une réassurance qui empêchera le patient de venir au rendez-vous.

Le tabac et l'alcool s'abordent sans reproche, en présentant l'arrêt comme un élément du traitement et non comme une condition, et en proposant une aide concrète. Si un cancer est confirmé, le dispositif d'annonce prévoit un temps médical dédié, un accompagnement et un annonceur désigné à l'avance. Un écrit se remet, avec ce qui a été trouvé, ce qui est prévu, la date et un numéro.

Dans ce champ, le délai est un élément de pronostic, et il se négocie au téléphone. Au spécialiste se transmettent le terrain, tabac et alcool quantifiés, les signes et leur durée, la description des ganglions avec leurs tailles, le compte rendu d'imagerie complet et non sa conclusion, et la question posée. Un rendez-vous rapide se demande explicitement, et l'on appelle plutôt que d'écrire.

Au médecin traitant se transmettent le déplacement de la question, le circuit engagé et ce que le patient a compris. Dans le dossier s'écrit la ligne du compte rendu qui a fait changer de direction. Sans elle, le prochain lecteur reprendra le nodule thyroïdien, et la démarche recommencera par le mauvais bout.

À retenir pour la station

Lisez le compte rendu du cou en entier : la découverte qui attire l'œil est souvent banale, et celle qui compte est écrite plus bas. Chez un adulte fumeur et consommateur d'alcool, une adénopathie du cou fait suivre la démarche d'une tumeur des voies aériennes et digestives supérieures, et un centre non rehaussé est le signe le plus spécifique d'un ganglion suspect. Demandez la voix et depuis quand, examinez la bouche avec une lumière et palpez la base de la langue. L'examen spécialisé se fait sans délai, et la lésion d'origine se cherche avant de prélever le ganglion. Proposez le sevrage dès la suspicion, expliquez au patient pourquoi la question a changé, et appelez plutôt qu'écrire.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    ORL. Réussir son DFASM, Connaissances clés

    Collège français d'ORL et de chirurgie cervico-faciale. 5e édition (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).

    Passages utilisés : Chapitre « Adénopathie cervicale » ; Item 241 ; Item 298

    Appuie : Stratégie diagnostique, Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Iconographie, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Annonce et information, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 298 ; Item 241 ; Item 220

    Appuie : Stratégie diagnostique, Iconographie, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge