Fiche de révision
Demande d'un examen d'imagerie
Une décision qui se prend sous pression, et une question qui supprime plus d'examens que tous les guides.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Avant de demander un examen, deux choses se recueillent, ⚠️ et l'une des deux ne se recueille pas auprès du patient.
⚠️ Auprès du patient : les examens déjà faits, ⚠️ où et quand, et s'il en a les images ou les comptes rendus. ⚠️ Beaucoup de patients ont des examens récents dont personne ne parle, parce que personne ne le leur demande.
Ce qui se cherche aussi : ⚠️ une inquiétude particulière, ⚠️ une demande explicite d'examen, et ce que le patient croit qu'un examen apportera. ⚠️ Un patient qui réclame un examen exprime le plus souvent une peur précise, et répondre à la peur évite l'examen.
⚠️ Auprès de soi-même : la question clinique, ⚠️ et surtout ce qu'on fera du résultat. ⚠️ Si la conduite est la même quelle que soit la réponse, l'examen ne se demande pas.
Ce qui se cherche pour la sécurité : ⚠️ une grossesse possible, un matériel implanté, ⚠️ une réaction antérieure à un produit de contraste, et une maladie du rein.
⚠️ Ce qui se demande enfin et qui pèse sur toute une vie : le nombre d'examens irradiants déjà reçus, ⚠️ notamment chez les patients suivis pour une maladie chronique, qui en cumulent beaucoup.
À retenir
- Beaucoup de patients ont des examens récents dont personne ne parle.
- Un patient qui réclame un examen exprime le plus souvent une peur précise.
- Répondre à la peur évite souvent l'examen.
- Si la conduite est la même quelle que soit la réponse, l'examen ne se demande pas.
- Les expositions s'additionnent sur une vie, surtout dans les maladies chroniques.
En pratique
- Examens antérieurs recensés
- Lieu et date des examens précisés
- Images disponibles recherchées
- Inquiétude du patient explorée
- Question clinique formulée
- Usage du résultat anticipé
- Éléments de sécurité recueillis
- Historique des expositions estimé
Examen clinique
⚠️ L'examen clinique est le premier examen complémentaire, ⚠️ et c'est celui qui décide s'il en faut d'autres.
⚠️ Ce qu'il apporte et qu'aucune image ne remplace : une probabilité. ⚠️ Un examen demandé devant une probabilité très faible produit surtout des découvertes sans rapport, ⚠️ et devant une probabilité très forte, il retarde parfois un traitement qui devait commencer.
Ce qui se cherche pour décider : ⚠️ les signes qui font monter la probabilité, ⚠️ et ceux qui la font descendre, rassemblés dans les règles de décision quand elles existent.
⚠️ Ce qui se réévalue plutôt que de s'imager : un tableau douteux, ⚠️ réexaminé à quelques heures ou à quelques jours, la surveillance clinique étant une stratégie diagnostique et non une absence de décision.
⚠️ Ce qui s'examine avant d'envoyer un patient à l'imagerie : sa capacité à faire l'examen, ⚠️ à tenir la position, à tenir en apnée, à rester seul, et sa douleur, qui doit être traitée avant.
⚠️ Ce qui se note : les éléments de l'examen qui figureront sur la demande, ⚠️ un radiologue lisant mieux une image quand il sait où le patient a mal.
À retenir
- L'examen clinique est le premier examen complémentaire.
- Devant une probabilité très faible, un examen produit surtout des découvertes sans rapport.
- La surveillance clinique est une stratégie diagnostique, pas une absence de décision.
- La douleur se traite avant l'examen, pas après.
- Un radiologue lit mieux une image quand il sait où le patient a mal.
En pratique
- Probabilité clinique estimée
- Règle de décision utilisée si elle existe
- Réévaluation envisagée comme alternative
- Capacité à réaliser l'examen évaluée
- Douleur traitée avant
- Éléments d'examen notés pour la demande
- Signes d'alerte recherchés
- Décision documentée
Synthèse paraclinique
⚠️ Beaucoup d'examens d'imagerie sont demandés à la place d'un examen biologique, ⚠️ ou avant lui.
Ce qui se demande avant une imagerie et qui la rend parfois inutile : ⚠️ un dosage qui tranche l'hypothèse, ⚠️ un marqueur qui écarte une cause, et un test qui oriente.
⚠️ Ce qui doit accompagner la demande quand une injection est prévue : la fonction rénale récente, ⚠️ et les antécédents de réaction.
⚠️ Ce qui doit précéder tout examen irradiant chez une femme en âge de procréer : la question de la grossesse, ⚠️ et un dosage quand la réponse est incertaine.
⚠️ Ce qui se lit avant de demander un examen supplémentaire : le compte rendu du précédent, ⚠️ et les images elles-mêmes quand elles sont disponibles. ⚠️ Un examen refait parce que le compte rendu était introuvable est une perte pure, et cela arrive tous les jours.
⚠️ Ce qui se retient sur les découvertes : plus on explore, plus on trouve, ⚠️ et chaque examen produit des anomalies sans rapport avec la question, dont chacune ouvre une branche. ⚠️ Ce phénomène est prévisible, et il fait partie du risque de l'examen.
À retenir
- Beaucoup d'examens d'imagerie sont demandés à la place d'un examen biologique.
- Un dosage qui tranche l'hypothèse rend parfois l'imagerie inutile.
- Un examen refait parce que le compte rendu était introuvable est une perte pure.
- Plus on explore, plus on trouve d'anomalies sans rapport.
- Ce phénomène est prévisible et fait partie du risque de l'examen.
En pratique
- Alternative biologique envisagée
- Fonction rénale récente disponible
- Antécédents de réaction connus
- Question de grossesse tranchée
- Compte rendu précédent recherché
- Images antérieures récupérées
- Risque de découverte fortuite anticipé
- Décision réévaluée après ces éléments
Iconographie
⚠️ Choisir un examen, c'est arbitrer entre quatre paramètres : ce qu'il montre, ⚠️ ce qu'il coûte au patient, ce qu'il coûte en délai, et ce qu'il coûte tout court.
⚠️ Le principe de justification : un examen irradiant ne se demande que si son bénéfice attendu dépasse son risque, ⚠️ et si aucune modalité sans rayonnement ne répond aussi bien à la question.
⚠️ Le principe d'optimisation : une fois l'examen justifié, il se réalise avec la dose la plus faible permettant de répondre, ⚠️ ce qui relève du radiologue mais qui suppose que la question soit claire.
⚠️ Ce qui oriente le choix de la modalité : l'échographie explore bien les parties molles, les organes du ventre et le bassin, sans rayonnement ; ⚠️ la résonance magnétique explore bien les parties molles, la moelle et l'encéphale ; le scanner explore bien l'os, le poumon et les urgences ; ⚠️ la radiographie reste irremplaçable pour l'os et le thorax.
⚠️ Ce qui existe et que personne n'ouvre : les guides de bon usage des examens d'imagerie, ⚠️ qui donnent la modalité recommandée par situation clinique, et qui sont accessibles en quelques secondes.
⚠️ Ce qui remplace ces guides quand la situation ne rentre dans aucune case : un appel au radiologue.
À retenir
- Choisir un examen, c'est arbitrer entre quatre paramètres.
- La justification suppose qu'aucune modalité sans rayonnement ne réponde aussi bien.
- L'optimisation suppose que la question soit claire.
- Les guides de bon usage donnent la modalité par situation clinique.
- Quand la situation ne rentre dans aucune case, on appelle.
En pratique
- Bénéfice attendu formulé
- Alternative sans rayonnement envisagée
- Modalité choisie selon la question
- Délai d'obtention pris en compte
- Guide de bon usage consulté
- Radiologue appelé si situation atypique
- Contraintes du patient prises en compte
- Justification écrite sur la demande
Stratégie diagnostique
⚠️ La décision de demander un examen est une décision médicale à part entière, ⚠️ et elle se prend rarement dans le calme.
⚠️ Les quatre pressions qui la faussent : la demande du patient, ⚠️ l'attente d'un confrère, la peur de passer à côté, ⚠️ et l'habitude d'un service. ⚠️ Aucune de ces quatre n'est une indication, et les nommer permet de les écarter.
⚠️ Ce qui remplace la pression par un raisonnement : la question clinique, ⚠️ la probabilité avant l'examen, ce que l'examen changerait, ⚠️ et l'existence d'une alternative.
⚠️ Ce qui doit être dit quand on renonce à un examen : la raison, ⚠️ au patient et dans le dossier. ⚠️ Une abstention non expliquée est vécue comme une négligence, et une abstention non écrite sera contredite par le médecin suivant.
⚠️ Ce qui accompagne une abstention : un filet de sécurité. ⚠️ Des signes qui doivent faire revenir, un délai, et un rendez-vous. ⚠️ Sans ces trois éléments, renoncer à un examen n'est pas une décision mais un abandon.
⚠️ Et une situation particulière : la demande d'examen comme réponse à une angoisse. ⚠️ Elle se traite en parlant de l'angoisse, et un examen normal ne rassure durablement personne.
À retenir
- La décision de demander est une décision médicale à part entière.
- Quatre pressions la faussent, et aucune n'est une indication.
- Une abstention non expliquée est vécue comme une négligence.
- Sans filet de sécurité, renoncer n'est pas une décision mais un abandon.
- Un examen normal ne rassure durablement personne.
En pratique
- Pressions identifiées et nommées
- Question clinique formulée
- Probabilité estimée
- Alternative envisagée
- Raison de l'abstention expliquée
- Abstention écrite au dossier
- Signes de retour donnés
- Rendez-vous de réévaluation fixé
Urgence vitale
⚠️ Dans l'urgence, la question n'est plus « faut-il demander » mais « qu'est-ce qui ne doit pas attendre », ⚠️ et deux erreurs symétriques existent.
⚠️ La première est de demander un examen qui retarde un traitement : un patient instable ne va pas en imagerie, ⚠️ il est stabilisé d'abord, et certaines décisions se prennent sans image.
⚠️ La seconde est de traiter sans l'examen qui aurait changé le traitement : ⚠️ un tableau où deux diagnostics opposés se traitent de façon contraire impose l'image avant le traitement.
Ce qui se décide avant le départ : ⚠️ qui accompagne, ⚠️ avec quel matériel, et ce qu'on fera si l'examen confirme.
⚠️ Ce qui se transmet oralement au service d'imagerie : la gravité, ⚠️ le degré d'urgence réel et sa justification, et l'heure limite au delà de laquelle l'examen n'a plus d'intérêt.
⚠️ Ce qui s'anticipe : la réaction grave à un produit de contraste, ⚠️ qui survient dans un service d'imagerie, et dont la conduite doit être connue de celui qui accompagne.
Ce qui se note : ⚠️ l'heure de la demande, celle du départ, celle du retour, et celle du résultat.
À retenir
- Dans l'urgence, la question est ce qui ne doit pas attendre.
- Un patient instable est stabilisé avant d'aller en imagerie.
- Deux diagnostics qui se traitent de façon contraire imposent l'image avant le traitement.
- L'heure limite au delà de laquelle l'examen n'a plus d'intérêt se transmet.
- La conduite devant une réaction au produit doit être connue de l'accompagnant.
En pratique
- Stabilité du patient évaluée
- Décision possible sans image envisagée
- Image nécessaire avant traitement identifiée
- Accompagnant et matériel prévus
- Gravité transmise oralement
- Degré d'urgence justifié
- Conduite en cas de réaction connue
- Horaires notés
Stratégie de prise en charge
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Dire non à une demande d'examen est un acte de communication avant d'être une décision technique, ⚠️ et il se rate presque toujours de la même façon.
⚠️ Ce qui ne marche pas : « ce n'est pas nécessaire ». ⚠️ Le patient entend qu'on ne le prend pas au sérieux, ou que l'examen coûte trop cher.
⚠️ Ce qui marche : partir de ce qu'il craint. ⚠️ Nommer la peur, dire pourquoi elle est peu probable ici, ⚠️ expliquer ce que l'examen montrerait et ne montrerait pas, et dire ce qu'on fait à la place.
⚠️ Ce qui se dit sur les inconvénients réels : les rayonnements pour les examens qui en utilisent, ⚠️ les découvertes sans rapport qui déclenchent d'autres examens, et le délai. ⚠️ Ces arguments sont vrais et ils sont mieux reçus que l'argument d'utilité.
⚠️ Ce qui se propose toujours : un filet de sécurité, ⚠️ des signes qui font revenir, un délai, un rendez-vous, et la possibilité de reconsidérer.
⚠️ Ce qui se fait quand le désaccord persiste : on le note, ⚠️ on propose un second avis, et l'on ne cède pas à la seule insistance, ⚠️ mais l'on reste disponible.
Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec la conduite, les signes de retour et la date.
À retenir
- Dire non est un acte de communication avant d'être une décision technique.
- Ce n'est pas nécessaire s'entend comme on ne vous prend pas au sérieux.
- Nommer la peur du patient est le point de départ.
- Les découvertes sans rapport sont un argument vrai et bien reçu.
- En cas de désaccord persistant, on note, on propose un second avis, on reste disponible.
En pratique
- Crainte du patient explorée et nommée
- Motif de l'abstention expliqué
- Ce que l'examen montrerait expliqué
- Inconvénients réels énoncés
- Alternative proposée
- Signes de retour donnés
- Second avis proposé si désaccord
- Écrit remis avec la date
Éducation et prévention
⚠️ Le patient est le seul à connaître l'ensemble de ses examens, ⚠️ et personne ne le lui a jamais dit.
⚠️ Ce qui se lui explique : que les examens qui utilisent des rayonnements s'additionnent, ⚠️ qu'il est utile de garder la trace de ceux qu'il a eus, ⚠️ et de la présenter à chaque médecin qui en propose un nouveau.
⚠️ Ce qui se lui explique aussi : qu'un examen normal ne garantit rien pour l'avenir, ⚠️ et qu'un examen refait tous les six mois sans raison ne protège de rien.
⚠️ Ce qui se dit sur les découvertes : que plus on regarde, plus on trouve, ⚠️ et qu'une partie de ce qu'on trouve n'a aucune importance mais entraîne d'autres examens. ⚠️ Cette explication donnée à l'avance évite bien des demandes.
Ce qui se recommande concrètement : ⚠️ conserver les comptes rendus, ⚠️ demander les images sur un support, et les apporter en consultation, ⚠️ ce qui évite de refaire un examen faute de pouvoir le comparer.
⚠️ Ce qui se dit aux parents pour un enfant : que l'enfant est plus sensible, ⚠️ et que les alternatives sans rayonnement sont privilégiées chaque fois qu'elles répondent.
À retenir
- Le patient est le seul à connaître l'ensemble de ses examens.
- Un examen refait tous les six mois sans raison ne protège de rien.
- Plus on regarde, plus on trouve, et une partie n'a aucune importance.
- Conserver les comptes rendus évite de refaire un examen faute de comparaison.
- L'enfant est plus sensible, et les alternatives sans rayonnement sont privilégiées.
En pratique
- Cumul des expositions expliqué
- Conservation des comptes rendus conseillée
- Support d'images demandé
- Limites d'un examen normal expliquées
- Découvertes sans rapport expliquées
- Répétition inutile découragée
- Spécificités de l'enfant expliquées
- Écrit ou support remis
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une part importante des examens inutiles vient d'un défaut de communication entre médecins, ⚠️ et non d'une erreur d'indication.
⚠️ Ce qui se fait avant de demander un examen déjà fait ailleurs : on le récupère. ⚠️ Un appel au confrère, au patient ou au centre d'imagerie suffit le plus souvent, ⚠️ et une comparaison vaut mieux qu'un examen isolé.
⚠️ Ce qui se dit à un confrère qui attend un examen dont on ne voit pas l'intérêt : la question posée, ⚠️ ce que l'examen changerait, et l'alternative, ⚠️ la discussion se faisant sur le raisonnement et non sur l'autorité.
Ce qui se demande au radiologue : ⚠️ quel examen répond à cette question, ⚠️ et sous quel délai, avant d'écrire la demande.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ la décision, sa raison, ⚠️ et ce qui a été dit au patient, pour qu'il ne soit pas mis en difficulté par une demande à laquelle il devra répondre.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier quand on renonce : la raison de l'abstention. ⚠️ Sans elle, le médecin suivant demandera l'examen, et le patient conclura que le premier avait tort.
À retenir
- Une part des examens inutiles vient d'un défaut de communication entre médecins.
- Un examen fait ailleurs se récupère plutôt qu'il ne se refait.
- La discussion avec un confrère se fait sur le raisonnement, pas sur l'autorité.
- On demande au radiologue quel examen répond avant d'écrire la demande.
- Sans raison écrite, le médecin suivant demandera l'examen.
En pratique
- Examen antérieur récupéré
- Comparaison privilégiée
- Raisonnement partagé avec le confrère
- Radiologue consulté sur le choix
- Délai vérifié
- Médecin traitant informé
- Ce qui a été dit au patient transmis
- Raison de l'abstention écrite
S'entraîner sur cette situation
Aucune station ne couvre encore cette situation.