Cette fiche vous apprend à reconnaître la radiographie, le scanner, l'IRM et l'échographie en justifiant chaque identification, à lire ce que l'affichage, la séquence et l'injection changent à une image, et à dire à quelle question chaque examen répond. Elle suit l'ordre d'une lecture : la modalité, les images d'une même acquisition, ce qui se vérifie avant de conclure, puis le choix de l'examen, sa justification, l'interrogatoire qui le précède et ce qui se réclame au centre.
SommaireEnviron 9 min
- Projection ou coupes, os blanc ou tissus mous : nommer la modalité
- Une acquisition donne plusieurs images : fenêtres et séquences
- L'injection, l'incidence et l'étiquette, vérifiées avant de conclure
- La question posée choisit la machine
- Un examen qui irradie se justifie, puis s'optimise
- Avant une imagerie, l'interrogatoire porte sur l'examen
- Les images valent plus que le compte rendu
- À retenir pour la station
Projection ou coupes, os blanc ou tissus mous : nommer la modalité
Chaque identification se justifie, et 2 caractères de l'image y suffisent. La géométrie, projection ou coupe, sépare la radiographie des autres modalités. Le contraste des tissus sépare ensuite le scanner de l'IRM.
La géométrie sépare la projection des coupes. Une radiographie projette sur un seul plan tout ce que le faisceau traverse, et les structures traversées s'y superposent. Le scanner et l'IRM découpent le corps en tranches. L'échographie, imagerie par ultrasons, donne une image en secteur, obtenue en temps réel par une sonde tenue par l'opérateur, dont elle dépend.
Le contraste sépare le scanner de l'IRM. Le scanner est une imagerie en coupes fondée sur l'atténuation des rayons X : l'os y apparaît blanc, et les tissus mous s'y distinguent peu. L'IRM, imagerie en coupes sans rayonnement ionisant, distingue les tissus mous entre eux, et c'est ce contraste, et non la finesse de l'image, qui la signe.
La modalité se nomme avec le caractère qui la justifie, image par image : sa géométrie, puis son contraste. C'est ce qui s'entend en station, chaque modalité étant nommée et justifiée par un caractère de l'image.
« Cette image est une projection où les structures se superposent : c'est une radiographie ; ces coupes où l'os est blanc sont celles d'un scanner. »
Une acquisition donne plusieurs images : fenêtres et séquences
Une même acquisition peut donner plusieurs images, et les prendre pour plusieurs examens est l'erreur à éviter. Au scanner, c'est le réglage de l'affichage qui les multiplie ; en IRM, ce sont les séquences.
Une fenêtre de scanner est un réglage de l'affichage des densités d'une même acquisition. La fenêtre osseuse montre la corticale et un trait de fracture que la fenêtre du cerveau ne montre pas ; la fenêtre parenchymateuse montre le cerveau. Passer de l'une à l'autre ne demande aucune nouvelle irradiation.
Devant 2 images de scanner, 2 questions se posent : sont-elles 2 fenêtres de la même acquisition, et laquelle montre l'os. Les reconnaître comme des affichages d'un même examen est ce qui s'observe en station.
En IRM, une séquence se reconnaît au signal du liquide. Le liquide est en hyposignal, noir, en pondération T1, et en hypersignal, blanc, en pondération T2. Devant 2 images d'IRM, c'est ce signal qui se cite pour dire qu'il s'agit de 2 séquences.
Une description se rapporte à la séquence sur laquelle elle est faite. Une lésion se décrit donc en nommant sa séquence, de la même façon que le liquide se décrit noir en T1 et blanc en T2.
« Ces 2 coupes sont la même acquisition affichée en fenêtre cérébrale puis osseuse : ce n'est pas un examen de plus. »
« Sur ces 2 coupes, le liquide est noir puis blanc : ce sont 2 séquences d'IRM. »
L'injection, l'incidence et l'étiquette, vérifiées avant de conclure
L'injection et l'incidence changent ce que l'on peut conclure d'une image, et elles se vérifient avant toute conclusion. Les mentions d'identification portées sur l'image se vérifient au même moment.
Après injection d'un produit de contraste iodé, les vaisseaux et les sinus veineux se rehaussent au scanner. Des vaisseaux et des sinus veineux devenus nettement plus denses que le cerveau orientent donc vers une injection. Elle se confirme par le protocole de l'examen, la mention de l'injection figurant sur l'image ou dans ce protocole.
L'incidence d'un cliché se cherche : debout ou couché. Un cliché thoracique de face réalisé couché agrandit la silhouette cardiaque, étale un épanchement pleural en arrière et rend un pneumothorax antérieur difficile à voir. Conclure sur la taille du cœur sur un cliché fait couché est donc une erreur.
Une image sans étiquette ne se lit pas. L'identité, la date et le marqueur du côté se vérifient sur chaque image avant de conclure.
La question posée choisit la machine
Chaque examen répond à une question que les autres posent mal, et c'est la question clinique qui choisit la modalité. Dire à quelle question chaque examen répond complète donc son identification.
La radiographie répond vite, en première intention, aux questions d'os et de thorax. Le scanner est l'examen de l'urgence, du saignement intracrânien et de l'os fin. L'IRM est celui des tissus mous, du système nerveux et des structures ligamentaires.
L'échographie répond aux liquides et aux organes pleins accessibles, avec un opérateur, puisqu'elle dépend de celui qui tient la sonde. Comme l'IRM, elle n'utilise pas de rayonnement ionisant, ce qui pèse dans le choix dès qu'un examen irradiant répondrait à la même question.
« Pour les ligaments et les ménisques, c'est l'IRM qui répond ; pour un saignement intracrânien en urgence, le scanner. »
Un examen qui irradie se justifie, puis s'optimise
La radioprotection du patient repose sur 2 principes. La justification : un examen irradiant n'est réalisé que si le bénéfice attendu dépasse le risque. L'optimisation : la dose est la plus faible compatible avec la réponse à la question posée.
La limitation de dose, elle, ne s'applique pas aux expositions médicales. Ce qui protège le patient est donc que l'examen soit justifié par la question posée, puis optimisé, et la justification d'un examen irradiant se discute.
À question égale, l'examen sans rayonnement ionisant se préfère. Une échographie ou une IRM passent devant un examen irradiant, en particulier chez l'enfant et chez la femme enceinte.
Un examen déjà fait vaut mieux qu'un examen de plus. Chercher un examen antérieur avant d'en refaire un évite une seconde exposition et donne une image de comparaison.
Avant une imagerie, l'interrogatoire porte sur l'examen
L'interrogatoire qui précède une imagerie porte sur l'examen lui-même. Il cherche les contre-indications de l'IRM, les précautions de l'injection et ce qui décide de la faisabilité.
Une grossesse se recherche chez une femme en âge de procréer avant un examen irradiant, en particulier du bassin ou de l'abdomen. Sa possibilité fait choisir une alternative ou optimiser l'exposition.
Avant une IRM se recherchent un stimulateur cardiaque non compatible, un corps étranger métallique intraoculaire et certains clips ferromagnétiques, qui la contre-indiquent. La claustrophobie et la capacité à rester immobile s'y ajoutent, et elles décident de la faisabilité.
Avant une injection, une insuffisance rénale ou un antécédent de réaction au produit de contraste se recherchent. Ces réponses se transmettent au radiologue avec la demande, parce qu'elles peuvent faire choisir un autre examen.
« Avez-vous un stimulateur cardiaque, un éclat de métal dans l'œil, ou avez-vous du mal à rester dans un espace fermé ? »
Les images valent plus que le compte rendu
Un compte rendu répond à la question posée ce jour-là ; une image répond à celles qui viendront. Les images archivées permettent la comparaison et une nouvelle lecture, et ce sont elles qui se demandent, pas seulement le compte rendu.
Ce qui manque se réclame au centre qui a réalisé l'examen : les comptes rendus manquants, les images sur un support lisible, et le protocole. Le protocole fait partie du compte rendu, et c'est lui qui porte la mention de l'injection.
Les examens anciens s'apportent pour la comparaison. Un examen ancien qu'on ne retrouve pas se refait, ce qui expose une seconde fois pour rien.
« Apportez les images elles-mêmes, pas seulement le compte rendu, et vos anciens examens pour comparer. »
À retenir pour la station
Nommez chaque modalité et justifiez-la : une projection où tout se superpose, des coupes où l'os est blanc, des coupes qui distinguent les tissus mous entre eux, une image en secteur. Les 2 fenêtres d'un scanner sont une seule acquisition, et la fenêtre osseuse est celle qui montre le trait de fracture. 2 séquences d'IRM se reconnaissent au liquide, noir en T1, blanc en T2. Vérifiez l'injection, l'incidence et l'étiquette avant de conclure, et ne jugez pas la taille du cœur sur un cliché fait couché. Dites à quelle question chaque examen répond, préférez à question égale celui qui n'irradie pas, et demandez les images, pas seulement le compte rendu.
S'entraîner sur cette situation
Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.
Sources
Imagerie médicale. Radiologie et médecine nucléaire
Collège des enseignants de radiologie de France (CERF) ; Collège national des enseignants de biophysique et de médecine nucléaire (CNEBMN). 3e édition, Réussir son DFASM, Connaissances clés (Elsevier Masson, collection Les référentiels des Collèges).
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