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Fiche de révision

Interprétation d'une recherche d'accès palustre

Une règle qui ne souffre pas d'exception, et un examen négatif qui n'est jamais une preuve du contraire.

Situation de départ 234Catégorie IIItem R2C 170Item R2C 175Item R2C 158

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une seule question ouvre ce champ, ⚠️ et elle se pose à toute personne fébrile : avez-vous voyagé.

Ce qui se précise sur le voyage : ⚠️ le pays et la région, ⚠️ les dates de départ et de retour, la durée, ⚠️ et les conditions d'hébergement. ⚠️ Le délai entre le retour et la fièvre oriente, la plupart des accès à l'espèce la plus dangereuse survenant dans le mois qui suit le retour.

⚠️ Ce qui se demande sur la prévention et qui ne conclut jamais : la prophylaxie prescrite, ⚠️ sa prise réelle, et sa poursuite après le retour. ⚠️ Une prophylaxie bien prise n'écarte pas le diagnostic, et une prophylaxie mal prise ne l'affirme pas.

Ce qui se cherche comme signes : ⚠️ la fièvre et son rythme, ⚠️ des frissons, des maux de tête, ⚠️ des vomissements et une diarrhée, des douleurs musculaires, ⚠️ et surtout un trouble de la conscience, même discret, rapporté par l'entourage ou par le personnel d'accueil.

⚠️ Ce qui se cherche comme terrain : une grossesse, ⚠️ un âge extrême, une splénectomie, ⚠️ une immunodépression, et l'absence d'exposition antérieure, qui aggravent le pronostic.

Urgence

Fièvre au retour d'une zone d'endémie : la recherche se demande le jour même, quelle que soit l'heure.

À retenir

  • Une question ouvre ce champ, et elle se pose à toute personne fébrile.
  • Le délai entre le retour et la fièvre oriente.
  • Une prophylaxie bien prise n'écarte pas le diagnostic.
  • Un trouble de la conscience discret compte, même rapporté par un tiers.
  • Grossesse, splénectomie et immunodépression aggravent le pronostic.

En pratique

  • Voyage recherché systématiquement
  • Pays, région et dates précisés
  • Délai depuis le retour calculé
  • Prophylaxie et sa prise réelle recueillies
  • Fièvre et signes associés précisés
  • Trouble de la conscience recherché
  • Vomissements recherchés
  • Terrain à risque évalué

Examen clinique

⚠️ L'examen ne fait pas le diagnostic, ⚠️ il classe la gravité, et c'est la seule chose qui compte à ce moment.

Ce qui se mesure et se répète : ⚠️ la conscience, ⚠️ la pression artérielle, le pouls, ⚠️ la fréquence respiratoire, la saturation, ⚠️ la température, et la diurèse.

⚠️ Ce qui se teste et qui manque souvent : l'état de conscience de façon structurée, ⚠️ et non l'impression que le patient « va bien », ⚠️ la confusion pouvant être discrète et intermittente.

Ce qui se cherche à l'examen : ⚠️ une pâleur, ⚠️ un ictère, une grosse rate, ⚠️ des signes hémorragiques, des marbrures, et une raideur de la nuque.

⚠️ Ce qui se cherche comme diagnostic associé : une autre cause de fièvre au retour, ⚠️ l'accès palustre n'excluant pas une infection banale, et les deux pouvant coexister.

⚠️ Ce qui se note et se date : l'examen neurologique, ⚠️ avec son heure, seul moyen de reconnaître une aggravation en quelques heures.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un examen rassurant : rien, une forme grave pouvant se constituer en quelques heures.

À retenir

Tester la conscience de façon structurée. Une confusion discrète est un critère de gravité.

À retenir

  • L'examen ne fait pas le diagnostic, il classe la gravité.
  • L'état de conscience se teste, il ne s'impressionne pas.
  • Un accès palustre n'exclut pas une infection banale associée.
  • L'examen neurologique se note avec son heure.
  • Une forme grave peut se constituer en quelques heures.

En pratique

  • Conscience évaluée de façon structurée
  • Constantes complètes relevées
  • Diurèse quantifiée
  • Pâleur et ictère recherchés
  • Rate palpée
  • Signes hémorragiques recherchés
  • Autre cause de fièvre recherchée
  • Examen daté et répété

Synthèse paraclinique

⚠️ La recherche associe plusieurs techniques, ⚠️ et chacune a ses limites.

⚠️ Le frottis sanguin : il identifie l'espèce et mesure la densité parasitaire, ⚠️ deux informations qui décident du traitement.

⚠️ La goutte épaisse : plus sensible pour détecter de faibles densités, ⚠️ mais qui ne permet pas toujours l'identification.

⚠️ Le test de diagnostic rapide : rapide, utile la nuit, ⚠️ mais qui ne donne ni la densité ni toujours l'espèce, et qui peut rester positif après le traitement.

⚠️ Ce que dit un examen négatif : rien de définitif. ⚠️ Il se répète devant une suspicion persistante, ⚠️ la parasitémie fluctuant au cours du temps, et un prélèvement fait à un mauvais moment pouvant être négatif chez un patient parasité.

⚠️ Ce qui doit accompagner le résultat : la numération, ⚠️ une thrombopénie étant très fréquente et évocatrice ; la glycémie ; ⚠️ la fonction rénale ; les bicarbonates ; ⚠️ la bilirubine ; et le lactate quand il est disponible.

⚠️ Ce que le compte rendu ne dit pas : la gravité. ⚠️ Elle se construit en réunissant des critères cliniques et biologiques dispersés, dont un seul suffit.

Le piège

Conclure sur un examen négatif. La parasitémie fluctue, et le prélèvement peut avoir été fait au mauvais moment.

À retenir

  • Le frottis identifie l'espèce et mesure la densité, deux informations qui décident.
  • Un test rapide ne donne ni la densité ni toujours l'espèce.
  • Un examen négatif se répète devant une suspicion persistante.
  • Une thrombopénie est très fréquente et évocatrice.
  • La gravité se construit en réunissant des critères dispersés, dont un seul suffit.

En pratique

  • Frottis et goutte épaisse demandés
  • Test rapide interprété avec ses limites
  • Espèce identifiée
  • Densité parasitaire relevée
  • Examen répété si suspicion persistante
  • Numération, glycémie et fonction rénale demandées
  • Bicarbonates et bilirubine lus
  • Critères de gravité réunis

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic et l'évaluation de la gravité reposent sur la clinique et la biologie. Les explorations d'une complication respiratoire ou neurologique relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions, et les trois se posent le même jour.

⚠️ Est-ce un accès palustre : la recherche se demande en urgence devant toute fièvre au retour d'une zone d'endémie, ⚠️ et un résultat s'obtient en quelques heures. ⚠️ Un examen négatif se répète, classiquement à deux reprises supplémentaires en cas de suspicion forte.

⚠️ Quelle espèce : elle décide du traitement et du risque, ⚠️ et une espèce donnée expose aux formes graves. ⚠️ Une infection à plusieurs espèces existe, et elle se traite comme la plus dangereuse.

⚠️ Est-ce grave : ⚠️ et cette question ne se pose pas au laboratoire. Elle se pose au lit du patient et sur le bilan, ⚠️ et un seul critère suffit à classer la forme comme grave.

⚠️ Ce qui suspend la conclusion : un examen unique négatif, ⚠️ une densité non mesurée, et des critères de gravité non recherchés.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : renvoyer chez lui un patient fébrile au retour d'une zone d'endémie sans résultat, ⚠️ et différer un traitement au motif que l'espèce n'est pas encore identifiée.

⚠️ Et une règle de sécurité : devant un doute, on traite comme une forme grave.

Urgence

Ne jamais renvoyer chez lui un patient fébrile au retour d'une zone d'endémie sans résultat.

À retenir

  • La recherche se demande en urgence et le résultat s'obtient en quelques heures.
  • Un examen négatif se répète devant une suspicion forte.
  • Une infection à plusieurs espèces se traite comme la plus dangereuse.
  • Un seul critère suffit à classer la forme comme grave.
  • Devant un doute, on traite comme une forme grave.

En pratique

  • Recherche demandée en urgence
  • Délai d'obtention vérifié
  • Examen répété si négatif
  • Espèce identifiée
  • Densité parasitaire mesurée
  • Critères de gravité recherchés au lit
  • Traitement non différé
  • Doute traité comme une forme grave

Urgence vitale

⚠️ Une forme grave tue en quelques heures, ⚠️ et le pronostic dépend du délai de la première dose.

⚠️ Ce qui définit la gravité, et un seul élément suffit : un trouble de la conscience, ⚠️ une convulsion, un état de choc, ⚠️ une détresse respiratoire, une glycémie basse, ⚠️ une acidose, une insuffisance rénale, ⚠️ une anémie profonde, un saignement, un ictère, ⚠️ et une densité parasitaire élevée.

⚠️ Ce qui se fait dans cet ordre : corriger une glycémie basse, ⚠️ assurer l'oxygénation et la circulation, et administrer le traitement spécifique par voie veineuse sans attendre le transfert.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : un traitement par la bouche chez un patient qui vomit ou dont la conscience est altérée, ⚠️ et un transfert avant la première dose.

⚠️ Ce qui s'organise en même temps : l'appel du réanimateur, ⚠️ une surveillance rapprochée, et le contrôle de la densité parasitaire.

⚠️ Ce qui se surveille et qui peut s'aggraver sous traitement : la conscience, ⚠️ la glycémie, la diurèse, et l'hémoglobine.

Ce qui se note : ⚠️ l'heure du résultat, l'heure de la première dose, et l'heure de l'appel.

Urgence

La première dose se donne avant le transfert. Le pronostic dépend de ce délai.

À retenir

  • Une forme grave tue en quelques heures.
  • Un seul critère suffit à la définir.
  • La glycémie basse se corrige avant tout le reste.
  • Un transfert ne précède jamais la première dose.
  • L'état peut s'aggraver sous traitement, et la surveillance reste rapprochée.

En pratique

  • Critères de gravité listés
  • Glycémie corrigée
  • Oxygénation et circulation assurées
  • Traitement veineux administré
  • Voie orale écartée si vomissements ou confusion
  • Réanimateur appelé
  • Surveillance rapprochée organisée
  • Horaires notés

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le traitement dépend de trois éléments : l'espèce, ⚠️ la gravité, et le terrain.

⚠️ Devant une forme non grave : un traitement par la bouche est possible, ⚠️ sous réserve d'une tolérance digestive, d'une surveillance de la prise, ⚠️ et d'un contrôle clinique et parasitologique programmé, le suivi faisant partie du traitement.

⚠️ Devant une forme grave : un traitement par voie veineuse en milieu adapté, ⚠️ débuté sans attendre, avec relais oral quand l'état le permet.

⚠️ Ce qui se surveille après le traitement : la densité parasitaire, ⚠️ la conscience et la glycémie, ⚠️ et l'hémoglobine dans les semaines qui suivent, une anémie retardée pouvant survenir après certains traitements.

⚠️ Ce qui se vérifie avant la sortie : la disparition des parasites, ⚠️ la capacité à prendre le traitement, et la compréhension des signes qui doivent faire revenir.

⚠️ Ce qui se déclare : le cas, ⚠️ selon les modalités en vigueur, et le signalement fait partie de la prise en charge.

⚠️ Ce qui se documente : l'espèce, la densité, les critères de gravité retenus, ⚠️ l'heure de la première dose, et le plan de suivi.

À retenir

Prévoir un contrôle de l'hémoglobine dans les semaines qui suivent. L'anémie retardée existe.

À retenir

  • Le traitement dépend de l'espèce, de la gravité et du terrain.
  • Le suivi fait partie du traitement, pas de l'après.
  • Une anémie retardée peut survenir après certains traitements.
  • La disparition des parasites se vérifie avant la sortie.
  • L'heure de la première dose se documente.

En pratique

  • Espèce et gravité prises en compte
  • Terrain évalué
  • Voie d'administration adaptée
  • Tolérance digestive vérifiée
  • Contrôle parasitologique programmé
  • Surveillance de l'hémoglobine prévue
  • Signes de retour expliqués
  • Déclaration effectuée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué qui lui soit propre. Le prélèvement sanguin et la pose d'une voie veineuse relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce de maladie chronique ou grave au sens du dispositif d'annonce. L'information du patient sur son traitement et sur la prévention est traitée dans la section consacrée à l'éducation.

Éducation et prévention

⚠️ La prévention se joue avant le départ, ⚠️ et elle échoue presque toujours au même endroit : la prise réelle du traitement préventif.

Ce qui se dit avant un départ : ⚠️ la protection contre les piqûres, ⚠️ répulsifs, vêtements couvrants, moustiquaire imprégnée, qui protège aussi contre d'autres maladies ; ⚠️ la prophylaxie adaptée à la destination ; et la durée de sa poursuite après le retour, ⚠️ qui est la consigne la moins respectée.

⚠️ Ce qui se dit et qui change le comportement : qu'une prophylaxie ne protège pas complètement, ⚠️ et que la protection contre les piqûres reste indispensable.

⚠️ Ce qui se dit au retour, et qui sauve des vies : toute fièvre dans les mois qui suivent impose de consulter le jour même, ⚠️ et de dire spontanément où l'on a voyagé, même plusieurs mois après.

⚠️ Ce qui se dit aux voyageurs qui repartent régulièrement : qu'un séjour antérieur ne protège pas, ⚠️ et que le risque est le même à chaque voyage.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec la consigne de fièvre au retour et un numéro à appeler.

À retenir

Remettre par écrit : fièvre au retour égale consultation le jour même, en disant où l'on a voyagé.

À retenir

  • La prévention échoue presque toujours sur la prise réelle du traitement préventif.
  • La poursuite après le retour est la consigne la moins respectée.
  • Une prophylaxie ne protège pas complètement, et la protection contre les piqûres reste indispensable.
  • Toute fièvre au retour impose de consulter le jour même.
  • Un séjour antérieur ne protège pas, le risque est le même à chaque voyage.

En pratique

  • Protection contre les piqûres expliquée
  • Prophylaxie adaptée à la destination
  • Durée après le retour précisée
  • Limites de la prophylaxie expliquées
  • Consigne de fièvre au retour donnée
  • Consigne de signaler le voyage donnée
  • Absence d'immunité acquise expliquée
  • Écrit remis avec un numéro

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce champ repose sur un circuit qui doit fonctionner la nuit, ⚠️ et il se rompt toujours au même endroit.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ le voyage, le pays et les dates, ⚠️ la prophylaxie, la température, ⚠️ et le caractère urgent, le laboratoire traitant la demande différemment selon ce qui y figure.

⚠️ Ce qui se convient avec le laboratoire : le délai d'obtention, ⚠️ et le fait que le résultat sera téléphoné, avec l'espèce et la densité parasitaire. ⚠️ Un résultat rendu par voie informatique sans appel arrive parfois quand personne ne le regarde.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ la surveillance, sa fréquence, ⚠️ et ce qui doit faire appeler immédiatement, notamment un changement de conscience.

Ce qui se transmet au réanimateur : ⚠️ les critères de gravité réunis, ⚠️ l'heure de la première dose, et le traitement administré.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ l'espèce, le traitement, le suivi prévu, ⚠️ et le contrôle de l'hémoglobine à distance.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier au premier passage : la consigne donnée au patient qui repart. ⚠️ Sans elle, un patient renvoyé avec un examen négatif revient trop tard, et personne ne saura ce qui lui avait été dit.

À retenir

Convenir avec le laboratoire que le résultat sera téléphoné, avec l'espèce et la densité.

À retenir

  • Le circuit doit fonctionner la nuit, et il se rompt toujours au même endroit.
  • Le laboratoire traite la demande selon ce qui y figure.
  • Un résultat rendu sans appel arrive parfois quand personne ne le regarde.
  • Un changement de conscience doit faire appeler immédiatement.
  • Sans consigne écrite, un patient renvoyé avec un examen négatif revient trop tard.

En pratique

  • Voyage et dates écrits sur la demande
  • Prophylaxie mentionnée
  • Caractère urgent précisé
  • Délai et modalité de rendu convenus
  • Surveillance transmise à l'équipe
  • Critères de gravité transmis au réanimateur
  • Médecin traitant informé du suivi
  • Consigne au patient écrite au dossier

Sources

  • R2C, item 170 : Paludisme
  • R2C, item 175 : Voyage en pays tropical de l'adulte et de l'enfant : conseils avant le départ, pathologies du retour : fièvre, diarrhée, manifestations cutanées
  • R2C, item 158 : Sepsis et choc septique de l’enfant et de l’adulte
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, chapitre « Paludisme »
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge du paludisme d'importation, sur les critères de gravité et sur la chimioprophylaxie du voyageur. La date de la version consultée fait partie de la source