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Fiche de révision

Mise en place et suivi d'une contention mécanique

Une privation de liberté qui ne devient un soin que par ce qui a été essayé avant et écrit après.

Situation de départ 244Catégorie IIIItem R2C 133Item R2C 15Item R2C 343

Entretien et interrogatoire

⚠️ La question n'est jamais « faut-il attacher », ⚠️ elle est « pourquoi cette personne bouge ».

⚠️ Ce qui se recherche en premier : une douleur, ⚠️ une envie d'uriner ou une rétention, une constipation, ⚠️ une soif, un besoin d'aller aux toilettes, ⚠️ une gêne respiratoire, et une peur. ⚠️ Ces causes expliquent une grande part des agitations, et se traitent sans contention.

⚠️ Ce qui se recherche ensuite : un médicament introduit récemment, ⚠️ un arrêt brutal d'un produit habituel, une infection, ⚠️ un trouble des sels du sang, et un traumatisme.

⚠️ Ce qui se demande à l'entourage et à l'équipe : comment la personne est d'habitude, ⚠️ depuis quand elle a changé, ⚠️ ce qui la calme, et ce qui l'agite. ⚠️ La famille connaît souvent le geste qui apaise.

⚠️ Ce qui se recherche sur les habitudes : le rythme du sommeil, ⚠️ les repères, les lunettes et les prothèses auditives, ⚠️ dont l'absence suffit parfois à désorienter.

⚠️ Ce qui se recueille dans le dossier : des directives anticipées, ⚠️ et le nom de la personne de confiance.

Le piège

Chercher comment attacher avant d'avoir cherché une douleur ou une envie d'uriner.

À retenir

  • La question n'est pas faut-il attacher, mais pourquoi cette personne bouge.
  • Douleur, rétention et besoin d'aller aux toilettes expliquent une grande part des agitations.
  • La famille connaît souvent le geste qui apaise.
  • L'absence de lunettes ou de prothèses auditives suffit parfois à désorienter.
  • Les directives anticipées et la personne de confiance se cherchent avant.

En pratique

  • Douleur recherchée
  • Rétention urinaire recherchée
  • Besoins fondamentaux vérifiés
  • Médicaments récents revus
  • Sevrage recherché
  • Entourage interrogé sur l'état habituel
  • Lunettes et prothèses vérifiées
  • Personne de confiance identifiée

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche la cause, ⚠️ et il cherche aussi ce qui rendrait la contention dangereuse.

⚠️ Ce qui se cherche comme cause : un globe vésical, ⚠️ un fécalome, un foyer infectieux, ⚠️ une fracture méconnue après une chute, une hypoxie, ⚠️ et un déficit neurologique récent. ⚠️ Un globe vésical est la cause la plus souvent oubliée d'une agitation nocturne.

Ce qui se mesure : ⚠️ les constantes, ⚠️ la saturation, la température, et la glycémie capillaire.

⚠️ Ce qui contre-indique ou complique une contention : une détresse respiratoire, ⚠️ des vomissements, une instabilité de la colonne, ⚠️ une plaie ou une fragilité cutanée majeure, et une agitation qui suggère un sevrage non traité.

⚠️ Ce qui se note avant la pose : l'état de la peau aux futurs points d'appui, ⚠️ la mobilité et la circulation des membres, ⚠️ et le niveau de conscience, qui serviront de référence.

⚠️ Ce qui se réexamine pendant la mesure : les mêmes éléments, ⚠️ à intervalles rapprochés, ⚠️ une lésion aux points d'attache pouvant apparaître en quelques heures.

Urgence

Vomissements ou détresse respiratoire chez une personne attachée : lever la contention immédiatement.

À retenir

  • Un globe vésical est la cause la plus souvent oubliée d'une agitation nocturne.
  • Une détresse respiratoire ou des vomissements rendent la contention dangereuse.
  • L'état de la peau aux futurs points d'appui se note avant la pose.
  • Le niveau de conscience noté avant sert de référence.
  • Une lésion aux points d'attache peut apparaître en quelques heures.

En pratique

  • Globe vésical recherché
  • Fécalome recherché
  • Foyer infectieux recherché
  • Constantes et saturation mesurées
  • Glycémie capillaire faite
  • Contre-indications recherchées
  • État cutané noté avant la pose
  • Conscience et mobilité notées

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : La mise en place d'une contention ne repose sur aucun examen biologique. Le bilan d'une confusion relève de la situation de départ correspondante.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans la mise en place d'une contention. L'imagerie après une chute ou devant une confusion relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le raisonnement devant une agitation ou une confusion relève des situations de départ correspondantes. Cette situation porte sur la mesure elle-même et son encadrement.

Urgence vitale

⚠️ La contention tue, ⚠️ et les mécanismes sont connus.

⚠️ L'étranglement : une sangle passée au-dessus du thorax, ⚠️ un glissement du corps dans le lit, ⚠️ une attache fixée sur une barrière abaissée ensuite. ⚠️ Ce sont les accidents les plus graves, et ils surviennent en l'absence de surveillance.

⚠️ L'asphyxie de position : une personne attachée à plat ventre, ⚠️ ou dont le thorax est comprimé, ⚠️ et une inhalation en cas de vomissement. ⚠️ La position sur le ventre est proscrite.

⚠️ L'immobilité prolongée : la formation d'un caillot, ⚠️ les escarres, la déshydratation, ⚠️ la fonte musculaire, et l'aggravation de la confusion elle-même.

⚠️ Ce qui impose de lever immédiatement : une gêne respiratoire, ⚠️ un vomissement, une main froide ou bleue, ⚠️ une lésion cutanée sous une attache, et une aggravation de l'état de conscience.

⚠️ Ce qui protège : une surveillance rapprochée et écrite, ⚠️ des attaches fixées au cadre du lit, un serrage laissant passer un doigt, ⚠️ et une personne joignable.

Urgence

Une attache fixée sur une barrière mobile est un accident en attente. Toujours au cadre du lit.

À retenir

  • L'étranglement survient quand une attache est fixée sur une barrière ensuite abaissée.
  • La position sur le ventre est proscrite.
  • L'immobilité prolongée expose au caillot, aux escarres et à la déshydratation.
  • Une gêne respiratoire ou un vomissement impose de lever immédiatement.
  • Le serrage laissant passer un doigt se vérifie après l'installation.

En pratique

  • Attaches fixées au cadre du lit
  • Aucune sangle au-dessus du thorax
  • Position sur le ventre exclue
  • Serrage vérifié après pose
  • Surveillance rapprochée organisée
  • Prévention du caillot évaluée
  • Prévention des escarres assurée
  • Critères de levée immédiate connus

Stratégie de prise en charge

⚠️ La contention est une mesure de dernier recours, ⚠️ et le mot dernier a un sens vérifiable.

⚠️ Ce qui vient avant, et qui doit avoir été essayé : traiter la cause, ⚠️ traiter la douleur, rétablir les repères, ⚠️ lunettes, prothèses auditives, lumière, horloge, faire venir un proche, ⚠️ abaisser le lit et poser un tapis de sol, et réorganiser la surveillance.

⚠️ Ce qui autorise la mesure : une prescription médicale écrite, ⚠️ nominative, datée et horodatée, ⚠️ motivée, et limitée dans le temps.

⚠️ Ce qui se décide en même temps : le type de dispositif, ⚠️ le moins restrictif possible, ⚠️ la durée, et les conditions de levée.

⚠️ Ce qui se poursuit pendant : la recherche de la cause, ⚠️ la contention ne traitant rien, ⚠️ et la levée dépendant de la disparition de ce qui l'a motivée.

⚠️ Ce qui se réévalue : à chaque échéance, ⚠️ par une décision nouvelle et écrite, et non par une reconduction tacite.

⚠️ Ce qui s'organise pour la suite : l'analyse de l'épisode en équipe, ⚠️ et ce qui aurait pu l'éviter.

À retenir

Écrire ce qui a été essayé avant. C'est la partie de la prescription qui manque le plus souvent.

À retenir

  • Dernier recours a un sens vérifiable, et ce qui a été essayé s'écrit.
  • La prescription est nominative, datée, motivée et limitée dans le temps.
  • Le dispositif retenu est le moins restrictif possible.
  • La contention ne traite rien : la recherche de la cause continue.
  • Une reconduction tacite n'est pas une décision.

En pratique

  • Cause recherchée et traitée
  • Alternatives essayées et notées
  • Prescription écrite et motivée
  • Durée fixée
  • Dispositif le moins restrictif choisi
  • Conditions de levée écrites
  • Recherche de la cause poursuivie
  • Réévaluation par décision nouvelle

Procédure et geste technique

⚠️ La pose suit un ordre, ⚠️ et chaque temps omis correspond à un accident décrit.

⚠️ Avant : la prescription écrite, ⚠️ l'explication à la personne, même confuse, ⚠️ le retrait des objets dangereux, la préparation du matériel adapté à la taille, ⚠️ et le rassemblement d'une équipe suffisante. ⚠️ La pose se fait à plusieurs, jamais seul.

⚠️ Pendant : une installation en position surélevée du buste, ⚠️ jamais sur le ventre, ⚠️ des sangles larges et prévues pour cet usage, des protections cutanées aux points d'appui, ⚠️ une fixation au cadre du lit, et un serrage laissant passer un doigt.

⚠️ Ce qui reste accessible : la sonnette, ⚠️ une boisson quand c'est possible, ⚠️ et le champ de vision de la porte. ⚠️ Une personne empêchée de bouger doit conserver un moyen d'appeler.

⚠️ Après : la vérification immédiate de la respiration, ⚠️ de la circulation des mains, de la peau, ⚠️ et la mise en route de la feuille de surveillance.

⚠️ Pendant toute la durée : des passages rapprochés, ⚠️ une libération périodique pour changer de position, ⚠️ et l'assurance des besoins, boire, manger, aller aux toilettes.

⚠️ Au retrait : la vérification de la peau, ⚠️ et la trace écrite de l'heure de levée.

Le piège

Improviser une attache avec un lien non prévu pour cet usage. C'est la cause des lésions les plus graves.

À retenir

  • La pose se fait à plusieurs, jamais seul.
  • Buste surélevé, jamais sur le ventre.
  • Sangles larges prévues pour cet usage, protections cutanées, fixation au cadre.
  • Une personne empêchée de bouger doit conserver un moyen d'appeler.
  • L'heure de levée s'écrit comme l'heure de pose.

En pratique

  • Prescription vérifiée avant la pose
  • Explication donnée à la personne
  • Équipe suffisante réunie
  • Position à buste surélevé
  • Sangles adaptées et protections posées
  • Fixation au cadre du lit
  • Serrage vérifié
  • Sonnette laissée à portée

Annonce et information

⚠️ Une contention découverte sans explication est vécue comme une violence, ⚠️ par la personne et par sa famille.

⚠️ Ce qui se dit à la personne, même confuse, ⚠️ et répété à chaque passage : ce qui est fait, ⚠️ pourquoi, pour combien de temps, ⚠️ et ce qui permettra d'arrêter. ⚠️ Une personne confuse perçoit le ton même quand elle ne suit pas la phrase.

⚠️ Ce qui ne se dit pas : une menace, ⚠️ ni une punition, ni « c'est pour votre bien » sans autre explication.

⚠️ Ce qui se dit à la famille : la raison, ⚠️ ce qui a été essayé avant, ⚠️ la durée prévue, la surveillance mise en place, ⚠️ et le fait que la mesure sera levée dès que possible. ⚠️ Une famille informée devient une ressource, une famille surprise devient une opposition.

⚠️ Ce qui s'écoute : le désaccord de la famille, ⚠️ qui contient souvent une solution, une présence, un objet, une habitude.

⚠️ Ce qui se dit après : que l'épisode a eu lieu, ⚠️ ce qu'il a signifié, et ce qui sera fait pour l'éviter. ⚠️ Le silence après la levée laisse une blessure durable.

Le piège

Laisser la famille découvrir la contention en entrant dans la chambre.

À retenir

  • Une contention découverte sans explication est vécue comme une violence.
  • Une personne confuse perçoit le ton même quand elle ne suit pas la phrase.
  • Jamais une menace, jamais une punition.
  • Une famille informée devient une ressource, une famille surprise une opposition.
  • Le silence après la levée laisse une blessure durable.

En pratique

  • Explication donnée à la personne
  • Explication répétée à chaque passage
  • Aucune formulation de menace
  • Famille prévenue avant si possible
  • Alternatives essayées expliquées
  • Durée et surveillance annoncées
  • Désaccord écouté
  • Reprise après la levée

Éducation et prévention

⚠️ La meilleure contention est celle qui n'a pas lieu, ⚠️ et cela se prépare longtemps avant la nuit où la question se pose.

Ce qui prévient dans un service : ⚠️ le maintien des repères, ⚠️ lunettes, prothèses auditives, horloge, lumière naturelle le jour, la mobilisation précoce, ⚠️ le respect du sommeil, et la limitation des dispositifs qui entravent, ⚠️ perfusions, sondes, capteurs.

Ce qui prévient au domicile et en institution : ⚠️ l'aménagement de la chambre, ⚠️ la hauteur du lit, l'éclairage du chemin vers les toilettes, ⚠️ et le repérage des heures à risque.

⚠️ Ce qui s'explique à la famille : que les barrières de lit ne sont pas une sécurité, ⚠️ une personne qui les franchit tombant de plus haut, ⚠️ et qu'un lit bas avec un tapis protège mieux.

Ce qui se travaille en équipe : ⚠️ le repérage précoce de l'agitation, ⚠️ les moyens d'apaisement connus de chacun, et l'analyse des épisodes survenus.

⚠️ Ce qui s'anticipe avec la personne quand elle va bien : ses volontés, ⚠️ notées dans le dossier, et la personne de confiance désignée.

À retenir

Un lit bas avec un tapis de sol protège mieux que deux barrières relevées.

À retenir

  • La meilleure contention est celle qui n'a pas lieu.
  • Les barrières de lit ne sont pas une sécurité : on tombe de plus haut.
  • Limiter les dispositifs qui entravent limite l'agitation.
  • Le repérage des heures à risque évite l'épisode.
  • Les volontés se recueillent quand la personne va bien.

En pratique

  • Repères sensoriels maintenus
  • Mobilisation précoce assurée
  • Sommeil respecté
  • Dispositifs entravants limités
  • Hauteur de lit adaptée
  • Chemin vers les toilettes éclairé
  • Famille informée sur les barrières
  • Volontés anticipées recueillies

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une contention engage toute une équipe, ⚠️ et ce qui n'est pas écrit devient une habitude sans auteur.

Ce qui figure dans la prescription : ⚠️ le nom, ⚠️ la date et l'heure, le motif, ⚠️ le type de dispositif, la durée, ⚠️ la fréquence de surveillance, et les conditions de levée.

Ce qui figure sur la feuille de surveillance : ⚠️ chaque passage avec son heure, ⚠️ l'état de la peau, de la respiration et de la conscience, les besoins assurés, ⚠️ et les périodes de libération.

⚠️ Ce qui se transmet à chaque relève : la raison de la mesure, ⚠️ son échéance, ⚠️ et ce qui permettrait de la lever, faute de quoi l'équipe suivante la reconduit par défaut.

Ce qui se signale : ⚠️ tout incident lié à la contention, ⚠️ selon la procédure de l'établissement, et l'analyse en équipe qui suit.

Ce qui s'écrit dans le compte rendu de sortie : ⚠️ l'épisode, sa cause, ⚠️ sa durée, et ce qui a permis de l'éviter ensuite.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « patiente agitée, contention ». ⚠️ Cette ligne ne dit ni pourquoi, ni jusqu'à quand, et c'est ainsi qu'une mesure dure des jours.

À retenir

Transmettre l'échéance et ce qui permettrait de lever. C'est ce qui empêche une mesure de durer.

À retenir

  • Une contention non écrite devient une habitude sans auteur.
  • La prescription porte le motif, la durée, la surveillance et les conditions de levée.
  • Sans échéance transmise, l'équipe suivante reconduit par défaut.
  • Tout incident lié à la contention se signale et s'analyse.
  • Patiente agitée, contention ne dit ni pourquoi ni jusqu'à quand.

En pratique

  • Prescription complète écrite
  • Type de dispositif précisé
  • Fréquence de surveillance écrite
  • Feuille de surveillance renseignée
  • Périodes de libération notées
  • Échéance transmise à la relève
  • Incident signalé si besoin
  • Épisode écrit dans le compte rendu

Sources

  • R2C, item 133 : Autonomie et dépendance chez le sujet âgé
  • R2C, item 15 : Soins psychiatriques sans consentement
  • R2C, item 343 : État confusionnel et trouble de conscience chez l'adulte et chez l'enfant
  • Collège national des enseignants de gériatrie et Collège national des universitaires de psychiatrie, chapitres sur la confusion, l'agitation et les mesures restrictives
  • Recommandations en vigueur sur l'isolement et la contention mécanique, et cadre réglementaire applicable. La date de la version consultée fait partie de la source