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Fiche de révision

Prescription d'un soin ambulatoire

Un document que quelqu'un d'autre doit pouvoir appliquer, seul, chez le patient, un dimanche.

Situation de départ 246Catégorie IIIItem R2C 326Item R2C 330Item R2C 133

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une prescription de soin à domicile se construit sur le domicile, ⚠️ et pas seulement sur la maladie.

⚠️ Ce qui se demande sur le lieu : les étages et l'ascenseur, ⚠️ l'accès à un point d'eau, la présence d'un réfrigérateur quand le produit l'exige, ⚠️ et la place pour installer le matériel.

⚠️ Ce qui se demande sur les personnes : qui vit là, ⚠️ qui est présent la journée, ⚠️ qui pourrait faire le soin, et qui pourrait le surveiller. ⚠️ La présence d'enfants change la conduite pour tout ce qui pique ou brûle.

⚠️ Ce qui se demande sur les déplacements : si le patient sort, ⚠️ comment il va à la pharmacie, ⚠️ et comment il ira au rendez-vous de contrôle. ⚠️ Un patient qui ne descend plus ne peut pas se procurer ce qu'on lui prescrit.

⚠️ Ce qui se demande sur les soignants déjà en place : une infirmière, ⚠️ un kinésithérapeute, une aide à domicile, ⚠️ et leurs coordonnées.

⚠️ Ce qui se demande enfin au patient : ce qu'il veut faire lui-même, ⚠️ et ce qu'il préfère confier, une préférence non demandée aboutissant à un soin non fait.

Le piège

Prescrire du matériel à un patient qui ne descend plus de chez lui. Personne ne l'achètera.

À retenir

  • Une prescription à domicile se construit sur le domicile, pas seulement sur la maladie.
  • La présence d'enfants change la conduite pour tout ce qui pique.
  • Un patient qui ne descend plus ne peut pas se procurer ce qu'on lui prescrit.
  • Les soignants déjà en place et leurs coordonnées se recueillent avant.
  • Une préférence non demandée aboutit à un soin non fait.

En pratique

  • Étages et ascenseur demandés
  • Point d'eau et réfrigérateur vérifiés
  • Personnes présentes identifiées
  • Enfants au domicile recherchés
  • Capacité de déplacement évaluée
  • Accès à la pharmacie organisé
  • Soignants en place recensés
  • Préférence du patient recueillie

Examen clinique

⚠️ L'examen décide de ce qui peut être délégué, ⚠️ et de ce qui doit être surveillé.

⚠️ Ce qui s'évalue chez celui qui fera le soin : la vue de près, ⚠️ la dextérité des mains, la force, ⚠️ la compréhension des consignes, et la mémoire. ⚠️ Un patient qui ne voit pas la graduation ne fera pas le geste, et il ne le dira pas.

⚠️ Ce qui s'examine sur le site du soin : la peau, ⚠️ les points d'appui, les cicatrices, ⚠️ et les zones à éviter.

Ce qui se décrit pour une plaie : ⚠️ le siège, ⚠️ la taille mesurée, l'aspect du fond, ⚠️ les bords, la peau autour, ⚠️ l'exsudat, et la douleur. ⚠️ Cette description est la référence de celui qui passera tous les 2 jours.

⚠️ Ce qui se cherche et qui change la prescription : une sensibilité diminuée, ⚠️ un œdème, un état artériel douteux, ⚠️ et une dénutrition, qui ralentissent la cicatrisation.

⚠️ Ce qui s'observe : le geste fait par le patient devant vous, ⚠️ le seul examen qui dise s'il en est capable.

À retenir

Mesurer la plaie et l'écrire. Sans mesure de départ, personne ne saura si elle progresse.

À retenir

  • L'examen décide de ce qui peut être délégué.
  • Un patient qui ne voit pas la graduation ne fera pas le geste, et il ne le dira pas.
  • La description écrite de la plaie est la référence de celui qui passera ensuite.
  • Sensibilité diminuée, œdème et état artériel changent la prescription.
  • Le geste fait devant vous est le seul examen qui dise s'il en est capable.

En pratique

  • Vue de près évaluée
  • Dextérité et force évaluées
  • Compréhension des consignes vérifiée
  • Site du soin examiné
  • Plaie mesurée et décrite
  • Sensibilité testée
  • État artériel et œdème évalués
  • Geste observé

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : La prescription d'un soin ambulatoire ne repose sur aucun examen biologique propre. La surveillance biologique des traitements prescrits relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans la prescription d'un soin ambulatoire. L'exploration des lésions qui la motivent relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est acquis quand se pose la question du soin à domicile. Le raisonnement devant la maladie en cause relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La prescription d'un soin ambulatoire ne constitue pas une urgence vitale. Les complications aiguës des traitements administrés à domicile relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une prescription de soin ambulatoire tient en huit lignes, ⚠️ et il en manque presque toujours quatre.

⚠️ L'acte : désigné précisément, ⚠️ et non « pansement » ou « soins ».

⚠️ La fréquence : le nombre de passages, ⚠️ sans laquelle rien ne s'organise ni ne se facture.

⚠️ La durée : une date de fin, ⚠️ et ce qui est prévu à son terme.

⚠️ Le matériel : prescrit à part, ⚠️ avec ses quantités, ⚠️ faute de quoi il est avancé par le soignant ou payé par le patient.

⚠️ Le lieu : la mention du soin au domicile quand le patient ne se déplace pas.

⚠️ La surveillance : ce qu'il faut regarder, ⚠️ et à quel rythme.

⚠️ Le seuil d'alerte : ce qui doit faire rappeler, ⚠️ exprimé en termes observables, ⚠️ une consigne sans seuil ne déclenchant jamais d'appel.

⚠️ Le contact : qui appeler, ⚠️ sur quel numéro, et à quelles heures.

⚠️ Ce qui s'ajoute pour un traitement continu : la surveillance biologique quand elle est nécessaire, ⚠️ et la conduite les jours fériés.

⚠️ Ce qui se réévalue : la prescription elle-même, ⚠️ un soin reconduit sans réévaluation durant souvent bien après son utilité.

⚠️ Ce qui se décide avant d'écrire : qui fait le soin. ⚠️ Un soin confié au patient coûte moins cher et l'engage davantage, ⚠️ un soin confié à un professionnel apporte une observation régulière que personne d'autre n'apportera. ⚠️ Les deux se combinent souvent, le professionnel passant moins fréquemment que le geste ne se répète.

⚠️ Ce qui se prévoit pour les interruptions : une hospitalisation, ⚠️ un déplacement, une absence du soignant habituel, ⚠️ et le nom d'un remplaçant. ⚠️ Un soin qui s'arrête faute de relais reprend rarement de lui-même.

À retenir

Écrire un seuil observable : ce qui doit faire rappeler, et non que la surveillance doit être attentive.

À retenir

  • Acte, fréquence, durée, matériel, lieu, surveillance, seuil, contact.
  • Le matériel non prescrit est avancé par le soignant ou payé par le patient.
  • Une consigne de surveillance sans seuil ne déclenche jamais d'appel.
  • La conduite les jours fériés se prévoit à la prescription.
  • Un soin reconduit sans réévaluation dure bien après son utilité.

En pratique

  • Acte désigné précisément
  • Fréquence écrite
  • Durée et terme écrits
  • Matériel prescrit avec quantités
  • Mention du domicile portée
  • Éléments de surveillance écrits
  • Seuil d'alerte observable écrit
  • Contact et horaires donnés

Procédure et geste technique

⚠️ Quand le soin est fait par le patient ou par un proche, ⚠️ l'apprentissage fait partie de la prescription.

⚠️ Ce qui ne suffit pas : une démonstration regardée, ⚠️ une notice remise, et une explication orale. ⚠️ Un geste regardé n'est pas un geste appris, et la différence se voit le premier soir.

⚠️ Ce qui fonctionne : faire faire le geste devant soi, ⚠️ corriger sur le moment, ⚠️ puis le faire refaire.

⚠️ Ce qui s'énonce pour une injection sous-cutanée : le lavage des mains, ⚠️ la vérification du produit et de la date, ⚠️ le choix du site et sa rotation, le pli cutané maintenu pendant l'injection, ⚠️ l'injection lente, et l'absence de massage ensuite. ⚠️ La bulle d'air d'une seringue préremplie ne se chasse pas, et le réflexe inverse fait perdre une partie de la dose.

⚠️ Ce qui s'énonce pour un pansement : le lavage des mains, ⚠️ le retrait sans arracher, le nettoyage, ⚠️ le choix du pansement selon l'exsudat, et la protection de la peau autour.

⚠️ Ce qui se prescrit et s'oublie : le collecteur à objets piquants, ⚠️ rigide et fermé, ⚠️ surtout quand des enfants vivent là.

⚠️ Ce qui se remet : une fiche écrite, ⚠️ et un carnet où chaque soin est noté.

⚠️ Ce qui se vérifie au bout de quelques jours : que le geste est encore fait comme il a été appris, ⚠️ des simplifications s'installant vite, et un contrôle précoce coûtant moins qu'une complication.

Le piège

Chasser la bulle d'air d'une seringue préremplie. Une partie de la dose part avec elle.

À retenir

  • Un geste regardé n'est pas un geste appris.
  • On fait faire, on corrige, on fait refaire.
  • La bulle d'air d'une seringue préremplie ne se chasse pas.
  • Le collecteur à objets piquants se prescrit, surtout si des enfants vivent là.
  • Le carnet où chaque soin est noté organise ce que la mémoire ne fait pas.

En pratique

  • Geste fait par la personne devant vous
  • Correction faite sur le moment
  • Geste refait
  • Rotation des sites expliquée
  • Consignes après le geste données
  • Collecteur prescrit
  • Fiche écrite remise
  • Carnet de suivi mis en place

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information sur le soin et son apprentissage est traitée dans les sections procédure et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Un soin à domicile réussit quand celui qui le reçoit sait ce qu'il surveille, ⚠️ et quand il peut joindre quelqu'un.

⚠️ Ce qui se donne par écrit : les signes qui doivent faire appeler, ⚠️ formulés en observations concrètes, ⚠️ et non en termes médicaux. « Le pansement est traversé avant le passage suivant » est une consigne, « surveiller l'exsudat » n'en est pas une.

⚠️ Ce qui se dit sur les délais : combien de temps le soin doit durer, ⚠️ et à quel moment il faut s'inquiéter si rien ne progresse.

⚠️ Ce qui s'explique sur le matériel : où il s'achète, ⚠️ ce qui est pris en charge, ⚠️ et comment il est livré quand le patient ne sort pas. ⚠️ Un reste à charge non annoncé fait renoncer.

⚠️ Ce qui se dit sur l'hygiène : le lavage des mains, ⚠️ la conservation du produit, et la séparation des déchets.

⚠️ Ce qui se prévient : une aggravation silencieuse, ⚠️ chez un patient qui ne sent pas, ⚠️ par une surveillance confiée à un tiers et un contrôle plus rapproché.

Ce qui se vérifie avant de conclure : ⚠️ la reformulation par le patient, ⚠️ de ce qu'il fait, de ce qu'il surveille et de qui il appelle.

⚠️ Ce qui s'anticipe pour la suite : ce qui remplacera le soin quand il s'arrêtera, ⚠️ une protection, une surveillance espacée ou rien du tout, et le dire évite l'inquiétude de l'arrêt.

À retenir

Faire reformuler ce qu'il fait, ce qu'il surveille et qui il appelle. Trois phrases suffisent.

À retenir

  • Les signes d'alerte s'écrivent en observations concrètes, pas en termes médicaux.
  • Un reste à charge non annoncé fait renoncer au soin.
  • Le patient doit savoir quand s'inquiéter si rien ne progresse.
  • Chez un patient qui ne sent pas, la surveillance se confie à un tiers.
  • La reformulation par le patient est le dernier contrôle avant de conclure.

En pratique

  • Signes d'alerte écrits en termes concrets
  • Durée attendue annoncée
  • Lieu d'achat du matériel expliqué
  • Prise en charge et reste à charge expliqués
  • Livraison organisée si besoin
  • Conservation du produit expliquée
  • Surveillance par un tiers organisée si besoin
  • Reformulation obtenue

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le soin sera fait par quelqu'un qui n'était pas là quand la décision a été prise, ⚠️ et tout dépend de ce qui lui est transmis.

Ce qui se transmet à l'infirmière : ⚠️ le motif, ⚠️ la description initiale de la plaie ou du site, ce qui a déjà été fait, ⚠️ ce qu'il faut surveiller, et le seuil qui doit faire rappeler.

⚠️ Ce qui se demande à l'infirmière : ce qu'elle observe, ⚠️ ce qui est réalisable à ce domicile, ⚠️ et ce qui ne l'est pas. ⚠️ Elle voit le patient tous les 2 jours et le prescripteur ne le reverra pas avant des semaines.

Ce qui se clarifie quand un appel signale un problème : ⚠️ ce qui manque exactement, ⚠️ et ce qui sera corrigé, point par point.

Ce qui se transmet au pharmacien : ⚠️ le matériel, les quantités, ⚠️ et la livraison quand le patient ne sort pas.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le plan de soins, ⚠️ sa durée, et la date de réévaluation.

⚠️ Ce qui se conclut à la fin d'un échange : un résumé de ce qui a été convenu, ⚠️ et la façon dont l'ordonnance parviendra.

⚠️ Et ce qui ne se dit jamais : « faites au mieux ». ⚠️ Un soin non prescrit ne peut pas être facturé, et ce n'est pas une question de bonne volonté.

Le piège

Répondre faites au mieux à un soignant qui signale une prescription inapplicable.

À retenir

  • Le soin sera fait par quelqu'un qui n'était pas là quand la décision a été prise.
  • Celui qui passe tous les 2 jours voit ce que le prescripteur ne verra pas.
  • Ce qui manque se corrige point par point, pas globalement.
  • La livraison du matériel se règle avec le pharmacien.
  • Faites au mieux ne se dit jamais : un soin non prescrit ne peut pas être facturé.

En pratique

  • Motif et description initiale transmis
  • Éléments de surveillance transmis
  • Seuil d'alerte transmis
  • Observations du soignant demandées
  • Faisabilité au domicile vérifiée
  • Pharmacien informé du matériel
  • Médecin traitant informé du plan
  • Résumé final et circuit de l'ordonnance

Sources

  • R2C, item 326 : Cadre réglementaire de la prescription thérapeutique et recommandations pour le bon usage
  • R2C, item 330 : Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l'adulte et chez l'enfant, hors anti-infectieux
  • R2C, item 133 : Autonomie et dépendance chez le sujet âgé
  • Collège des enseignants de médecine générale, chapitres sur la coordination des soins de ville et la prescription de soins infirmiers
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge des plaies chroniques et sur l'élimination des déchets d'activités de soins à risque infectieux. La date de la version consultée fait partie de la source