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Fiche de révision

Prescription d'une rééducation

Une prescription qui doit dire ce qui a été fait, ce qui est interdit et ce qui est visé.

Situation de départ 247Catégorie IIIItem R2C 122Item R2C 270Item R2C 118

Entretien et interrogatoire

⚠️ On ne prescrit pas une rééducation pour une lésion, ⚠️ on la prescrit pour un objectif, et l'objectif se trouve dans ce que la personne ne peut plus faire.

⚠️ Ce qui se fait décrire : le geste qui manque, ⚠️ au travail, à la maison, ⚠️ dans les loisirs, et ce que la personne a arrêté de faire depuis.

⚠️ Ce qui se recueille sur l'histoire : la date de l'événement ou du début des douleurs, ⚠️ le traitement reçu, ⚠️ l'existence d'une intervention, et les consignes déjà données.

⚠️ Ce qui se cherche et qui change tout : les signes d'alerte, ⚠️ une fièvre, un amaigrissement, ⚠️ une douleur qui réveille la nuit, un déficit de force, ⚠️ un trouble pour uriner, un antécédent de cancer. ⚠️ Leur absence autorise une prise en charge fonctionnelle, leur présence l'interrompt.

⚠️ Ce qui se recherche sur les croyances : la peur de bouger, ⚠️ l'idée qu'un mouvement va aggraver, ⚠️ et ce que la personne a compris d'un compte rendu qu'elle a lu. ⚠️ Une phrase mal comprise pèse plus que la lésion.

Ce qui s'organise en pratique : ⚠️ les horaires possibles, ⚠️ les déplacements, et le lieu des séances.

Le piège

Prescrire des séances sans avoir demandé ce que la personne ne peut plus faire. Le kinésithérapeute devra le deviner.

À retenir

  • On prescrit pour un objectif, et l'objectif est ce que la personne ne peut plus faire.
  • L'absence de signes d'alerte autorise une prise en charge fonctionnelle.
  • La peur de bouger se recherche comme un symptôme.
  • Une phrase mal comprise d'un compte rendu pèse plus que la lésion.
  • Les horaires et les déplacements décident de l'assiduité.

En pratique

  • Geste manquant identifié
  • Activités arrêtées recensées
  • Date de début précisée
  • Intervention et consignes recherchées
  • Signes d'alerte recherchés
  • Peur du mouvement explorée
  • Compréhension du compte rendu vérifiée
  • Contraintes pratiques recueillies

Examen clinique

⚠️ L'examen établit un point de départ, ⚠️ sans lequel personne ne saura si la rééducation sert.

⚠️ Ce qui se mesure : les amplitudes articulaires, ⚠️ actives et passives séparément, ⚠️ la force, et le périmètre de marche quand il est en jeu. ⚠️ La différence entre l'amplitude passive et l'amplitude active oriente le travail, et elle se note.

Ce qui se cote : ⚠️ la douleur au repos et au mouvement, ⚠️ et le retentissement sur les gestes de la vie.

⚠️ Ce qui se cherche sur le membre concerné : un gonflement, ⚠️ une modification de la couleur ou de la chaleur de la peau, ⚠️ une sudation anormale, et une douleur au moindre contact. ⚠️ Ces signes chez un membre opéré ou immobilisé sortent du cadre d'une raideur simple, et ils imposent un avis.

⚠️ Ce qui se recherche en neurologie : un déficit moteur, ⚠️ un trouble de la sensibilité, une abolition d'un réflexe, ⚠️ et leur systématisation.

⚠️ Ce qui se réexamine : les mêmes mesures à distance, ⚠️ une rééducation qui ne progresse pas devant faire reconsidérer le diagnostic, et non augmenter le nombre de séances.

Urgence

Main gonflée, chaude, moite et douloureuse au contact sur un membre opéré : avis sans attendre la fin des séances.

À retenir

  • L'examen établit le point de départ sans lequel on ne saura pas si la rééducation sert.
  • La différence entre amplitude passive et active oriente le travail.
  • Gonflement, chaleur, sudation et douleur au contact sortent du cadre d'une raideur simple.
  • Un déficit neurologique se cherche et se systématise.
  • Une rééducation qui ne progresse pas fait reconsidérer le diagnostic.

En pratique

  • Amplitudes actives et passives mesurées
  • Force testée
  • Douleur cotée au repos et au mouvement
  • Retentissement fonctionnel évalué
  • Peau, chaleur et sudation examinées
  • Douleur au contact recherchée
  • Examen neurologique fait
  • Mesures répétées à distance

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'intervient dans la prescription d'une rééducation. Le bilan des maladies en cause relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

⚠️ L'imagerie sert à écarter ce qui interdit la rééducation, ⚠️ et presque jamais à la guider.

⚠️ Ce qu'elle doit chercher : une fracture, ⚠️ une lésion suspecte, une infection, ⚠️ une compression nerveuse qui explique un déficit. ⚠️ En l'absence de signe d'alerte, elle n'apporte rien à une douleur commune.

⚠️ Ce qu'elle trouve toujours : des remaniements dégénératifs, ⚠️ une discopathie, une arthrose des articulations postérieures, ⚠️ parfois une hernie discale. ⚠️ Ces anomalies existent chez des personnes qui n'ont jamais eu mal, et leur fréquence augmente avec l'âge.

⚠️ Ce qui se vérifie avant de retenir une anomalie : la concordance. ⚠️ Le côté, ⚠️ le niveau, le territoire de la douleur, ⚠️ et l'existence ou non d'un conflit décrit. ⚠️ Une hernie du côté opposé à la douleur n'explique rien, et la retenir conduit à un avis chirurgical sans indication.

⚠️ Ce qui se lit aussi : ce que le compte rendu ne montre pas, ⚠️ absence de tassement, de lésion osseuse et d'anomalie de signal, information utile pour rassurer.

⚠️ Ce qui se pèse avant de transmettre le compte rendu : le mot que la personne retiendra, ⚠️ et un examen ne se répète pas sans élément nouveau.

Le piège

Retenir une anomalie parce qu'elle est écrite. Le côté et le niveau se vérifient contre la clinique.

À retenir

  • L'imagerie écarte ce qui interdit la rééducation, elle ne la guide pas.
  • Les remaniements dégénératifs existent chez des personnes sans douleur.
  • La concordance se vérifie sur le côté, le niveau et le territoire.
  • Une hernie du côté opposé à la douleur n'explique rien.
  • Un examen ne se répète pas sans élément nouveau.

En pratique

  • Indication de l'imagerie vérifiée
  • Signes d'alerte recherchés avant
  • Anomalies dégénératives replacées
  • Côté et niveau confrontés à la clinique
  • Existence d'un conflit vérifiée
  • Absences utiles relevées
  • Formulation à la personne préparée
  • Répétition de l'examen évitée

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est acquis quand se pose la question d'une rééducation. Le raisonnement devant une douleur ou un déficit relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La prescription d'une rééducation ne constitue pas une urgence vitale. Les urgences neurologiques et vasculaires qui la contre-indiquent relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une prescription de rééducation se juge sur ce qu'un confrère peut en faire seul, ⚠️ avec le patient devant lui et sans vous joindre.

⚠️ Ce qui doit y figurer : la région traitée, ⚠️ l'affection ou l'intervention en cause, ⚠️ l'objectif fonctionnel, le nombre de séances, ⚠️ le rythme, et le lieu quand le patient ne se déplace pas.

⚠️ Ce qui doit y figurer et qui manque presque toujours : ce qui est interdit, ⚠️ et jusqu'à quand. ⚠️ Une amplitude autorisée trop tôt rompt une réparation, et le kinésithérapeute ne peut pas le deviner.

⚠️ Ce qui ne s'invente pas : le protocole postopératoire. ⚠️ Il figure sur le compte rendu opératoire ou s'obtient auprès de l'opérateur, ⚠️ et il varie d'une équipe à l'autre.

⚠️ Ce qui se demande explicitement : un bilan intermédiaire, ⚠️ avec sa date, qui transforme une prescription en suivi.

⚠️ Ce qui se décide quand rien ne progresse : revoir le patient, ⚠️ et non prolonger. ⚠️ Ajouter des séances est une réponse administrative à une question clinique.

⚠️ Ce qui accompagne : le traitement de la douleur, ⚠️ l'adaptation du poste de travail, et la reprise progressive, ⚠️ un arrêt de travail prolongé aggravant le pronostic fonctionnel.

À retenir

Écrire l'objectif fonctionnel. C'est lui qui permettra de dire si les séances servent.

À retenir

  • Une prescription se juge sur ce qu'un confrère peut en faire seul.
  • Ce qui est interdit, et jusqu'à quand, manque presque toujours.
  • Un protocole postopératoire ne s'invente pas : il se lit ou se demande.
  • Un bilan intermédiaire daté transforme une prescription en suivi.
  • Ajouter des séances est une réponse administrative à une question clinique.

En pratique

  • Région et affection précisées
  • Objectif fonctionnel écrit
  • Nombre de séances et rythme écrits
  • Lieu précisé si besoin
  • Interdictions et leur terme écrits
  • Protocole obtenu par écrit
  • Bilan intermédiaire daté demandé
  • Reprise et adaptation du travail anticipées

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La réalisation des techniques de rééducation relève du kinésithérapeute et ne fait pas partie des gestes attendus de l'étudiant. La prescription et le suivi sont traités dans les sections correspondantes.

Annonce et information

⚠️ Ce que la personne retient d'un compte rendu décide de ce qu'elle fera de son corps, ⚠️ et cette phrase se prépare.

⚠️ Ce qui se dit devant une imagerie dégénérative : que ces images sont fréquentes, ⚠️ qu'on les trouve chez des personnes qui n'ont pas mal, ⚠️ et qu'elles n'interdisent pas de bouger. ⚠️ Le mot usure fait plus de dégâts que l'usure.

⚠️ Ce qui se dit devant une anomalie non concordante : explicitement, ⚠️ qu'elle ne rend pas compte de la douleur, et pourquoi. ⚠️ Laisser planer le doute installe une attente de chirurgie.

⚠️ Ce qui se dit sur le mouvement : que l'activité est le traitement, ⚠️ que la douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion, ⚠️ et jusqu'où aller. ⚠️ Une consigne floue est entendue comme une interdiction.

⚠️ Ce qui se dit sur les délais : le temps attendu, ⚠️ les fluctuations normales, et ce qui doit faire consulter avant.

⚠️ Ce qui se vérifie : la reformulation, ⚠️ et particulièrement chez une personne qui a lu son compte rendu.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec l'objectif, la conduite, ⚠️ et ce qui doit alerter.

Le piège

Remettre un compte rendu d'imagerie sans commenter le mot qui inquiète. Il sera lu seul, le soir.

À retenir

  • Ce que la personne retient d'un compte rendu décide de ce qu'elle fera de son corps.
  • Le mot usure fait plus de dégâts que l'usure.
  • Une anomalie non concordante se dit explicitement, sinon une chirurgie s'installe dans l'attente.
  • La douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion, et il faut le dire.
  • Une consigne floue est entendue comme une interdiction.

En pratique

  • Anomalies dégénératives replacées comme fréquentes
  • Non-concordance dite explicitement
  • Activité présentée comme le traitement
  • Limites du mouvement précisées
  • Délais et fluctuations annoncés
  • Signes devant faire consulter donnés
  • Reformulation obtenue
  • Écrit remis

Éducation et prévention

⚠️ Une rééducation qui s'arrête à la dernière séance n'a servi qu'à cela, ⚠️ et l'enjeu est ce qui continue après.

⚠️ Ce qui se dit sur le repos : qu'il n'est pas le traitement, ⚠️ qu'un repos prolongé aggrave la raideur et la perte de force, ⚠️ et que la reprise précoce d'une activité adaptée améliore l'évolution.

⚠️ Ce qui s'organise pour la suite : des exercices simples à faire seul, ⚠️ en petit nombre, ⚠️ à un moment fixé de la journée, une liste longue n'étant jamais faite.

⚠️ Ce qui se travaille avec la personne : la reprise du travail, ⚠️ par étapes, ⚠️ et l'adaptation du poste, un arrêt qui se prolonge diminuant les chances de reprise.

⚠️ Ce qui se prévient : la récidive, ⚠️ par l'activité régulière, l'aménagement des gestes répétés, ⚠️ et le maintien du poids.

⚠️ Ce qui se corrige : les croyances, ⚠️ le dos fragile, la peur du mouvement, ⚠️ l'idée qu'une image interdit une activité, et ces croyances se corrigent en les nommant.

Ce qui se remet : ⚠️ une fiche d'exercices, ⚠️ et un objectif daté.

⚠️ Ce qui se vérifie à la consultation suivante : si les exercices sont faits, ⚠️ et sinon pourquoi, ⚠️ la réponse portant presque toujours sur le moment de la journée ou sur une douleur mal comprise. ⚠️ Un programme qui n'est pas fait ne se répète pas, il se change.

À retenir

Trois exercices tenus valent mieux que dix expliqués.

À retenir

  • Le repos n'est pas le traitement, et prolongé il aggrave.
  • Une liste longue d'exercices n'est jamais faite.
  • Un arrêt de travail qui se prolonge diminue les chances de reprise.
  • Les croyances se corrigent en les nommant.
  • Un objectif daté vaut mieux qu'un conseil général.

En pratique

  • Rôle du repos expliqué
  • Exercices simples remis
  • Moment de la journée fixé
  • Reprise du travail planifiée
  • Adaptation du poste envisagée
  • Prévention de la récidive abordée
  • Croyances nommées et corrigées
  • Objectif daté convenu

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le kinésithérapeute voit le patient plusieurs fois par semaine, ⚠️ et il détient une information que personne d'autre n'a.

Ce qui se transmet avec la prescription : ⚠️ la nature de l'affection ou de l'intervention, ⚠️ les consignes écrites de l'opérateur, ce qui est interdit et jusqu'à quand, ⚠️ l'objectif, et les éléments de l'examen initial.

Ce qui se demande : ⚠️ un bilan à une date fixée, ⚠️ et ce que le confrère observe, question qui fait sortir ce qu'un appel technique ne dit pas.

⚠️ Ce qui s'écoute quand un professionnel appelle : la raison réelle de l'appel. ⚠️ Une question sur le nombre de séances cache parfois une inquiétude clinique, et celui qui appelle ne posera pas de diagnostic à votre place.

Ce qui se vérifie auprès de l'opérateur : ⚠️ le protocole, ⚠️ quand il n'est pas écrit, et l'étape suivante.

Ce qui se conclut : ⚠️ un résumé de ce qui a été convenu, ⚠️ le délai dans lequel le patient sera revu, la conduite des séances en attendant, ⚠️ et l'échange des coordonnées.

⚠️ Et ce qui ne se fait pas : répondre à une inquiétude par une prolongation d'ordonnance.

À retenir

Demander ce que le confrère observe. C'est la question qui fait sortir le reste.

À retenir

  • Le kinésithérapeute détient une information que personne d'autre n'a.
  • Les consignes de l'opérateur se transmettent écrites, pas résumées.
  • Une question sur le nombre de séances cache parfois une inquiétude clinique.
  • Celui qui appelle ne posera pas de diagnostic à votre place.
  • On ne répond pas à une inquiétude par une prolongation d'ordonnance.

En pratique

  • Nature de l'affection transmise
  • Consignes de l'opérateur transmises
  • Interdictions et leur terme transmis
  • Objectif et examen initial transmis
  • Bilan daté demandé
  • Observations du confrère demandées
  • Protocole vérifié auprès de l'opérateur
  • Résumé final et coordonnées échangées

Sources

  • R2C, item 122 : Principales techniques de rééducation et de réadaptation
  • R2C, item 270 : Douleurs lombaires aiguës chez l'enfant et chez l'adulte
  • R2C, item 118 : La personne handicapée : bases de l'évaluation fonctionnelle et thérapeutique
  • Collège français des enseignants de médecine physique et de réadaptation et Collège français des enseignants en rhumatologie, chapitres sur la rééducation et les lombalgies communes
  • Recommandations en vigueur sur la prescription de masso-kinésithérapie et sur la prise en charge de la lombalgie commune. La date de la version consultée fait partie de la source