Fiche de révision
Prescription d'une rééducation
Une prescription qui doit dire ce qui a été fait, ce qui est interdit et ce qui est visé.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ On ne prescrit pas une rééducation pour une lésion, ⚠️ on la prescrit pour un objectif, et l'objectif se trouve dans ce que la personne ne peut plus faire.
⚠️ Ce qui se fait décrire : le geste qui manque, ⚠️ au travail, à la maison, ⚠️ dans les loisirs, et ce que la personne a arrêté de faire depuis.
⚠️ Ce qui se recueille sur l'histoire : la date de l'événement ou du début des douleurs, ⚠️ le traitement reçu, ⚠️ l'existence d'une intervention, et les consignes déjà données.
⚠️ Ce qui se cherche et qui change tout : les signes d'alerte, ⚠️ une fièvre, un amaigrissement, ⚠️ une douleur qui réveille la nuit, un déficit de force, ⚠️ un trouble pour uriner, un antécédent de cancer. ⚠️ Leur absence autorise une prise en charge fonctionnelle, leur présence l'interrompt.
⚠️ Ce qui se recherche sur les croyances : la peur de bouger, ⚠️ l'idée qu'un mouvement va aggraver, ⚠️ et ce que la personne a compris d'un compte rendu qu'elle a lu. ⚠️ Une phrase mal comprise pèse plus que la lésion.
Ce qui s'organise en pratique : ⚠️ les horaires possibles, ⚠️ les déplacements, et le lieu des séances.
À retenir
- On prescrit pour un objectif, et l'objectif est ce que la personne ne peut plus faire.
- L'absence de signes d'alerte autorise une prise en charge fonctionnelle.
- La peur de bouger se recherche comme un symptôme.
- Une phrase mal comprise d'un compte rendu pèse plus que la lésion.
- Les horaires et les déplacements décident de l'assiduité.
En pratique
- Geste manquant identifié
- Activités arrêtées recensées
- Date de début précisée
- Intervention et consignes recherchées
- Signes d'alerte recherchés
- Peur du mouvement explorée
- Compréhension du compte rendu vérifiée
- Contraintes pratiques recueillies
Examen clinique
⚠️ L'examen établit un point de départ, ⚠️ sans lequel personne ne saura si la rééducation sert.
⚠️ Ce qui se mesure : les amplitudes articulaires, ⚠️ actives et passives séparément, ⚠️ la force, et le périmètre de marche quand il est en jeu. ⚠️ La différence entre l'amplitude passive et l'amplitude active oriente le travail, et elle se note.
Ce qui se cote : ⚠️ la douleur au repos et au mouvement, ⚠️ et le retentissement sur les gestes de la vie.
⚠️ Ce qui se cherche sur le membre concerné : un gonflement, ⚠️ une modification de la couleur ou de la chaleur de la peau, ⚠️ une sudation anormale, et une douleur au moindre contact. ⚠️ Ces signes chez un membre opéré ou immobilisé sortent du cadre d'une raideur simple, et ils imposent un avis.
⚠️ Ce qui se recherche en neurologie : un déficit moteur, ⚠️ un trouble de la sensibilité, une abolition d'un réflexe, ⚠️ et leur systématisation.
⚠️ Ce qui se réexamine : les mêmes mesures à distance, ⚠️ une rééducation qui ne progresse pas devant faire reconsidérer le diagnostic, et non augmenter le nombre de séances.
À retenir
- L'examen établit le point de départ sans lequel on ne saura pas si la rééducation sert.
- La différence entre amplitude passive et active oriente le travail.
- Gonflement, chaleur, sudation et douleur au contact sortent du cadre d'une raideur simple.
- Un déficit neurologique se cherche et se systématise.
- Une rééducation qui ne progresse pas fait reconsidérer le diagnostic.
En pratique
- Amplitudes actives et passives mesurées
- Force testée
- Douleur cotée au repos et au mouvement
- Retentissement fonctionnel évalué
- Peau, chaleur et sudation examinées
- Douleur au contact recherchée
- Examen neurologique fait
- Mesures répétées à distance
Synthèse paraclinique
Iconographie
⚠️ L'imagerie sert à écarter ce qui interdit la rééducation, ⚠️ et presque jamais à la guider.
⚠️ Ce qu'elle doit chercher : une fracture, ⚠️ une lésion suspecte, une infection, ⚠️ une compression nerveuse qui explique un déficit. ⚠️ En l'absence de signe d'alerte, elle n'apporte rien à une douleur commune.
⚠️ Ce qu'elle trouve toujours : des remaniements dégénératifs, ⚠️ une discopathie, une arthrose des articulations postérieures, ⚠️ parfois une hernie discale. ⚠️ Ces anomalies existent chez des personnes qui n'ont jamais eu mal, et leur fréquence augmente avec l'âge.
⚠️ Ce qui se vérifie avant de retenir une anomalie : la concordance. ⚠️ Le côté, ⚠️ le niveau, le territoire de la douleur, ⚠️ et l'existence ou non d'un conflit décrit. ⚠️ Une hernie du côté opposé à la douleur n'explique rien, et la retenir conduit à un avis chirurgical sans indication.
⚠️ Ce qui se lit aussi : ce que le compte rendu ne montre pas, ⚠️ absence de tassement, de lésion osseuse et d'anomalie de signal, information utile pour rassurer.
⚠️ Ce qui se pèse avant de transmettre le compte rendu : le mot que la personne retiendra, ⚠️ et un examen ne se répète pas sans élément nouveau.
À retenir
- L'imagerie écarte ce qui interdit la rééducation, elle ne la guide pas.
- Les remaniements dégénératifs existent chez des personnes sans douleur.
- La concordance se vérifie sur le côté, le niveau et le territoire.
- Une hernie du côté opposé à la douleur n'explique rien.
- Un examen ne se répète pas sans élément nouveau.
En pratique
- Indication de l'imagerie vérifiée
- Signes d'alerte recherchés avant
- Anomalies dégénératives replacées
- Côté et niveau confrontés à la clinique
- Existence d'un conflit vérifiée
- Absences utiles relevées
- Formulation à la personne préparée
- Répétition de l'examen évitée
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Une prescription de rééducation se juge sur ce qu'un confrère peut en faire seul, ⚠️ avec le patient devant lui et sans vous joindre.
⚠️ Ce qui doit y figurer : la région traitée, ⚠️ l'affection ou l'intervention en cause, ⚠️ l'objectif fonctionnel, le nombre de séances, ⚠️ le rythme, et le lieu quand le patient ne se déplace pas.
⚠️ Ce qui doit y figurer et qui manque presque toujours : ce qui est interdit, ⚠️ et jusqu'à quand. ⚠️ Une amplitude autorisée trop tôt rompt une réparation, et le kinésithérapeute ne peut pas le deviner.
⚠️ Ce qui ne s'invente pas : le protocole postopératoire. ⚠️ Il figure sur le compte rendu opératoire ou s'obtient auprès de l'opérateur, ⚠️ et il varie d'une équipe à l'autre.
⚠️ Ce qui se demande explicitement : un bilan intermédiaire, ⚠️ avec sa date, qui transforme une prescription en suivi.
⚠️ Ce qui se décide quand rien ne progresse : revoir le patient, ⚠️ et non prolonger. ⚠️ Ajouter des séances est une réponse administrative à une question clinique.
⚠️ Ce qui accompagne : le traitement de la douleur, ⚠️ l'adaptation du poste de travail, et la reprise progressive, ⚠️ un arrêt de travail prolongé aggravant le pronostic fonctionnel.
À retenir
- Une prescription se juge sur ce qu'un confrère peut en faire seul.
- Ce qui est interdit, et jusqu'à quand, manque presque toujours.
- Un protocole postopératoire ne s'invente pas : il se lit ou se demande.
- Un bilan intermédiaire daté transforme une prescription en suivi.
- Ajouter des séances est une réponse administrative à une question clinique.
En pratique
- Région et affection précisées
- Objectif fonctionnel écrit
- Nombre de séances et rythme écrits
- Lieu précisé si besoin
- Interdictions et leur terme écrits
- Protocole obtenu par écrit
- Bilan intermédiaire daté demandé
- Reprise et adaptation du travail anticipées
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Ce que la personne retient d'un compte rendu décide de ce qu'elle fera de son corps, ⚠️ et cette phrase se prépare.
⚠️ Ce qui se dit devant une imagerie dégénérative : que ces images sont fréquentes, ⚠️ qu'on les trouve chez des personnes qui n'ont pas mal, ⚠️ et qu'elles n'interdisent pas de bouger. ⚠️ Le mot usure fait plus de dégâts que l'usure.
⚠️ Ce qui se dit devant une anomalie non concordante : explicitement, ⚠️ qu'elle ne rend pas compte de la douleur, et pourquoi. ⚠️ Laisser planer le doute installe une attente de chirurgie.
⚠️ Ce qui se dit sur le mouvement : que l'activité est le traitement, ⚠️ que la douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion, ⚠️ et jusqu'où aller. ⚠️ Une consigne floue est entendue comme une interdiction.
⚠️ Ce qui se dit sur les délais : le temps attendu, ⚠️ les fluctuations normales, et ce qui doit faire consulter avant.
⚠️ Ce qui se vérifie : la reformulation, ⚠️ et particulièrement chez une personne qui a lu son compte rendu.
Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec l'objectif, la conduite, ⚠️ et ce qui doit alerter.
À retenir
- Ce que la personne retient d'un compte rendu décide de ce qu'elle fera de son corps.
- Le mot usure fait plus de dégâts que l'usure.
- Une anomalie non concordante se dit explicitement, sinon une chirurgie s'installe dans l'attente.
- La douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion, et il faut le dire.
- Une consigne floue est entendue comme une interdiction.
En pratique
- Anomalies dégénératives replacées comme fréquentes
- Non-concordance dite explicitement
- Activité présentée comme le traitement
- Limites du mouvement précisées
- Délais et fluctuations annoncés
- Signes devant faire consulter donnés
- Reformulation obtenue
- Écrit remis
Éducation et prévention
⚠️ Une rééducation qui s'arrête à la dernière séance n'a servi qu'à cela, ⚠️ et l'enjeu est ce qui continue après.
⚠️ Ce qui se dit sur le repos : qu'il n'est pas le traitement, ⚠️ qu'un repos prolongé aggrave la raideur et la perte de force, ⚠️ et que la reprise précoce d'une activité adaptée améliore l'évolution.
⚠️ Ce qui s'organise pour la suite : des exercices simples à faire seul, ⚠️ en petit nombre, ⚠️ à un moment fixé de la journée, une liste longue n'étant jamais faite.
⚠️ Ce qui se travaille avec la personne : la reprise du travail, ⚠️ par étapes, ⚠️ et l'adaptation du poste, un arrêt qui se prolonge diminuant les chances de reprise.
⚠️ Ce qui se prévient : la récidive, ⚠️ par l'activité régulière, l'aménagement des gestes répétés, ⚠️ et le maintien du poids.
⚠️ Ce qui se corrige : les croyances, ⚠️ le dos fragile, la peur du mouvement, ⚠️ l'idée qu'une image interdit une activité, et ces croyances se corrigent en les nommant.
Ce qui se remet : ⚠️ une fiche d'exercices, ⚠️ et un objectif daté.
⚠️ Ce qui se vérifie à la consultation suivante : si les exercices sont faits, ⚠️ et sinon pourquoi, ⚠️ la réponse portant presque toujours sur le moment de la journée ou sur une douleur mal comprise. ⚠️ Un programme qui n'est pas fait ne se répète pas, il se change.
À retenir
- Le repos n'est pas le traitement, et prolongé il aggrave.
- Une liste longue d'exercices n'est jamais faite.
- Un arrêt de travail qui se prolonge diminue les chances de reprise.
- Les croyances se corrigent en les nommant.
- Un objectif daté vaut mieux qu'un conseil général.
En pratique
- Rôle du repos expliqué
- Exercices simples remis
- Moment de la journée fixé
- Reprise du travail planifiée
- Adaptation du poste envisagée
- Prévention de la récidive abordée
- Croyances nommées et corrigées
- Objectif daté convenu
Communication interprofessionnelle
⚠️ Le kinésithérapeute voit le patient plusieurs fois par semaine, ⚠️ et il détient une information que personne d'autre n'a.
Ce qui se transmet avec la prescription : ⚠️ la nature de l'affection ou de l'intervention, ⚠️ les consignes écrites de l'opérateur, ce qui est interdit et jusqu'à quand, ⚠️ l'objectif, et les éléments de l'examen initial.
Ce qui se demande : ⚠️ un bilan à une date fixée, ⚠️ et ce que le confrère observe, question qui fait sortir ce qu'un appel technique ne dit pas.
⚠️ Ce qui s'écoute quand un professionnel appelle : la raison réelle de l'appel. ⚠️ Une question sur le nombre de séances cache parfois une inquiétude clinique, et celui qui appelle ne posera pas de diagnostic à votre place.
Ce qui se vérifie auprès de l'opérateur : ⚠️ le protocole, ⚠️ quand il n'est pas écrit, et l'étape suivante.
Ce qui se conclut : ⚠️ un résumé de ce qui a été convenu, ⚠️ le délai dans lequel le patient sera revu, la conduite des séances en attendant, ⚠️ et l'échange des coordonnées.
⚠️ Et ce qui ne se fait pas : répondre à une inquiétude par une prolongation d'ordonnance.
À retenir
- Le kinésithérapeute détient une information que personne d'autre n'a.
- Les consignes de l'opérateur se transmettent écrites, pas résumées.
- Une question sur le nombre de séances cache parfois une inquiétude clinique.
- Celui qui appelle ne posera pas de diagnostic à votre place.
- On ne répond pas à une inquiétude par une prolongation d'ordonnance.
En pratique
- Nature de l'affection transmise
- Consignes de l'opérateur transmises
- Interdictions et leur terme transmis
- Objectif et examen initial transmis
- Bilan daté demandé
- Observations du confrère demandées
- Protocole vérifié auprès de l'opérateur
- Résumé final et coordonnées échangées