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Fiche de révision

Prescrire des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)

Un médicament banal dont le danger ne se lit que sur le terrain de celui qui le prend.

Situation de départ 249Catégorie IIIItem R2C 330Item R2C 325Item R2C 135

Entretien et interrogatoire

⚠️ Avant de prescrire, il faut savoir ce que la personne prend déjà, ⚠️ et ce qu'elle a déjà pris seule.

⚠️ Ce qui se demande et qu'on oublie : les médicaments achetés sans ordonnance, ⚠️ ceux d'un proche, ceux prescrits par un autre médecin, ⚠️ et les compléments. ⚠️ Beaucoup de patients ne considèrent pas un anti-inflammatoire acheté en pharmacie comme un médicament.

⚠️ Ce qui se cherche comme association dangereuse : un médicament bloquant le système rénine angiotensine, ⚠️ un diurétique, ⚠️ un anticoagulant ou un antiagrégant, un autre anti-inflammatoire, ⚠️ et un corticoïde.

⚠️ Ce qui se cherche comme antécédent : un ulcère ou un saignement digestif, ⚠️ une maladie du rein, une insuffisance cardiaque, ⚠️ un asthme aggravé par ces médicaments, et une allergie.

⚠️ Ce qui se cherche selon le terrain : une grossesse, ⚠️ la question devant être posée systématiquement chez une femme en âge de procréer.

Ce qui se précise sur la douleur : ⚠️ son type, son ancienneté, ⚠️ ce qui a déjà été essayé, et l'effet obtenu.

Le piège

Demander la liste des traitements sans demander ce que la personne prend seule. La moitié de l'information manque.

À retenir

  • Beaucoup de patients ne considèrent pas un médicament acheté en pharmacie comme un médicament.
  • Les associations dangereuses se cherchent nommément, pas globalement.
  • Un ulcère ancien et guéri reste un facteur de risque.
  • La question d'une grossesse se pose systématiquement.
  • Ce qui a déjà été essayé et son effet oriente le choix.

En pratique

  • Traitements prescrits recensés
  • Médicaments pris seul recherchés
  • Association rénine angiotensine et diurétique recherchée
  • Anticoagulant ou antiagrégant recherché
  • Antécédent digestif recherché
  • Maladie du rein et du cœur recherchées
  • Grossesse recherchée
  • Traitements déjà essayés recueillis

Examen clinique

⚠️ L'examen sert à vérifier que la douleur relève bien d'un anti-inflammatoire, ⚠️ et que le terrain le permet.

Ce qui s'examine sur la douleur : ⚠️ son siège, ⚠️ l'existence d'un épanchement, d'une rougeur, ⚠️ d'une chaleur locale, et d'une fièvre. ⚠️ Une articulation chaude, rouge et fébrile n'est pas une poussée d'arthrose, et elle relève d'une ponction avant tout traitement.

Ce qui se mesure et qui servira de référence : ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ le poids, et la recherche d'œdèmes, ⚠️ ces médicaments élevant la pression et favorisant la rétention.

Ce qui se cherche sur le plan digestif : ⚠️ une douleur de l'estomac, une pâleur, ⚠️ et des signes d'anémie.

⚠️ Ce qui se cherche chez la personne âgée : une déshydratation, ⚠️ une baisse récente des apports, et une perte de poids, ⚠️ un rein déjà en difficulté supportant mal l'ajout.

⚠️ Ce qui se réexamine sous traitement : la pression artérielle, ⚠️ le poids, et les œdèmes.

Urgence

Articulation chaude, rouge et fébrile : ponction avant tout anti-inflammatoire.

À retenir

  • Une articulation chaude, rouge et fébrile n'est pas une poussée d'arthrose.
  • La pression artérielle et le poids servent de référence avant traitement.
  • Une pâleur et des signes d'anémie orientent vers un saignement digestif.
  • Chez la personne âgée, une déshydratation change tout le risque rénal.
  • Les mêmes mesures se refont sous traitement.

En pratique

  • Siège et caractère de la douleur examinés
  • Épanchement recherché
  • Rougeur, chaleur et fièvre recherchées
  • Pression artérielle mesurée
  • Poids noté
  • Œdèmes recherchés
  • Signes d'anémie recherchés
  • Déshydratation recherchée

Synthèse paraclinique

⚠️ Un bilan n'est pas nécessaire chez un adulte jeune sans antécédent, ⚠️ et il devient indispensable dès qu'un facteur de risque existe.

⚠️ Ce qui se regarde sur le rein : la créatinine, ⚠️ et surtout le débit de filtration estimé, ⚠️ la créatinine seule sous-estimant l'atteinte chez une personne âgée ou peu musclée.

⚠️ Ce qui se regarde sur les sels du sang : le potassium, ⚠️ qu'un anti-inflammatoire élève, ⚠️ d'autant plus qu'un médicament du système rénine angiotensine est associé.

⚠️ Ce qui se regarde sur la numération : l'hémoglobine, ⚠️ une valeur basse prenant tout son sens à côté d'un antécédent digestif ou d'un anticoagulant.

Ce qui se regarde selon le contexte : ⚠️ le bilan du foie, ⚠️ et le suivi biologique d'un anticoagulant en cours.

⚠️ Ce qui se recontrôle sous traitement prolongé : la fonction du rein et le potassium, ⚠️ à distance de l'introduction, et devant tout événement intercurrent, ⚠️ une diarrhée, une fièvre ou une canicule suffisant à faire basculer un rein limite.

⚠️ Ce que le bilan ne dit pas : le risque digestif, ⚠️ qui se lit sur l'histoire et non sur une analyse.

À retenir

Recontrôler le rein et le potassium après l'introduction chez un patient à risque, et devant tout événement intercurrent.

À retenir

  • La créatinine seule sous-estime l'atteinte du rein chez une personne âgée.
  • Un anti-inflammatoire élève le potassium, surtout en association.
  • Une hémoglobine basse prend son sens à côté d'un antécédent digestif.
  • Une diarrhée ou une forte chaleur suffit à faire basculer un rein limite.
  • Le risque digestif se lit sur l'histoire, pas sur une analyse.

En pratique

  • Créatinine et débit de filtration lus
  • Potassium lu
  • Hémoglobine lue
  • Bilan du foie selon le contexte
  • Suivi de l'anticoagulant vérifié
  • Contrôle après introduction programmé
  • Consigne en cas d'événement intercurrent donnée
  • Risque digestif évalué sur l'histoire

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans la prescription d'un anti-inflammatoire. L'exploration de la douleur qui la motive relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Deux questions se posent avant de prescrire, ⚠️ et la seconde décide.

⚠️ La première : la douleur relève-t-elle d'un anti-inflammatoire. ⚠️ Une douleur inflammatoire, une poussée articulaire, une colique néphrétique ou une douleur dentaire en relèvent, ⚠️ une douleur mécanique banale répond souvent aussi bien à un antalgique simple.

⚠️ La seconde : ce patient peut-il le recevoir. ⚠️ Le raisonnement additionne l'âge, la fonction du rein, ⚠️ les antécédents digestifs, l'insuffisance cardiaque, ⚠️ la grossesse, et les médicaments associés. ⚠️ Un seul de ces éléments suffit parfois à trancher.

⚠️ Ce qui doit faire renoncer : une insuffisance rénale, ⚠️ un antécédent d'ulcère ou de saignement digestif non protégé, ⚠️ une grossesse à partir du deuxième trimestre, une insuffisance cardiaque non contrôlée, ⚠️ et l'association à un anticoagulant.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer un diagnostic : une douleur qui ne cède pas, ⚠️ une fièvre, une articulation chaude, ⚠️ et une douleur qui réveille la nuit. ⚠️ Un anti-inflammatoire qui masque une infection retarde son diagnostic.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'un médicament vendu sans ordonnance est sans danger.

Le piège

Traiter une articulation douloureuse et fébrile par un anti-inflammatoire. L'infection continue et devient invisible.

À retenir

  • Une douleur mécanique banale répond souvent aussi bien à un antalgique simple.
  • Le raisonnement additionne âge, rein, digestif, cœur, grossesse et associations.
  • Un seul facteur suffit parfois à renoncer.
  • Un anti-inflammatoire qui masque une infection retarde son diagnostic.
  • Un médicament vendu sans ordonnance n'est pas un médicament sans danger.

En pratique

  • Nature de la douleur évaluée
  • Indication réelle vérifiée
  • Fonction du rein prise en compte
  • Antécédent digestif pris en compte
  • Insuffisance cardiaque prise en compte
  • Grossesse écartée
  • Associations vérifiées
  • Signes faisant reconsidérer recherchés

Urgence vitale

⚠️ Trois complications amènent aux urgences, ⚠️ et toutes trois surviennent chez des patients qui allaient bien.

⚠️ Le saignement digestif : une douleur de l'estomac, ⚠️ des selles noires, un vomissement de sang, ⚠️ un malaise, une pâleur. ⚠️ Il peut survenir sans douleur préalable, surtout chez la personne âgée.

⚠️ L'insuffisance rénale aiguë : une diminution des urines, ⚠️ des œdèmes, une prise de poids rapide, ⚠️ une somnolence. ⚠️ Elle survient souvent lors d'un événement banal, une diarrhée, une fièvre, une forte chaleur, ⚠️ chez un patient qui prend déjà 2 autres médicaments agissant sur le rein.

⚠️ La réaction allergique : une éruption, ⚠️ un gonflement du visage, une gêne respiratoire, ⚠️ et un asthme déclenché par la prise.

⚠️ Ce qui se fait devant l'une d'elles : arrêter le médicament, ⚠️ arrêter aussi les autres médicaments agissant sur le rein le temps de l'épisode, ⚠️ réhydrater, et doser la fonction du rein.

⚠️ Ce qui se dit au patient dès la prescription : la conduite à tenir en cas de diarrhée ou de fièvre, ⚠️ et le fait qu'il faut arrêter et appeler.

Urgence

Selles noires ou malaise sous anti-inflammatoire : arrêt immédiat et prise en charge en urgence.

À retenir

  • Un saignement digestif peut survenir sans douleur préalable.
  • L'insuffisance rénale aiguë survient souvent lors d'un événement banal.
  • Devant une réaction, on arrête aussi les autres médicaments agissant sur le rein.
  • La conduite en cas de diarrhée ou de fièvre se dit dès la prescription.
  • Une gêne respiratoire après la prise fait arrêter définitivement.

En pratique

  • Signes de saignement digestif connus du patient
  • Signes d'atteinte du rein expliqués
  • Signes allergiques expliqués
  • Consigne d'arrêt donnée
  • Conduite en cas de diarrhée ou fièvre donnée
  • Autres médicaments à suspendre nommés
  • Numéro d'appel donné
  • Bilan de contrôle prévu

Stratégie de prise en charge

⚠️ Quand la prescription est possible, ⚠️ elle se fait à la dose la plus faible efficace et pour la durée la plus courte.

⚠️ Ce qui s'écrit : la molécule, ⚠️ la dose, le nombre de prises, ⚠️ et surtout la date d'arrêt. ⚠️ Une prescription sans terme devient un traitement de fond, et personne ne réinterroge son utilité.

⚠️ Ce qui s'ajoute selon le terrain : une protection de l'estomac, ⚠️ chez la personne âgée, en cas d'antécédent digestif, ⚠️ ou d'association à un anticoagulant, un antiagrégant ou un corticoïde.

⚠️ Ce qui se suspend : rien de ce que le patient prend déjà ne se suspend sans raison, ⚠️ mais la conduite en cas de perte d'eau se donne explicitement, arrêter l'anti-inflammatoire et les médicaments du rein le temps de l'épisode.

⚠️ Ce qui se propose avant ou à côté : un antalgique simple, ⚠️ un traitement local, ⚠️ la rééducation, la perte de poids quand elle est en jeu, ⚠️ et une aide technique. ⚠️ Aucun de ces moyens n'a été essayé dans la plupart des demandes.

⚠️ Ce qui se programme : la réévaluation à la date d'arrêt, ⚠️ et le bilan de contrôle chez les patients à risque.

À retenir

Écrire la date d'arrêt sur l'ordonnance. C'est la ligne qui empêche un traitement de durer.

À retenir

  • La dose la plus faible, la durée la plus courte, et une date d'arrêt écrite.
  • Une prescription sans terme devient un traitement de fond.
  • La protection de l'estomac s'ajoute selon le terrain, pas systématiquement.
  • La conduite en cas de perte d'eau se donne explicitement.
  • Les moyens non médicamenteux n'ont presque jamais été essayés.

En pratique

  • Indication confirmée
  • Dose la plus faible choisie
  • Durée la plus courte fixée
  • Date d'arrêt écrite
  • Protection gastrique décidée selon le terrain
  • Conduite en cas de perte d'eau donnée
  • Moyens non médicamenteux proposés
  • Réévaluation programmée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La prescription d'un anti-inflammatoire ne comporte pas de geste technique évalué. Les gestes locaux relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'explication d'un refus de prescription et les consignes sont traitées dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce médicament s'achète sans ordonnance, ⚠️ et c'est ce qui rend l'explication indispensable.

⚠️ Ce qui se dit devant un refus : la raison, ⚠️ nommée précisément, ⚠️ et ce qui est proposé à la place. ⚠️ Un refus non expliqué est suivi d'un achat, et le patient prendra le médicament sans que personne ne le surveille.

⚠️ Ce qui se dit sur les autres formes : que le même produit existe sous des noms différents, ⚠️ dans des médicaments contre le rhume ou contre la douleur, ⚠️ et qu'il ne faut pas les cumuler.

⚠️ Ce qui se dit sur la durée : le nombre de jours, ⚠️ et le fait qu'il ne faut pas prolonger sans avis, même si cela soulage.

⚠️ Ce qui se dit sur les situations à risque : une diarrhée, ⚠️ une fièvre, une forte chaleur, ⚠️ un jeûne, où le médicament s'arrête et où il faut boire.

⚠️ Ce qui se dit sur les signes qui font arrêter : une douleur de l'estomac, ⚠️ des selles noires, une diminution des urines, ⚠️ des œdèmes, une éruption.

⚠️ Ce qui se dit aux femmes en âge de procréer : que ces médicaments sont contre-indiqués à partir d'un certain terme de grossesse, ⚠️ et qu'il faut le signaler.

À retenir

Nommer les médicaments contre le rhume qui contiennent le même produit. Le cumul est involontaire.

À retenir

  • Un refus non expliqué est suivi d'un achat sans surveillance.
  • Le même produit se cache dans des médicaments contre le rhume.
  • On ne prolonge pas sans avis, même si cela soulage.
  • Diarrhée, fièvre, forte chaleur et jeûne font arrêter et boire.
  • Les femmes en âge de procréer doivent connaître la contre-indication de grossesse.

En pratique

  • Raison du refus expliquée
  • Alternative proposée
  • Risque de cumul expliqué
  • Durée précisée
  • Situations à risque nommées
  • Signes d'arrêt donnés
  • Consigne d'hydratation donnée
  • Information sur la grossesse donnée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce médicament est prescrit par plusieurs et surveillé par personne, ⚠️ et c'est ainsi qu'il devient dangereux.

Ce qui s'écrit sur l'ordonnance : ⚠️ la durée, ⚠️ la date d'arrêt, la protection associée le cas échéant, ⚠️ et l'indication, qui permet à un autre prescripteur de comprendre.

Ce qui se dit au pharmacien : ⚠️ la durée prévue, ⚠️ et la vigilance sur les délivrances sans ordonnance, le dossier pharmaceutique permettant de repérer un cumul.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ l'introduction, ⚠️ la raison, le terrain, ⚠️ et le bilan de contrôle demandé.

⚠️ Ce qui se demande avant de prescrire chez un patient suivi ailleurs : l'accord du spécialiste, ⚠️ quand un traitement de fond ou une maladie du rein est en jeu.

Ce qui se signale : ⚠️ un effet indésirable grave, ⚠️ à la pharmacovigilance, et l'épisode dans le dossier.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier après un accident : le lien, ⚠️ explicitement, faute de quoi le même médicament sera represcrit ailleurs, ⚠️ et la contre-indication qui en découle.

À retenir

Écrire l'indication sur l'ordonnance. C'est ce qui empêche une reconduction automatique.

À retenir

  • Ce médicament est prescrit par plusieurs et surveillé par personne.
  • L'indication écrite permet à un autre prescripteur de comprendre.
  • Le dossier pharmaceutique repère les cumuls sans ordonnance.
  • Un effet indésirable grave se signale à la pharmacovigilance.
  • Un accident non écrit fera represcrire le même médicament ailleurs.

En pratique

  • Durée et date d'arrêt écrites
  • Protection associée mentionnée
  • Indication portée
  • Pharmacien informé
  • Médecin traitant informé
  • Spécialiste consulté si besoin
  • Effet indésirable grave signalé
  • Contre-indication écrite au dossier

Sources

  • R2C, item 330 : Prescription et surveillance des classes de médicaments les plus courantes chez l'adulte et chez l'enfant, hors anti-infectieux
  • R2C, item 325 : Identification et gestion des risques liés aux médicaments et aux biomatériaux, risque iatrogène, erreur médicamenteuse
  • R2C, item 135 : Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses
  • Collège national de pharmacologie médicale et Collège universitaire des enseignants de néphrologie, chapitres sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens
  • Recommandations en vigueur sur le bon usage des anti-inflammatoires non stéroïdiens. La date de la version consultée fait partie de la source