Fiche de révision
Prescrire des antalgiques
Un traitement dont l'efficacité tient au mécanisme, au moment des prises et à ce qui est réellement pris.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Une douleur se mesure avant d'être traitée, ⚠️ et elle se remesure avec le même outil.
⚠️ Ce qui se cote : l'intensité au repos, ⚠️ et l'intensité au mouvement, ⚠️ qui sont deux chiffres différents et qui commandent deux stratégies différentes.
⚠️ Ce qui se fait décrire : le type de douleur. ⚠️ Une brûlure, une décharge électrique, un fourmillement ou un engourdissement orientent vers une atteinte d'un nerf, ⚠️ qui ne répond pas aux antalgiques habituels.
⚠️ Ce qui se recueille sur le traitement en cours : ce qui est pris, ⚠️ à quelle heure, ⚠️ combien de fois par jour réellement, et ce qui a été arrêté et pourquoi. ⚠️ « Quand j'y pense » est une réponse fréquente et décisive.
⚠️ Ce qui se demande et qu'on oublie : ce que la personne achète seule, ⚠️ sirops, médicaments contre le rhume, antalgiques de pharmacie, et ce que lui donne un proche.
⚠️ Ce qui se cherche sur le retentissement : le sommeil, ⚠️ les gestes abandonnés, l'humeur, ⚠️ et l'isolement, une douleur qui dure modifiant tout cela.
Ce qui se cherche sur le transit : ⚠️ la fréquence des selles avant et depuis le traitement.
À retenir
- L'intensité au repos et au mouvement sont deux chiffres qui commandent deux stratégies.
- Brûlure, décharge et fourmillement orientent vers une atteinte d'un nerf.
- Quand j'y pense est une réponse fréquente et décisive.
- Ce que la personne achète seule fait partie du traitement.
- Le transit se compare avant et depuis le traitement.
En pratique
- Douleur cotée au repos
- Douleur cotée au mouvement
- Type de douleur décrit
- Heures des prises recueillies
- Observance réelle explorée
- Produits achetés seul recherchés
- Retentissement évalué
- Transit comparé
Examen clinique
⚠️ L'examen cherche le mécanisme, ⚠️ et il cherche ce que la douleur cache.
⚠️ Ce qui se teste devant une douleur évoquant un nerf : une zone d'engourdissement, ⚠️ une douleur déclenchée par un frôlement, ⚠️ une douleur exagérée par un contact normalement indolore, et un déficit de force. ⚠️ Ces signes changent la classe de médicament, pas la dose.
Ce qui s'examine sur la région douloureuse : ⚠️ la mobilité, ⚠️ les points douloureux, une déformation, ⚠️ une inflammation locale.
⚠️ Ce qui se cherche comme cause à traiter : une fracture, ⚠️ une infection, une rétention d'urine, ⚠️ un fécalome, une escarre. ⚠️ Chez une personne qui ne peut pas dire sa douleur, ces causes se cherchent systématiquement.
⚠️ Ce qui s'observe chez une personne qui ne s'exprime pas : le visage, ⚠️ les positions d'évitement, l'agitation, ⚠️ le refus des soins, et l'usage d'une échelle d'observation adaptée.
⚠️ Ce qui se surveille sous traitement : la vigilance, ⚠️ la fréquence respiratoire, et le transit.
À retenir
- Les signes d'atteinte d'un nerf changent la classe de médicament, pas la dose.
- Une douleur déclenchée par un frôlement est un signe, pas une exagération.
- Rétention, fécalome et escarre se cherchent systématiquement chez qui ne peut pas dire.
- Chez une personne qui ne s'exprime pas, on observe et on utilise une échelle adaptée.
- Sous opioïde, la vigilance et la fréquence respiratoire se surveillent.
En pratique
- Signes d'atteinte d'un nerf testés
- Zone d'hypersensibilité cherchée
- Mobilité et points douloureux examinés
- Cause traitable recherchée
- Rétention et fécalome recherchés
- Échelle d'observation utilisée si besoin
- Vigilance surveillée
- Fréquence respiratoire surveillée
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ Avant de choisir un médicament, deux questions, ⚠️ et la seconde est celle qu'on saute.
⚠️ La première : quel est le mécanisme. ⚠️ Une douleur par lésion des tissus répond aux antalgiques classiques, ⚠️ une douleur par lésion d'un nerf répond à d'autres classes, ⚠️ et une douleur sans lésion identifiable relève d'une approche globale. ⚠️ Monter les paliers sur une douleur d'origine nerveuse ne sert à rien, et expose sans bénéfice.
⚠️ La seconde : le traitement actuel a-t-il été réellement pris. ⚠️ Une douleur non couverte ressemble en tout point à une douleur résistante, ⚠️ et la distinction se fait sur les heures de prise, pas sur l'intensité.
⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer la cause : une douleur nouvelle, ⚠️ une douleur qui change de caractère, une fièvre, ⚠️ un déficit neurologique, une douleur qui réveille la nuit. ⚠️ Une douleur qui augmente sous traitement bien conduit n'est pas un problème de dose.
⚠️ Ce qui se vérifie chez la personne âgée ou vulnérable : que l'absence de plainte n'est pas une absence de douleur.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une demande d'antalgique plus fort est une dépendance.
À retenir
- Monter les paliers sur une douleur d'origine nerveuse ne sert à rien.
- Une douleur non couverte ressemble en tout point à une douleur résistante.
- La distinction se fait sur les heures de prise, pas sur l'intensité.
- Une douleur qui augmente sous traitement bien conduit n'est pas un problème de dose.
- L'absence de plainte n'est pas une absence de douleur.
En pratique
- Mécanisme identifié
- Signes d'atteinte nerveuse recherchés
- Observance réelle vérifiée
- Heures de prise reconstituées
- Cause reconsidérée si évolution atypique
- Douleur nocturne évaluée
- Vulnérabilité prise en compte
- Demande du patient entendue sans jugement
Urgence vitale
⚠️ Deux urgences encadrent la prescription d'antalgiques, ⚠️ et elles vont dans des sens opposés.
⚠️ La première est le surdosage en opioïde : une somnolence croissante, ⚠️ une difficulté à réveiller, ⚠️ un ralentissement de la respiration, des pupilles en tête d'épingle. ⚠️ La vigilance baisse avant la respiration, et c'est elle qu'on surveille. ⚠️ La conduite est l'arrêt du produit, la stimulation, ⚠️ l'oxygène, et l'antidote quand il est indiqué.
⚠️ La seconde est l'atteinte du foie par surdosage en paracétamol : ⚠️ souvent involontaire, ⚠️ par cumul de plusieurs boîtes contenant le même produit, ou chez une personne dénutrie ou consommatrice d'alcool. ⚠️ Elle est longtemps silencieuse, et le traitement est d'autant plus efficace qu'il est précoce.
⚠️ Ce qui est aussi une urgence : une douleur intense non soulagée, ⚠️ qui justifie une prise en charge immédiate, et non un rendez-vous.
⚠️ Ce qui doit faire hospitaliser : une douleur qui empêche tout mouvement, ⚠️ une douleur avec fièvre, un déficit neurologique, ⚠️ et un doute sur une cause grave.
À retenir
- Sous opioïde, la vigilance baisse avant la respiration, et c'est elle qu'on surveille.
- Le surdosage en paracétamol est souvent involontaire, par cumul de boîtes.
- L'atteinte du foie est longtemps silencieuse.
- Une douleur intense non soulagée est une urgence, pas un rendez-vous.
- Douleur avec fièvre ou déficit neurologique fait hospitaliser.
En pratique
- Vigilance évaluée à chaque contrôle
- Fréquence respiratoire notée
- Cumul de paracétamol recherché
- Terrain à risque hépatique évalué
- Douleur intense traitée sans délai
- Signes neurologiques recherchés
- Fièvre recherchée
- Critères d'hospitalisation connus
Stratégie de prise en charge
⚠️ La prescription se construit sur trois décisions, ⚠️ et la dose n'est que la troisième.
⚠️ La classe, choisie sur le mécanisme : ⚠️ antalgiques classiques pour une douleur des tissus, ⚠️ autres classes pour une douleur d'origine nerveuse, et association quand les deux coexistent.
⚠️ Le moment, ⚠️ qui compte souvent plus que la dose : des prises à heures fixes ⚠️ plutôt qu'à la demande, ⚠️ une prise avant les moments douloureux, lever, toilette, marche, pansement, ⚠️ et une couverture de la nuit et du réveil.
⚠️ La dose, ⚠️ la plus faible efficace, augmentée par paliers, ⚠️ avec une dose de secours prévue pour les accès douloureux.
⚠️ Ce qui se prescrit en même temps et qui s'oublie : un laxatif dès le premier jour d'un opioïde, ⚠️ cet effet ne s'atténuant pas avec le temps, ⚠️ et un traitement des nausées les premiers jours.
⚠️ Ce qui se vérifie avant d'ajouter une boîte : la composition de celles déjà prises, ⚠️ le cumul de paracétamol étant la première cause d'accident évitable.
⚠️ Ce qui accompagne : la rééducation, ⚠️ un appareil de soutien, la chaleur ou le froid, ⚠️ l'adaptation du lit, et une aide au lever.
⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation datée, ⚠️ avec la même échelle qu'au départ.
⚠️ Ce qui se décide à la réévaluation : poursuivre, ⚠️ augmenter, ⚠️ changer de classe, ou arrêter. ⚠️ Un traitement efficace se diminue aussi, et une décroissance progressive s'organise quand un opioïde a été pris plusieurs semaines.
À retenir
- Classe, moment, dose : la dose n'est que la troisième décision.
- Des prises à heures fixes plutôt qu'à la demande.
- Une prise avant les moments douloureux, pas après.
- Un laxatif dès le premier jour d'un opioïde.
- Vérifier la composition des boîtes déjà prises avant d'en ajouter une.
En pratique
- Classe choisie sur le mécanisme
- Prises à heures fixes prescrites
- Prise avant les moments douloureux prévue
- Nuit et réveil couverts
- Dose de secours prévue
- Laxatif prescrit d'emblée si opioïde
- Composition des produits vérifiée
- Réévaluation datée programmée
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Un traitement de la douleur mal expliqué est mal pris, ⚠️ et la moitié des échecs vient de là.
⚠️ Ce qui se dit sur le rythme : que le médicament se prend à heures fixes, ⚠️ même quand la douleur est calme, ⚠️ parce qu'il coûte moins de la prévenir que de la faire céder.
⚠️ Ce qui se dit sur la composition : que plusieurs boîtes peuvent contenir le même produit, ⚠️ et qu'il faut demander au pharmacien avant d'ajouter quoi que ce soit.
⚠️ Ce qui se dit sur les effets : la somnolence des premiers jours, ⚠️ qui s'atténue, ⚠️ les nausées, qui s'atténuent aussi, ⚠️ et la constipation, qui ne s'atténue pas.
⚠️ Ce qui se dit sur la peur de la dépendance : clairement, ⚠️ beaucoup de patients sous-dosant leur traitement par crainte, ⚠️ et cette crainte se nomme plutôt qu'elle ne s'ignore.
⚠️ Ce qui se dit sur la conduite : la vigilance au volant les premiers jours, ⚠️ et l'association à l'alcool.
⚠️ Ce qui se remet : un tableau des heures de prise, ⚠️ une échelle pour noter la douleur, ⚠️ et les signes qui doivent faire appeler.
⚠️ Ce qui se dit sur la conservation : que ces médicaments se rangent hors de portée des enfants, ⚠️ et que les boîtes entamées ne se prêtent jamais, une dose adaptée à l'un pouvant être dangereuse pour l'autre.
À retenir
- Le médicament se prend à heures fixes, même quand la douleur est calme.
- Plusieurs boîtes peuvent contenir le même produit.
- Somnolence et nausées s'atténuent, la constipation non.
- Beaucoup de patients se sous-dosent par crainte de la dépendance.
- Le patient repart avec un tableau des heures et une échelle.
En pratique
- Rythme des prises expliqué
- Risque de cumul expliqué
- Recours au pharmacien conseillé
- Effets transitoires expliqués
- Constipation annoncée comme durable
- Crainte de dépendance abordée
- Conduite et alcool évoqués
- Tableau et échelle remis
Communication interprofessionnelle
⚠️ Un traitement de la douleur se règle entre plusieurs mains, ⚠️ et il se dérègle dans les transmissions.
Ce qui s'écrit sur l'ordonnance : ⚠️ la molécule, ⚠️ les heures de prise, la dose de secours et sa limite, ⚠️ le laxatif associé, et la date de réévaluation.
Ce qui se transmet à l'infirmière : ⚠️ l'échelle utilisée, ⚠️ les moments où la douleur est cotée, la conduite devant un accès douloureux, ⚠️ et le seuil qui doit faire appeler.
Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ la vérification de la composition des produits déjà pris, ⚠️ et le repérage d'un cumul.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le mécanisme retenu, ⚠️ la stratégie, et ce qui a été essayé sans succès, ⚠️ information qui évite de refaire le même chemin.
⚠️ Ce qui se transmet à l'entourage quand la personne ne s'exprime pas : les signes d'observation retenus, ⚠️ et ce qui doit faire appeler.
⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « antalgiques si douleur ». ⚠️ Cette ligne laisse l'équipe décider seule, et la douleur se traite alors quand elle est déjà installée.
À retenir
- Un traitement de la douleur se dérègle dans les transmissions.
- L'ordonnance porte les heures, la dose de secours et sa limite.
- L'équipe reçoit l'échelle, les moments de cotation et le seuil d'appel.
- Ce qui a été essayé sans succès évite de refaire le même chemin.
- Antalgiques si douleur laisse traiter une douleur déjà installée.
En pratique
- Heures de prise écrites
- Dose de secours et limite écrites
- Laxatif associé prescrit
- Échelle transmise
- Seuil d'appel transmis
- Pharmacien sollicité sur la composition
- Médecin traitant informé du mécanisme
- Entourage informé si besoin