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Oncologie

Fiche de révision

Prescrire des soins associés à l'initiation d'une chimiothérapie

S'entraîner sur cette situation
Situation de départ 254Catégorie IIIItem R2C 294Item R2C 295Item R2C 191

Une chimiothérapie ne se prescrit pas seule : ce qui l'entoure décide du confort et de la sécurité des mois qui suivent. Cette fiche vous apprend à prescrire et à organiser ces soins associés dans l'ordre du calendrier, en commençant par ce qui ne se décide plus après la première injection. Elle passe par l'entretien, l'examen et le bilan de référence, la fièvre qui fait l'urgence et ce que le patient doit savoir, puis se termine sur ce qui se transmet aux autres soignants.

SommaireEnviron 12 min
  1. Ce qui ne se décide plus après la première injection
  2. Un entretien sur la vie qui va continuer autour de la maladie
  3. Un examen et un bilan qui servent de référence
  4. Les soins associés se prescrivent avant le symptôme
  5. Une fièvre pendant la baisse des défenses est une urgence
  6. Expliquer ce qui va se passer, et vérifier avant la sortie
  7. La sécurité entre 2 cures se joue à la maison
  8. Ce qui se transmet, et une liste partagée plutôt que la mémoire
  9. À retenir pour la station

Ce qui ne se décide plus après la première injection

Certaines décisions ne peuvent plus être prises après la première injection, et la préservation de la fertilité en est l'exemple. Le projet parental se demande à tout patient en âge de procréer, quel que soit son âge apparent ou sa situation de couple. La question se pose avant la première injection, et non lorsqu'elle vient du patient.

La fertilité s'aborde explicitement, avant la première cure, et sans supposer ce que la personne souhaite. Quand une préservation est envisagée, un rendez-vous rapide se demande à l'équipe de préservation de la fertilité, le calendrier étant contraint par la date de la première cure.

D'autres décisions se prennent avant la première injection : la contraception, la consultation dentaire, et la pose de la voie d'abord, dont le délai de cicatrisation doit être compté dans le calendrier. Un geste dentaire prévu change aussi ce calendrier.

« Avant de commencer ce traitement, j'ai une question à vous poser : avez-vous un projet d'enfant, maintenant ou plus tard ? »

Un entretien sur la vie qui va continuer autour de la maladie

Avant une première cure, l'entretien porte moins sur la maladie que sur la vie qui va devoir continuer autour d'elle. Il commence par ce que le patient a retenu de la consultation d'annonce, et par ce qu'il redoute le plus. La crainte la plus fréquente n'est le plus souvent pas celle qu'on suppose.

Les traitements se recensent en entier : tout ce qui est pris, y compris les compléments et les plantes. Certaines interactions modifient l'efficacité du traitement, et c'est pourquoi rien ne s'omet.

Les foyers infectieux se cherchent dès l'entretien : la bouche et les dents, la peau, les urines, et un geste dentaire prévu. Ils se cherchent pour être traités avant la cure.

La vie quotidienne se recueille aussi : la distance à l'établissement, la possibilité de se déplacer, la présence d'un proche, le travail, et la présence d'enfants. Elles préparent l'organisation des cures.

« Qu'avez-vous retenu de la consultation où l'on vous a parlé de ce traitement, et qu'est-ce qui vous fait le plus peur ? »

« Prenez-vous d'autres produits, même des compléments ou des plantes ? »

Un examen et un bilan qui servent de référence

L'examen avant la première cure sert de référence pour tout le suivi, et il cherche ce qui doit être traité avant. Il note le poids, la taille, l'état général et un score d'autonomie, qui conditionne parfois le protocole lui-même. Selon le protocole, il recherche une atteinte des nerfs préexistante et une atteinte cardiaque, qui servent de point de comparaison.

La bouche s'examine en priorité : les dents et les gencives, un foyer infectieux dentaire devenant dangereux dès que les défenses baissent. Les portes d'entrée se cherchent ensuite : une plaie, une mycose des plis ou des ongles, une lésion anale, et un cathéter déjà en place.

La voie d'abord s'évalue à l'examen : l'état du réseau veineux, le côté à éviter, et la présence d'un curage ganglionnaire, dont le côté conditionne la voie d'abord. À chaque cure suivante, la bouche, le point d'insertion du cathéter et le poids se réexaminent.

Un bilan de référence précède la première cure, et un bilan de sécurité précède chacune des suivantes. Avant la première se dosent la numération, la fonction du rein, le bilan du foie, les sels du sang, et selon le protocole d'autres paramètres. Selon le contexte se demandent les sérologies, un test de grossesse et un bilan cardiaque de référence.

Avant chaque cure se vérifient la numération, et notamment le chiffre des polynucléaires neutrophiles, la fonction du rein et le bilan du foie. Une cure ne se donne pas sans ce contrôle, et son résultat doit parvenir à quelqu'un avant le jour de l'injection.

Le bilan avant chaque cure s'organise en pratique : le lieu du prélèvement, le délai avant la cure, et le destinataire du résultat. Ce destinataire est ce qui manque le plus souvent dans l'organisation, et un bilan fait et non lu ne protège de rien.

« Avant de commencer, je regarde votre bouche, vos dents et vos gencives. »

Les soins associés se prescrivent avant le symptôme

Les soins associés se prescrivent en même temps que la cure, et non après le premier symptôme. Les soins de bouche, les antinauséeux et les soins de la voie d'abord se prescrivent avant que le symptôme apparaisse.

Pour le confort se prescrivent la prévention des nausées et des vomissements, pour l'hôpital et pour le domicile, les soins de bouche débutés avant la cure, et le traitement d'une constipation ou d'une diarrhée. Sans antinauséeux pour le domicile, le patient rappelle dès le lendemain soir. Pour la sécurité se prescrivent le bilan avant chaque cure, les soins de la voie d'abord, et selon le protocole un facteur de croissance des globules blancs.

Autour des cures s'organisent la consultation infirmière du parcours, l'assistante sociale, le transport, l'arrêt de travail, et l'aide à domicile quand elle est nécessaire. Le patient repart avec ses documents : le programme personnalisé de soins, le calendrier des cures, les ordonnances pour le domicile, la carte de traitement, et le numéro d'urgence. À chaque cure se réévaluent la tolérance, le poids et l'état de la bouche.

Une fièvre pendant la baisse des défenses est une urgence

Une fièvre chez un patient qui reçoit une chimiothérapie est une urgence, et c'est le message qui doit être compris avant la sortie. L'urgence se définit par une fièvre, ou des frissons, ou une sensation de malaise inhabituelle, pendant la période où les défenses sont basses, c'est-à-dire quelques jours après la cure.

Un foyer visible peut manquer, et son absence ne rassure pas. Ce qui se fait sans délai : un examen, une numération en urgence, des prélèvements avant tout traitement, et un antibiotique à large spectre le plus tôt possible. Les prélèvements ne retardent pas l'antibiotique, dont le délai est le facteur pronostique le mieux établi.

Ce qui ne se fait pas : attendre le lendemain, donner un antipyrétique et rassurer, ou renvoyer vers une consultation programmée. Chacune de ces réponses allonge le délai avant l'antibiotique.

D'autres situations que la fièvre sont des urgences. Ce sont une réaction pendant la perfusion, des vomissements incoercibles avec impossibilité de boire, une diarrhée profuse, une douleur ou une rougeur au point d'insertion du cathéter, et des signes neurologiques.

Ce qui protège : un numéro joignable jour et nuit, une carte présentée à tout soignant, et un médecin traitant informé. Le numéro joignable jour et nuit fait partie du traitement.

« Si vous avez de la fièvre ou des frissons dans les jours qui suivent la cure, vous appelez ce numéro tout de suite, de jour comme de nuit, sans attendre le lendemain. »

Expliquer ce qui va se passer, et vérifier avant la sortie

Le patient sort avec un traitement qu'il ne connaît pas et une liste de consignes, et ce qu'il en retient décide de sa sécurité. Le déroulement se dit d'abord : le rythme des cures, la durée d'une séance, ce qui se passe pendant, et ce qui suit dans les jours d'après.

Les effets se rangent en 3 catégories : ceux qui sont attendus, ceux qui se préviennent, et ceux qui imposent d'appeler. Distinguer les 3 évite autant les appels inutiles que les retards dangereux.

L'apparence se dit sans attendre la question : la chute des cheveux quand elle est attendue, son délai, et les solutions existantes. C'est une information très fréquemment attendue et rarement donnée spontanément.

Avant la sortie, la vérification porte sur la fièvre : le patient sait ce qu'il fait s'il a de la fièvre, et il redit le numéro et le seuil avec ses mots. Des documents écrits se remettent, avec un temps pour les expliquer : un document remis sans explication est rangé sans être lu.

« Pouvez-vous me redire, avec vos mots, ce que vous faites si vous avez de la fièvre, et quel numéro vous appelez ? »

La sécurité entre 2 cures se joue à la maison

La sécurité entre 2 cures repose sur ce que le patient fait chez lui. Pour la bouche, il apprend des soins pluriquotidiens avec une brosse souple, l'arrêt des bains de bouche alcoolisés, et la surveillance de sa bouche chaque jour.

Pour l'hygiène : le lavage des mains, la cuisson des aliments à risque, l'éviction des personnes malades, et le report d'un vaccin vivant. Pour la voie d'abord : ne pas mouiller le pansement, surveiller la douleur et la rougeur, et appeler devant tout changement.

La fatigue est attendue, et elle n'est pas un signe d'aggravation. Une activité physique adaptée l'améliore, ce qui surprend souvent : les patients supposent l'inverse, et c'est pourquoi le dire compte.

Aucun médicament, complément ou plante ne se prend sans avis, certaines interactions diminuant l'efficacité du traitement. L'entourage reçoit aussi sa part : ce que les proches peuvent faire, et les précautions à la maison quand il y a des enfants. Le soutien se propose, il ne s'attend pas : un accompagnement, une association de patients et un soutien psychologique sont proposés au patient sans qu'il ait à les demander.

« Bougez à votre rythme : une activité adaptée diminue la fatigue, contrairement à ce qu'on croit souvent. »

Ce qui se transmet, et une liste partagée plutôt que la mémoire

Un parcours de chimiothérapie fait intervenir de nombreux soignants, et il tient à une liste partagée. Une liste de vérification, reprise avant chaque première cure, protège mieux que la mémoire de chacun.

Le médecin traitant reçoit le protocole et son rythme, les effets attendus, la conduite à tenir en cas de fièvre, le numéro du service et les traitements associés. Il est souvent le premier appelé, et il doit savoir quoi faire : la conduite en cas de fièvre lui parvient, pas seulement le protocole.

L'infirmière de coordination reçoit ce qui est fait, ce qui reste à organiser, et qui s'en charge. L'infirmière libérale reçoit les soins de la voie d'abord, le rythme des bilans, et le seuil qui doit faire appeler.

Au pharmacien se demandent la vérification des interactions, y compris avec les compléments, et la disponibilité des traitements du domicile. À l'équipe de préservation de la fertilité se demande un rendez-vous rapide, le calendrier étant contraint par la date de la première cure.

« Il reste à obtenir le rendez-vous de préservation de la fertilité avant la date de la première cure : qui s'en charge ? »

« Je transmets au médecin traitant le protocole, mais aussi la conduite à tenir en cas de fièvre et le numéro du service. »

À retenir pour la station

Avant la première injection, demandez le projet parental à tout patient en âge de procréer, sans attendre qu'il en parle, et réglez la contraception, la consultation dentaire et la voie d'abord avec son délai. Regardez la bouche. Prescrivez les antinauséeux pour le domicile et les soins de bouche avant la cure, et nommez qui lit le bilan d'avant chaque cure. Une fièvre pendant la baisse des défenses est une urgence : le patient le sait, redit le numéro et le seuil, et repart avec sa carte. Transmettez au médecin traitant la conduite en cas de fièvre, pas seulement le protocole.

S'entraîner sur cette situation

Ce que chacune fait travailler, et le temps qu'elle prend.

Sources

  1. 1

    Cancérologie

    Collège national des enseignants en cancérologie (CNEC). 4e édition actualisée, R2C (Éditions Med-Line, collection Référentiels EDN, R2C).

    Passages utilisés : Item 294 ; Item 295

    Appuie : Stratégie de prise en charge, Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Urgence vitale, Annonce et information, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 294 ; Item 295 ; Item 191

    Appuie : Stratégie de prise en charge, Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Urgence vitale, Annonce et information, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle