Aller au contenu
Toutes les fiches

Fiche de révision

Prescrire des soins associés à l'initiation d'une chimiothérapie

Tout ce qui entoure une première cure, et qui décide de la sécurité des mois suivants.

Situation de départ 254Catégorie IIIItem R2C 294Item R2C 295Item R2C 191

Entretien et interrogatoire

⚠️ Avant une première cure, l'entretien porte moins sur la maladie que sur la vie qui va devoir continuer autour d'elle.

⚠️ Ce qui se demande et qui ne se rattrape pas : le projet parental, ⚠️ à tout patient en âge de procréer, ⚠️ quel que soit son âge apparent ou sa situation de couple. ⚠️ La question se pose avant la première injection, et non lorsqu'elle vient du patient.

⚠️ Ce qui se recueille sur les traitements : tout ce qui est pris, ⚠️ y compris les compléments et les plantes, ⚠️ certaines interactions modifiant l'efficacité du traitement.

⚠️ Ce qui se cherche comme foyer infectieux : la bouche et les dents, ⚠️ la peau, les urines, ⚠️ et un geste dentaire prévu.

⚠️ Ce qui se recueille sur la vie quotidienne : la distance à l'établissement, ⚠️ la possibilité de se déplacer, la présence d'un proche, ⚠️ le travail, et la présence d'enfants.

⚠️ Ce qui se demande sur ce qui a été compris : ce que le patient a retenu de la consultation d'annonce, ⚠️ et ce qu'il redoute le plus. ⚠️ La crainte la plus fréquente n'est presque jamais celle qu'on suppose.

Le piège

Attendre que le patient parle de fertilité. Après la première cure, la question ne se pose plus de la même façon.

À retenir

  • La question du projet parental se pose avant la première injection.
  • Elle se pose à tout patient en âge de procréer, sans présupposé.
  • Les compléments et les plantes font partie des traitements à recenser.
  • Un geste dentaire prévu change le calendrier.
  • La crainte la plus fréquente n'est presque jamais celle qu'on suppose.

En pratique

  • Projet parental abordé
  • Contraception discutée
  • Traitements et compléments recensés
  • Foyers infectieux recherchés
  • État dentaire évalué
  • Distance et transport évalués
  • Entourage identifié
  • Compréhension et craintes explorées

Examen clinique

⚠️ L'examen avant la première cure sert de référence, ⚠️ et cherche ce qui doit être traité avant.

⚠️ Ce qui se note comme référence : le poids, ⚠️ la taille, l'état général, ⚠️ et un score d'autonomie, qui conditionne parfois le protocole lui-même.

⚠️ Ce qui s'examine en priorité : la bouche, ⚠️ les dents, ⚠️ les gencives, un foyer infectieux dentaire devenant dangereux dès que les défenses baissent.

Ce qui se cherche comme porte d'entrée : ⚠️ une plaie, une mycose des plis ou des ongles, ⚠️ une lésion anale, et un cathéter déjà en place.

Ce qui s'évalue pour la voie d'abord : ⚠️ l'état du réseau veineux, ⚠️ le côté à éviter, et la présence d'un curage ganglionnaire.

⚠️ Ce qui se recherche selon le protocole : une atteinte des nerfs préexistante, ⚠️ et une atteinte cardiaque, qui servent de point de comparaison.

⚠️ Ce qui se cherche à chaque cure suivante : la bouche, ⚠️ le point d'insertion du cathéter, et le poids.

À retenir

Regarder la bouche avant la première cure. C'est l'examen le plus rentable et le plus souvent omis.

À retenir

  • L'examen avant la première cure sert de référence pour tout le suivi.
  • Un foyer dentaire devient dangereux dès que les défenses baissent.
  • Le côté d'un curage ganglionnaire conditionne la voie d'abord.
  • Une atteinte des nerfs préexistante se note pour pouvoir la comparer.
  • Bouche, point d'insertion et poids se réexaminent à chaque cure.

En pratique

  • Poids et taille notés
  • État général coté
  • Bouche et dents examinées
  • Portes d'entrée cutanées recherchées
  • Réseau veineux évalué
  • Côté à éviter identifié
  • Examen neurologique de référence fait
  • Évaluation cardiaque selon le protocole

Synthèse paraclinique

⚠️ Un bilan de référence précède la première cure, ⚠️ et un bilan de sécurité précède chacune des suivantes.

⚠️ Ce qui se dose avant la première : la numération, ⚠️ la fonction du rein, le bilan du foie, ⚠️ les sels du sang, et selon le protocole d'autres paramètres.

⚠️ Ce qui se vérifie avant chaque cure : la numération, ⚠️ et notamment le chiffre des polynucléaires neutrophiles, ⚠️ la fonction du rein, et le bilan du foie. ⚠️ Une cure ne se donne pas sans ce contrôle, et son résultat doit parvenir à quelqu'un avant le jour de l'injection.

⚠️ Ce qui s'organise en pratique : le lieu du prélèvement, ⚠️ le délai avant la cure, ⚠️ et le destinataire du résultat. ⚠️ Un bilan fait et non lu ne protège de rien.

⚠️ Ce qui se demande selon le contexte : les sérologies, ⚠️ un test de grossesse, et un bilan cardiaque de référence.

⚠️ Ce qui se contrôle devant une fièvre : la numération en urgence, ⚠️ et des prélèvements avant tout traitement, sans que ceux-ci ne retardent l'antibiotique.

À retenir

Nommer le destinataire du bilan pré-cure. C'est ce qui manque le plus souvent dans l'organisation.

À retenir

  • Un bilan de référence avant la première cure, un bilan de sécurité avant chacune.
  • Une cure ne se donne pas sans contrôle de la numération.
  • Le résultat doit parvenir à quelqu'un avant le jour de l'injection.
  • Un bilan fait et non lu ne protège de rien.
  • Devant une fièvre, les prélèvements ne retardent pas l'antibiotique.

En pratique

  • Bilan de référence prescrit
  • Bilan avant chaque cure prescrit
  • Lieu du prélèvement précisé
  • Délai avant la cure précisé
  • Destinataire du résultat nommé
  • Test de grossesse selon le contexte
  • Bilan cardiaque de référence si besoin
  • Conduite biologique devant une fièvre écrite

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie du bilan initial et de l'évaluation de la réponse relève des situations de départ correspondantes. Elle n'intervient pas dans la prescription des soins associés.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic et la décision de traitement sont acquis quand se posent les soins associés. Le raisonnement diagnostique relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

⚠️ Une fièvre chez un patient qui reçoit une chimiothérapie est une urgence, ⚠️ et c'est le message qui doit être compris avant la sortie.

⚠️ Ce qui définit l'urgence : une fièvre, ⚠️ ou des frissons, ou une sensation de malaise inhabituelle, ⚠️ pendant la période où les défenses sont basses, c'est-à-dire quelques jours après la cure. ⚠️ Il n'y a pas toujours de foyer visible, et l'absence de foyer ne rassure pas.

⚠️ Ce qui se fait sans délai : un examen, ⚠️ une numération en urgence, ⚠️ des prélèvements, et un antibiotique à large spectre le plus tôt possible. ⚠️ Le délai avant l'antibiotique est le facteur pronostique le mieux établi.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : attendre le lendemain, ⚠️ donner un antipyrétique et rassurer, ou renvoyer vers une consultation programmée.

⚠️ Les autres urgences : une réaction pendant la perfusion, ⚠️ des vomissements incoercibles avec impossibilité de boire, une diarrhée profuse, ⚠️ une douleur ou une rougeur au point d'insertion du cathéter, et des signes neurologiques.

⚠️ Ce qui protège : un numéro joignable jour et nuit, ⚠️ une carte présentée à tout soignant, et un médecin traitant informé.

Urgence

Fièvre ou frissons après une cure : consultation immédiate, numération, prélèvements, antibiotique sans attendre le résultat.

À retenir

  • Une fièvre chez un patient sous chimiothérapie est une urgence.
  • L'absence de foyer visible ne rassure pas.
  • Le délai avant l'antibiotique est le facteur pronostique le mieux établi.
  • On n'attend jamais le lendemain, et on ne se contente jamais d'un antipyrétique.
  • Un numéro joignable jour et nuit fait partie du traitement.

En pratique

  • Seuil de fièvre donné au patient
  • Consigne de consultation immédiate donnée
  • Numéro jour et nuit remis
  • Carte de traitement remise
  • Médecin traitant informé de la conduite
  • Antibiotique sans délai organisé
  • Autres signes d'urgence expliqués
  • Compréhension vérifiée avant la sortie

Stratégie de prise en charge

⚠️ Les soins associés se prescrivent en même temps que la cure, ⚠️ et non après le premier symptôme.

⚠️ Ce qui se décide avant la première injection : la préservation de la fertilité, ⚠️ la contraception, ⚠️ la consultation dentaire, et la pose de la voie d'abord, ⚠️ dont le délai de cicatrisation doit être compté.

⚠️ Ce qui se prescrit pour le confort : la prévention des nausées et des vomissements, ⚠️ pour l'hôpital et pour le domicile, ⚠️ les soins de bouche débutés avant la cure, et le traitement d'une constipation ou d'une diarrhée.

⚠️ Ce qui se prescrit pour la sécurité : le bilan avant chaque cure, ⚠️ les soins de la voie d'abord, et selon le protocole un facteur de croissance des globules blancs.

⚠️ Ce qui s'organise autour : la consultation infirmière du parcours, ⚠️ l'assistante sociale, ⚠️ le transport, l'arrêt de travail, ⚠️ et l'aide à domicile quand elle est nécessaire.

⚠️ Ce qui se remet au patient : le programme personnalisé de soins, ⚠️ le calendrier des cures, les ordonnances pour le domicile, ⚠️ la carte de traitement, et le numéro d'urgence.

⚠️ Ce qui se réévalue à chaque cure : la tolérance, ⚠️ le poids, et l'état de la bouche.

À retenir

Prescrire les antinauséeux pour le domicile. Le patient rappelle le lendemain soir sinon.

À retenir

  • Les soins associés se prescrivent en même temps que la cure.
  • Le délai de cicatrisation de la voie d'abord se compte dans le calendrier.
  • Les antinauséeux se prescrivent aussi pour le domicile.
  • Les soins de bouche débutent avant la cure.
  • Le patient repart avec le calendrier, les ordonnances, la carte et le numéro.

En pratique

  • Fertilité et contraception réglées
  • Consultation dentaire organisée
  • Voie d'abord programmée avec son délai
  • Antinauséeux prescrits pour l'hôpital et le domicile
  • Soins de bouche prescrits
  • Bilan avant chaque cure prescrit
  • Volet social et transport organisés
  • Documents remis au patient

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La pose et l'utilisation d'une voie veineuse centrale relèvent des situations de départ correspondantes et ne font pas partie des gestes attendus ici.

Annonce et information

⚠️ Le patient sort avec un traitement qu'il ne connaît pas et une liste de consignes, ⚠️ et ce qu'il en retient décide de sa sécurité.

⚠️ Ce qui se dit sur le déroulement : le rythme des cures, ⚠️ la durée d'une séance, ce qui se passe pendant, ⚠️ et ce qui suit dans les jours d'après.

⚠️ Ce qui se dit sur les effets : ceux qui sont attendus, ⚠️ ceux qui se préviennent, ⚠️ et ceux qui imposent d'appeler. ⚠️ Distinguer les trois évite autant les appels inutiles que les retards dangereux.

⚠️ Ce qui se dit sur la fertilité : explicitement, ⚠️ avant la première cure, ⚠️ et sans supposer ce que la personne souhaite.

⚠️ Ce qui se dit sur l'apparence : la chute des cheveux quand elle est attendue, ⚠️ son délai, et les solutions existantes, ⚠️ information très fréquemment attendue et rarement donnée spontanément.

⚠️ Ce qui se vérifie avant la sortie : que le patient sait ce qu'il fait s'il a de la fièvre, ⚠️ et qu'il redit le numéro et le seuil avec ses mots.

Ce qui se remet : ⚠️ des documents écrits, ⚠️ et un temps pour les expliquer.

Le piège

Remettre le programme de soins sans temps d'explication. Il ne sera pas lu, et la consigne de fièvre non plus.

À retenir

  • Distinguer effets attendus, effets évitables et effets qui imposent d'appeler.
  • La fertilité s'aborde explicitement, sans supposer ce que la personne souhaite.
  • La chute des cheveux est attendue par les patients et rarement abordée spontanément.
  • Avant la sortie, le patient redit le seuil et le numéro avec ses mots.
  • Un document remis sans explication est rangé sans être lu.

En pratique

  • Déroulement des cures expliqué
  • Effets attendus expliqués
  • Effets évitables expliqués
  • Signes imposant d'appeler expliqués
  • Fertilité abordée explicitement
  • Chute des cheveux abordée
  • Reformulation de la conduite en cas de fièvre obtenue
  • Documents remis et expliqués

Éducation et prévention

⚠️ La sécurité entre deux cures repose sur ce que le patient fait chez lui.

⚠️ Ce qui s'apprend sur la bouche : des soins pluriquotidiens, ⚠️ une brosse souple, ⚠️ l'arrêt des bains de bouche alcoolisés, et la surveillance quotidienne.

⚠️ Ce qui s'apprend sur l'hygiène : le lavage des mains, ⚠️ la cuisson des aliments à risque, ⚠️ l'éviction des personnes malades, et le report d'un vaccin vivant.

⚠️ Ce qui s'apprend sur la voie d'abord : ne pas mouiller le pansement, ⚠️ surveiller la douleur et la rougeur, ⚠️ et appeler devant tout changement.

⚠️ Ce qui se dit sur la fatigue : qu'elle est attendue, ⚠️ qu'elle n'est pas un signe d'aggravation, ⚠️ et qu'une activité physique adaptée l'améliore, ce qui surprend souvent.

⚠️ Ce qui se dit sur l'automédication : qu'aucun médicament, complément ou plante ne se prend sans avis, ⚠️ certaines interactions diminuant l'efficacité du traitement.

⚠️ Ce qui se dit sur l'entourage : ce que les proches peuvent faire, ⚠️ et les précautions à la maison quand il y a des enfants.

⚠️ Ce qui se propose : un accompagnement, ⚠️ une association de patients, et un soutien psychologique, ⚠️ proposés et non attendus.

À retenir

Dire qu'une activité physique adaptée diminue la fatigue. Les patients supposent l'inverse.

À retenir

  • Les soins de bouche sont pluriquotidiens et se surveillent chaque jour.
  • Un vaccin vivant se reporte.
  • La fatigue est attendue, et une activité adaptée l'améliore.
  • Aucun complément ni plante sans avis : certaines interactions diminuent l'efficacité.
  • Le soutien se propose, il ne s'attend pas.

En pratique

  • Soins de bouche appris
  • Règles d'hygiène expliquées
  • Vaccins vivants reportés
  • Surveillance de la voie d'abord apprise
  • Fatigue expliquée
  • Activité physique encouragée
  • Automédication déconseillée
  • Soutien et association proposés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Un parcours de chimiothérapie fait intervenir une dizaine de personnes, ⚠️ et il tient à une liste partagée.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le protocole et son rythme, ⚠️ les effets attendus, la conduite à tenir en cas de fièvre, ⚠️ le numéro du service, et les traitements associés. ⚠️ Il est souvent le premier appelé, et il doit savoir quoi faire.

Ce qui se transmet à l'infirmière de coordination : ⚠️ ce qui est fait, ⚠️ ce qui reste à organiser, et qui s'en charge.

Ce qui se transmet à l'infirmière libérale : ⚠️ les soins de la voie d'abord, ⚠️ le rythme des bilans, et le seuil qui doit faire appeler.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ la vérification des interactions, ⚠️ y compris avec les compléments, et la disponibilité des traitements du domicile.

⚠️ Ce qui se demande à l'équipe de préservation de la fertilité : un rendez-vous rapide, ⚠️ le calendrier étant contraint par la date de la première cure.

⚠️ Et ce qui protège le mieux : une liste de vérification partagée, ⚠️ relue avant chaque première cure, plutôt que la mémoire de chacun.

À retenir

Envoyer au médecin traitant la conduite à tenir en cas de fièvre, pas seulement le protocole.

À retenir

  • Le médecin traitant est souvent le premier appelé et doit savoir quoi faire.
  • L'infirmière libérale reçoit les soins, le rythme des bilans et le seuil d'appel.
  • Le pharmacien vérifie les interactions, compléments inclus.
  • Le rendez-vous de préservation de la fertilité est contraint par la date de la cure.
  • Une liste de vérification partagée protège mieux que la mémoire de chacun.

En pratique

  • Protocole et rythme transmis
  • Conduite en cas de fièvre transmise
  • Numéro du service transmis
  • Coordination informée de ce qui reste ouvert
  • Infirmière libérale informée
  • Pharmacien sollicité sur les interactions
  • Rendez-vous de fertilité demandé en urgence relative
  • Liste de vérification relue

Sources

  • R2C, item 294 : Traitement des cancers : principales modalités, classes thérapeutiques et leurs complications majeures. La décision thérapeutique pluridisciplinaire et l'information du malade
  • R2C, item 295 : Prise en charge et accompagnement d'un malade atteint de cancer en abordant les problématiques techniques, relationnelles, sociales et éthiques. Traitements symptomatiques. Modalités de surveillance.
  • R2C, item 191 : Fièvre chez un patient immunodéprimé
  • Collège national des enseignants de cancérologie, chapitres sur les soins de support et les complications des traitements
  • Recommandations en vigueur sur les soins de support en oncologie, la neutropénie fébrile et la préservation de la fertilité. La date de la version consultée fait partie de la source