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Fiche de révision

Prescrire un hypnotique / anxiolytique

Un traitement utile quelques semaines, qui devient un problème dès qu'il devient une habitude.

Situation de départ 256Catégorie IIIItem R2C 74Item R2C 110Item R2C 66

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une demande de somnifère n'est presque jamais une demande de sommeil, ⚠️ elle est une demande de soulagement, et il faut savoir de quoi.

⚠️ Ce qui se fait décrire d'abord : l'heure du coucher, ⚠️ l'heure du lever, ⚠️ le temps passé au lit, ⚠️ et le temps réellement dormi. ⚠️ L'écart entre les deux est le premier élément du diagnostic, et personne ne le mesure.

⚠️ Ce qui se demande sur la journée : les siestes, ⚠️ l'activité, la lumière, ⚠️ l'isolement, et l'occupation des soirées.

⚠️ Ce qui se cherche comme cause : une douleur, ⚠️ une envie fréquente d'uriner, des ronflements avec des pauses respiratoires, ⚠️ des jambes agitées, ⚠️ un trouble de l'humeur, une anxiété, ⚠️ un deuil, et un médicament.

⚠️ Ce qui se recueille sur le traitement en cours : depuis quand, ⚠️ pour quel motif initial, ⚠️ et surtout s'il y a eu une tentative d'arrêt, comment elle s'est passée, ⚠️ et ce que le patient en a conclu.

⚠️ Ce qui se recherche comme consommation associée : l'alcool, ⚠️ d'autres calmants, et des produits achetés seul.

⚠️ Ce qui se demande à un patient qui demande un anxiolytique : ce qui l'angoisse, ⚠️ depuis quand, ⚠️ si l'angoisse survient par crises ou en permanence, et ce qu'il a déjà essayé. ⚠️ Une anxiété permanente depuis des mois relève d'une prise en charge de fond, et non d'un calmant à la demande.

Le piège

Renouveler sans avoir demandé combien d'heures le patient passe au lit. La réponse change souvent la consultation.

À retenir

  • Une demande de somnifère est une demande de soulagement, et il faut savoir de quoi.
  • L'écart entre temps au lit et temps dormi est le premier élément du diagnostic.
  • Des pauses respiratoires pendant le sommeil changent complètement la conduite.
  • Une tentative d'arrêt antérieure et sa conclusion se recueillent toujours.
  • L'alcool et les autres calmants se cherchent nommément.

En pratique

  • Heures de coucher et de lever recueillies
  • Temps réellement dormi estimé
  • Siestes et activité de la journée explorées
  • Douleur et besoin d'uriner recherchés
  • Ronflements et pauses respiratoires recherchés
  • Humeur et anxiété évaluées
  • Tentative d'arrêt antérieure explorée
  • Alcool et autres calmants recherchés

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche une cause traitable, ⚠️ et il cherche les effets du traitement déjà pris.

Ce qui se cherche comme cause : ⚠️ une insuffisance cardiaque, ⚠️ une maladie respiratoire, un gros cou et une surcharge pondérale évoquant des pauses respiratoires, ⚠️ une douleur chronique, et un trouble de la prostate.

⚠️ Ce qui se cherche comme effet du traitement chez la personne âgée : un trouble de l'équilibre, ⚠️ une lenteur, ⚠️ une somnolence diurne, un trouble de la mémoire récente, ⚠️ et des traces de chute. ⚠️ Ces effets sont attribués à l'âge alors qu'ils sont attribuables au médicament, et ils régressent souvent à l'arrêt.

⚠️ Ce qui s'évalue sur le plan psychique : l'humeur, ⚠️ l'anxiété, le retentissement sur la vie, ⚠️ et les idées noires, qui se demandent explicitement.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ la pression artérielle couchée et debout, et l'équilibre.

⚠️ Ce qui se réexamine à chaque contrôle : l'équilibre, ⚠️ et la vigilance dans la journée.

⚠️ Ce qui se demande au proche présent, avec l'accord du patient : ce qu'il observe le soir et au réveil, ⚠️ l'existence de ronflements et de pauses respiratoires, et un changement de comportement. ⚠️ Le conjoint voit ce que le patient ne peut pas voir, et c'est souvent lui qui décrit le premier une somnolence anormale.

À retenir

Chez une personne âgée qui ralentit sous benzodiazépine, penser au médicament avant de penser à l'âge.

À retenir

  • Un gros cou et une surcharge pondérale évoquent des pauses respiratoires.
  • Lenteur, somnolence et troubles de la mémoire sont attribués à l'âge à tort.
  • Ces effets régressent souvent à l'arrêt du traitement.
  • Les idées noires se demandent explicitement.
  • L'équilibre et la vigilance se réexaminent à chaque contrôle.

En pratique

  • Causes cardiaques et respiratoires recherchées
  • Signes de pauses respiratoires recherchés
  • Douleur chronique recherchée
  • Équilibre testé
  • Somnolence diurne évaluée
  • Mémoire récente évaluée
  • Humeur et idées noires explorées
  • Pression couchée et debout mesurée

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'est nécessaire à la prescription d'un hypnotique ou d'un anxiolytique. L'exploration d'un trouble respiratoire du sommeil relève de la situation de départ correspondante.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans cette situation. L'exploration d'un trouble neurologique associé relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions avant de prescrire ou de renouveler, ⚠️ et la première suffit souvent.

⚠️ Y a-t-il une insomnie : ⚠️ un temps de sommeil normal chez quelqu'un qui passe 10 heures au lit n'est pas une insomnie, ⚠️ et une croyance sur la durée nécessaire de sommeil en est la cause fréquente. ⚠️ La quantité de sommeil diminue avec l'âge, et c'est normal.

⚠️ Y a-t-il une cause : une douleur, ⚠️ une dépression, ⚠️ une anxiété, un trouble respiratoire du sommeil, ⚠️ un médicament, une consommation d'alcool. ⚠️ Un somnifère donné sur une dépression traite le symptôme et laisse la maladie.

⚠️ Le traitement en cours est-il encore justifié : ⚠️ question qui ne se pose jamais lors d'un renouvellement, et qui est la seule utile.

⚠️ Ce qui doit alerter : une demande de dose croissante, ⚠️ plusieurs prescripteurs, une prise dans la journée, ⚠️ une association à l'alcool, et une anxiété qui ne cède qu'avec le comprimé.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une insomnie qui persiste malgré le traitement, ⚠️ et une somnolence diurne, ⚠️ qui évoquent un trouble respiratoire du sommeil.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une insomnie de rebond après un arrêt prouve la nécessité du traitement.

Le piège

Traiter une insomnie qui n'en est pas une. Le premier outil est un agenda du sommeil, pas une ordonnance.

À retenir

  • Un temps de sommeil normal chez quelqu'un qui passe 10 heures au lit n'est pas une insomnie.
  • La quantité de sommeil diminue avec l'âge, et c'est normal.
  • Un somnifère donné sur une dépression traite le symptôme et laisse la maladie.
  • La question du maintien du traitement ne se pose jamais au renouvellement.
  • Une insomnie de rebond ne prouve pas la nécessité du traitement.

En pratique

  • Réalité de l'insomnie établie
  • Croyance sur la durée nécessaire explorée
  • Cause organique recherchée
  • Dépression et anxiété recherchées
  • Trouble respiratoire du sommeil évoqué
  • Justification du traitement en cours réexaminée
  • Signes de mésusage recherchés
  • Agenda du sommeil proposé

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La prescription d'un hypnotique ou d'un anxiolytique ne constitue pas une urgence vitale. L'intoxication aiguë et le sevrage compliqué relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une prescription se juge à sa date de fin, ⚠️ écrite le jour où elle commence.

⚠️ Quand la prescription est justifiée : la durée la plus courte, ⚠️ la dose la plus faible, ⚠️ une date d'arrêt écrite, et un rendez-vous de réévaluation fixé. ⚠️ Une prescription sans terme devient un traitement chronique en quelques mois.

⚠️ Ce qui se prescrit en même temps : les mesures de comportement, ⚠️ qui sont le traitement de fond, et non un accessoire.

⚠️ Quand le traitement dure déjà : la diminution se propose, ⚠️ elle ne s'impose pas. ⚠️ Elle est progressive, ⚠️ par paliers espacés, avec un calendrier écrit, ⚠️ et une possibilité annoncée de revenir en arrière. ⚠️ Un arrêt brutal expose à une insomnie de rebond, à une anxiété majeure et à des convulsions.

⚠️ Ce qui augmente les chances : un rendez-vous rapproché, ⚠️ un accord obtenu et non une injonction, et le traitement de la cause.

⚠️ Ce qui se propose à la place : une prise en charge de l'anxiété ou de l'humeur, ⚠️ une psychothérapie, et des mesures de sommeil.

⚠️ Ce qui se réévalue : à chaque consultation, ⚠️ la question du maintien, et non seulement la dose.

⚠️ Ce qui se décide en cas d'échec d'une diminution : revenir au palier précédent, ⚠️ et non abandonner le projet. ⚠️ Un palier trop rapide se corrige, et une nouvelle tentative après quelques semaines réussit souvent. ⚠️ Le renoncement définitif après un échec est plus fréquent que l'échec lui-même.

À retenir

Écrire la date d'arrêt sur la première ordonnance. C'est la seule mesure qui empêche la chronicité.

À retenir

  • Une prescription se juge à sa date de fin, écrite le jour où elle commence.
  • Les mesures de comportement sont le traitement de fond, pas un accessoire.
  • La diminution se propose, elle ne s'impose pas.
  • Un arrêt brutal expose au rebond, à l'anxiété majeure et aux convulsions.
  • À chaque consultation, on réévalue le maintien, pas seulement la dose.

En pratique

  • Indication réévaluée
  • Durée la plus courte fixée
  • Date d'arrêt écrite
  • Mesures de comportement prescrites
  • Diminution proposée et non imposée
  • Calendrier de paliers écrit
  • Possibilité de revenir en arrière annoncée
  • Rendez-vous rapproché fixé

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. L'enregistrement du sommeil relève de la situation de départ correspondante.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information sur le traitement et sa diminution est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce domaine porte la situation, ⚠️ et il se joue sur trois phrases.

⚠️ La première défait un malentendu : les mauvaises nuits qui suivent un arrêt brutal sont un effet de l'arrêt, ⚠️ et non la preuve que le médicament est nécessaire. ⚠️ Beaucoup de patients ont fait cette expérience et en ont tiré la conclusion inverse.

⚠️ La deuxième corrige une croyance : le temps passé au lit n'est pas le temps de sommeil. ⚠️ Rester au lit pour rattraper aggrave l'insomnie, ⚠️ et réduire le temps au lit avec une heure de lever fixe est la mesure la plus efficace.

⚠️ La troisième ouvre une porte : on ne retire rien de force, ⚠️ et le patient pourra revenir si la diminution se passe mal. ⚠️ Cette phrase obtient un accord qu'aucun argument n'obtient.

⚠️ Ce qui s'explique sur les risques : les chutes, ⚠️ la mémoire, ⚠️ la somnolence, la conduite automobile, ⚠️ et l'association à l'alcool. ⚠️ Personne ne les a souvent expliqués.

⚠️ Ce qui se propose concrètement : des horaires réguliers, ⚠️ la suppression ou le raccourcissement de la sieste, une activité en journée, ⚠️ le lever en cas de réveil prolongé, et la lumière du matin.

⚠️ Ce qui se remet : un agenda du sommeil, ⚠️ et le calendrier de diminution.

⚠️ Ce qui se dit sur le délai : que le sommeil met plusieurs semaines à se réorganiser après une diminution, ⚠️ que les premières nuits sont les plus difficiles, et que ce n'est pas un échec. ⚠️ Un patient prévenu de cette difficulté la traverse, un patient surpris reprend le comprimé dès la deuxième nuit.

À retenir

Dire au patient qu'il pourra revenir si la diminution se passe mal. C'est ce qui la rend possible.

À retenir

  • Les mauvaises nuits d'un arrêt brutal sont un effet de l'arrêt, pas une preuve de besoin.
  • Rester au lit pour rattraper aggrave l'insomnie.
  • Une heure de lever fixe est la mesure la plus efficace.
  • Annoncer qu'on ne retire rien de force obtient l'accord.
  • Chutes, mémoire, somnolence et conduite n'ont souvent jamais été expliquées.

En pratique

  • Rebond expliqué
  • Croyance sur le temps au lit corrigée
  • Heure de lever fixe convenue
  • Porte de sortie annoncée
  • Risques expliqués
  • Conduite automobile abordée
  • Mesures de comportement remises
  • Agenda du sommeil remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ces traitements se reconduisent parce que personne n'a écrit pourquoi ils avaient commencé.

Ce qui s'écrit lors de la première prescription : ⚠️ le motif, ⚠️ la durée prévue, la date d'arrêt, ⚠️ et la date de réévaluation.

Ce qui s'écrit lors d'un renouvellement : ⚠️ la raison du maintien, ⚠️ ou le plan de diminution, avec ses paliers et ses dates.

Ce qui se transmet lors d'une hospitalisation : ⚠️ le traitement en cours, ⚠️ et le fait qu'un arrêt brutal expose à un sevrage, information sans laquelle il est interrompu à l'admission.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le repérage d'un renouvellement anticipé, ⚠️ d'une délivrance par plusieurs prescripteurs, et l'accompagnement de la diminution.

Ce qui se transmet au psychiatre ou au psychologue : ⚠️ le motif initial, ⚠️ ce qui a été essayé, et l'objectif convenu avec le patient.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « renouvellement à l'identique ». ⚠️ Cette ligne est la raison pour laquelle ces traitements durent des années, et elle engage celui qui la signe.

Le piège

Laisser interrompre brutalement une benzodiazépine à l'entrée à l'hôpital. Le sevrage suit dans les jours qui viennent.

À retenir

  • Ces traitements durent parce que personne n'a écrit pourquoi ils avaient commencé.
  • Un renouvellement écrit sa raison, ou son plan de diminution.
  • Sans transmission, le traitement est interrompu brutalement à l'admission.
  • Le pharmacien repère les renouvellements anticipés et les prescripteurs multiples.
  • Renouvellement à l'identique engage celui qui le signe.

En pratique

  • Motif initial écrit
  • Durée et date d'arrêt écrites
  • Raison du maintien écrite
  • Plan de diminution daté
  • Traitement transmis en cas d'hospitalisation
  • Risque de sevrage signalé
  • Pharmacien associé
  • Correspondant psychiatrique informé

Sources

  • R2C, item 74 : Prescription et surveillance des psychotropes
  • R2C, item 110 : Troubles du sommeil
  • R2C, item 66 : Diagnostiquer : trouble dépressif, trouble anxieux généralisé (TAG), trouble panique, trouble phobique, trouble obsessionnel compulsif (TOC), état de stress post-traumatique (PTSD), trouble de l'adaptation, trouble de la personnalité.
  • Collège national des universitaires de psychiatrie, chapitres sur les psychotropes et les troubles du sommeil
  • Recommandations en vigueur sur l'arrêt des benzodiazépines et apparentés et sur la prise en charge de l'insomnie chronique. La date de la version consultée fait partie de la source