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Fiche de révision

Prévention de la douleur liée aux soins

Une douleur provoquée par le soin lui-même, prévisible et donc évitable, à condition d'être anticipée.

Situation de départ 258Catégorie IIIItem R2C 135Item R2C 137Item R2C 138

Entretien et interrogatoire

⚠️ La question la plus utile avant un soin est celle du soin précédent.

⚠️ Ce qui se demande : comment le dernier soin s'est passé, ⚠️ ce qui a fait mal exactement, ⚠️ à quel moment, et ce qui a aidé. ⚠️ Un patient sait mieux que quiconque ce qui a marché, et on ne le lui demande presque jamais.

⚠️ Ce qui se distingue : la douleur du soin, ⚠️ et la douleur de fond entre les soins. ⚠️ Ce sont deux chiffres différents, et ils appellent deux traitements différents.

⚠️ Ce qui se cherche et qui fait partie de la douleur : l'appréhension, ⚠️ le sommeil de la nuit précédente, ⚠️ et le souvenir d'un geste raté. ⚠️ Un patient qui appréhende ressent davantage, et cela ne relève pas d'une réassurance mais d'une organisation.

⚠️ Ce qui se demande chez l'enfant : les gestes antérieurs, ⚠️ ce qui a été dit, le nombre de tentatives, ⚠️ et si l'enfant a été tenu.

⚠️ Ce qui se demande chez une personne qui ne s'exprime pas : ce que l'entourage et l'équipe observent, ⚠️ grimaces, crispation, refus, agitation.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la personne souhaite, ⚠️ être prévenue ou non, regarder ou non, avoir quelqu'un présent ou non.

Le piège

Ne coter que la douleur de fond. Un patient calme entre les soins peut souffrir énormément pendant.

À retenir

  • La question la plus utile avant un soin est celle du soin précédent.
  • Un patient sait ce qui a marché, et on ne le lui demande presque jamais.
  • La douleur du soin et la douleur de fond sont deux chiffres différents.
  • L'appréhension fait partie de la douleur et relève d'une organisation.
  • Chez l'enfant, savoir s'il a été tenu change toute la préparation.

En pratique

  • Déroulement du soin précédent recueilli
  • Moment exact de la douleur identifié
  • Ce qui a aidé recherché
  • Douleur de fond et douleur du soin distinguées
  • Appréhension explorée
  • Gestes antérieurs recueillis chez l'enfant
  • Observations de l'entourage recueillies
  • Préférences de la personne demandées

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche la cause mécanique de la douleur du soin, ⚠️ et elle se corrige souvent sans médicament.

⚠️ Ce qui se regarde sur une plaie : l'adhérence du pansement, ⚠️ l'état des berges, ⚠️ la peau autour, une inflammation, ⚠️ et une infection, qui rendent tout contact douloureux.

⚠️ Ce qui se cherche sur le site d'un geste : une zone déjà ponctionnée, ⚠️ un hématome, un capital veineux pauvre, ⚠️ et une lésion cutanée.

⚠️ Ce qui s'évalue pendant le soin : la douleur, ⚠️ avec un outil adapté, ⚠️ une échelle numérique chez l'adulte communicant, ⚠️ une échelle de visages chez l'enfant, ⚠️ et une échelle d'observation chez la personne qui ne s'exprime pas.

⚠️ Ce qui s'observe chez qui ne peut pas dire : les grimaces, ⚠️ la crispation, le retrait du membre, ⚠️ les cris, et l'agitation à l'approche du soignant.

⚠️ Ce qui se note après : le chiffre obtenu, ⚠️ le moment où la douleur a été maximale, et ce qui a été fait.

⚠️ Ce qui s'examine avant un geste programmé : le site retenu, ⚠️ et un site de remplacement, ⚠️ choisis à l'avance et préparés tous les deux quand un anesthésique de surface est utilisé. ⚠️ Un seul site préparé oblige à piquer une zone qui ne l'est pas dès la première difficulté.

À retenir

Noter le moment de la douleur maximale. C'est lui qui indique quoi changer la fois suivante.

À retenir

  • La cause de la douleur d'un soin est souvent mécanique.
  • Un pansement qui adhère explique à lui seul une douleur intense.
  • L'outil d'évaluation s'adapte à la personne, pas l'inverse.
  • Chez qui ne peut pas dire, on observe grimaces, crispation et retrait.
  • Le moment où la douleur a été maximale se note, pas seulement le chiffre.

En pratique

  • Adhérence du pansement évaluée
  • État des berges et de la peau examiné
  • Infection recherchée
  • Site du geste évalué
  • Outil d'évaluation choisi
  • Douleur cotée pendant le soin
  • Signes d'observation relevés
  • Moment de la douleur maximale noté

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'intervient dans la prévention de la douleur liée aux soins. Le bilan préalable à un antalgique relève de la situation de départ correspondante.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans cette situation. L'exploration de la lésion à l'origine du soin relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est acquis quand se pose la question de la douleur d'un soin. Le raisonnement devant une douleur relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La prévention de la douleur liée aux soins ne constitue pas une urgence vitale. Les complications des antalgiques utilisés relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une prescription pour un soin douloureux comporte une heure, ⚠️ sinon elle ne sert à rien.

⚠️ Ce qui s'écrit : le produit, ⚠️ la voie, ⚠️ et le délai entre la prise et le début du soin, calculé sur le temps d'action. ⚠️ « Si besoin » rattrape une douleur, et ne la prévient jamais.

⚠️ Ce qui se vérifie avant d'écrire : que l'organisation le permet, ⚠️ une infirmière en tournée ne pouvant pas attendre l'effet sur place. ⚠️ Deux solutions existent : la prise par le patient avant l'arrivée, ⚠️ ou le décalage du passage.

⚠️ Ce qui se prescrit selon le geste : un anesthésique local de surface, ⚠️ appliqué le temps indiqué par la notice, un mélange gazeux inhalé quand la structure le permet, ⚠️ et un antalgique de secours.

⚠️ Ce qui se décide avec la personne : le moment du soin, ⚠️ sa durée maximale, le nombre de tentatives, ⚠️ et un signal d'arrêt.

⚠️ Ce qui se réévalue : après chaque soin, ⚠️ la stratégie tenant ou non, et ce qu'il faut changer.

⚠️ Ce qui se décide quand un geste n'est pas urgent : le reporter, ⚠️ plutôt que l'imposer, ⚠️ le temps de le préparer correctement.

⚠️ Ce qui se prévoit pour une série de soins : un protocole écrit une fois pour toutes, ⚠️ valable pour chaque passage, et non une décision reprise à chaque fois. ⚠️ Un protocole écrit évite que la qualité du soin dépende de qui passe ce jour-là.

À retenir

Écrire le délai entre la prise et le début du soin. C'est la ligne qui manque presque toujours.

À retenir

  • Une prescription pour un soin douloureux comporte une heure.
  • Si besoin rattrape une douleur et ne la prévient jamais.
  • Une solution qui ignore la tournée du soignant ne sera pas appliquée.
  • Le nombre de tentatives et un signal d'arrêt se décident avec la personne.
  • Un geste non urgent se reporte plutôt que de s'imposer.

En pratique

  • Produit et voie choisis
  • Délai avant le soin écrit
  • Faisabilité vérifiée avec le soignant
  • Anesthésique local prévu si indiqué
  • Antalgique de secours prévu
  • Durée et nombre de tentatives fixés
  • Signal d'arrêt convenu
  • Réévaluation après le soin prévue

Procédure et geste technique

⚠️ Ce qui entoure le geste pèse autant que le produit, ⚠️ et coûte moins cher.

⚠️ Avant : expliquer avec des mots vrais, ⚠️ ne jamais dire que cela ne fera pas mal, ⚠️ appliquer l'anesthésique de surface le temps nécessaire, préparer le matériel hors de la vue, ⚠️ et installer confortablement.

⚠️ La position : assise plutôt qu'allongée quand c'est possible, ⚠️ un enfant sur les genoux de son parent, ⚠️ et jamais une contention de force. ⚠️ Tenir quelqu'un obtient le geste et perd la personne pour les suivants.

⚠️ Pendant : une seule personne qui parle, ⚠️ une distraction adaptée à l'âge, ⚠️ des pauses, un rythme lent, ⚠️ et l'humidification d'un pansement adhérent avant de le retirer.

⚠️ Le matériel : choisi pour ne pas adhérer, ⚠️ et adapté à la taille de la personne.

⚠️ Ce qui rend la personne actrice : un choix laissé sur un détail, ⚠️ et un signal d'arrêt respecté à la lettre. ⚠️ Un signal non respecté une fois ne fonctionne plus jamais.

⚠️ Après : remercier ou féliciter, ⚠️ quel que soit le comportement, ⚠️ coter la douleur, et noter ce qui a fonctionné.

⚠️ Ce qui se fait quand le soin a mal tourné : s'arrêter, ⚠️ le dire, ⚠️ ne pas faire comme si de rien n'était, et convenir avec la personne de ce qui changera la fois suivante. ⚠️ Un soin interrompu et repris autrement vaut mieux qu'un soin terminé de force.

Le piège

Retirer un pansement adhérent sans l'humidifier. C'est la première cause de douleur intense d'un soin de plaie.

À retenir

  • Ne jamais dire que cela ne fera pas mal.
  • Tenir quelqu'un obtient le geste et perd la personne pour les suivants.
  • Une seule personne parle pendant le geste.
  • Un signal d'arrêt non respecté une fois ne fonctionne plus jamais.
  • On félicite quel que soit le comportement, y compris s'il y a eu des pleurs.

En pratique

  • Explication avec des mots vrais
  • Anesthésique de surface appliqué à temps
  • Matériel préparé hors de la vue
  • Position confortable choisie
  • Contention de force écartée
  • Distraction mise en place
  • Signal d'arrêt respecté
  • Douleur cotée et notée après

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information donnée avant un geste est traitée dans les sections procédure et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se passe lors d'un soin décide de ce qui se passera lors des suivants, ⚠️ et ce n'est nulle part plus vrai que chez l'enfant.

⚠️ Ce qui s'explique à l'avance : ce qui va être fait, ⚠️ ce que cela va faire ressentir, ⚠️ combien de temps, et ce qui est prévu pour que cela fasse moins mal. ⚠️ Une information vraie diminue la douleur ressentie, une information rassurante et fausse l'augmente.

⚠️ Ce qui s'apprend au patient qui recevra des soins répétés : prendre son antalgique à l'heure convenue, ⚠️ et non au moment du soin, ⚠️ et le signaler s'il ne l'a pas pris.

⚠️ Ce qui s'explique aux parents : leur rôle pendant le geste, ⚠️ la position qu'ils prennent, ce qu'ils peuvent dire, ⚠️ et le fait qu'ils ne doivent pas promettre qu'il n'y aura pas de douleur.

⚠️ Ce qui se dit sur le report : qu'un geste non urgent peut attendre, ⚠️ et qu'attendre pour bien le préparer n'est pas un renoncement.

⚠️ Ce qui se prévient pour la suite : la peur des soins, ⚠️ en notant dans le carnet ou le dossier ce qui a fonctionné, ⚠️ et en le transmettant à celui qui fera le geste suivant.

⚠️ Ce qui se dit à un patient qui a déjà eu un soin très douloureux : que cela a été reconnu, ⚠️ que ce n'était pas normal, ⚠️ et ce qui sera fait différemment cette fois. ⚠️ Nommer l'épisode précédent vaut mieux que faire comme s'il n'avait pas eu lieu, et c'est ce qui permet au patient d'accepter le soin suivant.

À retenir

Écrire dans le carnet ce qui a marché. C'est le seul moyen que le geste suivant se passe mieux.

À retenir

  • Une information vraie diminue la douleur, une information rassurante et fausse l'augmente.
  • Le patient apprend à prendre son antalgique à l'heure convenue, pas au moment du soin.
  • Les parents reçoivent un rôle précis et la consigne de ne rien promettre.
  • Attendre pour bien préparer un geste non urgent n'est pas un renoncement.
  • Ce qui a fonctionné se note et se transmet à celui qui fera le geste suivant.

En pratique

  • Geste expliqué à l'avance
  • Sensations annoncées honnêtement
  • Durée annoncée
  • Heure de prise apprise au patient
  • Rôle des parents expliqué
  • Promesse d'absence de douleur écartée
  • Possibilité de report expliquée
  • Ce qui a fonctionné noté et transmis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le soin est fait par quelqu'un d'autre que celui qui prescrit, ⚠️ et la prévention de la douleur se joue entre les deux.

Ce qui s'écrit sur l'ordonnance : ⚠️ le produit, ⚠️ le délai avant le soin, la conduite si cela ne suffit pas, ⚠️ et le seuil qui doit faire rappeler.

⚠️ Ce qui se demande au soignant avant d'écrire : son horaire de passage, ⚠️ et ce qui est faisable chez ce patient. ⚠️ Une prescription incompatible avec une tournée ne sera pas appliquée, et personne ne le dira.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ l'outil de cotation retenu, ⚠️ les moments de cotation, le signal d'arrêt convenu, ⚠️ et le nombre de tentatives autorisées.

Ce qui se demande en retour : ⚠️ le chiffre obtenu au dernier soin, ⚠️ et ce qui a été efficace.

Ce qui se transmet à la structure qui accueillera la personne : ⚠️ ce qui a fonctionné, ⚠️ et ce qu'il ne faut pas refaire.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit jamais : « antalgique si douleur avant le soin ». ⚠️ Cette ligne laisse le soignant décider seul de l'heure, et la douleur est déjà là quand il arrive.

À retenir

Demander l'horaire de passage avant d'écrire l'heure de prise. L'ordre inverse ne marche pas.

À retenir

  • La prévention de la douleur se joue entre celui qui prescrit et celui qui fait.
  • Une prescription incompatible avec une tournée ne sera pas appliquée, et personne ne le dira.
  • L'équipe reçoit l'outil, les moments de cotation et le signal d'arrêt.
  • Le chiffre du dernier soin se demande en retour.
  • Antalgique si douleur avant le soin laisse décider seul de l'heure.

En pratique

  • Produit et délai écrits
  • Conduite en cas d'insuffisance écrite
  • Horaire du soignant demandé
  • Faisabilité vérifiée
  • Outil de cotation transmis
  • Signal d'arrêt transmis
  • Nombre de tentatives précisé
  • Retour du soignant demandé

Sources

  • R2C, item 135 : Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses
  • R2C, item 137 : Douleur chez l'enfant : évaluation et traitements antalgiques
  • R2C, item 138 : Douleur chez la personne vulnérable
  • Collège des enseignants de la douleur et Collège national des pédiatres universitaires, chapitres sur la douleur induite par les soins
  • Recommandations en vigueur sur la prévention de la douleur liée aux soins chez l'adulte et chez l'enfant. La date de la version consultée fait partie de la source