Fiche de révision
Prévention de la douleur liée aux soins
Une douleur provoquée par le soin lui-même, prévisible et donc évitable, à condition d'être anticipée.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ La question la plus utile avant un soin est celle du soin précédent.
⚠️ Ce qui se demande : comment le dernier soin s'est passé, ⚠️ ce qui a fait mal exactement, ⚠️ à quel moment, et ce qui a aidé. ⚠️ Un patient sait mieux que quiconque ce qui a marché, et on ne le lui demande presque jamais.
⚠️ Ce qui se distingue : la douleur du soin, ⚠️ et la douleur de fond entre les soins. ⚠️ Ce sont deux chiffres différents, et ils appellent deux traitements différents.
⚠️ Ce qui se cherche et qui fait partie de la douleur : l'appréhension, ⚠️ le sommeil de la nuit précédente, ⚠️ et le souvenir d'un geste raté. ⚠️ Un patient qui appréhende ressent davantage, et cela ne relève pas d'une réassurance mais d'une organisation.
⚠️ Ce qui se demande chez l'enfant : les gestes antérieurs, ⚠️ ce qui a été dit, le nombre de tentatives, ⚠️ et si l'enfant a été tenu.
⚠️ Ce qui se demande chez une personne qui ne s'exprime pas : ce que l'entourage et l'équipe observent, ⚠️ grimaces, crispation, refus, agitation.
⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la personne souhaite, ⚠️ être prévenue ou non, regarder ou non, avoir quelqu'un présent ou non.
À retenir
- La question la plus utile avant un soin est celle du soin précédent.
- Un patient sait ce qui a marché, et on ne le lui demande presque jamais.
- La douleur du soin et la douleur de fond sont deux chiffres différents.
- L'appréhension fait partie de la douleur et relève d'une organisation.
- Chez l'enfant, savoir s'il a été tenu change toute la préparation.
En pratique
- Déroulement du soin précédent recueilli
- Moment exact de la douleur identifié
- Ce qui a aidé recherché
- Douleur de fond et douleur du soin distinguées
- Appréhension explorée
- Gestes antérieurs recueillis chez l'enfant
- Observations de l'entourage recueillies
- Préférences de la personne demandées
Examen clinique
⚠️ L'examen cherche la cause mécanique de la douleur du soin, ⚠️ et elle se corrige souvent sans médicament.
⚠️ Ce qui se regarde sur une plaie : l'adhérence du pansement, ⚠️ l'état des berges, ⚠️ la peau autour, une inflammation, ⚠️ et une infection, qui rendent tout contact douloureux.
⚠️ Ce qui se cherche sur le site d'un geste : une zone déjà ponctionnée, ⚠️ un hématome, un capital veineux pauvre, ⚠️ et une lésion cutanée.
⚠️ Ce qui s'évalue pendant le soin : la douleur, ⚠️ avec un outil adapté, ⚠️ une échelle numérique chez l'adulte communicant, ⚠️ une échelle de visages chez l'enfant, ⚠️ et une échelle d'observation chez la personne qui ne s'exprime pas.
⚠️ Ce qui s'observe chez qui ne peut pas dire : les grimaces, ⚠️ la crispation, le retrait du membre, ⚠️ les cris, et l'agitation à l'approche du soignant.
⚠️ Ce qui se note après : le chiffre obtenu, ⚠️ le moment où la douleur a été maximale, et ce qui a été fait.
⚠️ Ce qui s'examine avant un geste programmé : le site retenu, ⚠️ et un site de remplacement, ⚠️ choisis à l'avance et préparés tous les deux quand un anesthésique de surface est utilisé. ⚠️ Un seul site préparé oblige à piquer une zone qui ne l'est pas dès la première difficulté.
À retenir
- La cause de la douleur d'un soin est souvent mécanique.
- Un pansement qui adhère explique à lui seul une douleur intense.
- L'outil d'évaluation s'adapte à la personne, pas l'inverse.
- Chez qui ne peut pas dire, on observe grimaces, crispation et retrait.
- Le moment où la douleur a été maximale se note, pas seulement le chiffre.
En pratique
- Adhérence du pansement évaluée
- État des berges et de la peau examiné
- Infection recherchée
- Site du geste évalué
- Outil d'évaluation choisi
- Douleur cotée pendant le soin
- Signes d'observation relevés
- Moment de la douleur maximale noté
Synthèse paraclinique
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Une prescription pour un soin douloureux comporte une heure, ⚠️ sinon elle ne sert à rien.
⚠️ Ce qui s'écrit : le produit, ⚠️ la voie, ⚠️ et le délai entre la prise et le début du soin, calculé sur le temps d'action. ⚠️ « Si besoin » rattrape une douleur, et ne la prévient jamais.
⚠️ Ce qui se vérifie avant d'écrire : que l'organisation le permet, ⚠️ une infirmière en tournée ne pouvant pas attendre l'effet sur place. ⚠️ Deux solutions existent : la prise par le patient avant l'arrivée, ⚠️ ou le décalage du passage.
⚠️ Ce qui se prescrit selon le geste : un anesthésique local de surface, ⚠️ appliqué le temps indiqué par la notice, un mélange gazeux inhalé quand la structure le permet, ⚠️ et un antalgique de secours.
⚠️ Ce qui se décide avec la personne : le moment du soin, ⚠️ sa durée maximale, le nombre de tentatives, ⚠️ et un signal d'arrêt.
⚠️ Ce qui se réévalue : après chaque soin, ⚠️ la stratégie tenant ou non, et ce qu'il faut changer.
⚠️ Ce qui se décide quand un geste n'est pas urgent : le reporter, ⚠️ plutôt que l'imposer, ⚠️ le temps de le préparer correctement.
⚠️ Ce qui se prévoit pour une série de soins : un protocole écrit une fois pour toutes, ⚠️ valable pour chaque passage, et non une décision reprise à chaque fois. ⚠️ Un protocole écrit évite que la qualité du soin dépende de qui passe ce jour-là.
À retenir
- Une prescription pour un soin douloureux comporte une heure.
- Si besoin rattrape une douleur et ne la prévient jamais.
- Une solution qui ignore la tournée du soignant ne sera pas appliquée.
- Le nombre de tentatives et un signal d'arrêt se décident avec la personne.
- Un geste non urgent se reporte plutôt que de s'imposer.
En pratique
- Produit et voie choisis
- Délai avant le soin écrit
- Faisabilité vérifiée avec le soignant
- Anesthésique local prévu si indiqué
- Antalgique de secours prévu
- Durée et nombre de tentatives fixés
- Signal d'arrêt convenu
- Réévaluation après le soin prévue
Procédure et geste technique
⚠️ Ce qui entoure le geste pèse autant que le produit, ⚠️ et coûte moins cher.
⚠️ Avant : expliquer avec des mots vrais, ⚠️ ne jamais dire que cela ne fera pas mal, ⚠️ appliquer l'anesthésique de surface le temps nécessaire, préparer le matériel hors de la vue, ⚠️ et installer confortablement.
⚠️ La position : assise plutôt qu'allongée quand c'est possible, ⚠️ un enfant sur les genoux de son parent, ⚠️ et jamais une contention de force. ⚠️ Tenir quelqu'un obtient le geste et perd la personne pour les suivants.
⚠️ Pendant : une seule personne qui parle, ⚠️ une distraction adaptée à l'âge, ⚠️ des pauses, un rythme lent, ⚠️ et l'humidification d'un pansement adhérent avant de le retirer.
⚠️ Le matériel : choisi pour ne pas adhérer, ⚠️ et adapté à la taille de la personne.
⚠️ Ce qui rend la personne actrice : un choix laissé sur un détail, ⚠️ et un signal d'arrêt respecté à la lettre. ⚠️ Un signal non respecté une fois ne fonctionne plus jamais.
⚠️ Après : remercier ou féliciter, ⚠️ quel que soit le comportement, ⚠️ coter la douleur, et noter ce qui a fonctionné.
⚠️ Ce qui se fait quand le soin a mal tourné : s'arrêter, ⚠️ le dire, ⚠️ ne pas faire comme si de rien n'était, et convenir avec la personne de ce qui changera la fois suivante. ⚠️ Un soin interrompu et repris autrement vaut mieux qu'un soin terminé de force.
À retenir
- Ne jamais dire que cela ne fera pas mal.
- Tenir quelqu'un obtient le geste et perd la personne pour les suivants.
- Une seule personne parle pendant le geste.
- Un signal d'arrêt non respecté une fois ne fonctionne plus jamais.
- On félicite quel que soit le comportement, y compris s'il y a eu des pleurs.
En pratique
- Explication avec des mots vrais
- Anesthésique de surface appliqué à temps
- Matériel préparé hors de la vue
- Position confortable choisie
- Contention de force écartée
- Distraction mise en place
- Signal d'arrêt respecté
- Douleur cotée et notée après
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Ce qui se passe lors d'un soin décide de ce qui se passera lors des suivants, ⚠️ et ce n'est nulle part plus vrai que chez l'enfant.
⚠️ Ce qui s'explique à l'avance : ce qui va être fait, ⚠️ ce que cela va faire ressentir, ⚠️ combien de temps, et ce qui est prévu pour que cela fasse moins mal. ⚠️ Une information vraie diminue la douleur ressentie, une information rassurante et fausse l'augmente.
⚠️ Ce qui s'apprend au patient qui recevra des soins répétés : prendre son antalgique à l'heure convenue, ⚠️ et non au moment du soin, ⚠️ et le signaler s'il ne l'a pas pris.
⚠️ Ce qui s'explique aux parents : leur rôle pendant le geste, ⚠️ la position qu'ils prennent, ce qu'ils peuvent dire, ⚠️ et le fait qu'ils ne doivent pas promettre qu'il n'y aura pas de douleur.
⚠️ Ce qui se dit sur le report : qu'un geste non urgent peut attendre, ⚠️ et qu'attendre pour bien le préparer n'est pas un renoncement.
⚠️ Ce qui se prévient pour la suite : la peur des soins, ⚠️ en notant dans le carnet ou le dossier ce qui a fonctionné, ⚠️ et en le transmettant à celui qui fera le geste suivant.
⚠️ Ce qui se dit à un patient qui a déjà eu un soin très douloureux : que cela a été reconnu, ⚠️ que ce n'était pas normal, ⚠️ et ce qui sera fait différemment cette fois. ⚠️ Nommer l'épisode précédent vaut mieux que faire comme s'il n'avait pas eu lieu, et c'est ce qui permet au patient d'accepter le soin suivant.
À retenir
- Une information vraie diminue la douleur, une information rassurante et fausse l'augmente.
- Le patient apprend à prendre son antalgique à l'heure convenue, pas au moment du soin.
- Les parents reçoivent un rôle précis et la consigne de ne rien promettre.
- Attendre pour bien préparer un geste non urgent n'est pas un renoncement.
- Ce qui a fonctionné se note et se transmet à celui qui fera le geste suivant.
En pratique
- Geste expliqué à l'avance
- Sensations annoncées honnêtement
- Durée annoncée
- Heure de prise apprise au patient
- Rôle des parents expliqué
- Promesse d'absence de douleur écartée
- Possibilité de report expliquée
- Ce qui a fonctionné noté et transmis
Communication interprofessionnelle
⚠️ Le soin est fait par quelqu'un d'autre que celui qui prescrit, ⚠️ et la prévention de la douleur se joue entre les deux.
Ce qui s'écrit sur l'ordonnance : ⚠️ le produit, ⚠️ le délai avant le soin, la conduite si cela ne suffit pas, ⚠️ et le seuil qui doit faire rappeler.
⚠️ Ce qui se demande au soignant avant d'écrire : son horaire de passage, ⚠️ et ce qui est faisable chez ce patient. ⚠️ Une prescription incompatible avec une tournée ne sera pas appliquée, et personne ne le dira.
Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ l'outil de cotation retenu, ⚠️ les moments de cotation, le signal d'arrêt convenu, ⚠️ et le nombre de tentatives autorisées.
Ce qui se demande en retour : ⚠️ le chiffre obtenu au dernier soin, ⚠️ et ce qui a été efficace.
Ce qui se transmet à la structure qui accueillera la personne : ⚠️ ce qui a fonctionné, ⚠️ et ce qu'il ne faut pas refaire.
⚠️ Et ce qui ne s'écrit jamais : « antalgique si douleur avant le soin ». ⚠️ Cette ligne laisse le soignant décider seul de l'heure, et la douleur est déjà là quand il arrive.
À retenir
- La prévention de la douleur se joue entre celui qui prescrit et celui qui fait.
- Une prescription incompatible avec une tournée ne sera pas appliquée, et personne ne le dira.
- L'équipe reçoit l'outil, les moments de cotation et le signal d'arrêt.
- Le chiffre du dernier soin se demande en retour.
- Antalgique si douleur avant le soin laisse décider seul de l'heure.
En pratique
- Produit et délai écrits
- Conduite en cas d'insuffisance écrite
- Horaire du soignant demandé
- Faisabilité vérifiée
- Outil de cotation transmis
- Signal d'arrêt transmis
- Nombre de tentatives précisé
- Retour du soignant demandé