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Fiche de révision

Évaluation et prise en charge de la douleur aiguë

Une douleur qu'on mesure avec le bon outil et qu'on traite sans attendre le diagnostic.

Situation de départ 259Catégorie IIIItem R2C 135Item R2C 137Item R2C 134

Entretien et interrogatoire

⚠️ La douleur aiguë s'interroge en même temps qu'on la traite, ⚠️ et non avant.

⚠️ Ce qui se recueille en quelques secondes : l'intensité, ⚠️ le siège, le début, ⚠️ l'évolution, et ce qui l'augmente ou la calme.

⚠️ Ce qui décide de la sécurité du traitement : le poids, ⚠️ les allergies, ⚠️ les traitements en cours, l'heure et la nature d'un antalgique déjà pris, ⚠️ et une maladie du rein ou du foie. ⚠️ Ces quatre questions se posent au téléphone comme au lit du patient, et elles prennent une minute.

⚠️ Ce qui se fait décrire : le type de douleur, ⚠️ une brûlure ou une décharge orientant vers une atteinte nerveuse, qui ne répond pas aux mêmes traitements.

⚠️ Ce qui se cherche chez l'enfant : ce qu'il ne fait plus, ⚠️ jouer, bouger, parler, plutôt que ce qu'il dit.

⚠️ Ce qui se demande à l'entourage : si la personne est comme d'habitude. ⚠️ Un proche qui dit que non apporte une donnée, et non une inquiétude.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la personne attend, ⚠️ et ce qui l'a déjà soulagée.

À retenir

Poids, allergies, traitements en cours, antalgique déjà pris. Une minute, et la décision devient sûre.

À retenir

  • La douleur aiguë s'interroge en même temps qu'on la traite.
  • Quatre questions rendent sûr un traitement décidé à distance.
  • Une brûlure ou une décharge oriente vers une atteinte nerveuse.
  • Chez l'enfant, on cherche ce qu'il ne fait plus, pas ce qu'il dit.
  • Un proche qui dit qu'elle n'est pas comme d'habitude apporte une donnée.

En pratique

  • Intensité cotée d'emblée
  • Siège et évolution recueillis
  • Poids recueilli
  • Allergies recherchées
  • Traitements en cours recensés
  • Antalgique déjà pris recherché
  • Type de douleur caractérisé
  • Entourage interrogé

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche ce qui doit être traité en urgence, ⚠️ et il choisit l'outil de mesure.

⚠️ Ce qui se mesure avec un outil adapté : une échelle numérique chez l'adulte communicant, ⚠️ une échelle de visages chez l'enfant qui répond, ⚠️ et une échelle d'observation du comportement dès que la personne ne s'exprime pas, ou que le chiffre donné ne concorde pas avec ce qu'on voit.

⚠️ Ce qui s'observe et qui vaut un chiffre : l'immobilité, ⚠️ une position antalgique, ⚠️ le désintérêt pour l'environnement, l'expression du visage, ⚠️ et la lenteur des mouvements. ⚠️ Chez l'enfant comme chez la personne âgée, une souffrance prolongée produit du silence, et non des cris.

Ce qui se cherche comme urgence : ⚠️ un trouble vasculaire ou nerveux en aval d'un traumatisme, ⚠️ un abdomen chirurgical, une douleur thoracique, ⚠️ une rétention d'urine, et un fécalome.

Ce qui se note comme référence : ⚠️ le chiffre, ⚠️ l'heure, et l'outil utilisé, ⚠️ la comparaison n'ayant de sens qu'avec le même outil.

⚠️ Ce qui se réexamine après le traitement : la douleur, ⚠️ et la vigilance.

Le piège

Retenir un chiffre bas chez quelqu'un qui ne bouge plus et ne parle plus. Le chiffre est faux.

À retenir

  • L'outil se choisit sur la personne, pas sur son âge inscrit.
  • Un chiffre qui ne concorde pas avec ce qu'on voit se refait autrement.
  • Une souffrance prolongée produit du silence, pas des cris.
  • Le chiffre, l'heure et l'outil se notent ensemble.
  • La comparaison n'a de sens qu'avec le même outil.

En pratique

  • Outil d'évaluation choisi et noté
  • Chiffre et heure relevés
  • Comportement observé
  • Position antalgique repérée
  • Urgence vasculaire ou nerveuse recherchée
  • Rétention et fécalome recherchés
  • Réévaluation après traitement
  • Vigilance surveillée

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'intervient dans l'évaluation d'une douleur aiguë. Le bilan de la cause relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie explore la cause de la douleur et relève des situations de départ correspondantes. Elle ne conditionne jamais l'antalgie.

Stratégie diagnostique

⚠️ Une seule idée fausse explique la plupart des retards : ⚠️ soulager masquerait le diagnostic.

⚠️ Ce qui est établi : l'antalgie ne fait pas disparaître les signes qui comptent, ⚠️ elle ne retarde ni le diagnostic ni la décision chirurgicale, ⚠️ et un patient soulagé se laisse mieux examiner. ⚠️ Cela vaut y compris devant une douleur du ventre.

⚠️ Ce qui se raisonne quand même : le mécanisme, ⚠️ une douleur par lésion des tissus, une douleur d'origine nerveuse, une douleur viscérale, qui n'appellent pas les mêmes classes.

⚠️ Ce qui doit faire chercher une cause traitable : une douleur brutale et maximale d'emblée, ⚠️ une douleur qui ne cède à rien, une douleur disproportionnée par rapport à ce qu'on voit, ⚠️ une rétention, et une ischémie.

⚠️ Ce qui explique un échec apparent : une dose trop faible, ⚠️ un intervalle trop long, ⚠️ une voie inadaptée, un mécanisme non reconnu, ⚠️ et une douleur non couverte entre deux prises.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une personne qui ne se plaint pas ne souffre pas, ⚠️ ni qu'une personne qui réclame exagère.

Le piège

Différer l'antalgie en attendant l'examen du chirurgien. Le retard est constant et le bénéfice nul.

À retenir

  • Soulager ne masque pas, et un patient soulagé s'examine mieux.
  • Cela vaut y compris devant une douleur du ventre.
  • Une douleur disproportionnée fait chercher une cause précise.
  • Un échec apparent vient souvent de la dose, de l'intervalle ou de la voie.
  • Ne pas se plaindre n'est pas ne pas souffrir, et réclamer n'est pas exagérer.

En pratique

  • Antalgie non différée
  • Mécanisme identifié
  • Classe adaptée au mécanisme
  • Causes traitables recherchées
  • Douleur disproportionnée analysée
  • Dose et intervalle vérifiés avant de conclure à un échec
  • Voie réévaluée
  • Absence de plainte interprétée avec prudence

Urgence vitale

⚠️ Une douleur aiguë intense est elle-même une urgence, ⚠️ et elle peut aussi en annoncer une autre.

⚠️ Ce qui se traite sans délai : toute douleur intense, ⚠️ avant l'examen complémentaire, avant l'avis spécialisé, ⚠️ et avant le transfert.

⚠️ Ce qui doit faire chercher une urgence sous-jacente : une douleur thoracique, ⚠️ une douleur abdominale brutale, une douleur d'un membre avec pâleur et froideur, ⚠️ une céphalée en coup de tonnerre, une douleur avec fièvre et confusion, ⚠️ et une douleur d'un membre disproportionnée après un traumatisme.

⚠️ Ce qui se surveille sous antalgique de palier fort : la vigilance, ⚠️ la fréquence respiratoire, la saturation, ⚠️ et la douleur elle-même. ⚠️ La vigilance baisse avant la respiration.

⚠️ Ce qui se prépare : l'antidote quand un opioïde est utilisé, ⚠️ et la conduite écrite en cas de surdosage.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : transférer un patient sans l'avoir soulagé, ⚠️ ni le laisser en salle d'attente à un chiffre élevé.

Urgence

Douleur d'un membre disproportionnée et résistante après un traumatisme : penser au syndrome des loges.

À retenir

  • Une douleur intense se traite avant l'examen, l'avis et le transfert.
  • Certaines douleurs annoncent une urgence propre, et elles sont reconnaissables.
  • Sous opioïde, la vigilance baisse avant la respiration.
  • L'antidote et la conduite en cas de surdosage se préparent d'avance.
  • On ne transfère pas un patient sans l'avoir soulagé.

En pratique

  • Douleur intense traitée sans délai
  • Urgences sous-jacentes recherchées
  • Vigilance surveillée
  • Fréquence respiratoire surveillée
  • Saturation surveillée
  • Antidote disponible
  • Conduite en cas de surdosage écrite
  • Patient soulagé avant transfert

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le traitement se règle sur l'intensité, ⚠️ et non sur l'âge, la cause supposée ou l'habitude du service.

⚠️ Le principe : un palier adapté à l'intensité mesurée, ⚠️ d'emblée, ⚠️ et non par paliers successifs qui font perdre des heures.

⚠️ La méthode : la titration, ⚠️ des doses fractionnées, ⚠️ des réévaluations rapprochées, et une nouvelle dose tant que l'objectif n'est pas atteint et que la surveillance le permet.

⚠️ La voie : celle qui agit dans le délai voulu, ⚠️ la voie veineuse pour une douleur intense, ⚠️ et un jeûne n'interdit que la bouche.

⚠️ Ce qui s'ajoute et qui agit vite : l'immobilisation d'un membre, ⚠️ la surélévation, le froid, ⚠️ une position choisie par la personne, le regroupement des examens, ⚠️ et la présence d'un proche.

⚠️ Ce qui s'écrit : la molécule, ⚠️ la voie, la dose, ⚠️ l'heure de la réévaluation, et le seuil qui fait rappeler.

⚠️ Ce qui se prévoit pour la suite : le relais, ⚠️ une prescription pour le domicile, et le traitement de la cause, ⚠️ qui reste le meilleur antalgique.

⚠️ Ce qui se décide devant une douleur qui ne cède pas malgré une conduite correcte : ⚠️ reconsidérer la cause, ⚠️ et non augmenter indéfiniment. ⚠️ Une douleur résistante à une antalgique bien conduite est un signe clinique, et elle mérite un avis avant une dose supplémentaire.

À retenir

Immobiliser une fracture soulage autant qu'un médicament, et personne ne le prescrit.

À retenir

  • Le palier s'adapte à l'intensité mesurée, d'emblée.
  • Monter les paliers un à un fait perdre des heures.
  • La titration avec réévaluations rapprochées vaut mieux qu'une dose unique.
  • Un jeûne n'interdit que la bouche.
  • Le traitement de la cause reste le meilleur antalgique.

En pratique

  • Palier adapté à l'intensité
  • Titration organisée
  • Voie adaptée au délai voulu
  • Immobilisation et froid prescrits
  • Position et environnement adaptés
  • Heure de réévaluation écrite
  • Seuil d'alerte écrit
  • Relais et traitement de la cause prévus

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Les techniques d'analgésie locale et régionale relèvent des situations de départ correspondantes. Cette situation porte sur l'évaluation et la stratégie.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information donnée au patient et à l'entourage est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qu'on dit d'une douleur change ce que la personne en fait, ⚠️ et ce qu'elle acceptera la prochaine fois.

⚠️ Ce qui se dit avant le traitement : ce qui va être donné, ⚠️ en combien de temps cela agit, ⚠️ et qu'on reviendra vérifier. ⚠️ Annoncer un délai empêche de conclure trop tôt à un échec.

⚠️ Ce qui se dit sur l'objectif : qu'il n'est pas toujours zéro, ⚠️ mais un niveau qui permet de bouger, de respirer et de dormir, et qu'il se fixe avec la personne.

⚠️ Ce qui se demande : de signaler si la douleur revient avant la dose suivante, ⚠️ information qui fait changer l'intervalle, et non la dose.

⚠️ Ce qui se dit aux parents d'un enfant : qu'un enfant calme peut souffrir, ⚠️ que leur observation compte, ⚠️ et ce qu'ils doivent signaler.

⚠️ Ce qui se dit avant la sortie : le traitement à prendre, ⚠️ à quelles heures, ce qui doit faire revenir, ⚠️ et le fait qu'une douleur qui augmente n'est jamais normale.

⚠️ Ce qui se prévient : la peur de réclamer, ⚠️ fréquente, et qui se lève en disant explicitement qu'il faut le dire.

⚠️ Ce qui se dit sur les traitements forts : que leur usage court dans une douleur aiguë n'entraîne pas de dépendance, ⚠️ crainte très répandue, ⚠️ et qui fait refuser un traitement efficace ou en réduire la prise de soi-même.

À retenir

Fixer l'objectif avec la personne : bouger, respirer, dormir. Il est plus utile qu'un chiffre.

À retenir

  • Annoncer un délai d'action empêche de conclure trop tôt à un échec.
  • L'objectif n'est pas toujours zéro, et il se fixe avec la personne.
  • Une douleur qui revient avant la dose suivante fait changer l'intervalle.
  • Les parents doivent savoir qu'un enfant calme peut souffrir.
  • La peur de réclamer se lève en disant explicitement qu'il faut le dire.

En pratique

  • Traitement et délai annoncés
  • Objectif fixé avec la personne
  • Consigne de signaler un retour de la douleur
  • Parents informés du rôle de leur observation
  • Traitement de sortie expliqué
  • Heures de prise précisées
  • Motifs de retour donnés
  • Autorisation explicite de réclamer donnée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une douleur aiguë se traite à plusieurs, ⚠️ et le plus souvent par quelqu'un qui n'a pas vu le patient.

Ce qui se demande avant d'autoriser un antalgique à distance : ⚠️ le poids, ⚠️ les allergies, les traitements en cours, ⚠️ et un antalgique déjà pris. ⚠️ Autoriser sans ces données expose, refuser sans les demander laisse souffrir.

Ce qui se transmet en validant : ⚠️ la molécule et la voie, ⚠️ l'heure de la réévaluation, le seuil qui doit faire rappeler, ⚠️ et le poste où l'on est joignable.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ l'outil de cotation retenu, ⚠️ et le fait qu'il change quand la personne ne s'exprime pas.

⚠️ Ce qui se signale au chirurgien : l'antalgie administrée et son heure, ⚠️ pour qu'il en tienne compte, et non pour lui en demander l'autorisation.

Ce qui s'écrit dans le dossier : ⚠️ le chiffre, l'heure et l'outil, ⚠️ avant et après, et l'effet obtenu.

⚠️ Et ce qui mérite d'être analysé en équipe : un patient resté plusieurs heures sans antalgique, ⚠️ qui relève d'un problème d'organisation, et non d'une faute individuelle.

À retenir

Écrire le chiffre, l'heure et l'outil, avant et après. Sans les trois, la comparaison ne vaut rien.

À retenir

  • Autoriser sans données expose, refuser sans les demander laisse souffrir.
  • Une validation à distance porte une heure, un seuil et un moyen de joindre.
  • L'équipe doit savoir que l'outil change quand la personne ne s'exprime pas.
  • On signale l'antalgie au chirurgien, on ne lui demande pas l'autorisation.
  • Plusieurs heures sans antalgique relèvent d'un problème d'organisation.

En pratique

  • Données de sécurité demandées
  • Molécule et voie transmises
  • Heure de réévaluation donnée
  • Seuil d'alerte donné
  • Poste de joignabilité donné
  • Outil de cotation transmis
  • Chirurgien informé
  • Épisode analysé en équipe si retard

Sources

  • R2C, item 135 : Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses
  • R2C, item 137 : Douleur chez l'enfant : évaluation et traitements antalgiques
  • R2C, item 134 : Bases neurophysiologiques, mécanismes physiopathologiques d'une douleur aiguë et d'une douleur chronique
  • Collège des enseignants de la douleur, Collège de médecine d'urgence et Collège national des pédiatres universitaires, chapitres sur la douleur aiguë
  • Recommandations en vigueur sur l'analgésie aux urgences et sur l'évaluation de la douleur de l'enfant. La date de la version consultée fait partie de la source