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Fiche de révision

Évaluation et prise en charge de la douleur chronique

Une douleur qui a cessé d'être un signal, et dont l'objectif n'est plus la disparition.

Situation de départ 260Catégorie IIIItem R2C 134Item R2C 135Item R2C 138

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première consultation d'une douleur chronique est longue, ⚠️ et son contenu décide de tout le reste.

⚠️ Ce qui se reconstitue : l'histoire depuis le début, ⚠️ les traitements essayés, ⚠️ leurs doses, leur durée, ⚠️ et la raison de leur arrêt. ⚠️ Beaucoup de traitements réputés inefficaces ont été pris trop peu de temps ou à dose insuffisante.

⚠️ Ce qui se caractérise : le type de douleur. ⚠️ Brûlure, décharge, fourmillement, engourdissement, douleur au frôlement orientent vers une atteinte nerveuse, ⚠️ et un questionnaire simple permet de la repérer.

⚠️ Ce qui se mesure et qui compte plus que l'intensité : le retentissement. ⚠️ Le sommeil, ⚠️ les gestes abandonnés, le travail, ⚠️ la vie sociale, l'humeur.

⚠️ Ce qui se cherche systématiquement : une dépression, ⚠️ une anxiété, ⚠️ un trouble du sommeil, un isolement, ⚠️ et un conflit en cours, médical, professionnel ou assurantiel.

⚠️ Ce qui se demande et qui oriente le projet : ce que la personne voudrait pouvoir refaire. ⚠️ La réponse est presque toujours concrète, et elle devient l'objectif.

Le piège

Conclure qu'un traitement a échoué sans avoir demandé la dose et la durée réellement prises.

À retenir

  • Beaucoup de traitements réputés inefficaces ont été pris trop peu ou trop faiblement.
  • Un questionnaire simple repère une douleur d'origine nerveuse.
  • Le retentissement compte plus que l'intensité.
  • Dépression, anxiété et conflit en cours se cherchent systématiquement.
  • Ce que la personne voudrait pouvoir refaire devient l'objectif.

En pratique

  • Histoire reconstituée depuis le début
  • Traitements, doses et durées recueillis
  • Raison de l'arrêt de chacun demandée
  • Type de douleur caractérisé
  • Retentissement évalué
  • Sommeil et humeur explorés
  • Contexte social et professionnel exploré
  • Objectif du patient recueilli

Examen clinique

⚠️ L'examen d'une douleur chronique se fait entièrement, ⚠️ même quand il a déjà été fait dix fois. ⚠️ Ne pas examiner quelqu'un qui souffre depuis des années est entendu comme un abandon.

⚠️ Ce qui se teste dans la zone douloureuse : la sensibilité au toucher et au froid, ⚠️ une douleur déclenchée par un frôlement, ⚠️ une douleur exagérée par une piqûre, et un territoire systématisé. ⚠️ Ces signes signent une atteinte nerveuse et changent la classe de traitement.

Ce qui s'examine sur l'appareil locomoteur : ⚠️ les amplitudes, ⚠️ les points douloureux, la force, ⚠️ les attitudes d'évitement, et l'état musculaire.

⚠️ Ce qui s'observe : la façon dont la personne se déshabille, ⚠️ se lève, s'installe, ⚠️ et ce qu'elle protège sans y penser.

⚠️ Ce qui se cherche comme signe d'alerte : une perte de poids, ⚠️ une fièvre, un déficit neurologique, ⚠️ une douleur nocturne non positionnelle, et une modification récente du caractère de la douleur.

⚠️ Ce qui se note : un examen daté, ⚠️ qui servira de référence, et qui évite de tout recommencer.

À retenir

Tester la douleur au frôlement. C'est le signe le plus simple d'une atteinte nerveuse et le plus souvent omis.

À retenir

  • Ne pas examiner quelqu'un qui souffre depuis des années est entendu comme un abandon.
  • Une douleur déclenchée par un frôlement signe une atteinte nerveuse.
  • Ce que la personne protège sans y penser en dit plus que ce qu'elle décrit.
  • Une modification récente du caractère de la douleur fait tout reconsidérer.
  • Un examen daté évite de tout recommencer à chaque consultation.

En pratique

  • Examen complet réalisé
  • Sensibilité testée dans la zone
  • Douleur au frôlement recherchée
  • Territoire systématisé évalué
  • Amplitudes et force mesurées
  • Comportement observé
  • Signes d'alerte recherchés
  • Examen daté et noté

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'est propre à la douleur chronique. Le bilan des maladies en cause relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

⚠️ L'imagerie est le principal pourvoyeur d'aggravation d'une douleur chronique, ⚠️ par ce qu'elle fait croire.

⚠️ Ce qu'elle apporte réellement : l'élimination d'une cause grave, ⚠️ devant des signes d'alerte, ⚠️ et rien d'autre en leur absence.

⚠️ Ce qu'elle trouve toujours : des anomalies dégénératives, ⚠️ présentes chez des personnes sans douleur, ⚠️ et dont la fréquence augmente avec l'âge. ⚠️ Leur découverte n'explique rien, et leur annonce peut immobiliser.

⚠️ Ce qui se vérifie avant de retenir une anomalie : la concordance avec la clinique, ⚠️ le côté, le niveau, ⚠️ et le territoire.

⚠️ Ce qui se pèse avant de prescrire : ce que le résultat changera. ⚠️ Un examen qui ne changera rien produira surtout une inquiétude durable.

⚠️ Ce qui se travaille quand des images ont déjà été faites : les mots que la personne a retenus. ⚠️ Usure, pincement, hernie, arthrose sont entendus comme des sentences, ⚠️ et les remettre à leur place fait partie du traitement.

⚠️ Ce qui ne se refait pas : un examen déjà réalisé sans élément nouveau.

Le piège

Prescrire une imagerie pour rassurer. Elle trouve quelque chose, et l'inquiétude augmente.

À retenir

  • L'imagerie n'apporte que l'élimination d'une cause grave devant des signes d'alerte.
  • Les anomalies dégénératives existent chez des personnes sans douleur.
  • Un examen qui ne changera rien produira une inquiétude durable.
  • Usure, pincement et hernie sont entendus comme des sentences.
  • Remettre ces mots à leur place fait partie du traitement.

En pratique

  • Signes d'alerte recherchés avant toute imagerie
  • Utilité du résultat évaluée
  • Concordance clinique vérifiée
  • Anomalies dégénératives replacées
  • Mots retenus par le patient explorés
  • Explications données sur les images existantes
  • Répétition inutile évitée
  • Décision partagée

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois mécanismes, ⚠️ et ils appellent trois traitements différents.

⚠️ La douleur par lésion des tissus : inflammatoire ou mécanique, ⚠️ répondant aux antalgiques classiques, et au traitement de la cause.

⚠️ La douleur par lésion d'un nerf : brûlure, décharge, fourmillement, douleur au frôlement, ⚠️ dans un territoire systématisé, ⚠️ répondant à d'autres classes, et non aux paliers habituels.

⚠️ La douleur sans lésion identifiable : ⚠️ liée à une modification du traitement du message douloureux, ⚠️ diffuse, avec fatigue et troubles du sommeil. ⚠️ Elle n'est pas imaginaire, et sa prise en charge est globale.

⚠️ Ce qui coexiste souvent : plusieurs mécanismes chez la même personne, ⚠️ et le traitement doit alors être combiné.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une douleur qui change de caractère, ⚠️ une aggravation rapide, un déficit neurologique, ⚠️ une altération de l'état général, et une douleur nocturne nouvelle.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une douleur sans cause visible est psychologique. ⚠️ Le raisonnement s'arrête là, et le patient aussi.

À retenir

Nommer le mécanisme au patient. Un mécanisme nommé change ce qu'il attend du traitement.

À retenir

  • Trois mécanismes, trois traitements différents.
  • Une douleur d'origine nerveuse ne répond pas aux paliers habituels.
  • Une douleur sans lésion identifiable n'est pas une douleur imaginaire.
  • Plusieurs mécanismes coexistent souvent chez la même personne.
  • Conclure au psychologique arrête le raisonnement et fait fuir le patient.

En pratique

  • Mécanisme recherché explicitement
  • Questionnaire de douleur nerveuse utilisé
  • Coexistence de mécanismes envisagée
  • Signes d'alerte réévalués
  • Modification du caractère recherchée
  • Comorbidités psychiques évaluées
  • Conclusion psychologique par défaut évitée
  • Mécanisme expliqué au patient

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La douleur chronique ne constitue pas une urgence vitale. Les urgences qui peuvent la compliquer relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ L'objectif n'est pas la disparition de la douleur, ⚠️ et l'annoncer d'emblée évite des années de déception.

⚠️ Ce qui se fixe avec la personne : un objectif fonctionnel, ⚠️ concret, ⚠️ mesurable, et daté : remarcher jusqu'à la boulangerie, reprendre le travail à mi-temps, dormir une nuit entière.

⚠️ Ce qui compose le traitement : des médicaments choisis sur le mécanisme, ⚠️ une activité physique adaptée et progressive, ⚠️ une prise en charge psychologique quand elle est utile, et des techniques non médicamenteuses. ⚠️ Aucun de ces éléments ne suffit seul.

⚠️ Ce qui se limite : les antalgiques de palier fort, ⚠️ dont le bénéfice dans la douleur chronique non cancéreuse est faible et les risques réels, ⚠️ et dont la prescription au long cours se réévalue et se documente.

⚠️ Ce qui se déprescrit : les traitements sans effet, ⚠️ accumulés au fil des années, et dont l'arrêt s'organise progressivement.

⚠️ Ce qui se programme : des consultations régulières, ⚠️ et non à la demande, ⚠️ une consultation programmée valant mieux qu'une consultation de crise.

⚠️ Ce qui s'adresse à une structure spécialisée : un échec après une prise en charge structurée, ⚠️ une douleur nerveuse rebelle, et un retentissement majeur.

À retenir

Écrire l'objectif fonctionnel dans le dossier. C'est lui qui permettra de dire si la prise en charge sert.

À retenir

  • L'objectif est fonctionnel, concret, mesurable et daté.
  • Aucun élément du traitement ne suffit seul.
  • Le bénéfice des paliers forts dans la douleur chronique non cancéreuse est faible.
  • Les traitements sans effet accumulés se déprescrivent progressivement.
  • Une consultation programmée vaut mieux qu'une consultation de crise.

En pratique

  • Objectif fonctionnel fixé avec la personne
  • Traitement choisi sur le mécanisme
  • Activité physique progressive proposée
  • Prise en charge psychologique envisagée
  • Paliers forts limités et documentés
  • Traitements inefficaces déprescrits
  • Consultations programmées
  • Recours spécialisé envisagé

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Les techniques interventionnelles de la douleur relèvent des structures spécialisées et ne font pas partie des gestes attendus de l'étudiant.

Annonce et information

⚠️ Ce qui se dit à quelqu'un qui souffre depuis des années pèse autant que ce qui se prescrit.

⚠️ Ce qui se dit en premier : que la douleur est réelle, ⚠️ qu'elle est crue, ⚠️ et qu'une douleur sans lésion visible n'est pas une douleur imaginaire. ⚠️ Beaucoup de patients ont entendu le contraire, et ils l'attendent encore.

⚠️ Ce qui s'explique : le mécanisme, ⚠️ avec des mots simples, et pourquoi certains médicaments ne marchent pas ici.

⚠️ Ce qui s'annonce honnêtement : que la disparition n'est pas l'objectif, ⚠️ que l'amélioration sera progressive et incomplète, ⚠️ et que des périodes d'aggravation surviendront. ⚠️ Une promesse non tenue coûte la confiance, et la confiance est le principal outil.

⚠️ Ce qui ne se dit jamais : « il n'y a rien », ⚠️ « il faut vivre avec » sans rien proposer, et « c'est dans la tête ».

⚠️ Ce qui se dit sur les images : ce qu'elles montrent réellement, ⚠️ et ce qu'elles ne prouvent pas.

Ce qui se remet : ⚠️ un écrit avec le mécanisme retenu, ⚠️ l'objectif, et le plan.

Le piège

Dire il n'y a rien. Le patient entend qu'on ne le croit pas, et il consultera ailleurs.

À retenir

  • Dire que la douleur est crue est le premier acte thérapeutique.
  • Une douleur sans lésion visible n'est pas une douleur imaginaire.
  • Une promesse non tenue coûte la confiance, qui est le principal outil.
  • Il faut vivre avec, sans rien proposer, n'est pas une information.
  • Le patient repart avec le mécanisme, l'objectif et le plan écrits.

En pratique

  • Réalité de la douleur affirmée
  • Mécanisme expliqué simplement
  • Limites du traitement annoncées
  • Périodes d'aggravation anticipées
  • Formules disqualifiantes évitées
  • Images replacées
  • Objectif reformulé par le patient
  • Écrit remis

Éducation et prévention

⚠️ Le traitement principal d'une douleur chronique est ce que la personne fait entre deux consultations.

⚠️ Ce qui s'explique sur l'activité : que le repos aggrave, ⚠️ que l'activité progressive améliore, ⚠️ et que la douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion. ⚠️ Cette dernière phrase est la plus difficile à faire admettre, et la plus utile.

⚠️ Ce qui se construit : une progression par paliers, ⚠️ fondée sur une quantité décidée à l'avance, et non sur ce que la douleur autorise ce jour-là. ⚠️ Régler son activité sur la douleur produit des alternances d'excès et d'arrêt.

⚠️ Ce qui s'apprend : le repérage des situations qui aggravent, ⚠️ des techniques de relaxation ou de respiration, ⚠️ et la gestion des périodes de crise.

⚠️ Ce qui se travaille sur les croyances : le dos fragile, ⚠️ l'idée qu'une image interdit une activité, la peur du mouvement, ⚠️ et l'attente d'une guérison complète.

⚠️ Ce qui se prévoit sur le travail : le maintien dans l'emploi, ⚠️ l'aménagement du poste, et la visite de préreprise, ⚠️ un arrêt prolongé diminuant fortement les chances de retour.

⚠️ Ce qui se propose : un programme d'éducation, ⚠️ et une association de patients.

À retenir

Fixer la quantité d'activité à l'avance. C'est ce qui casse le cycle des excès et des arrêts.

À retenir

  • Le repos aggrave, l'activité progressive améliore.
  • La douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion.
  • La progression se règle sur une quantité décidée, pas sur la douleur du jour.
  • Régler son activité sur la douleur produit des excès suivis d'arrêts.
  • Un arrêt de travail prolongé diminue fortement les chances de retour.

En pratique

  • Rôle du repos expliqué
  • Activité progressive construite
  • Quantité fixée à l'avance
  • Techniques de gestion apprises
  • Croyances identifiées et travaillées
  • Conduite en période de crise établie
  • Maintien dans l'emploi anticipé
  • Programme ou association proposés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une douleur chronique met en échec les prises en charge non coordonnées, ⚠️ et le patient finit par consulter partout.

Ce qui s'écrit dans le dossier et se transmet : ⚠️ le mécanisme retenu, ⚠️ l'objectif fonctionnel convenu, les traitements essayés avec leurs doses et leurs durées, ⚠️ et la raison de leur arrêt. ⚠️ Cette liste évite de refaire le même chemin, et elle est la partie la plus utile du courrier.

Ce qui se coordonne : ⚠️ le kinésithérapeute, ⚠️ le psychologue, le médecin du travail, ⚠️ l'assistante sociale, et le spécialiste d'organe.

⚠️ Ce qui doit être partagé : le même discours. ⚠️ Un intervenant qui annonce une guérison ou qui contredit le mécanisme retenu défait des mois de travail.

Ce qui se demande au médecin du travail : ⚠️ une visite de préreprise, ⚠️ et l'étude du poste.

Ce qui s'adresse à une structure spécialisée : ⚠️ un dossier complet, et non une demande d'avis sans historique.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit jamais : « patient douloureux chronique ». ⚠️ Ce n'est ni un diagnostic ni une information, et cela ferme les portes suivantes.

À retenir

Transmettre les doses et les durées, pas seulement les noms des médicaments essayés.

À retenir

  • La liste des traitements essayés est la partie la plus utile du courrier.
  • Un intervenant qui contredit le mécanisme retenu défait des mois de travail.
  • La visite de préreprise se demande tôt.
  • Une demande d'avis sans historique fait recommencer le parcours.
  • Patient douloureux chronique n'est ni un diagnostic ni une information.

En pratique

  • Mécanisme retenu écrit
  • Objectif fonctionnel transmis
  • Traitements essayés listés avec doses et durées
  • Raisons d'arrêt notées
  • Intervenants coordonnés
  • Discours commun assuré
  • Médecin du travail saisi
  • Dossier complet transmis au spécialiste

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 134 : Bases neurophysiologiques, mécanismes physiopathologiques d'une douleur aiguë et d'une douleur chronique
  • R2C, item 135 : Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses
  • R2C, item 138 : Douleur chez la personne vulnérable
  • Collège des enseignants de la douleur et Collège français des enseignants en rhumatologie, chapitres sur la douleur chronique
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la douleur chronique et sur l'usage des opioïdes dans la douleur chronique non cancéreuse. La date de la version consultée fait partie de la source