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Fiche de révision

Évaluation et prise en charge de la douleur de l'enfant et du nourrisson

Une douleur qui ne se dit pas et qui se lit sur ce que l'enfant a cessé de faire.

Situation de départ 261Catégorie IIIItem R2C 137Item R2C 135Item R2C 57

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire porte sur l'enfant et sur celui qui l'accompagne, ⚠️ et la seconde partie est presque toujours omise.

⚠️ Ce qui se fait décrire chez un nourrisson : le comportement habituel, ⚠️ puis ce qui a changé, ⚠️ depuis quand, et en quoi. ⚠️ La question « qu'est-ce qui a changé » vaut mieux que « comment pleure-t-il », parce qu'un parent s'habitue à des pleurs et remarque une rupture.

⚠️ Ce qui se recueille comme signes de rupture : un enfant qui ne sourit plus, ⚠️ qui ne joue plus, ⚠️ qui refuse de boire, qui se réveille en criant, ⚠️ qui ne se console plus dans les bras, et dont le cri a changé de timbre.

⚠️ Ce qui se demande chez l'enfant plus grand : ce qu'il ne fait plus, ⚠️ plutôt que ce qu'il ressent, ⚠️ un enfant douloureux répondant souvent que « ça va ».

⚠️ Ce qui se demande à l'accompagnant : comment il va lui-même, ⚠️ s'il dort, ⚠️ s'il est seul, et ce qui se passe quand il n'en peut plus. ⚠️ Cette question protège l'enfant autant que le parent.

⚠️ Ce qui se recueille aussi : ce qui a déjà été essayé, ⚠️ et ce que le parent craint.

Le piège

Interroger sur les pleurs sans demander ce qui a changé. La rupture récente est l'information utile.

À retenir

  • La question qui a changé vaut mieux que la question comment pleure-t-il.
  • Un enfant qui ne sourit plus a changé d'état.
  • Un enfant douloureux répond souvent que ça va.
  • L'épuisement de l'accompagnant se demande comme un symptôme.
  • Cette question protège l'enfant autant que le parent.

En pratique

  • Comportement habituel décrit
  • Changement récent recherché
  • Sourire et jeu explorés
  • Prise alimentaire évaluée
  • Sommeil exploré
  • État de l'accompagnant demandé
  • Relais et entourage recherchés
  • Craintes du parent recueillies

Examen clinique

⚠️ Chez l'enfant, l'observation précède l'examen, ⚠️ et elle vaut souvent davantage.

⚠️ Ce qui s'observe avant de toucher : la position spontanée, ⚠️ la mobilité, ⚠️ l'intérêt pour l'environnement, le contact visuel, ⚠️ et la consolabilité dans les bras.

⚠️ Ce qui se cote avec un outil adapté à l'âge : une échelle d'observation chez le nourrisson et l'enfant qui ne s'exprime pas, ⚠️ une échelle de visages ensuite, ⚠️ et une échelle numérique chez le grand enfant. ⚠️ Un chiffre qui contredit ce qu'on observe se refait avec un autre outil.

Ce qui se cherche comme cause chez un nourrisson qui pleure autrement : ⚠️ une infection, ⚠️ une invagination, une hernie étranglée, ⚠️ une fracture, une otite, ⚠️ une lésion de la cornée, et un cheveu enroulé autour d'un doigt ou d'un orteil.

⚠️ Ce qui se vérifie systématiquement : la courbe de poids, ⚠️ un aplatissement récent étant un signe objectif, et l'état d'hydratation.

⚠️ Ce qui se cherche sans le dire : des lésions évocatrices d'un traumatisme, ⚠️ et une incohérence entre l'histoire et l'examen.

Urgence

Nourrisson qui pleure autrement, refuse de boire et ne sourit plus : examen complet et avis sans délai.

À retenir

  • L'observation précède l'examen et vaut souvent davantage.
  • Un chiffre qui contredit ce qu'on observe se refait avec un autre outil.
  • Un cheveu enroulé autour d'un doigt fait pleurer un nourrisson pendant des heures.
  • Un aplatissement récent de la courbe de poids est un signe objectif.
  • Une incohérence entre l'histoire et l'examen se cherche systématiquement.

En pratique

  • Observation avant tout contact
  • Consolabilité évaluée
  • Outil de cotation adapté choisi
  • Causes chirurgicales recherchées
  • Otite et cornée examinées
  • Doigts et orteils inspectés
  • Courbe de poids relue
  • Cohérence histoire et examen vérifiée

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'est propre à l'évaluation de la douleur de l'enfant. Le bilan des causes relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie recherche la cause de la douleur et relève des situations de départ correspondantes. Elle n'intervient pas dans l'évaluation elle-même.

Stratégie diagnostique

⚠️ La question n'est pas « pleure-t-il beaucoup », ⚠️ elle est « a-t-il changé ».

⚠️ Ce qui distingue des pleurs banals : leur horaire répétitif, ⚠️ leur caractère consolable, ⚠️ une croissance normale, un enfant qui va bien entre les épisodes, ⚠️ et un examen normal.

⚠️ Ce qui fait sortir du cadre : un changement récent du type de pleurs, ⚠️ une inconsolabilité, un refus alimentaire, ⚠️ des vomissements, une diminution des urines, ⚠️ une disparition du sourire, et un fléchissement de la courbe de poids.

⚠️ Ce qui se cherche alors : une cause organique, ⚠️ avec une attention particulière aux causes chirurgicales et aux causes invisibles à l'inspection rapide.

⚠️ Ce qui se recherche chez l'enfant plus grand : le mécanisme, ⚠️ une douleur d'origine nerveuse existant aussi chez l'enfant, ⚠️ et une douleur chronique pouvant s'installer.

⚠️ Ce qui s'évalue toujours : le contexte familial, ⚠️ l'isolement, l'épuisement, ⚠️ et la vulnérabilité, qui ne font pas le diagnostic mais changent la conduite.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'il s'agit de coliques, ⚠️ avant d'avoir demandé ce qui a changé.

Le piège

Conclure à des coliques chez un nourrisson dont la courbe de poids s'est aplatie.

À retenir

  • La question n'est pas s'il pleure beaucoup mais s'il a changé.
  • Des pleurs banals sont répétitifs, consolables, et l'enfant va bien entre les épisodes.
  • Un changement récent fait sortir du cadre et impose de chercher une cause.
  • Une douleur d'origine nerveuse existe aussi chez l'enfant.
  • On ne conclut pas à des coliques avant d'avoir demandé ce qui a changé.

En pratique

  • Caractère répétitif et consolable évalué
  • Changement récent recherché
  • Refus alimentaire recherché
  • Vomissements et diurèse évalués
  • Sourire évalué
  • Courbe de poids analysée
  • Causes chirurgicales envisagées
  • Contexte familial évalué

Urgence vitale

⚠️ Chez un nourrisson, la gravité se lit sur le comportement, ⚠️ avant de se lire sur les constantes.

⚠️ Ce qui impose une prise en charge immédiate : un enfant inconsolable, ⚠️ un refus alimentaire complet, ⚠️ une somnolence anormale, un teint gris, ⚠️ des marbrures, une respiration rapide ou irrégulière, ⚠️ et une diminution nette des urines.

⚠️ Ce qui doit être recherché en urgence chez un nourrisson qui pleure autrement : une invagination, ⚠️ une hernie étranglée, une torsion, ⚠️ une infection sévère, et une fracture.

⚠️ Ce qui se traite sans attendre : la douleur elle-même, ⚠️ y compris avant le diagnostic, ⚠️ et y compris chez un enfant à jeun, la voie veineuse restant utilisable.

⚠️ Ce qui constitue une urgence d'un autre ordre : un parent épuisé qui exprime une perte de contrôle. ⚠️ La réponse est un relais immédiat, ⚠️ une écoute sans jugement, et l'organisation d'une aide avant la sortie. ⚠️ Poser l'enfant en sécurité et sortir de la pièce est le bon geste, et il se dit explicitement.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : renvoyer un parent épuisé sans relais.

Urgence

Un parent qui dit avoir eu peur de lui-même : relais immédiat, aide organisée avant la sortie, aucun jugement.

À retenir

  • Chez un nourrisson, la gravité se lit sur le comportement avant les constantes.
  • Un enfant inconsolable qui refuse de boire relève d'une prise en charge immédiate.
  • La douleur se traite avant le diagnostic, et le jeûne n'interdit que la bouche.
  • Un parent qui exprime une perte de contrôle est une urgence d'un autre ordre.
  • Poser l'enfant en sécurité et sortir de la pièce est le bon geste, et il se dit.

En pratique

  • Comportement de l'enfant évalué
  • Signes de gravité recherchés
  • Causes chirurgicales éliminées
  • Douleur traitée sans attendre
  • Voie adaptée choisie
  • Épuisement parental évalué
  • Geste protecteur expliqué
  • Relais organisé avant la sortie

Stratégie de prise en charge

⚠️ Traiter la douleur d'un enfant suppose de choisir une dose sur un poids, ⚠️ et une voie sur un délai.

⚠️ Ce qui conditionne tout : le poids du jour, ⚠️ et non un poids estimé ou ancien, ⚠️ toutes les doses pédiatriques s'y rapportant.

⚠️ Ce qui se choisit sur l'intensité : le palier, ⚠️ d'emblée adapté, et non par montée successive, ⚠️ un enfant n'ayant pas moins droit à un antalgique fort qu'un adulte.

⚠️ Ce qui se choisit sur le délai : la voie, ⚠️ orale quand le délai le permet, veineuse pour une douleur intense, ⚠️ et un mélange gazeux inhalé pour un geste court.

⚠️ Ce qui se prescrit pour les gestes : un anesthésique local de surface posé le temps indiqué, ⚠️ une solution sucrée avec succion chez le tout-petit, ⚠️ et la préparation de l'environnement.

⚠️ Ce qui se surveille sous palier fort : la vigilance, ⚠️ la fréquence respiratoire, la saturation, ⚠️ et la douleur.

⚠️ Ce qui se réévalue : à une heure fixée, ⚠️ avec le même outil, et une nouvelle dose si l'objectif n'est pas atteint.

⚠️ Ce qui s'organise pour le parent : un relais, ⚠️ un rendez-vous rapproché, et un contact joignable.

À retenir

Peser l'enfant le jour même. Une dose calculée sur un poids ancien est fausse dans les deux sens.

À retenir

  • Toutes les doses pédiatriques se rapportent au poids du jour.
  • Un enfant n'a pas moins droit à un antalgique fort qu'un adulte.
  • La voie se choisit sur le délai d'action voulu.
  • Une solution sucrée avec succion soulage le tout-petit lors d'un geste.
  • Le parent repart avec un relais, un rendez-vous et un contact.

En pratique

  • Poids du jour mesuré
  • Palier adapté à l'intensité
  • Voie choisie sur le délai
  • Anesthésique de surface prévu pour les gestes
  • Solution sucrée prévue chez le tout-petit
  • Surveillance sous palier fort organisée
  • Réévaluation à heure fixée
  • Relais et contact donnés au parent

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La préparation d'un geste douloureux chez l'enfant est traitée dans la situation de départ consacrée à la prévention de la douleur liée aux soins.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information donnée aux parents est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Le parent est celui qui évaluera et traitera la douleur les jours suivants, ⚠️ et il repart avec ce qu'on lui a appris.

⚠️ Ce qui s'apprend sur l'évaluation : ce qu'il faut regarder, ⚠️ le sourire, le jeu, ⚠️ la prise des biberons, le sommeil, ⚠️ et la consolabilité, plutôt que l'intensité des pleurs.

⚠️ Ce qui s'apprend sur le traitement : les heures de prise, ⚠️ la dose rapportée au poids, ⚠️ et le fait de ne pas attendre que la douleur soit installée.

⚠️ Ce qui se dit sur les pleurs du nourrisson : qu'ils sont fréquents, ⚠️ qu'ils culminent vers un certain âge puis diminuent, ⚠️ et qu'ils ne signifient pas que le parent fait mal les choses. ⚠️ Cette phrase lève une culpabilité qui empêche de demander de l'aide.

⚠️ Ce qui se dit et qui protège : que lorsqu'on n'en peut plus, ⚠️ on pose l'enfant en sécurité dans son lit, ⚠️ et on sort de la pièce quelques minutes, ⚠️ et qu'il ne faut jamais secouer un enfant, même brièvement.

⚠️ Ce qui s'organise : un relais concret, ⚠️ un rendez-vous rapproché, et le contact d'un professionnel joignable.

⚠️ Ce qui se propose : une aide à domicile, ⚠️ et un lieu d'accueil parents-enfants quand il en existe.

À retenir

Dire à tout parent de nourrisson ce qu'il doit faire quand il n'en peut plus, avant qu'il n'en ait besoin.

À retenir

  • Le parent apprend à regarder le sourire, le jeu et la consolabilité.
  • On n'attend pas que la douleur soit installée pour donner la dose.
  • Dire que les pleurs sont fréquents lève une culpabilité qui empêche de demander de l'aide.
  • Poser l'enfant en sécurité et sortir de la pièce quelques minutes est le bon geste.
  • Ne jamais secouer un enfant, même brièvement.

En pratique

  • Signes à surveiller expliqués
  • Heures de prise et doses expliquées
  • Anticipation de la douleur expliquée
  • Caractère fréquent des pleurs dit
  • Culpabilité levée explicitement
  • Geste protecteur expliqué
  • Interdiction du secouement dite
  • Relais et contact organisés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Autour d'un enfant douloureux gravitent plusieurs professionnels, ⚠️ et l'information la plus utile est rarement transmise.

Ce qui s'écrit dans le carnet de santé : ⚠️ le motif, ⚠️ ce qui a été constaté, la conduite retenue, ⚠️ et ce qui a fonctionné lors d'un geste.

Ce qui se transmet au pédiatre ou au médecin traitant : ⚠️ l'évolution de la courbe de poids, ⚠️ le changement de comportement, et l'évaluation faite.

⚠️ Ce qui se transmet à la protection maternelle et infantile ou à la puéricultrice : la situation d'isolement, ⚠️ l'épuisement, ⚠️ et la demande d'un passage, avec l'accord du parent, ⚠️ et cette demande est une aide et non un signalement.

Ce qui se transmet au service qui accueillera l'enfant : ⚠️ l'outil de cotation utilisé, ⚠️ ce qui l'apaise, et ce qui a mal fonctionné.

⚠️ Ce qui se distingue clairement : une demande d'aide, ⚠️ et une information préoccupante, ⚠️ qui obéit à une procédure propre, et qui se décide sur des éléments et non sur une impression.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « pleurs, coliques ». ⚠️ Cette ligne fera lire la consultation suivante comme la répétition d'une plainte connue.

À retenir

Écrire dans le carnet ce qui a apaisé l'enfant. C'est l'information la plus utile au suivant.

À retenir

  • Le carnet de santé porte ce qui a fonctionné, pas seulement le motif.
  • Une demande de passage à la puéricultrice est une aide, pas un signalement.
  • Le service d'accueil doit savoir ce qui apaise cet enfant.
  • Aide et information préoccupante se distinguent clairement.
  • Pleurs, coliques fera lire la consultation suivante comme une répétition.

En pratique

  • Carnet de santé renseigné
  • Courbe de poids commentée
  • Changement de comportement transmis
  • Isolement et épuisement signalés avec accord
  • Passage à domicile demandé si utile
  • Outil de cotation transmis
  • Moyens d'apaisement transmis
  • Distinction aide et procédure respectée

Sources

  • R2C, item 137 : Douleur chez l'enfant : évaluation et traitements antalgiques
  • R2C, item 135 : Thérapeutiques antalgiques, médicamenteuses et non médicamenteuses
  • R2C, item 57 : Maltraitance, enfants en danger, protection maternelle et infantile
  • Collège national des pédiatres universitaires, chapitres sur la douleur de l'enfant et les pleurs du nourrisson
  • Recommandations en vigueur sur l'évaluation de la douleur de l'enfant et sur la prévention du traumatisme crânien infligé par secouement. La date de la version consultée fait partie de la source