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Fiche de révision

Accès palustre

Une fièvre au retour d'un voyage, dont le diagnostic se fait le jour même ou pas du tout.

Situation de départ 262Catégorie IIIItem R2C 170Item R2C 175Item R2C 147

Entretien et interrogatoire

⚠️ Une seule question ouvre ce diagnostic, ⚠️ et elle ne se pose qu'à condition d'y penser : où êtes-vous allé, et quand.

⚠️ Ce qui se recueille sur le voyage : le pays et la région, ⚠️ les dates exactes de départ et de retour, ⚠️ le type de séjour, et les conditions d'hébergement. ⚠️ Un voyage de quelques jours suffit, et une escale compte.

⚠️ Ce qui se demande sur la prévention : une chimioprophylaxie prescrite, ⚠️ laquelle, ⚠️ prise comment, et poursuivie combien de temps après le retour. ⚠️ Une prophylaxie prise correctement diminue le risque sans l'annuler, et elle n'écarte jamais le diagnostic.

⚠️ Ce qui se demande sur les mesures de protection : moustiquaire, ⚠️ répulsifs, vêtements, ⚠️ et exposition au crépuscule.

⚠️ Ce qui se recueille sur les symptômes : la date de début de la fièvre, ⚠️ son rythme, les frissons, ⚠️ les céphalées, les troubles digestifs, ⚠️ et une confusion même brève.

⚠️ Ce qui se cherche comme terrain : une grossesse, ⚠️ un âge extrême, une absence de rate, ⚠️ une immunodépression, et un traitement en cours.

⚠️ Ce qui se demande enfin : les autres personnes du voyage, ⚠️ et leur état.

Le piège

Écarter le diagnostic parce que le patient a pris sa prophylaxie. Elle n'écarte jamais le diagnostic.

À retenir

  • La question du voyage ne se pose qu'à condition d'y penser.
  • Un séjour de quelques jours suffit, et une escale compte.
  • Une prophylaxie bien prise diminue le risque sans l'annuler.
  • Une confusion même brève se recherche explicitement.
  • Grossesse, absence de rate et immunodépression changent la gravité.

En pratique

  • Pays, région et dates recueillis
  • Escales recherchées
  • Chimioprophylaxie et observance précisées
  • Mesures de protection évaluées
  • Date et rythme de la fièvre précisés
  • Signes neurologiques recherchés
  • Terrain à risque évalué
  • Compagnons de voyage interrogés

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche des critères de gravité, ⚠️ et il en cherche la liste entière, parce qu'un seul suffit.

⚠️ Ce qui se cherche en priorité : un trouble de la conscience, ⚠️ même minime, ⚠️ une convulsion, une confusion, ⚠️ une prostration, et une raideur de nuque.

⚠️ Ce qui se mesure : la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, ⚠️ la température, la saturation, ⚠️ et la glycémie capillaire, une hypoglycémie étant fréquente et grave.

⚠️ Ce qui se cherche à l'examen : un ictère, ⚠️ une pâleur, ⚠️ une grosse rate, des signes de saignement, ⚠️ une diminution des urines, et des marbrures.

⚠️ Ce qui se cherche ailleurs : un autre foyer infectieux, ⚠️ une pneumonie, une infection urinaire, une méningite, ⚠️ qui peuvent coexister, et ne dispensent pas de la recherche.

⚠️ Ce qui s'examine chez l'enfant : le comportement, ⚠️ la capacité à boire, ⚠️ et la conscience, la gravité s'y installant plus vite.

⚠️ Ce qui se répète : l'examen, ⚠️ plusieurs fois par jour au début, l'aggravation pouvant être rapide.

Urgence

Trouble de la conscience, convulsion, détresse respiratoire ou état de choc : forme grave, prise en charge en réanimation.

À retenir

  • Un seul critère de gravité suffit à changer l'orientation.
  • Un trouble de la conscience même minime compte.
  • L'hypoglycémie est fréquente et grave, et se mesure d'emblée.
  • Un autre foyer infectieux peut coexister sans écarter le diagnostic.
  • Chez l'enfant, la gravité s'installe plus vite.

En pratique

  • Conscience évaluée
  • Convulsion recherchée
  • Constantes complètes relevées
  • Glycémie capillaire mesurée
  • Ictère et pâleur recherchés
  • Rate palpée
  • Diurèse évaluée
  • Autre foyer recherché

Synthèse paraclinique

⚠️ La recherche est une urgence, ⚠️ et le résultat est rendu en quelques heures, de jour comme de nuit.

⚠️ Ce qui se demande d'emblée : la recherche du parasite dans le sang, ⚠️ avec la détermination de l'espèce, ⚠️ et le pourcentage de globules rouges parasités, qui participe à la définition de la gravité.

⚠️ Ce qui accompagne : une numération, ⚠️ des plaquettes, ⚠️ la fonction du rein, le bilan du foie, ⚠️ la glycémie, le lactate, ⚠️ et des hémocultures.

⚠️ Ce qui doit alerter sur la numération : des plaquettes basses, ⚠️ très évocatrices dans ce contexte, ⚠️ et une anémie.

⚠️ Ce qui se conclut d'un résultat négatif : rien de définitif chez un patient symptomatique. ⚠️ La recherche se répète, ⚠️ à quelques heures d'intervalle, et l'absence de parasite sur un premier prélèvement n'écarte pas le diagnostic.

⚠️ Ce qui ne remplace pas la recherche : une sérologie, ⚠️ inutile au diagnostic d'un accès aigu.

⚠️ Ce qui se demande selon le contexte : une ponction lombaire, ⚠️ quand un trouble neurologique n'est pas expliqué.

À retenir

Demander l'espèce et le pourcentage parasité. Sans eux, le résultat ne permet pas de décider.

À retenir

  • La recherche est une urgence et le résultat est rendu le jour même.
  • L'espèce et le pourcentage de globules rouges parasités font partie du résultat.
  • Des plaquettes basses sont très évocatrices dans ce contexte.
  • Un premier prélèvement négatif chez un patient symptomatique se répète.
  • Une sérologie ne sert pas au diagnostic d'un accès aigu.

En pratique

  • Recherche demandée en urgence
  • Espèce demandée
  • Pourcentage parasité demandé
  • Numération et plaquettes contrôlées
  • Rein, foie et glycémie contrôlés
  • Lactate demandé si gravité
  • Hémocultures prélevées
  • Recontrôle prévu si négatif

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans le diagnostic d'un accès palustre. L'imagerie des complications relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ La règle tient en une phrase : toute fièvre au retour d'une zone d'endémie est un accès palustre jusqu'à preuve du contraire.

⚠️ Ce qui rend cette règle indispensable : ⚠️ il n'existe aucun tableau clinique spécifique. ⚠️ La fièvre peut être isolée, irrégulière, ⚠️ accompagnée de troubles digestifs, de céphalées ou de douleurs, ⚠️ et faire porter à tort un autre diagnostic.

⚠️ Ce qui ne doit jamais faire écarter le diagnostic : une prophylaxie prise, ⚠️ un séjour court, ⚠️ un séjour ancien, une origine du patient, ⚠️ et un autre diagnostic possible.

⚠️ Ce qui se raisonne ensuite : l'espèce, ⚠️ le pourcentage parasité, les critères de gravité, ⚠️ et le terrain, qui décident du lieu de la prise en charge.

⚠️ Ce qui se cherche en parallèle : les autres causes de fièvre au retour, ⚠️ infection digestive, respiratoire, urinaire, arbovirose, hépatite, qui peuvent coexister.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une aggravation sous traitement, ⚠️ une fièvre qui persiste, et un parasite qui ne diminue pas.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une recherche négative règle la question, ⚠️ tant que la fièvre persiste.

À retenir

Poser la question du voyage devant toute fièvre. C'est la seule façon de ne pas manquer le diagnostic.

À retenir

  • Toute fièvre au retour d'une zone d'endémie est un accès palustre jusqu'à preuve du contraire.
  • Il n'existe aucun tableau clinique spécifique.
  • Ni la prophylaxie, ni la brièveté du séjour, ni l'origine n'écartent le diagnostic.
  • Une autre cause de fièvre peut coexister.
  • Une recherche négative ne règle rien tant que la fièvre persiste.

En pratique

  • Notion de voyage recherchée systématiquement
  • Délai depuis le retour calculé
  • Prophylaxie non retenue comme argument d'exclusion
  • Espèce et parasitémie prises en compte
  • Critères de gravité listés
  • Terrain évalué
  • Autres causes recherchées
  • Recontrôle prévu si fièvre persistante

Urgence vitale

⚠️ Une forme grave peut apparaître en quelques heures chez un patient qui allait bien.

⚠️ Ce qui définit la gravité : un trouble de la conscience, ⚠️ une convulsion, ⚠️ une prostration, un état de choc, ⚠️ une détresse respiratoire, un saignement, ⚠️ un ictère, une insuffisance rénale, ⚠️ une hypoglycémie, une anémie profonde, ⚠️ une acidose, et une parasitémie élevée.

⚠️ Ce qui se fait immédiatement devant une forme grave : l'appel de la réanimation, ⚠️ le traitement spécifique par voie veineuse sans attendre le transfert, ⚠️ la correction d'une hypoglycémie, et le remplissage prudent.

⚠️ Ce qui se surveille de façon rapprochée : la conscience, ⚠️ la glycémie, ⚠️ la diurèse, la parasitémie, ⚠️ et l'hémoglobine.

⚠️ Ce qui rend l'enfant plus exposé : la rapidité de l'évolution, ⚠️ et la fréquence de l'hypoglycémie et de l'anémie sévère.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : différer le traitement en attendant un transfert, ⚠️ ou attendre le résultat complet quand la forme est grave et le diagnostic probable.

Urgence

Forme grave : réanimation, traitement par voie veineuse sans délai, glycémie corrigée, surveillance rapprochée.

À retenir

  • Une forme grave apparaît en quelques heures chez un patient qui allait bien.
  • Un seul critère de gravité suffit.
  • Le traitement spécifique commence sans attendre le transfert.
  • L'hypoglycémie se cherche et se corrige d'emblée.
  • Chez l'enfant, l'évolution est plus rapide.

En pratique

  • Critères de gravité recherchés en entier
  • Réanimation appelée si gravité
  • Traitement débuté sans attendre le transfert
  • Glycémie corrigée
  • Remplissage prudent
  • Conscience surveillée
  • Diurèse surveillée
  • Parasitémie et hémoglobine suivies

Stratégie de prise en charge

⚠️ La première décision n'est pas le médicament, ⚠️ c'est le lieu.

⚠️ Ce qui impose l'hospitalisation : un critère de gravité, ⚠️ un vomissement empêchant la prise orale, ⚠️ une grossesse, un enfant, ⚠️ une personne âgée, une absence de rate ou une immunodépression, ⚠️ un isolement social, et l'impossibilité d'un suivi rapproché.

⚠️ Ce qui autorise une prise en charge ambulatoire : une forme simple, ⚠️ une prise orale possible, ⚠️ un patient joignable et accompagné, et une réévaluation organisée à quelques jours, ⚠️ avec un contrôle parasitologique.

⚠️ Ce qui se prescrit : un traitement spécifique choisi selon l'espèce, ⚠️ la gravité, le terrain, ⚠️ et les traitements en cours, ⚠️ la première prise étant faite devant le soignant.

⚠️ Ce qui se surveille ensuite : la disparition de la fièvre, ⚠️ la décroissance de la parasitémie, et la tolérance.

⚠️ Ce qui se prévoit pour certaines espèces : un traitement complémentaire des formes persistantes, ⚠️ après vérification d'un déficit enzymatique.

⚠️ Ce qui se signale : la maladie, ⚠️ selon les obligations en vigueur, et l'information des voyageurs du même groupe.

À retenir

Faire prendre la première dose devant soi. Un vomissement précoce annule tout le traitement.

À retenir

  • La première décision est le lieu, pas le médicament.
  • Un vomissement qui empêche la prise orale impose l'hospitalisation.
  • La première prise se fait devant le soignant.
  • La décroissance de la parasitémie fait partie de la surveillance.
  • Certaines espèces imposent un traitement complémentaire des formes persistantes.

En pratique

  • Lieu de prise en charge décidé
  • Critères d'hospitalisation vérifiés
  • Espèce prise en compte
  • Interactions vérifiées
  • Première prise supervisée
  • Réévaluation programmée
  • Contrôle parasitologique prévu
  • Déclaration et information du groupe faites

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Le prélèvement sanguin et la réalisation technique de la recherche relèvent du laboratoire et des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce complexe. L'information sur le traitement et la prévention est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ La prévention se joue avant le départ, ⚠️ et la consultation du retour est l'occasion de préparer le voyage suivant.

⚠️ Ce qui s'explique sur le traitement en cours : la prise complète, ⚠️ le respect des horaires, ⚠️ la conduite en cas de vomissement précoce, et les signes qui doivent faire revenir sans délai.

⚠️ Ce qui se dit sur la durée du risque : qu'une fièvre survenant dans les mois qui suivent un séjour doit faire reconsulter, ⚠️ et signaler le voyage. ⚠️ Beaucoup de patients ne font plus le lien passé quelques semaines.

⚠️ Ce qui s'explique avant un prochain départ : la protection contre les piqûres, ⚠️ moustiquaire imprégnée, ⚠️ répulsifs, vêtements couvrants, ⚠️ et vigilance du coucher au lever du soleil.

⚠️ Ce qui se dit sur la chimioprophylaxie : son intérêt, ⚠️ la nécessité de la poursuivre après le retour, ⚠️ et le fait qu'elle réduit le risque sans le supprimer.

⚠️ Ce qui se prépare pour les voyages particuliers : une consultation dédiée avant le départ, ⚠️ notamment pour une grossesse, un enfant, une personne sans rate ou immunodéprimée.

⚠️ Ce qui se rappelle aux personnes visitant leur pays d'origine : ⚠️ qu'elles ont perdu leur protection immunitaire, et qu'elles sont exposées comme les autres voyageurs.

À retenir

Dire de signaler le voyage à tout soignant devant une fièvre, pendant plusieurs mois.

À retenir

  • Un vomissement précoce après une prise annule le traitement.
  • Une fièvre dans les mois qui suivent un séjour doit faire signaler le voyage.
  • Beaucoup de patients ne font plus le lien passé quelques semaines.
  • La chimioprophylaxie réduit le risque sans le supprimer.
  • Les personnes visitant leur pays d'origine ont perdu leur protection immunitaire.

En pratique

  • Prise complète du traitement expliquée
  • Conduite en cas de vomissement donnée
  • Signes de retour immédiat donnés
  • Durée du risque expliquée
  • Protection contre les piqûres expliquée
  • Chimioprophylaxie expliquée
  • Consultation avant départ proposée
  • Perte d'immunité expliquée si concerné

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce diagnostic dépend du laboratoire, ⚠️ et le laboratoire dépend de ce qui est écrit sur la demande.

Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la notion de voyage, ⚠️ le pays, les dates, ⚠️ la prise ou non d'une prophylaxie, et le caractère urgent. ⚠️ Une demande sans ces éléments retarde le rendu.

Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ l'espèce, ⚠️ la parasitémie, et son avis devant un résultat douteux, ⚠️ ainsi que la possibilité de recontrôler sur le prélèvement déjà reçu.

Ce qui se transmet à l'infectiologue : ⚠️ le tableau, ⚠️ les critères de gravité recherchés, l'espèce, ⚠️ et le terrain.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le traitement, ⚠️ la surveillance prévue, et la conduite en cas de fièvre ultérieure.

⚠️ Ce qui relève d'une obligation : la déclaration selon les règles en vigueur, ⚠️ et l'information des personnes ayant voyagé avec le patient.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : le voyage avec ses dates, ⚠️ information qui servira à tous ceux qui verront ce patient dans les mois suivants.

À retenir

Écrire le pays et les dates sur la demande. Le laboratoire ne devine pas l'urgence.

À retenir

  • Une demande sans notion de voyage retarde le rendu du laboratoire.
  • L'espèce et la parasitémie se demandent explicitement.
  • Le recontrôle peut souvent se faire sur le prélèvement déjà reçu.
  • La conduite en cas de fièvre ultérieure se transmet au médecin traitant.
  • Le voyage et ses dates écrits au dossier servent des mois plus tard.

En pratique

  • Notion de voyage portée sur la demande
  • Pays et dates précisés
  • Caractère urgent signalé
  • Espèce et parasitémie demandées
  • Avis du biologiste sollicité si doute
  • Infectiologue informé
  • Médecin traitant informé
  • Déclaration effectuée

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 170 : Paludisme
  • R2C, item 175 : Voyage en pays tropical de l'adulte et de l'enfant : conseils avant le départ, pathologies du retour : fièvre, diarrhée, manifestations cutanées
  • R2C, item 147 : Fièvre aiguë chez l'enfant et l'adulte
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, chapitre sur le paludisme
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge et la prévention du paludisme d'importation. La date de la version consultée fait partie de la source