Fiche de révision
Accès palustre
Une fièvre au retour d'un voyage, dont le diagnostic se fait le jour même ou pas du tout.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Une seule question ouvre ce diagnostic, ⚠️ et elle ne se pose qu'à condition d'y penser : où êtes-vous allé, et quand.
⚠️ Ce qui se recueille sur le voyage : le pays et la région, ⚠️ les dates exactes de départ et de retour, ⚠️ le type de séjour, et les conditions d'hébergement. ⚠️ Un voyage de quelques jours suffit, et une escale compte.
⚠️ Ce qui se demande sur la prévention : une chimioprophylaxie prescrite, ⚠️ laquelle, ⚠️ prise comment, et poursuivie combien de temps après le retour. ⚠️ Une prophylaxie prise correctement diminue le risque sans l'annuler, et elle n'écarte jamais le diagnostic.
⚠️ Ce qui se demande sur les mesures de protection : moustiquaire, ⚠️ répulsifs, vêtements, ⚠️ et exposition au crépuscule.
⚠️ Ce qui se recueille sur les symptômes : la date de début de la fièvre, ⚠️ son rythme, les frissons, ⚠️ les céphalées, les troubles digestifs, ⚠️ et une confusion même brève.
⚠️ Ce qui se cherche comme terrain : une grossesse, ⚠️ un âge extrême, une absence de rate, ⚠️ une immunodépression, et un traitement en cours.
⚠️ Ce qui se demande enfin : les autres personnes du voyage, ⚠️ et leur état.
À retenir
- La question du voyage ne se pose qu'à condition d'y penser.
- Un séjour de quelques jours suffit, et une escale compte.
- Une prophylaxie bien prise diminue le risque sans l'annuler.
- Une confusion même brève se recherche explicitement.
- Grossesse, absence de rate et immunodépression changent la gravité.
En pratique
- Pays, région et dates recueillis
- Escales recherchées
- Chimioprophylaxie et observance précisées
- Mesures de protection évaluées
- Date et rythme de la fièvre précisés
- Signes neurologiques recherchés
- Terrain à risque évalué
- Compagnons de voyage interrogés
Examen clinique
⚠️ L'examen cherche des critères de gravité, ⚠️ et il en cherche la liste entière, parce qu'un seul suffit.
⚠️ Ce qui se cherche en priorité : un trouble de la conscience, ⚠️ même minime, ⚠️ une convulsion, une confusion, ⚠️ une prostration, et une raideur de nuque.
⚠️ Ce qui se mesure : la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire, ⚠️ la température, la saturation, ⚠️ et la glycémie capillaire, une hypoglycémie étant fréquente et grave.
⚠️ Ce qui se cherche à l'examen : un ictère, ⚠️ une pâleur, ⚠️ une grosse rate, des signes de saignement, ⚠️ une diminution des urines, et des marbrures.
⚠️ Ce qui se cherche ailleurs : un autre foyer infectieux, ⚠️ une pneumonie, une infection urinaire, une méningite, ⚠️ qui peuvent coexister, et ne dispensent pas de la recherche.
⚠️ Ce qui s'examine chez l'enfant : le comportement, ⚠️ la capacité à boire, ⚠️ et la conscience, la gravité s'y installant plus vite.
⚠️ Ce qui se répète : l'examen, ⚠️ plusieurs fois par jour au début, l'aggravation pouvant être rapide.
À retenir
- Un seul critère de gravité suffit à changer l'orientation.
- Un trouble de la conscience même minime compte.
- L'hypoglycémie est fréquente et grave, et se mesure d'emblée.
- Un autre foyer infectieux peut coexister sans écarter le diagnostic.
- Chez l'enfant, la gravité s'installe plus vite.
En pratique
- Conscience évaluée
- Convulsion recherchée
- Constantes complètes relevées
- Glycémie capillaire mesurée
- Ictère et pâleur recherchés
- Rate palpée
- Diurèse évaluée
- Autre foyer recherché
Synthèse paraclinique
⚠️ La recherche est une urgence, ⚠️ et le résultat est rendu en quelques heures, de jour comme de nuit.
⚠️ Ce qui se demande d'emblée : la recherche du parasite dans le sang, ⚠️ avec la détermination de l'espèce, ⚠️ et le pourcentage de globules rouges parasités, qui participe à la définition de la gravité.
⚠️ Ce qui accompagne : une numération, ⚠️ des plaquettes, ⚠️ la fonction du rein, le bilan du foie, ⚠️ la glycémie, le lactate, ⚠️ et des hémocultures.
⚠️ Ce qui doit alerter sur la numération : des plaquettes basses, ⚠️ très évocatrices dans ce contexte, ⚠️ et une anémie.
⚠️ Ce qui se conclut d'un résultat négatif : rien de définitif chez un patient symptomatique. ⚠️ La recherche se répète, ⚠️ à quelques heures d'intervalle, et l'absence de parasite sur un premier prélèvement n'écarte pas le diagnostic.
⚠️ Ce qui ne remplace pas la recherche : une sérologie, ⚠️ inutile au diagnostic d'un accès aigu.
⚠️ Ce qui se demande selon le contexte : une ponction lombaire, ⚠️ quand un trouble neurologique n'est pas expliqué.
À retenir
- La recherche est une urgence et le résultat est rendu le jour même.
- L'espèce et le pourcentage de globules rouges parasités font partie du résultat.
- Des plaquettes basses sont très évocatrices dans ce contexte.
- Un premier prélèvement négatif chez un patient symptomatique se répète.
- Une sérologie ne sert pas au diagnostic d'un accès aigu.
En pratique
- Recherche demandée en urgence
- Espèce demandée
- Pourcentage parasité demandé
- Numération et plaquettes contrôlées
- Rein, foie et glycémie contrôlés
- Lactate demandé si gravité
- Hémocultures prélevées
- Recontrôle prévu si négatif
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ La règle tient en une phrase : toute fièvre au retour d'une zone d'endémie est un accès palustre jusqu'à preuve du contraire.
⚠️ Ce qui rend cette règle indispensable : ⚠️ il n'existe aucun tableau clinique spécifique. ⚠️ La fièvre peut être isolée, irrégulière, ⚠️ accompagnée de troubles digestifs, de céphalées ou de douleurs, ⚠️ et faire porter à tort un autre diagnostic.
⚠️ Ce qui ne doit jamais faire écarter le diagnostic : une prophylaxie prise, ⚠️ un séjour court, ⚠️ un séjour ancien, une origine du patient, ⚠️ et un autre diagnostic possible.
⚠️ Ce qui se raisonne ensuite : l'espèce, ⚠️ le pourcentage parasité, les critères de gravité, ⚠️ et le terrain, qui décident du lieu de la prise en charge.
⚠️ Ce qui se cherche en parallèle : les autres causes de fièvre au retour, ⚠️ infection digestive, respiratoire, urinaire, arbovirose, hépatite, qui peuvent coexister.
⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une aggravation sous traitement, ⚠️ une fièvre qui persiste, et un parasite qui ne diminue pas.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une recherche négative règle la question, ⚠️ tant que la fièvre persiste.
À retenir
- Toute fièvre au retour d'une zone d'endémie est un accès palustre jusqu'à preuve du contraire.
- Il n'existe aucun tableau clinique spécifique.
- Ni la prophylaxie, ni la brièveté du séjour, ni l'origine n'écartent le diagnostic.
- Une autre cause de fièvre peut coexister.
- Une recherche négative ne règle rien tant que la fièvre persiste.
En pratique
- Notion de voyage recherchée systématiquement
- Délai depuis le retour calculé
- Prophylaxie non retenue comme argument d'exclusion
- Espèce et parasitémie prises en compte
- Critères de gravité listés
- Terrain évalué
- Autres causes recherchées
- Recontrôle prévu si fièvre persistante
Urgence vitale
⚠️ Une forme grave peut apparaître en quelques heures chez un patient qui allait bien.
⚠️ Ce qui définit la gravité : un trouble de la conscience, ⚠️ une convulsion, ⚠️ une prostration, un état de choc, ⚠️ une détresse respiratoire, un saignement, ⚠️ un ictère, une insuffisance rénale, ⚠️ une hypoglycémie, une anémie profonde, ⚠️ une acidose, et une parasitémie élevée.
⚠️ Ce qui se fait immédiatement devant une forme grave : l'appel de la réanimation, ⚠️ le traitement spécifique par voie veineuse sans attendre le transfert, ⚠️ la correction d'une hypoglycémie, et le remplissage prudent.
⚠️ Ce qui se surveille de façon rapprochée : la conscience, ⚠️ la glycémie, ⚠️ la diurèse, la parasitémie, ⚠️ et l'hémoglobine.
⚠️ Ce qui rend l'enfant plus exposé : la rapidité de l'évolution, ⚠️ et la fréquence de l'hypoglycémie et de l'anémie sévère.
⚠️ Ce qui ne se fait jamais : différer le traitement en attendant un transfert, ⚠️ ou attendre le résultat complet quand la forme est grave et le diagnostic probable.
À retenir
- Une forme grave apparaît en quelques heures chez un patient qui allait bien.
- Un seul critère de gravité suffit.
- Le traitement spécifique commence sans attendre le transfert.
- L'hypoglycémie se cherche et se corrige d'emblée.
- Chez l'enfant, l'évolution est plus rapide.
En pratique
- Critères de gravité recherchés en entier
- Réanimation appelée si gravité
- Traitement débuté sans attendre le transfert
- Glycémie corrigée
- Remplissage prudent
- Conscience surveillée
- Diurèse surveillée
- Parasitémie et hémoglobine suivies
Stratégie de prise en charge
⚠️ La première décision n'est pas le médicament, ⚠️ c'est le lieu.
⚠️ Ce qui impose l'hospitalisation : un critère de gravité, ⚠️ un vomissement empêchant la prise orale, ⚠️ une grossesse, un enfant, ⚠️ une personne âgée, une absence de rate ou une immunodépression, ⚠️ un isolement social, et l'impossibilité d'un suivi rapproché.
⚠️ Ce qui autorise une prise en charge ambulatoire : une forme simple, ⚠️ une prise orale possible, ⚠️ un patient joignable et accompagné, et une réévaluation organisée à quelques jours, ⚠️ avec un contrôle parasitologique.
⚠️ Ce qui se prescrit : un traitement spécifique choisi selon l'espèce, ⚠️ la gravité, le terrain, ⚠️ et les traitements en cours, ⚠️ la première prise étant faite devant le soignant.
⚠️ Ce qui se surveille ensuite : la disparition de la fièvre, ⚠️ la décroissance de la parasitémie, et la tolérance.
⚠️ Ce qui se prévoit pour certaines espèces : un traitement complémentaire des formes persistantes, ⚠️ après vérification d'un déficit enzymatique.
⚠️ Ce qui se signale : la maladie, ⚠️ selon les obligations en vigueur, et l'information des voyageurs du même groupe.
À retenir
- La première décision est le lieu, pas le médicament.
- Un vomissement qui empêche la prise orale impose l'hospitalisation.
- La première prise se fait devant le soignant.
- La décroissance de la parasitémie fait partie de la surveillance.
- Certaines espèces imposent un traitement complémentaire des formes persistantes.
En pratique
- Lieu de prise en charge décidé
- Critères d'hospitalisation vérifiés
- Espèce prise en compte
- Interactions vérifiées
- Première prise supervisée
- Réévaluation programmée
- Contrôle parasitologique prévu
- Déclaration et information du groupe faites
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ La prévention se joue avant le départ, ⚠️ et la consultation du retour est l'occasion de préparer le voyage suivant.
⚠️ Ce qui s'explique sur le traitement en cours : la prise complète, ⚠️ le respect des horaires, ⚠️ la conduite en cas de vomissement précoce, et les signes qui doivent faire revenir sans délai.
⚠️ Ce qui se dit sur la durée du risque : qu'une fièvre survenant dans les mois qui suivent un séjour doit faire reconsulter, ⚠️ et signaler le voyage. ⚠️ Beaucoup de patients ne font plus le lien passé quelques semaines.
⚠️ Ce qui s'explique avant un prochain départ : la protection contre les piqûres, ⚠️ moustiquaire imprégnée, ⚠️ répulsifs, vêtements couvrants, ⚠️ et vigilance du coucher au lever du soleil.
⚠️ Ce qui se dit sur la chimioprophylaxie : son intérêt, ⚠️ la nécessité de la poursuivre après le retour, ⚠️ et le fait qu'elle réduit le risque sans le supprimer.
⚠️ Ce qui se prépare pour les voyages particuliers : une consultation dédiée avant le départ, ⚠️ notamment pour une grossesse, un enfant, une personne sans rate ou immunodéprimée.
⚠️ Ce qui se rappelle aux personnes visitant leur pays d'origine : ⚠️ qu'elles ont perdu leur protection immunitaire, et qu'elles sont exposées comme les autres voyageurs.
À retenir
- Un vomissement précoce après une prise annule le traitement.
- Une fièvre dans les mois qui suivent un séjour doit faire signaler le voyage.
- Beaucoup de patients ne font plus le lien passé quelques semaines.
- La chimioprophylaxie réduit le risque sans le supprimer.
- Les personnes visitant leur pays d'origine ont perdu leur protection immunitaire.
En pratique
- Prise complète du traitement expliquée
- Conduite en cas de vomissement donnée
- Signes de retour immédiat donnés
- Durée du risque expliquée
- Protection contre les piqûres expliquée
- Chimioprophylaxie expliquée
- Consultation avant départ proposée
- Perte d'immunité expliquée si concerné
Communication interprofessionnelle
⚠️ Ce diagnostic dépend du laboratoire, ⚠️ et le laboratoire dépend de ce qui est écrit sur la demande.
Ce qui s'écrit sur la demande : ⚠️ la notion de voyage, ⚠️ le pays, les dates, ⚠️ la prise ou non d'une prophylaxie, et le caractère urgent. ⚠️ Une demande sans ces éléments retarde le rendu.
Ce qui se demande au biologiste : ⚠️ l'espèce, ⚠️ la parasitémie, et son avis devant un résultat douteux, ⚠️ ainsi que la possibilité de recontrôler sur le prélèvement déjà reçu.
Ce qui se transmet à l'infectiologue : ⚠️ le tableau, ⚠️ les critères de gravité recherchés, l'espèce, ⚠️ et le terrain.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le traitement, ⚠️ la surveillance prévue, et la conduite en cas de fièvre ultérieure.
⚠️ Ce qui relève d'une obligation : la déclaration selon les règles en vigueur, ⚠️ et l'information des personnes ayant voyagé avec le patient.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : le voyage avec ses dates, ⚠️ information qui servira à tous ceux qui verront ce patient dans les mois suivants.
À retenir
- Une demande sans notion de voyage retarde le rendu du laboratoire.
- L'espèce et la parasitémie se demandent explicitement.
- Le recontrôle peut souvent se faire sur le prélèvement déjà reçu.
- La conduite en cas de fièvre ultérieure se transmet au médecin traitant.
- Le voyage et ses dates écrits au dossier servent des mois plus tard.
En pratique
- Notion de voyage portée sur la demande
- Pays et dates précisés
- Caractère urgent signalé
- Espèce et parasitémie demandées
- Avis du biologiste sollicité si doute
- Infectiologue informé
- Médecin traitant informé
- Déclaration effectuée
S'entraîner sur cette situation
Aucune station ne couvre encore cette situation.