Fiche de révision
Prise en charge d'une ectoparasitose
Une maladie qui ne se traite pas chez une personne mais dans un foyer, et dont le symptôme survit à la guérison.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Deux questions font le diagnostic, ⚠️ et l'une des deux ne porte pas sur le patient.
⚠️ La première : quand ça gratte. ⚠️ Une démangeaison à prédominance nocturne, qui réveille, ⚠️ oriente d'emblée, et se distingue d'une démangeaison de la journée.
⚠️ La seconde : qui d'autre se gratte. ⚠️ Dans le foyer, ⚠️ dans la famille élargie, au travail, ⚠️ dans la collectivité fréquentée par les enfants. ⚠️ Cette question est la plus rentable de la consultation, et elle n'est presque jamais posée.
⚠️ Ce qui se recueille sur l'histoire : la date de début, ⚠️ l'évolution, les traitements déjà appliqués, ⚠️ et leur effet. ⚠️ Un traitement local par corticoïde améliore transitoirement puis aggrave, et modifie l'aspect.
⚠️ Ce qui se cherche sur les contacts : un séjour en collectivité, ⚠️ un hébergement récent, un contact prolongé, ⚠️ et un partenaire sexuel, certaines ectoparasitoses se transmettant ainsi.
⚠️ Ce qui se demande sur les conditions de vie : le nombre de personnes au domicile, ⚠️ l'accès à une machine à laver, et les moyens. ⚠️ Le traitement dépend de ces réponses, et un traitement irréalisable ne sera pas fait.
À retenir
- Une démangeaison qui réveille la nuit oriente d'emblée.
- La question de savoir qui d'autre se gratte est la plus rentable de la consultation.
- Un corticoïde local améliore puis aggrave et modifie l'aspect.
- Certaines ectoparasitoses se transmettent lors des contacts intimes.
- Un traitement irréalisable au domicile ne sera pas fait.
En pratique
- Horaire des démangeaisons précisé
- Entourage interrogé nommément
- Collectivité et travail explorés
- Date de début et évolution recueillies
- Traitements déjà appliqués recensés
- Contacts prolongés recherchés
- Nombre de personnes au domicile connu
- Faisabilité matérielle évaluée
Examen clinique
⚠️ L'examen est un examen de topographie, ⚠️ et il se fait sur un patient entièrement déshabillé, dans une bonne lumière.
⚠️ Ce qui se cherche chez l'adulte : les espaces entre les doigts, ⚠️ la face antérieure des poignets, ⚠️ les coudes, les plis axillaires, ⚠️ la ceinture, les fesses, ⚠️ et les organes génitaux externes, dont l'atteinte est très évocatrice.
⚠️ Ce qui est respecté chez l'adulte : le dos, ⚠️ et le visage, ⚠️ et cette épargne oriente autant que les lésions.
⚠️ Ce qui diffère chez le nourrisson et le jeune enfant : l'atteinte des plantes, ⚠️ des paumes, et parfois du visage, ⚠️ avec des lésions parfois bulleuses ou nodulaires.
⚠️ Ce qui se cherche comme lésion spécifique : un sillon, ⚠️ fin, sinueux, de quelques millimètres, avec une petite élevure à une extrémité, ⚠️ et des lésions nodulaires des organes génitaux.
⚠️ Ce qui se cherche comme complication : une surinfection, ⚠️ un eczéma secondaire, et une forme profuse chez une personne âgée ou immunodéprimée, ⚠️ très contagieuse et souvent méconnue.
⚠️ Ce qui s'examine ensuite : les personnes du foyer présentes.
À retenir
- L'examen se fait entièrement déshabillé, dans une bonne lumière.
- L'atteinte des organes génitaux externes est très évocatrice.
- Le respect du dos et du visage oriente autant que les lésions.
- Chez le nourrisson, les paumes, les plantes et le visage peuvent être atteints.
- Une forme profuse chez une personne âgée est très contagieuse et souvent méconnue.
En pratique
- Patient entièrement déshabillé
- Espaces interdigitaux examinés
- Poignets et coudes examinés
- Ceinture et plis examinés
- Organes génitaux examinés
- Épargne du dos et du visage notée
- Particularités pédiatriques recherchées
- Surinfection et forme profuse recherchées
Synthèse paraclinique
Iconographie
⚠️ Une photographie cutanée ne se lit pas lésion par lésion, ⚠️ elle se lit comme une carte.
⚠️ Ce qui se regarde en premier : la répartition, ⚠️ les zones atteintes, ⚠️ et surtout les zones épargnées, qui éliminent autant qu'elles orientent.
⚠️ Ce qui se cherche comme élément spécifique : un sillon, ⚠️ difficile à voir, ⚠️ et dont l'absence sur une photographie n'élimine rien.
⚠️ Ce qui se distingue : les lésions de la maladie, ⚠️ et les lésions de grattage, excoriations, croûtes, épaississement, ⚠️ qui dominent souvent l'image et masquent le reste.
⚠️ Ce qui modifie l'image : un traitement local déjà appliqué, ⚠️ notamment un corticoïde, ⚠️ qui rend le tableau atypique et retarde le diagnostic.
⚠️ Ce qui doit être demandé quand on reçoit des photographies : la topographie complète, ⚠️ et non un cliché rapproché d'une seule lésion. ⚠️ Un gros plan ne permet presque jamais de conclure.
⚠️ Ce qui vaut mieux qu'une image : l'examen d'un autre membre du foyer, ⚠️ souvent plus typique, parce que non traité.
À retenir
- Une photographie cutanée se lit comme une carte, pas lésion par lésion.
- Les zones épargnées éliminent autant qu'elles orientent.
- L'absence de sillon sur une photographie n'élimine rien.
- Les lésions de grattage dominent l'image et masquent le reste.
- Un gros plan d'une seule lésion ne permet presque jamais de conclure.
En pratique
- Répartition analysée
- Zones épargnées relevées
- Sillon recherché
- Lésions de grattage distinguées
- Traitement local antérieur pris en compte
- Clichés d'ensemble demandés
- Clichés pédiatriques interprétés à part
- Examen d'un autre membre du foyer envisagé
Stratégie diagnostique
⚠️ Le diagnostic est clinique, ⚠️ et il repose sur un faisceau, jamais sur un signe unique.
⚠️ Ce qui compose le faisceau : une démangeaison à prédominance nocturne, ⚠️ une topographie évocatrice, ⚠️ un cas dans l'entourage, et éventuellement une lésion spécifique. ⚠️ Deux de ces éléments suffisent souvent à traiter.
⚠️ Ce qui se discute comme autre diagnostic : un eczéma, ⚠️ une réaction à un médicament, une piqûre d'insecte, ⚠️ une maladie générale responsable de démangeaisons, ⚠️ et une pédiculose, dont la topographie et le mode de vie diffèrent.
⚠️ Ce qui doit faire évoquer une forme profuse : une atteinte étendue, ⚠️ un dos ou un visage atteints chez l'adulte, ⚠️ des lésions croûteuses épaisses, un terrain âgé ou immunodéprimé, ⚠️ et une épidémie dans une institution. ⚠️ Elle est très contagieuse et relève d'un avis spécialisé.
⚠️ Ce qui explique un échec apparent : un entourage non traité, ⚠️ un environnement non traité, une seconde application non faite, ⚠️ une mauvaise application du produit, et une réinfestation.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une démangeaison persistante après traitement signe un échec.
À retenir
- Le diagnostic repose sur un faisceau, jamais sur un signe unique.
- Deux éléments du faisceau suffisent souvent à traiter.
- Un dos ou un visage atteints chez l'adulte font évoquer une forme profuse.
- Un échec apparent vient presque toujours de l'entourage ou de l'environnement.
- Une démangeaison persistante après traitement ne signe pas un échec.
En pratique
- Horaire et topographie confrontés
- Cas dans l'entourage recherché
- Lésion spécifique recherchée
- Autres diagnostics envisagés
- Forme profuse évoquée si atypie
- Terrain à risque identifié
- Causes d'échec passées en revue
- Persistance du prurit correctement interprétée
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ On ne traite pas une personne, ⚠️ on traite un foyer, et le même jour.
⚠️ Qui se traite : le patient, ⚠️ toutes les personnes vivant sous le même toit, ⚠️ les partenaires, et les contacts proches et prolongés, ⚠️ qu'ils se grattent ou non. ⚠️ Un traitement décalé dans le temps ne sert à rien.
⚠️ Comment se traite : selon le schéma retenu, ⚠️ local ou général, ⚠️ avec une application sur tout le corps sans oublier aucune zone, et une seconde application à distance, ⚠️ qui atteint les parasites éclos entre les deux.
⚠️ Ce qui se traite aussi : le linge, ⚠️ la literie, les vêtements portés récemment, ⚠️ par lavage à température élevée, ⚠️ ou par isolement en sac fermé quand le lavage est impossible, et les objets en contact prolongé.
⚠️ Ce qui s'anticipe : le coût, ⚠️ la disponibilité du produit, ⚠️ et la faisabilité pratique, une famille sans machine à laver ayant besoin d'une autre solution.
⚠️ Ce qui se prescrit en plus : un traitement de la démangeaison, ⚠️ et le traitement d'une surinfection.
⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation, ⚠️ à une date fixée, ⚠️ et la conduite si de nouvelles lésions apparaissent.
À retenir
- On traite un foyer, le même jour, qu'ils se grattent ou non.
- Un traitement décalé dans le temps ne sert à rien.
- La seconde application atteint les parasites éclos entre les deux.
- Le linge non lavable s'isole en sac fermé.
- Une famille sans machine à laver a besoin d'une autre solution.
En pratique
- Toutes les personnes du foyer identifiées
- Partenaires et contacts inclus
- Traitement simultané organisé
- Modalités d'application expliquées
- Seconde application prévue
- Traitement du linge organisé
- Faisabilité et coût anticipés
- Réévaluation datée
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Ce diagnostic touche à ce que les gens croient dire d'eux, ⚠️ et il est presque toujours entendu comme un reproche.
⚠️ Ce qui se dit en premier : que cela n'a rien à voir avec l'hygiène, ⚠️ que la transmission se fait par contact, ⚠️ et que cela arrive dans tous les milieux. ⚠️ Sans cette phrase, le patient cache le diagnostic, et l'entourage n'est pas traité.
⚠️ Ce qui s'explique clairement : la contagiosité, ⚠️ la durée pendant laquelle on est contagieux, ⚠️ et le moment où l'on ne l'est plus, qui conditionne le retour au travail ou à l'école.
⚠️ Ce qui se prépare avec le patient : comment il en parlera à son entourage, ⚠️ et ce qu'il dira, ⚠️ cette conversation étant la plus difficile pour lui.
⚠️ Ce qui s'annonce avant la fin de la consultation : que la démangeaison va persister, ⚠️ plusieurs semaines, ⚠️ et que ce n'est pas un échec. ⚠️ Un patient non prévenu revient inquiet ou se traite à nouveau seul.
⚠️ Ce qui se remet : un écrit avec les modalités, ⚠️ les dates des 2 applications, et ce qui doit faire reconsulter.
À retenir
- Dire que cela n'a rien à voir avec l'hygiène conditionne tout le reste.
- Sans cette phrase, le patient cache le diagnostic et l'entourage n'est pas traité.
- La durée de contagiosité conditionne le retour au travail ou à l'école.
- La conversation avec l'entourage se prépare avec le patient.
- Un patient non prévenu de la persistance revient inquiet ou se retraite seul.
En pratique
- Lien avec l'hygiène démenti explicitement
- Mode de transmission expliqué
- Contagiosité et sa durée expliquées
- Retour en collectivité précisé
- Conversation avec l'entourage préparée
- Persistance du prurit annoncée
- Motifs de reconsultation donnés
- Écrit remis avec les 2 dates
Éducation et prévention
⚠️ Le traitement échoue presque toujours pour des raisons pratiques, ⚠️ et l'éducation porte sur ces détails.
⚠️ Ce qui s'explique sur l'application : le moment, ⚠️ la durée pendant laquelle le produit reste en place, ⚠️ l'application sur tout le corps y compris les plis, les organes génitaux et sous les ongles, le lavage des mains après application qui impose de réappliquer sur les mains, ⚠️ et l'ordre des opérations avec le changement du linge.
⚠️ Ce qui s'explique sur le linge : ce qui se lave, ⚠️ à quelle température, ⚠️ et ce qu'on fait de ce qui ne se lave pas.
⚠️ Ce qui se rappelle : la date de la seconde application, ⚠️ notée sur un papier ou sur un téléphone, ⚠️ et sans laquelle elle est oubliée.
⚠️ Ce qui se dit sur la reprise : quand le retour en collectivité est possible, ⚠️ et ce qu'il faut signaler à l'école ou à l'employeur.
⚠️ Ce qui se prévient : la réinfestation, ⚠️ en traitant tout le monde le même jour, et en évitant les emprunts de vêtements ou de literie.
⚠️ Ce qui se dit sur les démangeaisons : qu'elles persisteront, ⚠️ qu'elles se traitent, et que seule une lésion nouvelle doit faire reconsulter.
À retenir
- Le traitement échoue presque toujours pour des raisons pratiques.
- Se laver les mains après application impose de réappliquer dessus.
- La date de la seconde application se note quelque part, sinon elle est oubliée.
- Traiter tout le monde le même jour prévient la réinfestation.
- Seule une lésion nouvelle doit faire reconsulter.
En pratique
- Modalités d'application détaillées
- Zones à ne pas oublier nommées
- Consigne après lavage des mains donnée
- Traitement du linge expliqué
- Date de seconde application notée
- Retour en collectivité précisé
- Prévention de la réinfestation expliquée
- Conduite devant une lésion nouvelle donnée
Communication interprofessionnelle
⚠️ Une ectoparasitose est une maladie de collectif, ⚠️ et sa prise en charge sort du colloque singulier.
Ce qui s'organise pour le foyer : ⚠️ une prescription couvrant toutes les personnes concernées, ⚠️ et un rendez-vous unique quand c'est possible, plutôt qu'une consultation par personne.
Ce qui se transmet au pharmacien : ⚠️ le nombre de personnes à traiter, ⚠️ et les modalités, son conseil à la délivrance conditionnant l'application correcte.
⚠️ Ce qui se signale à l'école ou à la crèche : avec l'accord de la famille, ⚠️ la survenue d'un cas, ⚠️ et l'information des autres familles, sans nommer l'enfant.
Ce qui se signale au médecin du travail : ⚠️ quand le patient travaille au contact de personnes vulnérables, ⚠️ et quand une éviction temporaire se discute.
⚠️ Ce qui déclenche une conduite collective : plusieurs cas dans une institution, ⚠️ qui relèvent d'un protocole d'établissement, d'un traitement simultané de tous les résidents et de tout le personnel, ⚠️ et d'un avis spécialisé.
⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : les personnes traitées, ⚠️ les dates, et la date de la seconde application.
À retenir
- Une ectoparasitose sort du colloque singulier.
- Une prescription couvrant tout le foyer vaut mieux qu'une consultation par personne.
- Le conseil du pharmacien conditionne l'application correcte.
- L'information de la collectivité se fait avec l'accord de la famille et sans nommer l'enfant.
- Plusieurs cas dans une institution relèvent d'un protocole et d'un avis spécialisé.
En pratique
- Prescription couvrant le foyer établie
- Rendez-vous groupé proposé
- Pharmacien informé du nombre de personnes
- Collectivité informée avec accord
- Anonymat de l'enfant respecté
- Médecin du travail saisi si besoin
- Protocole d'établissement déclenché si cas groupés
- Personnes traitées et dates écrites