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Fiche de révision

Prise en charge d'une ectoparasitose

Une maladie qui ne se traite pas chez une personne mais dans un foyer, et dont le symptôme survit à la guérison.

Situation de départ 263Catégorie IIIItem R2C 171Item R2C 116Item R2C 4

Entretien et interrogatoire

⚠️ Deux questions font le diagnostic, ⚠️ et l'une des deux ne porte pas sur le patient.

⚠️ La première : quand ça gratte. ⚠️ Une démangeaison à prédominance nocturne, qui réveille, ⚠️ oriente d'emblée, et se distingue d'une démangeaison de la journée.

⚠️ La seconde : qui d'autre se gratte. ⚠️ Dans le foyer, ⚠️ dans la famille élargie, au travail, ⚠️ dans la collectivité fréquentée par les enfants. ⚠️ Cette question est la plus rentable de la consultation, et elle n'est presque jamais posée.

⚠️ Ce qui se recueille sur l'histoire : la date de début, ⚠️ l'évolution, les traitements déjà appliqués, ⚠️ et leur effet. ⚠️ Un traitement local par corticoïde améliore transitoirement puis aggrave, et modifie l'aspect.

⚠️ Ce qui se cherche sur les contacts : un séjour en collectivité, ⚠️ un hébergement récent, un contact prolongé, ⚠️ et un partenaire sexuel, certaines ectoparasitoses se transmettant ainsi.

⚠️ Ce qui se demande sur les conditions de vie : le nombre de personnes au domicile, ⚠️ l'accès à une machine à laver, et les moyens. ⚠️ Le traitement dépend de ces réponses, et un traitement irréalisable ne sera pas fait.

Le piège

Ne pas demander qui d'autre se gratte. Le foyer non traité ramène le patient dans un mois.

À retenir

  • Une démangeaison qui réveille la nuit oriente d'emblée.
  • La question de savoir qui d'autre se gratte est la plus rentable de la consultation.
  • Un corticoïde local améliore puis aggrave et modifie l'aspect.
  • Certaines ectoparasitoses se transmettent lors des contacts intimes.
  • Un traitement irréalisable au domicile ne sera pas fait.

En pratique

  • Horaire des démangeaisons précisé
  • Entourage interrogé nommément
  • Collectivité et travail explorés
  • Date de début et évolution recueillies
  • Traitements déjà appliqués recensés
  • Contacts prolongés recherchés
  • Nombre de personnes au domicile connu
  • Faisabilité matérielle évaluée

Examen clinique

⚠️ L'examen est un examen de topographie, ⚠️ et il se fait sur un patient entièrement déshabillé, dans une bonne lumière.

⚠️ Ce qui se cherche chez l'adulte : les espaces entre les doigts, ⚠️ la face antérieure des poignets, ⚠️ les coudes, les plis axillaires, ⚠️ la ceinture, les fesses, ⚠️ et les organes génitaux externes, dont l'atteinte est très évocatrice.

⚠️ Ce qui est respecté chez l'adulte : le dos, ⚠️ et le visage, ⚠️ et cette épargne oriente autant que les lésions.

⚠️ Ce qui diffère chez le nourrisson et le jeune enfant : l'atteinte des plantes, ⚠️ des paumes, et parfois du visage, ⚠️ avec des lésions parfois bulleuses ou nodulaires.

⚠️ Ce qui se cherche comme lésion spécifique : un sillon, ⚠️ fin, sinueux, de quelques millimètres, avec une petite élevure à une extrémité, ⚠️ et des lésions nodulaires des organes génitaux.

⚠️ Ce qui se cherche comme complication : une surinfection, ⚠️ un eczéma secondaire, et une forme profuse chez une personne âgée ou immunodéprimée, ⚠️ très contagieuse et souvent méconnue.

⚠️ Ce qui s'examine ensuite : les personnes du foyer présentes.

À retenir

Examiner les espaces entre les doigts et les organes génitaux. Ce sont les deux zones qui font le diagnostic.

À retenir

  • L'examen se fait entièrement déshabillé, dans une bonne lumière.
  • L'atteinte des organes génitaux externes est très évocatrice.
  • Le respect du dos et du visage oriente autant que les lésions.
  • Chez le nourrisson, les paumes, les plantes et le visage peuvent être atteints.
  • Une forme profuse chez une personne âgée est très contagieuse et souvent méconnue.

En pratique

  • Patient entièrement déshabillé
  • Espaces interdigitaux examinés
  • Poignets et coudes examinés
  • Ceinture et plis examinés
  • Organes génitaux examinés
  • Épargne du dos et du visage notée
  • Particularités pédiatriques recherchées
  • Surinfection et forme profuse recherchées

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est clinique. Le prélèvement parasitologique relève du spécialiste et n'est pas nécessaire dans les formes typiques.

Iconographie

⚠️ Une photographie cutanée ne se lit pas lésion par lésion, ⚠️ elle se lit comme une carte.

⚠️ Ce qui se regarde en premier : la répartition, ⚠️ les zones atteintes, ⚠️ et surtout les zones épargnées, qui éliminent autant qu'elles orientent.

⚠️ Ce qui se cherche comme élément spécifique : un sillon, ⚠️ difficile à voir, ⚠️ et dont l'absence sur une photographie n'élimine rien.

⚠️ Ce qui se distingue : les lésions de la maladie, ⚠️ et les lésions de grattage, excoriations, croûtes, épaississement, ⚠️ qui dominent souvent l'image et masquent le reste.

⚠️ Ce qui modifie l'image : un traitement local déjà appliqué, ⚠️ notamment un corticoïde, ⚠️ qui rend le tableau atypique et retarde le diagnostic.

⚠️ Ce qui doit être demandé quand on reçoit des photographies : la topographie complète, ⚠️ et non un cliché rapproché d'une seule lésion. ⚠️ Un gros plan ne permet presque jamais de conclure.

⚠️ Ce qui vaut mieux qu'une image : l'examen d'un autre membre du foyer, ⚠️ souvent plus typique, parce que non traité.

Le piège

Conclure sur un gros plan. Demander des clichés d'ensemble avant de se prononcer.

À retenir

  • Une photographie cutanée se lit comme une carte, pas lésion par lésion.
  • Les zones épargnées éliminent autant qu'elles orientent.
  • L'absence de sillon sur une photographie n'élimine rien.
  • Les lésions de grattage dominent l'image et masquent le reste.
  • Un gros plan d'une seule lésion ne permet presque jamais de conclure.

En pratique

  • Répartition analysée
  • Zones épargnées relevées
  • Sillon recherché
  • Lésions de grattage distinguées
  • Traitement local antérieur pris en compte
  • Clichés d'ensemble demandés
  • Clichés pédiatriques interprétés à part
  • Examen d'un autre membre du foyer envisagé

Stratégie diagnostique

⚠️ Le diagnostic est clinique, ⚠️ et il repose sur un faisceau, jamais sur un signe unique.

⚠️ Ce qui compose le faisceau : une démangeaison à prédominance nocturne, ⚠️ une topographie évocatrice, ⚠️ un cas dans l'entourage, et éventuellement une lésion spécifique. ⚠️ Deux de ces éléments suffisent souvent à traiter.

⚠️ Ce qui se discute comme autre diagnostic : un eczéma, ⚠️ une réaction à un médicament, une piqûre d'insecte, ⚠️ une maladie générale responsable de démangeaisons, ⚠️ et une pédiculose, dont la topographie et le mode de vie diffèrent.

⚠️ Ce qui doit faire évoquer une forme profuse : une atteinte étendue, ⚠️ un dos ou un visage atteints chez l'adulte, ⚠️ des lésions croûteuses épaisses, un terrain âgé ou immunodéprimé, ⚠️ et une épidémie dans une institution. ⚠️ Elle est très contagieuse et relève d'un avis spécialisé.

⚠️ Ce qui explique un échec apparent : un entourage non traité, ⚠️ un environnement non traité, une seconde application non faite, ⚠️ une mauvaise application du produit, et une réinfestation.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une démangeaison persistante après traitement signe un échec.

À retenir

Devant un échec, chercher qui n'a pas été traité avant de changer de médicament.

À retenir

  • Le diagnostic repose sur un faisceau, jamais sur un signe unique.
  • Deux éléments du faisceau suffisent souvent à traiter.
  • Un dos ou un visage atteints chez l'adulte font évoquer une forme profuse.
  • Un échec apparent vient presque toujours de l'entourage ou de l'environnement.
  • Une démangeaison persistante après traitement ne signe pas un échec.

En pratique

  • Horaire et topographie confrontés
  • Cas dans l'entourage recherché
  • Lésion spécifique recherchée
  • Autres diagnostics envisagés
  • Forme profuse évoquée si atypie
  • Terrain à risque identifié
  • Causes d'échec passées en revue
  • Persistance du prurit correctement interprétée

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Une ectoparasitose ne constitue pas une urgence vitale. Les complications infectieuses graves relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ On ne traite pas une personne, ⚠️ on traite un foyer, et le même jour.

⚠️ Qui se traite : le patient, ⚠️ toutes les personnes vivant sous le même toit, ⚠️ les partenaires, et les contacts proches et prolongés, ⚠️ qu'ils se grattent ou non. ⚠️ Un traitement décalé dans le temps ne sert à rien.

⚠️ Comment se traite : selon le schéma retenu, ⚠️ local ou général, ⚠️ avec une application sur tout le corps sans oublier aucune zone, et une seconde application à distance, ⚠️ qui atteint les parasites éclos entre les deux.

⚠️ Ce qui se traite aussi : le linge, ⚠️ la literie, les vêtements portés récemment, ⚠️ par lavage à température élevée, ⚠️ ou par isolement en sac fermé quand le lavage est impossible, et les objets en contact prolongé.

⚠️ Ce qui s'anticipe : le coût, ⚠️ la disponibilité du produit, ⚠️ et la faisabilité pratique, une famille sans machine à laver ayant besoin d'une autre solution.

⚠️ Ce qui se prescrit en plus : un traitement de la démangeaison, ⚠️ et le traitement d'une surinfection.

⚠️ Ce qui se programme : une réévaluation, ⚠️ à une date fixée, ⚠️ et la conduite si de nouvelles lésions apparaissent.

À retenir

Prescrire pour tout le foyer sur la même ordonnance et pour le même jour.

À retenir

  • On traite un foyer, le même jour, qu'ils se grattent ou non.
  • Un traitement décalé dans le temps ne sert à rien.
  • La seconde application atteint les parasites éclos entre les deux.
  • Le linge non lavable s'isole en sac fermé.
  • Une famille sans machine à laver a besoin d'une autre solution.

En pratique

  • Toutes les personnes du foyer identifiées
  • Partenaires et contacts inclus
  • Traitement simultané organisé
  • Modalités d'application expliquées
  • Seconde application prévue
  • Traitement du linge organisé
  • Faisabilité et coût anticipés
  • Réévaluation datée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : La prise en charge d'une ectoparasitose ne comporte pas de geste technique évalué. Le prélèvement parasitologique relève du spécialiste.

Annonce et information

⚠️ Ce diagnostic touche à ce que les gens croient dire d'eux, ⚠️ et il est presque toujours entendu comme un reproche.

⚠️ Ce qui se dit en premier : que cela n'a rien à voir avec l'hygiène, ⚠️ que la transmission se fait par contact, ⚠️ et que cela arrive dans tous les milieux. ⚠️ Sans cette phrase, le patient cache le diagnostic, et l'entourage n'est pas traité.

⚠️ Ce qui s'explique clairement : la contagiosité, ⚠️ la durée pendant laquelle on est contagieux, ⚠️ et le moment où l'on ne l'est plus, qui conditionne le retour au travail ou à l'école.

⚠️ Ce qui se prépare avec le patient : comment il en parlera à son entourage, ⚠️ et ce qu'il dira, ⚠️ cette conversation étant la plus difficile pour lui.

⚠️ Ce qui s'annonce avant la fin de la consultation : que la démangeaison va persister, ⚠️ plusieurs semaines, ⚠️ et que ce n'est pas un échec. ⚠️ Un patient non prévenu revient inquiet ou se traite à nouveau seul.

⚠️ Ce qui se remet : un écrit avec les modalités, ⚠️ les dates des 2 applications, et ce qui doit faire reconsulter.

Le piège

Ne pas annoncer la persistance des démangeaisons. Le patient conclut à un échec et se retraite.

À retenir

  • Dire que cela n'a rien à voir avec l'hygiène conditionne tout le reste.
  • Sans cette phrase, le patient cache le diagnostic et l'entourage n'est pas traité.
  • La durée de contagiosité conditionne le retour au travail ou à l'école.
  • La conversation avec l'entourage se prépare avec le patient.
  • Un patient non prévenu de la persistance revient inquiet ou se retraite seul.

En pratique

  • Lien avec l'hygiène démenti explicitement
  • Mode de transmission expliqué
  • Contagiosité et sa durée expliquées
  • Retour en collectivité précisé
  • Conversation avec l'entourage préparée
  • Persistance du prurit annoncée
  • Motifs de reconsultation donnés
  • Écrit remis avec les 2 dates

Éducation et prévention

⚠️ Le traitement échoue presque toujours pour des raisons pratiques, ⚠️ et l'éducation porte sur ces détails.

⚠️ Ce qui s'explique sur l'application : le moment, ⚠️ la durée pendant laquelle le produit reste en place, ⚠️ l'application sur tout le corps y compris les plis, les organes génitaux et sous les ongles, le lavage des mains après application qui impose de réappliquer sur les mains, ⚠️ et l'ordre des opérations avec le changement du linge.

⚠️ Ce qui s'explique sur le linge : ce qui se lave, ⚠️ à quelle température, ⚠️ et ce qu'on fait de ce qui ne se lave pas.

⚠️ Ce qui se rappelle : la date de la seconde application, ⚠️ notée sur un papier ou sur un téléphone, ⚠️ et sans laquelle elle est oubliée.

⚠️ Ce qui se dit sur la reprise : quand le retour en collectivité est possible, ⚠️ et ce qu'il faut signaler à l'école ou à l'employeur.

⚠️ Ce qui se prévient : la réinfestation, ⚠️ en traitant tout le monde le même jour, et en évitant les emprunts de vêtements ou de literie.

⚠️ Ce qui se dit sur les démangeaisons : qu'elles persisteront, ⚠️ qu'elles se traitent, et que seule une lésion nouvelle doit faire reconsulter.

À retenir

Faire noter la date de la seconde application devant soi. C'est l'étape la plus souvent oubliée.

À retenir

  • Le traitement échoue presque toujours pour des raisons pratiques.
  • Se laver les mains après application impose de réappliquer dessus.
  • La date de la seconde application se note quelque part, sinon elle est oubliée.
  • Traiter tout le monde le même jour prévient la réinfestation.
  • Seule une lésion nouvelle doit faire reconsulter.

En pratique

  • Modalités d'application détaillées
  • Zones à ne pas oublier nommées
  • Consigne après lavage des mains donnée
  • Traitement du linge expliqué
  • Date de seconde application notée
  • Retour en collectivité précisé
  • Prévention de la réinfestation expliquée
  • Conduite devant une lésion nouvelle donnée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une ectoparasitose est une maladie de collectif, ⚠️ et sa prise en charge sort du colloque singulier.

Ce qui s'organise pour le foyer : ⚠️ une prescription couvrant toutes les personnes concernées, ⚠️ et un rendez-vous unique quand c'est possible, plutôt qu'une consultation par personne.

Ce qui se transmet au pharmacien : ⚠️ le nombre de personnes à traiter, ⚠️ et les modalités, son conseil à la délivrance conditionnant l'application correcte.

⚠️ Ce qui se signale à l'école ou à la crèche : avec l'accord de la famille, ⚠️ la survenue d'un cas, ⚠️ et l'information des autres familles, sans nommer l'enfant.

Ce qui se signale au médecin du travail : ⚠️ quand le patient travaille au contact de personnes vulnérables, ⚠️ et quand une éviction temporaire se discute.

⚠️ Ce qui déclenche une conduite collective : plusieurs cas dans une institution, ⚠️ qui relèvent d'un protocole d'établissement, d'un traitement simultané de tous les résidents et de tout le personnel, ⚠️ et d'un avis spécialisé.

⚠️ Et ce qui s'écrit dans le dossier : les personnes traitées, ⚠️ les dates, et la date de la seconde application.

À retenir

Prescrire pour le foyer sur une seule ordonnance. C'est ce qui rend le traitement simultané possible.

À retenir

  • Une ectoparasitose sort du colloque singulier.
  • Une prescription couvrant tout le foyer vaut mieux qu'une consultation par personne.
  • Le conseil du pharmacien conditionne l'application correcte.
  • L'information de la collectivité se fait avec l'accord de la famille et sans nommer l'enfant.
  • Plusieurs cas dans une institution relèvent d'un protocole et d'un avis spécialisé.

En pratique

  • Prescription couvrant le foyer établie
  • Rendez-vous groupé proposé
  • Pharmacien informé du nombre de personnes
  • Collectivité informée avec accord
  • Anonymat de l'enfant respecté
  • Médecin du travail saisi si besoin
  • Protocole d'établissement déclenché si cas groupés
  • Personnes traitées et dates écrites

Sources

  • R2C, item 171 : Gale et pédiculose
  • R2C, item 116 : Prurit
  • R2C, item 4 : Qualité et sécurité des soins. La sécurité du patient. La gestion des risques. Les événements indésirables associés aux soins (EIAS). Démarche qualité et évaluation des pratiques professionnelles
  • Collège des enseignants de dermatologie de France, chapitre sur la gale et la pédiculose
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la gale, le traitement de l'entourage et la conduite en collectivité. La date de la version consultée fait partie de la source