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Fiche de révision

Consultation de suivi d'un patient polymédiqué

Une consultation qui commence par les boîtes du patient et se termine par une indication écrite.

Situation de départ 266Catégorie IIIItem R2C 325Item R2C 326Item R2C 133

Entretien et interrogatoire

⚠️ La première question n'est pas « prenez-vous bien votre traitement », ⚠️ elle est « montrez-moi ce que vous prenez ».

⚠️ Ce qui se demande avant la consultation : d'apporter toutes les boîtes, ⚠️ y compris celles qu'il ne prend plus, ⚠️ et le pilulier tel qu'il est préparé.

⚠️ Ce qui se recense : les ordonnances de tous les prescripteurs, ⚠️ ce qui a été acheté sans ordonnance, ⚠️ les compléments et les plantes, et ce qu'un proche donne.

⚠️ Ce qui se demande ligne par ligne : depuis quand, ⚠️ pour quoi, ⚠️ à quelle heure, et si le patient sait pourquoi il la prend. ⚠️ Une ligne dont personne ne connaît l'indication est une ligne à discuter.

⚠️ Ce qui se cherche comme effet indésirable : une chute, ⚠️ une somnolence, une bouche sèche, ⚠️ une constipation, des vertiges, ⚠️ une confusion, et un trouble urinaire.

⚠️ Ce qui se demande sur l'organisation : qui prépare le pilulier, ⚠️ qui va à la pharmacie, et ce qui a changé récemment.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que le patient voudrait arrêter, ⚠️ question rarement posée et souvent féconde.

⚠️ Ce qui se recherche sur l'observance réelle : le nombre de comprimés oubliés dans une semaine, ⚠️ plutôt que la question « prenez-vous bien tout ». ⚠️ Une question qui appelle un chiffre oblige à compter, et le chiffre trouvé surprend souvent le patient lui-même. ⚠️ Une non-prise a toujours une raison, coût, effet ressenti, difficulté d'ouverture, ou conviction, et cette raison se demande sans reproche.

À retenir

Faire apporter toutes les boîtes. C'est le seul moyen de connaître le traitement réel.

À retenir

  • La première question est montrez-moi ce que vous prenez.
  • Les boîtes qu'il ne prend plus disent autant que celles qu'il prend.
  • Une ligne dont personne ne connaît l'indication est une ligne à discuter.
  • Les effets indésirables se cherchent nommément, symptôme par symptôme.
  • Demander ce que le patient voudrait arrêter est rarement fait et souvent fécond.

En pratique

  • Consigne d'apporter les boîtes donnée
  • Toutes les sources recensées
  • Achats sans ordonnance recherchés
  • Indication de chaque ligne demandée
  • Heures de prise recueillies
  • Effets indésirables recherchés
  • Organisation du pilulier connue
  • Souhaits du patient recueillis

Examen clinique

⚠️ L'examen d'un patient polymédiqué cherche les conséquences de l'ordonnance.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ et son évolution, ⚠️ la pression artérielle couchée et debout, la fréquence cardiaque, ⚠️ et l'état d'hydratation. ⚠️ Une chute de la pression au lever explique des vertiges et des chutes, et elle est produite par l'ordonnance.

⚠️ Ce qui s'évalue chez le sujet âgé : l'équilibre, ⚠️ la marche, ⚠️ la vigilance, la mémoire récente, ⚠️ et l'humeur.

⚠️ Ce qui se cherche comme effet visible : une bouche sèche, ⚠️ des œdèmes, des ecchymoses, ⚠️ un ralentissement, et une constipation.

⚠️ Ce qui se vérifie sur les capacités : la vue de près, ⚠️ la dextérité, ⚠️ et la capacité à ouvrir les boîtes et à lire les étiquettes, une observance dépendant souvent de cela.

⚠️ Ce qui se note comme référence : les mêmes mesures datées, ⚠️ pour juger l'effet d'une modification.

⚠️ Ce qui s'observe pendant la consultation : la façon dont le patient sort ses boîtes, ⚠️ s'il les reconnaît, ⚠️ s'il les nomme, et s'il les confond. ⚠️ Deux minutes d'observation en disent plus qu'un interrogatoire sur l'observance.

Le piège

Attribuer une lenteur ou une chute à l'âge sans avoir relu l'ordonnance.

À retenir

  • L'examen cherche les conséquences de l'ordonnance.
  • Une chute de pression au lever est produite par l'ordonnance.
  • Équilibre, vigilance et mémoire s'évaluent avant toute modification.
  • La capacité à ouvrir les boîtes conditionne l'observance.
  • Les mesures datées permettent de juger l'effet d'un changement.

En pratique

  • Poids et évolution notés
  • Pression couchée et debout mesurée
  • Hydratation évaluée
  • Équilibre et marche testés
  • Vigilance et mémoire évaluées
  • Effets visibles recherchés
  • Vue et dextérité évaluées
  • Mesures datées

Synthèse paraclinique

⚠️ Le bilan sert à adapter les doses, ⚠️ et à repérer ce que les médicaments ont produit.

⚠️ Ce qui se contrôle avant d'adapter : la fonction du rein, ⚠️ par le débit de filtration estimé, ⚠️ le potassium, le sodium, ⚠️ et la numération.

⚠️ Ce qui se contrôle selon les classes prescrites : le bilan du foie, ⚠️ la glycémie, la thyroïde, ⚠️ et les dosages spécifiques quand ils existent.

⚠️ Ce qui se recontrôle après chaque modification : les paramètres concernés, ⚠️ à un délai adapté à la molécule, ⚠️ et non au prochain bilan systématique.

⚠️ Ce qui doit être demandé quand un compte rendu le prévoit : l'ordonnance de biologie correspondante, ⚠️ rédigée le jour même, un examen demandé sans ordonnance n'étant jamais réalisé.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas d'un bilan normal : que l'ordonnance est bonne. ⚠️ Un bilan normal ne dit rien de l'indication d'une ligne, ni de sa tolérance clinique.

⚠️ Ce qui ne se répète pas : un bilan complet tous les 3 mois chez un patient stable, ⚠️ qui produit des découvertes sans conséquence et des examens en cascade.

⚠️ Ce qui se relit avant de conclure : les bilans antérieurs, ⚠️ une valeur isolée n'ayant de sens que comparée à la précédente, ⚠️ et une dérive lente sur plusieurs années échappant à chaque lecture prise séparément.

À retenir

Rédiger l'ordonnance de biologie le jour où le contrôle est décidé, pas plus tard.

À retenir

  • La fonction du rein se lit sur un débit estimé avant toute adaptation.
  • Chaque modification impose un recontrôle à un délai adapté.
  • Un examen demandé sans ordonnance n'est jamais réalisé.
  • Un bilan normal ne dit rien de l'indication d'une ligne.
  • Un bilan complet trimestriel chez un patient stable produit des cascades.

En pratique

  • Débit de filtration estimé contrôlé
  • Sels du sang contrôlés
  • Numération contrôlée
  • Bilans propres aux classes demandés
  • Recontrôle après modification programmé
  • Ordonnance de biologie rédigée
  • Résultats confrontés à la clinique
  • Répétitions inutiles évitées

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'intervient dans le suivi d'un patient polymédiqué. L'imagerie des maladies concernées relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de démarche diagnostique propre. Le raisonnement devant un symptôme relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Le suivi d'un patient polymédiqué ne constitue pas une urgence vitale. Les accidents iatrogènes aigus relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Une revue de traitement suit un ordre, ⚠️ et cet ordre évite d'ajouter avant d'avoir retiré.

⚠️ Ce qui se fait en premier : retirer. ⚠️ Une ligne sans indication, ⚠️ une ligne prescrite pour un effet indésirable d'une autre, une ligne débutée pour une durée limitée et jamais arrêtée, ⚠️ et un doublon de classe.

⚠️ Ce qui se fait ensuite : réduire, ⚠️ en adaptant les doses à la fonction du rein, au poids et à l'âge.

⚠️ Ce qui se fait en dernier : remplacer, ⚠️ une molécule mal tolérée par une mieux adaptée, et ajouter seulement si c'est nécessaire.

⚠️ Le rythme : un nombre limité de modifications à la fois, ⚠️ avec une réévaluation entre chaque étape, ⚠️ et un arrêt progressif pour les classes qui l'imposent.

⚠️ Ce qui s'écrit sur la nouvelle ordonnance : l'indication de chaque ligne, ⚠️ la durée quand elle est limitée, ⚠️ une date de réévaluation, et la consigne de suspension en cas de perte d'eau.

⚠️ Ce qui se prévoit pour les transitions : une comparaison écrite entre les traitements d'avant et d'après, ⚠️ à l'entrée comme à la sortie d'une hospitalisation, ⚠️ et la distinction entre les écarts voulus et les autres.

⚠️ Ce qui se décide devant un patient stable et satisfait : parfois rien. ⚠️ Une revue peut conclure au maintien de l'ordonnance, ⚠️ et cette conclusion se documente comme une décision, avec la date de la prochaine revue.

À retenir

Comparer par écrit les traitements avant et après une hospitalisation. C'est là que les lignes se perdent.

À retenir

  • Retirer, réduire, remplacer : dans cet ordre.
  • Une ligne prescrite pour l'effet d'une autre se retire en premier.
  • Un nombre limité de modifications à la fois, avec réévaluation entre chaque.
  • L'indication écrite sur chaque ligne rend la réévaluation possible.
  • Aux transitions, une comparaison écrite entre l'avant et l'après.

En pratique

  • Lignes sans indication retirées
  • Chaînes de prescription défaites
  • Doublons supprimés
  • Doses adaptées
  • Molécules mal tolérées remplacées
  • Modifications limitées en nombre
  • Indications et durées écrites
  • Comparaison écrite aux transitions

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Le suivi d'un patient polymédiqué ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'explication des modifications est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Un patient qui ne comprend pas une modification continue comme avant.

⚠️ Ce qui s'explique pour chaque changement : la raison, ⚠️ ce qui est attendu, ⚠️ et ce qu'il faut faire des boîtes retirées, qu'il faut rapporter et non garder.

⚠️ Ce qui se remet : une ordonnance lisible, ⚠️ avec l'indication en regard de chaque ligne, ⚠️ et un plan de prise par moment de la journée, plus utile qu'une liste alphabétique.

⚠️ Ce qui s'apprend : la conduite les jours de diarrhée, de vomissements, de fièvre ou de forte chaleur, ⚠️ avec la liste des médicaments à suspendre, et le moment de la reprise.

⚠️ Ce qui se dit sur l'automédication : qu'un médicament acheté seul est un médicament, ⚠️ et que les anti-inflammatoires sont à éviter.

⚠️ Ce qui se vérifie : que le patient sait nommer ce qu'il prend et pour quoi, ⚠️ au moins pour les traitements essentiels, et non pour tous.

⚠️ Ce qui s'organise si nécessaire : une préparation du pilulier par un tiers, ⚠️ un passage infirmier, et une aide à la gestion des ordonnances.

⚠️ Ce qui se dit sur le nombre de médicaments : qu'en diminuer le nombre est un objectif de soin, ⚠️ et non un abandon. ⚠️ Beaucoup de patients vivent un retrait comme une perte de surveillance, et le formuler comme un gain change leur adhésion.

À retenir

Remettre un plan de prise par moment de la journée. La liste alphabétique n'est pas utilisable.

À retenir

  • Un patient qui ne comprend pas une modification continue comme avant.
  • Les boîtes retirées se rapportent, elles ne se gardent pas.
  • Un plan de prise par moment de la journée vaut mieux qu'une liste.
  • Les jours de perte d'eau se donnent par écrit avec la liste des médicaments.
  • On vérifie qu'il sait nommer les traitements essentiels, pas tous.

En pratique

  • Raison de chaque changement expliquée
  • Devenir des boîtes retirées précisé
  • Ordonnance lisible remise
  • Plan de prise par moment remis
  • Jours de suspension écrits
  • Automédication abordée
  • Compréhension vérifiée
  • Aide organisée si nécessaire

Communication interprofessionnelle

⚠️ Les traitements se perdent aux transitions, ⚠️ et une comparaison écrite est le seul outil qui les retrouve.

⚠️ Ce qui se fait à l'entrée et à la sortie d'une hospitalisation : la comparaison ligne à ligne ⚠️ entre les traitements d'avant et les prescriptions en cours, ⚠️ et la qualification de chaque écart, voulu et documenté, ou non voulu.

⚠️ Ce qui se corrige immédiatement : un traitement de fond disparu sans décision, ⚠️ un doublon de classe entre l'hôpital et la ville, et une ligne temporaire reconduite sans terme.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ les changements, ⚠️ leur raison, ce qui reste à réévaluer, ⚠️ et la date du contrôle prévu.

Ce qui se transmet au pharmacien d'officine : ⚠️ la nouvelle ordonnance, ⚠️ et les lignes arrêtées, pour qu'il ne délivre plus ce qui a été retiré.

Ce qui se demande aux autres prescripteurs : ⚠️ leur avis avant de modifier un traitement qu'ils ont introduit, ⚠️ un accord obtenu par un mot écrit tenant mieux qu'une décision unilatérale, qui sera défaite à la consultation suivante.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit jamais : « traitement habituel poursuivi ». ⚠️ Cette formule ne dit ni quoi ni à quelle dose, et elle est à l'origine d'une partie des erreurs de transition, ⚠️ la personne qui la lit ensuite reconstituant l'ordonnance de mémoire ou en demandant au patient.

Le piège

Écrire traitement habituel poursuivi sur une ordonnance de sortie. Personne ne saura lequel.

À retenir

  • Les traitements se perdent aux transitions, et seule une comparaison écrite les retrouve.
  • Chaque écart se qualifie : voulu et documenté, ou non voulu.
  • Un doublon entre l'hôpital et la ville se corrige avant la sortie.
  • Le pharmacien doit connaître les lignes arrêtées.
  • Traitement habituel poursuivi ne dit ni quoi ni à quelle dose.

En pratique

  • Comparaison ligne à ligne faite
  • Écarts qualifiés
  • Traitement de fond disparu rétabli
  • Doublons corrigés
  • Lignes temporaires datées
  • Médecin traitant informé
  • Pharmacien informé des arrêts
  • Avis des autres prescripteurs demandé

Sources

  • R2C, item 325 : Identification et gestion des risques liés aux médicaments et aux biomatériaux, risque iatrogène, erreur médicamenteuse
  • R2C, item 326 : Cadre réglementaire de la prescription thérapeutique et recommandations pour le bon usage
  • R2C, item 133 : Autonomie et dépendance chez le sujet âgé
  • Collège national de pharmacologie médicale et Collège des enseignants de médecine générale, chapitres sur la revue de médication et la conciliation
  • Recommandations en vigueur sur la conciliation des traitements médicamenteux et la déprescription. La date de la version consultée fait partie de la source