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Fiche de révision

Prise en charge d'un patient présentant une tuberculose bacillifère

Un patient, une équipe et un entourage, trois cercles qui appellent chacun une décision.

Situation de départ 274Catégorie IIIItem R2C 159Item R2C 177Item R2C 4

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'interrogatoire d'un patient contagieux sert autant à le soigner qu'à protéger ceux qui l'entourent.

⚠️ Ce qui se reconstitue sur les symptômes : la date de début de la toux, ⚠️ son ancienneté déterminant la période pendant laquelle il a pu contaminer, ⚠️ la fièvre, les sueurs nocturnes, et l'amaigrissement.

⚠️ Ce qui se recense sur l'entourage : les personnes vivant sous le même toit, ⚠️ les enfants, ⚠️ les personnes fragiles, les collègues partageant un espace clos, ⚠️ et les lieux collectifs fréquentés.

⚠️ Ce qui se demande sur le contexte : le pays d'origine et les séjours, ⚠️ un contact connu avec une personne malade, les conditions de logement, ⚠️ et la précarité.

⚠️ Ce qui se recherche comme terrain : une immunodépression, ⚠️ une infection par le virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ un traitement diminuant les défenses, un diabète, ⚠️ une consommation d'alcool ou de drogues.

⚠️ Ce qui se demande sur les conditions du traitement : la couverture sociale, ⚠️ le logement, ⚠️ la capacité à venir aux consultations, et les obstacles prévisibles à une prise quotidienne pendant des mois.

À retenir

Dater le début de la toux. C'est ce qui définit la période à explorer pour l'entourage.

À retenir

  • L'ancienneté de la toux détermine la période de contagiosité à explorer.
  • L'entourage se recense nommément, y compris les lieux collectifs.
  • L'immunodépression change le tableau et la prise en charge.
  • Les obstacles à un traitement de plusieurs mois se cherchent d'emblée.
  • La couverture sociale conditionne l'accès au traitement.

En pratique

  • Date de début de la toux précisée
  • Signes généraux recueillis
  • Personnes du domicile recensées
  • Enfants et personnes fragiles identifiés
  • Collectivités fréquentées listées
  • Terrain immunitaire évalué
  • Conditions de logement évaluées
  • Obstacles au traitement anticipés

Examen clinique

⚠️ L'examen évalue la gravité, ⚠️ et cherche les localisations qui changent la conduite.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids et sa perte, ⚠️ la température, ⚠️ la fréquence respiratoire, la saturation, ⚠️ et l'état général.

⚠️ Ce qui s'ausculte : les 2 champs pulmonaires, ⚠️ souvent pauvres par rapport aux images.

⚠️ Ce qui se cherche comme autre localisation : des ganglions, ⚠️ une atteinte neurologique, ⚠️ une raideur de nuque, une douleur du rachis, ⚠️ une atteinte urinaire, et une atteinte cutanée.

⚠️ Ce qui se cherche comme signe de gravité : une détresse respiratoire, ⚠️ une confusion, une dénutrition sévère, ⚠️ et une hémoptysie abondante.

⚠️ Ce qui s'évalue chez l'enfant contact : la croissance, ⚠️ l'état général, et l'existence de symptômes, ⚠️ une forme grave survenant chez le jeune enfant.

⚠️ Ce qui se note : le poids de départ, ⚠️ référence de toute la surveillance du traitement.

Urgence

Confusion ou raideur de nuque chez un patient tuberculeux : évoquer une atteinte neurologique et agir sans délai.

À retenir

  • L'auscultation est souvent pauvre par rapport aux images.
  • Les autres localisations se cherchent systématiquement.
  • Une atteinte neurologique change complètement la conduite.
  • Le jeune enfant contact peut développer une forme grave.
  • Le poids de départ est la référence de toute la surveillance.

En pratique

  • Poids et perte de poids notés
  • Constantes complètes relevées
  • Auscultation pulmonaire faite
  • Ganglions palpés
  • Signes neurologiques recherchés
  • Rachis examiné
  • Signes de gravité recherchés
  • Enfants contacts évalués

Synthèse paraclinique

⚠️ Un examen direct positif change tout, ⚠️ et il ne se conclut pas seul.

⚠️ Ce qui se prélève : plusieurs échantillons respiratoires, ⚠️ sur des jours différents, ⚠️ avant le traitement quand c'est possible, et par une méthode adaptée quand le patient ne crache pas.

⚠️ Ce qui se demande sur chaque prélèvement : l'examen direct, ⚠️ la culture, ⚠️ et un test moléculaire rapide, ⚠️ qui identifie l'espèce et recherche une résistance en quelques heures, et dont le résultat change la conduite immédiate.

⚠️ Ce qui se demande avant de traiter : un bilan du foie, ⚠️ la fonction du rein, ⚠️ une numération, un examen ophtalmologique selon les molécules, ⚠️ et une sérologie du virus de l'immunodéficience humaine, systématiquement proposée.

⚠️ Ce qui se surveille sous traitement : le bilan du foie, ⚠️ la tolérance, ⚠️ le poids, et la négativation des prélèvements.

⚠️ Ce qui se conclut d'une culture : l'espèce et la sensibilité, ⚠️ et elle arrive après plusieurs semaines, ce qui n'empêche pas de traiter.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'un examen direct négatif écarte le diagnostic, ⚠️ ni qu'un patient à examen direct négatif n'est pas contagieux du tout.

À retenir

Demander le test moléculaire rapide. Il change la conduite le jour même, la culture des semaines plus tard.

À retenir

  • Plusieurs prélèvements, sur des jours différents, avant le traitement.
  • Un test moléculaire rapide identifie l'espèce et une résistance en quelques heures.
  • La sérologie du virus de l'immunodéficience humaine se propose systématiquement.
  • La culture arrive après plusieurs semaines, ce qui n'empêche pas de traiter.
  • Un examen direct négatif n'écarte pas le diagnostic.

En pratique

  • Prélèvements répétés effectués
  • Examen direct et culture demandés
  • Test moléculaire rapide demandé
  • Bilan du foie fait avant traitement
  • Fonction du rein contrôlée
  • Sérologie du virus proposée
  • Bilan ophtalmologique selon les molécules
  • Surveillance sous traitement programmée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'interprétation des images thoraciques relève des situations de départ consacrées à l'imagerie du thorax. Cette situation porte sur la prise en charge d'un cas confirmé.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est acquis quand se pose la question de la prise en charge d'un cas bacillifère. La démarche devant une suspicion relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La tuberculose bacillifère ne constitue pas en elle-même une urgence vitale. L'hémoptysie massive et la méningite tuberculeuse relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Trois décisions se prennent le même jour : ⚠️ isoler, traiter, et déclencher l'enquête.

⚠️ Isoler : une chambre individuelle, ⚠️ porte fermée, ⚠️ avec une signalisation, une limitation des déplacements, ⚠️ et une aération selon la procédure. ⚠️ La prescription porte la durée prévisible et les conditions de levée, sans quoi les mesures durent ou s'arrêtent au hasard.

⚠️ Protéger : un masque chirurgical pour le patient lors de tout déplacement, ⚠️ et un appareil de protection respiratoire pour les soignants et les visiteurs à l'entrée de la chambre. ⚠️ L'inversion des deux est fréquente et protège le mauvais.

⚠️ Traiter : une association de plusieurs antituberculeux, ⚠️ après les prélèvements, ⚠️ pour une durée de plusieurs mois, ⚠️ en une prise quotidienne, et sans jamais réduire à une seule molécule.

⚠️ Ce qui s'organise dès le début : l'observance, ⚠️ facteur principal de succès et d'échec, par un accompagnement adapté, ⚠️ une supervision quand elle est nécessaire, et la gratuité du traitement.

⚠️ Ce qui se programme : les consultations de surveillance, ⚠️ les prélèvements de contrôle, et l'évaluation de la tolérance.

⚠️ Ce qui se prépare pour la sortie : le logement, ⚠️ les conditions de vie, ⚠️ et la poursuite des mesures au domicile.

⚠️ Ce qui se décide quand le patient veut sortir avant : on explique, ⚠️ on ne retient pas de force, ⚠️ et on cherche ce qui motive la demande, un emploi menacé, des enfants à garder, une inquiétude financière. ⚠️ Régler cela obtient plus qu'un refus.

À retenir

Écrire les conditions de levée de l'isolement. Sans elles, les mesures durent ou s'arrêtent au hasard.

À retenir

  • Isoler, traiter et déclencher l'enquête se décident le même jour.
  • La prescription d'isolement porte sa durée et ses conditions de levée.
  • Masque chirurgical pour le patient, protection respiratoire pour les soignants.
  • Le traitement associe plusieurs molécules et ne se réduit jamais à une seule.
  • L'observance est le facteur principal de succès et d'échec.

En pratique

  • Chambre individuelle prescrite
  • Durée et conditions de levée écrites
  • Masques distingués et prescrits
  • Prélèvements faits avant traitement
  • Association thérapeutique prescrite
  • Accompagnement de l'observance organisé
  • Surveillance programmée
  • Conditions de sortie préparées

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Le recueil des prélèvements respiratoires relève des situations de départ correspondantes et ne fait pas partie des gestes attendus ici.

Annonce et information

⚠️ Cette maladie porte une charge qui dépasse largement sa gravité médicale, ⚠️ et l'annonce en tient compte.

⚠️ Ce qui se dit sur la maladie : son nom, ⚠️ qu'elle se guérit, ⚠️ que le traitement dure plusieurs mois, et qu'il doit être pris en entier.

⚠️ Ce qui se dit sur la contagiosité : qu'elle diminue rapidement sous traitement, ⚠️ la durée pendant laquelle les mesures s'appliquent, ⚠️ et ce qui permettra de les lever.

⚠️ Ce qui s'annonce avec précaution : la nécessité de dépister l'entourage. ⚠️ Le patient entend souvent qu'il a mis les siens en danger, ⚠️ et il faut dire que le dépistage protège, et qu'il ne s'agit pas d'une faute.

⚠️ Ce qui s'explique sur les démarches : qu'une déclaration est obligatoire, ⚠️ qu'une enquête sera organisée, ⚠️ et que son identité n'est pas communiquée à son employeur par le service.

⚠️ Ce qui se propose systématiquement : la recherche d'une infection par le virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ expliquée dans son motif.

⚠️ Ce qui s'anticipe : la peur du regard, ⚠️ l'isolement social, et les conséquences professionnelles, ⚠️ qui font partie de la maladie.

Le piège

Annoncer le dépistage de l'entourage sans dire qu'il protège. Le patient entend qu'il a contaminé les siens.

À retenir

  • Cette maladie porte une charge qui dépasse sa gravité médicale.
  • La contagiosité diminue rapidement sous traitement, et il faut le dire.
  • Le dépistage de l'entourage protège et n'est pas une accusation.
  • L'identité du patient n'est pas communiquée à son employeur par le service.
  • La peur du regard et les conséquences professionnelles font partie de la maladie.

En pratique

  • Maladie nommée et guérison affirmée
  • Durée du traitement annoncée
  • Contagiosité et son évolution expliquées
  • Conditions de levée expliquées
  • Dépistage présenté comme une protection
  • Démarches administratives expliquées
  • Sérologie proposée et motivée
  • Retentissement social anticipé

Éducation et prévention

⚠️ Le traitement échoue par interruption, ⚠️ et l'éducation porte d'abord sur la durée.

⚠️ Ce qui s'explique sur la durée : que les symptômes disparaissent bien avant la fin du traitement, ⚠️ et que l'arrêt à ce moment est la cause principale des rechutes et des résistances.

⚠️ Ce qui s'explique sur les prises : le nombre de comprimés, ⚠️ le moment, ⚠️ la conduite en cas d'oubli, et le fait qu'aucune molécule ne se prend seule.

⚠️ Ce qui s'annonce avant qu'il ne le découvre : la coloration des urines par l'un des traitements, ⚠️ information qui inquiète beaucoup quand elle n'a pas été dite.

⚠️ Ce qui doit faire consulter : un ictère, ⚠️ des nausées et des douleurs abdominales, ⚠️ des troubles de la vue, des fourmillements, ⚠️ et une éruption.

⚠️ Ce qui s'explique sur les mesures au domicile : leur durée, ⚠️ l'aération, ⚠️ la limitation des contacts avec les jeunes enfants et les personnes fragiles, et le moment où elles s'arrêtent.

⚠️ Ce qui se dit à l'entourage : l'intérêt du dépistage, ⚠️ où il se fait, et sa gratuité.

⚠️ Ce qui se vérifie : que le patient a compris la durée, ⚠️ et qu'il a les moyens matériels de venir aux consultations.

À retenir

Annoncer que les symptômes partiront avant la fin du traitement. C'est ce qui empêche l'arrêt précoce.

À retenir

  • Les symptômes disparaissent bien avant la fin du traitement.
  • L'arrêt à ce moment est la cause principale des rechutes et des résistances.
  • La coloration des urines s'annonce avant que le patient ne la découvre.
  • Ictère, troubles de la vue et fourmillements doivent faire consulter.
  • Les moyens matériels de venir aux consultations se vérifient.

En pratique

  • Durée du traitement expliquée
  • Risque de l'arrêt précoce expliqué
  • Modalités de prise détaillées
  • Coloration des urines annoncée
  • Signes devant faire consulter donnés
  • Mesures au domicile expliquées
  • Dépistage de l'entourage expliqué
  • Moyens matériels vérifiés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Deux démarches administratives distinctes, ⚠️ et confondre l'une avec l'autre laisse un entourage non dépisté.

⚠️ La déclaration obligatoire : adressée à l'autorité sanitaire, ⚠️ à visée de surveillance épidémiologique, ⚠️ et sans effet direct sur l'entourage.

⚠️ Le signalement pour l'enquête autour du cas : destiné au service compétent, ⚠️ qui organise le dépistage des personnes exposées, ⚠️ et cette démarche est celle qui protège l'entourage. ⚠️ L'une ne remplace pas l'autre.

Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ les mesures prescrites, ⚠️ la durée, les conditions de levée, ⚠️ et la conduite pour les visites.

Ce qui s'organise pour les soignants exposés : ⚠️ un recensement, ⚠️ une orientation vers le service de santé au travail, et un suivi.

⚠️ Ce qui ne se fait pas : informer un employeur de l'identité et du diagnostic, ⚠️ le secret s'appliquant, ⚠️ et l'enquête en collectivité étant conduite par le service compétent, avec l'accord et l'information du patient.

Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le diagnostic, ⚠️ le traitement et sa durée, la surveillance prévue, ⚠️ et le relais après la sortie.

Le piège

Croire que la déclaration obligatoire déclenche le dépistage de l'entourage. Elle ne le fait pas.

À retenir

  • La déclaration obligatoire sert la surveillance, pas le dépistage de l'entourage.
  • Le signalement pour l'enquête est la démarche qui protège l'entourage.
  • L'une ne remplace pas l'autre.
  • Les soignants exposés se recensent et s'orientent vers la santé au travail.
  • L'employeur n'est pas informé de l'identité ni du diagnostic par le service.

En pratique

  • Déclaration obligatoire effectuée
  • Signalement pour l'enquête effectué
  • Distinction des deux démarches vérifiée
  • Mesures et durée transmises à l'équipe
  • Conduite pour les visites transmise
  • Soignants exposés recensés
  • Santé au travail saisie
  • Médecin traitant informé

Sources

  • R2C, item 159 : Tuberculose de l'adulte et de l'enfant
  • R2C, item 177 : Prescription et surveillance des anti-infectieux chez l'adulte et l'enfant
  • R2C, item 4 : Qualité et sécurité des soins. La sécurité du patient. La gestion des risques. Les événements indésirables associés aux soins (EIAS). Démarche qualité et évaluation des pratiques professionnelles
  • Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales, chapitre sur la tuberculose
  • Recommandations en vigueur sur le traitement de la tuberculose, les précautions complémentaires de type air et l'enquête autour d'un cas. La date de la version consultée fait partie de la source