Fiche de révision
Prise en charge d'un patient présentant une tuberculose bacillifère
Un patient, une équipe et un entourage, trois cercles qui appellent chacun une décision.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ L'interrogatoire d'un patient contagieux sert autant à le soigner qu'à protéger ceux qui l'entourent.
⚠️ Ce qui se reconstitue sur les symptômes : la date de début de la toux, ⚠️ son ancienneté déterminant la période pendant laquelle il a pu contaminer, ⚠️ la fièvre, les sueurs nocturnes, et l'amaigrissement.
⚠️ Ce qui se recense sur l'entourage : les personnes vivant sous le même toit, ⚠️ les enfants, ⚠️ les personnes fragiles, les collègues partageant un espace clos, ⚠️ et les lieux collectifs fréquentés.
⚠️ Ce qui se demande sur le contexte : le pays d'origine et les séjours, ⚠️ un contact connu avec une personne malade, les conditions de logement, ⚠️ et la précarité.
⚠️ Ce qui se recherche comme terrain : une immunodépression, ⚠️ une infection par le virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ un traitement diminuant les défenses, un diabète, ⚠️ une consommation d'alcool ou de drogues.
⚠️ Ce qui se demande sur les conditions du traitement : la couverture sociale, ⚠️ le logement, ⚠️ la capacité à venir aux consultations, et les obstacles prévisibles à une prise quotidienne pendant des mois.
À retenir
- L'ancienneté de la toux détermine la période de contagiosité à explorer.
- L'entourage se recense nommément, y compris les lieux collectifs.
- L'immunodépression change le tableau et la prise en charge.
- Les obstacles à un traitement de plusieurs mois se cherchent d'emblée.
- La couverture sociale conditionne l'accès au traitement.
En pratique
- Date de début de la toux précisée
- Signes généraux recueillis
- Personnes du domicile recensées
- Enfants et personnes fragiles identifiés
- Collectivités fréquentées listées
- Terrain immunitaire évalué
- Conditions de logement évaluées
- Obstacles au traitement anticipés
Examen clinique
⚠️ L'examen évalue la gravité, ⚠️ et cherche les localisations qui changent la conduite.
⚠️ Ce qui se mesure : le poids et sa perte, ⚠️ la température, ⚠️ la fréquence respiratoire, la saturation, ⚠️ et l'état général.
⚠️ Ce qui s'ausculte : les 2 champs pulmonaires, ⚠️ souvent pauvres par rapport aux images.
⚠️ Ce qui se cherche comme autre localisation : des ganglions, ⚠️ une atteinte neurologique, ⚠️ une raideur de nuque, une douleur du rachis, ⚠️ une atteinte urinaire, et une atteinte cutanée.
⚠️ Ce qui se cherche comme signe de gravité : une détresse respiratoire, ⚠️ une confusion, une dénutrition sévère, ⚠️ et une hémoptysie abondante.
⚠️ Ce qui s'évalue chez l'enfant contact : la croissance, ⚠️ l'état général, et l'existence de symptômes, ⚠️ une forme grave survenant chez le jeune enfant.
⚠️ Ce qui se note : le poids de départ, ⚠️ référence de toute la surveillance du traitement.
À retenir
- L'auscultation est souvent pauvre par rapport aux images.
- Les autres localisations se cherchent systématiquement.
- Une atteinte neurologique change complètement la conduite.
- Le jeune enfant contact peut développer une forme grave.
- Le poids de départ est la référence de toute la surveillance.
En pratique
- Poids et perte de poids notés
- Constantes complètes relevées
- Auscultation pulmonaire faite
- Ganglions palpés
- Signes neurologiques recherchés
- Rachis examiné
- Signes de gravité recherchés
- Enfants contacts évalués
Synthèse paraclinique
⚠️ Un examen direct positif change tout, ⚠️ et il ne se conclut pas seul.
⚠️ Ce qui se prélève : plusieurs échantillons respiratoires, ⚠️ sur des jours différents, ⚠️ avant le traitement quand c'est possible, et par une méthode adaptée quand le patient ne crache pas.
⚠️ Ce qui se demande sur chaque prélèvement : l'examen direct, ⚠️ la culture, ⚠️ et un test moléculaire rapide, ⚠️ qui identifie l'espèce et recherche une résistance en quelques heures, et dont le résultat change la conduite immédiate.
⚠️ Ce qui se demande avant de traiter : un bilan du foie, ⚠️ la fonction du rein, ⚠️ une numération, un examen ophtalmologique selon les molécules, ⚠️ et une sérologie du virus de l'immunodéficience humaine, systématiquement proposée.
⚠️ Ce qui se surveille sous traitement : le bilan du foie, ⚠️ la tolérance, ⚠️ le poids, et la négativation des prélèvements.
⚠️ Ce qui se conclut d'une culture : l'espèce et la sensibilité, ⚠️ et elle arrive après plusieurs semaines, ce qui n'empêche pas de traiter.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'un examen direct négatif écarte le diagnostic, ⚠️ ni qu'un patient à examen direct négatif n'est pas contagieux du tout.
À retenir
- Plusieurs prélèvements, sur des jours différents, avant le traitement.
- Un test moléculaire rapide identifie l'espèce et une résistance en quelques heures.
- La sérologie du virus de l'immunodéficience humaine se propose systématiquement.
- La culture arrive après plusieurs semaines, ce qui n'empêche pas de traiter.
- Un examen direct négatif n'écarte pas le diagnostic.
En pratique
- Prélèvements répétés effectués
- Examen direct et culture demandés
- Test moléculaire rapide demandé
- Bilan du foie fait avant traitement
- Fonction du rein contrôlée
- Sérologie du virus proposée
- Bilan ophtalmologique selon les molécules
- Surveillance sous traitement programmée
Iconographie
Stratégie diagnostique
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Trois décisions se prennent le même jour : ⚠️ isoler, traiter, et déclencher l'enquête.
⚠️ Isoler : une chambre individuelle, ⚠️ porte fermée, ⚠️ avec une signalisation, une limitation des déplacements, ⚠️ et une aération selon la procédure. ⚠️ La prescription porte la durée prévisible et les conditions de levée, sans quoi les mesures durent ou s'arrêtent au hasard.
⚠️ Protéger : un masque chirurgical pour le patient lors de tout déplacement, ⚠️ et un appareil de protection respiratoire pour les soignants et les visiteurs à l'entrée de la chambre. ⚠️ L'inversion des deux est fréquente et protège le mauvais.
⚠️ Traiter : une association de plusieurs antituberculeux, ⚠️ après les prélèvements, ⚠️ pour une durée de plusieurs mois, ⚠️ en une prise quotidienne, et sans jamais réduire à une seule molécule.
⚠️ Ce qui s'organise dès le début : l'observance, ⚠️ facteur principal de succès et d'échec, par un accompagnement adapté, ⚠️ une supervision quand elle est nécessaire, et la gratuité du traitement.
⚠️ Ce qui se programme : les consultations de surveillance, ⚠️ les prélèvements de contrôle, et l'évaluation de la tolérance.
⚠️ Ce qui se prépare pour la sortie : le logement, ⚠️ les conditions de vie, ⚠️ et la poursuite des mesures au domicile.
⚠️ Ce qui se décide quand le patient veut sortir avant : on explique, ⚠️ on ne retient pas de force, ⚠️ et on cherche ce qui motive la demande, un emploi menacé, des enfants à garder, une inquiétude financière. ⚠️ Régler cela obtient plus qu'un refus.
À retenir
- Isoler, traiter et déclencher l'enquête se décident le même jour.
- La prescription d'isolement porte sa durée et ses conditions de levée.
- Masque chirurgical pour le patient, protection respiratoire pour les soignants.
- Le traitement associe plusieurs molécules et ne se réduit jamais à une seule.
- L'observance est le facteur principal de succès et d'échec.
En pratique
- Chambre individuelle prescrite
- Durée et conditions de levée écrites
- Masques distingués et prescrits
- Prélèvements faits avant traitement
- Association thérapeutique prescrite
- Accompagnement de l'observance organisé
- Surveillance programmée
- Conditions de sortie préparées
Procédure et geste technique
Annonce et information
⚠️ Cette maladie porte une charge qui dépasse largement sa gravité médicale, ⚠️ et l'annonce en tient compte.
⚠️ Ce qui se dit sur la maladie : son nom, ⚠️ qu'elle se guérit, ⚠️ que le traitement dure plusieurs mois, et qu'il doit être pris en entier.
⚠️ Ce qui se dit sur la contagiosité : qu'elle diminue rapidement sous traitement, ⚠️ la durée pendant laquelle les mesures s'appliquent, ⚠️ et ce qui permettra de les lever.
⚠️ Ce qui s'annonce avec précaution : la nécessité de dépister l'entourage. ⚠️ Le patient entend souvent qu'il a mis les siens en danger, ⚠️ et il faut dire que le dépistage protège, et qu'il ne s'agit pas d'une faute.
⚠️ Ce qui s'explique sur les démarches : qu'une déclaration est obligatoire, ⚠️ qu'une enquête sera organisée, ⚠️ et que son identité n'est pas communiquée à son employeur par le service.
⚠️ Ce qui se propose systématiquement : la recherche d'une infection par le virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ expliquée dans son motif.
⚠️ Ce qui s'anticipe : la peur du regard, ⚠️ l'isolement social, et les conséquences professionnelles, ⚠️ qui font partie de la maladie.
À retenir
- Cette maladie porte une charge qui dépasse sa gravité médicale.
- La contagiosité diminue rapidement sous traitement, et il faut le dire.
- Le dépistage de l'entourage protège et n'est pas une accusation.
- L'identité du patient n'est pas communiquée à son employeur par le service.
- La peur du regard et les conséquences professionnelles font partie de la maladie.
En pratique
- Maladie nommée et guérison affirmée
- Durée du traitement annoncée
- Contagiosité et son évolution expliquées
- Conditions de levée expliquées
- Dépistage présenté comme une protection
- Démarches administratives expliquées
- Sérologie proposée et motivée
- Retentissement social anticipé
Éducation et prévention
⚠️ Le traitement échoue par interruption, ⚠️ et l'éducation porte d'abord sur la durée.
⚠️ Ce qui s'explique sur la durée : que les symptômes disparaissent bien avant la fin du traitement, ⚠️ et que l'arrêt à ce moment est la cause principale des rechutes et des résistances.
⚠️ Ce qui s'explique sur les prises : le nombre de comprimés, ⚠️ le moment, ⚠️ la conduite en cas d'oubli, et le fait qu'aucune molécule ne se prend seule.
⚠️ Ce qui s'annonce avant qu'il ne le découvre : la coloration des urines par l'un des traitements, ⚠️ information qui inquiète beaucoup quand elle n'a pas été dite.
⚠️ Ce qui doit faire consulter : un ictère, ⚠️ des nausées et des douleurs abdominales, ⚠️ des troubles de la vue, des fourmillements, ⚠️ et une éruption.
⚠️ Ce qui s'explique sur les mesures au domicile : leur durée, ⚠️ l'aération, ⚠️ la limitation des contacts avec les jeunes enfants et les personnes fragiles, et le moment où elles s'arrêtent.
⚠️ Ce qui se dit à l'entourage : l'intérêt du dépistage, ⚠️ où il se fait, et sa gratuité.
⚠️ Ce qui se vérifie : que le patient a compris la durée, ⚠️ et qu'il a les moyens matériels de venir aux consultations.
À retenir
- Les symptômes disparaissent bien avant la fin du traitement.
- L'arrêt à ce moment est la cause principale des rechutes et des résistances.
- La coloration des urines s'annonce avant que le patient ne la découvre.
- Ictère, troubles de la vue et fourmillements doivent faire consulter.
- Les moyens matériels de venir aux consultations se vérifient.
En pratique
- Durée du traitement expliquée
- Risque de l'arrêt précoce expliqué
- Modalités de prise détaillées
- Coloration des urines annoncée
- Signes devant faire consulter donnés
- Mesures au domicile expliquées
- Dépistage de l'entourage expliqué
- Moyens matériels vérifiés
Communication interprofessionnelle
⚠️ Deux démarches administratives distinctes, ⚠️ et confondre l'une avec l'autre laisse un entourage non dépisté.
⚠️ La déclaration obligatoire : adressée à l'autorité sanitaire, ⚠️ à visée de surveillance épidémiologique, ⚠️ et sans effet direct sur l'entourage.
⚠️ Le signalement pour l'enquête autour du cas : destiné au service compétent, ⚠️ qui organise le dépistage des personnes exposées, ⚠️ et cette démarche est celle qui protège l'entourage. ⚠️ L'une ne remplace pas l'autre.
Ce qui se transmet à l'équipe : ⚠️ les mesures prescrites, ⚠️ la durée, les conditions de levée, ⚠️ et la conduite pour les visites.
Ce qui s'organise pour les soignants exposés : ⚠️ un recensement, ⚠️ une orientation vers le service de santé au travail, et un suivi.
⚠️ Ce qui ne se fait pas : informer un employeur de l'identité et du diagnostic, ⚠️ le secret s'appliquant, ⚠️ et l'enquête en collectivité étant conduite par le service compétent, avec l'accord et l'information du patient.
Ce qui se transmet au médecin traitant : ⚠️ le diagnostic, ⚠️ le traitement et sa durée, la surveillance prévue, ⚠️ et le relais après la sortie.
À retenir
- La déclaration obligatoire sert la surveillance, pas le dépistage de l'entourage.
- Le signalement pour l'enquête est la démarche qui protège l'entourage.
- L'une ne remplace pas l'autre.
- Les soignants exposés se recensent et s'orientent vers la santé au travail.
- L'employeur n'est pas informé de l'identité ni du diagnostic par le service.
En pratique
- Déclaration obligatoire effectuée
- Signalement pour l'enquête effectué
- Distinction des deux démarches vérifiée
- Mesures et durée transmises à l'équipe
- Conduite pour les visites transmise
- Soignants exposés recensés
- Santé au travail saisie
- Médecin traitant informé