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Fiche de révision

Consultation de suivi d'un patient présentant une lombalgie aiguë ou chronique

Une douleur banale dont le pronostic dépend des croyances, du travail et de ce qu'on lui dit.

Situation de départ 277Catégorie IIIItem R2C 270Item R2C 134Item R2C 122

Entretien et interrogatoire

⚠️ Ce qui prédit l'évolution d'une lombalgie ne se trouve pas dans le dos.

⚠️ Ce qui se caractérise sur la douleur : son horaire, ⚠️ mécanique ou inflammatoire, ⚠️ son irradiation, son ancienneté, ⚠️ et ce qui la soulage.

⚠️ Ce qui se recherche systématiquement : les éléments qui feraient sortir du cadre commun, ⚠️ fièvre, amaigrissement, ⚠️ antécédent de cancer, corticothérapie prolongée, ⚠️ déficit neurologique, troubles pour uriner ou aller à la selle, ⚠️ anesthésie du périnée, douleur nocturne non positionnelle, ⚠️ traumatisme violent.

⚠️ Ce qui prédit le passage à la chronicité : la croyance que le dos est fragile, ⚠️ la peur du mouvement, ⚠️ l'évitement des activités, un arrêt de travail prolongé, ⚠️ une insatisfaction professionnelle, un litige en cours, ⚠️ et une détresse psychologique. ⚠️ Ces éléments se cherchent dès la première consultation, et ils pèsent plus que l'imagerie.

⚠️ Ce qui se recueille sur le travail : le poste, ⚠️ les contraintes, la possibilité d'un aménagement, ⚠️ et la relation avec l'employeur.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que le patient croit avoir, ⚠️ et ce qu'il craint.

⚠️ Ce qui se recueille sur les épisodes antérieurs : leur nombre, ⚠️ leur durée, ⚠️ ce qui les a fait céder, et le temps mis pour reprendre le travail. ⚠️ Un patient qui a déjà traversé plusieurs épisodes sait souvent ce qui marche pour lui, et personne ne le lui a demandé.

À retenir

Demander ce que le patient croit avoir. La réponse dicte la moitié de la consultation.

À retenir

  • Ce qui prédit l'évolution ne se trouve pas dans le dos.
  • La liste des éléments d'alerte se parcourt à chaque consultation.
  • Peur du mouvement, évitement et arrêt prolongé prédisent la chronicité.
  • Ces éléments pèsent plus que l'imagerie.
  • Ce que le patient croit avoir oriente ce qu'il faut lui dire.

En pratique

  • Horaire de la douleur précisé
  • Irradiation recherchée
  • Éléments d'alerte parcourus
  • Croyances sur le dos explorées
  • Peur du mouvement évaluée
  • Durée de l'arrêt de travail évaluée
  • Contexte professionnel recueilli
  • Craintes du patient recueillies

Examen clinique

⚠️ L'examen sert à écarter ce qui sort du cadre, ⚠️ et à rassurer par ce qu'il montre.

⚠️ Ce qui se teste en neurologie : la force des membres inférieurs, ⚠️ la sensibilité, ⚠️ les réflexes, la marche sur les talons et sur les pointes, ⚠️ et la sensibilité du périnée quand le contexte l'impose.

⚠️ Ce qui se recherche sur le rachis : une raideur, ⚠️ une douleur à la palpation d'une épineuse, ⚠️ une contracture, une déformation, ⚠️ et une douleur des articulations sacro-iliaques.

⚠️ Ce qui se cherche à distance : une fièvre, ⚠️ un point d'appel infectieux, une masse abdominale, ⚠️ et des adénopathies.

⚠️ Ce qui s'observe et qui informe : la façon dont le patient se déshabille, ⚠️ se lève, ⚠️ se rhabille, et ce qu'il évite.

⚠️ Ce qui compte autant que le contenu : le fait d'examiner. ⚠️ Un patient examiné accepte mieux qu'aucun examen complémentaire ne soit demandé, et un patient non examiné ira consulter ailleurs.

⚠️ Ce qui se note : un examen daté, ⚠️ qui servira de comparaison en cas d'évolution.

Urgence

Déficit moteur, troubles sphinctériens ou anesthésie du périnée : avis chirurgical en urgence.

À retenir

  • L'examen neurologique des membres inférieurs se fait à chaque consultation.
  • La façon dont le patient bouge informe autant que les manœuvres.
  • Un patient examiné accepte mieux qu'aucun examen complémentaire ne soit demandé.
  • Un patient non examiné consultera ailleurs.
  • Un examen daté sert de comparaison en cas d'évolution.

En pratique

  • Force des membres inférieurs testée
  • Sensibilité et réflexes testés
  • Marche sur talons et pointes testée
  • Périnée évalué si contexte
  • Rachis palpé
  • Fièvre et foyer infectieux recherchés
  • Comportement observé
  • Examen daté et noté

Synthèse paraclinique

Sans objet pour cette situation : Aucun examen biologique n'est indiqué devant une lombalgie commune. Le bilan d'une lombalgie inflammatoire ou fébrile relève des situations de départ correspondantes.

Iconographie

⚠️ La décision la plus fréquente est de ne pas demander d'imagerie, ⚠️ et c'est une décision médicale.

⚠️ Ce qui autorise à ne rien demander : l'absence de tous les éléments de la liste, ⚠️ parcourue et notée, ⚠️ et une évolution favorable.

⚠️ Ce que l'imagerie apporte quand elle est indiquée : l'élimination d'une cause grave, ⚠️ et non l'explication de la douleur.

⚠️ Ce qu'elle trouve toujours : des remaniements dégénératifs, ⚠️ présents chez des personnes sans douleur, ⚠️ et d'autant plus fréquents que l'âge augmente. ⚠️ Leur découverte n'améliore ni la douleur ni le délai de reprise, et elle allonge parfois l'arrêt de travail.

⚠️ Ce qui se vérifie avant de retenir une anomalie : la concordance avec la clinique, ⚠️ le côté, le niveau, ⚠️ et l'existence d'un conflit décrit.

⚠️ Ce qui se pèse avant de transmettre un compte rendu : le mot que le patient retiendra. ⚠️ Usure, pincement, hernie sont entendus comme des sentences, ⚠️ et remettre ces mots à leur place fait partie du traitement.

⚠️ Ce qui ne se refait pas : une imagerie déjà réalisée, ⚠️ sans élément nouveau.

Le piège

Demander une imagerie pour rassurer. Elle trouve quelque chose, et l'évitement commence.

À retenir

  • Ne pas demander d'imagerie est une décision médicale qui se justifie.
  • L'imagerie élimine une cause grave, elle n'explique pas la douleur.
  • La découverte de remaniements allonge parfois l'arrêt de travail.
  • Usure, pincement et hernie sont entendus comme des sentences.
  • Une imagerie ne se refait pas sans élément nouveau.

En pratique

  • Liste des éléments d'alerte parcourue
  • Absence d'indication énoncée et justifiée
  • Concordance vérifiée si image existante
  • Remaniements dégénératifs replacés
  • Mots du compte rendu expliqués
  • Répétition inutile évitée
  • Décision expliquée au patient
  • Réévaluation datée prévue

Stratégie diagnostique

⚠️ Trois questions, et la troisième décide du pronostic.

⚠️ S'agit-il d'une lombalgie commune : ⚠️ c'est-à-dire l'absence de tous les éléments d'alerte, ⚠️ et un examen neurologique normal.

⚠️ Existe-t-il une atteinte d'une racine nerveuse : une douleur suivant un trajet, ⚠️ un déficit, une abolition d'un réflexe, ⚠️ et une systématisation. ⚠️ Une atteinte avec déficit progressif ou troubles sphinctériens est une urgence.

⚠️ Quels sont les facteurs de passage à la chronicité : ⚠️ peur du mouvement, évitement, ⚠️ croyances sur la fragilité du dos, arrêt prolongé, ⚠️ contexte professionnel, et détresse psychologique. ⚠️ Ce sont eux qui déterminent l'évolution, et ils se traitent.

⚠️ Ce qui doit faire reconsidérer : une douleur qui change de caractère, ⚠️ l'apparition d'un élément de la liste, une absence d'amélioration au-delà du délai attendu, ⚠️ et une aggravation neurologique.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une lombalgie qui dure est nécessairement grave, ⚠️ ni qu'elle est nécessairement psychologique.

À retenir

Chercher les facteurs de chronicité dès la première consultation. C'est là qu'ils se traitent.

À retenir

  • Une lombalgie commune se définit par l'absence de tous les éléments d'alerte.
  • Un déficit progressif ou des troubles sphinctériens sont une urgence.
  • Les facteurs de chronicité déterminent l'évolution, et ils se traitent.
  • Une douleur qui change de caractère fait tout reconsidérer.
  • Une lombalgie qui dure n'est ni nécessairement grave ni nécessairement psychologique.

En pratique

  • Éléments d'alerte parcourus
  • Examen neurologique fait
  • Atteinte radiculaire évaluée
  • Urgence chirurgicale écartée
  • Facteurs de chronicité recherchés
  • Contexte professionnel évalué
  • Délai d'évolution attendu expliqué
  • Critères de réévaluation posés

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La lombalgie commune ne constitue pas une urgence vitale. Le syndrome de la queue de cheval et les causes infectieuses ou tumorales relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le traitement principal n'est pas un médicament, ⚠️ c'est le maintien de l'activité.

⚠️ Ce qui se dit d'emblée : que le repos au lit aggrave, ⚠️ que la reprise rapide de l'activité raccourcit l'épisode, ⚠️ et que la douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion.

⚠️ Ce qui se prescrit pour la douleur : des antalgiques adaptés à l'intensité, ⚠️ à heures fixes pendant quelques jours, et non à la demande, ⚠️ le but étant de permettre le mouvement.

⚠️ Ce qui se prescrit pour la fonction : une rééducation quand la douleur persiste, ⚠️ avec un objectif fonctionnel écrit, ⚠️ et une progression fondée sur une quantité décidée à l'avance.

⚠️ Ce qui se limite : la durée de l'arrêt de travail, ⚠️ chaque semaine supplémentaire diminuant les chances de reprise, ⚠️ et un aménagement de poste valant mieux qu'un arrêt.

⚠️ Ce qui se réévalue : à une date fixée, ⚠️ la persistance au-delà du délai attendu appelant une réévaluation complète, et non une prolongation automatique.

⚠️ Ce qui s'adresse à une prise en charge spécialisée : une douleur qui persiste malgré une prise en charge bien conduite, ⚠️ un retentissement majeur, et une atteinte radiculaire rebelle.

⚠️ Ce qui se décide devant une demande d'examen ou d'arrêt : on explique la décision, ⚠️ on ne se contente pas de refuser, ⚠️ et l'on propose un rendez-vous de contrôle, qui vaut mieux qu'un refus sec et évite une consultation ailleurs le lendemain.

À retenir

Prescrire une date de reprise plutôt qu'une durée d'arrêt. La formulation change le résultat.

À retenir

  • Le traitement principal est le maintien de l'activité.
  • La douleur pendant l'effort n'est pas un signe de lésion.
  • Les antalgiques se donnent à heures fixes pour permettre le mouvement.
  • Chaque semaine d'arrêt supplémentaire diminue les chances de reprise.
  • Une persistance au-delà du délai appelle une réévaluation, pas une prolongation.

En pratique

  • Maintien de l'activité expliqué
  • Repos au lit déconseillé
  • Antalgiques prescrits à heures fixes
  • Rééducation prescrite avec objectif
  • Durée d'arrêt limitée
  • Aménagement de poste envisagé
  • Réévaluation datée
  • Recours spécialisé envisagé si besoin

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Les infiltrations relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'explication de la décision et des images est traitée dans les sections iconographie et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qu'on dit d'un dos devient ce que la personne en fait pendant des années.

⚠️ Ce qui se corrige en premier : la croyance que le dos est fragile, ⚠️ que la douleur signale une lésion, ⚠️ et qu'il faut éviter de bouger. ⚠️ Ces trois idées expliquent une grande part des évolutions défavorables.

⚠️ Ce qui s'explique sur le mouvement : que l'activité est le traitement, ⚠️ que la douleur pendant l'effort ne signifie pas une aggravation, ⚠️ et que la progression se fait sur une quantité décidée à l'avance, et non sur la douleur du jour.

⚠️ Ce qui s'explique sur les images : ce qu'elles montrent réellement, ⚠️ et ce qu'elles ne prouvent pas, ⚠️ en particulier chez un patient qui en a déjà.

⚠️ Ce qui s'apprend sur les gestes : le port de charges, ⚠️ l'organisation du poste, et les positions prolongées, ⚠️ sans transformer ces conseils en interdits.

⚠️ Ce qui se prévient : la récidive, ⚠️ par une activité physique régulière, et non par un renforcement d'un seul groupe musculaire.

⚠️ Ce qui se dit sur le travail : que la reprise précoce, même partielle, améliore le pronostic, ⚠️ et que la visite de préreprise existe.

À retenir

Dire que la douleur pendant l'effort n'est pas un signe d'aggravation. C'est la phrase la plus utile.

À retenir

  • Trois croyances expliquent une grande part des évolutions défavorables.
  • La progression se fait sur une quantité décidée, pas sur la douleur du jour.
  • Ce qu'une image montre et ce qu'elle prouve sont deux choses différentes.
  • Les conseils de gestes ne doivent pas devenir des interdits.
  • La reprise précoce, même partielle, améliore le pronostic.

En pratique

  • Croyances identifiées et corrigées
  • Rôle de l'activité expliqué
  • Signification de la douleur à l'effort expliquée
  • Progression par quantité expliquée
  • Images replacées
  • Conseils de gestes donnés sans interdits
  • Activité régulière encouragée
  • Reprise du travail préparée

Communication interprofessionnelle

⚠️ Un patient lombalgique consulte plusieurs professionnels, ⚠️ et un discours contradictoire suffit à installer la chronicité.

Ce qui se transmet au kinésithérapeute : ⚠️ le diagnostic retenu, ⚠️ l'objectif fonctionnel, les facteurs de chronicité identifiés, ⚠️ et l'absence d'anomalie justifiant une restriction.

⚠️ Ce qui doit être partagé : le même message. ⚠️ Un intervenant qui parle de dos fragile ou de vertèbre déplacée défait des semaines de travail.

Ce qui se demande au médecin du travail : ⚠️ une visite de préreprise, ⚠️ l'étude du poste, et un aménagement, ⚠️ demandés tôt et avec l'accord du patient.

Ce qui se transmet au spécialiste : ⚠️ l'histoire, ⚠️ les traitements essayés avec leurs durées, les images déjà faites, ⚠️ et la question posée, plutôt qu'une demande d'avis sans historique.

⚠️ Ce qui s'écrit dans le dossier : la liste des éléments d'alerte parcourue et négative, ⚠️ et la raison pour laquelle aucune imagerie n'a été demandée, ⚠️ faute de quoi le suivant la demandera.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « lombalgie chronique », ⚠️ sans objectif ni plan, mention qui ferme les portes suivantes.

À retenir

Écrire que la liste des éléments d'alerte a été parcourue et qu'elle est négative.

À retenir

  • Un discours contradictoire suffit à installer la chronicité.
  • Un intervenant qui parle de vertèbre déplacée défait des semaines de travail.
  • La visite de préreprise se demande tôt.
  • Écrire pourquoi aucune imagerie n'a été demandée évite qu'un autre la demande.
  • Lombalgie chronique sans objectif ni plan ferme les portes suivantes.

En pratique

  • Diagnostic et objectif transmis au kinésithérapeute
  • Facteurs de chronicité transmis
  • Discours commun assuré
  • Médecin du travail saisi
  • Aménagement de poste demandé
  • Historique transmis au spécialiste
  • Liste d'alerte notée au dossier
  • Absence d'imagerie justifiée par écrit

Sources

  • R2C, item 270 : Douleurs lombaires aiguës chez l'enfant et chez l'adulte
  • R2C, item 134 : Bases neurophysiologiques, mécanismes physiopathologiques d'une douleur aiguë et d'une douleur chronique
  • R2C, item 122 : Principales techniques de rééducation et de réadaptation
  • Collège français des enseignants en rhumatologie, chapitre sur les lombalgies communes
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la lombalgie commune et les indications de l'imagerie du rachis. La date de la version consultée fait partie de la source