Fiche de révision
Consultation de suivi d'une femme ménopausée
Une consultation qui ne suit pas une maladie, mais ce qu'un changement physiologique modifie.
Sommaire
Entretien et interrogatoire
⚠️ Les plaintes les plus fréquentes de cette consultation sont celles qui ne se disent pas.
⚠️ Ce qui se demande sur les symptômes : les bouffées de chaleur, ⚠️ les sueurs nocturnes, le sommeil, ⚠️ l'humeur, et leur retentissement réel sur la vie.
⚠️ Ce qui se demande et qui ne se dit jamais spontanément : la sécheresse vaginale, ⚠️ les douleurs pendant les rapports, ⚠️ les troubles urinaires, et le retentissement sur la vie intime. ⚠️ Ces troubles concernent une grande part des femmes ménopausées, ⚠️ ils s'aggravent avec le temps, et ils se traitent efficacement.
⚠️ Ce qui se recherche pour l'os : une fracture antérieure, ⚠️ son mécanisme, ⚠️ un antécédent familial de fracture du col du fémur, une corticothérapie, ⚠️ une maladie inflammatoire, un faible poids, ⚠️ le tabac, et l'inactivité.
⚠️ Ce qui se recherche pour le cœur : les facteurs de risque, ⚠️ le risque cardiovasculaire changeant après la ménopause.
⚠️ Ce qui se vérifie : les dépistages en cours, ⚠️ et le suivi gynécologique.
⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la patiente attend de cette consultation.
⚠️ Ce qui se recueille sur le traitement hormonal : s'il a été proposé, ⚠️ s'il a été refusé et pourquoi, ⚠️ ce que la patiente en a entendu, et ce qu'elle en craint. ⚠️ Beaucoup de femmes ont retenu une information ancienne et incomplète, et elles n'osent pas poser la question.
À retenir
- Les plaintes les plus fréquentes sont celles qui ne se disent pas.
- Les troubles génito-urinaires s'aggravent avec le temps et se traitent.
- Le mécanisme d'une fracture antérieure compte autant que son existence.
- Le risque cardiovasculaire change après la ménopause.
- Les dépistages en cours se vérifient à cette consultation.
En pratique
- Symptômes climatériques recueillis
- Retentissement sur la vie évalué
- Troubles génito-urinaires abordés
- Vie intime abordée
- Fracture antérieure et mécanisme recherchés
- Facteurs de risque osseux recensés
- Facteurs de risque cardiovasculaire recensés
- Dépistages vérifiés
Examen clinique
⚠️ L'examen sert au dépistage, ⚠️ et il comporte une mesure qu'on oublie.
⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ la taille, ⚠️ et surtout la perte de taille par rapport à la taille adulte, ⚠️ une diminution notable faisant évoquer un tassement vertébral silencieux.
⚠️ Ce qui se mesure aussi : la pression artérielle, ⚠️ le tour de taille, et l'indice de masse corporelle.
⚠️ Ce qui s'examine sur le rachis : une cyphose, ⚠️ une douleur à la percussion des épineuses, et la distance entre les côtes et le bassin.
⚠️ Ce qui s'évalue pour le risque de chute : l'équilibre, ⚠️ la marche, ⚠️ le relever de chaise, et la vue.
⚠️ Ce qui s'examine dans le cadre du suivi gynécologique : les seins, ⚠️ et l'examen gynécologique selon les recommandations en vigueur, ⚠️ une atrophie vulvo-vaginale se voyant et se traitant.
⚠️ Ce qui se note : la taille, ⚠️ à chaque consultation, et comparée aux mesures précédentes.
À retenir
- La perte de taille fait évoquer un tassement vertébral silencieux.
- La taille se mesure à chaque consultation et se compare.
- La cyphose et la distance côtes-bassin s'examinent.
- Le risque de chute s'évalue autant que la densité osseuse.
- Une atrophie vulvo-vaginale se voit et se traite.
En pratique
- Poids et taille mesurés
- Perte de taille calculée
- Pression artérielle mesurée
- Rachis examiné
- Cyphose recherchée
- Équilibre et marche évalués
- Examen gynécologique selon les recommandations
- Taille notée et comparée
Synthèse paraclinique
⚠️ Le bilan de cette consultation contient un examen souvent demandé pour rien.
⚠️ Ce qui ne se demande pas : les dosages hormonaux pour affirmer une ménopause installée. ⚠️ Le diagnostic est clinique, ⚠️ il repose sur une aménorrhée prolongée, et aucun dosage ne le confirme utilement.
⚠️ Ce qui se demande selon le risque : une ostéodensitométrie, ⚠️ dont l'indication repose sur des facteurs de risque, ⚠️ et non sur la seule ménopause.
⚠️ Ce qui se lit sur une ostéodensitométrie : les valeurs aux différents sites, ⚠️ et surtout leur confrontation aux antécédents. ⚠️ Une valeur intermédiaire chez une femme ayant fracturé après un traumatisme minime n'a pas la même portée qu'une valeur identique sans antécédent.
⚠️ Ce qui se dose pour l'os : la vitamine D, ⚠️ le calcium, ⚠️ la fonction du rein, et selon le contexte la recherche d'une cause secondaire.
⚠️ Ce qui se surveille pour le cœur : le bilan des lipides, ⚠️ la glycémie, et la pression artérielle.
⚠️ Ce qui ne se refait pas trop tôt : une ostéodensitométrie, ⚠️ dont l'intervalle de répétition dépend du résultat et du traitement.
À retenir
- Aucun dosage hormonal ne confirme utilement une ménopause installée.
- L'indication d'une ostéodensitométrie repose sur des facteurs de risque.
- Une même valeur n'a pas la même portée selon les antécédents.
- La vitamine D et le calcium se dosent avant d'envisager un traitement de l'os.
- L'intervalle de répétition d'une densitométrie dépend du résultat et du traitement.
En pratique
- Dosages hormonaux inutiles évités
- Indication de densitométrie posée sur des facteurs
- Résultats confrontés aux antécédents
- Vitamine D dosée
- Calcium et fonction du rein contrôlés
- Cause secondaire recherchée selon le contexte
- Bilan cardiovasculaire fait
- Répétition de l'examen espacée
Iconographie
Stratégie diagnostique
⚠️ Deux questions structurent cette consultation, ⚠️ et aucune ne porte sur la ménopause elle-même.
⚠️ Quel est le risque de fracture : ⚠️ il ne se lit pas sur la seule densité, ⚠️ il se calcule avec l'âge, les antécédents personnels de fracture, ⚠️ les antécédents familiaux, le poids, ⚠️ le tabac, les corticoïdes, ⚠️ et les maladies associées. ⚠️ Une fracture après un traumatisme minime chez une femme ménopausée définit à elle seule une fragilité osseuse.
⚠️ Quel est le risque cardiovasculaire : ⚠️ réévalué après la ménopause, avec les mêmes outils que chez tout le monde.
⚠️ Ce qui se cherche comme cause secondaire de fragilité osseuse : une hyperparathyroïdie, ⚠️ une maladie de la thyroïde, une maladie digestive avec malabsorption, ⚠️ une corticothérapie, et un myélome.
⚠️ Ce qui doit faire évoquer un tassement : une perte de taille, ⚠️ une douleur dorsale ou lombaire brutale, ⚠️ et une cyphose d'apparition récente.
⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une densité normale exclut le risque de fracture, ⚠️ la majorité des fractures survenant en dehors de la zone dite ostéoporotique.
À retenir
- Le risque de fracture se calcule, il ne se lit pas sur la densité.
- Une fracture après un traumatisme minime définit à elle seule une fragilité.
- Le risque cardiovasculaire se réévalue après la ménopause.
- Une perte de taille fait évoquer un tassement.
- La majorité des fractures survient en dehors de la zone dite ostéoporotique.
En pratique
- Risque de fracture calculé
- Antécédent de fracture compté
- Antécédents familiaux pris en compte
- Risque cardiovasculaire réévalué
- Causes secondaires recherchées
- Perte de taille recherchée
- Tassement évoqué si besoin
- Conclusion prudente devant une densité normale
Urgence vitale
Stratégie de prise en charge
⚠️ Trois décisions, ⚠️ et la première n'est pas hormonale.
⚠️ Pour l'os : corriger une carence en vitamine D, ⚠️ assurer des apports en calcium par l'alimentation, ⚠️ une activité physique en charge, l'arrêt du tabac, ⚠️ et la prévention des chutes. ⚠️ Un traitement spécifique se discute selon le risque calculé et les antécédents, ⚠️ après correction de la carence.
⚠️ Pour les symptômes climatériques : un traitement hormonal se discute, ⚠️ quand les symptômes retentissent sur la vie, ⚠️ après information sur les bénéfices et les risques, à la dose la plus faible et pour la durée la plus courte, ⚠️ avec une réévaluation annuelle, et en tenant compte des contre-indications.
⚠️ Pour les troubles génito-urinaires : un traitement local, ⚠️ efficace, ⚠️ dont le profil de sécurité diffère du traitement général, et qui se propose même quand un traitement général n'est pas indiqué.
⚠️ Pour le cœur : la prise en charge des facteurs de risque, ⚠️ le traitement hormonal n'étant pas un traitement de prévention cardiovasculaire.
⚠️ Ce qui se programme : les dépistages organisés, ⚠️ le suivi gynécologique, et la réévaluation des traitements.
⚠️ Ce qui se décide quand aucun traitement n'est retenu : de l'écrire, ⚠️ avec sa raison, ⚠️ et de fixer la date de la prochaine évaluation du risque. ⚠️ Une abstention documentée est une décision, une abstention non écrite est un oubli.
À retenir
- La première décision n'est pas hormonale.
- Un traitement de l'os se discute après correction de la carence.
- Le traitement hormonal se discute sur le retentissement, avec réévaluation annuelle.
- Un traitement local se propose même sans traitement général.
- Le traitement hormonal n'est pas un traitement de prévention cardiovasculaire.
En pratique
- Carence en vitamine D corrigée
- Apports en calcium évalués
- Activité physique en charge proposée
- Prévention des chutes organisée
- Traitement de l'os discuté selon le risque
- Traitement hormonal discuté sur le retentissement
- Traitement local proposé
- Dépistages et suivi programmés
Procédure et geste technique
Annonce et information
Éducation et prévention
⚠️ Cette consultation est l'une des rares où presque tout est de la prévention.
⚠️ Ce qui s'explique sur l'os : que la perte osseuse s'accélère après la ménopause, ⚠️ que l'activité physique en charge la ralentit, ⚠️ que les apports en calcium se font d'abord par l'alimentation, et que le tabac aggrave.
⚠️ Ce qui se travaille sur les apports : une évaluation concrète de ce qui est consommé, ⚠️ et des solutions pour une personne qui ne consomme pas de produits laitiers.
⚠️ Ce qui se prévient : les chutes, ⚠️ par la correction de la vue, la révision des traitements, ⚠️ l'aménagement du logement, et l'activité physique.
⚠️ Ce qui se dit sur le traitement hormonal : ses bénéfices sur les symptômes, ⚠️ ses risques, ⚠️ et le fait que la décision se prend avec la femme, et se réévalue.
⚠️ Ce qui se dit sur les troubles intimes : qu'ils sont fréquents, ⚠️ qu'ils ne régressent pas spontanément, et qu'ils se traitent.
⚠️ Ce qui se rappelle : les dépistages organisés, ⚠️ et le fait qu'ils continuent après la ménopause.
⚠️ Ce qui se dit sur le poids et le cœur : que le risque change, ⚠️ et que les mesures de mode de vie gardent leur intérêt à cet âge.
À retenir
- La perte osseuse s'accélère après la ménopause et l'activité en charge la ralentit.
- Les apports en calcium se font d'abord par l'alimentation.
- La prévention des chutes vaut autant que le traitement de l'os.
- Les troubles intimes ne régressent pas spontanément.
- Les dépistages organisés continuent après la ménopause.
En pratique
- Évolution osseuse expliquée
- Activité physique en charge conseillée
- Apports en calcium évalués concrètement
- Alternatives proposées si besoin
- Prévention des chutes abordée
- Bénéfices et risques du traitement hormonal expliqués
- Troubles intimes abordés et traités
- Dépistages rappelés
Communication interprofessionnelle
⚠️ Cette consultation croise plusieurs suivis, ⚠️ et personne ne regarde l'ensemble.
Ce qui s'écrit dans le dossier : ⚠️ la taille mesurée à chaque fois, ⚠️ les antécédents de fracture avec leur mécanisme, le risque calculé, ⚠️ et la date de la dernière densitométrie.
⚠️ Ce qui s'écrit sur la demande de densitométrie : les facteurs de risque, ⚠️ et les antécédents de fracture, ⚠️ sans lesquels le compte rendu conclura sur le seul chiffre.
Ce qui se transmet au gynécologue : ⚠️ les traitements en cours, ⚠️ les symptômes, et la décision prise sur le traitement hormonal.
Ce qui se transmet au rhumatologue : ⚠️ les antécédents de fracture, ⚠️ le bilan de cause secondaire, et le risque calculé.
Ce qui se coordonne : ⚠️ les dépistages organisés, ⚠️ le suivi dentaire, et l'activité physique adaptée.
⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « ostéopénie », ⚠️ sans les antécédents ni le risque calculé, mention qui fera conclure à une simple surveillance chez une femme qui a déjà fracturé.
À retenir
- La taille et les antécédents de fracture s'écrivent dans le dossier.
- Sans facteurs de risque sur la demande, le compte rendu conclura sur le seul chiffre.
- Le gynécologue reçoit la décision prise sur le traitement hormonal.
- Le rhumatologue reçoit le risque calculé, pas seulement le chiffre.
- Ostéopénie sans antécédent ni risque fera conclure à une simple surveillance.
En pratique
- Taille notée à chaque consultation
- Antécédents de fracture et mécanisme écrits
- Risque calculé écrit
- Facteurs de risque portés sur la demande
- Décision sur le traitement hormonal transmise
- Bilan de cause secondaire transmis
- Dépistages coordonnés
- Mentions incomplètes évitées