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Fiche de révision

Consultation de suivi d'une femme ménopausée

Une consultation qui ne suit pas une maladie, mais ce qu'un changement physiologique modifie.

Situation de départ 278Catégorie IIIItem R2C 124Item R2C 128Item R2C 221

Entretien et interrogatoire

⚠️ Les plaintes les plus fréquentes de cette consultation sont celles qui ne se disent pas.

⚠️ Ce qui se demande sur les symptômes : les bouffées de chaleur, ⚠️ les sueurs nocturnes, le sommeil, ⚠️ l'humeur, et leur retentissement réel sur la vie.

⚠️ Ce qui se demande et qui ne se dit jamais spontanément : la sécheresse vaginale, ⚠️ les douleurs pendant les rapports, ⚠️ les troubles urinaires, et le retentissement sur la vie intime. ⚠️ Ces troubles concernent une grande part des femmes ménopausées, ⚠️ ils s'aggravent avec le temps, et ils se traitent efficacement.

⚠️ Ce qui se recherche pour l'os : une fracture antérieure, ⚠️ son mécanisme, ⚠️ un antécédent familial de fracture du col du fémur, une corticothérapie, ⚠️ une maladie inflammatoire, un faible poids, ⚠️ le tabac, et l'inactivité.

⚠️ Ce qui se recherche pour le cœur : les facteurs de risque, ⚠️ le risque cardiovasculaire changeant après la ménopause.

⚠️ Ce qui se vérifie : les dépistages en cours, ⚠️ et le suivi gynécologique.

⚠️ Ce qui se demande enfin : ce que la patiente attend de cette consultation.

⚠️ Ce qui se recueille sur le traitement hormonal : s'il a été proposé, ⚠️ s'il a été refusé et pourquoi, ⚠️ ce que la patiente en a entendu, et ce qu'elle en craint. ⚠️ Beaucoup de femmes ont retenu une information ancienne et incomplète, et elles n'osent pas poser la question.

À retenir

Aborder soi-même les troubles génito-urinaires. Une femme sur deux les a, et presque aucune n'en parle.

À retenir

  • Les plaintes les plus fréquentes sont celles qui ne se disent pas.
  • Les troubles génito-urinaires s'aggravent avec le temps et se traitent.
  • Le mécanisme d'une fracture antérieure compte autant que son existence.
  • Le risque cardiovasculaire change après la ménopause.
  • Les dépistages en cours se vérifient à cette consultation.

En pratique

  • Symptômes climatériques recueillis
  • Retentissement sur la vie évalué
  • Troubles génito-urinaires abordés
  • Vie intime abordée
  • Fracture antérieure et mécanisme recherchés
  • Facteurs de risque osseux recensés
  • Facteurs de risque cardiovasculaire recensés
  • Dépistages vérifiés

Examen clinique

⚠️ L'examen sert au dépistage, ⚠️ et il comporte une mesure qu'on oublie.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ la taille, ⚠️ et surtout la perte de taille par rapport à la taille adulte, ⚠️ une diminution notable faisant évoquer un tassement vertébral silencieux.

⚠️ Ce qui se mesure aussi : la pression artérielle, ⚠️ le tour de taille, et l'indice de masse corporelle.

⚠️ Ce qui s'examine sur le rachis : une cyphose, ⚠️ une douleur à la percussion des épineuses, et la distance entre les côtes et le bassin.

⚠️ Ce qui s'évalue pour le risque de chute : l'équilibre, ⚠️ la marche, ⚠️ le relever de chaise, et la vue.

⚠️ Ce qui s'examine dans le cadre du suivi gynécologique : les seins, ⚠️ et l'examen gynécologique selon les recommandations en vigueur, ⚠️ une atrophie vulvo-vaginale se voyant et se traitant.

⚠️ Ce qui se note : la taille, ⚠️ à chaque consultation, et comparée aux mesures précédentes.

À retenir

Mesurer la taille. Une perte notable par rapport à la taille adulte fait chercher un tassement.

À retenir

  • La perte de taille fait évoquer un tassement vertébral silencieux.
  • La taille se mesure à chaque consultation et se compare.
  • La cyphose et la distance côtes-bassin s'examinent.
  • Le risque de chute s'évalue autant que la densité osseuse.
  • Une atrophie vulvo-vaginale se voit et se traite.

En pratique

  • Poids et taille mesurés
  • Perte de taille calculée
  • Pression artérielle mesurée
  • Rachis examiné
  • Cyphose recherchée
  • Équilibre et marche évalués
  • Examen gynécologique selon les recommandations
  • Taille notée et comparée

Synthèse paraclinique

⚠️ Le bilan de cette consultation contient un examen souvent demandé pour rien.

⚠️ Ce qui ne se demande pas : les dosages hormonaux pour affirmer une ménopause installée. ⚠️ Le diagnostic est clinique, ⚠️ il repose sur une aménorrhée prolongée, et aucun dosage ne le confirme utilement.

⚠️ Ce qui se demande selon le risque : une ostéodensitométrie, ⚠️ dont l'indication repose sur des facteurs de risque, ⚠️ et non sur la seule ménopause.

⚠️ Ce qui se lit sur une ostéodensitométrie : les valeurs aux différents sites, ⚠️ et surtout leur confrontation aux antécédents. ⚠️ Une valeur intermédiaire chez une femme ayant fracturé après un traumatisme minime n'a pas la même portée qu'une valeur identique sans antécédent.

⚠️ Ce qui se dose pour l'os : la vitamine D, ⚠️ le calcium, ⚠️ la fonction du rein, et selon le contexte la recherche d'une cause secondaire.

⚠️ Ce qui se surveille pour le cœur : le bilan des lipides, ⚠️ la glycémie, et la pression artérielle.

⚠️ Ce qui ne se refait pas trop tôt : une ostéodensitométrie, ⚠️ dont l'intervalle de répétition dépend du résultat et du traitement.

Le piège

Doser les hormones pour confirmer une ménopause de six ans. L'examen ne changera rien.

À retenir

  • Aucun dosage hormonal ne confirme utilement une ménopause installée.
  • L'indication d'une ostéodensitométrie repose sur des facteurs de risque.
  • Une même valeur n'a pas la même portée selon les antécédents.
  • La vitamine D et le calcium se dosent avant d'envisager un traitement de l'os.
  • L'intervalle de répétition d'une densitométrie dépend du résultat et du traitement.

En pratique

  • Dosages hormonaux inutiles évités
  • Indication de densitométrie posée sur des facteurs
  • Résultats confrontés aux antécédents
  • Vitamine D dosée
  • Calcium et fonction du rein contrôlés
  • Cause secondaire recherchée selon le contexte
  • Bilan cardiovasculaire fait
  • Répétition de l'examen espacée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'ostéodensitométrie est traitée dans la section paraclinique. L'imagerie des fractures et le dépistage organisé relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

⚠️ Deux questions structurent cette consultation, ⚠️ et aucune ne porte sur la ménopause elle-même.

⚠️ Quel est le risque de fracture : ⚠️ il ne se lit pas sur la seule densité, ⚠️ il se calcule avec l'âge, les antécédents personnels de fracture, ⚠️ les antécédents familiaux, le poids, ⚠️ le tabac, les corticoïdes, ⚠️ et les maladies associées. ⚠️ Une fracture après un traumatisme minime chez une femme ménopausée définit à elle seule une fragilité osseuse.

⚠️ Quel est le risque cardiovasculaire : ⚠️ réévalué après la ménopause, avec les mêmes outils que chez tout le monde.

⚠️ Ce qui se cherche comme cause secondaire de fragilité osseuse : une hyperparathyroïdie, ⚠️ une maladie de la thyroïde, une maladie digestive avec malabsorption, ⚠️ une corticothérapie, et un myélome.

⚠️ Ce qui doit faire évoquer un tassement : une perte de taille, ⚠️ une douleur dorsale ou lombaire brutale, ⚠️ et une cyphose d'apparition récente.

⚠️ Ce qui ne se conclut pas : qu'une densité normale exclut le risque de fracture, ⚠️ la majorité des fractures survenant en dehors de la zone dite ostéoporotique.

À retenir

Compter toute fracture survenue après une chute de sa hauteur. C'est un événement osseux.

À retenir

  • Le risque de fracture se calcule, il ne se lit pas sur la densité.
  • Une fracture après un traumatisme minime définit à elle seule une fragilité.
  • Le risque cardiovasculaire se réévalue après la ménopause.
  • Une perte de taille fait évoquer un tassement.
  • La majorité des fractures survient en dehors de la zone dite ostéoporotique.

En pratique

  • Risque de fracture calculé
  • Antécédent de fracture compté
  • Antécédents familiaux pris en compte
  • Risque cardiovasculaire réévalué
  • Causes secondaires recherchées
  • Perte de taille recherchée
  • Tassement évoqué si besoin
  • Conclusion prudente devant une densité normale

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : Le suivi d'une femme ménopausée ne comporte pas d'urgence vitale. Les complications aiguës relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Trois décisions, ⚠️ et la première n'est pas hormonale.

⚠️ Pour l'os : corriger une carence en vitamine D, ⚠️ assurer des apports en calcium par l'alimentation, ⚠️ une activité physique en charge, l'arrêt du tabac, ⚠️ et la prévention des chutes. ⚠️ Un traitement spécifique se discute selon le risque calculé et les antécédents, ⚠️ après correction de la carence.

⚠️ Pour les symptômes climatériques : un traitement hormonal se discute, ⚠️ quand les symptômes retentissent sur la vie, ⚠️ après information sur les bénéfices et les risques, à la dose la plus faible et pour la durée la plus courte, ⚠️ avec une réévaluation annuelle, et en tenant compte des contre-indications.

⚠️ Pour les troubles génito-urinaires : un traitement local, ⚠️ efficace, ⚠️ dont le profil de sécurité diffère du traitement général, et qui se propose même quand un traitement général n'est pas indiqué.

⚠️ Pour le cœur : la prise en charge des facteurs de risque, ⚠️ le traitement hormonal n'étant pas un traitement de prévention cardiovasculaire.

⚠️ Ce qui se programme : les dépistages organisés, ⚠️ le suivi gynécologique, et la réévaluation des traitements.

⚠️ Ce qui se décide quand aucun traitement n'est retenu : de l'écrire, ⚠️ avec sa raison, ⚠️ et de fixer la date de la prochaine évaluation du risque. ⚠️ Une abstention documentée est une décision, une abstention non écrite est un oubli.

À retenir

Proposer un traitement local des troubles génito-urinaires. Il est efficace et souvent jamais proposé.

À retenir

  • La première décision n'est pas hormonale.
  • Un traitement de l'os se discute après correction de la carence.
  • Le traitement hormonal se discute sur le retentissement, avec réévaluation annuelle.
  • Un traitement local se propose même sans traitement général.
  • Le traitement hormonal n'est pas un traitement de prévention cardiovasculaire.

En pratique

  • Carence en vitamine D corrigée
  • Apports en calcium évalués
  • Activité physique en charge proposée
  • Prévention des chutes organisée
  • Traitement de l'os discuté selon le risque
  • Traitement hormonal discuté sur le retentissement
  • Traitement local proposé
  • Dépistages et suivi programmés

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Le frottis et l'examen gynécologique relèvent des situations de départ correspondantes.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas d'annonce diagnostique. L'information sur les traitements et les risques est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Cette consultation est l'une des rares où presque tout est de la prévention.

⚠️ Ce qui s'explique sur l'os : que la perte osseuse s'accélère après la ménopause, ⚠️ que l'activité physique en charge la ralentit, ⚠️ que les apports en calcium se font d'abord par l'alimentation, et que le tabac aggrave.

⚠️ Ce qui se travaille sur les apports : une évaluation concrète de ce qui est consommé, ⚠️ et des solutions pour une personne qui ne consomme pas de produits laitiers.

⚠️ Ce qui se prévient : les chutes, ⚠️ par la correction de la vue, la révision des traitements, ⚠️ l'aménagement du logement, et l'activité physique.

⚠️ Ce qui se dit sur le traitement hormonal : ses bénéfices sur les symptômes, ⚠️ ses risques, ⚠️ et le fait que la décision se prend avec la femme, et se réévalue.

⚠️ Ce qui se dit sur les troubles intimes : qu'ils sont fréquents, ⚠️ qu'ils ne régressent pas spontanément, et qu'ils se traitent.

⚠️ Ce qui se rappelle : les dépistages organisés, ⚠️ et le fait qu'ils continuent après la ménopause.

⚠️ Ce qui se dit sur le poids et le cœur : que le risque change, ⚠️ et que les mesures de mode de vie gardent leur intérêt à cet âge.

À retenir

Évaluer concrètement les apports en calcium. Une personne qui ne mange pas de laitages en manque presque toujours.

À retenir

  • La perte osseuse s'accélère après la ménopause et l'activité en charge la ralentit.
  • Les apports en calcium se font d'abord par l'alimentation.
  • La prévention des chutes vaut autant que le traitement de l'os.
  • Les troubles intimes ne régressent pas spontanément.
  • Les dépistages organisés continuent après la ménopause.

En pratique

  • Évolution osseuse expliquée
  • Activité physique en charge conseillée
  • Apports en calcium évalués concrètement
  • Alternatives proposées si besoin
  • Prévention des chutes abordée
  • Bénéfices et risques du traitement hormonal expliqués
  • Troubles intimes abordés et traités
  • Dépistages rappelés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Cette consultation croise plusieurs suivis, ⚠️ et personne ne regarde l'ensemble.

Ce qui s'écrit dans le dossier : ⚠️ la taille mesurée à chaque fois, ⚠️ les antécédents de fracture avec leur mécanisme, le risque calculé, ⚠️ et la date de la dernière densitométrie.

⚠️ Ce qui s'écrit sur la demande de densitométrie : les facteurs de risque, ⚠️ et les antécédents de fracture, ⚠️ sans lesquels le compte rendu conclura sur le seul chiffre.

Ce qui se transmet au gynécologue : ⚠️ les traitements en cours, ⚠️ les symptômes, et la décision prise sur le traitement hormonal.

Ce qui se transmet au rhumatologue : ⚠️ les antécédents de fracture, ⚠️ le bilan de cause secondaire, et le risque calculé.

Ce qui se coordonne : ⚠️ les dépistages organisés, ⚠️ le suivi dentaire, et l'activité physique adaptée.

⚠️ Et ce qui ne s'écrit pas : « ostéopénie », ⚠️ sans les antécédents ni le risque calculé, mention qui fera conclure à une simple surveillance chez une femme qui a déjà fracturé.

À retenir

Écrire les antécédents de fracture sur la demande de densitométrie. Le compte rendu en tiendra compte.

À retenir

  • La taille et les antécédents de fracture s'écrivent dans le dossier.
  • Sans facteurs de risque sur la demande, le compte rendu conclura sur le seul chiffre.
  • Le gynécologue reçoit la décision prise sur le traitement hormonal.
  • Le rhumatologue reçoit le risque calculé, pas seulement le chiffre.
  • Ostéopénie sans antécédent ni risque fera conclure à une simple surveillance.

En pratique

  • Taille notée à chaque consultation
  • Antécédents de fracture et mécanisme écrits
  • Risque calculé écrit
  • Facteurs de risque portés sur la demande
  • Décision sur le traitement hormonal transmise
  • Bilan de cause secondaire transmis
  • Dépistages coordonnés
  • Mentions incomplètes évitées

Sources

  • R2C, item 124 : Ménopause, insuffisance ovarienne prématurée, andropause, déficit androgénique lié à l'âge
  • R2C, item 128 : Ostéopathies fragilisantes
  • R2C, item 221 : Athérome : épidémiologie et physiopathologie. Le malade poly-athéromateux
  • Collège national des gynécologues et obstétriciens français et Collège français des enseignants en rhumatologie, chapitres sur la ménopause et l'ostéoporose
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la ménopause et sur le traitement de l'ostéoporose post-ménopausique. La date de la version consultée fait partie de la source