Aller au contenu
Toutes les fiches

Fiche de révision

Consultation de suivi et éducation thérapeutique d'un patient BPCO

Un dispositif pris de travers, un effort abandonné, et une ordonnance renouvelée à l'identique.

Situation de départ 286Catégorie IIIItem R2C 324Item R2C 209Item R2C 75

Entretien et interrogatoire

⚠️ Un patient suivi pour cette maladie vient rarement se plaindre, ⚠️ et l'entretien vaut ce qu'on lui demande.

⚠️ Ce qui se quantifie sur l'essoufflement : à quel effort il apparaît, ⚠️ combien d'étages, ⚠️ combien de mètres sur le plat, et s'il oblige à s'arrêter. ⚠️ Une échelle de gêne se cote, ⚠️ et se recote d'une consultation à l'autre, car seule la comparaison a du sens.

⚠️ Ce qui se demande et qui ne se dit jamais : les activités abandonnées. ⚠️ Le jardin arrêté, ⚠️ l'enfant qu'on ne porte plus, la voiture pour 400 mètres. ⚠️ Le patient ne les rapporte pas, parce qu'il les attribue à l'âge.

⚠️ Ce qui se compte : les épisodes d'aggravation depuis la dernière consultation, ⚠️ ceux qui ont fait consulter, ⚠️ ceux qui ont conduit à l'hôpital, et ceux qui sont passés seuls. ⚠️ Le nombre d'épisodes commande la suite.

⚠️ Ce qui se demande sur le traitement : le nombre de bouffées prises par jour, ⚠️ et l'usage réel du dispositif de secours, ⚠️ dont la consommation croissante est un signal.

⚠️ Ce qui se recherche : la toux, ⚠️ l'aspect des crachats, ⚠️ le tabac actuel en nombre de cigarettes, les expositions professionnelles, ⚠️ et l'anxiété, fréquente et rarement dite.

Le piège

« Ça va ? » obtient « ça va ». Demander combien d'étages il monte sans s'arrêter, et ce qu'il a arrêté de faire.

À retenir

  • L'essoufflement se quantifie en étages et en mètres, pas en adjectifs.
  • Les activités abandonnées ne sont jamais rapportées spontanément.
  • Le nombre d'épisodes d'aggravation commande la suite de la prise en charge.
  • Une consommation croissante du dispositif de secours est un signal.
  • Le tabac se compte en cigarettes, il ne se demande pas par oui ou non.

En pratique

  • Essoufflement quantifié en effort
  • Échelle de gêne cotée
  • Activités abandonnées recherchées
  • Épisodes d'aggravation comptés
  • Hospitalisations recensées
  • Bouffées quotidiennes quantifiées
  • Usage du dispositif de secours évalué
  • Tabac compté et expositions recherchées

Examen clinique

⚠️ L'examen d'un patient stable sert à établir une référence, ⚠️ et à repérer ce que l'interrogatoire n'a pas donné.

⚠️ Ce qui se mesure : la fréquence respiratoire, ⚠️ la saturation en oxygène au repos, ⚠️ le poids, et sa variation, ⚠️ un amaigrissement étant de mauvais pronostic dans cette maladie.

⚠️ Ce qui s'observe : la forme du thorax, ⚠️ le tirage, ⚠️ l'usage des muscles du cou, une expiration à lèvres pincées, ⚠️ et la position spontanément prise pour souffler.

⚠️ Ce qui s'ausculte : le murmure vésiculaire, ⚠️ sa diminution, ⚠️ des sifflements, et des bruits ajoutés, ⚠️ en comparant les deux côtés.

⚠️ Ce qui se cherche comme retentissement : des œdèmes des membres inférieurs, ⚠️ une turgescence des veines du cou, ⚠️ et une cyanose.

⚠️ Ce qui se teste simplement : la capacité à parler en phrases entières, ⚠️ et un test de marche court quand le cadre le permet, ⚠️ plus informatif que toute description.

⚠️ Ce qui s'examine aussi : la bouche, ⚠️ à la recherche d'une mycose liée au dispositif, et l'état nutritionnel.

À retenir

Peser le patient à chaque consultation. La perte de poids compte autant que le souffle.

À retenir

  • Un amaigrissement est de mauvais pronostic dans cette maladie.
  • La saturation au repos établit une référence pour les consultations suivantes.
  • La bouche s'examine : une mycose signe un rinçage absent.
  • Un test de marche court informe plus qu'une description.
  • Les œdèmes et la turgescence jugulaire cherchent un retentissement droit.

En pratique

  • Fréquence respiratoire mesurée
  • Saturation au repos notée
  • Poids et variation notés
  • Signes de lutte observés
  • Auscultation comparative faite
  • Œdèmes et jugulaires recherchés
  • Capacité à parler évaluée
  • Bouche examinée

Synthèse paraclinique

⚠️ Le diagnostic de cette maladie repose sur une mesure du souffle, ⚠️ et le suivi aussi.

⚠️ Ce qui fonde le diagnostic : une exploration fonctionnelle respiratoire, ⚠️ montrant un trouble ventilatoire obstructif non réversible après bronchodilatateur. ⚠️ Un diagnostic posé sans cette mesure n'est pas un diagnostic, ⚠️ et cela se vérifie dans le dossier avant de renouveler pendant des années.

⚠️ Ce qui se répète : la mesure du souffle, ⚠️ à un rythme adapté à la sévérité, ⚠️ et après tout changement de traitement.

⚠️ Ce qui s'interprète avec le contexte : une saturation basse, ⚠️ qui fait discuter une mesure des gaz du sang artériel, ⚠️ et non une simple surveillance.

⚠️ Ce qui se demande selon le terrain : une numération, ⚠️ à la recherche d'une polyglobulie, ⚠️ et le compte des polynucléaires éosinophiles, qui participe aux décisions de traitement.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas en routine : des examens répétés chez un patient stable, ⚠️ dont le résultat ne changerait aucune décision.

⚠️ Ce qui se relit avant de conclure à une aggravation : la technique de prise du dispositif, ⚠️ car un traitement mal pris ressemble à un traitement insuffisant.

Le piège

Avant de renforcer un traitement jugé insuffisant, faire montrer la prise du dispositif.

À retenir

  • Le diagnostic repose sur une obstruction non réversible mesurée.
  • Un diagnostic sans mesure du souffle se vérifie avant de renouveler.
  • Une saturation basse fait discuter des gaz du sang, pas une surveillance.
  • Le compte des éosinophiles participe aux décisions de traitement.
  • Un traitement mal pris ressemble à un traitement insuffisant.

En pratique

  • Mesure du souffle retrouvée au dossier
  • Caractère non réversible vérifié
  • Rythme de répétition adapté
  • Saturation interprétée
  • Gaz du sang discutés si besoin
  • Numération et éosinophiles selon terrain
  • Examens inutiles évités
  • Technique de prise revérifiée

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie n'intervient pas dans le suivi d'un patient stable. La radiographie thoracique relève des situations d'aggravation et des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic est acquis avant la consultation de suivi. Sa démarche relève de la situation de départ portant sur la dyspnée chronique.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La consultation de suivi ne comporte pas d'urgence vitale. L'exacerbation grave relève de la situation de départ correspondante.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Dans cette maladie, les mesures qui changent le pronostic ne sont pas des comprimés.

⚠️ Ce qui vient en premier : l'arrêt du tabac, ⚠️ seule mesure qui modifie la pente de la maladie, et qui se travaille à chaque consultation, ⚠️ avec une aide et non un conseil.

⚠️ Ce qui vient ensuite et qui s'oublie : la réhabilitation respiratoire, ⚠️ qui améliore l'essoufflement, la capacité d'effort et la qualité de vie, ⚠️ et qui reste très peu prescrite. ⚠️ Elle se propose y compris chez un patient qui se dit stable.

⚠️ Ce qui se vérifie avant de modifier un traitement : la prise réelle, ⚠️ la technique, ⚠️ et l'exposition persistante, car chacune explique une inefficacité apparente.

⚠️ Ce qui s'adapte : le traitement inhalé, ⚠️ selon l'essoufflement et le nombre d'épisodes d'aggravation, ⚠️ et non selon la mesure du souffle seule.

⚠️ Ce qui se prescrit sans y penser : les vaccinations recommandées, ⚠️ qui réduisent les épisodes graves.

⚠️ Ce qui se cherche : une dénutrition, ⚠️ une anxiété ou une dépression, ⚠️ et les autres maladies fréquemment associées, cardiovasculaires en premier lieu.

⚠️ Ce qui se date : la prochaine réévaluation, ⚠️ jamais portée sur une ordonnance renouvelée à l'identique.

À retenir

Proposer la réhabilitation respiratoire même à un patient qui se dit stable. C'est la mesure la plus oubliée.

À retenir

  • L'arrêt du tabac est la seule mesure qui modifie la pente de la maladie.
  • La réhabilitation respiratoire améliore l'effort et reste très peu prescrite.
  • Le traitement s'adapte à l'essoufflement et aux épisodes, pas à la seule mesure.
  • Une inefficacité apparente s'explique souvent par la technique de prise.
  • Une ordonnance renouvelée à l'identique ne porte jamais de date de réévaluation.

En pratique

  • Arrêt du tabac travaillé avec aide
  • Réhabilitation respiratoire proposée
  • Prise réelle vérifiée
  • Technique revue
  • Traitement adapté aux épisodes
  • Vaccinations mises à jour
  • Comorbidités recherchées
  • Date de réévaluation portée

Procédure et geste technique

⚠️ Le dispositif d'inhalation est un geste technique, ⚠️ et il s'évalue comme tel.

⚠️ Ce qui ne suffit pas : demander au patient s'il sait le prendre. ⚠️ La réponse est oui, ⚠️ et une large part des patients le prennent mal. Le geste se fait montrer, ⚠️ dispositif en main.

⚠️ Ce qui se regarde dans l'ordre : le patient souffle avant, ⚠️ il place le dispositif correctement, ⚠️ il déclenche et inspire de façon coordonnée, profondément, ⚠️ puis il retient sa respiration, ⚠️ et il attend avant une seconde prise.

⚠️ Ce qui dépend du dispositif : le débit d'inspiration. ⚠️ Certains demandent une inspiration lente et profonde, ⚠️ d'autres une inspiration rapide et forte, et confondre les deux annule le traitement.

⚠️ Ce qui se vérifie ensuite : le rinçage de la bouche, ⚠️ quand le dispositif le demande, ⚠️ et l'état du compteur de doses.

⚠️ Ce qui se propose devant une coordination difficile : une chambre d'inhalation, ⚠️ ou un dispositif d'un autre type, ⚠️ plutôt qu'une augmentation de dose.

⚠️ Ce qui se refait : la démonstration à la consultation suivante, ⚠️ la technique se dégradant avec le temps.

Le piège

Une mycose buccale signe presque toujours un rinçage absent, pas une dose excessive.

À retenir

  • Le geste se fait montrer, dispositif en main : la question fermée obtient oui.
  • Souffler avant, coordonner, retenir sa respiration : l'ordre compte.
  • Le débit d'inspiration dépend du type de dispositif, et les confondre annule le traitement.
  • Devant une coordination difficile, changer de dispositif avant d'augmenter la dose.
  • La technique se dégrade avec le temps : elle se revérifie.

En pratique

  • Démonstration demandée au patient
  • Expiration préalable vérifiée
  • Coordination observée
  • Apnée post-inhalation vérifiée
  • Débit adapté au dispositif
  • Rinçage vérifié
  • Compteur de doses regardé
  • Chambre d'inhalation proposée si besoin

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce du diagnostic a eu lieu avant la consultation de suivi. L'information au long cours est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce domaine porte la situation, ⚠️ et il commence par défaire une croyance.

⚠️ Ce qui se dit et qui change la consultation : l'essoufflement n'est pas une fatalité de l'âge. ⚠️ Le patient réduit ses efforts pour éviter la gêne, ⚠️ la réduction aggrave la gêne, et la spirale se rompt par l'activité.

⚠️ Ce qui s'explique : à quoi sert chaque dispositif, ⚠️ lequel se prend tous les jours, ⚠️ lequel se prend en cas de gêne, et pourquoi le quotidien ne se ressent pas. ⚠️ Un traitement qui ne soulage pas immédiatement s'arrête si son rôle n'a pas été dit.

⚠️ Ce qui se travaille sans reproche : le tabac. ⚠️ Une aide se propose, ⚠️ le nombre de cigarettes se compte, et une diminution se valorise.

⚠️ Ce qui s'apprend explicitement : les signes qui doivent faire consulter sans attendre, ⚠️ aggravation de l'essoufflement, ⚠️ changement d'aspect ou de volume des crachats, fièvre, ⚠️ et somnolence inhabituelle.

⚠️ Ce qui s'écrit : un plan d'action, ⚠️ disant quoi faire et qui appeler.

⚠️ Ce qui se conclut : un objectif unique, ⚠️ choisi par le patient, ⚠️ et une reformulation par lui de ce qui a été convenu, et non la question « avez-vous compris ».

À retenir

Faire reformuler le plan par le patient avec ses mots. « Avez-vous compris » obtient oui.

À retenir

  • L'essoufflement fait réduire l'effort, et la réduction aggrave l'essoufflement.
  • Un traitement qui ne soulage pas s'arrête si son rôle n'a pas été expliqué.
  • Le tabac se travaille avec une aide, jamais avec un reproche.
  • Les signes d'aggravation et le plan d'action s'écrivent.
  • Un seul objectif, choisi par le patient, et reformulé par lui.

En pratique

  • Croyance sur l'âge défaite
  • Rôle de chaque dispositif expliqué
  • Différence quotidien et secours dite
  • Aide au sevrage proposée
  • Diminution valorisée
  • Signes d'aggravation appris
  • Plan d'action écrit remis
  • Objectif unique convenu et reformulé

Communication interprofessionnelle

⚠️ Le suivi de cette maladie est partagé, ⚠️ et le patient stable est celui dont personne ne parle.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ l'historique des délivrances, ⚠️ le signalement d'une consommation croissante du dispositif de secours, et une reprise de la démonstration au comptoir.

Ce qui se demande au pneumologue : ⚠️ la mesure du souffle et sa date, ⚠️ l'orientation vers une réhabilitation respiratoire, et l'avis sur une oxygénothérapie quand la saturation le justifie.

⚠️ Ce qui se transmet au kinésithérapeute : l'objectif de la prise en charge, ⚠️ le niveau d'effort actuel, et les activités que le patient a abandonnées.

Ce qui se coordonne : ⚠️ le tabacologue, ⚠️ la diététicienne en cas de perte de poids, et l'infirmière pour la reprise de l'éducation à domicile.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin du travail quand le patient est en activité : avec son accord, ⚠️ les expositions professionnelles, et l'adaptation du poste.

⚠️ Et ce qui s'écrit sur l'ordonnance : l'indication de chaque ligne, ⚠️ la consigne de prise, ⚠️ et la date de réévaluation, faute de quoi le renouvellement suivant sera identique.

À retenir

Écrire l'indication en regard de chaque ligne d'inhalé. Le patient et le confrère suivant la liront.

À retenir

  • Le patient stable est celui dont personne ne parle.
  • Une consommation croissante du dispositif de secours se signale.
  • L'orientation vers la réhabilitation respiratoire passe par un courrier explicite.
  • Le kinésithérapeute reçoit les activités abandonnées, pas seulement le diagnostic.
  • Sans indication ni date écrite, le renouvellement suivant sera identique.

En pratique

  • Historique des délivrances demandé
  • Signalement du recours au secours organisé
  • Mesure du souffle et sa date obtenues
  • Réhabilitation respiratoire demandée
  • Objectif transmis au kinésithérapeute
  • Tabacologue et diététicienne sollicités
  • Médecin du travail saisi avec accord
  • Indications, consignes et date écrites

Sources

  • R2C, item 324 : Éducation thérapeutique, observance et automédication
  • R2C, item 209 : Bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
  • R2C, item 75 : Addiction au tabac
  • Collège des enseignants de pneumologie, chapitre sur la bronchopneumopathie chronique obstructive
  • Recommandations en vigueur sur la prise en charge de la bronchopneumopathie chronique obstructive, la réhabilitation respiratoire et le sevrage tabagique. La date de la version consultée fait partie de la source