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Fiche de révision

Suivi du patient immunodéprimé

Des signes atténués, un ordre d'étapes qui ne se rattrape pas, et une consigne écrite que personne ne remet.

Situation de départ 291Catégorie IIIItem R2C 191Item R2C 202Item R2C 146

Entretien et interrogatoire

⚠️ Chez ce patient, l'interrogatoire remplace en partie ce que l'examen ne montrera pas.

⚠️ Ce qui se précise d'abord : la nature de l'immunodépression, ⚠️ le traitement en cause, ⚠️ sa date de début, et la date de la dernière administration, ⚠️ car le risque n'est pas le même à tous les moments d'un cycle.

⚠️ Ce qui se quantifie devant une fièvre : la première température mesurée, ⚠️ son heure, ⚠️ et surtout la prise éventuelle d'un antipyrétique avant la mesure. ⚠️ Une fièvre traitée reste une fièvre, et la valeur retenue est la première.

⚠️ Ce qui se demande sur le temps : la date du dernier bilan sanguin, ⚠️ un résultat de plusieurs jours ne renseignant pas sur l'état du jour.

⚠️ Ce qui se cherche comme porte d'entrée : un dispositif veineux implanté, ⚠️ une douleur de la bouche, ⚠️ un trouble du transit, ⚠️ une brûlure en urinant, ⚠️ une toux, et un contact récent avec une personne malade.

⚠️ Ce qui se recense : les traitements présents au domicile, ⚠️ y compris les restes d'anciennes ordonnances, ⚠️ les voyages prévus, et les vaccinations programmées.

⚠️ Ce qui se demande enfin : qui vit avec le patient, ⚠️ qui passe, et qui pourrait alerter.

Le piège

Retenir la température annoncée au téléphone sans demander si un antipyrétique a été donné avant.

À retenir

  • Le risque dépend du moment du cycle : la date de la dernière administration se demande.
  • Une fièvre traitée reste une fièvre, et la valeur retenue est la première.
  • Un résultat de plusieurs jours ne renseigne pas sur l'état du jour.
  • Un dispositif veineux implanté est une porte d'entrée à examiner à chaque épisode.
  • Les restes d'anciennes ordonnances font partie des traitements du domicile.

En pratique

  • Nature de l'immunodépression précisée
  • Date de la dernière administration obtenue
  • Première température et son heure obtenues
  • Prise d'un antipyrétique recherchée
  • Date du dernier bilan demandée
  • Portes d'entrée passées en revue
  • Traitements du domicile recensés
  • Entourage et voyages recensés

Examen clinique

⚠️ L'examen d'un patient immunodéprimé cherche des signes que l'immunodépression efface.

⚠️ Ce qui se mesure : la température, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, ⚠️ la fréquence respiratoire, ⚠️ la saturation, et la conscience.

⚠️ Ce qui se cherche en priorité : des marbrures, ⚠️ des extrémités froides, ⚠️ une hypotension, ⚠️ une accélération respiratoire, ⚠️ une confusion, et une absence d'urines. ⚠️ Ces signes suffisent, et ils ne dépendent pas des défenses.

⚠️ Ce qui s'examine systématiquement comme porte d'entrée : la peau au-dessus d'un dispositif implanté, ⚠️ la bouche, ⚠️ la marge anale sans geste invasif, ⚠️ les plis, ⚠️ les pieds, et tout point de ponction.

⚠️ Ce qui manque et qui trompe : la rougeur, ⚠️ le pus, ⚠️ la douleur vive, ⚠️ la raideur de nuque, et parfois la fièvre elle-même. ⚠️ L'absence de signe local n'exclut pas l'infection, ⚠️ et une corticothérapie atténue tout.

⚠️ Ce qui se note pour la transmission : chaque paramètre chiffré, ⚠️ l'heure de la mesure, et l'aspect de la porte d'entrée suspectée.

Urgence

Marbrures, confusion, absence d'urines : ces signes suffisent à décider, sans attendre aucun résultat.

À retenir

  • Les signes de gravité circulatoires ne dépendent pas des défenses : ils restent fiables.
  • L'absence de signe local n'exclut pas l'infection.
  • Une corticothérapie atténue la douleur, la rougeur et parfois la fièvre.
  • La peau au-dessus d'un dispositif implanté s'examine à chaque épisode.
  • Chaque paramètre se note chiffré et horodaté pour la transmission.

En pratique

  • Paramètres vitaux complets mesurés
  • Marbrures et extrémités appréciées
  • Conscience évaluée
  • Diurèse recherchée
  • Dispositif implanté examiné
  • Bouche et plis examinés
  • Points de ponction examinés
  • Paramètres notés et horodatés

Synthèse paraclinique

⚠️ Chez ce patient, les examens ne doivent jamais retarder la prise en charge.

⚠️ Ce qui se prélève devant une fièvre : une numération, ⚠️ un bilan des sels et du rein, ⚠️ un marqueur d'inflammation, ⚠️ des hémocultures, avant tout traitement anti-infectieux, ⚠️ et sur le dispositif implanté comme en périphérie quand il existe.

⚠️ Ce qui se demande selon le point d'appel : un examen des urines, ⚠️ une imagerie thoracique, ⚠️ et des prélèvements ciblés.

⚠️ Ce qui s'interprète autrement qu'à l'ordinaire : un marqueur d'inflammation peu élevé, ⚠️ qui ne rassure pas, ⚠️ une radiographie normale, qui n'élimine pas une atteinte pulmonaire, ⚠️ et une numération normale de la veille, qui ne dit rien du jour.

⚠️ Ce qui se vérifie avant une mise en route de traitement immunosuppresseur : le dépistage de la tuberculose, ⚠️ les hépatites virales, ⚠️ le virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ l'immunité contre la varicelle, et le statut vaccinal.

⚠️ Ce qui se sait sur les tests de dépistage de la tuberculose : un résultat non exploitable n'est pas un résultat négatif, ⚠️ et une corticothérapie ou l'immunodépression elle-même peuvent le fausser.

⚠️ Ce qui ne s'attend pas : le résultat d'un examen avant de traiter une urgence.

Le piège

Attendre la numération avant de décider. La décision se prend sur la clinique.

À retenir

  • Les hémocultures se prélèvent avant tout traitement, sans retarder celui-ci.
  • Un marqueur d'inflammation peu élevé ne rassure pas chez ce patient.
  • Une radiographie normale n'élimine pas une atteinte pulmonaire.
  • Un résultat non exploitable n'est pas un résultat négatif.
  • Une corticothérapie peut fausser le test censé autoriser le traitement suivant.

En pratique

  • Numération et bilan demandés
  • Hémocultures avant traitement
  • Prélèvements sur dispositif et en périphérie
  • Examens orientés par le point d'appel
  • Marqueurs interprétés avec prudence
  • Dépistages pré-thérapeutiques vérifiés
  • Résultat non exploitable repris
  • Aucun résultat attendu avant de traiter l'urgence

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie intervient comme examen orienté et non comme lecture d'image évaluée. Les situations de lecture relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : L'immunodépression est connue et sa cause établie. La démarche diagnostique d'un déficit immunitaire relève d'une autre situation de départ.

Urgence vitale

⚠️ Une fièvre chez un patient immunodéprimé est une urgence, ⚠️ jusqu'à preuve du contraire, et la preuve ne se cherche pas au domicile.

⚠️ Ce qui impose une hospitalisation sans délai : la fièvre pendant la période de fragilité qui suit une cure, ⚠️ tout signe de gravité circulatoire ou respiratoire, ⚠️ une confusion, ⚠️ des vomissements empêchant les traitements, et l'isolement du patient.

⚠️ Ce qui se fait dans l'ordre : reconnaître, ⚠️ appeler le service qui suit le patient, ⚠️ organiser un transport adapté à l'état, et prévenir le service d'accueil avant l'arrivée.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : donner un anti-inflammatoire, ⚠️ qui masque la fièvre et aggrave le risque, ⚠️ et interrompre brutalement une corticothérapie en cours, dont l'arrêt expose à une insuffisance surrénale aiguë.

⚠️ Ce qui se traite et ne se contourne pas : un refus du patient. ⚠️ Il s'explique, ⚠️ il s'entend, et il se reprend avec un proche ou le service référent.

⚠️ Ce qui se transmet à l'arrivée : la nature du traitement, ⚠️ la date de la dernière cure, ⚠️ la première température, ⚠️ les paramètres, et la porte d'entrée suspectée.

Urgence

Fièvre dans les jours qui suivent une cure : transfert immédiat, sans attendre de résultat.

À retenir

  • Une fièvre chez un patient immunodéprimé est une urgence jusqu'à preuve du contraire.
  • Un anti-inflammatoire masque la fièvre et aggrave le risque.
  • Une corticothérapie ne s'interrompt jamais brutalement.
  • Un refus de soins se traite dans la conversation, il ne se contourne pas.
  • Le service qui suit le patient se prévient avant l'arrivée, pas après.

En pratique

  • Urgence reconnue et nommée
  • Signes de gravité recherchés
  • Transport adapté organisé
  • Service référent prévenu
  • Service d'accueil prévenu
  • Anti-inflammatoire interdit
  • Corticothérapie poursuivie
  • Éléments de transmission énoncés

Stratégie de prise en charge

⚠️ Tout ce qui protège ce patient se décide avant la mise en route du traitement.

⚠️ Ce qui se fait avant la première administration : le dépistage d'une tuberculose latente, ⚠️ les sérologies des hépatites virales et du virus de l'immunodéficience humaine, ⚠️ la recherche d'une immunité contre la varicelle, ⚠️ la vérification du statut vaccinal, ⚠️ le bilan d'un foyer infectieux dentaire, et la recherche d'un antécédent de cancer.

⚠️ Ce qui obéit à un ordre strict : les vaccins vivants, ⚠️ réalisés avant le début du traitement avec un délai suffisant, ⚠️ et contre-indiqués ensuite. ⚠️ Une vaccination programmée après la première administration est une erreur d'ordre, et se réexamine.

⚠️ Ce qui reste possible pendant le traitement : les vaccinations non vivantes recommandées, ⚠️ dont la réponse est moindre, et qui se font quand même.

⚠️ Ce qui se hiérarchise : un bilan incomplet fait différer la mise en route, ⚠️ et non l'inverse, car aucun de ces examens ne se rattrape après.

⚠️ Ce qui s'aborde et qui s'oublie : la contraception, ⚠️ le projet de grossesse, ⚠️ et les voyages prévus.

⚠️ Ce qui se réévalue à chaque consultation : la persistance de l'indication, ⚠️ la tolérance, et la possibilité de réduire la corticothérapie associée.

À retenir

Une vaccination vivante programmée après la première injection est une erreur d'ordre : la reprendre.

À retenir

  • Les vaccins vivants se font avant le début du traitement, jamais après.
  • Un bilan incomplet fait différer la mise en route, pas l'inverse.
  • Les vaccinations non vivantes se font pendant le traitement, même si la réponse est moindre.
  • La contraception, la grossesse et les voyages font partie du dossier.
  • La possibilité de réduire la corticothérapie associée se réexamine à chaque consultation.

En pratique

  • Dépistage de la tuberculose fait et exploitable
  • Sérologies virales faites
  • Immunité varicelle vérifiée
  • Statut vaccinal vérifié
  • Vaccins vivants faits avant
  • Foyers dentaires traités avant
  • Contraception et projets abordés
  • Mise en route différée si bilan incomplet

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué. Les soins du dispositif implanté relèvent d'une autre situation de départ.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce de la maladie et du traitement a eu lieu avant le suivi. L'information au long cours est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui n'a pas été écrit ne sera pas fait, ⚠️ et ce qui a été dit une fois sera oublié.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : la conduite à tenir en cas de fièvre, ⚠️ la valeur à partir de laquelle il faut appeler, ⚠️ le numéro joignable à toute heure, et le nom du service. ⚠️ Un document remis est le seul qui existera dans six mois.

⚠️ Ce qui s'interdit explicitement : les anti-inflammatoires, ⚠️ l'automédication, ⚠️ et l'arrêt de sa propre initiative d'un traitement du protocole.

⚠️ Ce qui s'apprend au patient et à un proche : prendre sa température avant de prendre quoi que ce soit, ⚠️ noter le chiffre et l'heure, et appeler avant de traiter.

⚠️ Ce qui se prévient : par l'hygiène des mains, ⚠️ les précautions alimentaires, ⚠️ l'éviction des contacts contagieux, ⚠️ la vaccination de l'entourage, et les précautions lors des voyages.

⚠️ Ce qui se dit sur les vaccinations : lesquelles sont possibles, ⚠️ lesquelles ne le sont plus, et pourquoi l'entourage doit être à jour.

⚠️ Ce qui se prépare avec le patient : les voyages, ⚠️ longtemps à l'avance, car certaines destinations imposent une vaccination devenue impossible.

À retenir

Remettre une carte portant le traitement, le numéro du service et la conduite en cas de fièvre.

À retenir

  • Un document remis est la seule consigne qui existera dans six mois.
  • Prendre sa température avant de prendre quoi que ce soit.
  • Les anti-inflammatoires et l'automédication s'interdisent explicitement.
  • La vaccination de l'entourage protège le patient.
  • Un voyage se prépare longtemps à l'avance, ou il devient impossible.

En pratique

  • Conduite en cas de fièvre écrite
  • Seuil et numéro remis
  • Anti-inflammatoires interdits explicitement
  • Prise de température avant tout traitement apprise
  • Précautions d'hygiène expliquées
  • Vaccinations possibles précisées
  • Entourage mis à jour
  • Voyages anticipés

Communication interprofessionnelle

⚠️ Ce patient est suivi par un service, ⚠️ soigné par des professionnels de ville, et joignable par personne la nuit.

⚠️ Ce qui doit figurer sur la fiche de liaison du domicile : le protocole, ⚠️ la date de la dernière administration, ⚠️ la conduite à tenir en cas de fièvre, ⚠️ et un numéro d'appel du service, avec le nom du service.

⚠️ Ce qui se demande à un appelant : les chiffres, ⚠️ un par un, ⚠️ l'heure des mesures, ⚠️ ce qui a été donné avant l'appel, et les signes de gravité, ⚠️ qui ne sont jamais rapportés spontanément.

⚠️ Ce qui se transmet en retour : une conduite exécutable, ⚠️ en phrases courtes, ⚠️ dans l'ordre, et suivie d'une reformulation par l'interlocuteur.

⚠️ Ce qui se transmet au service d'accueil avant l'arrivée : la nature de l'immunodépression, ⚠️ la date de la dernière cure, ⚠️ la première température, ⚠️ les paramètres, et la porte d'entrée suspectée.

⚠️ Ce qui ne se transmet à personne d'autre : l'information médicale. ⚠️ Ni au voisin qui détient la clé, ⚠️ ni à l'employeur, quelle que soit son insistance ou son utilité apparente.

⚠️ Ce qui se coordonne : le pharmacien, ⚠️ le chirurgien-dentiste, ⚠️ le centre de vaccinations, et le médecin traitant, ⚠️ destinataire de chaque compte rendu.

À retenir

Faire redire la conduite par l'interlocuteur avant de raccrocher. C'est la seule vérification possible.

À retenir

  • Une fiche de liaison sans numéro du service est une fiche inutilisable la nuit.
  • Les chiffres se demandent un par un, avec l'heure de la mesure.
  • Ce qui a été donné avant l'appel n'est jamais dit spontanément.
  • Une conduite transmise se fait reformuler.
  • Aucune information médicale à un tiers non soignant, même détenteur de la clé.

En pratique

  • Fiche de liaison complétée
  • Numéro du service porté
  • Chiffres et heures demandés
  • Traitement donné avant l'appel recherché
  • Conduite transmise en phrases exécutables
  • Reformulation obtenue
  • Service d'accueil prévenu
  • Confidentialité tenue face aux tiers

Sources

  • R2C, item 191 : Fièvre chez un patient immunodéprimé
  • R2C, item 202 : Biothérapies et thérapies ciblées
  • R2C, item 146 : Vaccinations
  • Collège des enseignants de maladies infectieuses et tropicales, chapitres sur la fièvre chez l'immunodéprimé et sur les vaccinations
  • Recommandations en vigueur sur la neutropénie fébrile, sur le bilan avant biothérapie et sur les vaccinations chez l'immunodéprimé. La date de la version consultée fait partie de la source