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Fiche de révision

Première consultation d'addictologie

Un chiffre qu'il faut arracher à son contenant, des marqueurs mal hiérarchisés, et un objectif qui appartient au patient.

Situation de départ 292Catégorie IIIItem R2C 76Item R2C 75Item R2C 77

Entretien et interrogatoire

⚠️ Rien ne se décide avant d'avoir quantifié, ⚠️ et rien ne se quantifie si le patient s'est refermé.

⚠️ Ce qui s'annonce avant tout : qu'on ne vient pas juger. ⚠️ Un reproche ferme cet entretien et tous les suivants, ⚠️ et le patient répondra alors par oui ou par non.

⚠️ Ce qui se quantifie : la consommation en verres standard. ⚠️ « 2 verres le soir » ne veut rien dire tant que le contenant n'a pas été décrit, ⚠️ et un verre à pied rempli à la maison n'est pas un verre standard. ⚠️ Les occasions se détaillent, apéritif, repas, coucher, ⚠️ et le week-end se demande séparément.

⚠️ Ce qui se recherche comme signes d'un trouble de l'usage : une perte de contrôle sur la quantité, ⚠️ un besoin impérieux de consommer, ⚠️ la poursuite malgré les conséquences, ⚠️ le temps consacré, et l'abandon d'activités.

⚠️ Ce qui change la conduite immédiatement : des signes de sevrage au réveil, ⚠️ tremblements, sueurs, nausées, ⚠️ presque jamais reliés par le patient.

⚠️ Ce qui se recense : les autres consommations, ⚠️ tabac, ⚠️ médicaments prescrits pour dormir ou pour l'angoisse, que le patient ne compte pas.

⚠️ Ce qui se demande enfin : le retentissement, ⚠️ travail, conduite, famille, ⚠️ les tentatives d'arrêt passées, ⚠️ l'entourage, et ce que le patient souhaiterait changer.

Le piège

Accepter le premier chiffre annoncé. Il désigne une habitude, pas une quantité.

À retenir

  • Un chiffre sans unité n'est pas un chiffre : le contenant se décrit.
  • Le week-end se demande séparément du reste de la semaine.
  • Des tremblements matinaux jamais reliés changent immédiatement la conduite.
  • Ce qui est prescrit n'est pas compté par le patient comme une consommation.
  • L'objectif du patient se demande : c'est lui qui commande la suite.

En pratique

  • Absence de jugement annoncée
  • Consommation quantifiée en verres standard
  • Contenant décrit
  • Occasions et week-end détaillés
  • Perte de contrôle et besoin impérieux recherchés
  • Signes de sevrage matinal recherchés
  • Autres consommations recensées
  • Retentissement, tentatives et objectif explorés

Examen clinique

⚠️ L'examen cherche le retentissement d'une consommation ancienne, ⚠️ et il est souvent le premier depuis longtemps.

⚠️ Ce qui se mesure : le poids, ⚠️ sa variation, ⚠️ la pression artérielle, la fréquence cardiaque, ⚠️ et un tremblement des mains tendues.

⚠️ Ce qui se cherche sur le foie : une hépatomégalie, ⚠️ un bord inférieur ferme, ⚠️ une splénomégalie, ⚠️ une circulation veineuse abdominale, ⚠️ des angiomes cutanés, ⚠️ une rougeur des paumes, et un ictère.

⚠️ Ce qui se cherche sur les nerfs : une diminution de la sensibilité des pieds, ⚠️ une abolition des réflexes, ⚠️ un trouble de l'équilibre, et une amyotrophie des cuisses.

⚠️ Ce qui se cherche comme signes de gravité immédiate : une confusion, ⚠️ des troubles de la marche, ⚠️ une anomalie des mouvements des yeux, triade qui impose un traitement sans attendre.

⚠️ Ce qui s'apprécie sur la nutrition : la fonte musculaire, ⚠️ l'état de la bouche, et l'état cutané.

⚠️ Ce qui se note : le poids et la pression du jour, ⚠️ qui serviront de référence à la consultation suivante.

Urgence

Confusion, ataxie, anomalie oculomotrice : ne pas attendre de résultat pour traiter.

À retenir

  • L'examen d'un patient en addictologie est souvent le premier depuis longtemps.
  • Confusion, troubles de la marche et anomalie des mouvements oculaires imposent un traitement sans attendre.
  • Les signes cutanés d'atteinte du foie se cherchent sur tout le corps.
  • La sensibilité des pieds et les réflexes se testent systématiquement.
  • Le poids et la pression du jour servent de référence à la fois suivante.

En pratique

  • Poids et variation notés
  • Pression et fréquence mesurées
  • Tremblement des mains recherché
  • Signes cutanés d'atteinte du foie cherchés
  • Foie et rate palpés
  • Sensibilité et réflexes testés
  • Triade neurologique recherchée
  • État nutritionnel apprécié

Synthèse paraclinique

⚠️ Dans ce bilan, ce qui est le plus anormal n'est pas ce qui est le plus grave.

⚠️ Ce qui témoigne d'une consommation : un volume globulaire moyen élevé, ⚠️ une gamma glutamyl transférase élevée, ⚠️ et un rapport entre les deux transaminases en faveur de la première. ⚠️ Ces marqueurs disent l'exposition, et rien de la sévérité.

⚠️ Ce qui témoigne d'une atteinte avancée : des plaquettes basses, ⚠️ un taux de prothrombine abaissé, ⚠️ une albumine basse, ⚠️ et une bilirubine élevée. ⚠️ Ces marqueurs disent la fonction, et ce sont eux qui commandent.

⚠️ Ce qui se calcule : un score de fibrose non invasif, ⚠️ et une mesure de l'élasticité du foie quand elle est disponible.

⚠️ Ce qui ne s'interprète pas seul : une ferritine élevée, ⚠️ que l'inflammation, la dénutrition et l'atteinte du foie élèvent aussi, ⚠️ et qui impose la mesure du coefficient de saturation de la transferrine avant toute conclusion.

⚠️ Ce qui se cherche sur le terrain : une carence en folates et en vitamines du groupe B, ⚠️ une baisse du sodium, ⚠️ dont la correction doit être lente, et une baisse du potassium et du magnésium.

⚠️ Ce qui se recherche toujours : les autres causes d'atteinte du foie, ⚠️ virales, métaboliques et auto-immunes, qui coexistent souvent.

Le piège

Se rassurer sur des enzymes modérément élevées alors que plaquettes et taux de prothrombine sont abaissés.

À retenir

  • Les enzymes disent la souffrance, les facteurs de coagulation disent la fonction.
  • Une ferritine élevée n'est pas une surcharge en fer tant que la saturation est inconnue.
  • Une correction trop rapide du sodium peut faire plus de mal que l'anomalie.
  • Un score de fibrose non invasif se calcule avec les données déjà disponibles.
  • Les autres causes d'atteinte du foie coexistent souvent et se cherchent toujours.

En pratique

  • Marqueurs d'exposition identifiés
  • Marqueurs de fonction identifiés
  • Hiérarchie explicitée
  • Score de fibrose calculé
  • Saturation de la transferrine demandée
  • Carences vitaminiques recherchées
  • Sels contrôlés
  • Autres causes d'atteinte du foie recherchées

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie intervient comme examen orienté du retentissement hépatique et non comme lecture d'image évaluée. La lecture relève des situations de départ correspondantes.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le motif de la consultation est établi. La démarche diagnostique devant une anomalie du bilan hépatique relève d'une autre situation de départ.

Urgence vitale

⚠️ Un arrêt brutal non accompagné peut tuer, ⚠️ et le patient croit souvent que c'est la bonne méthode.

⚠️ Ce qui se reconnaît comme sevrage compliqué : une confusion, ⚠️ une agitation, ⚠️ des hallucinations, ⚠️ des sueurs profuses, ⚠️ une fièvre, ⚠️ une déshydratation, et une crise convulsive.

⚠️ Ce qui prédit ce risque : des signes de sevrage matinal habituels, ⚠️ un antécédent de sevrage compliqué, ⚠️ une crise convulsive antérieure, ⚠️ une maladie associée, et l'isolement.

⚠️ Ce qui se fait sans attendre devant une confusion : un apport de vitamine B1, ⚠️ avant tout apport de sucre, ⚠️ car un apport de glucose chez un patient carencé peut déclencher une atteinte neurologique grave.

⚠️ Ce qui s'assure aussi : l'hydratation, ⚠️ la correction prudente des sels, ⚠️ la recherche d'une infection, d'un traumatisme crânien, ⚠️ et d'une hémorragie digestive.

⚠️ Ce qui décide du lieu : un sevrage se fait à l'hôpital en cas d'antécédent compliqué, ⚠️ de maladie sévère associée, ⚠️ de trouble psychiatrique, ou d'isolement.

⚠️ Ce qui ne se fait jamais : conseiller un arrêt immédiat et complet à un patient dépendant, sans accompagnement.

Urgence

Jamais de glucose avant la vitamine B1 chez un patient dénutri ou dépendant.

À retenir

  • Un arrêt brutal non accompagné peut être dangereux chez un patient dépendant.
  • La vitamine B1 précède tout apport de sucre chez un patient carencé.
  • Des signes de sevrage matinal habituels prédisent un sevrage compliqué.
  • L'isolement suffit à faire choisir l'hôpital.
  • Une confusion impose de chercher aussi une infection, un traumatisme, une hémorragie.

En pratique

  • Risque de sevrage compliqué évalué
  • Antécédents de sevrage recherchés
  • Crise convulsive antérieure recherchée
  • Vitamine B1 avant tout apport de sucre
  • Hydratation assurée
  • Sels corrigés prudemment
  • Causes associées de confusion cherchées
  • Lieu du sevrage décidé

Stratégie de prise en charge

⚠️ La première consultation ne décide pas de l'arrêt, ⚠️ elle décide de la suite.

⚠️ Ce qui fonde le plan : l'objectif du patient. ⚠️ Abstinence ou réduction, ⚠️ les deux sont des objectifs légitimes, ⚠️ et un objectif imposé n'est pas tenu.

⚠️ Ce qui se décide ensuite : le lieu, ⚠️ ambulatoire ou hospitalier, selon le risque de sevrage compliqué, ⚠️ les maladies associées, ⚠️ le trouble psychiatrique, et l'entourage.

⚠️ Ce qui accompagne tout sevrage : une hydratation, ⚠️ une supplémentation en vitamines du groupe B, ⚠️ et un traitement du sevrage adapté et décroissant, prescrit et surveillé.

⚠️ Ce qui se traite en même temps : le trouble du sommeil, ⚠️ l'anxiété, ⚠️ la dépression, sans ajouter une dépendance à une autre, ⚠️ et en réévaluant les traitements déjà prescrits.

⚠️ Ce qui se prescrit à part entière : un accompagnement psychologique, ⚠️ et l'orientation vers un groupe d'entraide, dont l'effet est démontré.

⚠️ Ce qui se traite aussi : les autres consommations, ⚠️ le tabac notamment, dont l'arrêt ne compromet pas le sevrage.

⚠️ Ce qui se date : la consultation suivante, ⚠️ rapprochée, et le contact en cas de difficulté.

À retenir

Demander au patient son objectif avant de proposer le vôtre. Un objectif imposé n'est pas tenu.

À retenir

  • Abstinence et réduction sont deux objectifs légitimes ; c'est le patient qui choisit.
  • Le lieu du sevrage se décide sur le risque, pas sur la préférence.
  • Aucun sevrage sans hydratation ni vitamines du groupe B.
  • Traiter l'anxiété et l'insomnie sans ajouter une dépendance à une autre.
  • Le tabac se traite en même temps : son arrêt ne compromet pas le sevrage.

En pratique

  • Objectif du patient recueilli
  • Lieu du sevrage décidé
  • Hydratation prévue
  • Vitamines prescrites
  • Traitement de sevrage décroissant prévu
  • Comorbidités psychiatriques traitées
  • Accompagnement et groupe proposés
  • Consultation suivante datée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. L'information sur le retentissement est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se dit ici décide de la venue à la consultation suivante.

⚠️ Ce qui se dit en premier : que le trouble de l'usage est une maladie, ⚠️ que la rechute en fait partie, et qu'elle ne met pas fin au suivi.

⚠️ Ce qui s'explique sur le danger : qu'un arrêt brutal et seul peut être dangereux, ⚠️ et que l'accompagnement n'est pas une précaution excessive.

⚠️ Ce qui se restitue : les résultats du bilan, ⚠️ expliqués ligne par ligne, ⚠️ en distinguant ce qui témoigne de la consommation de ce qui témoigne d'une atteinte, car la peur mal informée fait fuir.

⚠️ Ce qui s'apprend au patient : les signes qui doivent faire consulter sans attendre, ⚠️ vomissements de sang, ⚠️ confusion, ⚠️ jaunisse, ⚠️ fièvre, et gonflement du ventre.

⚠️ Ce qui se conseille sur les autres consommations : la réduction du tabac, ⚠️ la prudence avec les médicaments du sommeil, et l'absence d'automédication.

⚠️ Ce qui se rappelle : la conduite automobile, ⚠️ les obligations professionnelles, et la protection des proches.

⚠️ Ce qui se conclut : un objectif unique, ⚠️ choisi par le patient, ⚠️ reformulé par lui, et une date.

À retenir

Dire que la rechute ne ferme pas la porte. C'est ce qui ramène le patient à la consultation suivante.

À retenir

  • La rechute fait partie de la maladie et ne met pas fin au suivi.
  • Un arrêt brutal et seul peut être dangereux : cela se dit explicitement.
  • Un bilan se restitue ligne par ligne : la peur mal informée fait fuir.
  • Les signes qui imposent de consulter s'apprennent nommément.
  • Un objectif unique, choisi et reformulé par le patient, et une date.

En pratique

  • Nature de la maladie expliquée
  • Place de la rechute dite
  • Danger de l'arrêt brutal expliqué
  • Bilan restitué ligne par ligne
  • Signes d'alerte appris
  • Autres consommations abordées
  • Conduite et obligations rappelées
  • Objectif et date convenus

Communication interprofessionnelle

⚠️ Une prise en charge d'addictologie tient par un réseau, ⚠️ et un patient perdu de vue l'est très vite.

Ce qui se demande au médecin traitant : ⚠️ l'historique des prescriptions, ⚠️ notamment celles du sommeil et de l'anxiété, et la chronologie des bilans antérieurs.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : l'objectif convenu avec le patient, ⚠️ le plan de sevrage, ⚠️ la surveillance biologique prévue, et la date de revoyure.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le relevé des délivrances, ⚠️ et le signalement d'un renouvellement anticipé, information qu'aucun interrogatoire n'obtient.

⚠️ Ce qui s'organise : le lien avec une structure spécialisée, ⚠️ un rendez-vous pris pendant la consultation plutôt qu'un numéro remis, ⚠️ et le contact avec un groupe d'entraide.

⚠️ Ce qui se transmet à l'hépato-gastro-entérologue : le bilan complet, ⚠️ le score de fibrose, et la demande de dépistage des complications.

⚠️ Ce qui se traite avec l'accord du patient seulement : l'information du médecin du travail, ⚠️ et la place d'un proche, ⚠️ le secret professionnel valant ici comme ailleurs.

⚠️ Et ce qui s'écrit : le chiffre de consommation, ⚠️ en verres standard, et sa date, ⚠️ seul repère utilisable à la consultation suivante.

À retenir

Écrire la consommation en verres standard et la date. Sans unité, le chiffre suivant sera incomparable.

À retenir

  • Un rendez-vous pris pendant la consultation vaut mieux qu'un numéro remis.
  • Le relevé des délivrances dit ce qu'aucun interrogatoire n'obtient.
  • Le médecin du travail n'est informé qu'avec l'accord du patient.
  • Le chiffre écrit en verres standard est le seul repère de la fois suivante.
  • Un patient d'addictologie est perdu de vue très vite : le lien s'organise d'emblée.

En pratique

  • Historique des prescriptions demandé
  • Objectif transmis au médecin traitant
  • Plan et surveillance transmis
  • Délivrances suivies avec le pharmacien
  • Rendez-vous spécialisé pris
  • Groupe d'entraide proposé
  • Bilan transmis au spécialiste du foie
  • Chiffre et date écrits au dossier

Sources

  • R2C, item 76 : Addiction à l'alcool
  • R2C, item 75 : Addiction au tabac
  • R2C, item 77 : Addiction aux médicaments psychotropes
  • Collège national des universitaires de psychiatrie, chapitre sur les troubles de l'usage de l'alcool, et Collège des universitaires d'hépato-gastro-entérologie, chapitre sur la cirrhose
  • Recommandations en vigueur sur le repérage, le sevrage et l'accompagnement du trouble de l'usage de l'alcool. La date de la version consultée fait partie de la source