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Psychiatrie

Fiche de révision

Consultation de suivi addictologie

Situation de départ 293Catégorie IIIItem R2C 76Item R2C 75Item R2C 77

Cette fiche vous apprend à conduire une consultation de suivi en addictologie, où l'on ne cherche plus un chiffre mais une trajectoire, lue sur des repères écrits dans la même unité d'une fois sur l'autre. Elle suit la consultation : la comparaison et la rechute analysée, ce qui annonce une reprise, l'examen et le bilan qui mesurent sans accuser, l'ajustement du plan, ce qui se dit sur la rechute, et le réseau qui rappelle le patient qui n'est pas venu.

SommaireEnviron 9 min
  1. Le suivi compare, et il ne compare que ce qui a été écrit
  2. Ce qui annonce une reprise, et ce qui a aidé depuis la dernière fois
  3. Un examen qui vaut par sa répétition, et un progrès qui se nomme
  4. Un bilan qui mesure une évolution, et qui ne confond pas le patient
  5. Ajuster le plan sur ce que le patient vit, et rapprocher après une rechute
  6. Ce qui se dit sur la rechute décide de la suite du suivi
  7. Rappeler le patient qui n'est pas venu, et ne rien transmettre sans son accord
  8. À retenir pour la station

Le suivi compare, et il ne compare que ce qui a été écrit

Le suivi compare, et il ne peut comparer que ce qui a été écrit. La consommation se reprend à chaque fois dans la même unité, en verres standard, en nombre de cigarettes ou en nombre de prises, avec la même méthode qu'à la première consultation. Un chiffre noté sans unité rend le suivant incomparable.

Sur la période écoulée se demandent le nombre de jours sans consommation, le plus long intervalle, les jours de forte consommation et ce qui les a précédés. Le nombre de jours sans consommation dit plus que la quantité moyenne.

Une reprise s'analyse, et ne se reproche pas : où, avec qui, après quoi, et ce qui l'a arrêtée. Une rechute analysée devient une information, une rechute reprochée fait disparaître le patient.

Ce qui annonce une reprise, et ce qui a aidé depuis la dernière fois

Se réévaluent le besoin impérieux, les signes de sevrage, le sommeil, l'humeur et l'anxiété. Leur aggravation, celle du sommeil et de l'anxiété notamment, précède souvent la reprise.

Certaines questions de la première consultation se reposent. Les autres consommations se recensent de nouveau, avec les substitutions qui se sont installées : médicaments du sommeil, cannabis, tabac augmenté. L'objectif du patient se redemande, puisqu'il a pu changer, avec ce qu'il attend de la suite.

La vie ordinaire se demande aussi : le travail, le logement, les ressources, les procédures en cours et l'isolement. Ce sont eux qui font les semaines difficiles.

Ce qui a aidé depuis la dernière fois se cherche enfin : une personne, une activité, un rythme. Cela se consolide plutôt que de se remplacer.

Un examen qui vaut par sa répétition, et un progrès qui se nomme

L'examen de suivi vaut par sa répétition, et par la comparaison aux repères notés la fois précédente. Se mesurent à chaque consultation le poids, la pression artérielle et la fréquence cardiaque, et se recherche un tremblement des mains tendues.

S'observent l'état général, l'état de la peau, l'hygiène bucco-dentaire, la reprise ou la perte de poids, et la qualité du contact, qui fait partie de l'examen. La façon dont le patient est habillé, sa venue accompagnée ou non, et les documents qu'il a apportés sont 3 indices d'organisation qui valent un interrogatoire.

Le foie se réexamine à chaque consultation : une hépatomégalie, une splénomégalie, des angiomes cutanés, un ictère, une augmentation du volume de l'abdomen et des œdèmes. La sensibilité des pieds, les réflexes et l'équilibre se retestent, car leur atteinte peut régresser après l'arrêt. Selon la substance se cherchent des points de ponction et une atteinte de la muqueuse nasale, et se font une auscultation pulmonaire et la mesure de la tension artérielle.

Ce qui s'est amélioré se signale au patient : le chiffre qui s'est normalisé, le poids repris, le tremblement disparu. Un progrès non nommé ne compte pas, et dire au patient ce qui s'est amélioré, chiffres à l'appui, est ce qui le fait revenir.

Un bilan qui mesure une évolution, et qui ne confond pas le patient

Le bilan de suivi sert à mesurer une évolution, et non à confondre le patient. Les marqueurs qui étaient anormaux se recontrôlent à un rythme adapté : le volume globulaire moyen se normalise lentement, les enzymes du foie plus vite. Les vitamines et les sels qui étaient bas se contrôlent après une supplémentation.

Chez un patient dont le foie est atteint, la surveillance se poursuit : les plaquettes, le taux de prothrombine, l'albumine, et le programme de dépistage des complications, dont l'imagerie de surveillance à intervalle régulier. Un bilan normal ne clôt pas le suivi.

Un dosage destiné à vérifier la parole du patient ne se prescrit pas. Un examen utilisé comme preuve détruit la relation, et un résultat normal ne prouve rien.

Avant de prélever s'explique à quoi sert chaque ligne, et ce qui sera décidé selon le résultat. Chaque résultat se restitue ensuite, comparé au précédent, et non rangé dans le dossier.

Des marqueurs normalisés s'interprètent avec prudence chez un patient qui a réduit sans arrêter : la normalisation ne signe pas l'abstinence. Un bilan qui s'aggrave chez un patient qui dit aller mieux se discute avec lui, sans le mettre en accusation.

Ajuster le plan sur ce que le patient vit, et rapprocher après une rechute

Le suivi ajuste, et il ajuste sur ce que le patient vit, non sur ce qui était prévu. L'objectif se réévalue : il peut passer de la réduction à l'abstinence, ou l'inverse, et il reste celui du patient.

Les traitements de l'addiction s'adaptent : leur dose, leur tolérance, leur durée, et l'intérêt de les poursuivre. Les traitements du sevrage se réduisent progressivement : poursuivis au long cours par habitude, ils créent une nouvelle dépendance.

Le trouble anxieux, la dépression, le trouble du sommeil et la douleur chronique se traitent en parallèle. Leur persistance explique une grande part des reprises.

Après une rechute s'organisent un rapprochement des consultations et une reprise du plan, et non une sanction ni un abandon. La situation sociale se travaille aussi : le logement, le travail, les dettes et l'isolement pèsent au moins autant que le traitement.

La consultation suivante se date avant que le patient ne quitte la pièce. Les échéances connues se préparent : une intervention, une hospitalisation ou un déplacement prolongé interrompent les traitements si personne ne les anticipe.

Ce qui se dit sur la rechute décide de la suite du suivi

Ce qui se dit sur la rechute décide de la suite du suivi. S'annonce dès le début que la rechute fait partie de la maladie, qu'elle ne met pas fin à la prise en charge, et qu'il faut revenir précisément à ce moment-là.

Les situations à risque s'identifient avec le patient : les émotions, les lieux, les personnes, les horaires. Ce qu'il fera à la place se décide à l'avance, et non sur le moment.

Chaque jour sans consommation, chaque marqueur amélioré et chaque conséquence évitée se valorisent. Un résultat non souligné se défait.

Se rappellent les risques associés : la conduite automobile, les interactions avec les médicaments, la grossesse et les autres consommations. Un groupe d'entraide se propose et se repropose : son effet est démontré, un patient le refuse souvent la première fois, et ce premier refus n'est pas définitif.

L'entourage s'associe avec l'accord du patient, et le soutien du proche lui-même, rarement proposé, compte aussi. Le plan des jours difficiles se remet par écrit, avec le moyen de joindre quelqu'un avant de reprendre.

Rappeler le patient qui n'est pas venu, et ne rien transmettre sans son accord

Un patient d'addictologie se perd de vue entre 2 rendez-vous, et le réseau existe pour l'empêcher. Ce qui s'organise avant tout est le rappel d'un patient qui n'est pas venu : un rendez-vous manqué est une information clinique, et non un désengagement.

Au pharmacien se demandent le relevé des délivrances et le signalement d'un renouvellement anticipé, d'un achat sans ordonnance et d'une délivrance dans plusieurs officines. Le relevé des délivrances dit ce qu'aucun interrogatoire n'obtient.

Au médecin traitant se transmettent l'objectif en cours, les traitements et leur durée prévue, la surveillance biologique, et ce qui a été convenu après une rechute. Se coordonnent aussi la structure spécialisée, le travailleur social, le psychologue et le service qui suit le foie.

L'information au médecin du travail, à l'employeur et à l'entourage ne se transmet qu'avec l'accord du patient, le secret professionnel valant ici comme ailleurs. Ce que chacun sait, et ce que chacun ne doit pas savoir, se prépare avec le patient et se note au dossier.

S'écrivent à chaque consultation le chiffre, son unité et sa date, l'objectif en cours, et la date du prochain rendez-vous. C'est le seul repère de la fois suivante.

À retenir pour la station

Reprenez la consommation dans la même unité qu'à la première consultation, et comptez les jours sans consommation. Une rechute s'analyse, où, avec qui, après quoi, et ne se reproche pas. Un sommeil, une humeur ou une anxiété qui s'aggravent précèdent souvent la reprise. Nommez au patient ce qui s'est amélioré. Le bilan mesure une évolution : il ne sert pas à vérifier sa parole, et sa normalisation ne signe pas l'abstinence. Après une rechute, rapprochez les consultations. Datez le rendez-vous suivant avant qu'il parte, et organisez le rappel de celui qui ne vient pas.

Sources

  1. 1

    EDN Référentiel de Psychiatrie et addictologie

    Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP) ; Collège universitaire national des enseignants d'addictologie (CUNEA) ; Association pour l'enseignement de la sémiologie psychiatrique (AESP). 4e édition conforme à la R2C (Presses universitaires François-Rabelais, collection L'officiel EDN).

    Passages utilisés : Item 76 ; Item 75 ; Item 77

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Examen clinique, Synthèse paraclinique, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention, Communication interprofessionnelle

  2. 2
    Cours en ligne officiels R2C HGE (Ouvre un nouvel onglet)

    Collégiale des universitaires en hépato-gastroentérologie (CDU-HGE). Plateforme pédagogique en ligne du deuxième cycle, accès payant.

    Passages utilisés : Item 279, Cirrhose et complications

    Appuie : Examen clinique, Synthèse paraclinique

  3. 3
    Arrêté du 2 septembre 2020 portant modification de diverses dispositions relatives au régime des études en vue du premier et du deuxième cycle des études médicales et à l'organisation des épreuves classantes nationales (Ouvre un nouvel onglet)

    Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation ; ministère des armées ; ministère des solidarités et de la santé. Annexe 1, programme de connaissances du deuxième cycle (items), texte publié au JORF n°0221 du 10 septembre 2020.

    Passages utilisés : Item 76 ; Item 75 ; Item 77

    Appuie : Entretien et interrogatoire, Stratégie de prise en charge, Éducation et prévention