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Fiche de révision

Consultation de suivi addictologie

Une trajectoire qui se lit sur des repères écrits, une rechute qui s'analyse, et un rendez-vous manqué qui se rappelle.

Situation de départ 293Catégorie IIIItem R2C 76Item R2C 75Item R2C 77

Entretien et interrogatoire

⚠️ Le suivi compare, ⚠️ et il ne peut comparer que ce qui a été écrit.

⚠️ Ce qui se reprend à chaque fois, dans la même unité : la consommation en verres standard, ⚠️ ou en nombre de cigarettes, ⚠️ ou en nombre de prises, avec la même méthode qu'à la première consultation. ⚠️ Un chiffre noté sans unité rend le suivant incomparable.

⚠️ Ce qui se demande sur la période écoulée : le nombre de jours sans consommation, ⚠️ le plus long intervalle, ⚠️ les jours de forte consommation, et ce qui les a précédés.

⚠️ Ce qui s'analyse et ne se reproche pas : une reprise. ⚠️ , ⚠️ avec qui, ⚠️ après quoi, ⚠️ et ce qui l'a arrêtée. ⚠️ Une rechute analysée devient une information, une rechute reprochée fait disparaître le patient.

⚠️ Ce qui se réévalue : le besoin impérieux, ⚠️ les signes de sevrage, ⚠️ le sommeil, ⚠️ l'humeur, et l'anxiété, ⚠️ dont l'aggravation précède souvent la reprise.

⚠️ Ce qui se recense de nouveau : les autres consommations, ⚠️ et les substitutions qui se sont installées, médicaments du sommeil, ⚠️ cannabis, tabac augmenté.

⚠️ Ce qui se redemande : l'objectif du patient, ⚠️ qui a pu changer, et ce qu'il attend de la suite.

⚠️ Ce qui se demande sur la vie ordinaire : le travail, ⚠️ le logement, ⚠️ les ressources, ⚠️ les procédures en cours, et l'isolement, ⚠️ car ce sont eux qui font les semaines difficiles.

⚠️ Ce qui se cherche enfin : ce qui a aidé depuis la dernière fois, ⚠️ une personne, ⚠️ une activité, un rythme, ⚠️ et qui doit être consolidé plutôt que remplacé.et ce qu'il attend de la suite.

Le piège

Demander « ça va mieux ? ». La réponse est oui, et elle n'est comparable à rien.

À retenir

  • Le suivi ne compare que ce qui a été écrit dans la même unité.
  • Le nombre de jours sans consommation dit plus que la quantité moyenne.
  • Une rechute analysée devient une information ; reprochée, elle fait disparaître le patient.
  • L'aggravation du sommeil et de l'anxiété précède souvent la reprise.
  • L'objectif du patient a pu changer : il se redemande.

En pratique

  • Consommation reprise dans la même unité
  • Jours sans consommation comptés
  • Plus long intervalle noté
  • Reprises analysées sans reproche
  • Besoin impérieux réévalué
  • Sommeil, humeur et anxiété réévalués
  • Substitutions recherchées
  • Objectif redemandé

Examen clinique

⚠️ L'examen de suivi vaut par sa répétition, ⚠️ et par la comparaison aux repères notés la fois précédente.

⚠️ Ce qui se mesure à chaque consultation : le poids, ⚠️ la pression artérielle, ⚠️ la fréquence cardiaque, et un tremblement des mains tendues.

⚠️ Ce qui s'observe : l'état général, ⚠️ l'état de la peau, ⚠️ l'hygiène bucco-dentaire, ⚠️ la reprise ou la perte de poids, et la qualité du contact.

⚠️ Ce qui se recherche sur le foie : une hépatomégalie, ⚠️ une splénomégalie, ⚠️ des angiomes cutanés, ⚠️ un ictère, ⚠️ une augmentation du volume de l'abdomen, et des œdèmes.

⚠️ Ce qui se reteste : la sensibilité des pieds, ⚠️ les réflexes, ⚠️ l'équilibre, dont l'atteinte peut régresser après l'arrêt.

⚠️ Ce qui se cherche selon la substance : des points de ponction, ⚠️ une atteinte de la muqueuse nasale, ⚠️ une auscultation pulmonaire, et la tension artérielle.

⚠️ Ce qui se signale au patient quand il s'améliore : le chiffre qui s'est normalisé, ⚠️ le poids repris, ⚠️ le tremblement disparu, car un progrès non nommé ne compte pas.

⚠️ Ce qui se regarde aussi : la façon dont le patient est habillé, ⚠️ s'il est venu accompagné, et s'il a apporté ses documents, ⚠️ trois indices d'organisation qui valent un interrogatoire.car un progrès non nommé ne compte pas.

À retenir

Dire au patient ce qui s'est amélioré, chiffres à l'appui. C'est ce qui le fait revenir.

À retenir

  • L'examen de suivi vaut par la comparaison aux repères notés la fois précédente.
  • L'atteinte des nerfs des pieds peut régresser après l'arrêt : elle se reteste.
  • Un progrès non nommé au patient ne compte pas pour lui.
  • Les signes cutanés d'atteinte du foie se recherchent à chaque consultation.
  • La qualité du contact fait partie de l'examen.

En pratique

  • Poids et pression mesurés
  • Tremblement recherché
  • Signes cutanés cherchés
  • Foie et rate palpés
  • Sensibilité et réflexes retestés
  • Équilibre évalué
  • Signes propres à la substance cherchés
  • Progrès nommés au patient

Synthèse paraclinique

⚠️ Le bilan de suivi sert à mesurer une évolution, ⚠️ et non à confondre le patient.

⚠️ Ce qui se recontrôle : les marqueurs qui étaient anormaux, ⚠️ à un rythme adapté, ⚠️ le volume globulaire moyen se normalisant lentement, ⚠️ et les enzymes du foie plus vite.

⚠️ Ce qui se surveille chez un patient à foie atteint : les plaquettes, ⚠️ le taux de prothrombine, ⚠️ l'albumine, et le programme de dépistage des complications, ⚠️ dont l'imagerie de surveillance à intervalle régulier.

⚠️ Ce qui se contrôle après une supplémentation : les vitamines et les sels qui étaient bas.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un dosage destiné à vérifier la parole du patient. ⚠️ Un examen utilisé comme preuve détruit la relation, ⚠️ et un résultat normal ne prouve rien.

⚠️ Ce qui s'explique avant de prélever : à quoi sert chaque ligne, ⚠️ et ce qui sera décidé selon le résultat.

⚠️ Ce qui s'interprète avec prudence : des marqueurs normalisés chez un patient qui a réduit sans arrêter, ⚠️ la normalisation ne signant pas l'abstinence.

⚠️ Ce qui se restitue systématiquement : le résultat, ⚠️ comparé au précédent, et non rangé dans le dossier.

⚠️ Ce qui se garde en tête : un bilan normal ne clôt pas le suivi, ⚠️ et un bilan qui s'aggrave chez un patient qui dit aller mieux se discute avec lui, sans le mettre en accusation.et non rangé dans le dossier.

Le piège

Prescrire un dosage pour vérifier ce que le patient a dit. C'est la fin du suivi.

À retenir

  • Le bilan mesure une évolution, il ne confond pas le patient.
  • Un examen utilisé comme preuve détruit la relation, et ne prouve rien.
  • La normalisation d'un marqueur ne signe pas l'abstinence.
  • Chez un patient à foie atteint, la surveillance des complications se poursuit.
  • Un résultat se restitue comparé au précédent, il ne se range pas.

En pratique

  • Marqueurs anormaux recontrôlés
  • Rythme adapté
  • Fonction du foie surveillée
  • Programme de dépistage suivi
  • Supplémentations contrôlées
  • Aucun dosage de vérification
  • Objectif de chaque ligne expliqué
  • Résultats restitués et comparés

Iconographie

Sans objet pour cette situation : L'imagerie de surveillance relève du suivi de la maladie du foie et des situations de départ correspondantes. Aucune lecture d'image n'est évaluée ici.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le diagnostic du trouble de l'usage est posé. Sa démarche relève de la première consultation d'addictologie.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La consultation de suivi programmée ne comporte pas d'urgence vitale. Le sevrage compliqué relève de la première consultation et des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ Le suivi ajuste, ⚠️ et il ajuste sur ce que le patient vit, non sur ce qui était prévu.

⚠️ Ce qui se réévalue : l'objectif, ⚠️ qui peut passer de la réduction à l'abstinence, ⚠️ ou l'inverse, et qui reste celui du patient.

⚠️ Ce qui s'adapte : les traitements de l'addiction, ⚠️ leur dose, ⚠️ leur tolérance, ⚠️ leur durée, et l'intérêt de les poursuivre.

⚠️ Ce qui se réduit progressivement : les traitements du sevrage, ⚠️ jamais poursuivis au long cours par habitude, et dont la prolongation crée une nouvelle dépendance.

⚠️ Ce qui se traite en parallèle : le trouble anxieux, ⚠️ la dépression, ⚠️ le trouble du sommeil, et la douleur chronique, ⚠️ dont la persistance explique une grande part des reprises.

⚠️ Ce qui s'organise après une rechute : un rapprochement des consultations, ⚠️ une reprise du plan, et non une sanction ni un abandon.

⚠️ Ce qui se travaille : la situation sociale, ⚠️ le logement, ⚠️ le travail, ⚠️ les dettes, et l'isolement, ⚠️ déterminants au moins autant que le traitement.

⚠️ Ce qui se date : la consultation suivante, ⚠️ avant que le patient ne quitte la pièce.

⚠️ Ce qui se prépare : les échéances connues, ⚠️ une intervention, ⚠️ une hospitalisation, ⚠️ un déplacement prolongé, qui interrompent les traitements si personne ne les anticipe.avant que le patient ne quitte la pièce.

À retenir

Après une rechute, proposer un rendez-vous plus proche. C'est la seule réponse utile.

À retenir

  • L'objectif se réévalue et reste celui du patient.
  • Un traitement de sevrage poursuivi par habitude crée une nouvelle dépendance.
  • La douleur, l'anxiété et l'insomnie persistantes expliquent une grande part des reprises.
  • Après une rechute, on rapproche les consultations, on ne sanctionne pas.
  • Logement, travail et isolement pèsent au moins autant que le traitement.

En pratique

  • Objectif réévalué avec le patient
  • Traitements adaptés
  • Traitement de sevrage décroissant
  • Comorbidités traitées
  • Douleur chronique prise en compte
  • Consultations rapprochées après rechute
  • Situation sociale travaillée
  • Prochaine consultation datée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : Il n'y a pas d'annonce diagnostique au sens de l'épreuve. La restitution des résultats est traitée dans les sections paraclinique et éducation.

Éducation et prévention

⚠️ Ce qui se dit sur la rechute décide de la suite du suivi.

⚠️ Ce qui s'annonce dès le début : que la rechute fait partie de la maladie, ⚠️ qu'elle ne met pas fin à la prise en charge, et qu'il faut revenir précisément à ce moment-là.

⚠️ Ce qui se travaille avec le patient : l'identification des situations à risque, ⚠️ les émotions, les lieux, les personnes, les horaires, ⚠️ et ce qu'il fera à la place, décidé à l'avance et non sur le moment.

⚠️ Ce qui se valorise : chaque jour sans consommation, ⚠️ chaque marqueur amélioré, ⚠️ et chaque conséquence évitée, car un résultat non souligné se défait.

⚠️ Ce qui se rappelle : les risques associés, ⚠️ la conduite automobile, ⚠️ les interactions avec les médicaments, ⚠️ la grossesse, et les autres consommations.

⚠️ Ce qui se propose et se repropose : un groupe d'entraide, ⚠️ dont l'effet est démontré, et qu'un patient refuse souvent la première fois.

⚠️ Ce qui s'associe : l'entourage, ⚠️ avec l'accord du patient, ⚠️ et le soutien du proche lui-même, rarement proposé.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : le plan des jours difficiles, ⚠️ et le moyen de joindre quelqu'un avant de reprendre.

À retenir

Remettre par écrit le plan des jours difficiles et un moyen de joindre quelqu'un avant de reprendre.

À retenir

  • La rechute ne met pas fin à la prise en charge : c'est le moment de revenir.
  • Ce que le patient fera à la place se décide à l'avance, pas sur le moment.
  • Un résultat non souligné se défait.
  • Un groupe d'entraide se repropose : le premier refus n'est pas définitif.
  • Le soutien du proche lui-même est rarement proposé, et il compte.

En pratique

  • Place de la rechute expliquée
  • Situations à risque identifiées
  • Conduite de remplacement préparée
  • Progrès valorisés
  • Risques associés rappelés
  • Groupe d'entraide reproposé
  • Entourage associé avec accord
  • Plan écrit remis

Communication interprofessionnelle

⚠️ Un patient d'addictologie se perd de vue entre deux rendez-vous, ⚠️ et le réseau existe pour l'empêcher.

⚠️ Ce qui s'organise avant tout : le rappel d'un patient qui n'est pas venu. ⚠️ Un rendez-vous manqué est une information clinique, et non un désengagement.

Ce qui se demande au pharmacien : ⚠️ le relevé des délivrances, ⚠️ le signalement d'un renouvellement anticipé, ⚠️ d'un achat sans ordonnance, et d'une délivrance dans plusieurs officines.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : l'objectif en cours, ⚠️ les traitements et leur durée prévue, ⚠️ la surveillance biologique, et ce qui a été convenu après une rechute.

⚠️ Ce qui se coordonne : la structure spécialisée, ⚠️ le travailleur social, ⚠️ le psychologue, et le service qui suit le foie.

⚠️ Ce qui ne se transmet qu'avec l'accord du patient : l'information au médecin du travail, ⚠️ à l'employeur, ⚠️ et à l'entourage, le secret professionnel valant ici comme ailleurs.

⚠️ Ce qui se prépare avec le patient : ce que chacun sait, ⚠️ et ce que chacun ne doit pas savoir, noté au dossier.

⚠️ Et ce qui s'écrit à chaque consultation : le chiffre, ⚠️ son unité, ⚠️ sa date, ⚠️ l'objectif en cours, et la date du prochain rendez-vous.

À retenir

Organiser le rappel des patients qui ne viennent pas. Personne ne le fait spontanément.

À retenir

  • Un rendez-vous manqué est une information clinique, et il se rappelle.
  • Le relevé des délivrances dit ce qu'aucun interrogatoire n'obtient.
  • Rien n'est transmis à l'employeur ou à l'entourage sans l'accord du patient.
  • Ce que chacun sait se note au dossier, avec l'accord du patient.
  • Le chiffre, son unité et sa date sont le seul repère de la fois suivante.

En pratique

  • Rappel des absents organisé
  • Délivrances suivies
  • Renouvellements anticipés signalés
  • Objectif transmis au médecin traitant
  • Réseau spécialisé coordonné
  • Accord du patient obtenu avant toute transmission
  • Périmètre du secret noté
  • Chiffre, unité, date et objectif écrits

S'entraîner sur cette situation

Aucune station ne couvre encore cette situation.

Sources

  • R2C, item 76 : Addiction à l'alcool
  • R2C, item 75 : Addiction au tabac
  • R2C, item 77 : Addiction aux médicaments psychotropes
  • Collège national des universitaires de psychiatrie, chapitres sur les conduites addictives et leur suivi
  • Recommandations en vigueur sur le suivi et la prévention de la rechute dans les troubles de l'usage. La date de la version consultée fait partie de la source