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Fiche de révision

Consultation de suivi gériatrique

Des tests dont il faut connaître les conditions, une ordonnance qui explique le reste, et un aidant que personne n'examine.

Situation de départ 295Catégorie IIIItem R2C 133Item R2C 252Item R2C 132

Entretien et interrogatoire

⚠️ L'entretien gériatrique se conduit avec la personne d'abord, ⚠️ et avec l'aidant ensuite, jamais l'inverse.

⚠️ Ce qui se met en condition avant de commencer : l'appareil auditif, ⚠️ les lunettes, ⚠️ une pièce calme, ⚠️ le fait de se placer face à la personne, et de parler lentement. ⚠️ Un entretien mal conduit produit un diagnostic faux.

⚠️ Ce qui se recherche sur l'autonomie : ce que la personne fait seule aujourd'hui, ⚠️ et non ce qu'elle sait faire, ⚠️ toilette, habillage, repas, courses, transports, médicaments, finances, avec des exemples concrets et datés.

⚠️ Ce qui se compte : les chutes, ⚠️ leur nombre, ⚠️ leur circonstance, ⚠️ l'heure, ⚠️ la capacité à se relever seule, et la peur de tomber, ⚠️ qui restreint autant que la chute elle-même.

⚠️ Ce qui se demande sur les repas : ce qui a été mangé la veille, ⚠️ qui fait les courses, ⚠️ qui cuisine, ⚠️ les régimes en cours, et depuis quand ils ont été prescrits.

⚠️ Ce qui se recherche sur l'humeur : la tristesse, ⚠️ la perte d'intérêt, ⚠️ l'anxiété, et le repli, ⚠️ souvent pris pour un vieillissement.

⚠️ Ce qui se demande à l'aidant, seul : ce qu'il fait chaque jour, ⚠️ ce qu'il a arrêté pour cela, et comment il va.

⚠️ Ce qui se demande sur le logement : l'étage, ⚠️ l'ascenseur, ⚠️ la salle de bain, ⚠️ l'accès aux toilettes la nuit, et le chauffage, ⚠️ autant de déterminants du maintien à domicile que n'importe quel traitement.et comment il va.

Le piège

Interroger l'aidant devant la personne. La personne cesse alors de répondre, et le recueil est perdu.

À retenir

  • Un entretien conduit sans appareil auditif produit un diagnostic faux.
  • L'autonomie se mesure sur ce qui est fait aujourd'hui, pas sur ce qui est su.
  • La peur de tomber restreint autant que la chute elle-même.
  • La date de prescription d'un régime fait partie de l'interrogatoire.
  • L'aidant se voit seul, et on lui demande comment il va.

En pratique

  • Audition et vision mises en condition
  • Autonomie détaillée acte par acte
  • Chutes comptées et circonstanciées
  • Peur de tomber recherchée
  • Repas de la veille reconstitué
  • Régimes et leur ancienneté recensés
  • Humeur explorée
  • Aidant interrogé seul

Examen clinique

⚠️ L'examen gériatrique mesure des fonctions, ⚠️ et pas seulement des organes.

⚠️ Ce qui se mesure à chaque consultation : le poids, ⚠️ sa variation sur un an, ⚠️ la taille, ⚠️ et la pression artérielle couchée puis debout, après une et trois minutes, ⚠️ mesure omise presque partout.

⚠️ Ce qui se teste sur la marche : le lever d'une chaise sans les mains, ⚠️ la marche sur quelques mètres, ⚠️ le demi-tour, ⚠️ l'appui sur un pied, et le chaussage.

⚠️ Ce qui s'examine sur les sens : l'audition, ⚠️ l'état des appareils, ⚠️ les conduits auditifs, la vision, ⚠️ et la date du dernier contrôle.

⚠️ Ce qui se cherche sur la nutrition : la fonte musculaire, ⚠️ l'état de la bouche et des dents, ⚠️ une prothèse mal adaptée, et une difficulté à avaler.

⚠️ Ce qui se cherche comme signes de douleur : une grimace à la mobilisation, ⚠️ une opposition aux soins, ⚠️ un repli, chez une personne qui ne se plaint pas.

⚠️ Ce qui s'examine dans le logement quand la visite s'y déroule : les tapis, ⚠️ l'éclairage, ⚠️ les obstacles, ⚠️ l'accès aux toilettes la nuit, et le contenu de l'armoire à pharmacie.

⚠️ Ce qui se fait faire plutôt que de se demander : ouvrir un pilulier, ⚠️ lire une notice, ⚠️ se lever et marcher jusqu'à la porte, trois gestes qui remplacent un long interrogatoire.et le contenu de l'armoire à pharmacie.

À retenir

Mesurer la pression couchée puis debout. Une chute sur deux a une explication à ce moment-là.

À retenir

  • La pression debout se mesure à chaque consultation, et elle est presque toujours omise.
  • Le lever de chaise sans les mains est le test le plus rentable en trente secondes.
  • L'état de la bouche explique une part des dénutritions.
  • Une opposition aux soins peut être une douleur qui ne se dit pas.
  • L'armoire à pharmacie du domicile fait partie de l'examen.

En pratique

  • Poids et variation annuelle notés
  • Pression couchée et debout mesurée
  • Lever de chaise testé
  • Marche et demi-tour observés
  • Audition et appareils vérifiés
  • Bouche et prothèses examinées
  • Signes de douleur cherchés
  • Logement et armoire inspectés si visite

Synthèse paraclinique

⚠️ Chez la personne âgée, un chiffre normal peut cacher une anomalie, ⚠️ et un chiffre anormal peut ne rien vouloir dire.

⚠️ Ce qui se contrôle devant une perte de poids : l'albumine, ⚠️ la numération, ⚠️ les sels du sang, ⚠️ la fonction du rein, ⚠️ la thyroïde, et selon le contexte la vitamine D et la vitamine B12.

⚠️ Ce qui se sait sur la créatinine : une valeur proche de la normale peut correspondre à une fonction très diminuée, ⚠️ la masse musculaire étant réduite, ⚠️ et c'est le débit estimé qui compte, notamment pour adapter les traitements.

⚠️ Ce qui s'interprète avec le contexte : une baisse du sodium, ⚠️ fréquemment liée à un traitement, ⚠️ et une anémie modérée, qui n'est jamais physiologique.

⚠️ Ce qui se demande devant des chutes : un électrocardiogramme, ⚠️ la recherche d'une anémie, et l'évaluation du risque de fracture, ⚠️ par une mesure de densité osseuse selon les critères.

⚠️ Ce qui ne se prescrit pas : un bilan complet répété chez une personne stable, ⚠️ dont aucun résultat ne changerait une décision.

⚠️ Ce qui prime sur tout dosage : la révision de l'ordonnance, ⚠️ premier examen complémentaire de la gériatrie.

⚠️ Ce qui se restitue à la personne et à l'aidant : le résultat, ⚠️ sa signification, et la décision qu'il entraîne, ⚠️ un examen dont personne n'apprend le résultat n'ayant servi à rien.premier examen complémentaire de la gériatrie.

Le piège

Se fier à une créatinine normale pour prescrire une dose habituelle. Le débit estimé dit autre chose.

À retenir

  • Une créatinine proche de la normale peut cacher une fonction très diminuée.
  • C'est le débit estimé qui commande l'adaptation des traitements.
  • Une anémie chez la personne âgée n'est jamais physiologique.
  • Une baisse du sodium est très souvent liée à un traitement.
  • La révision de l'ordonnance est le premier examen complémentaire de la gériatrie.

En pratique

  • Bilan de dénutrition demandé
  • Débit de filtration estimé lu
  • Doses adaptées à ce débit
  • Sodium interprété avec l'ordonnance
  • Anémie explorée
  • Électrocardiogramme devant des chutes
  • Risque fracturaire évalué
  • Examens inutiles évités

Iconographie

Sans objet pour cette situation : Aucune imagerie n'appartient au suivi programmé. Les explorations relèvent des situations de départ portant sur la chute, la fracture ou les troubles cognitifs.

Stratégie diagnostique

Sans objet pour cette situation : Le suivi n'a pas de question diagnostique propre. La démarche devant des troubles cognitifs ou une confusion relève des situations de départ correspondantes.

Urgence vitale

Sans objet pour cette situation : La consultation de suivi programmée ne comporte pas d'urgence vitale. La confusion aiguë et la chute grave relèvent des situations de départ correspondantes.

Stratégie de prise en charge

⚠️ La décision gériatrique commence par une soustraction, ⚠️ et se termine par une hiérarchie.

⚠️ Ce qui se révise systématiquement : l'ordonnance entière. ⚠️ Ce qui a été ajouté récemment explique souvent le tableau du jour, ⚠️ et ce qui a été prescrit il y a longtemps n'a plus toujours d'indication, régimes compris.

⚠️ Ce qui se cherche dans l'ordonnance devant des chutes : les traitements qui abaissent la pression, ⚠️ ceux qui altèrent la vigilance, ⚠️ ceux qui assèchent, et l'accumulation de leurs effets.

⚠️ Ce qui se corrige avant de conclure à une maladie cognitive : l'audition, ⚠️ la vision, ⚠️ l'humeur, ⚠️ la douleur, ⚠️ les traitements en cause, et une cause somatique, ⚠️ puis l'évaluation se refait dans de bonnes conditions.

⚠️ Ce qui se met en place devant une dénutrition : la levée des régimes inutiles, ⚠️ l'enrichissement de l'alimentation, ⚠️ les soins de la bouche, ⚠️ l'aide aux repas, et une réévaluation datée du poids.

⚠️ Ce qui se met en place devant des chutes : la kinésithérapie, ⚠️ la vitamine D selon les recommandations, ⚠️ l'aménagement du logement, ⚠️ le chaussage, et un moyen d'alerte.

⚠️ Ce qui se décide avec la personne : le nombre de mesures. ⚠️ Deux ou trois priorités tenues valent mieux que dix annoncées.

⚠️ Ce qui s'anticipe : la personne de confiance, ⚠️ les directives anticipées, et les souhaits sur le lieu de vie.

À retenir

Relire l'ordonnance ligne par ligne en cherchant la date de chaque prescription.

À retenir

  • La décision gériatrique commence par une soustraction de l'ordonnance.
  • Ce qui a été ajouté récemment explique souvent le tableau du jour.
  • Audition, vision, humeur et douleur se corrigent avant de conclure au cognitif.
  • Deux ou trois priorités tenues valent mieux que dix annoncées.
  • La personne de confiance et les directives s'abordent pendant que c'est possible.

En pratique

  • Ordonnance révisée intégralement
  • Ajouts récents réévalués
  • Prescriptions anciennes réinterrogées
  • Régimes inutiles levés
  • Causes correctibles traitées avant conclusion
  • Mesures antichute mises en place
  • Nombre de priorités limité
  • Anticipation abordée

Procédure et geste technique

Sans objet pour cette situation : Cette situation ne comporte pas de geste technique évalué.

Annonce et information

Sans objet pour cette situation : L'annonce d'un diagnostic de maladie cognitive relève de la situation de départ correspondante. L'information courante est traitée dans la section éducation.

Éducation et prévention

⚠️ L'éducation gériatrique s'adresse à deux personnes, ⚠️ et l'aidant n'est pas un intermédiaire, c'est un destinataire.

⚠️ Ce qui s'explique sur les chutes : qu'elles ne sont pas une fatalité de l'âge, ⚠️ qu'elles ont des causes qui se traitent, ⚠️ et comment se relever, appris et répété.

⚠️ Ce qui se conseille sur l'alimentation : enrichir plutôt que compléter, ⚠️ fractionner, ⚠️ maintenir les protéines, et se méfier des régimes anciens, ⚠️ la restriction étant rarement utile à cet âge.

⚠️ Ce qui se travaille sur l'activité : marcher tous les jours, ⚠️ des exercices d'équilibre et de renforcement, ⚠️ et le maintien des sorties, premier traitement de la fragilité.

⚠️ Ce qui se remet par écrit : la conduite en cas de chute, ⚠️ en cas de fièvre, ⚠️ en cas de diarrhée ou de forte chaleur, ⚠️ avec les traitements à suspendre, et les numéros à appeler.

⚠️ Ce qui s'explique sur les traitements : le rôle de chaque ligne, ⚠️ les effets à signaler, ⚠️ et l'interdiction de l'automédication, notamment des anti-inflammatoires.

⚠️ Ce qui se dit à l'aidant : que son épuisement est un problème médical, ⚠️ qu'il existe des relais, ⚠️ des droits, et une consultation pour lui, ⚠️ et qu'il est le déterminant principal du maintien à domicile.

À retenir

Apprendre à se relever du sol. C'est ce qui évite les heures passées à terre après une chute.

À retenir

  • Une chute n'est pas une fatalité de l'âge : elle a des causes qui se traitent.
  • Se relever du sol s'apprend et se répète.
  • Les régimes restrictifs sont rarement utiles à cet âge.
  • La conduite des jours de maladie se remet par écrit.
  • L'épuisement de l'aidant est un problème médical, pas un problème familial.

En pratique

  • Causes des chutes expliquées
  • Relevé du sol appris
  • Alimentation enrichie expliquée
  • Régimes anciens discutés
  • Activité physique prescrite
  • Conduites des jours de maladie écrites
  • Automédication interdite
  • Aidant informé de ses relais et de ses droits

Communication interprofessionnelle

⚠️ Autour d'une personne âgée, beaucoup de professionnels passent, ⚠️ et aucun ne voit le même tableau.

⚠️ Ce qui se demande avant une visite programmée : le poids et son évolution, ⚠️ les chutes, ⚠️ le transit, ⚠️ le sommeil et le comportement la nuit, ⚠️ les prises alimentaires, ⚠️ les douleurs, et les traitements récemment modifiés. ⚠️ Une visite non préparée sert à constater.

⚠️ Ce qui se fait préparer : l'ordonnance à jour, ⚠️ la courbe de poids, ⚠️ le relevé des chutes, et les mesures du jour, ⚠️ dont la pression debout.

⚠️ Ce qui se transmet au médecin traitant : les décisions, ⚠️ les lignes retirées et pourquoi, ⚠️ les surveillances demandées, et la date de la prochaine évaluation.

⚠️ Ce qui se transmet aux intervenants du domicile : des consignes exécutables, ⚠️ qui pèse, quand, ⚠️ quoi signaler et à qui, et à partir de quel seuil.

⚠️ Ce qui se coordonne : le kinésithérapeute, ⚠️ l'ergothérapeute, ⚠️ la diététicienne, ⚠️ l'audioprothésiste, ⚠️ le chirurgien-dentiste, et les services d'aide.

⚠️ Ce qui ne se transmet pas sans accord : l'information à la famille, ⚠️ même au proche référent, la personne restant seule maîtresse de ce qui la concerne ⚠️ tant qu'elle peut l'exprimer.

⚠️ Et ce qui s'écrit : la personne de confiance désignée, ⚠️ et la date.

À retenir

Faire préparer avant la visite : ordonnance à jour, poids, chutes, pression debout.

À retenir

  • Une visite non préparée sert à constater.
  • Les événements absents d'une fiche de liaison existent quand même : ils se demandent.
  • Une consigne au domicile doit dire quoi signaler, à qui, et à partir de quel seuil.
  • Le proche référent n'a pas droit à l'information sans l'accord de la personne.
  • La personne de confiance se désigne, s'écrit, et se date.

En pratique

  • Appel de préparation passé
  • Données manquantes demandées
  • Documents préparés
  • Décisions transmises au médecin traitant
  • Consignes exécutables données au domicile
  • Seuils d'alerte précisés
  • Intervenants coordonnés
  • Accord obtenu avant toute transmission familiale

Sources

  • R2C, item 133 : Autonomie et dépendance chez le sujet âgé
  • R2C, item 252 : Troubles nutritionnels chez le sujet âgé
  • R2C, item 132 : Troubles cognitifs du sujet âgé
  • Collège national des enseignants de gériatrie, chapitres sur l'évaluation gérontologique standardisée, la chute, la dénutrition et l'iatrogénie
  • Recommandations en vigueur sur la prévention des chutes, la dénutrition de la personne âgée et le repérage de l'épuisement de l'aidant. La date de la version consultée fait partie de la source